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Une naissance dans les Deux sèvre – août 2013

8 Jan

Lundi 19 Aout 2013

– Bébé est moins agité que d’habitude, bon après tout j’arrive en fin de grossesse, il parait que c’est normal… Pourquoi pas !?

Mardi 20 Aout 2013

– Je sens bébé encore moins bouger que la veille, alors oui je veux bien croire que en fin de grossesse il bouge moins, mais la c’est quasiment pas ! Après une partie de bowling, on décide d’aller à la maternité, à mon arrivé, on m’a mise sous monitoring, on m’a fait une prise de sang, et on a vérifié mon col, d’ailleurs une véritable galère : la sage-femme n’arrivait pas à le trouver. Au final, pour me dire que j’étais ouverte à 1 mais savait pas trop comment mon col était … Que j’étais peut-être en début de travail. Super la sage-femme, en plus elle m’a fait pisser le sang. Bref, au monitoring, tout va bien, bébé bouge, on me fait une échographie, nikel ! Bha Madame vous pouvez rentrer chez vous, tout va bien. … Ok !

Mercredi 21 Aout 2013

– On est en fin d’aprèm’, j’ai ma belle-famille et le parrain qui est à la maison, mon téléphone sonne, je décroche et là : « C’est la sage femme de la maternité de B., où vous êtes venue hier. On vous a fait une prise de sang, il y a un problème, il y a du sang de bébé dans votre sang. Est-ce que vous pouvez venir de suite ?  » OK j’arrive. Je dis à Guillaume de prendre les valises car je sens qu’on va pas rentrer de suite. Arrivés à la maternité, on m’installe dans une chambre provisoire, le medecin vient nous voir et explique que, pour le bien du bébé, pour éviter qu’il fasse de l’anémie, il serai bien de faire un déclenchement, chose que nous acceptons.

On me fait une échographie, il n’y a rien d’anormal, on me descend en salle de prétravail pour me poser un tampon (composé d’hormone afin de déclencher les contractions) et un monitoring de 2 heures. Il ne se passera rien mais je doit le garder jusqu’au lendemain après-midi. Entre-temps je suis montée dans ma chambre « officielle ». J’ai passer un nuit assez tranquille.

Jeudi 22 Aout 2013

– Le tampon n’a rien fait, mon col n’a pas bougé, on décide alors de me poser un ballonet (petit ballon qui font gonfler avec de l’eau entre le col et la poche des eaux afin d’aider le col à se dilater. Autant vous dire que j’ai vu la voie lactée ! Horrible ça fait super mal ! Après, pareil monito pendant 2 heures, puis je suis retournée dans ma chambre. Dans la nuit, j’ai eu des contractions, je me suis dit super … Mais j’avais trop mal pour dormir, donc injection de morphine … ça CALME !!!! oui ça m’a calmée jusqu’au lendemain midi, j’ai fait que dormir. Et les contractions ce n’était qu’un faux travail.

Vendredi 23 Aout 2013

– Après avoir dormi une bonne partie de la matinée, on decide de me l’enlever. Chose faite, ils vérifient mon col, mais rien n’a bougé… Ils décident de me mettre un gel avec des hormones, ils m’expliquent que se sont les mêmes hormones que le tampon mais en moins fort… Oui, moi non plus je n’ai pas compris l’intérêt, mais bref … ! Arrivé à 16h30 évidemment cela n’avait rien fait, donc ils décident de passer aux choses plus sérieuse, cette fois ça y est, je vais en salle de travail, on me met les perfusions, etc. Elle y vas doucement et revient de temps à autre pour augmenter le débit. Moi, je gère. On m’a mis la musique, et … je m’endors sur les contractions ! Oui, oui !! Plus tard, ils vérifient mon col, il s’est modifié, je suis ouverte à deux et il s’est modifié. Au bout d’un moment, malgré que je gère très bien les contractions, ils me posent la péridurale, l’anesthésiste s’y est repris à deux fois, j’ai bien eu mal !!! Mais une fois fait, whuaouu !!! c’est le pied !!! La sage-femme me perce la poche des eaux, avec Guillaume, on se paie un fou rire, car apparament sa chlingue !!!

Un peu plus tard, re-vérification, mais rien n’a bougé, ils me laissent une demie-heure et, si toujours rien, il faut penser à la césarienne. On essaye de pas désespérer. Mais une demie-heure plus tard, toujours rien de plus, alors ils nous expliquent que c’est la césarienne et qu’ils préparent le bloc. On a pleuré tout les deux, car même si je m’étais préparée à cette éventualité, ça reste toujours une déception.

Arrivés là-haut, Guillaume n’a pas eu le droit d’entrer au bloc, il devait rester derrière la porte. Il y avait quand même une petite fenêtre, pour voir.

Quand je fus anesthésiée des pieds jusqu’à la poitrine ils commencent, on m’explique les choses, on me rassure et au bout de quelques minutes à 23h18 j’entend les premiers cris de bébé. Cela à été un super soulagement. Les larmes ont coulé. Pareil quand ils me l’ont mis près de moi. J’ai pu l’embrasser et le toucher, mais cela à été très rapide. Ils l’ont enveloppé dans des couverture. J’ai pu de nouveau l’embrasser, puis ils sont partis avec le papa. Moi, ils ont passé une heure à me recoudre et mettre des agraffes et ensuite j’ai été une heure en salle de réveil, pour enfin redescendre dans ma chambre et retrouver mes deux hommes. Quand j’ai enfin pu avoir mon bébé en peau-à-peau, ça a été un moment très fort.

Voila, cela à été long et à la fois très rapide, des moments très forts et innoubliables.

Ajout : Même si il est vrai que la péridurale à été posée alors que sur le moment je n’en avais pas besoin, je l’avais demandée à mon rdv avec l’anesthésiste.

Pour la douleur, j’ai gérée toute seule, j’ai decidé de ma position que j’ai trouvée et ce qui m’avait aidé c’est aussi la musique. Ils m’ont demandé si je souhaitais un poste avec de la musique et j’ai accepté. Donc vu que je gerai bien mes contractions, je ne sais pas si ils pouvaient me proposer vraiment quelque chose.
Et pour la péridurale, de toute façon, vu comment cela c’est terminé, ce n’était pas plus mal, car si ils ne l’avait pas faite, il aurait certainement fallu monter au bloc d’urgence et finir en anesthésie générale, et là je crois que je l’aurais très très mal vécu.

Dans l’ensemble l’équipe a été super, ils ont fait du mieux qu’ils ont pu, ils ont attendu au maximum, mais pas trop pour éviter de mettre nos vie en danger. Donc bon… c’est quand même un accouchement respecté.

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#323 – Do – 1er accouchement – Yonne 2009

8 Jan

En 2009, j’attend ma première fille. La grossesse se passe très bien malgré de nombreuses contractions à partir du 6ème mois.

Je me réveille vers 3h du matin par des contractions régulières : toutes les 5 minutes. Au bout d’une heure je me décide de réveiller papa, de prendre une douche et de partir tranquillement à la maternité.

Une fois sur place, on me dit que le travail n’a pas commencé mais comme j’habite loin (40 km) ils vont me mettre dans une chambre et revenir dans un « petit moment » m’ausculter et décider très certainement de me renvoyer à la maison. Les contractions s’enchaînent toujours toutes les 5 min et sont douloureuses mais gérables grâce à la respiration et en marchant. Les heures défilent et toujours personne pour m’ausculter. Au bout de 6 heures, j’envoie mon mari chercher une sage-femme. Elle arrive et quand elle me voit s’exclame : « Vous n’avez pas la tête d’une personne qui va accoucher ! » elle daigne quand même me faire un toucher vaginal et me dit : « Vous êtes à 3 cm, vous allez en salle d’accouchement ».

Une fois en salle d’accouchement, on commence à me mettre une perf et je demande pourquoi c’est, réponse : « Vous n’avez pas fait de cours de préparation ? alors vous devez bien savoir ! » Seul position permise : sur le dos. Au bout d’une heure, on me propose la péridurale, c’est maintenant ou jamais. Je la prend. Elle m’endort tout le bas du corps mais les contractions dans le dos sont toujours douloureuses. La seule position qui m’est permise en allongée sur le dos. Les heures passent et mon col se dilate assez vite. A 17h30 je suis à dilatation complète, mais bébé n’est pas assez engagé. Une gynécologue passe et me dit : « Vous tenez le bon bout, c’est bientôt fini », elle reviens 2 h après et me demande : « Vous êtes encore là ? » Bébé ne veut toujours pas descendre. La sage-femme de service me dit qu’elle ne sera pas là pour l’accouchement. La nouvelle équipe arrive et, alors qu’un quart d’heure avant ce n’était pas le moment, maintenant ça presse. Je n’ai aucune sensations dans le bas du ventre, je ne sens pas bébé qui pousse.

On m’installe vers 20h05. Il faut pousser quand il y a une contraction, je pousse qund je commence à avoir les douleurs dans le ventre. Après de nombreuses poussées : « Vous n’êtes plus de tout efficace ! Il faut y aller ! ». Je n’ai plus de forces. On me propose d’utiliser la ventouse pour faire sortir bébé. J’accepte. Une jeune interne arrive, elle souhaite le faire toute seule alors que les autres membres de l’équipe lui disent : « T’es sûre que tu ne veux pas qu’elle vienne ? »

Papa est mis hors de la salle, il refuse mais il n’a pas le choix et on lui dit : « Si vous voyez ça, vous ne voudrez plus toucher votre femme de toute votre vie » gloups !

La ventouse est posée et en une poussée bébé est dehors. Je tends les mains pour prendre ma fille, je ne peux même pas la toucher elle est déjà partie en dehors de la pièce.

Papa voit sa fille passer devant lui, sans un mot elle est amenée dans un pièce où est inscrit : « Réanimation » Il demande : « Elle va mal ? » « Non, la pièce s’appelle comme ça mais c’est là qu’on amène tous les bébés, on s’occupe de votre femme qui fait une hémorragie » Il blêmi, on lui dit : « Elle saigne juste un peu ».

L’interne me recoud pendant un long moment. A la fin, elle vient me voir, ne sait plus où se mettre et me dit : « Vous avez eu 2 déchirures, ne vous inquiétez pas, j’ai bien recousu, vous aurez de belles cicatrices ! Dans une dizaine de jours ça sera cicatrisé et les points tomberont tous seuls. » Je lui demande combien j’ai de points : « Je ne me suis pas amusée à les compter ! »

Au bout d’une heure, on me ramène bébé, je ne pense qu’à une chose : la faire téter. Je demande de la mettre au sein, on me répond : « Si elle y va toute seule, laissez-la faire. Sinon, on vous la mettra après. » Suite à un harcèlement de ma part, on daigne me montrer comment la mettre au sein.

