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#338 La naissance prématurée de Y. et N.

4 Fév

Après avoir vu des amies se lancer  pour contribuer a votre défi à mon tour…voici la naissance de mes filles, arrivées trop tôt a 32sa suite a une pré éclampsie. j’ai écrit ce texte il y a un moment déjà, elles ont aujourd’hui 1 an et sont en pleine forme mais leur naissance restera un jour si particulier dans nos vies….Je ne sais pas trop si ce témoignage pourra vous aider, malheureusement en cas de naissance prématuré des choix….il y en a peu à faire…..heureusement nous avons eu le chance de croiser la route de quelques SF, de puéricultrices, d’aide soignantes pleine de douceur et de bienveillance dont je garde un souvenir encore très fort aujourd’hui. Merci à eux d’avoir été un soutien si important quand dans les yeux des autres je me sentais tant jugée et si peu.

Avoir l’impression que « tout ça » c’était réglé, bien rangé au rang des souvenirs désagréables, que j’étais en paix avec ce morceau de grossesse qu’il me manque, cette césarienne, leur naissance si violente et la prématurité…mais non..
Avoir l’impression que tout ça remonte d’un coup, comme un tsunami, cette force si violente qui écrase tout sur son passage…
« Replonger » dans cette naissance et avoir l’impression qu’on a eu chaud…relire les compte rendu de leur arrivée dans ce monde… mon mari m’a parlé de son arrivée en néonat pour voir les filles, je pensais pas que ça avait été si mouvementé…j’avais pas compris, pas vu pas voulu voir,je sais pas, peut être un mécanisme inconscient de protection
Avoir l’impression de pas avancer car quand j’essaye d’en parler on me dit « arrêtes de ressasser, tes filles sont là elles vont bien c’est l’essentiel, oublies tout ça c’est du passé », oui c’est vrai tout ça c’est dernière nous, j’ai essayé d’oublier, d’enfouir loin loin ces moments mais apparemment pas assez….

alors écrire

il est 2h du matin j’ai du mal a respirer, ça fait 3 semaines maintenant qu’on nous surveille comme du lait sur le feu…des protéines dans les urines, une maman qui rivalise avec le bibendum michelin tellement elle a de l’oedeme, des prises de sang pas normales…Je suis hospitalisée depuis quelques jours, je sens que ça va plus tarder, dejà plusieurs fausses alertes, plusieurs fois les SF qui viennent en me demandant si mon mari travaille jusqu’à tard, si j’ai déjà été rasé pour la césarienne.les injections de celestene sont faites…Les gynécos sont un peu perdus…tableau de pré-éclampsie, helpp syndrome mais sans l’hypertension….mais là je sais que c’est pour bientôt, je n’urine plus depuis plus de 18h malgré la sonde , j’ai mal a la poitrine, j’ai eu le droit a une echo cardiaque verdict oedeme autour du cœur, trop d’eau dans ce corps qui n’évacue plus alors on déconne plus ce sera pour dans quelques heures, on a grappillé tout ce qu’on a pu avec des pds toutes les 6h pour s’assurer que ça ne s’aggrave pas trop là on a atteint la limite pour moi…32 sa tout pile….c’est peu, si peu…comment ça va se passer? qu’est ce qu’il nous attend?avec mon homme on ne dormira plus maintenant, on réfléchit, on écoute de la musique la nuit est calme, on pleure un peu on a un peu peur…dans quelques heures on sera parents, elles seront là….pourvu que tout aille bien. quelques photos, les dernières de ce ventre plein et l’attente…

8 janvier

Il y à déjà deux césa en urgence au bloc on attend, le SF vient me passer un produit pour la maturation neurologique et me donner la prémédication, le produit a de drôle d’effet secondaire couplé aux calmants, me voilà qui perd pieds et en pleine crise d’angoisse, il faut y aller, écourter cette attente.

Le bloc…alors c’est ici qu’elles verront le jour, leurs premiers regard…bof il fait froid, c’est tout métallique, trop éclairé,, pas comme j’imaginais leur arrivée. Je reconnais la sf, elle s’était occupé de moi au service de suivi des grossesse patho, elle a un caractère fort ça me plait. Un dernier coup de monito et le galop de vos cœurs réchauffent la pièce. Aujourd’hui c’était le jour de l’écho du 3eme trimestre, je vous verrais en vrai..L’anesthésiste me demande de m’installer pour la péri, ce que j’aurais voulu éviter si j’avais pu les emmener plus loin et leur offrir une vraie naissance.je m’installe et j’essaye de faire le dos rond des les aider, la sf m’encourage mais rien à faire ils n’y arrivent pas, déjà une demi heure qu’ils y sont je me sens mal j’ai froid, j’ai peur je suggère à la sf qu’on recommence demain là j’en ai marre, j’ai la tête qui tourne et l’anesthésiste ne veut pas que je m’allonge, la sf me retient comme elle peut, me rassure me donne la main, j’aimerai tellement que mon homme soit là..Une dizaine d’essais, quelques larmes plus tard enfin c’est posé…mon mari rentre enfin tout habillé en bleu….il est d’un calme (il m’avouera plus tard que c’était que l’air, dedans c’était le panique!), il me caresse le visage, je lui prendrais bien la main mais je suis attachée…
On me badigeonne le ventre « mais héhéhé stop je sens tout là!!! » quelqu’un me répondra « c’est normal vous allez sentir sans souffrir » et c’est parti..ah oui je sens mais ça fait pas mal…c’est étrange. J’entends un « olala mais c’est quoi, vous avez beaucoup d’endométriose madame, ça va nous compliquer la tache… ». Je sens leur mains qui fouillent dans mon ventre, ça sent le cramé, plein de drôles de bruits, ils aspirent le liquide et j’entends « attention voilà une tête » et quelques secondes après un cri…si petit si aigu mais si puissant, ma N. ma toute petite te voilà, « bienvenue mon amour »,….mon homme pleure il est submergé, N. pleure quel soulagement, je la vois dans les bras de la SF, pas si petite je trouve, un petit passage auprès des pédiatres et on me l’approche du visage..je la sens, l’embrasse, me frotte le visage contre elle , c’est animal…Il faut vite l’emmener pour les soins. « Ah voilà une paire de fesse » et un second cri, Y. te voilà ma douce « bienvenue ma puce ». elle pleure moins je ne la vois que rapidement, elle est prise en charge vite par l’équipe de pédiatrie, ça y est…elles sont là….on nous annonce les poids, 1670 grammes et 1620 grammes, bravo mes amours!! Il faut maintenant prendre soin de vous, voie centrale, intubation, ventilation..que de douleurs et de violences pour vos premiers instants de vie…excusez moi….
Je lâche prise. Mon mari me câline le visage ,nous pleurons en espérant que tout va bien….et d’un coup j’ai mal je hurle, la SF prévient vite l’anesthésiste que je bouge les jambes, il faut réinjecter du produit vite, j’ai si mal….l’anesthésiste me pose un masque et me demande de respirer profondément je sens que je m’endors, je n’arrive plus a parler j’ai la sensation d’étouffer, et ces mains qui tirent, appuient…vite que ça se termine, ça fait mal,ça me semble long, j’arrive plus a parler (mon mai m’a raconté que je grognais) mais j’entends, tout le monde s’agite, je saigne beaucoup, ma tension descend, ils ont beaucoup de mal a replacer l’utérus dans le ventre, l’endométriose gêne beaucoup,ils prennent beaucoup de précautions mais j’entends que c’est compliqué. je ne sais pas trop quand mon mari sort, on m’agrafe et on m’emmène en salle de réveil,Je suis complètement amorphe, je saigne encore pas mal, je n’ai qu’une hâte voir mes bébés, comment vont elles? où sont elles? elles sont nées a 11h57 et 11h58 je ne les verrais qu’a 18h30.
Les suites de couche furent très douloureuses, une grosse anémie m’a beaucoup fatiguée , je suis encore très surveillée mais mon corps se remet en route. Le besoin d’être près de mes trésors m’a fait me lever et reprendre le dessus. Mes trésors, lovées dans leur cocon de tissu à l’étage du dessus, entourées de fils et de tuyaux dans leurs couveuses.J’ai pu prendre N. dans mes bras le lendemain et Y. le 10 (à cause de l’intubation ça n’était pas possible avant). Elles sont parfaites, leur peau est si douce, toute chaude, elles ne sont pas si petites, ne nous impressionnent pas. Mon mari a pris plein de photo que je regarde en boucle dans ma chambre, les premiers jours je ne reste pas très longtemps en réa mais plus les jours passent moins je suis dans ma chambre. Elles évoluent bien, ce sont des battantes, elles ont une telle force de vie qu’elles nous imposent un respect et une admiration profonde….Mes filles….l’histoire de la néonat , les joies, les peurs, c’est une autre histoire que je n’ai pas encore la force de coucher sur le papier, pas aujourd’hui en tout cas, les longues heures a pleurer auprès des couveuse dans le silence feutré de ce service, à m’excuser auprès de ces bébés de ne pas avoir pu les emmener plus loin, de pas avoir réussi a leur offrir la chaleur de mon giron plus longtemps sont encore trop présentes dans mon esprit. Notre allaitement trop court reste aussi douloureux, celles qui ont fait la triste expérience de la néonat comprendront, le tire lait 8  à 10 fois par jour, les sondes gastriques, les 3h entre chaque tétées à respecter, les 1001 conseils contradictoires, les chiffres, les doubles pesées…..j’ai donné tout ce que j’ai pu malgré des douleurs très fortes pendant les tétées….on me disait c’est normal ça va passer….et ça ne passait pas….j’ai baissé les bras. J’ai tenu 2 mois, 2 tout petit mois…plus tard j’ai appris que ces douleurs (comme un millier d’aiguilles qui cherchent a sortir du sein, une brûlure qui irradie jusque dans l’épaule) n’étaient en fait pas normal….candidose des canaux lactifères…..apparemment un traitement aurai suffit et nous avions tous les symptômes (moi les douleurs, mes filles les mycoses) mais personne n’a su, n’a vu. Je n’ai pas trouvé la force de tenter une relactation.  Je leur donne leur biberon avec autant d’amour que mon propre lait mais je garde un gout amer de ces « ce n’est rien c’est normal ça va passer…. ». Manque d’information? manque d’écoute? Trop de travail (il n’y avait qu’une conseillère en lactation pour toute la néonat)? Je n’en sais rien mais j’aurais souhaité autre chose. On se sent déjà si peu face aux équipes soignantes, cet allaitement était la seule chose que seul moi pouvais leur donner j’y tenais beaucoup, j’aurais réussi un peu mais pas assez.

voilà

Après tout ça l’impression de n’avoir qu’une certitude : l’amour inconditionnel que je porte a ces deux êtres, mes filles, Y. et N., mon oxygène, mon énergie…je ne regrette rien de la galère parcouru pour qu’elles viennent se nicher en moi, ça en valait la peine

Elles ont déjà 3 mois…

Elles me sourient….

2 accouchements, en Belgique (Brabant Wallon)

26 Nov

Je suis loin d’avoir eu les accouchements dont je rêvais, mais ce n’est pas pour autant que, globalement, je me suis sentie bafouée dans le respect de la majorité de mes choix.

Toute l’histoire de mes enfants est médicalisée, du début à la fin, et pourtant, nous avons eu la chance de rencontrer des membres du corps médical humains, pour la plupart attentifs et à l’écoute.  Je voudrais les remercier pour ça, et pour toutes les vies que ces personnes créent et sauvent chaque jour.

Après une longue attente douloureuse, nous plongeons tête la première dans le monde de la PMA. Les journées et les semaines rythmées par les injections à heure fixe, les échographies, les prises de sang à en avoir les veines abîmées… Le stress de l’heure du déclenchement de l’ovulation, la ponction d’ovocytes, l’hyperstimulation, avec ponction de liquide ascitique presque sans anesthésie parce que mes veines étaient impossibles à pénétrer (déshydratation), les journées d’hospitalisation puis de repos strict, seule, sans soutien, parce que c’était notre choix… La déception de devoir encore attendre, puis l’excitation du nouveau traitement, la course aux prises de sang et échographies, enfin le transfert. Envers et contre tout, malgré l’impudeur totale de toutes ces situations, mon mari et moi arrivions toujours à garder un peu de magie et de tendresse, en rêvant de lumières tamisées, de musique douce, de caresses, au lieu de la violence et de la froideur de ces lumières vives, des voix autour de nous s’essayant à des plaisanteries qui sonnaient faux, des protocoles déshumanisés au possible (“Madame X: 2 embryons, insémination intra-utérine”).

C’est finalement un seul beau bébé qui a choisi de faire son nid en moi, durant ce beau mois d’octobre 2009. Que d’émotions et de larmes de joie le matin de ce test de grossesse! Je n’ai pas attendu la prise de sang (encore une), pas question qu’on m’enlève ce moment magique: attendre, le coeur battant à tout rompre, de voir si la 2ième barre du test allait se montrer!

Nous avons quitté la PMA pour un temps, trouvé une gynécologue parfaite: humaine, attentive, à l’écoute de nos questions, qui ne prescrivait jamais d’examens non indispensables (jamais il n’a été question pour elle de me faire passer le test ‘o sullivan pour le diabète par exemple), faisait les prises de sang elle-même, délicate lors des examens (TV seulement en fin de grossesse), et disponible à toute heure du jour ou de la nuit, WE compris, pour aider ses patientes à mettre au monde leur enfant.
La grossesse s’est très bien passée, nous avons fait de l’haptonomie en préparation à la naissance, nous parlions beaucoup à notre bébé tant désiré, tant attendu. Nous voulions pour lui une naissance douce mais sécurisée. Je préférais accoucher à l’hôpital, d’autant que je savais que ma gynécologue serait présente : ça me rassurait beaucoup.
Nous avons fait un projet de naissance, demandant entre autre que je puisse rester mobile le plus longtemps possible, qu’on évite l’épisiotomie, qu’on évite de percer la poche des eaux de façon artificielle, qu’on n’emmène pas mon bébé loin de moi, que le Papa ait toute sa place, qu’il puisse couper le cordon, etc.

