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#338 La naissance prématurée de Y. et N.

4 Fév

Après avoir vu des amies se lancer  pour contribuer a votre défi à mon tour…voici la naissance de mes filles, arrivées trop tôt a 32sa suite a une pré éclampsie. j’ai écrit ce texte il y a un moment déjà, elles ont aujourd’hui 1 an et sont en pleine forme mais leur naissance restera un jour si particulier dans nos vies….Je ne sais pas trop si ce témoignage pourra vous aider, malheureusement en cas de naissance prématuré des choix….il y en a peu à faire…..heureusement nous avons eu le chance de croiser la route de quelques SF, de puéricultrices, d’aide soignantes pleine de douceur et de bienveillance dont je garde un souvenir encore très fort aujourd’hui. Merci à eux d’avoir été un soutien si important quand dans les yeux des autres je me sentais tant jugée et si peu.

Avoir l’impression que « tout ça » c’était réglé, bien rangé au rang des souvenirs désagréables, que j’étais en paix avec ce morceau de grossesse qu’il me manque, cette césarienne, leur naissance si violente et la prématurité…mais non..
Avoir l’impression que tout ça remonte d’un coup, comme un tsunami, cette force si violente qui écrase tout sur son passage…
« Replonger » dans cette naissance et avoir l’impression qu’on a eu chaud…relire les compte rendu de leur arrivée dans ce monde… mon mari m’a parlé de son arrivée en néonat pour voir les filles, je pensais pas que ça avait été si mouvementé…j’avais pas compris, pas vu pas voulu voir,je sais pas, peut être un mécanisme inconscient de protection
Avoir l’impression de pas avancer car quand j’essaye d’en parler on me dit « arrêtes de ressasser, tes filles sont là elles vont bien c’est l’essentiel, oublies tout ça c’est du passé », oui c’est vrai tout ça c’est dernière nous, j’ai essayé d’oublier, d’enfouir loin loin ces moments mais apparemment pas assez….

alors écrire

il est 2h du matin j’ai du mal a respirer, ça fait 3 semaines maintenant qu’on nous surveille comme du lait sur le feu…des protéines dans les urines, une maman qui rivalise avec le bibendum michelin tellement elle a de l’oedeme, des prises de sang pas normales…Je suis hospitalisée depuis quelques jours, je sens que ça va plus tarder, dejà plusieurs fausses alertes, plusieurs fois les SF qui viennent en me demandant si mon mari travaille jusqu’à tard, si j’ai déjà été rasé pour la césarienne.les injections de celestene sont faites…Les gynécos sont un peu perdus…tableau de pré-éclampsie, helpp syndrome mais sans l’hypertension….mais là je sais que c’est pour bientôt, je n’urine plus depuis plus de 18h malgré la sonde , j’ai mal a la poitrine, j’ai eu le droit a une echo cardiaque verdict oedeme autour du cœur, trop d’eau dans ce corps qui n’évacue plus alors on déconne plus ce sera pour dans quelques heures, on a grappillé tout ce qu’on a pu avec des pds toutes les 6h pour s’assurer que ça ne s’aggrave pas trop là on a atteint la limite pour moi…32 sa tout pile….c’est peu, si peu…comment ça va se passer? qu’est ce qu’il nous attend?avec mon homme on ne dormira plus maintenant, on réfléchit, on écoute de la musique la nuit est calme, on pleure un peu on a un peu peur…dans quelques heures on sera parents, elles seront là….pourvu que tout aille bien. quelques photos, les dernières de ce ventre plein et l’attente…

8 janvier

Il y à déjà deux césa en urgence au bloc on attend, le SF vient me passer un produit pour la maturation neurologique et me donner la prémédication, le produit a de drôle d’effet secondaire couplé aux calmants, me voilà qui perd pieds et en pleine crise d’angoisse, il faut y aller, écourter cette attente.

Le bloc…alors c’est ici qu’elles verront le jour, leurs premiers regard…bof il fait froid, c’est tout métallique, trop éclairé,, pas comme j’imaginais leur arrivée. Je reconnais la sf, elle s’était occupé de moi au service de suivi des grossesse patho, elle a un caractère fort ça me plait. Un dernier coup de monito et le galop de vos cœurs réchauffent la pièce. Aujourd’hui c’était le jour de l’écho du 3eme trimestre, je vous verrais en vrai..L’anesthésiste me demande de m’installer pour la péri, ce que j’aurais voulu éviter si j’avais pu les emmener plus loin et leur offrir une vraie naissance.je m’installe et j’essaye de faire le dos rond des les aider, la sf m’encourage mais rien à faire ils n’y arrivent pas, déjà une demi heure qu’ils y sont je me sens mal j’ai froid, j’ai peur je suggère à la sf qu’on recommence demain là j’en ai marre, j’ai la tête qui tourne et l’anesthésiste ne veut pas que je m’allonge, la sf me retient comme elle peut, me rassure me donne la main, j’aimerai tellement que mon homme soit là..Une dizaine d’essais, quelques larmes plus tard enfin c’est posé…mon mari rentre enfin tout habillé en bleu….il est d’un calme (il m’avouera plus tard que c’était que l’air, dedans c’était le panique!), il me caresse le visage, je lui prendrais bien la main mais je suis attachée…
On me badigeonne le ventre « mais héhéhé stop je sens tout là!!! » quelqu’un me répondra « c’est normal vous allez sentir sans souffrir » et c’est parti..ah oui je sens mais ça fait pas mal…c’est étrange. J’entends un « olala mais c’est quoi, vous avez beaucoup d’endométriose madame, ça va nous compliquer la tache… ». Je sens leur mains qui fouillent dans mon ventre, ça sent le cramé, plein de drôles de bruits, ils aspirent le liquide et j’entends « attention voilà une tête » et quelques secondes après un cri…si petit si aigu mais si puissant, ma N. ma toute petite te voilà, « bienvenue mon amour »,….mon homme pleure il est submergé, N. pleure quel soulagement, je la vois dans les bras de la SF, pas si petite je trouve, un petit passage auprès des pédiatres et on me l’approche du visage..je la sens, l’embrasse, me frotte le visage contre elle , c’est animal…Il faut vite l’emmener pour les soins. « Ah voilà une paire de fesse » et un second cri, Y. te voilà ma douce « bienvenue ma puce ». elle pleure moins je ne la vois que rapidement, elle est prise en charge vite par l’équipe de pédiatrie, ça y est…elles sont là….on nous annonce les poids, 1670 grammes et 1620 grammes, bravo mes amours!! Il faut maintenant prendre soin de vous, voie centrale, intubation, ventilation..que de douleurs et de violences pour vos premiers instants de vie…excusez moi….
Je lâche prise. Mon mari me câline le visage ,nous pleurons en espérant que tout va bien….et d’un coup j’ai mal je hurle, la SF prévient vite l’anesthésiste que je bouge les jambes, il faut réinjecter du produit vite, j’ai si mal….l’anesthésiste me pose un masque et me demande de respirer profondément je sens que je m’endors, je n’arrive plus a parler j’ai la sensation d’étouffer, et ces mains qui tirent, appuient…vite que ça se termine, ça fait mal,ça me semble long, j’arrive plus a parler (mon mai m’a raconté que je grognais) mais j’entends, tout le monde s’agite, je saigne beaucoup, ma tension descend, ils ont beaucoup de mal a replacer l’utérus dans le ventre, l’endométriose gêne beaucoup,ils prennent beaucoup de précautions mais j’entends que c’est compliqué. je ne sais pas trop quand mon mari sort, on m’agrafe et on m’emmène en salle de réveil,Je suis complètement amorphe, je saigne encore pas mal, je n’ai qu’une hâte voir mes bébés, comment vont elles? où sont elles? elles sont nées a 11h57 et 11h58 je ne les verrais qu’a 18h30.
Les suites de couche furent très douloureuses, une grosse anémie m’a beaucoup fatiguée , je suis encore très surveillée mais mon corps se remet en route. Le besoin d’être près de mes trésors m’a fait me lever et reprendre le dessus. Mes trésors, lovées dans leur cocon de tissu à l’étage du dessus, entourées de fils et de tuyaux dans leurs couveuses.J’ai pu prendre N. dans mes bras le lendemain et Y. le 10 (à cause de l’intubation ça n’était pas possible avant). Elles sont parfaites, leur peau est si douce, toute chaude, elles ne sont pas si petites, ne nous impressionnent pas. Mon mari a pris plein de photo que je regarde en boucle dans ma chambre, les premiers jours je ne reste pas très longtemps en réa mais plus les jours passent moins je suis dans ma chambre. Elles évoluent bien, ce sont des battantes, elles ont une telle force de vie qu’elles nous imposent un respect et une admiration profonde….Mes filles….l’histoire de la néonat , les joies, les peurs, c’est une autre histoire que je n’ai pas encore la force de coucher sur le papier, pas aujourd’hui en tout cas, les longues heures a pleurer auprès des couveuse dans le silence feutré de ce service, à m’excuser auprès de ces bébés de ne pas avoir pu les emmener plus loin, de pas avoir réussi a leur offrir la chaleur de mon giron plus longtemps sont encore trop présentes dans mon esprit. Notre allaitement trop court reste aussi douloureux, celles qui ont fait la triste expérience de la néonat comprendront, le tire lait 8  à 10 fois par jour, les sondes gastriques, les 3h entre chaque tétées à respecter, les 1001 conseils contradictoires, les chiffres, les doubles pesées…..j’ai donné tout ce que j’ai pu malgré des douleurs très fortes pendant les tétées….on me disait c’est normal ça va passer….et ça ne passait pas….j’ai baissé les bras. J’ai tenu 2 mois, 2 tout petit mois…plus tard j’ai appris que ces douleurs (comme un millier d’aiguilles qui cherchent a sortir du sein, une brûlure qui irradie jusque dans l’épaule) n’étaient en fait pas normal….candidose des canaux lactifères…..apparemment un traitement aurai suffit et nous avions tous les symptômes (moi les douleurs, mes filles les mycoses) mais personne n’a su, n’a vu. Je n’ai pas trouvé la force de tenter une relactation.  Je leur donne leur biberon avec autant d’amour que mon propre lait mais je garde un gout amer de ces « ce n’est rien c’est normal ça va passer…. ». Manque d’information? manque d’écoute? Trop de travail (il n’y avait qu’une conseillère en lactation pour toute la néonat)? Je n’en sais rien mais j’aurais souhaité autre chose. On se sent déjà si peu face aux équipes soignantes, cet allaitement était la seule chose que seul moi pouvais leur donner j’y tenais beaucoup, j’aurais réussi un peu mais pas assez.

voilà

Après tout ça l’impression de n’avoir qu’une certitude : l’amour inconditionnel que je porte a ces deux êtres, mes filles, Y. et N., mon oxygène, mon énergie…je ne regrette rien de la galère parcouru pour qu’elles viennent se nicher en moi, ça en valait la peine

Elles ont déjà 3 mois…

Elles me sourient….

2 accouchements, en Belgique (Brabant Wallon)

26 Nov

Je suis loin d’avoir eu les accouchements dont je rêvais, mais ce n’est pas pour autant que, globalement, je me suis sentie bafouée dans le respect de la majorité de mes choix.

Toute l’histoire de mes enfants est médicalisée, du début à la fin, et pourtant, nous avons eu la chance de rencontrer des membres du corps médical humains, pour la plupart attentifs et à l’écoute.  Je voudrais les remercier pour ça, et pour toutes les vies que ces personnes créent et sauvent chaque jour.

Après une longue attente douloureuse, nous plongeons tête la première dans le monde de la PMA. Les journées et les semaines rythmées par les injections à heure fixe, les échographies, les prises de sang à en avoir les veines abîmées… Le stress de l’heure du déclenchement de l’ovulation, la ponction d’ovocytes, l’hyperstimulation, avec ponction de liquide ascitique presque sans anesthésie parce que mes veines étaient impossibles à pénétrer (déshydratation), les journées d’hospitalisation puis de repos strict, seule, sans soutien, parce que c’était notre choix… La déception de devoir encore attendre, puis l’excitation du nouveau traitement, la course aux prises de sang et échographies, enfin le transfert. Envers et contre tout, malgré l’impudeur totale de toutes ces situations, mon mari et moi arrivions toujours à garder un peu de magie et de tendresse, en rêvant de lumières tamisées, de musique douce, de caresses, au lieu de la violence et de la froideur de ces lumières vives, des voix autour de nous s’essayant à des plaisanteries qui sonnaient faux, des protocoles déshumanisés au possible (“Madame X: 2 embryons, insémination intra-utérine”).

C’est finalement un seul beau bébé qui a choisi de faire son nid en moi, durant ce beau mois d’octobre 2009. Que d’émotions et de larmes de joie le matin de ce test de grossesse! Je n’ai pas attendu la prise de sang (encore une), pas question qu’on m’enlève ce moment magique: attendre, le coeur battant à tout rompre, de voir si la 2ième barre du test allait se montrer!

Nous avons quitté la PMA pour un temps, trouvé une gynécologue parfaite: humaine, attentive, à l’écoute de nos questions, qui ne prescrivait jamais d’examens non indispensables (jamais il n’a été question pour elle de me faire passer le test ‘o sullivan pour le diabète par exemple), faisait les prises de sang elle-même, délicate lors des examens (TV seulement en fin de grossesse), et disponible à toute heure du jour ou de la nuit, WE compris, pour aider ses patientes à mettre au monde leur enfant.
La grossesse s’est très bien passée, nous avons fait de l’haptonomie en préparation à la naissance, nous parlions beaucoup à notre bébé tant désiré, tant attendu. Nous voulions pour lui une naissance douce mais sécurisée. Je préférais accoucher à l’hôpital, d’autant que je savais que ma gynécologue serait présente : ça me rassurait beaucoup.
Nous avons fait un projet de naissance, demandant entre autre que je puisse rester mobile le plus longtemps possible, qu’on évite l’épisiotomie, qu’on évite de percer la poche des eaux de façon artificielle, qu’on n’emmène pas mon bébé loin de moi, que le Papa ait toute sa place, qu’il puisse couper le cordon, etc.