On remonte en chambre vers 23h30. On demande à papa de partir, il refuse et reste dans le fauteuil ! Pendant la nuit on vient souvent me voir pour que j’aille uriner mais je n’y arrive pas, la sage-femme abandonne sans me sonder. Pendant la nuit, papa arrive à calmer notre fille en la berçant dans les bras, une puéricultrice arrive lui arrache des bras, la met dans les miens et dit : « Elle est mieux avec sa mère ! ».

Les jours suivants, je reste dans la chambre et appelle le moins possible. Je reste sur un sentiment d’échec, de ne pas avoir su pousser comme il fallait pour la faire sortir.

Ma sage-femme libérale quand elle m’examine a fait un drôle de tête et m’a dit qu’il n’y a pas 2 mais 3 déchirures. J’ai du mal à m’asseoir pendant plusieurs jours. La cicatrisation durera 4 mois ! et la plus grosse cicatrice me ferra mal pendant 1 an.

Ma gynécologue me raconte que c’est normal car j’ai une peau de rousse.

Il m’aura fallut plus de 2 ans pour imaginer être de nouveau enceinte.

Ce n’est que 4 ans après, lors de ma deuxième grossesse que j’ai appris que la ventouse avez eu lieu, non pas parce que je n’avais pas su pousser, mais parce que bébé ne progressait pas.

Lien vers le second témoignage de Do : Do – 2ème accouchement – Aveyron 2013‏ 

#289 Camille, le récit de trois césariennes

24 Sep

Je suis tombée par hasard sur votre défi de réunir 1000 témoignages en 1 an, sur la facon dont se passent les naissances en France et ailleurs.
Pour ma part, je garde un goût amer de tout ca…
Décembre 2006 j’apprends que je suis (enfin) enceinte, apres 18 mois de tentatives et plusieurs fausses couches spontanées. Ma grossesse se passe merveilleusement bien; je vis à Toulouse (31) j’arrive à m’entourer d’une sage femme incroyable qui me prépare à un accouchement le plus naturel possible. Dans ma tête, je m’imagine déja gérer le travail avec l’aide de mon époux, attraper mon fils a la sortie de mon ventre et le poser tout contre moi pour la tétée de bienvenue!
Oui mais voilà, à 8 mois de grossesse, le gynéco de la maternité de la clinique de N******* (11) m’envoit en urgence passer un scanner du bassin. Il ne m’explique pas pourquoi, et je pars la bouche en coeur passer cet examen. Le radiologue fait son travail en me disant que « de toute facon, je ne suis pas un gabarit de 1ière compétition »… Je ne comprends pas sa remarque mais ne demande pas plus d’explication. Je retourne voir mon gynéco avec les clichés de mon bassin; il me prend entre 2 rdv, dans une salle d’archive minuscule où on ne peut ni s’asseoir ni bouger. Et là, de but en blanc, il me dit « ouai bah on est à la limite de la césarienne! Allez on va aller planifier ca avec ma secrétaire » Je n’ai pas eu le temps de protester, de réagir, de demander quoique ce soit que déjà la date de naissance de mon fils était programmée « et bien je vous dit à mardi 14, à 7h au bloc! Allez voir la sage femme du bloc, elle vous expliquera plus en détails. Je vous laisse, une autre patiente m’attend »
J’ai passé les 10 jours suivant dans un état de demi conscience, ne sachant pas vers qui me tourner… J’avais 22 ans à peine, j’avais imaginé tous les scénarios catastrophe (prématurité, forceps, épisio) tous sauf la césarienne… Je ne trouve de réconfort auprés de personne: mon mari est soulagé que tout soit programmé; au moins y’aura pas d’imprévu. Mes tantes, belle mere, belles soeurs, etc s’extasient sur LA CHANCE que j’ai de ne pas connaitre les contractions. Bref, dès que j’essaye de parler de mon mal être, on me rabache que je n’ai pas a me plaindre, que je ne vais pas avoir à me poser de questions, je ne vais pas souffrir, mon bébé aura une belle tête ronde, et j’en passe des pires!
Je rentre donc la veille de la naissance de mon fils à la maternité. Les examens s’enchainent: prises de sang, frottis; une sage femme vient me raser le pubis; une seconde viendra 20 min plus tard vérifier que c’est bien fait (j’adore quand je suis respectée ainsi… « Baissez votre culotte madame! ») écho, monito, douche à la bétadine…. Nuit blanche, on me donne des cachets pour tenter de m’anesthésier le cerveau.
6h le lendemain matin. On vient me réveiller (enfin, me dire de me préparer) Je suis un zombie qui fait des gestes machinalement. On me presse, on me dit d’un ton peu sympathique « de me dépêcher!!!! » Les brancardiers m’emmènent. Le gynéco m’avait assuré que mon mari pourrait être présent, et là, juste devant les portes du bloc, on nous dit que non ça ne sera pas possible! Arrivée au bloc on m’installe. L’anesthésiste tarde à arriver donc pour gagner du temps on me pose la sonde urinaire à vif. Puis l’opération commence. Je suis mal, je pleure comme une enfant; le gynéco dit alors « faites entrer son mari! » Le soulagement quand je le vois arriver; il est aussi stressé que moi et ne cesse de me dire des trucs que je ne comprends pas. Soudain on entend un bébé pleurer; et on me montre une petite frimousse emmaillotée en me disant que c’est mon fils! Je ne réalise pas du tout…. Déja il part pour les soins (je ne le reverrais que 3h30 plus tard; pratique pour débuter un allaitement) La sage femme dit en rigolant « bon, on vous pose une fermeture éclair pour les prochains?! Ah ah ah »…. Les praticiens s’extasient sur le fait que je suis mince « c’est top de travailler dans ces conditions: ya pas un pet de graisse, on passe comme dans du beurre » …. J’ai envie de dormir pour ne plus entendre toutes ces méchancetés; je me sens vidée. Une fois l’opération terminée, le gynéco me félicite; je demande bêtement « pourquoi? » Je n’ai pas le sentiment d’etre bonne à féliciter.
En salle de réveil j’attends…. On me fait comprendre que je ne remonterai en chambre que lorsque je bougerai mes jambes. Je m’évertue a essayer; en vain. Une maman arrive 1h plus tard; et repartira avant moi… Y a vraiment des injustices partout, même en matière d’anesthésie! Un anesthésiste vient me voir, s’accoude à mon lit et me lance « alors, qu’est ce que vous avez eu? » Et moi de répondre « une césarienne ». Le médecin lève les yeux au ciel et réplique « Non mais ça je sais! C’est une fille ou un garcon? »… Les heures passent… Enfin je vais pouvoir remonter mais avant on me fait une toilette intime; les anesthésistes ne mettent ni rideau ni paravent: je suis nue et pas franchement à mon avantage dans une salle remplie d’autres patients. Quand j’en fais la remarque, on me rétorque que « de toutes façons, ils sont tous dans le gaz! » Tous peut-être, mais certainement pas l’autre maman qui est à côté de moi et qui détourne le visage, aussi génée que moi.
Je passe rapidement sur les « conseils » que je recevrais durant mon séjour en matiere d’allaitement: « De toute facon vous n’y arriverez pas, vous n’êtes pas motivée! » (J’ai allaité mon fils 16 mois; pour quelqu’un de pas motivée, je pense avoir fait fort!) Je ne m’attarderais pas non plus sur le biberon de lait qui fut donné a mon fils en pouponnière…. Et je ferais l’impasse sur le lit plus qu’inconfortable pour une maman césarisée (lit non relevable, sans potence pour s’aider à se lever, etc)
Suite à cette césarienne programmée par un gynéco frileux qui avait décrété que mon bassin était trop étroit, j’ai eu 2 autres césariennes (dont 1 non programmée et faite en urgence, car mon nouveau gynéco m’avait proposé de tenter une voie basse aprés deux césariennes) J’ai testé 3 établissements différents, et donc 3 gynécos. J’ai eu mon lot de remarques blessantes et déplacées. Par exemple, pour ma deuxieme césarienne (a dijon 21), le brancardier m’avait conduite au bloc puis laissée seule; lorsque l’infirmière est arrivée, elle m’a littéralement engueulée car je n’avais rien à faire là!!! Un comble tout de même! Elle a ensuite ralé car, ne connaissant pas le sexe de mon enfant (nous souhaitions garder la surprise afin d’avoir un petit moment de plaisir au bloc…) elle ne pouvait pas remplir ses dossiers!
Pour ma derniere césarienne (hopital de N******* 11), j’ai dû me frotter à beaucoup de critiques quand à mon souhait d’accoucher normalement apres deux césariennes. Les différents praticiens du service ne comprenaient pas mon envie, ne comprenaient pas que mon gynéco m’ait proposé ca (car oui, c’était sa proposition et non une demande de ma part!) Du coup j’ai été menacée de passer au bloc suivant quel gynéco serait de garde au moment où j’arriverais; on me faisait peur en me parlant de tous les risques que je prenais et faisais courir à mon enfant, on me jugeait, etc. Heureusement il y avait des sages femmes adorables, qui me comprenaient et me soutenaient. Le destin a voulu que le travail se mette en route à 2 jours du terme; j’ai rarement été aussi heureuse de ma vie! Mon gynéco est venu dans ma chambre pour m’ausculter, me décoller la poche des eaux et me dire de prendre une douche; et qu’il repasserait dans 2h pour voir comment ca évoluait. Ca a été la derniere fois que je l’ai vu… 1h apres une sage femme venait me chercher pour me conduire en salle de travail; et le temps que je prenne les affaires nécessaires à l’accouchement, elle revenait pour m’annoncer que la gynéco de garde refusait la voie basse et m’attendait au bloc pour…. la césarienne… J’ai essayé de protester, mais on ne fait pas le poids face à des médecins (meme enceinte de 9 mois…) J’ai à peine eu le temps de prévenir mon mari qui n’a pas eu le droit d’assister à l’opération. Au bloc il y avait beaucoup de monde; il y avait l’interne qui m’avait fait une écho le matin meme; il avait vu que ma fille avait le cordon en double circulaire et en avait informé la chef de service; est ce pour ca que j’ai eu une césarienne en urgence? Ou bien est-ce parce que mon utérus montrait des signes de faiblesse? Ou bien était-ce juste pour se protéger?…. Je n’ai jamais su! L’anesthésie était mal faite, j’ai souffert comme jamais et j’ai fini par faire un malaise tellement la douleur était insupportable; les médecins m’ont alors mise sous gaz hilarant pour m’aider à tenir le coup. Mon gynéco n’est jamais venu me revoir (je lui ai adressé une lettre longue de 4 pages, mais il n’a pas répondu) et je n’ai jamais vu la gynéco qui m’a opérée. J’ai appris par la suite grace a ma sage femme qu’il y avait eu des discussions plus que houleuses dans le service, et que depuis les accouchements voie basse apres 2 césariennes sont interdits.
Voilà je sais que c’est un récit tres long. Je sais aussi que je suis triste vis à vis des naissances de mes enfants mais que je dois m’estimer heureuse de les avoir tous les 3 en parfaite santé (et moi avec) Je garde le goût amer de ne jamais avoir accouchée; je ne connaîtrais jamais ce que toutes les femmes de mon entourage ont connu. Je ne me sentirais jamais une femme à part entiere. Je suis différente des autres, de celles qui savent accoucher. Je me sens inférieure. Je déteste toutes ces discussions entre voisines/copines, à la sortie de l’école, où chacune y va de son récit. Comme je me tais dans ces moments-là, quand parfois on me demande « et toi? » , je n’ai rien à dire, rien à répondre. Aujourd’hui je vis avec un regret sans fin « pourquoi suis-je aller voir ce gynéco pour mon fils ainé? Pourquoi ne suis-je pas partie en courant à l’annonce de la césarienne? Pourquoi n’ai-je pas exigé qu’on me laisse tenter un accouchement normal? »
J’aimerais, pour les autres femmes qui risquent de se retrouver dans ma situation (car je sais que je ne suis pas la seule), j’aimerais que les médecins arrêtent de vouloir tout contrôler, tout planifier! Ok, grace a eux le taux de mortalité des mères et des enfants à plus que baissé. Mais arrêtez de bousiller l’essence même de la femme: mettre un enfant au monde! Aidez-nous, protégez-nous, mais faites nous confiance!!!
Merci de m’avoir lue. J’espere que tous les témoignages feront bouger les choses dans le bon sens!