36SA et quelques. Ma prise de sang mensuelle n’est pas bonne et la gynécologue m’appelle personnellement pour me fixer un nouveau rendez-vous le mardi suivant.
Le matin, je pars travailler comme d’habitude, je quitte mon boulot juste dans l’idée d’un aller-retour pour un contrôle, mais je n’y retourne jamais. Ma gynéco m’invite fermement à rentrer me reposer et veut me revoir le vendredi, avant le WE.
Je ne suis pas très inquiète car, bien qu’elle suive mon évolution de près, elle n’est pas alarmiste, reste calme et m’explique juste ce qu’il faut en des termes simples pour que je comprenne la situation sans que ça induise en moi aucune panique.  Le vendredi, j’ai toujours plus de protéines dans les urines, la tension toujours haute (15/10) malgré le traitement per-os qu’elle m’a donné. Elle promet de m’appeler en fin de journée pour me tenir au courant des résultats de prise de sang.

Je rentre chez moi, m’allonge, parle à mon bébé, caresse mon ventre, profite du calme. J’ai quelques contractions comme depuis le 4ième mois de grossesse, mais pas de travail en vue. Vers 17h30, la gynécologue m’appelle personnellement. Sa voix est calme, posée, elle prend toutes les précautions pour ne pas m’alarmer outre mesure, mais quand elle me dit de boucler ma valise et de me rendre à la maternité “pour surveillance pendant le week-end”, je prends conscience que la pré-éclampsie se confirme et que mon bébé et moi-même sommes peut-être en danger. Je panique, je fonds en larmes, j’appelle mon mari pour qu’il revienne au plus vite, j’appelle ma maman qui essaye de me rassurer tant bien que mal. J’arrive enfin à retrouver un peu de sérénité, je termine ma valise, rajoute 2-3 bouquins dedans en prévision d’un long week-end d’ennui et dès que mon mari arrive, nous prenons la route de la maternité.

Arrivée sur place à 20h, une sage-femme m’accueille avec le sourire en me demandant si je suis la patiente de A. (prénom de ma gynéco-bonne fée). Je lui remets mon dossier médical (dans lequel j’ai glissé mon projet de naissance). Comme (soit-disant) toutes les chambres sont prises, on m’installe en salle de travail pour prendre mes paramètres. Monitoring ok, tension 16/11, protéines dans les urines +++, la prise de sang de ce matin montrait une augmentation en flèche du taux d’acide urique et une chute des plaquettes… C’est pas bon du tout.

21h, l’assistant de gynécologie qui est de garde pour la nuit vient m’annoncer froidement que vu la situation et à ce terme de la grossesse (37 SA+2), mon bébé sera plus en sécurité dehors que dedans. “A minuit on vous déclenche, reposez-vous” et il tourne les talons…

Mon mari rentre à la maison manger un morceau, prendre une douche, ramener l’appareil photo, les derniers vêtements pour bébé qui séchaient encore et est de retour vers 23h.
Durant son absence, j’essaye de me reposer sur le lit qu’on a installé dans la salle, mais je parle surtout à mon bébé et je prie. Dans quelques heures, je serai maman.

Samedi 19 juin, 00:30, une sage femme entre, re-monitoring, pose d’un cachet au niveau du col et d’un cathéter “au cas où”. Je suis à 1,5 cm d’ouverture. Le protocole est lancé. Vers 1h00, on m’enlève le monitoring, on apporte une couverture pour que mon mari puisse dormir un peu sur la table d’accouchement et on nous laisse dormir jusqu’au matin.
Vers 6h00, les contractions commencent à être un peu douloureuses, je ne peux plus rester couchée ni sur le dos, ni sur le côté. Je me mets à 4 pattes dans le lit et fais des mouvements circulaires du bassin à chaque contraction en respirant profondément.
7h30, on réveille le futur papa et la sage-femme m’examine. Je suis à 2 doigts larges, un 2ième cachet ne sera pas nécessaire : le travail a commencé. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, me voilà branchée au monitoring non stop, et au tensiomètre qui prend ma tension toutes les 3 minutes. Je demande à rester mobile. La sage-femme m’apporte un ballon, qu’elle place juste à côté du lit, de sorte que je puisse l’utiliser malgré le monitoring et le tensiomètre. Je fais du ballon jusque 11h, avec mon mari qui m’aide à chaque contraction en appuyant sur mon sacrum. La sage-femme a proposé de la musique. Le travail est rythmé par le même CD qui tourne en boucle, mais ça me convient. Je suis dans ma bulle et je gère bien, je visualise l’ouverture du passage pour mon bébé.

11h00, je suis à 4cm. L’anesthésiste de garde (c’est le WE) est dans le service, et on ne me laisse pas trop le choix: on me pose la péridurale en me disant que ça fera baisser la tension. J’étais bien, dans ma bulle, j’aurais bien continué encore mais on me fait comprendre que c’est maintenant ou jamais et je n’ose pas refuser.

Avec la péridurale je dois rester couchée. On regarde un petit bout de film avec mon mari, il trouve le temps long. A cause de la péridurale aussi, le travail ralenti, les contractions sont moins régulières, plus espacées, moins fortes. Un traitement en appelle un autre, me voilà sous ocytocine. Le travail reprend. Je suis à 5 cm d’ouverture, mais mon bébé est encore trop haut. La SF nous suggère de faire de l’haptonomie pour le faire descendre. Nous passons une petite demi-heure à faire descendre notre bébé par l’haptonomie. Quand la sage-femme revient, il est bien descendu et elle perce la poche des eaux. Je demande si c’est vraiment nécessaire mais elle dit que ça va accélérer le travail. Je laisse faire.
En effet, le travail s’accélère, les contractions sont plus rapprochées, plus douloureuses. C’est impressionnant à voir sur le monitoring. La péridurale ne fait presque plus d’effet. En 3 contractions, je passe de 6 cm à 8 cm d’ouverture. Je suis tellement surprise par l’intensité de la douleur que je me mets à pleurer juste au moment où ma gynécologue-bonne fée arrive.
En 1 heure, je suis passée de 5 cm à dilatation complète. J’ai trop mal sur le dos, je demande à me mettre sur le côté. On fait un test de poussée dans cette position. Je voudrais accoucher comme ça, mais la sage-femme me demande de me remettre sur le dos pour que la gynécologue puisse m’examiner. J’ai tellement mal en bougeant que j’abdique: je ne veux plus bouger, j’accoucherai sur le dos. La douleur a changé, je sens mon bassin comme brûlant, écartelé.
J’ai très peu de souvenir des poussées, aucune idée du temps de l’expulsion. Le papa va voir quand la gynéco annonce qu’elle tient entre ses doigts une mèche de cheveux de notre tout petit. Encore quelques poussées et voilà C. sur mon ventre. Dès que je le vois, je le trouve si beau! Il ne pleure pas, me regarde avec ses grand yeux. Mon mari coupe le cordon, puis a la présence d’esprit de sortir l’appareil photo pour immortaliser les premiers instants. C. gémit un peu, il a un peu de difficultés à respirer. On appelle le pédiatre qui lui fait une petite aspiration sur la table prévue pour les soins juste à côté de moi, puis on me rend mon bébé pour un peau-à-peau de presque 2 heures.

J’expulse encore le placenta. La gynécologue et la sage-femme appuient fort sur mon ventre, ça fait trop mal! La gynécologue va quitter la chambre, quand elle voit la sage-femme appuyer encore sur mon ventre et une floppée de gros caillots de sang sortir. D’un seul coup son air devient grave, sa voix claque à l’attention de l’étudiante sage-femme: “Redonnez-moi une blouse!” Je fais une hémorragie. Elle me dit juste : “Je vous embête encore un peu.”,  et elle plonge sa main, son avant-bras dans mon utérus pour me fait une révision utérine. C’est douloureux. Elle sort un petit morceau de placenta qui était resté là. Elle a eu le bon réflex. Mon périnée est aussi intact.

Enfin la salle se vide. Plus de pédiatre, plus de gynécologue, plus de sage-femme, ni d’étudiante sage-femme, juste nous 3.

C. met un peu de temps avant de prendre le sein, mais quand il se décide, il  boit gouluement. Je crois bien que c’est ça, le bonheur!

 

Octobre 2011, c’est reparti pour le traitement, les échographies de contrôle, les prises de sang, le transfert d’embryons. Cette fois ce sont 2 petits coeurs qui se mettent à battre en moi! Une nouvelle grossesse pleine de questions, d’inquiétudes pour notre future organisation.
La grossesse se passe bien, le suivi médical est un peu plus intensif  (échographies plus poussées, chez un spécialiste en diagnostic anténatal).  A partir du 5ième mois, un des bébés trouve sa place la tête contre mon col, blotti le long de mon côté droit. L’autre bébé fait des cabrioles dans le reste de l’espace, mais a une fichue tendance à aller coincer sa tête sous mes côtes, ce qui rend toutes mes positions inconfortables. Très tôt dans la grossesse, j’ai des contractions, une vingtaine par jour. Le col tient bon, mais raccourcit à chaque contrôle. Je suis arrêtée à 26 SA. Rien que la position assise me donne des contractions, alors je deviens copine avec la position allongée sur mon canapé. J’essaye de vivre le plus sereinement possible la distance que ça crée malgré tout avec mon “grand” de pas encore 2 ans.

Je rêve d’un accouchement par voie basse, passé 37 SA, pour éviter la néonat, je me fais un film parfait, le peau-à-peau partagé avec le papa… Mais passé 32 SA, ma gynéco commence à me parler chaque semaine de la possibilité d’une césarienne, car le bébé le plus haut est en transverse. Je pleure de devoir en passer par là, mais j’ai le temps de m’y préparer, et je rédige un projet de naissance en partant sur le scénario de la césarienne.

Lors de mon rendez-vous des 35 semaines, la prise de sang s’emballe. De nouveau: pré-éclampsie. Ma gynéco demande que j’entre à la maternité pour surveillance. C’est donc chose faite le jeudi 7 juin dans l’après-midi: analyses d’urines sur 24h, plusieurs monitorings, prise de sang, etc.
Ma tension était correcte, la prise de sang moyennement stable. Rien de catastrophique, j’ai au fond de moi l’espoir de rentrer chez moi pour le WE. C’est trop tôt, je veux tenir mes bébés encore au chaud.

Vendredi 8 juin, re-monitoring (un bébé tachycarde), re-prise de sang, tension un peu élevée. On me fait une échographie pour vérifier le positionnement des bébés et un doppler pour vérifier que tout va bien au niveau des cordons.
On envoit les urines au labo. Entre-temps, ma gynécologue qui était dans l’hôpital pour un autre accouchement, passe me voir. Elle s’assied à côté de mon lit et m’explique qu’elle a reçu les résultats de la prise de sang du matin. L’acide urique a augmenté, les plaquettes sont de nouveau en chute libre, etc. Elle préfère ne pas prendre le risque d’attendre car au vu de mes antécédents et du fait qu’il y a 2 bébés, la situation peu devenir catastrophique en moins d’une heure. Elle m’annonce une césarienne dans l’après-midi, quand une salle d’opération se libèrera. Elle prend quelques minutes pour répondre à mes questions: “Est-ce que le papa pourra être présent?” elle me répond que ça ne lui pose pas de problème, mais que c’est l’anesthésiste qui décide; “est-ce que mes bébés vont aller en néonat?”: 48h pour surveillance au moins…

A peine est-elle sortie de la chambre (je n’ai pas encore digéré l’information) que 2 sages-femmes entrent dans ma chambre, prennent ma tension (qui explose, évidemment, vu le stress de ce que je viens d’encaisser), me donnent de l’isobétadine pour que je prenne une douche, me rasent le haut du pubis. J’arrive quand même à prendre quelques minutes pour prévenir mon mari. On ne m’a pas donné d’heure. Mon plus grand stress est qu’on m’emmène au bloc alors qu’il n’est pas encore arrivé.

Je donne aussi des coups de téléphone pour organiser la garde de mon aîné qui se trouve à la crèche. Lorsque tout est réglé, je me douche (au moins j’ai la paix) puis j’essaye de me relaxer. On me met sous monitoring jusqu’au départ en salle d’opération. Ma puce tachycarde, le monito bip chaque fois qu’elle dépasse 200 bpm. Au bout d’un moment, comme ça m’angoisse, je demande qu’on coupe cette alarme pour me permettre d’essayer de retrouver un peu de sérénité et de parler à mes bébés.
Lorsque mon mari arrive enfin, je fonds en larmes de soulagement.

On nous emmène finalement un peu passé 18h. J’ai froid, je tremble de façon incontrôlée. Plus j’essaye de me maitriser, plus les tremblements sont forts. Je ne sais toujours pas si mon mari pourra être avec moi.

Dans la pièce attenante à la salle d’opération, l’anesthésiste nous annonce enfin que mon mari pourra être à mes côtés, ma gynécologue vient me saluer en mettant son masque et me rassure d’un sourire. Pour me poser la rachianesthésie, je dois m’asseoir sur la table d’opération et faire le dos rond (facile avec un ventre énorme, 1 tête dans les côtes et l’autre contre le col). Une infirmière me propose de m’appuyer sur elle. Elle m’invite à vraiment me laisser aller, elle a bien chaud, je lui demande si je peux l’enserrer par la taille et poser ma tête sur son épaule. Elle est rassurante, un vrai contact humain qui me fera beaucoup de bien.

Lorsqu’on me couche, tout le monde s’agite autour de moi: pose de perfusion, tension, prise de pulsations cardiaques, barbouillage de désinfectant, pose du champ, … Sont présents la gynécologue, l’assistante gynécologue, 2 sages-femmes, 2 infirmières, 2 pédiatres, l’anesthésiste… Enfin on vient asseoir mon mari à côté de moi, et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, B. est sorti. Je verse une larme en entendant son cri, ça me fait réaliser! Je peux le voir (il ressemble à son frère!), le toucher une minute puis on l’emmène.
Deux minutes plus tard, C. crie à son tour, tousse un peu, elle a avalé un peu de sang et de liquide mais elle va bien, je peux la voir aussi. Mon mari ne sait pas trop s’il doit rester avec moi ou rejoindre les bébés, je l’envoie suivre nos enfants avec mission de veiller sur eux et de faire le peau-à-peau dont je serai privée.