36SA et quelques. Ma prise de sang mensuelle n’est pas bonne et la gynécologue m’appelle personnellement pour me fixer un nouveau rendez-vous le mardi suivant.
Le matin, je pars travailler comme d’habitude, je quitte mon boulot juste dans l’idée d’un aller-retour pour un contrôle, mais je n’y retourne jamais. Ma gynéco m’invite fermement à rentrer me reposer et veut me revoir le vendredi, avant le WE.
Je ne suis pas très inquiète car, bien qu’elle suive mon évolution de près, elle n’est pas alarmiste, reste calme et m’explique juste ce qu’il faut en des termes simples pour que je comprenne la situation sans que ça induise en moi aucune panique.  Le vendredi, j’ai toujours plus de protéines dans les urines, la tension toujours haute (15/10) malgré le traitement per-os qu’elle m’a donné. Elle promet de m’appeler en fin de journée pour me tenir au courant des résultats de prise de sang.

Je rentre chez moi, m’allonge, parle à mon bébé, caresse mon ventre, profite du calme. J’ai quelques contractions comme depuis le 4ième mois de grossesse, mais pas de travail en vue. Vers 17h30, la gynécologue m’appelle personnellement. Sa voix est calme, posée, elle prend toutes les précautions pour ne pas m’alarmer outre mesure, mais quand elle me dit de boucler ma valise et de me rendre à la maternité “pour surveillance pendant le week-end”, je prends conscience que la pré-éclampsie se confirme et que mon bébé et moi-même sommes peut-être en danger. Je panique, je fonds en larmes, j’appelle mon mari pour qu’il revienne au plus vite, j’appelle ma maman qui essaye de me rassurer tant bien que mal. J’arrive enfin à retrouver un peu de sérénité, je termine ma valise, rajoute 2-3 bouquins dedans en prévision d’un long week-end d’ennui et dès que mon mari arrive, nous prenons la route de la maternité.

Arrivée sur place à 20h, une sage-femme m’accueille avec le sourire en me demandant si je suis la patiente de A. (prénom de ma gynéco-bonne fée). Je lui remets mon dossier médical (dans lequel j’ai glissé mon projet de naissance). Comme (soit-disant) toutes les chambres sont prises, on m’installe en salle de travail pour prendre mes paramètres. Monitoring ok, tension 16/11, protéines dans les urines +++, la prise de sang de ce matin montrait une augmentation en flèche du taux d’acide urique et une chute des plaquettes… C’est pas bon du tout.

21h, l’assistant de gynécologie qui est de garde pour la nuit vient m’annoncer froidement que vu la situation et à ce terme de la grossesse (37 SA+2), mon bébé sera plus en sécurité dehors que dedans. “A minuit on vous déclenche, reposez-vous” et il tourne les talons…

Mon mari rentre à la maison manger un morceau, prendre une douche, ramener l’appareil photo, les derniers vêtements pour bébé qui séchaient encore et est de retour vers 23h.
Durant son absence, j’essaye de me reposer sur le lit qu’on a installé dans la salle, mais je parle surtout à mon bébé et je prie. Dans quelques heures, je serai maman.

Samedi 19 juin, 00:30, une sage femme entre, re-monitoring, pose d’un cachet au niveau du col et d’un cathéter “au cas où”. Je suis à 1,5 cm d’ouverture. Le protocole est lancé. Vers 1h00, on m’enlève le monitoring, on apporte une couverture pour que mon mari puisse dormir un peu sur la table d’accouchement et on nous laisse dormir jusqu’au matin.
Vers 6h00, les contractions commencent à être un peu douloureuses, je ne peux plus rester couchée ni sur le dos, ni sur le côté. Je me mets à 4 pattes dans le lit et fais des mouvements circulaires du bassin à chaque contraction en respirant profondément.
7h30, on réveille le futur papa et la sage-femme m’examine. Je suis à 2 doigts larges, un 2ième cachet ne sera pas nécessaire : le travail a commencé. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, me voilà branchée au monitoring non stop, et au tensiomètre qui prend ma tension toutes les 3 minutes. Je demande à rester mobile. La sage-femme m’apporte un ballon, qu’elle place juste à côté du lit, de sorte que je puisse l’utiliser malgré le monitoring et le tensiomètre. Je fais du ballon jusque 11h, avec mon mari qui m’aide à chaque contraction en appuyant sur mon sacrum. La sage-femme a proposé de la musique. Le travail est rythmé par le même CD qui tourne en boucle, mais ça me convient. Je suis dans ma bulle et je gère bien, je visualise l’ouverture du passage pour mon bébé.

11h00, je suis à 4cm. L’anesthésiste de garde (c’est le WE) est dans le service, et on ne me laisse pas trop le choix: on me pose la péridurale en me disant que ça fera baisser la tension. J’étais bien, dans ma bulle, j’aurais bien continué encore mais on me fait comprendre que c’est maintenant ou jamais et je n’ose pas refuser.

Avec la péridurale je dois rester couchée. On regarde un petit bout de film avec mon mari, il trouve le temps long. A cause de la péridurale aussi, le travail ralenti, les contractions sont moins régulières, plus espacées, moins fortes. Un traitement en appelle un autre, me voilà sous ocytocine. Le travail reprend. Je suis à 5 cm d’ouverture, mais mon bébé est encore trop haut. La SF nous suggère de faire de l’haptonomie pour le faire descendre. Nous passons une petite demi-heure à faire descendre notre bébé par l’haptonomie. Quand la sage-femme revient, il est bien descendu et elle perce la poche des eaux. Je demande si c’est vraiment nécessaire mais elle dit que ça va accélérer le travail. Je laisse faire.
En effet, le travail s’accélère, les contractions sont plus rapprochées, plus douloureuses. C’est impressionnant à voir sur le monitoring. La péridurale ne fait presque plus d’effet. En 3 contractions, je passe de 6 cm à 8 cm d’ouverture. Je suis tellement surprise par l’intensité de la douleur que je me mets à pleurer juste au moment où ma gynécologue-bonne fée arrive.
En 1 heure, je suis passée de 5 cm à dilatation complète. J’ai trop mal sur le dos, je demande à me mettre sur le côté. On fait un test de poussée dans cette position. Je voudrais accoucher comme ça, mais la sage-femme me demande de me remettre sur le dos pour que la gynécologue puisse m’examiner. J’ai tellement mal en bougeant que j’abdique: je ne veux plus bouger, j’accoucherai sur le dos. La douleur a changé, je sens mon bassin comme brûlant, écartelé.
J’ai très peu de souvenir des poussées, aucune idée du temps de l’expulsion. Le papa va voir quand la gynéco annonce qu’elle tient entre ses doigts une mèche de cheveux de notre tout petit. Encore quelques poussées et voilà C. sur mon ventre. Dès que je le vois, je le trouve si beau! Il ne pleure pas, me regarde avec ses grand yeux. Mon mari coupe le cordon, puis a la présence d’esprit de sortir l’appareil photo pour immortaliser les premiers instants. C. gémit un peu, il a un peu de difficultés à respirer. On appelle le pédiatre qui lui fait une petite aspiration sur la table prévue pour les soins juste à côté de moi, puis on me rend mon bébé pour un peau-à-peau de presque 2 heures.

J’expulse encore le placenta. La gynécologue et la sage-femme appuient fort sur mon ventre, ça fait trop mal! La gynécologue va quitter la chambre, quand elle voit la sage-femme appuyer encore sur mon ventre et une floppée de gros caillots de sang sortir. D’un seul coup son air devient grave, sa voix claque à l’attention de l’étudiante sage-femme: “Redonnez-moi une blouse!” Je fais une hémorragie. Elle me dit juste : “Je vous embête encore un peu.”,  et elle plonge sa main, son avant-bras dans mon utérus pour me fait une révision utérine. C’est douloureux. Elle sort un petit morceau de placenta qui était resté là. Elle a eu le bon réflex. Mon périnée est aussi intact.

Enfin la salle se vide. Plus de pédiatre, plus de gynécologue, plus de sage-femme, ni d’étudiante sage-femme, juste nous 3.

C. met un peu de temps avant de prendre le sein, mais quand il se décide, il  boit gouluement. Je crois bien que c’est ça, le bonheur!

 

Octobre 2011, c’est reparti pour le traitement, les échographies de contrôle, les prises de sang, le transfert d’embryons. Cette fois ce sont 2 petits coeurs qui se mettent à battre en moi! Une nouvelle grossesse pleine de questions, d’inquiétudes pour notre future organisation.
La grossesse se passe bien, le suivi médical est un peu plus intensif  (échographies plus poussées, chez un spécialiste en diagnostic anténatal).  A partir du 5ième mois, un des bébés trouve sa place la tête contre mon col, blotti le long de mon côté droit. L’autre bébé fait des cabrioles dans le reste de l’espace, mais a une fichue tendance à aller coincer sa tête sous mes côtes, ce qui rend toutes mes positions inconfortables. Très tôt dans la grossesse, j’ai des contractions, une vingtaine par jour. Le col tient bon, mais raccourcit à chaque contrôle. Je suis arrêtée à 26 SA. Rien que la position assise me donne des contractions, alors je deviens copine avec la position allongée sur mon canapé. J’essaye de vivre le plus sereinement possible la distance que ça crée malgré tout avec mon “grand” de pas encore 2 ans.

Je rêve d’un accouchement par voie basse, passé 37 SA, pour éviter la néonat, je me fais un film parfait, le peau-à-peau partagé avec le papa… Mais passé 32 SA, ma gynéco commence à me parler chaque semaine de la possibilité d’une césarienne, car le bébé le plus haut est en transverse. Je pleure de devoir en passer par là, mais j’ai le temps de m’y préparer, et je rédige un projet de naissance en partant sur le scénario de la césarienne.

Lors de mon rendez-vous des 35 semaines, la prise de sang s’emballe. De nouveau: pré-éclampsie. Ma gynéco demande que j’entre à la maternité pour surveillance. C’est donc chose faite le jeudi 7 juin dans l’après-midi: analyses d’urines sur 24h, plusieurs monitorings, prise de sang, etc.
Ma tension était correcte, la prise de sang moyennement stable. Rien de catastrophique, j’ai au fond de moi l’espoir de rentrer chez moi pour le WE. C’est trop tôt, je veux tenir mes bébés encore au chaud.

Vendredi 8 juin, re-monitoring (un bébé tachycarde), re-prise de sang, tension un peu élevée. On me fait une échographie pour vérifier le positionnement des bébés et un doppler pour vérifier que tout va bien au niveau des cordons.
On envoit les urines au labo. Entre-temps, ma gynécologue qui était dans l’hôpital pour un autre accouchement, passe me voir. Elle s’assied à côté de mon lit et m’explique qu’elle a reçu les résultats de la prise de sang du matin. L’acide urique a augmenté, les plaquettes sont de nouveau en chute libre, etc. Elle préfère ne pas prendre le risque d’attendre car au vu de mes antécédents et du fait qu’il y a 2 bébés, la situation peu devenir catastrophique en moins d’une heure. Elle m’annonce une césarienne dans l’après-midi, quand une salle d’opération se libèrera. Elle prend quelques minutes pour répondre à mes questions: “Est-ce que le papa pourra être présent?” elle me répond que ça ne lui pose pas de problème, mais que c’est l’anesthésiste qui décide; “est-ce que mes bébés vont aller en néonat?”: 48h pour surveillance au moins…

A peine est-elle sortie de la chambre (je n’ai pas encore digéré l’information) que 2 sages-femmes entrent dans ma chambre, prennent ma tension (qui explose, évidemment, vu le stress de ce que je viens d’encaisser), me donnent de l’isobétadine pour que je prenne une douche, me rasent le haut du pubis. J’arrive quand même à prendre quelques minutes pour prévenir mon mari. On ne m’a pas donné d’heure. Mon plus grand stress est qu’on m’emmène au bloc alors qu’il n’est pas encore arrivé.

Je donne aussi des coups de téléphone pour organiser la garde de mon aîné qui se trouve à la crèche. Lorsque tout est réglé, je me douche (au moins j’ai la paix) puis j’essaye de me relaxer. On me met sous monitoring jusqu’au départ en salle d’opération. Ma puce tachycarde, le monito bip chaque fois qu’elle dépasse 200 bpm. Au bout d’un moment, comme ça m’angoisse, je demande qu’on coupe cette alarme pour me permettre d’essayer de retrouver un peu de sérénité et de parler à mes bébés.
Lorsque mon mari arrive enfin, je fonds en larmes de soulagement.

On nous emmène finalement un peu passé 18h. J’ai froid, je tremble de façon incontrôlée. Plus j’essaye de me maitriser, plus les tremblements sont forts. Je ne sais toujours pas si mon mari pourra être avec moi.