Ajout au 25 septembre 2013:

Pour mes fils (les 2 premieres césa programmées) mon mari a été présent; mais mes bébés ont été emmenés immédiatement, sans que je ne puisse les embrasser ou les toucher. Mon premier fils ne me sera rendu qu’en chambre, plus de 3h après et on le me mettra en peau à peau pour l’allaitement. Mon second fils sera placé sous oxygène pour une détresse respiratoire; mais la salle de réveil étant propre aux mamans césarisées, la couveuse sera amenée près de moi. En revanche on a refusé que je fasse du peau à peau et que je l’allaite… Je le mettrais au sein seule dans ma chambre, 4h après sa naissance, sans aucune aide et contre l’avis médical (la raison de ce refus était que mon bébé n’avait pas faim et ne tèterait donc pas) Idem une nuit, alors que mon fils était mis d’office en pouponnière, les soignantes avaient refusé de m’amener mon fils, disant qu’il ne tèterait pas car il avait des glaires (je passerais une nuit blanche a m’inquiéter et à me morfondre au fond de mon lit, tendant l’oreille à chaque fois que j’entendais pleurer un bébé, mais j’étais incapable de reconnaitre si c’était mon fils). Pour ma fille, j’ai fait le choix d’une maternité où le papa n’était pas présent au bloc mais où à la place j’aurais le droit d’avoir mon bébé contre moi dès la naissance! Dilemme difficile: je privais mon mari de la naissance de son enfant, pour que je puisse moi avoir enfin le bonheur de tenir mon enfant tout juste né! Mon mari a heureusement respecté mon choix. Malheureusement, étant mal anesthésiée, j’ai fais un malaise pendant que j’avais ma fille dans les bras; on me l’a donc enlevée au bout de quelques minutes à peine, et je ne la retrouverais que 3h plus tard, dans ma chambre. Là, avec mon expérience, j’ai exigé à ce que la sage-femme me donne ma fille en peau à peau (elle l’avait déjà habillée). J’ai ensuite refusée la mise en pouponnière (qui m’avait été imposée pour mes fils) et j’ai dormi toute la semaine avec ma fille dans mes bras. J’ai vidé dans le lavabo un bib de lait que la puéricultrice avait donné à mon mari un matin, car ma fille avait perdu trop de poids. Je me suis faite gronder; mais j’ai rétorqué que ma fille avait à peine 3 jours, que la montée de lait n’était pas faite. La puéricultrice m’a accordée 24h après quoi elle supplémenterait ma fille…. Le lendemain, ma fille avait repris 5g!!!! Enfin une victoire! 

#279 Pascaline – région lyonnaise

8 Mai

J’ai accouché il y a 7 mois, difficile de dire si on a écouté mon projet de naissance, je ne sais pas si j’ai vraiment eu le choix d’en avoir un.
J’ai vécu les 6 premiers mois de ma grossesse à me préparer à un accouchement physiologique.
Je m’étais inscrite dans une maternité de niveau III qui vient de faire construire un pôle physio (région de Lyon).
Et puis au 6ème mois, on me trouve un diabète gestationnel. Je passe sur la façon dont je l’ai appris. (Ma gynéco a manqué de tact.)
Au premier rdv avec la sage-femme de la maternité au 7ème mois, je lui fais part de mon projet, elle ne le lit pas, ne veut même pas en discuter, visiblement il est trop tôt.
L’orientation vers le pôle physio ne se fait qu’au 9ème mois. Inutile de parler donc de quoi que ce soit. Mais, jusque là, je rentrais encore dans les fameux critères.
On m’hospitalise un jour pour me montrer les dextros et on me fait rencontrer une diététicienne qui m’explique les choses à savoir pour un régime sans sucre.
Je stabilise donc mon diabète, ne prends quasi pas de poids pendant les 3 derniers mois. Sauf qu’aux échos mon bébé est en siège décomplété, ça se confirme au 7ème mois, et il est « gros ».
Je précise que je mesure 1,78m et son père 1,85m.
D’entrée de jeu, on me propose la version. Et on me fait comprendre que je n’ai pas d’autre choix.
En réfléchissant avec mon conjoint en rentrant chez moi, je n’ai pas envie de la version. Je trouve cela trop invasif pour moi et pour le bébé.
J’écris donc à la sage-femme qui m’a prescrit cette version et je lui dis que je refuse. Elle me dit qu’il faut que j’y aille quand même, pour rencontrer un médecin quitte à refuser la version après en avoir discuté.
Nous y allons donc. On nous fait miroiter la suite logique, une césarienne obligatoire. Car gros bébé en perspective à cause du diabète et en siège de surcroît. Mais on ne m’oblige finalement pas à faire la version. Même si on me culpabilise un maximum.
On me dit qu’il faut passer une radio de mes hanches pour voir s’il pourrait passer. Après les tests tout semble encore possible. On me dit, je cite, « Vous avez des hanches comme un boulevard ».
Bien sûr que moi je veux toujours mon accouchement physio.
Je ne veux pas d’une césarienne qui va me couper de toutes les sensations de la mise au monde. Je suis née par césarienne programmée, et je ne veux pas de ça pour mon bébé.
Je veux que mon bébé choisisse de venir quand il veut, et qu’il connaisse l’expérience du passage, du rituel qu’est la naissance…
Je ne voulais prendre le risque de devoir accoucher tous mes enfants comme ça non plus. J’avais peur que ça influe sur ma montée de lait… Bref j’avais plein d’arguments.
Mais dans ce cas-là, ils m’imposeront au moins la péridurale, s’ils m’autorisent un accouchement par voie basse.
On me prescrit à 15 jours du terme une énième écho pour voir si elle s’est retournée toute seule et comment elle grossit. Le bébé a stoppé sa courbe, et grossit moins, mais toujours en siège.
Le médecin de garde refuse tout accouchement par voie basse, et l’inscrit dans mon dossier, car la procédure préconise une césarienne programmée pour les bébés estimés à plus de 3,8kg.
Il me laisse néanmoins 15 jours pour accoucher naturellement. Après séances d’ostéo, d’acuponcture, en tous genres, le bébé ne veut pas sortir, ni se retourner.
A 4 jours du terme, la dernière écho évalue le bébé à 3,813kg, soit 13g de trop pour la fameuse procédure. La médecin de garde ne souhaite pas s’opposer à la sentence apposée par le précédent médecin dans le dossier.
Elle ne semble pas très fière d’elle et me dit texto : j’espère que le bébé fera plus de 3,8kg car sinon vous allez nous en vouloir.
Le lendemain soir je rentre à la maternité pour une césarienne programmée le lendemain matin. Le monitoring laisse entrevoir une possible détresse foetale (c’est pas flagrant visiblement), une heure après je suis au bloc.
J’avais demandé que mon compagnon soit avec moi au bloc, pas possible, j’avais demandé un peau à peau sur moi à la sortie du bébé, pas possible.
Un peau à peau avec le papa, pas eu le temps. Au finale Gabrielle pesait 3,750kg.
J’ai été très stressée les 3 derniers mois de ma grossesse. Le diabète a été très anxiogène pour moi, car j’ai été très mal accompagnée dans le traitement de cette pathologie.
Après il y eut la gestion du siège, qui en a rajouté une couche.

Au final la détresse « discutable » du bébé (c’était pas super évident, ils ont tranché car il y avait de la place au bloc) fait que je me dis que c’était peut-être mieux comme ça.

Mais le doute demeure.