On me recoud puis je pars en salle de réveil, où je n’ai de cesse d’essayer de faire bouger mes orteils pour pouvoir rejoindre vite vite mes bébés et mon mari. Mais on est vendredi soir, il n’y a qu’une infirmière pour gérer tous les patients en salle de réveil et un seul brancardier qui met des heures à revenir entre chaque patient. Au bout d’une heure j’arrive à bouger mes orteils, mais je ne remonterai que 2 heures après leur naissance.
Mon mari m’attend dans ma chambre, sans les bébés. Il a fait plus d’une heure de peau-à-peau avec les 2 bébés, il leur a donné à boire (du lait artificiel évidemment) à la seringue. Une sage-femme vient faire ma toilette puis je peux enfin aller voir mes bébés en néonat, pas loin de 4 heures après leur naissance, alors que j’aurais tellement aimé être là pour leur expliquer ce qu’il s’est passé, pourquoi on les a arrachés comme ça de mon ventre. Je prends un, puis l’autre dans mes bras. J’essaye une mise au sein mais je ne me rappelle plus si elle est concluante…

Je passe la nuit sans dormir, à surveiller les heures et tirer un maximum de colostrum que je mets dans des petites seringues, pour que mes loulous aient un peu de mon lait toutes les 3 heures. Au milieu de la nuit j’appelle une sage-femme, je suis en pleurs tellement j’ai mal, malgré la perf d’antidouleur et la pompe à morphine! L’ocytocine dans la perf est réglée comme pour une maman qui n’allaite pas, donc la dose de médoc plus la stimulation due au tirage intensif de mon colostrum fait contracter énormément mon utérus. La sage-femme diminue la vitesse de la perfusion parce que j’insiste pour qu’elle fasse quelque chose.

Le lendemain, une bonne surprise : comme mes bébés ont été stables toute la nuit (et qu’il y a 9 bébés en néonat pour une seule sage-femme de garde le WE), on me les amène dans ma chambre! Une seule condition à ça : les allaiter toutes les 3 heures ET leur donner un complément de 5ml (lait maternel si j’arrive à avoir assez, ou lait artificiel si je n’y arrive pas).
Je tiens à mon allaitement, et comme ils sont petits (2kg180 et 2kg340) et que je les veux près de moi, j’accepte. Toutes les 3 heures, je les change pour bien les réveiller, et je les mets aux seins (avec de l’aide au début pour la tétée en simultané). Je vois, sens et entends parfaitement qu’ils tètent très bien, prennent de bonnes quantités et lâchent le sein d’eux-même au bout de 15-20 minutes lorsqu’ils ont assez bu. Cette histoire de complément ne sert strictement à rien, mais je tire encore en plus entre les tétées. Mais mon corps a des limites et le lendemain on me demande de donner 10 ml de complément à chacun en plus des tétées. Je les vois arriver avec leurs biberons de lait artificiel… Je refuse et dois négocier avec le pédiatre, qui accepte finalement de ne pas donner de complément à condition que je les pèse avant et après chaque tétée pour vérifier qu’ils ont bien bu.
C’est absolument inutile à mes yeux, mais je n’ai pas le choix.

A partir du 4ième jour, j’arrive à installer seule mes bébés pour la tétée en simultané. La 7ième nuit, veille de mon départ de la maternité, une sage-femme exige que je l’appelle pour qu’elle puisse “observer et vérifier” comment je mets mes bébés au sein! C’était comme un examen de sortie, si je n’y arrivais pas, je ne pouvais pas sortir… J’ai donc patiemment changé mes bébés, les ai installés prudemment sur mon lit, ai positionné mon coussin d’allaitement, 1 bébé, puis l’autre, sous l’oeil scrutateur de la sage-femme qui a pu noter sur son dossier que j’étais apte à m’occuper de mes bébés seule… Je me suis sentie infantilisée au possible, mais nous avons pu rentrer à la maison.

Ma gynéco-bonne fée est passé chaque jour voir comment j’allais, répondre à mes questions, vérifier ma cicatrice, me tenir informée de l’évolution de mes prises de sang. Elle a été extra.

Nous sommes environ 1 an après la naissance de mes jumeaux. Ces histoires imparfaites mais avec beaucoup de bons côtés malgré tout, restent gravés dans mon coeur. Mon projet est de suivre une formation d’accompagnante à la naissance, afin d’aider les futures mamans à avoir confiance en elles, en leur ressenti, à leur apporter toute l’information nécessaire pour leur permettre de faire des choix éclairés, Leurs choix, et les rendre actrices de leur grossesse et de leur accouchement.

#306 S. accouchement de jumeaux prématurés, à Bruxelles – 2011

25 Nov

J’ai eu une grossesse difficile. Grossesse gémellaire monochoriale-biamniotique (un placenta – deux poches, jumeaux monozygotes). A 19 SA + 3 jours, on me diagnostique un syndrome transfuseur-transfusé (STT- dysfonctionnement du placenta, je passerai sous silence le fait qu’une semaine avant j’étais allée aux urgences car je savais qu’il y avait un problème mais je m’étais gentiment fait remballer). Mon monde s’effondre. Mon gynécologue est très humain et nous aide beaucoup. Il nous parle avec franchise et humanité. Les chances de perdre nos petits garçons sont grandes. Mais on tente le tout pour le tout : à 19SA + 5 jours, à l’aube, je subis un laser du placenta, opération très délicate dont on ne sait si elle va fonctionner. J’affronte cela seule, le papa n’étant pas autorisé à passer la nuit près de moi. Les jours passent, les bébés réagissent bien et j’évite la rupture de la poche des eaux. Les semaines se suivent et je subis maintes échographies (cardiaques, cérébrales, etc.) car le STT aurait pu laisser des séquelles chez les petits.  

12 janvier 2011, 31 SA+ 5 jours : échographie + contrôle du col. Tout va bien. On programme la césarienne au 24 février, à 38 SA (protocole après un laser…). Mon col est bien long et fermé. J’ai des contractions depuis un mois mais elles ne semblent pas avoir de conséquences.

Le soir, je me sens mal. Les contractions me gênent. Je vais dormir.

6h le lendemain, le 13 janvier. Je suis réveillée par une très grosse douleur aux reins. Je ne comprends pas ce que c’est. Mon ventre durcit. Je vais faire couler un bain. Mon mari débarque. Je lui dis que je contracte beaucoup et que j’ai mal au dos. Il chronomètre : contractions toutes les 3-5 min. « On va aux urgences »,  il me dit. Moi, naïve, « tout allait bien hier, laisse moi me laver d’abord ». Je me lave, sors du bain et m’habille. Passage aux toilettes et là, je vois que j’ai perdu le bouchon muqueux. Je comprends qu’il y a urgence. On prend la voiture. Il y a du verglas et des embouteillages. On met 2 heures pour arriver à la maternité (au lieu de 25 min). Un calvaire pour moi ! En route, j’appelle ma belle-mère qui est sage-femme. J’ai mal. Elle me rassure (bien que j’aie su après qu’elle avait compris que j’allais accoucher mais ne voulait pas me stresser. Elle, par contre était morte de stress, de peur que j’accouche en voiture).

J’arrive à la maternité. L’assistante (interne gynécologue) me reçoit froidement : « on vous a vue hier et tout allait bien ». Elle m’examine, mon col est ouvert à 2 cm. Elle me sangle au monitoring. J’ai mal, je pleure. Je me détache plusieurs fois pour aller vomir. La sage-femme râle de devoir remettre le monito. Mon gynécologue n’arrive pas : « il dit que les contractions sont fortes mais pas régulières. Il est occupé et viendra après, madame ». Pendant ce temps, je souffre. Mon mari est désespéré car il voit que ça ne va pas. Je ne suis pas de nature douillette mais là, je perds le contrôle. Mes séances d’haptonomie ne m’aident pas. Je ne peux percevoir les contractions comme une aide à faire sortir mes bébés car je ne veux pas qu’ils sortent. Je sais que ça ne va pas, je le sens, mais personne ne m’écoute. Je perds un peu de liquide amniotique et du sang. On appelle l’assistante : « Le gynécologue va vous examiner ». À 12h30 environ, après 3h30, mon gynécologue me fait venir en salle d’échographie. Il me voit arriver (en marchant ! ben oui, pourquoi aurais-je eu besoin d’une chaise roulante ???). Son visage se décompose. Après ces longs mois, il me connaît bien, sait que je ne suis pas douillette. Là, il perçoit ma douleur et me dit « Oh, vous semblez souffrir ». Echographie du col : il est effacé. Je suis ouverte à 5 cm environ.

Il panique ! On doit tenter d’arrêter le travail. Mais mes urines montrent une infection. On doit faire une ponction du liquide amniotique pour voir s’il est contaminé.

Là, je vis un moment surréaliste. On m’amène dans une pièce sombre. Je souffre comme pas possible, 2 gynécologues et 2 sages-femmes avec blouse et masque m’entourent. On m’enfonce une énorme aiguille dans l’utérus : « ne bougez pas madame ou l’aiguille va toucher la tête d’un bébé ». Je vois dans l’écran cette aiguille et la tête d’un de mes fils (H.) juste à-côté. Et moi qui contracte non stop, je dois souffrir sans bouger. Mon homme est blanc mais fort. Un roc !

On m’amène dans une chambre. Les sages-femmes s’y reprennent à 3 fois pour me mettre la perfusion. Il faut arrêter le travail ! Mais ma douleur n’est toujours par prise en compte. Tout d’un coup, le lit est trempé. La sage femme panique et appelle l’assistante. Celle-ci arrive et m’examine. Je suis à 8cm d’ouverture. Elle me regarde : « Désolée, on ne peut plus rien faire. On doit faire une césarienne ». Je pleure. Mon gynécologue arrive. « Mes bébés vont mourir ??? » « Non, vos enfants sont costauds. A ce stade ils sont viables».

Les salles de césarienne sont toutes occupées. Je dois descendre 11 étages plus bas, en salle d’opération. Mon mari ne peut donc pas venir. J’arrive. L’anesthésiste me pose la rachi-anesthésie. Le soulagement est quasi immédiat. Le gynécologue vient près de moi : «  Vos bébés sont forts. Vous devriez les appeler Nitro et Glycérine. Ils sont de la dynamite ! ». Je souris. Je me calme. J’ai confiance.

L’anesthésiste reste près de moi et me parle d’une voix douce pour m’expliquer ce qu’il se passe. Je sens  qu’on bouge dans mon ventre. Puis un cri. H. est sorti et pleure. Je pleure aussi car je réalise à quel point j’avais peur qu’il ne respire pas. Et mon soulagement est partagé. J’entends les pédiatres se réjouir. L’un d’eux amène H. près de moi. Je l’embrasse. « Madame, si vous le souhaitez, vous pourrez les allaiter ». Cette phrase du pédiatre fut un électrochoc. Et signa le début de mon combat pour que mes chéris n’aient que mon lait.

Pendant ce temps, J. est sorti. Mon deuxième amour crie aussi, un second cri de vie. Je l’embrasse.

Je suis arrivée à 9h et mes chéris sont nés à 13h54 et 14h. 1kg660 et 1kg770. Si petits mais si forts. J’apprends ensuite qu’ils devaient sortir, mon liquide était contaminé par l’infection.

Ils partent en néonat’, on me recoud, je vais 2h en salle de réveil. Je ne devais revoir mes loulous que le lendemain, mais les brancardiers, pédiatres et infirmières font tout pour que je puisse accéder à la néonatologie malgré mon état et mon immense lit que je ne peux quitter. Je peux donc faire du peau-à-peau. Ils sont petits mais j’ai confiance, ils seront battants.

Je demande un tire-lait. Malgré des infirmières peu coopérantes au début (malheureusement j’ai passé 2 jours au service de chirurgie gynécologique avant d’être transférée à la maternité, par manque de place), je m’accroche. Je tire mon lait toutes les 3 heures jours et nuits. Merci au personnel de la néonat qui m’a super soutenue. Ma montée de lait fut énorme. J’aurais pu nourrir 4 bébés.

Ils ne reçoivent que mon lait. Et 3 semaines après la naissance, ils tètent efficacement et sont de moins en moins gavés par sonde. Un mois après leur naissance, ils sortent (alors qu’ils devaient rester 2 mois à l’hôpital). Poids de sortie : 2kg320 et 2kg355. Mes chéris auront tété 32 mois, sevrés par l’arrivée dans mon bidou, de bébé 3.

J’ai un bon souvenir de la néonat (enfin vu le contexte car ça reste un traumatisme de vivre la prématurité). J’ai été soutenue, écoutée, encouragée dans mon allaitement.

Par contre, je reste traumatisée par mon accouchement. Je ne pense pas avoir vécu un accouchement réellement respecté. En tout cas, ma douleur et mon ressenti ne l’ont pas été durant le travail. La douleur non entendue, l’indifférence de l’assistante, la peur panique de perdre mes bébés… Je crois que d’écrire cela pour la première fois me libère un peu…

S.

Séverine – 2012, Seine et Marne – accouchement respecté de jumeaux

8 Mai

Samuel & Noah, les jumeaux de Séverine

Séverine, naissance de Samuel et Noah, 13Août 2012, en Seine et Marne.