Dans la pièce attenante à la salle d’opération, l’anesthésiste nous annonce enfin que mon mari pourra être à mes côtés, ma gynécologue vient me saluer en mettant son masque et me rassure d’un sourire. Pour me poser la rachianesthésie, je dois m’asseoir sur la table d’opération et faire le dos rond (facile avec un ventre énorme, 1 tête dans les côtes et l’autre contre le col). Une infirmière me propose de m’appuyer sur elle. Elle m’invite à vraiment me laisser aller, elle a bien chaud, je lui demande si je peux l’enserrer par la taille et poser ma tête sur son épaule. Elle est rassurante, un vrai contact humain qui me fera beaucoup de bien.

Lorsqu’on me couche, tout le monde s’agite autour de moi: pose de perfusion, tension, prise de pulsations cardiaques, barbouillage de désinfectant, pose du champ, … Sont présents la gynécologue, l’assistante gynécologue, 2 sages-femmes, 2 infirmières, 2 pédiatres, l’anesthésiste… Enfin on vient asseoir mon mari à côté de moi, et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, B. est sorti. Je verse une larme en entendant son cri, ça me fait réaliser! Je peux le voir (il ressemble à son frère!), le toucher une minute puis on l’emmène.
Deux minutes plus tard, C. crie à son tour, tousse un peu, elle a avalé un peu de sang et de liquide mais elle va bien, je peux la voir aussi. Mon mari ne sait pas trop s’il doit rester avec moi ou rejoindre les bébés, je l’envoie suivre nos enfants avec mission de veiller sur eux et de faire le peau-à-peau dont je serai privée.

On me recoud puis je pars en salle de réveil, où je n’ai de cesse d’essayer de faire bouger mes orteils pour pouvoir rejoindre vite vite mes bébés et mon mari. Mais on est vendredi soir, il n’y a qu’une infirmière pour gérer tous les patients en salle de réveil et un seul brancardier qui met des heures à revenir entre chaque patient. Au bout d’une heure j’arrive à bouger mes orteils, mais je ne remonterai que 2 heures après leur naissance.
Mon mari m’attend dans ma chambre, sans les bébés. Il a fait plus d’une heure de peau-à-peau avec les 2 bébés, il leur a donné à boire (du lait artificiel évidemment) à la seringue. Une sage-femme vient faire ma toilette puis je peux enfin aller voir mes bébés en néonat, pas loin de 4 heures après leur naissance, alors que j’aurais tellement aimé être là pour leur expliquer ce qu’il s’est passé, pourquoi on les a arrachés comme ça de mon ventre. Je prends un, puis l’autre dans mes bras. J’essaye une mise au sein mais je ne me rappelle plus si elle est concluante…

Je passe la nuit sans dormir, à surveiller les heures et tirer un maximum de colostrum que je mets dans des petites seringues, pour que mes loulous aient un peu de mon lait toutes les 3 heures. Au milieu de la nuit j’appelle une sage-femme, je suis en pleurs tellement j’ai mal, malgré la perf d’antidouleur et la pompe à morphine! L’ocytocine dans la perf est réglée comme pour une maman qui n’allaite pas, donc la dose de médoc plus la stimulation due au tirage intensif de mon colostrum fait contracter énormément mon utérus. La sage-femme diminue la vitesse de la perfusion parce que j’insiste pour qu’elle fasse quelque chose.

Le lendemain, une bonne surprise : comme mes bébés ont été stables toute la nuit (et qu’il y a 9 bébés en néonat pour une seule sage-femme de garde le WE), on me les amène dans ma chambre! Une seule condition à ça : les allaiter toutes les 3 heures ET leur donner un complément de 5ml (lait maternel si j’arrive à avoir assez, ou lait artificiel si je n’y arrive pas).
Je tiens à mon allaitement, et comme ils sont petits (2kg180 et 2kg340) et que je les veux près de moi, j’accepte. Toutes les 3 heures, je les change pour bien les réveiller, et je les mets aux seins (avec de l’aide au début pour la tétée en simultané). Je vois, sens et entends parfaitement qu’ils tètent très bien, prennent de bonnes quantités et lâchent le sein d’eux-même au bout de 15-20 minutes lorsqu’ils ont assez bu. Cette histoire de complément ne sert strictement à rien, mais je tire encore en plus entre les tétées. Mais mon corps a des limites et le lendemain on me demande de donner 10 ml de complément à chacun en plus des tétées. Je les vois arriver avec leurs biberons de lait artificiel… Je refuse et dois négocier avec le pédiatre, qui accepte finalement de ne pas donner de complément à condition que je les pèse avant et après chaque tétée pour vérifier qu’ils ont bien bu.
C’est absolument inutile à mes yeux, mais je n’ai pas le choix.

A partir du 4ième jour, j’arrive à installer seule mes bébés pour la tétée en simultané. La 7ième nuit, veille de mon départ de la maternité, une sage-femme exige que je l’appelle pour qu’elle puisse “observer et vérifier” comment je mets mes bébés au sein! C’était comme un examen de sortie, si je n’y arrivais pas, je ne pouvais pas sortir… J’ai donc patiemment changé mes bébés, les ai installés prudemment sur mon lit, ai positionné mon coussin d’allaitement, 1 bébé, puis l’autre, sous l’oeil scrutateur de la sage-femme qui a pu noter sur son dossier que j’étais apte à m’occuper de mes bébés seule… Je me suis sentie infantilisée au possible, mais nous avons pu rentrer à la maison.

Ma gynéco-bonne fée est passé chaque jour voir comment j’allais, répondre à mes questions, vérifier ma cicatrice, me tenir informée de l’évolution de mes prises de sang. Elle a été extra.

Nous sommes environ 1 an après la naissance de mes jumeaux. Ces histoires imparfaites mais avec beaucoup de bons côtés malgré tout, restent gravés dans mon coeur. Mon projet est de suivre une formation d’accompagnante à la naissance, afin d’aider les futures mamans à avoir confiance en elles, en leur ressenti, à leur apporter toute l’information nécessaire pour leur permettre de faire des choix éclairés, Leurs choix, et les rendre actrices de leur grossesse et de leur accouchement.

#211 Angélique – accouchement prématuré – Lyon, 2008

2 Mar

La naissance date un peu, ma fille a 4 ans passés et les souvenirs s’estompent peu à peu…

Aussi je vais m’aider des récits que j’avais posté sur un blog à l’époque pour vous retranscrire avec beaucoup plus de recul la naissance et l’arrivée d’A.

Une arrivée mouvementée…
Déjà la surprise de ma grossesse nous a déjà bien secoués, nous étions en pleins préparatifs de mariage et nous vivions chez mes parents, mais dès que j’ai appris son existence au creu de moi… Je l’ai AIMEE ce petit bébé… cette petite fille.

Bref …

Octobre, 28 SA écho du second trimestre, tout va bien, seulement ma gynécologue repère des oedemes importants sur mon corps, je suis déjà bien en sur-poids à la base, moi je pensais que c’était normal du coup, elle me dit de repasser 15jours après, entre deux de ses rendez-vous elle prendra ma tension.. pour voir.

13 Novembre 2008.

Je suis en route pour le gynéco, je commence mon travail à 13h, je passe chez elle vers midi, j’attends pas mal de temps dans la salle d’attente, tant pis je serai en retard…
Et je n’ose pas m’imposer entre les patients…

Du coup quand elle m’aperçoit elle me fait un peu la morale «  mais fallait me dire que vous étiez là ! »

Prise de tension : 17 !

Je vois de la panique dans ses yeux…

Elle me fais une écho pour voir, bébé estimée à 1,650kgs…

Le verdict est sans appel : Vous allez à la clinique, de suite.

Paniquée… Je sors, j’attends mon bus, j’appelle mon mari «  je dois aller à l’hôpital quelque chose ne va pas bien »

Je suis à 30SA… Je ne sais absolument pas ce qui cloche.

J’ai vaguement reçu un e mail, style suivi de grossesse la semaine d’avant qui parlait de pré éclampsie… Ah tiens … c’est peut-être donc ça !?

Je panique, je pleure…

Arrivée à l’hôpital, j’appelle une amie, j’appelle ma mère, mon homme est au travail.

Ils m’installent en salle de pré accouchement, me font faire pipi dans un bocal, me posent une perfusion, font des prélèvements sanguins, me mettent un brassard qui prend ma tension toutes les dix minutes et m’arnachent à ce truc qu’ils appellent monito… J’entends le cœur de ma princesse, elle va bien, elle bouge bien…

Et ils s’affairent autour de moi, ma mère me rejoint, ça dure plusieurs heures…

Je ne sais pas ce qui se passe.

Au bout d’un moment une SF répond enfin à mes questions « on attend vos résultats et si ça ne va pas on on vous transfère en maternité de niveau 3 et on va EXTRAIRE le bébé »

Comment ça EXTRAIRE le bébé !?!? Sera-t-elle vivante ? Ou morte ? Qu’est ce qui se passe ?

Je lui parle de pré éclampsie du bout des lèvres… elle acquiesce.

J’attends… des heures, j’ai mal de partout, j’en ai marre, on ne me dis rien…

Dans ma perfusion j’ai un médicament pour faire baisser ma tension, et au fur et à mesure elle descend, mon mari me rejoint.

Nous sommes le 13 novembre 2008, elle est prévue pour le 27 janvier 2009… C’est bien trop tôt… J’ai peur .

19h30 les résultats arrivent. Ils ne sont pas catastrophique mais on m’hospitalise.

Je n’ai pas de valise, pas de sac, rien j’envoie mon homme chercher quelques petites choses.

Les jours qui suivent se ressemblent.

On me distille les infos au compte goutte, mon albumine augmente de jour en jour.

Je vis attachée à ma perfusion, monito 3 fois par jour et prise de tension toutes les 3h.

J’en ai marre, le personnel soignant ne prend même pas le soin de m’aider à changer de vêtement, bah oui avec la perfusion, je ne peux pas le faire seule.

Mon homme m’aide à me laver.

La tension diminue, on me parle de tenir jusqu’à 35SA.

Le 18 novembre on me retire enfin la perf je suis a 31SA.

Je passe aux comprimés, je revis un peu. Hier la gynéco est passée et elle envisageait même une sortie de la clinique avec une HAD (hospitalisation à domicile).

Mais je gonfle et mon albumine augmente encore ( plus tard mes amis et ma famille me diront que je faisais vraiment peur à voir!)

Toujours ce même mutisme de la part du personnel soignant, depuis que je suis arrivée j’ai vu qu’une fois ma gynéco, et je me pose mille questions. J’ai accès à internet et je commence à psychoter, j’ai peur, je panique et ça ne m’aide pas dans ma situation.

C’est à ce moment là qu’on me confirme que peu importe le terme j’aurais une césarienne… A ce moment là je suis déçue mais je n’ai pas spécialement peur…

Le 19 novembre voilà ce que j’écris sur mon blog : « En plus j’ai l’impression que nous nous accrochons a des fausses idées, puisque rien d’officiel nous a été donné…
On se base sur des infos distillées par les infirmières, mais si ça se trouve je vais rester des semaines ici, et je ne pourrais pas ! c’est plus fort que moi , je sais que c’est pour ma fille et moi, mais je ne suis pas assez solide pour ça ! Si encore j’étais a la maison, avec la même surveillance, alitée peut être mais chez moi… là non, je suis vraiment mal, ce milieu médical, tout ça, très peu pour moi ! »

Toujours ce mutisme médical…

Les jours passent encore, interminables, j’ai les yeux qui gonflent et une douleur aux poumons qui commence à me gêner.
J’en ai marre, tous les jours on me prend du sang je fais pipi dans des bocaux, on me pique les cuisses de corticoïdes pour faire mûrir les poumons du bébé … Mais tout reste flou, j’ai pas les résultats, on me réveille tous les matins à 7h45 pour les monitos, je ne comprends rien… Je m’énerve.

22 novembre, ma gynéco refait une écho, elle estime A à 2kgs.. et me confirme : à 34SA tout pile, on césarise. Il me reste donc un peu plus de 15jours de grossesse, et je vais les vivre hyper médicalisés.

Mais dans la nuit du 22 au 23, tout se gâte, ma barre aux poumons est une barre épigastrique, m’empêche de respirer, mon mari revient en urgence à la clinique, et l’infirmière ne veut me re perfuser, mais on ne peut plus me piquer mes bras sont noirs, mes veines ne sont plus visibles, je hurle elle ne m’écoute pas, j’en peux plus. Elle prend ma tension : 18.

C’est là aussi que les céphalées commencent, insupportables, douloureuses… horribles, j’avais envie d’en finir.

La gynéco me rend visite le lundi 24, elle me dit que la césarienne aura lieu mercredi 26 novembre, les résultats sont mauvais, et mon état s’empire.

Quelques heures plus tard, elle revient dans ma chambre,mon albumine est à 3g, mes céphalées ne passent pas, ma tension reste à 16…
La césarienne aura lieu le lendemain matin, 8h, le 25 novembre 2008. à 32SA pile poil.

Ce matin là , réveil à 5h pour prendre une douche à la bétadine (Berk) et me préparer: blouse blanche, etc. pour l’accouchement.
Mon homme est arrivé vers 6h30, on a attendu qu’ils me descendent au bloc…

7h24 précises, ils me descendent. Là le stress commence à être palpable… je me mets d’ailleurs à pleurer.
Mon chéri me console comme il peut mais on vois bien qu’il est aussi stressé que moi.

On installe mon homme dans la salle vidéo et moi je rentre au bloc. Là, les sages femmes sont super adorable, elle font de l’humour pour me détendre et il y en a besoin car ma tension est remontée a 17.