La suite de couches a été assez difficile. En salle de réveil, j’ai insisté auprès de la puéricultrice pour mettre ma fille au sein (elle ne voulait pas à cause de l’éventualité d’avoir de nouveau à aspirer ses poumons).
Elle a tout de suite bien tété. Mais elle était très en demande tout le temps. J’ai été très peu accompagnée dans la mise au sein. Ce qui fait que rapidement j’ai eu des crevasses.
J’ai accouché dans la nuit de mercredi au jeudi. Cette nuit-là l’équipe de puéri de nuit, ont pris le bébé et me l’ont ramené au petit matin, quand elle a demandé le sein.
Idem pour la seconde nuit. Nuit complète pour le bébé comme pour moi. Et puis le vendredi, 2ème nuit de vie pour mon bébé, changement d’équipe. Je m’étais levée 1 minute dans la journée.
Quand j’ai dit à la puéri de nuit, ah c’est vous qui allez veiller sur mon bébé cette nuit, elle m’a répondu sèchement : votre bébé est un J+3, vous allez quand-même bien commencer à vous en occuper. (faux, elle était J+2)
J’étais bouche bée, j’ai dit OK et j’ai rien dormi de la nuit.
La journée d’après s’est bien passé. La nuit suivante par contre, j’ai eu ma montée de lait. Et j’ai eu aussi un énorme baby-blues, car crevée, et mes mamelons me faisaient un mal de chien (crevasses), je savais plus trop quoi faire de mon bébé glouton qui ne faisait que pleurer pour téter. Je passe l’épisode de la sage femme de nuit qui à 4heures du mat, gratte mon bébé comme une hystérique pour qu’elle reste éveillée pendant la tétée, et qui fourre mes mamelons endoloris dans sa bouche comme une brute, tout ça pour me montrer comment on met au sein son bébé. J’étais au bout du rouleau, complètement hagarde, j’ai même pas eu la présence d’esprit de lui dire de stopper le massacre et de nous respecter un peu plus moi et ma fille.
Alors que la maternité doit être faite pour vous seconder dans vos débuts de mère, là, je n’avais qu’une hâte, rentrer chez moi pour me reposer et trouver mes propres solutions. (on ne m’a JAMAIS parlé de l’efficacité des téterelles quand on a des crevasses, on ne m’a jamais proposé de biberons de complément pour rassasier ma fille).
J’ai rencontré des gens formidables dans cette maternité, certains m’ont beaucoup aidé, d’autres m’ont au moins entendue. J’ai tendance à dire que c’est une question de rencontres, d’individus et d’atomes crochus.
Mais certaines personnes sont vraiment trop dans le médical pur, ou dans leurs croyances, et pas dans le respect du lien à créer entre la mère et le bébé, ce qui pour moi est crucial.
Je me dis qu’une maman pas bien entourée, peut vraiment avoir du mal à rencontrer son bébé à ce moment-là, si personne est là pour veiller.
J’ai eu beaucoup de colère, très très longtemps après. L’allaitement a été très dur à tenir (3 mois, et c’est mon bébé qui a décidé de stopper). Je ne sais pas si c’est lié ou non.
Aujourd’hui, c’est derrière moi, mais ça restera toujours un gros regret, et j’aurais toujours le doute de savoir si on aurait pu faire autrement.
Et surtout je croise les doigts pour que cette césarienne n’ait aucune incidence sur ma prochaine grossesse, et mon prochain accouchement.

Dernière parenthèse, inutile de préciser, que pendant tout cette procédure avant accouchement, mon compagnon a été nié, ignoré, il a fait tapisserie pendant tous les rdv médicaux de l’hôpital.
On ne lui a jamais demandé quel était son avis, quelle était sa décision.

Pascaline

#212 Printemps 2010, césarienne en urgence – Paris

2 Mar

Je m’apprête à devenir maman pour la première fois,
je suis si heureuse d’avoir cette petite vie qui pousse en moi.
La grossesse se passe à merveille, je suis suivie dans une maternité qui a bonne réputation à Paris.  Je suis des cours de préparation à la naissance qui sont en lien avec l’accouchement que j’envisages.
Plus ou moins médicalisé, un accouchement classique avec péridurale.
Durant cette grossesse, je travaille beaucoup et je ne prends pas vraiment le temps de m’intéresser à tout ce qui concerne la naissance.
Mon ignorance de primipare ne fera qu’accentuer les erreurs concernant certains choix….

J-7 je perds le bouchon muqueux

J-5 j’ai des contractions dans la nuit, j’appelle la maternité qui me dit que tant qu’elles ne sont pas toutes les 5 min, ce n’est pas la peine de venir. Au petit matin, elles finissent par s’arrêter.

J-4 dans la nuit, toujours ces contractions, nous décidons de partir à la maternité. En chemin, elles s’arrêtent. Je suis inquiète car on risque de ne pas me croire. On me pose un monito, il n ‘y a pas grand chose et je suis à 2.
On me renvoie chez moi à ma grande déception.
La journée se passe, je suis fatiguée mais je ne pense pas à me reposer.
Et pourtant, je suis loin d’imaginer la suite des événements…

J-3 dans la nuit, les contractions reviennent, je file dans mon bain où je reste trois bonnes heures à me tordre.
Finalement, nous partons à 5 h à la maternité.
En chemin, les contractions s’arrêtent au moment d’arriver.
Je suis en colère, je ne comprends plus rien.
Finalement, elles reprennent mais je suis épuisée à bout de force après ces trois nuits blanches ponctuées de douleur.

Je suis toujours à 2, je ne comprends toujours pas à quoi ça correspond. On décide de me garder. Puis, on me propose à 7h, la péridurale que j’accepte avec grand plaisir sans me douter du piège qui se referme sur moi.
Toute la journée, on va m’injecter du syntho, de la péri, du syntho… Mais le col s’ouvre trop doucement.
On me perce la poche des eaux, le liquide est très teinté.
L’apres-midi se poursuit, la sage-femme est quasiment absente, je ne la vois que 5min, le temps d’un toucher et de reinjecter du produit.

Puis, on commence à me mettre la pression, « ça ne va pas, ça n’avance pas »
« Il faut que votre col s’ouvre plus vite sinon, on va devoir intervenir… »
Ces mots résonnent et je prends peur mais je me sens impuissante face à cette situation. 15h, on me passe en salle de naissance, je reprends espoir, on me fait assoir pour aider bebe à descendre.
Nous sommes toujours aussi seuls dans cette salle.

Puis, je commence à avoir mal d’un côté, on me replace pour mieux diffuser le produit mais j’ai toujours mal et de plus en plus mal.
17h, je finis par les supplier tellement j’ai mal, l’anesthésiste m’écoute enfin et se rend compte que le cathéter est parti et que je ne suis plus sous péridurale.
La douleur devient insupportable, les contractions ne s’arrêtent plus, j’ai si mal!

18h, la gynécologue me dit qu’il faut partir en césarienne, que le col n’a pas finit de s’ouvrir, qu’on ne peut plus injecter de syntho car on m’a mis les doses maxi et que bebe a quelques décélérations.
Je comprendrais plus tard que c’était la fin de sa garde et qu’elle était en week-end une heure après.
Je n’entends rien, je suis ailleurs, complètement submergée par la douleur.
J’assiste à la tonte et au départ pour le bloc. À cet instant, je ne suis plus dans mon corps, je ne réagis plus, je n’entends plus, je suis ailleurs, dans une bulle.

Tout le monde s’agite et on me pose la rachi. Je commence à souffler, la douleur s’atténue. Je suis bouleversée par cette décision de césarienne, je ne m’y était pas préparée. Le monde s’écroule.
J ‘imaginais et espérant tant cette voie basse.
Je n’aurais jamais pensé que « moi », j’aurais une césarienne.
Je pleure de tristesse et personne ne s’en préoccupe.
Mon mari est exclut du bloc, pas de papa ici!
Je l’aperçois regarder par le hublot, ça me réconforte mais l ‘anesthésiste dira « mais quel voyeur! » Et il finira par être repoussé et installé derrière la porte à attendre.

L’opération commence, je suis tellement sous le choc que je n’entends pas les 1ers cris de mon enfant, c’est la sf qui me préviendra. On me montre ma petite, si belle, si rose.
Je n’arrive pas à être heureuse, on insiste pour que je l’embrasse mais je n’y arrives pas tellement la déception est immense.
Je me retourne et voit mon mari en larmes derrière la porte entrouverte.
Je n’aurais imaginé une si terrible rencontre. Je rêvais de partager ce moment si merveilleux dans la joie avec mon mari.
Cet échange de regard rempli d’amour me fend le coeur, je m’en veux de ne pas lui avoir offert cet instant magique qui à été un des pires de ma vie.

On me recoud et personne ne me prête attention, pourtant, je sanglote sans pouvoir m’arrêter, chacun évoque ses projets du week-end et moi, je ne suis rien.
Je suis engloutie par ce mal-être qui m’envahi et tout le monde s’en fiche.

Bebe sera pesé, mesuré, habillé sans oublier la vitamine k et le collyre.
On ne m’a pas demandé mon avis mais seulement si je voulais allaiter.
Je retrouve mon bebe mais je n’arrive pas à croire que c’est le mien.
On me l’a présenté comme un magicien sort un lapin de son chapeau.
On me le pose pour la mise au sein et la femme s’en va aussitôt. Je n’y arrive pas, je n’ai pas envie. Je suis sur une autre planète et je crois que je ne reviendrais sur terre que plusieurs moi après.

Les suites de couches sont très difficiles psychologiquement.
Je suis en chambre double sans pouvoir vraiment me reposer et avoir une intimité. Je n’arrive pas à allaiter mon enfant, j’ai des crevasses et un bebe qui ne cesse de pleurer. Je suis totalement désemparée face aux discours différents de chaque soignant.
Je craque, je pleure chaque jour. Personne n’a d’empathie pour moi, je me sens inexistante. J’ai cette impression d’être morte, je suis d’ailleurs un zombie qui erre sans pudeur dans sa chambre. La blouse d ‘hôpital laissant apparaître ce bon gros filet de maternite mais je m’en fout.
Je suis complètement déconnectée et ne réagit plus. Je suis dépendante, ne pouvant bouger qu’avec douleur.

Mon bebe ne tête toujours pas malgré tous les essais.
Je suis effarée de voir avec quelle violence on enfonce la petite tête si fragile de mon bebe dans mon sein pour qu’elle tête. Ce ne sont que des hurlements et je commence à ne plus supporter de voir mon nouveau- né dans cet état.
On me donne un tire-lait trois jours après la naissance. Elle passe donc au biberon de lait maternel.
Mais je veux allaiter et c’est la seule solution qu’on me propose.
Au bout de ces interminables journées au fond du gouffre, la sortie approche.
Je tire et remplis plusieurs biberons pour en avoir d’avance.
Car à la maison, je n ‘ai pas tout ce matériel.
À tel point que la montée sera si impressionnante que mes seins deviennent vite énormes, durs et tellement douloureux.
Il est impossible de mettre bebe au sein et je ne sais plus quoi faire.
Des que je tire, le sein devient de plus en plus dur. Je ne vois plus d’issue mais je ne veux pas laisser tomber.

Le lendemain, à j+6, j’ai la visite d’une sf à la maison.
Elle me donne de précieux conseils et tout son temps pour que ma petite puisse enfin téter. Au bout d’une bonne demi-heure à la stimuler tout en douceur, elle finit à ma plus grande joie par prendre le sein et ne le lâchera qu’après plusieurs mois.