J’apprends lors de mon premier rendez-vous pour mon suivi de grossesse que j’attends des jumeaux ! Je suis émue, heureuse… et fière aussi !
Je connaît bien mon gynéco, il m’a suivie pour mes grossesses précédentes (deux), c’est le chef de service, il exerce à l’hôpital, comme ça mon suivi se fait dans la mater où j’accoucherai à 20km de chez moi. Il me dirige toutefois vers sa collègue, plus habituée aux « gémellaires et aussi plus disponible pour un suivi qui se doit d’être plus important que pour une grossesse simple. J’aurais donc droit à chacune de mes consultations à une échographie.
Ma grossesse se passe plutôt bien, mis à part l’inquiétude qu’une grossesse gémellaire peut apporter, la peur d’accoucher beaucoup trop tôt, de perdre un bébé, qu’il y en ait un des deux qui grossisse moins bien que l’autre, etc., et mis à part bien sûr les douleurs et petits « bobos » habituels. J’ai quand même de très forte douleurs ligamentaires. A 6 mois, je suis aussi grosse qu’une singleton à terme. Mais ma gynéco est extra, elle me donne confiance, me dit de « m’écouter ». Le suivi est super ! Contrairement à mes grossesses précédentes pendant lesquelles j’ai du être hospitalisée car mon col s’ouvrait dès 4/5 mois de grossesse, là mon col tient bon ! Je suis peut-être moins stressée, quoique.. !? Plus mûre aussi (j’ai 33ans, j’en avait 20 et 21 pour mes filles), plus sereine, plus à l’écoute de mon corps.
A mon rendez-vous des 7 mois mon col est ouvert à 1cm, je m’y attendais car j’avais eu plus de contractions ces derniers temps, mais je suis rassurée : à presque 32 SA mes bébés sont « viables » ! On ne vit pas une grossesse gémellaire comme une grossesse « simple », chaque semaine est une victoire ! On m’hospitalise 2 jours pour une cure de célestène, pour activer la maturation des poumons au cas où… Je m’y attendais, j’avais même préparé une petite valise ! Quand je sors de l’hôpital je termine les derniers petits achats pour les bébés, il vaut mieux se tenir prêts ! J’aimerai tenir encore 2 semaines…
Quelques jours plus tard, mon mari part travailler et peu après son départ j’ai comme une fuite urinaire, je vais au toilette et quelques minutes après, encore une ! Là je me dit que non, c’est un peu plus que ça ! La poche doit être fissurée, j’appelle mon mari pour qu’il revienne me chercher et on part à la maternité. Je n’ai pas plus de contractions que d’habitude, je me dit que peut-être on va m’hospitaliser pour essayer de faire tenir quelques jours de plus car je suis à 32 SA + 4 jours.
Arrivés aux urgences mater, on me confirme que je perds bien les eaux, on me fait un long monitoring, une échographie, une perf… Le gynéco de garde veut me faire la cure de céléstène, je lui indique que je l’ai déjà eue ! (a-t-il lu mon dossier???) Sur le monito, les contractions sont quand mêmes régulières, mais pas douloureuses. Comme c’est une maternité de niveau II, il manque une semaine et demie pour que j’accouche ici, d’ailleurs on ne me dit pas que je vais accoucher, on me dit que je vais être transférée dans une mater de niveau supérieur, par chance il y a une place à moins de 50km de chez moi ! On m’explique que peut-être on va pouvoir me faire tenir un peu plus ; 24h peut-être…
Je pars donc avec une ambulance du SAMU. Mon mari me rejoindra en voiture. Une équipe sympa, l’ambulancier met sa main sur mon ventre pendant les contractions, sa femme est enceinte, en fin de grossesse. Les contractions s’intensifient avec le trajet (ça remue une ambulance du SAMU!), elles deviennent douloureuses, et plus fréquentes, environ toutes les 5 minutes.
Arrivés sur place, on ne me met pas en salle de naissance directement, mais dans une salle d’examen, on contrôle mon col, il est à 4cm, on ne pourra pas arrêter les contractions (sans blague?!). On me met en salle de naissance, me place sous monitoring, mon mari arrive, on nous laisse seuls, nous expliquant qu’on est quand même surveillés via le monitoring… Je suis sous anticoagulant depuis le début de ma grossesse, aussi on me dit que ça risque d’être limite niveau temps pour la péri car il faut un certain laps de temps entre la dernière injection et la péri (je ne sait plus combien…), mais on appelle quand même l’anesthésiste. Moi je m’en fiche je n’en veut pas de la péri ! Les contractions sont maintenant bien douloureuses et très rapprochées, tout va si vite ! Je sers fort la main de mon mari à chaque contraction, j’essaie de souffler, de gérer la douleur. Je dis à mon mari que je sens que ça pousse, il appelle la sage-femme, elle me refait un TV, je suis à complète, je suis arrivée il y a une heure environ ! Une échographe arrive, mon mari la prévient qu’elle n’aura sans doute pas le temps elle fait vite, très vite (les bébés n’ont pas changés de place : J1 en céphalique, J2 en siège latéral.) Je dis à mon mari qu’il faut quand même se décider pour le prénom du 2ème car on ne s’était toujours pas mis d’accord ! La sage-femme appelle son équipe RAPIDEMENT ! Tout le monde arrive dans la salle de naissance : en plus de l’échographe et de la sage femme déjà là, une autre sage-femme, deux puéricultrices, deux obstétriciens, deux infirmières, l’anesthésiste… 12 personnes au total !
L’anesthésiste me met sous un masque avec du protoxyde d’azote. On me dit de pousser, mais il y a tant de monde et tout va tellement vite que je suis un peu « déconnectée », mon mari me le répète, là je capte ! Je pousse fort, une fois, Samuel est là ! On me le tend pour un petit bisou, puis on doit l’emmener. Même après J2 n’est toujours pas dans le bon sens, on doit me faire « une version interne » , sans péri, je le sens passé, c’est vraiment pas agréable ! En plus c’est l’élève obstétricienne qui essaie en premier, et… n’y arrive pas, alors le gynéco en chef recommence ! Lui me fait vraiment mal ! Mais ça y est, bébé est dans le bon sens, je peux pousser, une fois, deux fois, et Noah est là ! Oh c’est magique! Lui aussi un petit bisou et il part ! Je suis heureuse, les larmes aux yeux. Mon mari part voir les petits, il revient avec les puéricultrices et nos deux bébés dans une couveuse ! Ils me les ont emmenés pour que je les vois avant de les emmener en néo-nat. Ils sont plus gros que ce que j’avais imaginé vu le terme : 1kg7 et 1kg9 ! Ils respirent seuls ! De vrais champions !
Je n’ai pas eu d’épisio, juste une petite (vraiment petite) déchirure. On me garde 2 heures en observation, je suis debout juste après ! Je retournerais voire mes deux merveilles vers 22h dans le service de néonat’. Ils y resteront 2 semaines, puis 2 semaines en néonat de l’hopital près de chez moi. Des vrais champions !
J’ai commencé à perdre les eaux à midi, mes fils sont nés à 16h53 et 17h04, tout a été très vite, s’est bien passé, et je garde un bon souvenir de mon accouchement.

Séverine

Les jumeaux de Séverine, Samuel et Noah

Les jumeaux de Séverine, Samuel et Noah

Evie, une naissance à domicile envolée….‏

7 Mai
Voilà le récit de naissance d’Evie, naissance naturelle d’une prématurée (écrit la nuit de sa naissance).
Le 16 Août, je n’ai encore rien préparé… je ne suis pas prête dans ma vie de tous les jours : il me faut encore du temps, je veux être complètement sereine pour l’arrivée du bébé et je comptais bien sur mon congés maternité pour m’y préparer.  Je me commande sur Internet un livre de 423 pages : en me projetant dans sa lecture je me dis qu’à la fin du livre, je serais prête… prête à accueillir bébé. Il doit être livré  le 19 Août, je l’aurais pour mon début de congés maternité et je pourrais enfin me consacrer pleinement à ce temps intime entre moi et mon bidou.
Il est 22h30, je tricote devant la télé, je me sens maman pour la première fois ce soir et j’ai une barre dans le dos… Quelques contractions « bénignes » me gênent et me rappellent qu’il faut que j’aille me coucher. Je vais sur mon lit, et je prends mon ordi où je lirai quelques récits d’accouchement comme depuis une bonne quinzaine de jour. La seule chose que je retiens par dessus tout : la douleur nécessaire lors de l’accouchement et le dépassement de soi.
 
Le 17 Août, il est 5h,  un de nos chats réclame à sortir. J’émerge péniblement, je me lève, fais pipi,  et ça continue à couler, un bon gros verre   : M**** c’est la poche des eaux… je suis à 34 semaines et 2 jours… c’est pas trop le moment. Je ne suis pas stressée, je n’ai pas de contractions et le liquide est clair.  Moi je pense à mon ADD qui tombe à l’eau .
Colin aimerait qu’on aille à l’hôpital, j’en ai pas du tout envie.  Je suis d’accord pour aller vérifier que c’est bien la poche des eaux et que le bébé va bien.
On arrive aux urgences, on nous monte en maternité et je me fais ausculter. C’est bien la poche des eaux… et   ils me gardent, et de plus m’annoncent que je vais être transférée. Oui j’ai bien entendu,  ils n’ont pas de services adéquats pour les prématurés de 34 semaines.
On se résigne, on n’a pas le choix : fini l’AAD, bonjour maternité et le kit « médical » imposé : corticoïdes (pour maturer les bronches de bébé et lui éviter d’être anesthésier à la naissance pour pouvoir l’intuber), antibiotiques car s’il y eu rupture des eaux il y a forte chance que j’ai une infection et il faut protéger bébé, piqûre dans les fesses, cathéter, monitoring, TV, perfusion, prise de sang, échographie, prélèvement vaginal, analyse d’urine, commande d’un VSL pour mon transfert, : la totale…   Mais je ne suis pas prête.
Il est 13h, je pars pour Gap en ambulance. Colin et maman descendront en voiture. Je continue à perdre beaucoup d’eau, toujours pas de contractions douloureuses…
A 23h, on se couche avec Colin (il reste avec moi ce soir au cas où), on est naze, debout depuis 6h ce matin. Je suis claquée et je n’arrive pas à dormir, il y a du bruit dehors en pagaille et comme on est en été il fait trop chaud pour fermer les fenêtres. Des bébés pleurent dans les couloirs.
Le 18 Août,  1h du matin, quelques contractions viennent me chatouiller…Rien de très méchant pour commencer, j’essaye de me rendormir entre chacune d’elles. Je regarde mon téléphone pour voir l’heure de temps en temps. Elles sont espacées de 15 minutes à peu  prés. Pratiquement 24 h après rupture des eaux, je rentre enfin en travail. Je laisse Colin dormir. Je prends les contractions allongée sur le côté, je respire profondément et j’essaye de visualiser l’ouverture du col. Que c’est facile de faire ça quand la douleur n’est pas insurmontable !
Il est prés de 3h, Colin se fait réveiller par mes respirations devenues très soutenues car je commence à avoir bien mal. Je n’ai encore rien vu. Il est un peu angoissé et crevé à la fois. Du coup il me regarde faire des allées et venues dans la chambre sans se lever et me conseille d’appeler les sages-femmes. Hors de question ! Je ne risque pas de sauter sur une table d’auscultation dès ma première contraction. On est à l’hôpital, sur place donc je resterai dans ma chambre le plus longtemps possible.
Je commence à avoir très mal  donc je demande à Colin de m’aider à prendre une douche. L’eau chaude qui coule sur mon dos et mon bassin pendant les contractions me fait du bien. Je me suspends de temps à autre pour m’étirer le bassin, ça me fait du bien.  
4h30 Colin appuie sur la sonnette, je serais bien restée plus longtemps dans la chambre mais bon. La sage-femme arrive et me dit qu’on va commencer par un TV et un monitoring… Elle ajoute qu’il faut quand même vérifier que les contractions soient assez efficaces sur l’ouverture du col car en fait, la douleur est plus intense quand la poche des eaux est fissurée et parfois on douille et le col ne s’ouvre pas : comme pour les déclenchements !  De toute façon, je n’ai pas le choix. Elle m’examine tant bien que mal, mais j’ai des contractions sans arrêt et refuse de sortir entre deux, je suis horrifiée.
Je suis dilatée à 3cm, j’aurais vraiment du rester dans ma chambre ! Elle me propose de prendre quelque chose pour calmer les contractions, pas question. Pourtant j’ai si mal. Colin me masse le bas du dos à chaque contractions, je hurle comme une folle et essayant de faire des sons graves : ouvre, ouvre….. je parle à mon col… Je suis enchaînée au monitoring car on ne capte pas bébé très bien et elle veut être sûre qu’il n’y a pas de souffrance fœtale, moi je veux bouger, je prétexte d’avoir envie de me lever pour aller aux toilettes. Elle accepte au bout d’un long instant. 
Puis la sage femme me dit, on va aller prendre un bain après, je pensais que c’était pas bon mais elle essaye de m’accompagner pour que je ne flanche pas à réclamer la péridurale et prend le risque de m’en donner un.   Avant le bain, je redemande à retourner aux toilettes, j’ai besoin de rester mobile. Je suis projetée en avant dès que je marche et je prends deux contractions par-terre avant d’atteindre les toilettes.   Et nous voilà partis au bain. C’est une baignoire mal fichue, j’y suis pas bien et  l’eau me semble pas très chaude. La sage femme comme depuis le début nous installe mais nous fiche la paix avec Colin, on reste que tous les deux.
J’ai envie de lâcher prise et de me noyer tellement la position n’est pas agréable et que j’ai mal. Je bois la tasse à plusieurs reprises car je n’ai pas la force de soutenir ma tête hors de l’eau pendant les contractions. J’essaye de me mettre sur le côté car Colin peut me masser le dos pour m’aider à prendre les contractions…  Il me rassure et me dit que je fais du bon travail et m’indique de respirer pour qu le bébé respire aussi. Je me laisse accompagner par sa voix. 30 minutes après je sors du bain.
Je remonte sur le lit de la salle de pré-travail et j’essaye de prendre d’autres positions, à quatre pattes, enchaînée au monitoring, accroupie mais chaque mouvement m’apporte une nouvelle contraction et je me cambre. Mais je ne trouverai pas une position qui me va à la fin ?
J’ai maintenant l’impression que les contractions se chevauchent, je n’ai plus de répit entre deux et c’est horrible. Colin doit donc masser en permanence mon dos et s’il ne le fait pas, je lui hurle dessus. Grâce à lui je n’ai pas flancher et dieu sait que j’aurais réclamer la péridurale s’il n’avait pas été là. J’aurais donné n’importe quoi pour que la douleur s’arrête. J’ai même pensé à une césarienne…  Je continue à m’agripper à la voix de Colin qui m’encourage et me dit de me reposer dès qu’il voit que le pic de la contraction est passé, et me prépare pour la prochaine…
En deux heures, j’ai à la fois des contractions brèves très rapprochées voire imbriquées les unes aux autres (celles-ci sont moins douloureuses mais on ne peut pas se reposer entre deux) et celles qui durent très longtemps et qui sont insupportables, par contre elles sont espacées et me laissent le temps de les préparer. La sage femme m’examine, je suis à 5, je suis un peu déçue. Une autre contraction me submerge mais je tiens le bon bout, j’en suis à la moitié.
Au lieu de hurler à la fin de chaque respiration : ouvvvvvvvvvvvvre, la sage femme me conseille de souffler tout doucement et de prendre mes inspiration par le nez. Horrible mais ça marche, du moins au bout de trois quatre respiration, je suis moins crispée dans la contractions et du coup j’accepte mieux la douleur. Mais c’est difficile de se concentrer sur sa respiration tant on aurait envie de hurler tout ce qu’on peut.  Il est 7h30 et on me propose de passer en salle d’accouchement.
L’équipe de nuit s’en va et je fais connaissance avec l’équipe de jour. En commençant par l’anesthésiste, mon tentateur… Juste une visite de routine, il n’a pas de chance, avant même qu’il me pose des questions, je lui arrache la main et je lui serre de toute mes forces en prenant une contraction corsée, c’est une forte celle là, elle me fait très mal. Il me demande si je souhaite la péridurale, je dis non mais mon corps tout entier crie ouiiiiiiii… ouf, il s’en va… la tentation est finie, comme je comprends ces femmes qui acceptent.
Puis c’est au tour de la sage femme de faire son entrée :  Elle est douce et me tient la main à chaque contraction… Je commence à avoir envie de pousser à la fin de chacune d’entre elle. Il faut que je laisse faire, c’est mon bébé qui descend. Les sensations sont différentes et la douleur aussi. On continue à écouter le cœur du bébé et le monitoring me gêne franchement, il m’appuie sur le bas ventre et me fait mal… J’en ai marre, ils n’arrivent pas à capter le cœur du bébé depuis un moment et tant qu’il n’ont pas des mesures dans la moyenne ils me le laisseront.
Je prends toutes les contractions en me concentrant sur ma respiration mais je crois que mon cerveau est livide, je suis ailleurs, je ne parle plus, je réponds à peine à Colin qui m’encourage, j’en peux plus. Je suis exténuée.
Puis la sage femme m’examine pour savoir où j’en suis. Le col s’est effacé, je suis à dilatation complète, le bébé va arriver. C’est pour ça que j’avais commencé à avoir envie de pousser. Dès lors, mes contractions ne sont plus du tout pareilles, ce n’est plus une douleur qui prend le bas du dos et des reins mais une sensation d’avoir envie de pousser. Ça fait mal mais c’est tellement différent. A chaque contraction, j’effectue quatre à cinq poussées dans une rage féroce. Je me surprends avec ma voix, d’où vient-elle cette voix bestiale ? J’ai un peu honte et je me demande si Colin n’est pas trop effrayé de m’entendre hurler comme ça. Je parle au bébé, je lui dis : viens bébé, viens nous voir… Colin me dit d’arrêter de parler et de pousser… garde tes forces, pousse !
 Je commence à sentir la tête du bébé très proche mais à chaque fin de contraction elle repart en arrière…  Ça y est la tête est là, je pousse fort mais elle a le cordon autour du cou, faut que j’arrête de pousser. Puis deux poussées après le bébé est là…Il sort dans un grand ahhhhhh car il sort comme un boulet de canon et me déchire un peu.
J’ai accouché allongée sur le côté, j’écarte la jambe du dessus et j’attrape mon bébé qui pleure. Je sais pas ce que c’est, je m’y prends à deux fois mais j’ai le cordon qui m’empêche de voir. Puis c’est la sage femme qui nous annonce que c’est une fille, Colin pleure, il me regarde, il me dit c’est Evie, je lui réponds oui mon amour c’est Evie.
Elle m’est enlevée très rapidement car elle ne peut pas rester avec moi mais Colin la suit.
Moi je reste en surveillance pendant 2 heures.
J’apprends très rapidement qu’Evie respire seule, c’est une petite battante, pas besoin de la mettre sous respiration artificielle et puis c’est un beau bébé, elle pèse déjà 2kg120 et mesure 42cm. Je suis fière mais je ne réalise pas encore que c’est ma fille, je suis complètement dans le brouillard… J’ai hâte d’aller la voir, de faire connaissance en néo-natalité.