Ma gynéco arrive, ambiance détendue car c’est le jour de sa fête (Sainte Catherine). je lui explique que c’est mon troisième prénom et que tout devrais bien se passer même si je stresse et que je tremble de peur.
Ensuite, ils me font asseoir sur la table afin de m’asperger le dos de Bétadine etc. Et la on attend l’anesthésiste.
Il arrive vers 7h45 et il commence à me faire la rachi qui me fais souffrir à cause de mes oedemes dans le dos. Il a du mal à me piquer. Mais il est adorable et très rassurant, j’ai une équipe de choc!

Là je commence à sentir des décharges dans les jambes, ils me font m’allonger et me pose une sonde urinaire. L’anesthésiste reste à mes cotés et me rassure en me disant que je vais sentir qu’on me touche mais que je n’aurais pas mal. Il est d’ailleurs resté tout le long à côté de moi durant l’accouchement pour me rassurer en me disant que j’étais courageuse, que je devais souffler et que tout se passais bien. Moi les sensations étaient vraiment bizarre parce que je sentais vraiment qu’on me tripotait et ça me faisais vraiment paniquer. D’ailleurs j’ai paniqué… Je n’ai vraiment pas aimé cette sensation !

Puis l’anesthésiste m’a dit: « ça y est on vois la tête » et 10sec après j’ai entendu des petits pleurs tout mignon.

Je n’ai rien vu parce que j’avais un champs chirurgical qui me recouvrais jusqu’au dessus de la tête. Une sage femme m’a dit de suite qu’elle allait voir le papa pour le rassurer, ce que j’ai trouvé super!! et ils m’ont bien confirmer que c’était une petite fille.

Pendant qu’ils enlevaient tout le placenta, ils ont fais les soins de la petite que j’entendais pleurer, c’était trop émouvant.

Une fois les soins terminé, le pédiatre est venu me la montrer quelques secondes et m’a permis de lui faire 3bisous. Il l’a vite ramenée en néonat ensuite.

Moi j’étais ailleurs, j’avais hâte qu’ils finissent de me recoudre, j’étais submergée par l’émotion.

Puis ils m’ont remontée en chambre, mon homme m’a montré des photos, mes parents sont arrivés et j’étais encore sur mon nuage, submergée par l’émotion d’être …MAMAN !

Même si ma fille n’était pas avec moi j’étais heureuse.

Seulement vers 14h mon mari est revenue de néonat pour me dire qu’elle avait du mal elle gémissait à chaque respiration, du coup ils l’ont placée sous oxygène.

Vers 16h une infirmière est venue m’annoncer que vu sa détresse ils la transféraient vers une réa-néonat…

Ils m’ont mise sur un brancard et m’ont emmené la voir, 10 petites minutes où je l’ai vue, de dos, je l’ai touchée… elle a sursauté. Si petite.

1,690kgs – 40cm 32 SA ma princesse A. … petite préma.

Mon récit est long mais mon calvaire n’était pas terminé.

A ce moment là, malgré la douleur de la cicatrice, malgré tout je n’imaginais pas ce que j’allais vivre ensuite.

Le lendemain mon mari est parti la voir, a 100km, il m’a ramené des vidéos.

Le manque a commencé à se faire sentir, de plus en plus fort.
Moi , dans cette satanée chambre.

Mon ventre vide.

Des pleurs de bébés dans les couloirs.

Et moi… Seule dans ma chambre, pas de petit berceau.
Cette cicatrice très douloureuse.
Ces gens qui s’affairent autour de moi mais qui ne me disent rien.

Alors j’appelle l’hôpital où elle est , plusieurs fois par jours «  elle va bien on l’a ex-tubée »
« elle a perdu du poids elle fait 1,5kgs »
« elle n’a plus d’oxygène elle récupère »
Mon mari me ramène des vidéos.
Et le personnel de ma clinique reste muet.
Pourquoi ne m’ont ils pas transférée ? Même les aides soignantes ne comprennent pas….

Et le manque se fait insupportable.

Je pleure, je pleure en silence pour ne pas montrer que je souffre comme jamais je n’avais souffert.

J’ai failli y passer.
Mais je ne m’en rend pas compte.
Je veux mon bébé… Je veux ma fille !

J’ai mis au monde A le mardi.
Le vendredi, le pédiatre passe, et me dit qu’elle reviendra probablement aujourd’hui.

Je suis aux anges !
Je pleure de joie, je ris, j’ai hâte.

Les heures passent… Rien…

Alors on appelle l’hôpital où elle se trouve, et là stupeur : Aucun transfert n’est prévu !

J’en ai marre d’être gentille, j’en peux plus… pourquoi m’avoir fait cette fausse joie ?

Tant pis pour ma cicatrice, demain j’irai la voir !

Samedi matin, je signe une décharge et je descend en néonat donner mon bib de lait maternel fraîchement tiré.

Et là le pédiatre me dit «  mais vous allez vous faire sauter les points, il neige, 100km ! Faut pas risquer non non j’appelle je la fait transférer ici »

Et là… je ne remercierai jamais assez ce médecin… qui m’a fait le plus beau cadeau en ce 29 novembre… le retour de ma princesse auprès de moi.

Le 30 novembre a été le jour de notre premier peau à peau.

Depuis… nous sommes hyper fusionnelles.. je ne peux m’éloigner d’elle trop longtemps, plus jamais on ne se mettra entre elle et moi !

Voilà mon récit, long … et pourtant j’ai écourté.
Mais voilà mon expérience.

Entre un corps médical muet.

Une naissance surmédicalisée.
Une séparation mère/enfant cruelle…

Je rêve un jour d’une grossesse normale, et d’un accouchement serein.

alors… Si un jour ça recommence ou ça vous arrive, je n’ai qu’une chose à dire : « Rebellez vous, tenez tête au personnel et ne vous laissez pas faire. »

# 160 Margaux _ 2012 Aisne

25 Fév

Accouchement le 24 janvier 2012 dans un hôpital de l’aisne

Des années avant de tomber enceinte j’imaginais le jour où j’aurais un enfant. J’imaginais la grossesse : moi avec mon gros ventre, le bébé qui donne des coups et l’accouchement : un jour j’aurais perdu les eaux où alors j’aurais des contractions et je dit au papa qu’il est tant de partir que le bébé va arrivé. Ensuite on arrive à l’hôpital, pendant des heures j’aurais eu des contractions, la péridurale et après avoir poussé j’aurais eu mon bébé sur le ventre : le plus beau jour de ma vie ! Le papa aurait coupé le cordon. J’aurais profité de mon séjour à la maternité, tout le monde serait venu voir mon bébé. J’aurais donné son 1 er biberon, changé ses premières selles, fait le soin de son cordon : pour moi c’est ça être mère, toutes ses petites choses de la vie qui paraissent presque insignifiantes pour certains. ça aurait été le bonheur, rentré avec lui à la maison et m’en occuper. Quand j’imaginais ce bébé c’ était toujours un petit garçon, un petit Jules.

Et puis un jour, après presque 8 ans de relation je me suis dit allez on se lance, il y en a marre d’attendre ! Le 19 avril 2011 j’ai arrêté la pilule et j’ai appris le 14 juin 2011 que j’étais enceinte ! J’ai pris rendez vous avec le même gynécologue que ma mère. Le jour du 1 er rendez vous le 30 juillet 2011 je tombe sur sa remplaçante : une co***. J’ai mis l’écho sur Facebook et une de mes amies me dit que le nom du gynécologue inscrit sur l’écho est vraiment bien, que c’est elle qui l’a suivie pour ses deux grossesses. En fait, la remplaçante de mon gynécologue n’a pas remplacé le nom. Comme depuis quelques temps je me disait que je ne serais pas très à l’aise avec un homme je décide de changer de gynécologue. Je prend rendez vous avec elle pour le 12 août 2011 car lors de mon 1 er rendez vous la gynécologue n’avait pas pu mesurer la nuque (faut dire qu’elle avait pas beaucoup cherché). Franchement avec elle j’ai vu la différence, elle était vraiment sympa, à passé du temps pour faire l’écho. Le seule soucis c’est qu’elle est très en retard, un jour j’avais rendez vous à 11 h et je suis passé à 15 h. Il y a aussi le fait qu’elle est malade elle n’arrive pas à rester assisse sur sa chaise, elle tremble un peu. Ensuite j’ai rendez vous avec elle tout les mois et j’avais aussi une écho tout les mois. Le 12 septembre 2011 j’ai su que c’était un garçon j’étais trop heureuse ! J’ai eu ma 3 ème échographie le 28 décembre et elle me dit que mon bébé pèse 2 kg 005. A mon rendez vous du 4 janvier 2012 ma gynécologue me prescrit une prise de sang et une analyse d’urine à faire toutes les semaines car elle suspecte une toxémie. Elle me dit que mon bébé fait 2 kg 395. J’y retourne le lendemain car elle a eu du mal à me faire le doppler et là elle me dit que mon bébé fait 1 kg 915, la différence est normal puisqu’on changé d’appareil. Le 20 janvier 2012 , ma gynécologue est malade et c’est fait remplacer. La remplaçante n’a pas consulté mes résultats de la veille car je l’ai oublié mais je croyais qu’on pouvez les consulter sur ordinateur. Elle me pose juste des questions et me laisse repartir.

Le 23 janvier 2012 dans la soirée je ressens des douleurs dans le haut du ventres dans les côtes. J’ai un peu de mal à respirer et je ne trouve aucune positions confortable. Je prend un spasfons et sa passe. Vers 23 h 30 sa reprend et à 00 h je me décide à appeler la polyclinique. Ils me disent de venir avec mes valises. On arrive là bas vers 00 h 30, je me dit ils vont m’examiner me faire un monitoring et me renvoyer chez moi que je ne suis qu’une chochotte. Ils me demandent de faire une analyse d’urine et me mettent le monitoring et la sage femme m’examine. Résultat mon taux de protéine dans les urines est au max et j’ai de la tension. Quand j’ai bougé ils ont perdu le coeur du bébé donc ils m’ont mis direct en salle d’accouchement. Et là on me dit que je fais une préeclampsie et qu’on doit me faire une césarienne d’urgence. On me pose la perfusion et on me transfère en salle de césarienne d’urgence. On a attendu l’anesthésiste pour la rachianesthésie. Il a dut s’y reprendre à 5 fois car j’étais pleine d’oedème. Au bout d’un moment la sage femme dit qu’il va peut être falloir faire une anesthésie générale car le coeur du bébé ralenti. Au final il y est arrivé et quand il a regardait ma bouche il a dit que de toute façon il aurait pas pu m’intuber pour l’anesthésie générale. Donc ils me font la césarienne et me montrent le bébé par dessus le champs et me disent que c’est un petit bébé. Donc Jules est né à 36 SA + 5 jours, il pèse 1 kg 620 pour 41 cm. Et là on me dit on va devoir le transférer, je me dit oh non pas à Amiens soit à 150 km de où je suis. La gynécologue me dit on le transfère à l’hôpital dans la même ville que la polyclinique ou je suis. Elle me dit aussi que moi j’y serait normalement mercredi. Pendant qu’on me recousé on me la apporté dans sa couveuse. Ensuite ils m’ont mis en salle d’accouchement pour surveiller ma tension. Ils me l’ont ensuite poser deux secondes sur moi le temps de faire une photo. Quand j’ai vu mon fils pour la 1 ère fois je n’est pas pleurer, c’est comme si ce n’était pas mon fils, tout à était si vite. Quand ils me l’ont mis sur moi dans la salle d’accouchement et que mon mari à voulu faire une photo il a fallu que je me dise « faudrait peut être que je sourie ». Je n’est même pas pensé à lui faire un bisou, c’est la sage femme qui quand elle me l’a repris m’a dit « vous lui faite un bisou avant qu’il parte ». Je me souviens avoir pleurée dans les bras de mon mari après son départ, enfin c’est lui qui me là remémoré car j’avais oublié. Vers 5 h ils m’ont remonté dans ma chambre et m’ont homme est parti à l’hôpital voir notre fils. Et j’ai encore pleuré car ce n’est pas du tout ce que je m’imaginé pour mon accouchement. Il y a une chose dont je pense je me souviendrais toujours sur mon séjour à la polyclinique c’est quand j’ai appelé pour qu’on m’ouvre une fenêtre et que la dame m’a dit  » il faudra refermer quand le bébé reviendra » et je lui est dit mais il n’ y a pas de bébé. J’avais hâte d’être transférer, eux ils disaient qu’il fallait être prudent tant que m’a tension n’était pas stable. Je pense que le fait que je connaissait une sage femme à aidé à accéléré mon transfert.