De cette naissance, je me suis sentie abandonnée, pas écoutée, pas respectée.
J’ai eu une dépression qui a été très difficile à gérer.
Je pensais être épanouie mais j ‘ai été brisée par cette expérience.
À ce jour, je n ‘ai plus confiance dans le corps médical et c’est ce qui m’a poussé à vouloir une naissance naturelle pour mon second.
Malheureusement, les choses ne se passeront pas comme espéré….

– M.

# 168 Anonyme_ Bastia

26 Fév

Pour rappel voici le projet de naissance que nous avions rédigé et soumis au gynéco et à la SF de l’hôpital, et qu’elle a agrafé au début de mon dossier médical, et qui ne leur posait aucun problème.

Citation:
Pour la naissance de notre fils, nous souhaiterions que la physiologie de l’accouchement soit respectée le plus possible.

Nous aimerions avoir une chambre individuelle si disponible.

Le papa souhaite être présent à tout moment.

De manière générale nous souhaitons être consultés et informés avant tout acte et intervention sur la maman ou le bébé.

Pendant le travail:

La maman souhaite pouvoir être libre de ses mouvements, marcher, éventuellement prendre un bain, grâce à l’utilisation d’un cathéter souple bouché et d’un monitoring discontinu ou ambulatoire.

Dans l’optique d’un accouchement naturel, nous ne souhaitons pas de déclenchement, de rupture artificielle de la poche, ou de décollement de membrane, sauf en cas de souffrance fœtale.

Toujours dans une optique naturelle et afin de favoriser la montée de lait, nous ne souhaitons pas avoir recours à des médicaments accélérant tels que Syntocinon ou Ocytocine.

Nous avons préparé une péridurale, mais nous voudrions essayer au maximum de ne pas y avoir recours. Dans ce sens, nous comptons sur le soutien de l’équipe médicale afin d’aider et soulager la maman par d’autres moyens, notamment grâce à diverses positions (accroupie, sur le côté…)

Par respect pour son corps, la maman préférerai éviter de trop nombreux touchers vaginaux, et ne veut pas d’épisiotomie, même en cas de déchirure.

Après la naissance:

Nous souhaiterions attendre la fin des pulsations avant de couper le cordon ombilical et procéder au peau à peau et à la tétée de bienvenue immédiatement.

Afin de favoriser l’allaitement, le bébé ne recevra aucun complément alimentaire ni biberon.

En cas de césarienne:

Le papa sera présent si il le souhaite et prendra le relai pour les soins du bébé et le peau à peau.

Si complications, la maman préfère qu’on tire son lait et qu’on le donne à la pipette.

Bien entendu, nous nous remettons à l’expertise de l’équipe médicale et sommes à son écoute pour toute suggestion visant à accueillir notre enfant dans les meilleures conditions.

Vendredi 14 décembre:

Nous avons rendez-vous à 11h à l’hôpital de Bastia pour la visite du terme. Nous prenons toutes les affaires avec nous au cas où ils me garderaient. Nous quittons l’Ile Rousse vers 9h. RAS

On monte en salle des naissances comme convenu, les SF me font entrer en salle d’examen seule. Prélèvement d’urine, mesure du ventre, monitoring. La SF vient contrôler le monitoring: j’ai des contractions irrégulières que je ne sens pas. Elle contrôle mon col, toujours mou et ouvert à 2, comme depuis le mois dernier. Elle me dit qu’il est « favorable ». Me demande où j’habite, et me dit que vu que j’ai des contractions elle va peut-être me garder. Elle est toujours en train de m’examiner, et me dit qu’elle va « être vilaine », qu’on va le « titiller un peu pour voir ». Dans ma tête j’ai un gros doute, j’ai peur de comprendre. Elle enfonce un peu plus ses doigts. puis elle ressort et retire son gant. Elle appelle mon homme pour qu’il entre, et lui dit qu’elle va me garder, qu’il va falloir qu’il descende faire les papiers d’hospitalisation. Elle sort et revient quelques minutes plus tard avec mon dossier médical pour faire la paperasse. Elle m’avoue qu’elle n’avait pas lu notre projet de naissance…

On m’installe dans une chambre double avec une jeune maman qui a accouché 2jours plus tôt. Je demande si je peux être inscrite sur la liste d’attente pour une chambre individuelle, mais on me répond que je ne pourrai m’y inscrire que quand j’aurai accouché.

Mon homme et moi passons l’après-midi à déambuler dans l’hôpital pour faire démarrer le travail. Je ne sens rien, j’ai juste mal aux reins, d’avoir marché et d’être restée debout toute la journée.

20h mon homme doit partir, je suis dégoutée. Il n’a pas le droit de rester puisque je suis en chambre double. Je me dit que tout ça est ridicule, j’aurai très bien pu rentrer chez moi et attendre tranquillement que le travail commence tout seul. Si ça se trouve il va falloir attendre encore 2 jours, mais comme ils m’ont hospitalisée, y’a peu de chance qu’ils me laissent sortir demain si rien ne se passe d’ici là.

Je passe la soirée à papoter avec ma voisine de chambre qui est bien sympa. On essaye de dormir un peu.

Samedi 15 Décembre:

1h du matin: je sens couler quelque chose entre mes jambes, me demande si c’est du liquide amniotique. J’appelle la SF qui me fait retourner en salle d’exam pour contrôler: monitoring, prélèvement vaginal, toucher. c’est pas du liquide, la poche n’est pas rompue, le col n’a pas bougé. Alors que j’attends que le monitoring se fasse, je commence a avoir très mal aux reins, de manière discontinue. Je me demande si c’est pas une contraction. Pourtant mon ventre ne se contracte pas, j’ai pas mal à l’intérieur ni dans le vagin. Je test l’appli Babybump sur mon Iphone qui permet de chronométrer les contractions et leur intervalle. Je constate avec étonnement que ces douleurs durent 1min toutes les 4 minutes. On dirait bien que ce sont des contractions. Et ça a démarré d’un coup comme ça, super régulières et rapprochées. Je vais garder le même rythme pendant les 5 heures à venir. On me renvoie dans ma chambre en me disant que maintenant il faut attendre que le col s’ouvre.
Je panique un peu en me demandant si ça va aller vite, quand est-ce que je dois appeler mon homme pour qu’il vienne, il a au moins 1H30 de route pour venir, peur qu’il ne soit pas là à temps, peur de le faire venir et qu’en fait le travail n’avance pas et qu’il doive attendre dehors dans la voiture, peur de devoir faire tout le boulot sans lui.

Je ne trouve pas de position confortable sur le lit, mes exercices de yoga ne me soulagent que faiblement, par contre je gère plutôt bien ma respiration. J’ai mal au dos et dans le haut des cuisses. J’ai peur de plus souffrir de mes jambes que d’autre chose, et surtout de ma mauvaise jambe. Toujours pas de contraction du ventre ni à l’intérieur.

On me propose un ballon, j’essaye et ça me soulage bien.Je ne vais plus pouvoir le quitter, pas même pour faire le tour du lit et attraper la sonnette pour appeler de l’aide. J’essaye de ne pas faire de bruit, ma voisine essaye de dormir, son bébé est sage. Je respire fort, mais mon rythme régulier a dû la bercer, elle ronfle un peu. J’attends, ça parait interminable.

3h : j’envoie un texto à mon homme, qui me demande si je veux qu’il vienne. Je lui explique que je voudrai bien mais que de toute façon il pourra pas rester avec moi dans la chambre. J’attends que ma voisine se réveille pour nourrir son bébé, elle va le changer et me demande si ça va, je lui demande d’appeler la SF. La SF me répète que même si mon homme vient il devra attendre dehors, ou dans le hall de l’hôpital. Je lui fait bien comprendre qu’il en a pour minimum 1H30 de route, que je voudrai qu’il soit là, que j’ai peur qu’il n’arrive pas à temps pour la naissance de son fils. Je suis super angoissée. Je peux pas bouger du ballon. J’insiste en demandant si il n’y a vraiment pas un endroit où on pourrait être tous les deux. Elle me dit qu’on pourrait rester en salle d’examen mais qu’il faudra qu’il sorte à chaque fois qu’une autre patiente se fera examiner. Je dis banco et j’appelle mon homme, dès qu’il arrivera on ira en salle d’examen. Je reprends courage, je me reconcentre sur ma respiration, j’ai 1H30 à tenir et il sera là… entre deux contractions je manque plusieurs fois de tomber du ballon, je tombe de fatigue.

4H45: Il est toujours pas là. Je recommence à paniquer. Qu’est-ce qu’il fout? Je l’appelle, il arrive, il roule doucement, il est prudent, il est à 10min.

5h: Je vais en salle d’exam, mon homme est au bout du couloir, j’ai du mal à marcher. Il doit encore attendre hors de la salle le temps qu’on m’examine.
5h30: mon col est à 6cm. Ouf! j’ai pas souffert pour rien. Mon homme me rejoint dans la salle. Les contractions s’enchainent toujours au même rythme, mais j’ai perdu ma concentration. Mon homme ne sait pas comment m’aider. Je reste sur mon ballon, mais je suis épuisée. La SF passe nous voir et nous annonce: « pour la péridurale, si vous la voulez c’est maintenant. Je vous laisse réfléchir, je repasse dans 15 min. »
Je suis désemparée, je voulais tellement être forte, faire ce qui est le mieux pour mon bébé, j’étais sure d’être capable de le faire… mais j’en peux plus, j’ai mal, peut-être même que je gère moins bien depuis que mon homme est arrivé, je me suis relâchée. Je lui demande son avis, mais bien sûr il me répond qu’on fait comme je veux, il me demande si j’aurai la force de tenir encore 3h comme ça, avec des contractions plus fortes encore. Il me dit que ça ne fera pas de moi une mauvaise mère si je prend la péridurale, qu’il faut peut être que je garde des forces pour pousser, mais qu’il ne veut pas que je regrette après… Je lâche prise. En fait je capitule avec moi-même. Je suis épuisée.

6h: Je suis donc en salle d’accouchement, les SF et l’anesthésiste me préparent. L’effet est quasi immédiat, je ne sens plus les contractions, la peau de mon bas ventre et de mes cuisses commencent à se désensibiliser, puis au cours des heures, c’est toutes mes jambes qui vont devenir mortes.
6h30: Je souffle enfin, l’équipe de jour arrive, je reprécise à la nouvelle SF que j’ai un PdN, elle me dit qu’elle l’a lu. Elle forme une apprentie SF qui va également assister à l’accouchement, et m’examine aussi à chaque fois avant ou après la SF qui contrôle. Elles sont douces et prennent soin de me demander la permission de m’examiner à chaque fois. De toute façon maintenant je sens plus rien. Elles me tournent sur le côté avec un coussin entre les jambes, et m’expliquent que cette position va aider le bassin à s’ouvrir et aider le bébé à descendre (méthode Gasquet).
Elles nous laissent, mon homme porte une belle blouse et un joli bonnet. Il s’assoit en face de moi, on discute tranquillement. Je me repose, peut-être même que je dors un peu.