Emilie, en avril 2010

6 Avr
« Il faisait très beau ce matin du 28 avril 2010, je venais d’entamer ma 33 sa, mais j’étais au repos depuis le 2 avril, alors je pouvais profiter du soleil mais forcément allongée.
Donc ce matin du 28 avril, réveil à 8h par un pipi comme tous les jours, et là quand je pose le pied par terre, un petit filet d’eau coule le long de ma jambe, pour moi rien d’inquiétant je dis à mon mari ça doit être les incontinences dues à la grossesse.
On descend prendre le petit dej´ et là encore ces incontinences, pas de douleur, rien. Mais je trouve ça bizarre quand même alors je file à la douche.
Pendant ce temps, mon mari qui ne travaille pas ce jour là, commence LE grand ménage.
Je prends ma douche, et en levant la jambe pour sortir de la baignoire, drôle de douleurs, pas quelque chose d’insupportable, mais une douleur étrange, je préfère m’allonger sur le lit, et calculer en me disant c’est peut être ça des contractions.
Je note, rien de régulier du tout, une fois 14 mn entre 2 douleurs, une fois 6 mn, et puis ces douleurs ne font pas trop mal, j’ai toujours entendu dire que des contractions c’étaient des choses hyper douloureuses.
Donc je me relève, m’habille, mais bizarre toujours mes fuites urinaires. Je descends rejoindre mon mari il doit être 10h30, et là je lui dis que je vais appeler la maternité pour voir ce qu’ils en pensent (mon mari était toujours au ménage !!!) donc j’attends qu’il coupe l’aspi et j’appelle. La sage femme me dit de venir qu’on va faire un monito pour voir ce qu’il en est mais rien d’affolant d’après elle.
Donc je le dis a mon mari, qui réagit en homme, et râle ! Il va prendre sa douche, heureusement ma valise est prête et celle du bébé aussi depuis début avril, je me dis qu’on va les prendre au cas où.

Mon mari est prêt (enfin) on part, mais il décide de ne prendre que ma valise, disant qu’au pire je serai hospitalisée et on part, il doit être 11h.

Arrivés aux urgences à 11h20 sur le parking, pas de place pour se garer (c’est honteux, mais plein de chauffeurs accompagnant les patients aux urgences sont au volant de leur voiture).
Moi ça va bizarre, la voiture m’a donné des douleurs assez intenses dans le dos, et en traversant le parking encore ces douleurs violentes dans le dos, mon mari pensait que je « simulais » ça fait plaisir. Avec le recul, il me dit que c’est le stress !
On arrive aux urgences maternité, on sonne, explique le problème à l’interphone, là on nous laisse entrer, et une Maman est là pour une consultation, donc on s’assied et attend, la sage femme arrive et me dit « J’suis à vous après ». Je dis ok mais lui demande si elle en a pour longtemps et là elle me dit qu’elle fait ce qu’elle peut. On se dit que ça commence bien.
Toujours assise en salle d’attente, je ne suis pas bien, toujours ces douleurs dans le dos, je me tortille sur la chaise, et heureusement une autre sage femme passe et me dit que ça a l’air de contracter et me dit de venir tout de suite. Elle appelle une collègue pour prévenir qu’elle s’occupe de moi, c’était pas prévu elle passait juste par là.
Donc elle me questionne, j’explique ma matinée, et me dit qu’on va faire le test pour savoir si c’est du liquide amniotique et me demande si j’ai perdu du sang. Je lui réponds que non tout en retirant ma culotte, et là catastrophe plein de sang.

Je m’installe elle me visite, fait le test bandelette : positif au liquide amniotique.

Bon, elle me dit on va aller en salle de naissance directement, mais ça veut rien dire, c’est seulement que la salle de monito est occupée.
Installée en salle de naissance sous monito, c’est un défilé, infirmière pour pose de perf parce que beaucoup trop de contractions, gynécologue, des internes, et bizarrement une pédiatre de néonat. Néonat ? J’avais jamais entendu parler de ça.
On prend le temps de tout nous expliquer entre deux contractions, et on nous dit que le bébé risque d’arriver vite. Il est à peu près 12h30.
L’idéal étant de tenir encore 1 semaine. On nous laisse seuls, on discute, toujours avec les contractions que je trouve beaucoup plus espacées mais parfois de grosses douleurs et à un moment je dis à mon mari qu’il y a un gros truc qui pousse, comme un boulet de canon, alors il sonne.
La sage femme arrive assez vite, m’ausculte, sonne avec son bip et nous dit que c’est pour aujourd’hui. On nous ré explique ce qui va se passer, il est 13h00, qui va être présent avec nous et ce qu’ils vont faire. Je pose la question de la péridurale on me dit qu’ils ont bipé l’anesthésiste.
Mon mari retire mes bijoux, on m’arrête la perf, la pédiatre de néonat revient et nous explique exactement ce qu’il va se passer dès que le bébé sera la, que Papa attendra avec moi, qu’il ne faut pas suivre, étant donné le terme un peu précoce du bébé ils auront des soins d’urgence à faire.
On est un peu anxieux forcément mais on fait confiance, on n’a pas notre projet de naissance, de toutes manières dans un cas comme ça on fait confiance aux docteurs et on laisse tomber nos envies.
Et tout s’enchaîne super vite je sens que j’ai envie de pousser, et en 3 fois, un beau petit garçon sort tout en criant !!!! Quel soulagement ! Il est 13h15. Les injections de Célestene du début du mois ont fait effet.
On a vu les visages soulagés de toute l’équipe, le papa a pu couper le cordon, et a suivi le bébé pour les 1ers soins. Et il me l’a même ramené pour un petit 10mns de câlins en peau à peau.

Par contre à 33 sa, on a eu le droit à cette fameuse néonat pendant 6 semaines et aujourd’hui on a un petit Tristan de presque 3 ans en pleine forme et qui sera dans 2 mois grand frère de 2 petits garçons.

#211 Angélique – accouchement prématuré – Lyon, 2008

2 Mar

La naissance date un peu, ma fille a 4 ans passés et les souvenirs s’estompent peu à peu…

Aussi je vais m’aider des récits que j’avais posté sur un blog à l’époque pour vous retranscrire avec beaucoup plus de recul la naissance et l’arrivée d’A.

Une arrivée mouvementée…
Déjà la surprise de ma grossesse nous a déjà bien secoués, nous étions en pleins préparatifs de mariage et nous vivions chez mes parents, mais dès que j’ai appris son existence au creu de moi… Je l’ai AIMEE ce petit bébé… cette petite fille.

Bref …

Octobre, 28 SA écho du second trimestre, tout va bien, seulement ma gynécologue repère des oedemes importants sur mon corps, je suis déjà bien en sur-poids à la base, moi je pensais que c’était normal du coup, elle me dit de repasser 15jours après, entre deux de ses rendez-vous elle prendra ma tension.. pour voir.

13 Novembre 2008.

Je suis en route pour le gynéco, je commence mon travail à 13h, je passe chez elle vers midi, j’attends pas mal de temps dans la salle d’attente, tant pis je serai en retard…
Et je n’ose pas m’imposer entre les patients…

Du coup quand elle m’aperçoit elle me fait un peu la morale «  mais fallait me dire que vous étiez là ! »

Prise de tension : 17 !

Je vois de la panique dans ses yeux…

Elle me fais une écho pour voir, bébé estimée à 1,650kgs…

Le verdict est sans appel : Vous allez à la clinique, de suite.

Paniquée… Je sors, j’attends mon bus, j’appelle mon mari «  je dois aller à l’hôpital quelque chose ne va pas bien »

Je suis à 30SA… Je ne sais absolument pas ce qui cloche.

J’ai vaguement reçu un e mail, style suivi de grossesse la semaine d’avant qui parlait de pré éclampsie… Ah tiens … c’est peut-être donc ça !?

Je panique, je pleure…

Arrivée à l’hôpital, j’appelle une amie, j’appelle ma mère, mon homme est au travail.

Ils m’installent en salle de pré accouchement, me font faire pipi dans un bocal, me posent une perfusion, font des prélèvements sanguins, me mettent un brassard qui prend ma tension toutes les dix minutes et m’arnachent à ce truc qu’ils appellent monito… J’entends le cœur de ma princesse, elle va bien, elle bouge bien…

Et ils s’affairent autour de moi, ma mère me rejoint, ça dure plusieurs heures…

Je ne sais pas ce qui se passe.

Au bout d’un moment une SF répond enfin à mes questions « on attend vos résultats et si ça ne va pas on on vous transfère en maternité de niveau 3 et on va EXTRAIRE le bébé »

Comment ça EXTRAIRE le bébé !?!? Sera-t-elle vivante ? Ou morte ? Qu’est ce qui se passe ?

Je lui parle de pré éclampsie du bout des lèvres… elle acquiesce.

J’attends… des heures, j’ai mal de partout, j’en ai marre, on ne me dis rien…

Dans ma perfusion j’ai un médicament pour faire baisser ma tension, et au fur et à mesure elle descend, mon mari me rejoint.

Nous sommes le 13 novembre 2008, elle est prévue pour le 27 janvier 2009… C’est bien trop tôt… J’ai peur .

19h30 les résultats arrivent. Ils ne sont pas catastrophique mais on m’hospitalise.

Je n’ai pas de valise, pas de sac, rien j’envoie mon homme chercher quelques petites choses.

Les jours qui suivent se ressemblent.

On me distille les infos au compte goutte, mon albumine augmente de jour en jour.

Je vis attachée à ma perfusion, monito 3 fois par jour et prise de tension toutes les 3h.

J’en ai marre, le personnel soignant ne prend même pas le soin de m’aider à changer de vêtement, bah oui avec la perfusion, je ne peux pas le faire seule.

Mon homme m’aide à me laver.

La tension diminue, on me parle de tenir jusqu’à 35SA.

Le 18 novembre on me retire enfin la perf je suis a 31SA.

Je passe aux comprimés, je revis un peu. Hier la gynéco est passée et elle envisageait même une sortie de la clinique avec une HAD (hospitalisation à domicile).

Mais je gonfle et mon albumine augmente encore ( plus tard mes amis et ma famille me diront que je faisais vraiment peur à voir!)

Toujours ce même mutisme de la part du personnel soignant, depuis que je suis arrivée j’ai vu qu’une fois ma gynéco, et je me pose mille questions. J’ai accès à internet et je commence à psychoter, j’ai peur, je panique et ça ne m’aide pas dans ma situation.