Finalement le mercredi 25 janvier à 12 h j’ai était transféré à l’hôpital où était mon fils. En arrivant là bas ils m’ont dit que j’avais de la chance, qu’il avait essayé de me mettre au plus près de mon fils. J’ai demandé quand j’aurais à manger (car je n’avais rien mangé depuis le lundi 23 janvier au soir) et quand je verrais mon fils. Je ne sais plus ce qu’on m’a répondu pour la nourriture ( je sais juste que j’ai eu à manger ce midi là !) et pour mon fils on m’a demandé si j’allais avoir des visites. Comme j’ai dit oui, ils m’ont dit que j’avais qu’a attendre que mes visiteurs arrivent et que eux ils m’emmèneront. Encore heureux que mes parents avait prévu de venir me voir en début d’après midi. Quand ils sont arrivé, ont à demandé un fauteuil à roulette car je ne pouvais pas marché ( je tient à précisé que juste avant mon transfert à la polyclinique ils m’ont que si je voulait faire mes besoins je devais demander un bassin et en arrivant à l’hôpital même pas deux heures après eux ils m’ont fait lever pour aller aux wc et que en plus il y avait une grande marche pour y accéder). Je ne trouve ça normal de ne pas avoir de fauteuil roulant dans ma chambre car toutes les autres chambres en avait un. Ils m’ont amené un vieux fauteuil roulant qui avait au moins 20 ans et sans repose pied surtout que je faisait de l’oedeme et ne devais pas avoir les jambes dans le vide. Nous sommes enfin parti en néonatalogie voir mon fils, qui soit dit en passant ne ce trouvé pas la porte à côté comme ils ont pu me le dire. Dans l’hôpital où je me trouve il y a un vieux service de maternité et un neuf qui est beaucoup plus près de la néonatalogie et moi j’étais dans le vieux avec le papier peint déchirer et une poire de douche qui ne tenait pas. C’est mon père qui est rentré avec moi en néonatalogie, on commencé à avancer et une dame est venu nous voir pour me dire qu’on pouvait pas rentrer comme ça et que les grands parents ne pouvais rentrer que le weekend. Je suis donc retourné me préparer et je pu enfin aller voir mon fils dont la chambre était la plus éloigné de l’entrée. Quand je l’ai vu j’ai eu du mal, je ne savais pas quoi lui dire , je l’ai effleuré du doigt. Ils ne me l’ont même pas mis à bras. Je pense pas que je soit resté très longtemps. En retournant dans ma chambre, j’ai eu une douleur au ventre mes parents étant parti j’ai appelé les infirmières (je n’avais plus de perfusions depuis mon arrivé), je leurs est dit par l’interphone que j’avais mal au ventre et elles ne sont venu que au bout de 30 minutes. Il a était décider que je devait mettre des bas de contention. La 1 ère fois elles sont venu le mettre avec un appareil métal mais sa n’allait pas donc elles l’ont enfilé sans. Elles m’ont que après je pourrais les mettent toutes seule (je sais pas si vous en avait déjà eu mes c’est pas aussi facile à mettre que des chaussettes, alors imaginé deux jours après une césarienne), je l’ai fait car si je devais attendre qu’elles viennent le matin j’allais rater l’heure du biberon de mon fils et là seule occasions de l’avoir à bras. Il faut savoir que dans ce service de néonatalogie ils ne sortent les bébés que lors du biberons et encore des fois il lui donne le biberon dans la couveuse. Quand j’arrive pour le voir personne ne vient me voir pour me raconter sa nuit, me dire s’il à grossit, c’était à moi de demander. Si j’arrivais à avoir mon fils à bras le matin il y avait de grande chance que son papa ne puisse pas le prendre le soir car selon sa le refroidit. Il fallait réclamer pour l’avoir à bras, sinon ça ne leurs venait pas à l’esprit de nous le proposer alors qu’on en mourrait d’envie. Mon fils a passé plein d’examen et on ne m’a rien dit, juste ce que j’ai pu voir sur son carnet de santé après sa sortie. De mon côté après deux jours sans mettre l’avait les cheveux je me suis décidé à me débrouillé et j’ai appris en parlant avec une aide soignante que « on m’avait entendu me sécher les cheveux » (en fait il écouté au porte) en même temps je vais pas rester comme une crasseuse même si j’avais encore mal au dos et au ventre je l’ai fait. Une fois je parlais avec une femme dans ma chambre et une de ses collègues et rentrait pour ce joindre à la conversation car elle écouté déjà derrière la porte. Comme j’avais de la tension je n’est pas pu prendre de cachet contre les montées lait. Quand la première est arrivé deux jours après mon accouchement (le jeudi 26/01), je me suis dit pourquoi pas allaiter, tant qu’a avoir du lait autant qu’il profite à mon fils. J’ai donc demandé un tire lait qui au début de marché pas et qui au final je trouve ne tire pas beaucoup. On m’a également donné une téterelle dans du Milton et dém**** toi. On m’a quand même dit qu’il fallait que je demande pour qu’on amène mon lait en néonatalogie. La première fois que j’ai demandé on m’a dit de le mettre au frigo et de le prendre quand j’irais voir mon bébé. A chaque fois que j’allais voir mon bébé j’avais une boule dans la gorge, j’avais envie de pleurer, parfois je pleurer même. Pourquoi nous ? Je sais que j’ai de la chance si je n’avais pas était à la maternité ce jour là, j’aurais fait des convulsions et on serait mort tout les deux. Je sais que mon bébé n’est pas un grand prématuré et qu’il avait juste besoins de reprendre du poids. Mais c’est tellement injuste, j’avais imaginé tellement de chose, pas des choses impossible, juste ce qui ce passe normalement. Je suis tellement triste de ne pas avoir pu lui donner son 1 er biberon (je me console en me disant que c’est le papa qui l’a fait juste après l’accouchement), de pas avoir pu changer sa couche, faire le soin de cordon, ni le laver pendant presque 3 semaines. L’assurance maladie prend en charge 12 jours (où un peu plus) à la maternité, je suis donc resté tout ce temps à la maternité (même j’en avais ras le bol vu comment était le personnel) pour être avec mon fils.

Je suis donc sorti le vendredi 3 février 2012 de la maternité, je suis rentré sans mon fils à la maison : encore un coup dure. Voir son petit lit vide … Desfaire sa valise car aucun des vêtement ne lui va (et tout façon à cet instant il n’en mettait pas encore). J’allais voir mon fils tout les soirs après que mon mari soi rentré du travail (je ne voyais pas l’intérêt de poireauté toutes la journées devant la couveuse à la fin je voulait même plus aller le voir, sa me déprimé à chaque fois). Le mardi 7 février quand nous sommes allés voir notre fils on nous a dit qu’il avait fait des prélèvement car il avait plein de bouton blanc et que c’était un germe (elle me dit « pourtant on le lave ») moi je pense qu’il a eu sa parce qu’il le lavé mal, tant qu’il était en couveuse il n’a pas eu de bain, ils le lavait juste avec un coton et du savon dans la couveuse . Par conséquent on ne pouvait pas le prendre dans nos bras et on ne pouvait le toucher que avec des gants. Elle nous à dit qu’il allait peut être passer en lit samedi mais qu’il ce laissé 48 h pour voir comment évolue son germe avec le traitement. Arrive le vendredi (depuis mardi on a pu eu notre fils dans les bras) et on nous dit que notre fils ne passera pas en lit avant lundi et là grosse déception moi quoi me faisait un joie de pouvoir profiter de lui tout le weekend. J’arrive le samedi matin (j’arrive seule car mon mari me déposé à l’entrée de l’hôpital pendant que lui allait de garer car c’était loin et comme ça je gagner 5 minute avec notre fils) j’arrive dans sa chambre et là plus de couveuse, plus de bébé, je m’inquiète. Je vais donc demandé et on me dit qu’il a changé de chambre, on m’y conduit et qu’est ce que que je vois en arrivant mon fils dans un lit et non plus dans une couveuse, j’étais trop heureuse. Je vois que mon mari arrive je vais le voir et en me voyant sourire il me demande ce que j’ai et je lui dit que notre fils est passé en lit. Malgrès la joie je ne trouve pas ça normal qu’ils ne nous est rien dit, je voulais être là et puis ils n’avaient pas ses vêtement, ils ont pris ceux de la néonat. On a pu le prendre de les bras (biensur à chaque fois il fallait demande car il était toujours relié à un scope), j’ai vraiment l’impression d’avoir un vrai bébé dans les bras J’ai demandé quand je pourrais lui donner le bain et on m’a dit que la première fois on me fait voir, la seconde je suis assistée et la troisième je me débrouille. Je crois qu’on m’a fait voir le bain le dimanche. Le lundi quand je suis arrivé l’infirmière m’a juste dit on vous déjà fait voir et comme j’ai dit oui et m’a laissé toute seule alors qu’il devait avoir quelqu’un avec moi. Je ne vais pas me plaindre, je n’avait pas peur de faire cela toute seul mais quand même je ne trouve pas cela normal de laissé une maman toute seul avec son bébé de à peine 2 kg pour le 1er bain. C’est bien clair, une fois qu’il est passé en lit il ne s’en occupé plus. Je passé toutes mes après midi avec lui, je lui donné le bain en arrivant puis son biberon et ils me demandaient toujours si je serais là pour le prochain biberon. Je restait là bas de 13 h à 19 – 20 h, et le papa me rejoignait à 18 h après son boulot. Je continuais à tirer mon lait mais je n’en avait pas beaucoup. J’ai demandé à ce qu’on m’aide à le mettre au sein mais l’infirmière où la puéricultrice n’est jamais venu. Je l’ai donc fait toute seule et je me suis dit que je le ferais quand il sera à la maison. Le mercredi 15 février on me dit qu’il pourrai surement sortir le lendemain (le poids de sorti étant 2 kg 400), qu’il fallait juste que ses résultats de prise de sang soit correcte.Je devais donc appelé le jeudi matin vers 11 h pour savoir si il pouvait sortir. Quand j’ai composé le numéro j’étais tellement stressée. La dame au téléphone me dit que c’est bon, qu’il pouvait sortir, j’étais trop contente, je crois que j’ai encore pleuré mais de joie cette fois ci ! Mon mari a pris sa demi journée et nous sommes allait le chercher en début d’après midi. Je lui est donné son bain, enlevé ses électrodes pour la dernières fois, je lui est mis des vêtements pour la 1 ère fois (avant il mettait des pyjamas), je lui est donné le biberons pour la dernière fois là bas. Ensuite on la mis dans sa nacelle, j’ai dit au revoir à ma copine de néonatalogie (sa fille avait était pendant quelques temps dans la chambre de Jules) et on est rentré à la maison.

Et là ce fut le plus beau jour de ma vie, comme une deuxième naissance pour mon fils. On a pu crée un lien, sa a mis du temps et on y est arrivé. Comme je n’est eu aucune aide j’ai arrêté l’allaitement. J’ai eu beaucoup de mal à le laissé aller à bras avec d’autre personnes que son père et moi. Quand je l’ai laissé à garder la première fois c’était chez mes parents j’ai déposé la nacelle et quand je l’ai repris 3 h plus tard il dormait toujours (sinon je ne l’aurait pas laissé). Je ne peut pas me séparer de mon fils, je ne veut manquer aucun moments de sa vie, c’est bien pour cela que je ne cherche pas de travail. Tout les soirs, jusqu’au 9 mois de mon fils (jusqu’a temps que j’écrive ce texte sur mon blog) quand je me couchait je repensait à ce qui m’est arrivée et souvent je pleurait, je ne sais pas pourquoi. Je n’arrive pas à oublier, à vivre avec les regrets. Depuis mon accouchement j’ai une sorte de haine en moi. Je leurs en veux de n’avoir rien vu (encore que je me dit que si ma gynécologue avait vu que mon fils ne ce développé pas bien dan mon ventre j’aurais accouché plus tôt et je l’aurais encore plus mal vécue) et je m’en veux aussi de n’avoir rien vu. Je n’avais pas un gros ventre, mon fils ne bougé pas beaucoup (son père ne l’a jamais senti). Quand je repense à des moments heureux de ma grossesse (une sortie dans un pub, noël, le nouvel an …) je me dit que j’étais trop insouciante, que pendant ce temps là mon fils souffrait dans mon ventre.

Encore une fois je sais que je n’est pas le droit de me plaindre, mon fils et moi on est en bonne santé mais c’est tellement dur quand je vois tout ce qu’on à raté. J’aime mon fils plus que tout, si je pouvais je ne ferais que l’embrasser, c’est indescriptible cet amour entre nous mais je n’arrive pas assez outre nos débuts ensemble. Paradoxalement je n’aimerais pas refaire l’histoire, souvent j’imagine un début différent mais je me dit que notre histoire ne serais pas là ou elle en ai maintenant.

Je croit que j’étais encore à la maternité que je pensé déjà à faire un petit frère où une petite soeur à mon fils. Au fil des mois j’y pense de plus en plus. J’imagine déjà comme je le faisait avant ma première grossesse. Cette fois ci c’est différent j’ai décidé de faire un projet de naissance : je veux que même en cas de césarienne avoir mon bébé avec moi pendant la période d’observation en salle de réveil (je sais que c’est possible), je veux que même s’il va en néonatalogie il n’est pas de biberons ni de tétines, je veux allaiter. Je pense que j’ai besoin de cette grossesse, que tout ce passe bien, d’aller jusqu’au ; d’accouché par voie basse ou non mais avec le papa, de crée ce lien ..

Aujourd’hui, je suis enceinte de bébé 2 qui est prévu pour le mois d’octobre et j’ai hâte de voir comment va ce passer cette grossesse.

Margaux.

#107 Marie, en septembre

14 Fév

Pour Lilou, il y a eu une mésentente entre les spécialiste de la santé dès le départ sur la date prévue d’accouchement. Mon médecin s’est basé sur la date donnée par l’échographie: 4 septembre. La sage femme et le gynéco de l’hopital sont partis sur la date des dernières règles: 11 septembre.

Perso, j’ai suivi mon médecin, ça m’a semblé plus réfléchi (car plein de femmes n’ovulent pas au 14ème jours et n’ont pas des cycles de 28 jours!).

Donc, le 4 septembre, je me pointe à la maternité, grosse comme une vache: 20 kilos de pris! La sage femme m’accueille, me dit « vous n’êtes pas à terme, vous devrez revenir la semaine prochaine » (nnnoooonnnnn, j’en ai maaaarrrrre), m’allonge sur une table d’examen après m’avoir fait uriner dans un petit pot, me branche l’appareil qui prend la tension et emmène mon superbe échantillon d’urine à l’analyse!