Après j’ai un peu perdu le fil de la montre. Les SF viennent régulièrement contrôler mon rythme cardiaque, ma tension (je suis toute branchée d’électrodes) et mon col. Au bout d’un moment, elles me disent que les contractions ne sont plus assez efficaces. Il faudrait rompre la poche des eaux pour que ce soit la tête du bébé qui appuie sur le col. Alors pffff ! je me dit au point où on en est… Elles me remettent ensuite dans la position sur le coté et on attend encore.
Peut-être une heure plus tard ou plus, elles me rééxaminent et cette fois elles me disent que le col est à 9cm qu’il ne manque plus grand chose mais que ça fait un moment que ça n’a plus bougé, il faudrait faire un peu de Syntocinon… Je proteste, lui dit que j’ai peur pour mon allaitement tout ça, elle me rassure, que c’est vraiment une petite dose, que mon corps ne sera pas gavé de Synto, qu’il a déjà commencé à en produire grâce au travail déjà accompli… bref…

Vers 11H elles reviennent, mon col est complètement effacé, on va commencer à pousser. Je ne sens absolument pas les contractions, j’attends que la SF me dise quoi faire. Mon homme est près de moi, il doit soutenir ma nuque quand je pousse. Il m’encourage. Je pousse de toutes mes forces, mais je ne sens rien, alors j’ai du mal à évaluer ma force, j’essaye de me rappeler le yoga, la bascule du bassin, l’abaissement du diaphragme. j’agrippe mes jambes puis mes chevilles, comme une grenouille. D’après mon homme j’ai du pousser une bonne trentaine de fois.

12h: mon bébé sanguinolant est sur mon ventre, j’arrache la blouse et retire les capteurs de l’electrocardiogramme, et le place entre mes seins. La SF appuie sur mon ventre, les autres essayent d’essuyer Elio. Son cordon est déjà clampé et coupé, tout va très vite, il y a plein de monde dans la salle. On emmène mon bébé pour le mettre en couveuse, il n’a pas pu téter. J’envoie mon homme surveiller ce qu’il font à notre fils, il ne veut pas me laisser, y’a du sang partout et je suis très blanche. Il demande à la SF si ça va aller pour moi, elle le rassure. Je vois l’aiguille courbe dans sa main et je pense « Oh Putain elle m’a coupée!!!  » (j’apprendrai plus tard que la tête était passée, c’est son bras replié qui bloquait les épaules, fuck!)

Mon homme sort, une femme apparait dans l’encadrement de la porte, elle commence à engueuler ma SF comme quoi on peut pas monopoliser tout un service pour un seul accouchement, l’autre répond qu’elle a appelé personne, la première insiste, l’autre répète 4 fois qu’elle a appelé personne. Moi saoulée, en train de me faire recoudre les jambes en l’air, je remballe celle qui doit être la chef de service je suppose: « elle vous a dit 4 fois qu’elle a appelé personne ! » fin de la discussion.

Mon homme revient, la pédiatre avec lui me dit qu’on va laisser le petit en couveuse pendant un moment « si vous êtes d’accord » non je suis pas d’accord, mais apparemment personne ne me demande mon avis. On ne peut pas non plus amener la couveuse dans ma salle. Je ne sais pas ce qu’il lui on fait, mais probablement une aspiration et tout. Il a pleuré pendant les 2h où on m’a gardé en observation et lui en couveuse. Mon homme n’a même pas pu le toucher. On me débarbouille un peu et on m’installe un peu plus confortablement. J’ai froid, je demande une couverture. On me dit de me reposer.

Les deux heures d’observation sont passées. On m’amène enfin mon bébé, mon grand et gros bébé de 4,400kg. Il porte le petit pyjama rouge qu’on avait choisi pour son 1er jour, pas de peau à peau. Il se calme enfin dans mes bras et tète pour la première fois. La chef de service désagréable vient me voir pour s’excuser pour tout à l’heure. Elle me dit que comme j’ai eu un accouchement difficile on va me mettre en chambre individuelle. Tiens donc ! y’en avait donc une de libre! Ils auraient pas pu me la donner direct au lieu de me priver de la présence de mon homme, et me stresser qu’il ne soit pas là à temps !! Grrr!! C’est peut-être une compensation pour n’avoir pas respecté mon PdN de bout en bout ?
On nous emmène dans la chambre et on essaye de se reposer. Le lendemain on me fait une perf de fer, je suis anémiée (fer à 7 au lieu de 10, on me dit que j’ai de la chance, la limite pour une transfusion sanguine c’est 6 )

Toujours est-il que notre petit est magnifique, il est gentil, ne pleure pas beaucoup, et tète bien. Mes seins vont s’en souvenir d’ailleurs, et si je ne m’étais pas bien informée par moi-même avant la naissance, j’aurai certainement accepté le biberon qu’on m’a proposé dès le 2ème jour, vu que ma montée de lait n’est arrivée qu’au 4ème jour, mais j’ai tenu bon malgré la fatigue, malgré la douleur des tétons, malgré le stress qu’on m’a donné parce qu’il ne reprenait pas de poids assez vite selon eux. J’ai tenu bon et mon petit à regrossi, et finalement il a pris 500gr par semaine en ayant été nourri exclusivement au sein. Aujourd’hui il a 10semaines et pèse déjà plus de 7kg, ses pyjamas taille 6mois sont déjà trop justes mais c’est une autre histoire. Il est juste exceptionnel et magnifique.

# 148 Elise – Saint-Etienne – 2012

24 Fév

Bonjour,

J’aimerais vous partager mon vécu.

Je suis l’heureuse maman d’une princesse nommée Clara 8 mois ❤

Je dois dire que c’est mon premier enfant, j’étais donc perdue dans les démarches et autres examens, je ne me suis absolument pas sentie accompagnée car la sage-femme libérale que je consultais avait à mon avis perdu toute vocation pour ce métier. A tel point que j’étais stressée à l’idée d’aller faire ces échos pourtant très attendues par les mamans!

Bref, je me suis fait une raison, 9 mois assez pénibles se sont écoulés, le moment tant attendu arrive enfin! Perte des eaux! Direction la maternité, et là je dois dire que ça a été « rock n roll ».

21 h de travail, et les 8 premières heures passées seule avec mon compagnon sans visite de contrôle des sages femmes, juste le fameux monitoring branché. Au bout de ces 8h une élève sage femme vient (enfin) voir où j’en étais, je vous passe l’examen prodigué, cette sensation d’être un objet est horrible on se dit que ça sera bientôt fini.. Le dit examen passé voilà que je me fait « engueuler » parce que la dilatation n’avance pas assez vite, on me prie donc de « dégager » la place et de me rendre à pied (sans brancard) avec de jolies contractions en « pathologie de la grossesse » où je pourrai patienter sans gêner …

5 h plus tard après 13h passées à attendre avec les contractions violentes, miracle je suis assez dilatée pour descendre en salle d’accouchement me revoilà sur la route en sens inverse, cette fois-ci mon compagnon est allé louer une chaise (il a eu pitié!)

Arrivée en salle d’accouchement, délivrance la péridurale arrive! Mais là, le pire reste à venir… On m’annonce qu’en fait bébé est mal tourné alors que tout était « normal » pour la sage-femme libérale que j’avais consultée, bon à priori rien de trop grave,on m’a demandé de me positionner autrement.

Et là, ce qui m’a choquée, ce sont les nombreux produits que l’on m’a administrés sans me dire ce que c’était ni me demander mon avis et qui ont failli coûter la vie de mon bébé.

Le fameux booster de contraction (rappelons que ça fait environ 15h que j’ai des contractions violentes, ma pepette fatigue) a provoqué une hypertonie (une énorme contraction pendant 15 min qui a comprimé ma fille « mal tournée ») et là l’horreur les alarmes hurlent et 10 personnes rentrent dans la salle paniquées, on m’injecte des tas de trucs dans la perf sans rien me dire, ils ne savent pas quoi faire (majorité d’internes) et bébé souffre, enfin ils décident de me préparer pour une césarienne en urgence, j’ai donc droit à l’injection d’anesthésiant, (entre temps on demande gentiment au papa de dégager, je me retrouve seule en larme au milieu des blouses blanches) mais la miracle le rythme cardiaque remonte ( la tonne de spasfon que j’ai dans les veines agis), césarienne annulée, mais je suis anesthésiée! Plus de sensations dans les jambes jusqu’au thorax… 3h dans la peau d’une guimauve et perte de connaissance en prime… Le travail est fortement ralenti, voir arrêté.

On nous dit de patienter, avec mon compagnon nous n’avons pas quitté les monitoring des yeux.

Puis, changement d’équipe, place à celle de nuit… On me dit que c’est pour bientôt.

Mes souhaits étaient de ne pas avoir d’épisiotomie et surtout d’avoir papa à côté de moi…

23h10 on s’installe! Une poussée plus tard panique chez les sages femmes on me demande de ne plus rien faire et l’obstétricien est appelé en urgence! Là encore je suis la dernière au courant de ce qui se passe! Papa est évacué de la salle (il se sentait très bien) la gy gy arrive sort les forceps le fameux ciseau et pratique sans ménagement l’épisiotomie … Papa est alors re-rentré et a assisté in extremis à la naissance de la pepette!

Au moment ou l’on découvre son enfant toutes les souffrances s’effacent, mais malheureusement pour moi je ne l’aurais dans les bras que 1h plus tard, elles l’ont emmenée avec papa sans même me la montrer, et je dois dire que je l’ai mal vécu…

En même temps il y avait urgence pour moi je devais être transfusée si je ne voulais pas y rester…

Le post accouchement a été très douloureux du aux innombrables produits que l’on m’a injectés, depuis ce jour je souffre de migraine affreuse dont l’origine est inconnue.

Autant vous dire que cet accouchement étant le premier je ne sais pas si je retomberai enceinte, la sensation de ne plus être propriétaire de son corps de subir le dictat des médecins est angoissant.

Voilà je me suis un peu étalée mais j’avoue que je voulais partager mon expérience, si cela peut faire bouger les choses …

Élise Saint Étienne (42)

# 145 Lucille – Tunisie – 2006 – lettre de Lucille à sa mère

23 Fév

« Je t’écris à toi, parce qu’aujourd’hui je te considère comme ma meilleure amie, ma meilleure alliée, et que je sens aujourd’hui l’importance d’une mère.