C’est à ce moment là qu’on me confirme que peu importe le terme j’aurais une césarienne… A ce moment là je suis déçue mais je n’ai pas spécialement peur…

Le 19 novembre voilà ce que j’écris sur mon blog : « En plus j’ai l’impression que nous nous accrochons a des fausses idées, puisque rien d’officiel nous a été donné…
On se base sur des infos distillées par les infirmières, mais si ça se trouve je vais rester des semaines ici, et je ne pourrais pas ! c’est plus fort que moi , je sais que c’est pour ma fille et moi, mais je ne suis pas assez solide pour ça ! Si encore j’étais a la maison, avec la même surveillance, alitée peut être mais chez moi… là non, je suis vraiment mal, ce milieu médical, tout ça, très peu pour moi ! »

Toujours ce mutisme médical…

Les jours passent encore, interminables, j’ai les yeux qui gonflent et une douleur aux poumons qui commence à me gêner.
J’en ai marre, tous les jours on me prend du sang je fais pipi dans des bocaux, on me pique les cuisses de corticoïdes pour faire mûrir les poumons du bébé … Mais tout reste flou, j’ai pas les résultats, on me réveille tous les matins à 7h45 pour les monitos, je ne comprends rien… Je m’énerve.

22 novembre, ma gynéco refait une écho, elle estime A à 2kgs.. et me confirme : à 34SA tout pile, on césarise. Il me reste donc un peu plus de 15jours de grossesse, et je vais les vivre hyper médicalisés.

Mais dans la nuit du 22 au 23, tout se gâte, ma barre aux poumons est une barre épigastrique, m’empêche de respirer, mon mari revient en urgence à la clinique, et l’infirmière ne veut me re perfuser, mais on ne peut plus me piquer mes bras sont noirs, mes veines ne sont plus visibles, je hurle elle ne m’écoute pas, j’en peux plus. Elle prend ma tension : 18.

C’est là aussi que les céphalées commencent, insupportables, douloureuses… horribles, j’avais envie d’en finir.

La gynéco me rend visite le lundi 24, elle me dit que la césarienne aura lieu mercredi 26 novembre, les résultats sont mauvais, et mon état s’empire.

Quelques heures plus tard, elle revient dans ma chambre,mon albumine est à 3g, mes céphalées ne passent pas, ma tension reste à 16…
La césarienne aura lieu le lendemain matin, 8h, le 25 novembre 2008. à 32SA pile poil.

Ce matin là , réveil à 5h pour prendre une douche à la bétadine (Berk) et me préparer: blouse blanche, etc. pour l’accouchement.
Mon homme est arrivé vers 6h30, on a attendu qu’ils me descendent au bloc…

7h24 précises, ils me descendent. Là le stress commence à être palpable… je me mets d’ailleurs à pleurer.
Mon chéri me console comme il peut mais on vois bien qu’il est aussi stressé que moi.

On installe mon homme dans la salle vidéo et moi je rentre au bloc. Là, les sages femmes sont super adorable, elle font de l’humour pour me détendre et il y en a besoin car ma tension est remontée a 17.

Ma gynéco arrive, ambiance détendue car c’est le jour de sa fête (Sainte Catherine). je lui explique que c’est mon troisième prénom et que tout devrais bien se passer même si je stresse et que je tremble de peur.
Ensuite, ils me font asseoir sur la table afin de m’asperger le dos de Bétadine etc. Et la on attend l’anesthésiste.
Il arrive vers 7h45 et il commence à me faire la rachi qui me fais souffrir à cause de mes oedemes dans le dos. Il a du mal à me piquer. Mais il est adorable et très rassurant, j’ai une équipe de choc!

Là je commence à sentir des décharges dans les jambes, ils me font m’allonger et me pose une sonde urinaire. L’anesthésiste reste à mes cotés et me rassure en me disant que je vais sentir qu’on me touche mais que je n’aurais pas mal. Il est d’ailleurs resté tout le long à côté de moi durant l’accouchement pour me rassurer en me disant que j’étais courageuse, que je devais souffler et que tout se passais bien. Moi les sensations étaient vraiment bizarre parce que je sentais vraiment qu’on me tripotait et ça me faisais vraiment paniquer. D’ailleurs j’ai paniqué… Je n’ai vraiment pas aimé cette sensation !

Puis l’anesthésiste m’a dit: « ça y est on vois la tête » et 10sec après j’ai entendu des petits pleurs tout mignon.

Je n’ai rien vu parce que j’avais un champs chirurgical qui me recouvrais jusqu’au dessus de la tête. Une sage femme m’a dit de suite qu’elle allait voir le papa pour le rassurer, ce que j’ai trouvé super!! et ils m’ont bien confirmer que c’était une petite fille.

Pendant qu’ils enlevaient tout le placenta, ils ont fais les soins de la petite que j’entendais pleurer, c’était trop émouvant.

Une fois les soins terminé, le pédiatre est venu me la montrer quelques secondes et m’a permis de lui faire 3bisous. Il l’a vite ramenée en néonat ensuite.

Moi j’étais ailleurs, j’avais hâte qu’ils finissent de me recoudre, j’étais submergée par l’émotion.

Puis ils m’ont remontée en chambre, mon homme m’a montré des photos, mes parents sont arrivés et j’étais encore sur mon nuage, submergée par l’émotion d’être …MAMAN !

Même si ma fille n’était pas avec moi j’étais heureuse.

Seulement vers 14h mon mari est revenue de néonat pour me dire qu’elle avait du mal elle gémissait à chaque respiration, du coup ils l’ont placée sous oxygène.

Vers 16h une infirmière est venue m’annoncer que vu sa détresse ils la transféraient vers une réa-néonat…

Ils m’ont mise sur un brancard et m’ont emmené la voir, 10 petites minutes où je l’ai vue, de dos, je l’ai touchée… elle a sursauté. Si petite.

1,690kgs – 40cm 32 SA ma princesse A. … petite préma.

Mon récit est long mais mon calvaire n’était pas terminé.

A ce moment là, malgré la douleur de la cicatrice, malgré tout je n’imaginais pas ce que j’allais vivre ensuite.

Le lendemain mon mari est parti la voir, a 100km, il m’a ramené des vidéos.

Le manque a commencé à se faire sentir, de plus en plus fort.
Moi , dans cette satanée chambre.

Mon ventre vide.

Des pleurs de bébés dans les couloirs.

Et moi… Seule dans ma chambre, pas de petit berceau.
Cette cicatrice très douloureuse.
Ces gens qui s’affairent autour de moi mais qui ne me disent rien.

Alors j’appelle l’hôpital où elle est , plusieurs fois par jours «  elle va bien on l’a ex-tubée »
« elle a perdu du poids elle fait 1,5kgs »
« elle n’a plus d’oxygène elle récupère »
Mon mari me ramène des vidéos.
Et le personnel de ma clinique reste muet.
Pourquoi ne m’ont ils pas transférée ? Même les aides soignantes ne comprennent pas….

Et le manque se fait insupportable.

Je pleure, je pleure en silence pour ne pas montrer que je souffre comme jamais je n’avais souffert.

J’ai failli y passer.
Mais je ne m’en rend pas compte.
Je veux mon bébé… Je veux ma fille !

J’ai mis au monde A le mardi.
Le vendredi, le pédiatre passe, et me dit qu’elle reviendra probablement aujourd’hui.

Je suis aux anges !
Je pleure de joie, je ris, j’ai hâte.

Les heures passent… Rien…

Alors on appelle l’hôpital où elle se trouve, et là stupeur : Aucun transfert n’est prévu !

J’en ai marre d’être gentille, j’en peux plus… pourquoi m’avoir fait cette fausse joie ?

Tant pis pour ma cicatrice, demain j’irai la voir !

Samedi matin, je signe une décharge et je descend en néonat donner mon bib de lait maternel fraîchement tiré.

Et là le pédiatre me dit «  mais vous allez vous faire sauter les points, il neige, 100km ! Faut pas risquer non non j’appelle je la fait transférer ici »

Et là… je ne remercierai jamais assez ce médecin… qui m’a fait le plus beau cadeau en ce 29 novembre… le retour de ma princesse auprès de moi.

Le 30 novembre a été le jour de notre premier peau à peau.

Depuis… nous sommes hyper fusionnelles.. je ne peux m’éloigner d’elle trop longtemps, plus jamais on ne se mettra entre elle et moi !

Voilà mon récit, long … et pourtant j’ai écourté.
Mais voilà mon expérience.

Entre un corps médical muet.

Une naissance surmédicalisée.
Une séparation mère/enfant cruelle…

Je rêve un jour d’une grossesse normale, et d’un accouchement serein.

alors… Si un jour ça recommence ou ça vous arrive, je n’ai qu’une chose à dire : « Rebellez vous, tenez tête au personnel et ne vous laissez pas faire. »

#209 Naissance de jumeaux – Belgique, 2010

2 Mar

L’accouchement de mes jumeaux – 13 mars 2010

15h45 je me lève pour habiller ma fille, j’ouvre son armoire et je sens quelques gouttes couler, mon sang ne fait qu’un tour, je reconnais ça… je perds les eaux! A 34SA!

Je panique, je pleure, je leur parle, je leur dis que c’est trop tôt! Qu’ils n’auraient pas du!

16h15 On part de la maison, je panique toujours et téléphone à droite à gauche en pleurs.
Rien n’est prêt, j’ai pas de vêtements, j’en ai pas pour eux non plus.
Je ne veux pas être séparée d’eux à la naissance!

16h50 On arrive à l’hôpital, ça coule, c’est horrible.

On arrive dans la salle d’accouchement, une belle et grande pièce, impeccable.

17h30 La sage-femme m’examine, je suis ouverte à 3 cm mais avec un col long et dur! Elle prend ma température et là… c’est la douche froide! je suis à 38°C, je ne peux pas avoir la piqure pour la maturation des poumons si j’ai une infection.
Elle me fait une prise de sang pour voir si j’ai bel et bien une infection.

On patiente gentiment, enfin…, j’ai quand même bien mal!

19h On m’annonce que je n’aurai pas droit à la piqure pour la maturation des poumons, j’ai effectivement une infection. Elle m’ausculte, je suis à 3,5 cm.
« tout ça pour ça?? »
L’infirmière m’explique que justement, c’est plutôt bon signe et qu’ils vont essayer de me maintenir comme ça pendant quelques heures, voire des jours.

20h30 Je commence à bien souffrir! Je n’en peux vraiment plus du tout. Elle vient m’ausculter et effectivement, le col bouge trop, je suis à 4,5 cm mais le col est complètement effacé. Je ne tiendrai pas quelques heures ou jour : ils seront même là aujourd’hui!

On me pose la péri, je demande comment cela se passe pour mes bébés, elle me montre une pièce, juste en face avec des machines, c’est là qu’ils vont les emmener.
Je ne suis pas rassurée, je sais qu’ils vont partir tout les 2 là-bas.

21h elle sort en me précisant que si je sens que ça pousse, j’appelle.
Ce que je fais dans la seconde !
Ça pousse déjà!
Je suis déjà à 7.
Elle appelle donc d’urgence mon gyneco, elle sort de la pièce.
Je l’a rappelle de nouveau à la seconde, ils poussent vraiment!

21h20 Et oui, Ylan arrive, elle montre même ses cheveux.
21h30 Elle appelle une autre sage femme qui restera avec moi, ils poussent et je n’ai ni pediatre ni gyneco prêt de moi!
Elle appelle la neonat, gueule un bon coup en hurlant qu’elle est ici avec une gémellaire de 34 SA qui va accoucher dans la seconde!
Elle raccroche et s’excuse de son comportement! Me voilà rassurée hum… Ne paniquons pas!

21h40, 10 min insupportables sans pouvoir pousser!

Ils sont enfin là!!! gyneco, pédiatre, infirmières!
Je pousse, je pousse, la tête de Ylan est sortie, j’ai très très mal, une belle grande déchirure en même temps! Ça fait très très mal!
On me remet une dose de peri ( fallait peut être y penser avant… )
Ylan sort, il est 21h53, il pousse sont premier cri, quel soulagement…
Malheureusement, pas pour longtemps! Il s’arrête de respirer directement, je ne l’ai pas vu, ils sont partis avec.
J’ai peur pour mon petit loup mais je dois continuer pour le second!

Ils veulent percer la poche des eaux de Gabryel, les infirmières se mettent donc tous à tenir mon ventre ! Il ne faut pas qu’il change de position!
C’est maintenant au tour de Gabryel, qui passe sans problème, il est 22h.

Il crie, j’ai touché sa main et comme son frère, il a arrêté de respirer dans la seconde suivante.
Je ne le vois donc pas non plus.

J’entends des bips partout, je ne vois rien, ils sont juste en face, mais étant couchée je ne vois rien. J’entends juste les gens qui courent, je vois mon homme, malaxant leurs doudous, complètement paniqué… Les petits partent en couveuse, je ne les vois pas une seule seconde!

On me dit juste : “ ils vont bien madame, ils vont bien! “
C’est pas l’impression que vous me donnez en courant partout comme ça!!!
Ricardo part avec eux et moi, je reste seule, toute SEULE, dans cette salle sans plus personne…
Je pleure toute seule dans mon coin, je me sens tellement vide!
ils ont passé 7 mois avec moi et là je suis seule sans nouvelle!
J’attends 1 heure! 1h sans voir personne!
Mon homme descend avec des photos des loulous…

Une image d’horreur pour moi, j’y étais pas préparée, on ne m’a rien dit de ce qu’ils allaient leur faire! des tuyaux partout, une aide respiratoire, je vois à peine leur visage.
J’ai vu pour la premier fois mes fils sur un écran d’appareil photo! Je suis si triste de les voir comme ça!
Il m’explique ce qu’ils ont fait aux petits, massages cardiaques, intubation, prise de sang, perfusion…
Quelle arrivé dans la vie!

2h du mat! oui 2h! soit 4 heures après mon accouchement, on me conduit enfin près d’eux!
Je vois enfin MES bébés! Ils sont en couveuse, je ne peux que toucher leurs petites mains, je ne peux pas les prendre!
Ils sont gonflés, Gabryel ne sait même pas fermer la bouche, ils ont des bleus partout, leurs pieds, leurs mains, je pleure de les voir dans cet état, je suis tellement triste! Ils n’auraient pas du arriver si tôt, si vite! J’ai mal pour eux! Ils n’auraient pas du vivre ça!

Ma plus grande déchirure reste de ne pas les avoir eu près de moi à la naissance, de ne pas avoir su les garder dans mon ventre, même si je sais que je n’y suis pour rien!
Être restée 1 heure sans nouvelle et sans personne et de voir ses petits bouts comme ça.