Donc, dans la salle avec Chéri, on papote. Là, l’appareil affiche ma tension. Je me retourne vers Chéri et lui dis: c’est pas normal ça! En effet, 17/11 ou un truc du genre! Je sais pas grand chose de la grossesse mais je sais une chose: la tension est plus basse qu’à l’ordinaire.

En effet, la dame revient, voit le résultat, m’allonge sur le côté gauche et remet la machine pour me reprendre la tension toutes les 2 minutes pendant un quart d’heure. Score le plus bas: 15/9!

Elle revient avec les résultats de l’urine: « Ah mademoiselle, les résultats ne sont pas bons, vous avez une protéïnurie (???) et une tension un peu haute (non tu crois?), avez vous des oedèmes? » Euh oui un peu. « Alors on va sans doute vous déclencher »

Resortie de salle: « Vous allez rentrée chez vous, je pense, je vois avec la gynéco de garde »

Resortie: « On va vous déclencher, la gynéco va venir vous voir »

Resortie: « Vous allez rentré chez vous et revenir demain pour vérifier vos urines » Vous êtes sûre cette fois?

Donc retour à la maison avec un bidon dans lequel je dois conserver TOUTES mes urines pendant 24 heures. Ouah trop sexy! Là petit tour sur internet (ah ça il fallait pas) google: protéïnurie + hypertension + oedèmes = pré éclampsie! Oups, je sais pas exactement ce que c’est mais je sais que c’est pas bon, je coupe l’ordi!

Le lendemain retour à la maternité avec mon bidon (oui faut un gros bidon!), analyse, retour avec la sage femme (c’est pas la même): 14h: on va vous déclencher, les résultats ne sont pas très bons!

Ok mais bon, j’ai des contractions peu douloureuses mais régulières, on ne pourrait pas laisser faire naturellement? Accord de la SF. Installation dans une salle de travail: sympa, télé, salle d’eau perso, siège confortable pour chéri. Examen: 2 petits centimètres!

18h: 2 centimètres Ah?

« On peut percer la poche des eaux ça fera accélérer le travail. » Bon d’accord

« Par contre, ça va être plus douloureux, vous voulez la péridurale? » Non, j’aimerais essayer sans.

Là: eaux vertes kaki avec un aspect grumeleux. « Euh, c’est pas sensé être comme de l’eau? »

« Ne vous inquiétez pas madame, mais en effet, c’est pas trop normal, on va vous mettre en salle d’accouchement pour mieux vous surveiller ». Salle dans laquelle il n’y a plus qu’une pauvre chaise en bois pour chéri!

La SF était adorable, elle m’encourageait, me félicitait pour ma façon d’endurer la douleur, me massait le dos quand Chéri sortait prendre l’air, elle était géniale.. Euh oui, ça fait mal! Mais j’avais super compris cette partie là de la préparation à l’accouchement: il ne faut pas lutter contre la contraction, il faut la laisser t’envahir pour qu’elle fasse son travail! Donc je gère plutôt bien. Ce qui n’est à priori déjà plus le cas de Chéri qui a demandé la péridurale pour moi dans le couloir.

20h: 3 centimètres

21h: 3 bons centimètres, allez presque 4; changement de SF, et là ça été le début de l’enfer. Déjà transmission du dossier. La SF de la journée commence à vouloir expliquer le dossier dans la salle devant moi, là l’autre la coupe et discrètement « Euh oui, j’ai lu le dossier dans le bureau » avec un air entendu: n’en parle pas devant elle!

Euh faut-il que je panique?

21h30: SF de la nuit: « Madame, il va falloir faire accélérer le travail, on va vous mettre un produit pour intensifier les contractions »

Ok, faut ce qui faut, je souffre toujours mais bon entre chaque contraction, tu peux souffler trente secondes alors ça va.

21h40: produit en intraveineuse

21h50: DOULEUR DOULEUR. Hé oui, le produit fait très mal, tellement mal, que j’ai tout le temps mal, pas une seconde de répit, plus aucune position dans laquelle je me sente bien.

Bon, au moins, j’espère que ça sert à quelque chose.

22h: protoxyde d’azote ou gaz hilarant pour essayer de diminuer la douleur. Hilarant mon cul oui! Ah ça tu rigoles mais t’as mal quand même et du coup quand tu dis que tu as mal en rigolant, on te croit plus vraiment! Donc après trois bouffées, stop au proto!

22h15: examen: 2 centimètres QUOI MAIS J’ETAIS A 4? Non, ma collègue est pas très douée elle a dit ça pour vous encourager (pas dit comme ça mais c’était l’idée générale!)

Bon beh je peux avoir la péridurale?

Posée en 5 minutes et efficace aussitôt: super, comme ça ils augmentent au maximum le produit qui intensifie les contractions!

1h45: 10 centimètres, maintenant, on attend que le bébé descende et on poussera dans 2 heures.

3h45: installation pour l’accouchement, et là deuxième partie de l’enfer!

Je dois être beaucoup trop cartésienne mais moi, quand on me dit qu’il faut que je pousse trois fois à chaque contraction, je calcule qu’il faut que je reprenne deux fois mon souffle!

POUSSEZ Ok je prends de l’air et je pousse. Bon certainement, cette partie de la préparation, j’ai du moins comprendre et du coup je ne dois pas pousser correctement mais je te garantis une chose: je pousse.

Ca vient pas très vite, du coup la SF commence à pas être trop aimable « mais poussez madame », tu crois que je fais quoi pouffiasse?

POUSSEZ De l’air et je pousse, au bout d’un moment je fais non de la tête pour signifier que je n’ai plus d’air, il faut que je respire (ben oui pour pousser trois fois, faut bien respirer deux ou je sais plus compter), remontrance, « vous poussez pas » Si je pousse, ta gueule! « Mais vous poussez pas, vous voulez pas la mettre au monde votre fille! » C’est à ce moment que j’ai du commencer à exprimer mes remarques à voix haute et que j’ai sans doute été moins aimable. Non mais je te jure, sortir ça à une femme qui accouche pour la première fois!

Déjà une demi heure de POUSSEZ: ça fatigue et ça une énerve une SF aussi con!

4h15: téléphone au gynéco de garde, ça sort pas!

4h21: Lilou nait après un épisiotomie de malade, les forceps et un cri qui a du être entendu dans tout l’étage! Cool.

Là ils te mettent ton bébé sur le ventre et tu te dis « c’est vraiment sensé être le plus beau moment de ma vie? » J’ai mal, j’ai sommeil et c’est là, après avoir sorti le placenta qu’ils se mettent à te recoudre! DOULEUR

Mais madame, vous avez la péridurale!

Ma cocotte, là ça doit faire plusieurs minutes qu’elle ne marche plus ta péridurale.

Donc: protoxyde d’azote. Cette fois ça a l’air de marcher un peu plus mais bon, c’est quand même pas terrible.

Après deux heures dans cette salle, on me remonte dans la chambre. Chéri rentre à la maison se changer et dormir un peu et là, quand t’es toute seule dans la chambre et que tu regardes le petit bout allongé à côté de toi, il y a comme une grosse bouffée de chaleur et d’amour qui t’envahit, t’as beau en avoir chier, oui tu te dis que c’est le plus beau moment de ta vie!

Evidemment, si ça s’arrêtait là, ça serait trop beau car il y a encore plusieurs jours de galère! En tout cas pour moi! Hé oui, j’ai tellement poussé (pouffiasse de SF!) que j’ai des tromboses annales: cool! Je ne peux pas m’assoir. Pendant deux semaines après l’accouchement, j’ai vécu allongé. Ben oui, car on ne peut pas vraiment te les soigner par des médocs puisque tu allaites et tu peux pas mettre de crème. Ah bon? Si les médecins veulent pas m’en donner, j’en achèterai en sortant. DOULEUR Ah malheureuse, t’as oublié que tu avais une épisio à côté non cicatrisée! DOULEUR Bon ok, je dois attendre la cicatrisation de l’épisio pour traiter les tromboses!

Et voilà pourquoi je n’ai émergé qu’au bout de trois semaines: pouffiasse de SF!

Je passe sur les remarques du personnel de la maternité quand tu leur dis que tu es fatiguée (bébé dort avec toi, il n’y a plus de pouponnière!), elles te répondent que tu n’as qu’à dormir l’après midi au lieu d’avoir des visites! Ben oui, le matin tu as la dame qui t’amène le petit dej, la dame qui vient faire le ménage, la dame qui vient faire ton lit, la puéricultrice qui vient voir le bébé, la SF qui vient te voir, la dame qui vient chercher ton plateau du petit dej!!! Mais je l’emmerde le personnel, moi je vais pas interdire à ma famille de venir voir cette princesse!

Et trois semaines après, Chéri commence à me parler, il a téléphoné à mon père et à sa mère quasi toutes les heures tellement il était en panique! Lui, il entendait tout ce qui se disait quand il allait dans le couloir! Et donc, j’étais à 10 minutes de partir en césarienne. Mais lui a bien tenu le coup, il était là tout le temps, il a tout vu, même plus que moi au moment des forceps (j’avais les yeux fermés tellement j’étais concentré pour pousser, pouffiasse de SF), a vu Lilou sortir, bref, il était vraiment là!

Mais malgré tout ça, je ne me plains pas, je ne suis pas partie en césarienne et ma fille est en pleine forme! Alors on attaque le deuxième!

#91 « Urgence, respect et empathie? » – Caroline, Canada

12 Fév

Je fais une pré-éclampsie. À 31 semaines de grossesse, sur l’insistance de ma sage-femme, je me présente à l’hôpital pour un bilan. J’ai une douleur, un inconfort au niveau de la poitrine, comme une barre…

Il est environ 13h. Prise de sang, monitoring et autres examens. Pression sanguine un peu élevé,  28cm de mesure utérine (tient c’est bizarre, c’était 28cm il y a 3 semaines au dernier rendez-vous!) La médecin résidente passe vers 14h30. « Bon, on va voir le col maintenant« . Je suis surprise. Je n’ai pas de contraction. Je n’ai jamais eu de contraction. Je me demande à quoi peu bien servir cet examen. La réponse m’étonne: la jeune médecin indique « qu’il lui faut l’information dans mon dossier » tout en installant les étriers. J’insiste: « Pourquoi faire?« . Devant l’absence de réponse qui a un sens, je refuse l’examen. La résidente bredouille un peu mais n’insiste pas. Je m’interroge encore aujourd’hui: à quel point certains gestes et examens sont-il machinaux? À quoi bon un examen si le résultat n’est pas nécessaire à la prise de décision?

Il est 16h30. Je commence à me demander pourquoi je suis ici. Je me sens mieux. Je n’ai plus de douleur dans la poitrine. Ma pression s’est stabilisée. Je serais bien prête à repartir chez moi lorsque le gynécologue de garde se présente. « Madame, dit-il, vous faites une pré-éclampsie gravidique.  Nous ne sommes pas équipés ici pour les grands prématurés. L’ambulance s’en vient et vous aurez une césarienne ce soir. L’infirmière va venir vous installer un soluté et on va vous donner certains médicaments…« 

Grand prématuré. Ambulance. Césarienne. « Pardon? Quoi? » Le médecin sort de la chambre. Je ne saurais dire s’il m’a demandé si j’avais des questions ou autre chose. Je suis en état de choc. J’ai un gros nœud dans la gorge. Je regarde autour de moi avec des yeux aveugles. Césarienne ce soir? Allons donc! C’est ridicule!! Il doit y avoir une erreur… Pourquoi… Comment…  J’ai besoin de comprendre. J’ai besoin de parler à quelqu’un. En pleine détresse, je remarque le téléphone et j’essaie de rejoindre ma sage-femme. « Les numéros interurbains ne sont pas permis à cet appareil » me signale une voix automatisée. Je sanglote de plus belle. J’appelle mon conjoint à son travail et explique la situation tout de travers… il comprend l’essentiel et me dit qu’il s’en vient. J’essaie de joindre mes parents « Les numéros interurbains ne sont pas… » Hurlement coincé au fond de la gorges… sanglots… comment la situation a-t-elle pu passer de « Puis-je rentrer chez moi maintenant? » à « L’ambulance s’en vient. »?!

L’infirmière se présente dans la chambre. Elle installe son matériel. J’essuie mes larmes, tente de retrouver un semblant de calme… et lui demande finalement à quoi servira ce qu’elle fait. Elle est bête comme ses pieds « je fais ce que le médecin dit« . J’insiste. J’ai toujours ce besoin de comprendre ce qui se passe, même si aux yeux du personnel hospitalier, je n’en mène pas large. Devant l’absence totale d’explications et d’empathie, je me rebiffe. Je pense à tous ces récits de naissance qui « tourne mal » et leur conclusion… Ces femmes qui racontent leur expérience… j’en ai lu des tonnes. Ça me faisait rêver. Ça me faisait réfléchir… J’ai lu de belles histoires. Des accouchements comme j’en rêve: humains, qui laisse le temps au temps, où il y a un sens à la douleur et où la force de chaque femme est reconnue. Je suis aussi tombée sur des histoires horribles. Des histoires qui se terminent par des interrogations qui n’ont toujours pas de réponse des années après la naissance. Des violences, des regrets, des questions sans réponses. Dans ces histoires, il y a une constance qui m’avait apparu : la douleur de ne pas comprendre perdure bien après la naissance. Je pense à mon bébé. Qu’est-ce qui se passe, mon bébé? L’infirmière s’impatiente. Je secoue la tête. Je refuse les soins. J’ai besoin de comprendre. Les mains sur les hanches, l’infirmière me regarde de haut « Ben là madame! Vous allez devoir me signer un refus de soin! ». Et elle part puis revient avec son formulaire, toujours l’air furibond. Je lis les termes du formulaire. C’est ridicule. Je suis supposée signer un document qui affirme que les soins refusé m’ont été clairement expliqué. « Je ne peux pas signer ça! » Mais l’infirmière insiste. Je signe en paragraphant dans la marge « NON » et, sous ma signature « Je ne comprends pas les soins proposés« . Voilà. Leur formulaire est signé. L’infirmière est rassurée… même si je ne vois pas en quoi un document « Refus de soin » signé avec une note signifiant quelque chose comme « Je signe mais ce qui est écrit est faux » peut aider qui que ce soit! L’infirmière repart.