Je t’écris à toi, parce que je viens d’ouvrir les yeux sur quelque chose d’horrible, d’affreux, d’inacceptable et que j’ai besoin de vider mon sac, j’ai besoin d’écrire et de me sentir écoutée sur ce sentiment. Et j’ai conscience que seule une maman peut comprendre réellement comment je me sens.

Je ne sais par où commencer…

Mon accouchement.

Je n’en ai jamais fait le deuil. J’ai toujours eu besoin d’en parler comme pour l’exorciser. Je me suis bien dit qu’il y avait un truc pas clair là-dessous. Toujours eu besoin de le revivre, inlassablement, avec un arrière-goût amer dans la gorge et les larmes au bords des yeux.

J’ai une amie (virtuelle) avec qui on en parle beaucoup. Elle m’a fait prendre conscience de toutes les violations que j’ai subies avec mon accord, avec mon propre agrément. Elle m’a fait prendre conscience (sans qu’elle le sache elle-même) que je me suis faite avoir, une parmi tant d’autre.

Et puis, il y a eu un article, sur lequel je suis tombée… Et là, ça n’a fait que confirmer mon doute, ma souillure à jamais…

J’ai besoin de mettre des mots dessus, d’extérioriser ce qui s’est passé. Tant que ça restera entre moi et ma conscience, je ne ferai pas de pas en avant, je resterai « sale ».

Je veux te raconter tout. Si tu ne veux pas lire, ne lis pas. Je ne t’oblige à rien. Mais j’ai besoin d’écrire. Et tu es la seule qui puisse recevoir de tels propos.

J’ai arrêté la pilule au mois de Juillet 2005. Au mois d’août, le 14 exactement. J’attendais mes règles et priais pour qu’elles ne viennent pas. Elles ne sont pas venues. Le 15 je savais que j’étais enceinte. Hichem et moi étions fous de joie.

On se regardait avec des petits yeux, c’était une période magique, inoubliable. J’attendais un bébé.

Mais on devait faire la confirmation de cette grossesse. J’ai quand même attendu très longtemps pour la faire. Car je savais que je n’en avais pas besoin, je savais que j’étais enceinte.

J’y suis allée en septembre. C’était surtout pour avoir la date prévue d’accouchement.

J’ai suivi les conseils d’une amie et me suis rendue avec cette amie (à cette période Hichem bossait comme un dingue) chez une gynéco qu’elle connaissait.

Je pleure quand je me rappelle cette séance.

La gynéco avait du retard. Elle me fit entrer moi et mon amie. Me serra la main froidement. Me posa des questions sans écouter mes réponses. J’étais devenue un chiffre sur une feuille de papier.
Elle me fit passer dans la salle pour l’échographie afin d’affirmer la grossesse. Malheureusement, elle n’a pas pu voir avec l’appareil… Elle me dit de me déshabiller… Je suis désemparée. Je ne m’y attendais pas du tout, dès le premier rendez vous.

J’ai horreur de ça. Et là, je venais de me rendre compte de quelque chose. La grossesse, ça voulait dire ça : montrer son vagin à droite et à gauche… Une boule me monta à la gorge en m’exécutant. Et là sans prévenir, elle m’enfonça une sonde vaginale… J’en pleure en y repensant, tellement ça m’a fait mal. Il me semble avoir pleuré un peu sur le coup, tellement je me suis sentie humiliée.

Merde! C’est mon corps!

Elle m’a juste dit « Mabrouk (félicitations), vous êtes enceinte. »

A ce moment là, je me suis dit, que ça passera pas avec elle. Que c’est pas comme ça que je veux passer ma grossesse. Après avoir daté ma grossesse. Je suis partie. Avec pleins de questions dans ma tête. Mais Mme La Gynéco était débordée de « clientes »…
de vagins, je devrais dire.

Voilà à quoi j’étais réduite sur son lit d’auscultation.

Je n’ai jamais repris contact avec elle. Et je me suis fermée aux analyses, aux prises de sang. Je n’avais qu’une envie, qu’on me foute la paix, qu’on me laisse savourer ma grossesse, qu’on laisse mon bébé et moi tranquilles, qu’ils aillent tous se faire foutre. C’est vraiment ce que je pensais à ce moment là.

Mais j’ai eu un petit soucis. J’avais mal pendant les rapports. Il fallait absolument que je consulte une autre gynéco… Avec grandes appréhensions, tu t’en doutes. J’en ai trouvé une autre, par l’intermédiaire d’une de mes très nombreuses amies médecins. Ma seconde gynéco, une femme très douce, très calme, très posée. J’ai été soulagée, dès que je l’ai vue. Elle a répondu à mes questions saugrenues. Mais une fois de plus, j’ai dû me déshabiller. Mais je m’étais préparée à ça (puisque j’avais un problème à ce niveau-là) et j’étais complétement consentante. Il fallait que je me soigne. Elle me donna un traitement. Tout rentra dans l’ordre. Elle regarda le bébé à l’écho. Elle me répétait qu’il est beau, qu’il est beau, qu’il est beau. Elle me posa des questions sur moi, sur mon rôle de femme, sur mon rôle de future mère. Je remercie cette femme. J’irai un jour lui rendre visite pour lui dire tout le bien qu’elle m’a fait. Elle ne m’a pas forcé à faire d’autre prise de sang. Même si je n’avais pas la toxo. Je lui ai dit que je ne referai pas des prise de sang tous les mois, que je ne veux pas, et que les conséquences ne regardent que moi. Elle m’a souri.

Et puis, et venu le jour de l’accouchement.

Les douleurs majestueuses de l’annonce du bébé étaient là et bien présentes. Je les attendais. Je les soutenais. Je les carressais. Je n’en avais pas peur, et m’étonnais moi-même. Mon erreur? L’impatience… Je suis partie trop tôt à l’hôpital. J’aurai dû attendre la dernière minute.

Avec mon impatience légendaire, je me suis piégée moi-même. Je me suis créée moi-même mon enfer…

Mais je ne pouvais pas savoir.

Déjà, la réticence au départ, d’aller à l’hôpital. Mais faute de moyens… je me disais (et là aussi, grande erreur de ma part) : « c’est l’histoire d’un jour ou deux, après ça sera du passé ».

Pourtant je sais assez bien, que le passé ne s’efface jamais!

Je me répétais : « beaucoup de femmes accouchent à l’hôpital, ça s’oublie, ça ne sera qu’un mauvais moment à passer ».

J’ai les larmes aux yeux en écrivant ça.

Pourquoi l’accouchement devrait être un « mauvais moment à passer ». Non, non, j’étais sur la mauvaise voie!
L’accouchement est un moment unique, magnifique, magique, féérique. Il ne devrait jamais être vu comme un « mauvais moment à passer ». NOOOOOOOOOOOOOOOOOON!  Aujourd’hui, je me bats contre cette idée, quand on me dit ça.

Non!

Profitez de votre grossesse, et surtout profitez de votre accouchement.

Accoucher ne fait pas mal!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Je me dirigeais vers l’hôpital avec Hichem qui souriait à moitié, qui était inquiet à moitié. Et là, le verdict tombe, « votre mari ne peut pas vous accompagner ». Je crie, je hurle, je me débats… « Non, ne me laissez pas toute seule, il est la seule personne ici que j’aie!! » Hichem a les yeux mouillés. Je le vois bien. Mais je le connais, il ne pleurera que quand il sera monté dans le taxi. Je passe seule les examens. Et c’est là que le vrai cauchemar commence.

Je pleure, maintenant en écrivant tout ça, mais je dois continuer, ça doit sortir une fois pour toute! Plus jamais je ne me laisserai faire, je me le promets, je le promets à Hichem, je te le promets. Qu’ils essayent de recommencer, juste qu’ils essayent, et ils verront!!!!!!!!!!!!!!!!

Aujourd’hui, j’ai la volonté de me battre, de faire quelque chose contre tout ça, d’aider les nouvelles mamans à pas se faire avoir. Je veux créer un truc, j’en sais rien quoi, un site d’information? Une association pourquoi pas… Mais ne pas me taire!

Je passe donc chez la sage-femme, qui me touche, me mesure l’ouverture, m’annonce que mon col est fermé. Et m’envoie chez l’obstétricienne. Je pleure. Elle me rassure quand même un peu, en me disant que c’est pour bientôt. Mais elle ne sent aucune contraction. Moi non plus d’ailleurs. Elles ont stoppé net quand je suis arrivée à l’hopital.

Hier, j’ai appris que le travail peut s’arrêter avec le stress et l’appréhension…

Je n’ai pas voulu aller chez l’obstétricienne.

J’y suis quand même allée.

Elle m’a allongée sur sa table, fait une écho, et m’a enfoncé ses doigts, m’a fait saigner, crier, pleurer. Et m’a dit que si, si, mon col est ouvert à 2cm. J’ai juste eu le temps de me rhabiller avant qu’un assistant entre dans la pièce où j’étais. J’étais en colère, en larme! Où est mon intimité???????????????????????????!!!!!!!!!!!!!!!!

J’ai compris, hier toujours, que c’est cette femme qui m’a ouvert le col. Mais pour quelle raison?

Je la hais, depuis hier. Je la déteste! Si je la revois, je ne me retiendrai pas pour lui dire ce que je pense d’elle!!!!!!!!!

On m’a fait patienter de 11h à 15h sur une table d’accouchement, les pieds dans les étriers. Je n’ai aucune contraction. Je pleure.

Une sage femme, très gentille, celle-là, je dois l’avouer. Me caresse les cheveux, m’appelle « benti » (ma fille), caresse mon ventre, me rassure… J’accoucherai dans la nuit, me dit-elle. Je la crois, car ça me fait du bien. En attendant, je suis dans une sacrée position, les pieds dans les étriers, à demi nue, avec un drap posé sur le bas de mon corps.

Une autre sage femme, que je ne supportais pas, rentrait régulièrement, fourrait ses doigts dans mon vagin, et repartait.
Je hurlais de douleur à chaque fois. Je ne comprenais pas pourquoi cela faisait si mal.

Toujours hier, j’ai compris qu’en fait, elle ouvrait un peu plus.

Aujourd’hui je suis révoltée. Mais à ce moment là, je me disais simplement « ça fait mal, mais elles savent ce qu’elles font. »

Aujourd’hui, je ne les crois plus, tous des menteurs!

Je croyais que la douleur était normale. Je remercie beaucoup Amélie (cette amie virtuelle dont je te parlais tout à l’heure) de m’avoir fait ouvrir les yeux!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Je ne connaissais rien, du tout! Quelle imbécile je suis.