Ils vont très bien maintenant mais ça restera dans ma mémoire comme un des pires jour de ma vie au lieu d’être un des plus beau!
Et maintenant, ça fait partie de leurs histoires!

#91 « Urgence, respect et empathie? » – Caroline, Canada

12 Fév

Je fais une pré-éclampsie. À 31 semaines de grossesse, sur l’insistance de ma sage-femme, je me présente à l’hôpital pour un bilan. J’ai une douleur, un inconfort au niveau de la poitrine, comme une barre…

Il est environ 13h. Prise de sang, monitoring et autres examens. Pression sanguine un peu élevé,  28cm de mesure utérine (tient c’est bizarre, c’était 28cm il y a 3 semaines au dernier rendez-vous!) La médecin résidente passe vers 14h30. « Bon, on va voir le col maintenant« . Je suis surprise. Je n’ai pas de contraction. Je n’ai jamais eu de contraction. Je me demande à quoi peu bien servir cet examen. La réponse m’étonne: la jeune médecin indique « qu’il lui faut l’information dans mon dossier » tout en installant les étriers. J’insiste: « Pourquoi faire?« . Devant l’absence de réponse qui a un sens, je refuse l’examen. La résidente bredouille un peu mais n’insiste pas. Je m’interroge encore aujourd’hui: à quel point certains gestes et examens sont-il machinaux? À quoi bon un examen si le résultat n’est pas nécessaire à la prise de décision?

Il est 16h30. Je commence à me demander pourquoi je suis ici. Je me sens mieux. Je n’ai plus de douleur dans la poitrine. Ma pression s’est stabilisée. Je serais bien prête à repartir chez moi lorsque le gynécologue de garde se présente. « Madame, dit-il, vous faites une pré-éclampsie gravidique.  Nous ne sommes pas équipés ici pour les grands prématurés. L’ambulance s’en vient et vous aurez une césarienne ce soir. L’infirmière va venir vous installer un soluté et on va vous donner certains médicaments…« 

Grand prématuré. Ambulance. Césarienne. « Pardon? Quoi? » Le médecin sort de la chambre. Je ne saurais dire s’il m’a demandé si j’avais des questions ou autre chose. Je suis en état de choc. J’ai un gros nœud dans la gorge. Je regarde autour de moi avec des yeux aveugles. Césarienne ce soir? Allons donc! C’est ridicule!! Il doit y avoir une erreur… Pourquoi… Comment…  J’ai besoin de comprendre. J’ai besoin de parler à quelqu’un. En pleine détresse, je remarque le téléphone et j’essaie de rejoindre ma sage-femme. « Les numéros interurbains ne sont pas permis à cet appareil » me signale une voix automatisée. Je sanglote de plus belle. J’appelle mon conjoint à son travail et explique la situation tout de travers… il comprend l’essentiel et me dit qu’il s’en vient. J’essaie de joindre mes parents « Les numéros interurbains ne sont pas… » Hurlement coincé au fond de la gorges… sanglots… comment la situation a-t-elle pu passer de « Puis-je rentrer chez moi maintenant? » à « L’ambulance s’en vient. »?!

L’infirmière se présente dans la chambre. Elle installe son matériel. J’essuie mes larmes, tente de retrouver un semblant de calme… et lui demande finalement à quoi servira ce qu’elle fait. Elle est bête comme ses pieds « je fais ce que le médecin dit« . J’insiste. J’ai toujours ce besoin de comprendre ce qui se passe, même si aux yeux du personnel hospitalier, je n’en mène pas large. Devant l’absence totale d’explications et d’empathie, je me rebiffe. Je pense à tous ces récits de naissance qui « tourne mal » et leur conclusion… Ces femmes qui racontent leur expérience… j’en ai lu des tonnes. Ça me faisait rêver. Ça me faisait réfléchir… J’ai lu de belles histoires. Des accouchements comme j’en rêve: humains, qui laisse le temps au temps, où il y a un sens à la douleur et où la force de chaque femme est reconnue. Je suis aussi tombée sur des histoires horribles. Des histoires qui se terminent par des interrogations qui n’ont toujours pas de réponse des années après la naissance. Des violences, des regrets, des questions sans réponses. Dans ces histoires, il y a une constance qui m’avait apparu : la douleur de ne pas comprendre perdure bien après la naissance. Je pense à mon bébé. Qu’est-ce qui se passe, mon bébé? L’infirmière s’impatiente. Je secoue la tête. Je refuse les soins. J’ai besoin de comprendre. Les mains sur les hanches, l’infirmière me regarde de haut « Ben là madame! Vous allez devoir me signer un refus de soin! ». Et elle part puis revient avec son formulaire, toujours l’air furibond. Je lis les termes du formulaire. C’est ridicule. Je suis supposée signer un document qui affirme que les soins refusé m’ont été clairement expliqué. « Je ne peux pas signer ça! » Mais l’infirmière insiste. Je signe en paragraphant dans la marge « NON » et, sous ma signature « Je ne comprends pas les soins proposés« . Voilà. Leur formulaire est signé. L’infirmière est rassurée… même si je ne vois pas en quoi un document « Refus de soin » signé avec une note signifiant quelque chose comme « Je signe mais ce qui est écrit est faux » peut aider qui que ce soit! L’infirmière repart.

Et le médecin réapparaît 2 minutes après. Mon ajout au formulaire doit avoir eu un impact finalement. J’ai toujours l’émotion au bord des lèvres. J’ai du mal à formuler mes questions. Je bégaie. J’essaie de reprendre mon souffle. Je vois très bien où le médecin cherche à en venir. « Madame, c’est pour votre bébé ». « Madame, vous voulez le mieux pour votre bébé, n’est-ce-pas? ». « Madame, si vous êtes venue ici, c’est que vous saviez avoir besoin d’aide. Laissez-nous vous aider« . C’est gros comme le nez au milieu d’une figure. Il me prend pour une irréfléchie émotionnelle. Il cherche à m’intimider et au fond de ma douleur, je sens cette évidence et ça me rend furieuse.

Mon conjoint arrive. Le médecin change de ton. « Monsieur, il faut raisonner votre femme. Expliquez-lui que ces traitements sont nécessaires…« .

Raisonner?!

Me raisonner!!!!!?

Je ne demande que ça, des réponses raisonnables plutôt que des réponses qui me prennent pour un bébé!! Et c’est MOI qu’il faut raisonner!? Je me tourne vers mon conjoint et formule mes questionnements comme je peux, entre les sanglots et la boule toujours dans ma gorge, dans mon cœur, dans mon ventre… Qu’est-ce que la pré-éclampsie? À quoi servent les médicaments? Stéphane relais mes questions au médecin, y ajoute les sienne. Avec mon conjoint, le médecin discute entre adultes alors qu’avec moi, il cherche encore à m’intimider. Malgré tout, les réponses commencent à se frayer un chemin dans mon esprit. Un soluté au cas où l’éclampsie surviendrait et pour administrer les médicaments. Le sulfate de magnésium pour mettre le « système au ralenti », donc fait baisser la pression sanguine et diminuer le risque d’éclampsie. La cortisone pour aider à la maturation des poumons du bébé. Mes facteurs sanguins indiquent une pré-éclampsie avancée… le foie commence à être touché… selon son expérience, c’est toujours une césarienne rapidement…
-Comment rapidement?
-Dès que possible. C’est urgent.
-Mais ça fait 4 heures que je suis ici! Et je ne ressens plus de douleur! C’est quoi « rapidement?! »
-On ne sait jamais à l’avance. Certainement cette nuit.

Il faut arracher chaque parcelle de réponse à coup de dix questions formulées et reformulées! Que c’est laborieux! Quoi qu’il en soit, nous en comprenons que nous n’en sommes quand même pas à la secondes prêt.

Nous sentons le médecin pressé de conclure, de faire revenir l’infirmière. Sa préoccupation, certainement réelle, sur ma santé est complètement masquée par son air pressé, son impatience. Et si on ne fait rien? C’est une question toute théorique. Je veux juste une réponse claire sur les conséquences possible mais le médecin reprend de plus belle avec la santé de mon bébé, avec la césarienne qui est le meilleur choix selon lui. Aucune réponse à ma question.

J’accepte la pose du soluté (sans médicament). J’accepte la cortisone. Je pose encore des questions sur le sulfate de magnésium. Le médecin ajoute, l’air gêné, qu’il faut installer aussi une sonde urinaire. Que ça donne des bouffées de chaleur, que ça rend la réflexion laborieuse. Des détails sans importance, vraiment? Après plus d’informations sur l’évolution possible de la maladie, sur les conséquences, je refuse le magnésium pour le moment. J’ai encore besoin de garder les idées claires sur ce qui se passe.

Il est presque 17h. Un brancardier arrive. Mon conjoint ne peut monter avec moi dans l’ambulance. J’ai encore une réflexion pour les protocoles idiots, d’autant plus qu’il y a deux places à l’arrière dans l’ambulance. Une infirmière qui termine son « chiffre » monte avec moi. C’est l’infirmière qui m’a proposé un sandwich du frigo des nouvelles accouchées, vers 15h, quand je lui ai dis que je n’avais pas mangé de la journée. Nous discutons pendant l’heure que ça prend pour se rendre à l’hôpital universitaire. Elle est très sympathique, très empathique, très calme aussi. Elle répond clairement aux questions que je lui pose, dit simplement quand elle n’a pas la réponse. C’est contagieux. Je retrouve un semblant de calme et l’optimiste remonte.

À l’hôpital, je subis une nouvelle batterie de tests. Prise de sang, mesure utérine, pression sanguine. Personne ne me demande d’examen du col. Je suis transférée dans une chambre d’accouchement. La gynécologue de garde se présente et reviendra plus tard avec nos résultats d’examen.

Un moment donné, notre sage-femme vient nous rendre visite à l’hôpital. Mon conjoint l’avait rejoint pour lui donner des nouvelles. Sa visite nous fait chaud au cœur et nous permet de nous recentrer.

La gynécologue revient. Elle est calme et je sens sa présence lorsqu’elle me parle. Elle répète pourtant la même chose que le gynécologue rencontré à mon hôpital de région. Césarienne ce soir. Mais il est plus facile de réfléchir. Elle nous demande pourquoi j’ai refusé le sulfate de magnésium. Elle écoute ma réponse, ne juge pas ma réaction puérile ou imprudente et répond à nos questions. Et si on attend? Et ne serait-il pas possible que mon bébé naisse par voix vaginale? Je sens qu’elle prend le temps de réfléchir et le temps de me répondre. Même l’idée d’attendre ne semble plus idiote quand nous discutons avec elle: elle explique les éléments d’examen qu’elle a en main, le fait que les facteurs sanguins (dont les éléments relatifs à mon foie) ont empiré en quelques heures à peine. Selon son expérience, ça ne s’améliore jamais rendu à ce point-là. Déclencher serait possible mais encore là, il y a des éléments négatifs à prendre en compte, selon ma situation. Elle les énumère en détails. Elle revient sur le sulfate de magnésium : on peut attendre et surveiller. On nous laisse seuls, mon conjoint et moi. Nous avons du temps pour discuter, pour comprendre la situation, pour flatter ma bedaine et parler à notre enfant.

Oui, la césarienne est la bonne option.

Voilà. La décision est mienne. C’est la bonne chose à faire.

Il est 22h30. La gynécologue revient. Nous parlons des effets secondaires possibles de la césarienne, de l’anesthésie, de la santé du bébé, de la prématurité. Nous signons des papiers. Une infirmière revient pour me préparer à l’opération… Ah, cette fameuse sonde urinaire… Pendant que l’infirmière installe la sonde urinaire, la médecin néonatalogiste vient nous rencontrer. « Euh docteur… vous pouvez attendre quelques minutes, merci… » Mais le médecin répond « Ben voyons, j’ai déjà vu ça, c’est pas grave!! » et elle s’installe à côté du lit et commence à parler de son équipe qui prendra soin de notre bébé, de ses chances de survie, des séquelles possibles. Tout ça pendant qu’on me trifouille entre les jambes, à la recherche de mon méat urinaire (j’exagère, l’infirmière est très compétente). J’échange un regard avec l’infirmière désolée, avec mon conjoint stupéfait. Mon conjoint interrompt le docteur et lui demande de revenir. Je ne sais pas comment il réussit à demander au médecin de sortir aussi calmement. Nous nous regardons, affolés. Est-il possible que notre enfant soit… handicapé? Qu’il décède?! La médecin néonatalogiste reviendra plusieurs longues minutes après, nous faisant sentir à quel point SON temps est important. Elle ne doit pas se faire mettre dehors très souvent… Une atmosphère de confiance réussit malgré tout à s’établir avec elle. Les résultats d’examen qu’elle nous communique sont rassurants. Selon l’échographie, notre bébé a le poids d’un bébé de 28 semaines. Malgré le retard de croissance, sa tête a continué à grossir et ressemble à celle d’un bébé de 31 semaines. C’est très encourageant. Ça indique que c’est moi qui suis malade et que mon bébé réagit comme un bébé en santé utilisant le peu de nutriments à sa disposition pour l’important : son cerveau.

23h00. Je suis transférée en salle d’opération. L’anesthésiste me fait une rachidienne. On me demande de m’allonger. L’infirmière passe et me demande de placer mes bras sur la table
-« Hein quoi? Pourquoi?
-Je vais les attacher
-Ah! Non merci! Ça va.
Je n’ai pas pensé une seconde que ça pouvait ne pas être un choix. J’ai juste répond « non merci » comme on refuserait une seconde tasse de café… Elle repart confuse puis je vois l’anesthésiste lui faire signe que c’est ok.

Un drap est dressé presque sur mon cou.
-Euh… Ça peut être plus bas? Je ne me sens vraiment pas bien comme ça…

La personne me sourit et installe son drap sous mes seins.

-Comme ça, ça va?

Je réponds oui mais je m’aperçois que la question était plutôt pour la chirurgienne, qui fait « oui parfait » de son côté. Incertaine, je demande si je peux voir ce que fait le chirurgien avec un miroir ou… L’anesthésiste rigole en me répondant que non, je ne veux pas voir ça. Je n’insiste pas mais au final, je crois que ça m’aurait convenu (au pire, il me semble qu’il suffit d’enlever le miroir!). Ce n’est que bien plus tard que je m’apercevrai que certains aménagements sont possibles (mère qui va chercher son bébé, peau-à-peau et allaitement en salle d’opération). Mais pour un bébé prématuré, il est certain que la situation est différente.