Et le médecin réapparaît 2 minutes après. Mon ajout au formulaire doit avoir eu un impact finalement. J’ai toujours l’émotion au bord des lèvres. J’ai du mal à formuler mes questions. Je bégaie. J’essaie de reprendre mon souffle. Je vois très bien où le médecin cherche à en venir. « Madame, c’est pour votre bébé ». « Madame, vous voulez le mieux pour votre bébé, n’est-ce-pas? ». « Madame, si vous êtes venue ici, c’est que vous saviez avoir besoin d’aide. Laissez-nous vous aider« . C’est gros comme le nez au milieu d’une figure. Il me prend pour une irréfléchie émotionnelle. Il cherche à m’intimider et au fond de ma douleur, je sens cette évidence et ça me rend furieuse.

Mon conjoint arrive. Le médecin change de ton. « Monsieur, il faut raisonner votre femme. Expliquez-lui que ces traitements sont nécessaires…« .

Raisonner?!

Me raisonner!!!!!?

Je ne demande que ça, des réponses raisonnables plutôt que des réponses qui me prennent pour un bébé!! Et c’est MOI qu’il faut raisonner!? Je me tourne vers mon conjoint et formule mes questionnements comme je peux, entre les sanglots et la boule toujours dans ma gorge, dans mon cœur, dans mon ventre… Qu’est-ce que la pré-éclampsie? À quoi servent les médicaments? Stéphane relais mes questions au médecin, y ajoute les sienne. Avec mon conjoint, le médecin discute entre adultes alors qu’avec moi, il cherche encore à m’intimider. Malgré tout, les réponses commencent à se frayer un chemin dans mon esprit. Un soluté au cas où l’éclampsie surviendrait et pour administrer les médicaments. Le sulfate de magnésium pour mettre le « système au ralenti », donc fait baisser la pression sanguine et diminuer le risque d’éclampsie. La cortisone pour aider à la maturation des poumons du bébé. Mes facteurs sanguins indiquent une pré-éclampsie avancée… le foie commence à être touché… selon son expérience, c’est toujours une césarienne rapidement…
-Comment rapidement?
-Dès que possible. C’est urgent.
-Mais ça fait 4 heures que je suis ici! Et je ne ressens plus de douleur! C’est quoi « rapidement?! »
-On ne sait jamais à l’avance. Certainement cette nuit.

Il faut arracher chaque parcelle de réponse à coup de dix questions formulées et reformulées! Que c’est laborieux! Quoi qu’il en soit, nous en comprenons que nous n’en sommes quand même pas à la secondes prêt.

Nous sentons le médecin pressé de conclure, de faire revenir l’infirmière. Sa préoccupation, certainement réelle, sur ma santé est complètement masquée par son air pressé, son impatience. Et si on ne fait rien? C’est une question toute théorique. Je veux juste une réponse claire sur les conséquences possible mais le médecin reprend de plus belle avec la santé de mon bébé, avec la césarienne qui est le meilleur choix selon lui. Aucune réponse à ma question.

J’accepte la pose du soluté (sans médicament). J’accepte la cortisone. Je pose encore des questions sur le sulfate de magnésium. Le médecin ajoute, l’air gêné, qu’il faut installer aussi une sonde urinaire. Que ça donne des bouffées de chaleur, que ça rend la réflexion laborieuse. Des détails sans importance, vraiment? Après plus d’informations sur l’évolution possible de la maladie, sur les conséquences, je refuse le magnésium pour le moment. J’ai encore besoin de garder les idées claires sur ce qui se passe.

Il est presque 17h. Un brancardier arrive. Mon conjoint ne peut monter avec moi dans l’ambulance. J’ai encore une réflexion pour les protocoles idiots, d’autant plus qu’il y a deux places à l’arrière dans l’ambulance. Une infirmière qui termine son « chiffre » monte avec moi. C’est l’infirmière qui m’a proposé un sandwich du frigo des nouvelles accouchées, vers 15h, quand je lui ai dis que je n’avais pas mangé de la journée. Nous discutons pendant l’heure que ça prend pour se rendre à l’hôpital universitaire. Elle est très sympathique, très empathique, très calme aussi. Elle répond clairement aux questions que je lui pose, dit simplement quand elle n’a pas la réponse. C’est contagieux. Je retrouve un semblant de calme et l’optimiste remonte.

À l’hôpital, je subis une nouvelle batterie de tests. Prise de sang, mesure utérine, pression sanguine. Personne ne me demande d’examen du col. Je suis transférée dans une chambre d’accouchement. La gynécologue de garde se présente et reviendra plus tard avec nos résultats d’examen.

Un moment donné, notre sage-femme vient nous rendre visite à l’hôpital. Mon conjoint l’avait rejoint pour lui donner des nouvelles. Sa visite nous fait chaud au cœur et nous permet de nous recentrer.

La gynécologue revient. Elle est calme et je sens sa présence lorsqu’elle me parle. Elle répète pourtant la même chose que le gynécologue rencontré à mon hôpital de région. Césarienne ce soir. Mais il est plus facile de réfléchir. Elle nous demande pourquoi j’ai refusé le sulfate de magnésium. Elle écoute ma réponse, ne juge pas ma réaction puérile ou imprudente et répond à nos questions. Et si on attend? Et ne serait-il pas possible que mon bébé naisse par voix vaginale? Je sens qu’elle prend le temps de réfléchir et le temps de me répondre. Même l’idée d’attendre ne semble plus idiote quand nous discutons avec elle: elle explique les éléments d’examen qu’elle a en main, le fait que les facteurs sanguins (dont les éléments relatifs à mon foie) ont empiré en quelques heures à peine. Selon son expérience, ça ne s’améliore jamais rendu à ce point-là. Déclencher serait possible mais encore là, il y a des éléments négatifs à prendre en compte, selon ma situation. Elle les énumère en détails. Elle revient sur le sulfate de magnésium : on peut attendre et surveiller. On nous laisse seuls, mon conjoint et moi. Nous avons du temps pour discuter, pour comprendre la situation, pour flatter ma bedaine et parler à notre enfant.

Oui, la césarienne est la bonne option.

Voilà. La décision est mienne. C’est la bonne chose à faire.

Il est 22h30. La gynécologue revient. Nous parlons des effets secondaires possibles de la césarienne, de l’anesthésie, de la santé du bébé, de la prématurité. Nous signons des papiers. Une infirmière revient pour me préparer à l’opération… Ah, cette fameuse sonde urinaire… Pendant que l’infirmière installe la sonde urinaire, la médecin néonatalogiste vient nous rencontrer. « Euh docteur… vous pouvez attendre quelques minutes, merci… » Mais le médecin répond « Ben voyons, j’ai déjà vu ça, c’est pas grave!! » et elle s’installe à côté du lit et commence à parler de son équipe qui prendra soin de notre bébé, de ses chances de survie, des séquelles possibles. Tout ça pendant qu’on me trifouille entre les jambes, à la recherche de mon méat urinaire (j’exagère, l’infirmière est très compétente). J’échange un regard avec l’infirmière désolée, avec mon conjoint stupéfait. Mon conjoint interrompt le docteur et lui demande de revenir. Je ne sais pas comment il réussit à demander au médecin de sortir aussi calmement. Nous nous regardons, affolés. Est-il possible que notre enfant soit… handicapé? Qu’il décède?! La médecin néonatalogiste reviendra plusieurs longues minutes après, nous faisant sentir à quel point SON temps est important. Elle ne doit pas se faire mettre dehors très souvent… Une atmosphère de confiance réussit malgré tout à s’établir avec elle. Les résultats d’examen qu’elle nous communique sont rassurants. Selon l’échographie, notre bébé a le poids d’un bébé de 28 semaines. Malgré le retard de croissance, sa tête a continué à grossir et ressemble à celle d’un bébé de 31 semaines. C’est très encourageant. Ça indique que c’est moi qui suis malade et que mon bébé réagit comme un bébé en santé utilisant le peu de nutriments à sa disposition pour l’important : son cerveau.

23h00. Je suis transférée en salle d’opération. L’anesthésiste me fait une rachidienne. On me demande de m’allonger. L’infirmière passe et me demande de placer mes bras sur la table
-« Hein quoi? Pourquoi?
-Je vais les attacher
-Ah! Non merci! Ça va.
Je n’ai pas pensé une seconde que ça pouvait ne pas être un choix. J’ai juste répond « non merci » comme on refuserait une seconde tasse de café… Elle repart confuse puis je vois l’anesthésiste lui faire signe que c’est ok.

Un drap est dressé presque sur mon cou.
-Euh… Ça peut être plus bas? Je ne me sens vraiment pas bien comme ça…

La personne me sourit et installe son drap sous mes seins.

-Comme ça, ça va?

Je réponds oui mais je m’aperçois que la question était plutôt pour la chirurgienne, qui fait « oui parfait » de son côté. Incertaine, je demande si je peux voir ce que fait le chirurgien avec un miroir ou… L’anesthésiste rigole en me répondant que non, je ne veux pas voir ça. Je n’insiste pas mais au final, je crois que ça m’aurait convenu (au pire, il me semble qu’il suffit d’enlever le miroir!). Ce n’est que bien plus tard que je m’apercevrai que certains aménagements sont possibles (mère qui va chercher son bébé, peau-à-peau et allaitement en salle d’opération). Mais pour un bébé prématuré, il est certain que la situation est différente.

Mon conjoint vient me rejoindre costumé pour l’évènement et s’assoie à mes côtés. Nous ne connaissons pas le sexe du bébé. Je le mentionne avec l’espoir de garder un semblant de rêve : découvrir le sexe de mon bébé moi-même. La gynécologue commence la césarienne en expliquant chaque étape.

23h18. « Il est toute proche… si vous voulez le voir sortir monsieur, c’est le moment de vous lever et jeter un œil de l’autre côté du drap » Mon conjoint hésite… se lève à moitié, se rassoit, puis se lève vraiment. Je vois ses yeux brillants au moment où notre enfant naît, ses lèvres qui forment un « OOOO » émerveillé. Il me regarde, regarde l’autre côté du drap, me regarde à nouveau et m’embrasse. Je m’imaginais découvrir mon bébé, ses yeux, ses bras, son sexe…mais c’est déjà trop long, une éternité a déjà passé. C’est trop long! Trop long!!

-C’est quoi?
-Tu es sûr que… tu voulais…
-Dis-moi, dis-moi!!

C’est le seul lien que je peux faire pour le moment avec mon bébé. Savoir son sexe pour l’imaginer un peu plus concret encore.

-C’est… une fille… je crois.

La gynécologue confirme avec un sourire. C’est bien une petite fille. Et une championne en plus car elle respire sans aide. J’entends une infirmière au loin « J’ai jamais vu ça ». Je crie « Quoi quoi? ». L’infirmière s’approche et nous murmure doucement « Elle respire sans aide, tout va bien. Je n’ai jamais vu ça un si petit bébé qui n’a même pas besoin d’un petit coup de main. C’est une battante! ». Mon conjoint et moi nous nous perdons dans les yeux l’un de l’autre puis je me mets à trembloter sur la table. « J’ai mal au cœur… ». Impossible d’arrêter les tremblements. L’anesthésiste revoit ses machines, taponne sur celle-ci et me dit que c’est un effet secondaire fréquent, tout va bien. Mon bébé? Je veux voir mon bébé!! Où est mon bébé? J’entends une voix à l’autre bout « On vous la montre dans un moment ». Une infirmière passe avec un petit paquet dans les bras, loin, tellement loin. Je vois passer mon bébé en un éclair lumineux. A-t-on déjà décrit le coup de foudre? Je ne vois plus l’infirmière. Que ma fille. C’est ma fille. Elle est magnifique, c’est magnifique! (Rationnellement, l’infirmière est a 2 mètres de moi, ma fille est emmitouflée en boudin, je n’ai pas mes lunettes alors que je suis pratiquement aveugle sans lunette et je tremblote sur la table à cause de l’anesthésie… mais c’est quand même le coup de foudre…). Plus tard, j’appellerai ma fille mon « bébé-lumière ». Je ne sais pas ce que j’ai vraiment vécu alors mais ça été fort, très physique (biochimique peut-être?) et totalement fou. Puis l’équipe de néonatalogie est partie avec ma fille dans une « isolette ».

La chirurgienne recoud. Je lui rappelle notre discussion sur l’AVAC. « Bien sûr! Je vous la recouds hyper solide! » et de m’expliquer la technique qu’elle utilise… Je n’y comprends rien mais j’apprécie l’attention. Une fois terminée, la chirurgienne nous montre la bassine qui contient le placenta. J’en ai déjà vu en vidéo. Celui-ci est minuscule. Puis on nous explique la suite. C’est un rappel puisque nous en avons discuté avant la césarienne. Je retourne en soin intensif pour les prochaines 24h, avec du sulfate de magnésium, dans une chambre sombre, en isolation, pour diminuer les stimulations le plus possible. Et mon bébé? « Dès que votre état est stabilité, on vous amène la voir en néonatalogie ».