Mon conjoint vient me rejoindre costumé pour l’évènement et s’assoie à mes côtés. Nous ne connaissons pas le sexe du bébé. Je le mentionne avec l’espoir de garder un semblant de rêve : découvrir le sexe de mon bébé moi-même. La gynécologue commence la césarienne en expliquant chaque étape.

23h18. « Il est toute proche… si vous voulez le voir sortir monsieur, c’est le moment de vous lever et jeter un œil de l’autre côté du drap » Mon conjoint hésite… se lève à moitié, se rassoit, puis se lève vraiment. Je vois ses yeux brillants au moment où notre enfant naît, ses lèvres qui forment un « OOOO » émerveillé. Il me regarde, regarde l’autre côté du drap, me regarde à nouveau et m’embrasse. Je m’imaginais découvrir mon bébé, ses yeux, ses bras, son sexe…mais c’est déjà trop long, une éternité a déjà passé. C’est trop long! Trop long!!

-C’est quoi?
-Tu es sûr que… tu voulais…
-Dis-moi, dis-moi!!

C’est le seul lien que je peux faire pour le moment avec mon bébé. Savoir son sexe pour l’imaginer un peu plus concret encore.

-C’est… une fille… je crois.

La gynécologue confirme avec un sourire. C’est bien une petite fille. Et une championne en plus car elle respire sans aide. J’entends une infirmière au loin « J’ai jamais vu ça ». Je crie « Quoi quoi? ». L’infirmière s’approche et nous murmure doucement « Elle respire sans aide, tout va bien. Je n’ai jamais vu ça un si petit bébé qui n’a même pas besoin d’un petit coup de main. C’est une battante! ». Mon conjoint et moi nous nous perdons dans les yeux l’un de l’autre puis je me mets à trembloter sur la table. « J’ai mal au cœur… ». Impossible d’arrêter les tremblements. L’anesthésiste revoit ses machines, taponne sur celle-ci et me dit que c’est un effet secondaire fréquent, tout va bien. Mon bébé? Je veux voir mon bébé!! Où est mon bébé? J’entends une voix à l’autre bout « On vous la montre dans un moment ». Une infirmière passe avec un petit paquet dans les bras, loin, tellement loin. Je vois passer mon bébé en un éclair lumineux. A-t-on déjà décrit le coup de foudre? Je ne vois plus l’infirmière. Que ma fille. C’est ma fille. Elle est magnifique, c’est magnifique! (Rationnellement, l’infirmière est a 2 mètres de moi, ma fille est emmitouflée en boudin, je n’ai pas mes lunettes alors que je suis pratiquement aveugle sans lunette et je tremblote sur la table à cause de l’anesthésie… mais c’est quand même le coup de foudre…). Plus tard, j’appellerai ma fille mon « bébé-lumière ». Je ne sais pas ce que j’ai vraiment vécu alors mais ça été fort, très physique (biochimique peut-être?) et totalement fou. Puis l’équipe de néonatalogie est partie avec ma fille dans une « isolette ».

La chirurgienne recoud. Je lui rappelle notre discussion sur l’AVAC. « Bien sûr! Je vous la recouds hyper solide! » et de m’expliquer la technique qu’elle utilise… Je n’y comprends rien mais j’apprécie l’attention. Une fois terminée, la chirurgienne nous montre la bassine qui contient le placenta. J’en ai déjà vu en vidéo. Celui-ci est minuscule. Puis on nous explique la suite. C’est un rappel puisque nous en avons discuté avant la césarienne. Je retourne en soin intensif pour les prochaines 24h, avec du sulfate de magnésium, dans une chambre sombre, en isolation, pour diminuer les stimulations le plus possible. Et mon bébé? « Dès que votre état est stabilité, on vous amène la voir en néonatalogie ».

Dans les 24h qui ont suivi, je n’ai pas fermé l’œil. Mon conjoint me rapporte une photo de mon bébé imprimée sur une feuille ordinaire, en noir et blanc. Après un coup d’œil, je rejette la photo. Il a l’air d’avoir un truc dégueu aux yeux, comme si c’était un fœtus mal formé. Ça me fout les boules. Les appareils se mettent à sonner. Bip bip… pression trop haute bip bip. Mon conjoint fait la navette entre ma chambre et la néonatalogie. Puis les sueurs commencent. J’ai chaud. Trop chaud. Encore plus chaud! C’est horrible!! Mon conjoint fait maintenant la navette entre ma chambre et la machine à glace. L’infirmière prend sa pause et chuchote à sa remplaçante : « Elle n’a pas dormi! Elle dort pas! ». Je reprends la photo, examine les petits détails puis je comprends que ma fille a reçu des gouttes ophtalmiques. C’est ce qui donne l’effet luisant, la raison pour laquelle elle a les yeux fermés… Cette photo devient alors mon talisman. Je la garde sur mon cœur. À l’occasion, les machines se mettent en alerte Bip!! bip!!!! et les infirmières paniquent un peu… puis ça se calme. Je trouve ça bizarre que la machine puisse lire mes pensées. Je pense à mon bébé, je m’inquiète pour mon bébé… bip bip… Ça me prend un bon bout de temps avant de comprendre que les machines mesurent ma pression et non pas mes pensées (le sulfate de magnésium rend effectivement les pensées nébuleuses!).  Mon conjoint me dira que ma pression montait dans les 230/130. Aujourd’hui, je trouve les protocoles mal fichu. Y aurait-il eu de ces variations si j’avais été avec ma fille? C’est, encore aujourd’hui, ce qui fait le plus mal. Ma fille était en soin intensif. Moi aussi, mais dans une autre pièce.  Mon conjoint s’essoufflait entre les deux unités (il était crevé, vraiment)!

Le temps passe mais c’est difficile. Je pense à l’allaitement. Je regarde mes seins, taponne un peu pour voir… L’infirmière me voit faire et intervient gentiment… « Pas comme ça… une pince en C puis une pression vers le thorax… Voilà! » C’est une goutte de colostrum. L’espoir renaît. « Je veux la voir maintenant! ». Il reste prêt de 12h de « réclusion » alors c’est non, pas tout de suite. Je m’agite. Les machines s’affolent. On me promet que dès que la période de 24heures est terminée, on m’amène à l’unité de néonatalogie. Pause lunch de mon infirmière. Moi, je n’ai même pas faim. Je veux voir ma fille. Maintenant. Je m’imagine tenter de me rendre à elle par mes propres moyens. Ridicule bien sûr. Je viens d’avoir une césarienne, je ne sais même pas où se trouve la néonatalogie. Mais je caresse l’idée un bon moment. Je regrette presque de ne pas avoir chercher à « brasser » un peu le département, de ne pas avoir jouer les hystériques pour aller voir mon bébé. Je le regrette parce que, encore aujourd’hui, j’ai le cœur qui se serre et une douleur bien réelle quand je pense à notre séparation. J’écris ce récit alors que ma fille a 6 ans. J’ai encore mal de cette séparation. Pourquoi nous avoir séparés 24 heures? Pourquoi ne pouvais-je pas l’avoir juste à côté de moi?

Après 24h, je suis débranchée peu à peu. Les dernières prises de sang montrent un retour à la normale. L’infirmière enlève la sonde urinaire, le soluté. L’anesthésiste vient enlever la canule artérielle. La gynécologue vient nous voir. Nous serons transférés à l’unité mère-enfant régulier. Mon conjoint demande une chambre privée. Nous ne nous sentons pas d’attaque pour partager une chambre où des parents cohabitent avec leur nouveau-né pimpant de santé. Il est 23h30. La brancardière vient me chercher. Je voyage en lit d’hôpital. Premier arrêt : la néonatalogie. J’y fais la connaissance d’une petite demoiselle minuscule de 1040 grammes. L’infirmière la sort de l’isolette et la dépose sur ma peau, sur ma poitrine. Nous restons à l’unité de néonatalogie jusqu’à minuit, à soupirer enfin de bien-être. Retour à l’unité mère-enfant, où j’arrive enfin à dormir un peu. Au matin, je réclame un tire-lait. Une infirmière vient expliquer l’auto-médication et me remet anti-douleur et autres cachets. Puis le premier levée et une visite en chaise roulante en néonatalogie. Le trajet m’épuise. De retour à ma chambre, une autre infirmière apporte un tire-lait et donne quelques informations bien insuffisantes. Déjà le dîner. Mon conjoint et moi n’avons aucune envie de nous séparer mais il est temps qu’il parte en quête d’un repas. Il n’a pas encore déjeuner. Un autre truc mal adapté. C’est l’unité mère-enfant, on célèbre la famille sur tous les murs, avec plein de posters maman-papa-bébé. Dans les faits, l’endroit n’est pas adapté pour la famille. Le père dort sur un lit de camp et tant pis pour ses repas!

La suite, c’est l’histoire des débuts de l’allaitement. Une autre histoire, une autre aventure… avec les va-et-vient entre ma chambre et la néonatalogie puis entre le manoir Ronald McDonald (où nous habiterons 2 mois) et la néonatalogie.

[À noter que mon récit d’allaitement a été publié dans le livre « Prêt du cœur, témoignages et réflexions sur l’allaitement », aux éditions Remue-ménage.  HYPERLINK « http://www.groupemaman.org/fr/livres/pres-du-coeur-464 » http://www.groupemaman.org/fr/livres/pres-du-coeur-464 ]

#06 Anonyme 1 – Pas-de-Calais

28 Jan

Bonjour,

Je vais vous raconter mon 1er accouchement.

A 36SA, j’ai eu un doute sur mes pertes liquides et je suis allée faire un contrôle à l’hôpital. La sage-femme a fait un test et m’a dit « oui, c’est bien du liquide. »
moi « du liquide … du liquide amniotique ? »
elle « oui, vous allez accoucher. »

J’étais en larme ! c’était trop tôt ! elle m’a dit :
« C’est rien, ça arrive tout le temps, il y a une dame qui est en train d’accoucher là et elle est à 35SA »

Je me suis mise à me raisonner et à me dire que de toute façon, je n’avais pas le choix.

Au monito, je n’avais pas de contraction donc on m’a posé un tampon de gel pour déclencher l’accouchement, moi qui ne voulais pas être déclenchée, j’ai cru que je n’avais pas le choix (alors qu’il aurait été possible d’attendre que le travail commence et si ça ne venait pas, là, le déclenchement était nécessaire…).

Donc, bien entendu, je n’ai pas souhaité de péridurale. Le travail suit son cours. Ensuite on me demande d’aller aux toilettes avant de passer en salle d’accouchement car je suis à 3 et je viens de perdre les eaux. J’ai de très grosses contractions dans les reins et je n’arrive pas à avancer, on me dit « Ah, je n’ai pas dit que ça allait être facile ! » heu… oui, je n’ai jamais pensé le contraire… mais aller aux toilettes en pleine contraction c’est, comment dire, impossible !

Elle m’a donné le sentiment de souhaiter que j’aie mal car jusque-là, je souriais facilement parce que le jour de la naissance de ma fille est un jour heureux, attendu, même si ce n’était pas du tout le moment où je pensais accoucher, même si je ne voulais pas être déclenchée, ce jour est un jour sacré ! J’ai eu l’impression que le fait de nous voir heureux, de voir que je ne voulais pas de péridurale et qu’avec les contractions j’étais toujours contente, elle a eu plaisir que j’en bave un peu en me demandant d’aller aux toilettes, avec cette remarque « Ah, je n’ai pas dit que ça allait être facile ! »

Arrivée en salle d’accouchement, j’ai eu envie de pousser ! On ne m’a pas crue, j’ai du insisté et en effet, j’étais à dilatation complète, la dilatation de 3 à 10 s’est fait très rapidement. J’ai accouché devant une dizaine de personnes, bonjour l’intimité….

J’ai voulu prendre ma fille une fois sortie mais elles me la mettaient hors de ma portée pour l’essuyer alors que j’avais fait tant d’effort ! Elle me l’a posée enfin sur moi mais je n’avais plus de force, je voulais la voir tout de suite, ma fille car je me doutais que je ne la verrai pas beaucoup étant donné sa prématurité.

En effet, je l’ai eue 2 minutes puis elle est partie pour les soins et c’est à ce moment-là qu’elle a fait une détresse respiratoire, donc je l’ai revue sous couveuse uniquement.

On nous a emmenés 2 heures plus tard voir notre fille dans sa couveuse. Puis retour en chambre en nous disant que l’on pourra la voir le lendemain à 9h. Résultat, quelqu’un lui avait déjà donné son premier bain et je n’étais pas là, ça m’a rendue triste. Et il était moins une qu’on lui donne du lait artificiel alors que j’avais bien dit allaitement maternelle exclusif ! Je souffrais de ne pas la voir beaucoup. Plus tard, quand elle est arrivée dans notre chambre d’hôpital, on m’a dit qu’en fait, j’aurai pu la voir quand je voulais, en pleine nuit si je le voulais ! Ah mais on me l’aurait dit, j’y serais allée tellement !!

Pour mon second accouchement, j’ai souhaité un accouchement à domicile mais il se trouve qu’il n’y a pas une seule sage-femme qui le pratique dans tout le Pas-de-Calais et ses environs ! Donc retour à l’hôpital.

Cette fois, j’avais prévu depuis longtemps mon projet de naissance. Il a bien été suivi par la sage-femme bien que j’aie eu droit aux remarques de ses collègues… J’en suis restée hermétique pour vivre mon bonheur. Il a fallu que je re-justifie mes choix (comment?? vous ne voulez pas que l’on vérifie si elle a un anus ?? non et puis elle a déjà fait pipi sur moi ! ou encore, comment?? vous ne voulez pas une petite dose d’hormones pour prévenir le cas d’hémorragie ?? non non, la sage-femme me dit que je saigne très peu, je fais confiance à mon corps) et il a fallu absolument que ma fille tète devant eux alors que c’était pour moi un deuxième allaitement et que mon premier a duré 2 ans et qu’elle le savait.

Si par bonheur nous avons un troisième enfant, je souhaite grandement accoucher à domicile avec une sage-femme que je connaîtrais, pas comme à l’hôpital où c’est la surprise…