Dans les 24h qui ont suivi, je n’ai pas fermé l’œil. Mon conjoint me rapporte une photo de mon bébé imprimée sur une feuille ordinaire, en noir et blanc. Après un coup d’œil, je rejette la photo. Il a l’air d’avoir un truc dégueu aux yeux, comme si c’était un fœtus mal formé. Ça me fout les boules. Les appareils se mettent à sonner. Bip bip… pression trop haute bip bip. Mon conjoint fait la navette entre ma chambre et la néonatalogie. Puis les sueurs commencent. J’ai chaud. Trop chaud. Encore plus chaud! C’est horrible!! Mon conjoint fait maintenant la navette entre ma chambre et la machine à glace. L’infirmière prend sa pause et chuchote à sa remplaçante : « Elle n’a pas dormi! Elle dort pas! ». Je reprends la photo, examine les petits détails puis je comprends que ma fille a reçu des gouttes ophtalmiques. C’est ce qui donne l’effet luisant, la raison pour laquelle elle a les yeux fermés… Cette photo devient alors mon talisman. Je la garde sur mon cœur. À l’occasion, les machines se mettent en alerte Bip!! bip!!!! et les infirmières paniquent un peu… puis ça se calme. Je trouve ça bizarre que la machine puisse lire mes pensées. Je pense à mon bébé, je m’inquiète pour mon bébé… bip bip… Ça me prend un bon bout de temps avant de comprendre que les machines mesurent ma pression et non pas mes pensées (le sulfate de magnésium rend effectivement les pensées nébuleuses!).  Mon conjoint me dira que ma pression montait dans les 230/130. Aujourd’hui, je trouve les protocoles mal fichu. Y aurait-il eu de ces variations si j’avais été avec ma fille? C’est, encore aujourd’hui, ce qui fait le plus mal. Ma fille était en soin intensif. Moi aussi, mais dans une autre pièce.  Mon conjoint s’essoufflait entre les deux unités (il était crevé, vraiment)!

Le temps passe mais c’est difficile. Je pense à l’allaitement. Je regarde mes seins, taponne un peu pour voir… L’infirmière me voit faire et intervient gentiment… « Pas comme ça… une pince en C puis une pression vers le thorax… Voilà! » C’est une goutte de colostrum. L’espoir renaît. « Je veux la voir maintenant! ». Il reste prêt de 12h de « réclusion » alors c’est non, pas tout de suite. Je m’agite. Les machines s’affolent. On me promet que dès que la période de 24heures est terminée, on m’amène à l’unité de néonatalogie. Pause lunch de mon infirmière. Moi, je n’ai même pas faim. Je veux voir ma fille. Maintenant. Je m’imagine tenter de me rendre à elle par mes propres moyens. Ridicule bien sûr. Je viens d’avoir une césarienne, je ne sais même pas où se trouve la néonatalogie. Mais je caresse l’idée un bon moment. Je regrette presque de ne pas avoir chercher à « brasser » un peu le département, de ne pas avoir jouer les hystériques pour aller voir mon bébé. Je le regrette parce que, encore aujourd’hui, j’ai le cœur qui se serre et une douleur bien réelle quand je pense à notre séparation. J’écris ce récit alors que ma fille a 6 ans. J’ai encore mal de cette séparation. Pourquoi nous avoir séparés 24 heures? Pourquoi ne pouvais-je pas l’avoir juste à côté de moi?

Après 24h, je suis débranchée peu à peu. Les dernières prises de sang montrent un retour à la normale. L’infirmière enlève la sonde urinaire, le soluté. L’anesthésiste vient enlever la canule artérielle. La gynécologue vient nous voir. Nous serons transférés à l’unité mère-enfant régulier. Mon conjoint demande une chambre privée. Nous ne nous sentons pas d’attaque pour partager une chambre où des parents cohabitent avec leur nouveau-né pimpant de santé. Il est 23h30. La brancardière vient me chercher. Je voyage en lit d’hôpital. Premier arrêt : la néonatalogie. J’y fais la connaissance d’une petite demoiselle minuscule de 1040 grammes. L’infirmière la sort de l’isolette et la dépose sur ma peau, sur ma poitrine. Nous restons à l’unité de néonatalogie jusqu’à minuit, à soupirer enfin de bien-être. Retour à l’unité mère-enfant, où j’arrive enfin à dormir un peu. Au matin, je réclame un tire-lait. Une infirmière vient expliquer l’auto-médication et me remet anti-douleur et autres cachets. Puis le premier levée et une visite en chaise roulante en néonatalogie. Le trajet m’épuise. De retour à ma chambre, une autre infirmière apporte un tire-lait et donne quelques informations bien insuffisantes. Déjà le dîner. Mon conjoint et moi n’avons aucune envie de nous séparer mais il est temps qu’il parte en quête d’un repas. Il n’a pas encore déjeuner. Un autre truc mal adapté. C’est l’unité mère-enfant, on célèbre la famille sur tous les murs, avec plein de posters maman-papa-bébé. Dans les faits, l’endroit n’est pas adapté pour la famille. Le père dort sur un lit de camp et tant pis pour ses repas!

La suite, c’est l’histoire des débuts de l’allaitement. Une autre histoire, une autre aventure… avec les va-et-vient entre ma chambre et la néonatalogie puis entre le manoir Ronald McDonald (où nous habiterons 2 mois) et la néonatalogie.

[À noter que mon récit d’allaitement a été publié dans le livre « Prêt du cœur, témoignages et réflexions sur l’allaitement », aux éditions Remue-ménage.  HYPERLINK « http://www.groupemaman.org/fr/livres/pres-du-coeur-464 » http://www.groupemaman.org/fr/livres/pres-du-coeur-464 ]

#17 Deena – 2010 – Ottignies

29 Jan

Tout a commencé lors d’un simple monitoring de routine un vendredi après-midi, j’étais enceinte de 39 SA. Pendant le monitoring, la sage-femme vient me dire que j’ai trop de protéines dans les urines, mais elle ne m’explique pas ce que cela signifie et s’en va.
Après le monitoring, je vais chez mon gynécologue, qui lui commence à me poser un tas de questions: si je vois des étoiles devant les yeux, si mes pieds/jambes/mains sont gonflé(e)s depuis longtemps, … Il m’explique qu’il y à trop de protéines dans mes urines, mais que cela pourrait avoir plusieurs explications, donc je dois aller faire des examens supplémentaires.
Après une prise de sang, un test d’urines et un monitoring supplémentaire, le gynécologue m’annonce que j’ai une pré éclampsie et il m’explique ce que cela signifie.

Pendant ce temps, je remarque sur le monitoring que j’ai des contractions toutes les 10 minutes et je lui demande si la pré éclampsie pourrait déclencher le travail naturellement, ce qu’il confirme.
A partir de ce moment on me place dans une chambre à la maternité et on m’annonce qu’on déclenchera l’accouchement le matin suivant. Comme c’est le week-end, mon gynécologue me présente la l’obstétricienne de garde et me dit rapidement qu’il y aura une possibilité que l’accouchement finira par une césarienne.
Le matin suivant (je n’ai quasi pas dormi), j’ai des contractions toutes les 6 minutes et 2 cm d’ouverture, mais on décide quand même de m’injecter de l’ocytocine pour faire avancer le travail vu que le bébé doit sortir dans les 24 heures. On me fait immédiatement une péridurale parce que « les contractions seront insupportables à cause de l’ocytocine » et parce que « cela nous évitera de perdre du temps s’il faut pratiquer une césarienne en urgence ». C’est vraiment très rassurant ce que me disent ces gens… Lorsque l’on m’injecte l’ocytocine, on m’injecte aussi les antibiotiques pour le streptocoque contre lequel je n’étais pas immunisée et à partir de ce moment-là j’ai vomi pendant tout le travail et jusqu’à 2 jours après la naissance.

En effet, l’ocytocine fait bien son travail et les contractions deviennent de plus en plus insupportables, sauf que la péridurale ne suit pas et endort complètement mes jambes et pas mon ventre. Pendant tout le travail je suis accrochée à la machine de monitoring et à un tensiomètre qui se met en route toutes les 10 minutes. Je ne sais pas bouger, donc au revoir les exercices que j’ai appris pendant ces agréables séances d’haptonomie. Je reste constamment couchée sur le dos ou le côté.
Durant l’après-midi, une sage-femme vient rompre les eaux artificiellement pour faire avancer le travail.
Vers 20h, l’ouverture du col coince depuis 3 heures à 7cm et la tête du bébé présente une bosse et on estime qu’il ne passera pas.

A ce moment-là, la douleur a complètement pris l’emprise de mon corps et de mon esprit et je suis tellement dans un état second que je me laisse faire et je m’enfou de ce qui se passe, du moment qu’on me sorte ce bébé et que je ne souffre plus.

La gynécologue décide de faire une césarienne en urgence et lorsque j’apprends que mon compagnon ne peut y assister, je panique complètement. Il avait été d’un grand soutien pendant tout le travail et je m’imaginais mal vivre la naissance de notre premier enfant sans lui.

Les sages-femmes m’emmènent jusque dans une salle à côté du bloc opératoire et heureusement mon compagnon peut rester avec moi le temps d’entrer en salle d’opération.
Arrivée sur la table d’opération, on m’attache les deux bras. Cela prend une demi-heure avant que la péridurale prenne vraiment au niveau du ventre et on place un écran devant mon visage de sorte à ce que je ne vois rien de l’opération. La gyné explique un petit peu ce qu’elle fait pendant l’opération. On doit pousser sur mon ventre pour faire sortir le bébé parce qu’il est trop coincé dans mes intestins, une sensation des moins agréables. On me dit que mon fils est sorti de mon ventre, mais ils l’emmènent immédiatement faire les premiers soins. Je l’entends pleurer au loin, ce qui me rassure, mais je pourrais le voir que 10 minutes après.
Vu que mes deux bras sont attachés, je ne peux même pas le toucher. La sage-femme plaque sa joue contre la mienne, mais je suis tellement déçue par cette césarienne et son déroulement qu’après une minute je l’ordonne de l’amener chez son père faire le peau à peau vu que je ne peux rien faire pour lui. Elle avait l’air très étonnée de ma réaction, mais a respectée mon choix.
Après m’avoir « recousue », je suis encore restée 1h30 dans la salle d’éveil en observation. Je me sentais bien et j’ai demandée plusieurs fois de monter dans ma chambre parce que je ratais les premiers instants avec mon fils, j’étais pratiquement sûr qu’il serait déjà endormi lorsque j’arriverais dans ma chambre, mais ma demande à été ignorée à chaque fois. J’ai donc été séparée de mon fils pendant 2 heures.

Arrivée dans ma chambre, j’ai brièvement pu le mettre au sein, mais il était quasiment endormi.
En plus de la pré éclampsie et la césarienne, j’ai fait de l’anémie et étais très faible. Je suis restée 7 jours en total à la maternité.

Au niveau de l’allaitement, cela a été très difficile. La montée de lait s’est fait attendre et les avis différents des sages-femmes, infirmières, etc… ne m’ont pas aidée. Entre l’une qui me donne une téterelle parce que mon fils a soi-disant un menton trop renfoncé et l’autre qui me sermonne parce que je l’utilise, pas toujours facile de savoir qui il faut croire…

Au 5ième jour, mon compagnon et moi-même décidons de passer au biberon de LA, je suis épuisée, mon fils hurle de faim et la montée de lait ne s’est toujours pas manifestée.  Après avoir fait part de cette nouvelle à l’équipe, une infirmière entre dans ma chambre et me dit que le lait maternel est ce qu’il y à de meilleur pour mon enfant et qu’elle même ayant fait une prééclampsie pour des jumeaux à 36 SA a persévérée et qu’elle les a allaités 6 mois, ELLE. J’ai fondu en larmes, elle croyait vraiment que j’avais pris cette décision à la légère? Mon homme l’a ordonnée de sortir de ma chambre. Pour finir, je n’ai jamais eu de montée de lait, chose assez rare, mais pas exceptionnel dans mon cas selon le gynécologue…

Cette césarienne m’a laissée des séquelles psychologiques assez profondes. Jusqu’à aujourd’hui, je ne sais pas parler de la naissance de mon fils sans que les larmes me viennent aux yeux.
J’ai beaucoup souffert du fait que je n’ai pas vu mon fils « sortir » de moi, j’ai eu beaucoup de mal à établir un lien avec lui alors que son père n’avait aucune difficulté d’adaptation. Vu mon état après l’accouchement, il a été un peu « forcé » de s’occuper de notre fils jour et nuit le temps que je récupère. La césarienne et le fait que je n’ai pas pu l’allaiter ont fait que je sombrais de plus en plus, sans parler du fait que je ne savais même pas m’occuper de lui (le changer, lui donner son bain, le porter plus de 5 minutes, etc…) en rentrant à la maison. Une sage-femme à la maternité a remarquée que je faisais plus qu’un baby blues et a discrètement fait appel à une psychologue périnatale qui m’a un peu aidée à surmonter cette épreuve.

Par la suite, le gynécologue m’a conseillée de faire une pelvimétrie. Il s’est avéré que la sortie de mon bassin est un peu trop juste. Je suis assez fine et mon fils pesait 3kg780 pour 53cm à la naissance, sans parler de son tour de tête de 37cm. On m’a fait croire qu’il ne serait jamais passé, mais je n’en suis toujours pas convaincue…