A chaque fois que cette sage-femme revenait dans ma chambre, tout mon corps se crispait, se tendait, je reculais pour ne pas qu’elle me touche… c’était instinctivement… car je n’en pouvais plus de cette douleur gratuite!

Le personnel des hôpitaux se disent que puisqu’on accouche, on souffre. Alors un peu plus ou un peu moins, hein… Qu’est ce que ça peut faire? Une fois de plus, nous ne sommes que des vagins qui mettront au monde un bébé. Rien de plus. Un dossier médical. Un numéro sur un dossier médical. ça s’arrête là.

Après plusieurs heures intenable dans cette chambre de torture, elles décident enfin de me mettre dans une chambre normale, avec un lit. Elles me laissent là, en me « menaçant » : « Si tu n’accouches pas cette nuit, on fera une césarienne demain matin. Bonne nuit. »

Là, quand même, ma rebellion naturelle se réveille… Après avoir été complétement sonnée par ce que je viens d’entendre, je réfléchis dans tous les sens. Essaye de téléphoner, de chercher du soutien en dehors de ces murs froids, glacials…

Une césarienne. Mais pourquoi? Mais pourquoi ils ne déclenchent pas l’accouchement?

Mais c’est complétement stupide! Insensé, idiot. On diagnostique une césarienne, comme ça, hop, parce que voilà, l’hôpital fait que je n’ai pas de contraction…

Mon esprit rebelle revient en charge : « non, tu n’auras pas de césarienne. Ton bébé se présente bien, ton bassin n’est pas étroit. Non, tu n’auras pas de césarienne. Tu as prévu d’accoucher par voie basse, et tu accoucheras par voie basse et une fois de plus, envoie les toutes se faire foutre. » J’acquiesce à ma conscience. Et je me mets à pleurer, hurler de rage, je deviens comme une folle attachée à cette perfusion de glucose.

« LAISSEZ MOI RENTRER CHEZ MOI », j’avais envie de les insulter, de les gifler, j’en pouvais plus, nerveusement.

Heureusment, y avait une équipe de sage femme « étudiantes ». Elles avaient mon âge à peu près. Elles n’ont pas d’expérience et sont donc douces, et respectueuses. Une d’elle a tenté de me calmer. Mais j’en pouvais plus, je lui disais « S’il te plait, détache moi (je parlais de la perf’, mais je me rends compte que ça veut tout dire), j’ai besoin de mon mari, j’ai besoin d’être dans ma maison. Je ne vais pas accoucher toute suite. je reviendrai quand j’accoucherai. »

Elle se sentait impuissante, me regardait, et je sentais qu’elle allait se mettre à pleurer aussi. Je devais avoir l’air d’une folle. Elle m’a dit « je n’ai aucun pouvoir, je vais en parler à la sage femme ». « Non, je lui répondis, ça ne sert à rien. Elle ne fera rien… … … Et pourquoi vous me faites pas un déclenchement? »
J’ai vu comme un éclair de joie dans ses yeux… Comme si j’avais trouvé la solution. Mais bon, elle est censée avoir fait des études pour être sage femme… Elle aurait pu y penser un peu plus tôt. Mais je lui pardonne.
Elle file en quatrième vitesse voir la sage femme générale. Celle ci revient, mon corps se recontracte. Rien que sa vue me répulse. Elle me dit que c’est pas possible, qu’il est maintenant 23h30, et qu’ils ne le font que dans la journée, parce que s’il y a un problème qui est lié, les médecins sont là.

Je hurle: »J’M’EN FOUS, VOUS M’ENTENDEZ??? J’EN AI RIEN A FOUTRE!!!!!!!! » Je tente d’arracher la perf’, et là la sage-femme et l’étudiante disent des choses que je n’ai pas eu le temps de comprendre en arabe tellement j’étais hystérique, elles me soulèvent et m’emportent pendant que je me débats en salle de travail.

Comme pour se venger, la sage-femme me refait un toucher vaginal hyper douloureux, et m’installe une perf’ d’ocytocine.

Les contractions arrivent et je souris. Enfin, ça y est, je le sens ce bébé qui descend.

Bien sûr que les contractions sont douloureuses. Mais elles le sont moins que ses touchers vaginaux. A chaque fois qu’elle rentre dans la chambre, je gémis. « non, pas maintenant » « non pas maintenant ». Elle revient dix fois, vingt fois. Je ne sais pas combien… C’est le cauchemard.

Je reste avec cette étudiante, je lui demande de fermer la porte à clé. Elle panique. Je lui dis que je peux plus la voir l’autre…

Les contractions sont là, douloureuses et magnifiques. Je mords dans le matelas, et je ferme les yeux, je vois mon bébé qui descend. Je le caresse. Je m’endors entre deux contractions. Le douleur remonte, revient, je l’attends à présent, je l’ai apprivoisé, je gémis un peu, je crie un peu, ça fait du bien.

Elle revient, la sage femme. Elle remet ses doigts. Je pleure à nouveau « non, non non non » et je repense « mais pourquoi on me laisse pas tranquille? Il sortira de toutes façons, qu’elle mette ses doigts n’y change rien! »

J’avais l’impression que ce n’était plus mon corps. Juste un truc posé sur la table palpé, touché, retourné, observé…
Verdict « col bloqué à 7 depuis trop longtemps »

Elle m’appuie sur le ventre, je hurle de douleur. « NOOOON »

Je lui lance un regard de feu. Je sais qu’elle ne recommencera pas avec moi. Elle me dit pour se justifier : « Il faut que le bébé descende sinon il va mourir »

Et sur le coup je devrai la remercier, je la comprenais, hein.

Mais tout ça, c’est du pipeau, c’est pas vrai, aujourd’hui je m’en rends compte. C’est simplement pour les voir en SUPERHEROS.

Tu connais la suite. Elle voit la tête, ouverture à 7cms, l’épisio faite à la lame de rasoir sans anesthésie, sans contraction. Je hurle de douleur. Pas à cause de l’accouchement. Je n’ai d’ailleurs rien senti par la tête qui passe, tellement l’épisio m’a fait mal. J’ai été plus que choquée de l’épisio. Je peux te dire que je me suis renseignée, tard, certes, sur cette mutilation inutile…et que je suis blindée pour le prochain!

Après, j’ai eu mon bébé, deux secondes et demi, elles l’ont pris (c’était mon étudiante chérie qui s’en est occupé). Me l’ont ramené tout beau, et me l’ont mis au sein. Il n’a pas tété beaucoup et une autre sage femme me l’a enlevé et me l’a posé à au moins dix mètres de moi. Je pleure. « Rendez moi mon bébé, rendez le moi! »

Il reste la délivrance. Quel nom, je te jure!! La sage-femme me fouille encore un peu plus à l’intérieur. J’ai mal, j’ai mal, j’ai mal.

C’est ça, les douleurs de l’accouchement. Leur mic-mac qu’ils nous font à l’intérieur, alors que pour extraire le placenta, y a des méthodes plus douces. Mais là encore, je n’étais pas assez renseignée.

Trois heures après, on me recoud l’épisio. Première anesthésie ne fonctionne pas, l’infirmière pique et je hurle de douleur, et d’appréhension. Et j’en ai marre de montrer mon sexe à toutes les sages femmes présentent à l’hôpital. Je me sens dépossédée. Mise à nue, c’est le cas de le dire. Moi qui suis tellement pudique.

Deuxième anesthésie qui marche un peu mieux que la première mais me laisse sentir le fil qui passe, et me dégoûte. Me donne envie de vomir.

Je m’évanouis complètement. Heureusement soutenue par une amie qui bosse à l’hosto et qui a réussi à venir me voir., c’est elle qui m’habille, me pose sur la chaise roulante. J’enveloppe mon bébé, mon trésor. On me sort de la chambre de torture pour m’amener au dortoir.

Et là, une illumination. Hichem est là, près de la porte, mon ange, mon bébé, mon amour. Il est là, il pleure, il rit. Il monte avec moi. Il n’a pas le droit, mais le gardien ne dit rien. Je suis française, et on me laisse tous les droits.

Je rentre dans le dortoir. Plusieurs lits alignés. Combien? Sept? Huit, peut-être. Presque tous occupés. C’est quoi cette horreur?

Combien de bébé vont pleurer cette nuit, comment je vais me reposer. Je n’ai rien dormi depuis plus de 24h. Je pleure. Hichem me prend dans ses bras. J’explose. L’infirmière m’engueule. Je devrais être heureuse avec mon bébé. Les gens comprennent rien. Je m’allonge. Le berceau pour le bébé m’a l’air sale. Je garde mon bébé avec moi. Tout le monde me dit de le poser dans le berceau, mais je les emmerde tous!

Effectivement, les lits se remplissent les uns après les autres.

Le lendemain vint la pire humiliation de tout mon séjour.

Une infirmière passe pour voir l’état de l’épisio. On reste là, sur nos lits à la vue de toutes! De toutes les mamans. Et même des médecins qui passent par là!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Et que je te tripote par ci, par là… T’as mal?… non, c’est l’appréhension d’avoir mal. Je pleure. Je ne veux pas me déshabiller devant tout le monde. Et là elle m’enfonce ces doigts, me fait je sais pas quoi. Je pleure encore. J’en peux plus. J’en ai marre.

Voilà…
Voilà, ce que j’ai subi à l’hôpital.

Ce sont des gestes banals, des gestes pratiqués partout. Tunisie ou pas Tunisie. Des gestes que chaque femme reçoit à chaque fois, avec une étrange banalité. Et pourtant, ce n’est pas normal.

Je me demandais pourquoi je n’ai pas pu faire le deuil de mon accouchement. Pourquoi malgré que c’est quelque chose de magique je l’ai mal vécu. Pourquoi quand je le raconte, je n’arrive pas à mettre des mots dessus. Parce que les mots étaient trop crus, trop durs.

Maintenant je l’ai fait. Pour la première fois. Et sûrement pas la dernière. Maintenant, je vais informer les femmes enceintes.

Ce sont des violences physiques, innacceptables! On ne doit pas accepter de se faire violer publiquement et avec notre consentement. Nous ne sommes pas que des vagins. L’accouchement n’est pas qu’un « mauvais moment à passer ». NON!

Nous devons nous réapproprier nos accouchements, nos naissances. ELLES NOUS APPARTIENNENT!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
C’EST NOTRE CORPS!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
PERSONNE N’A AUCUN DROIT DESSUS!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
J’ai pris conscience de ça, et de l’avoir mis par écrit, c’était long mais ça m’a fait du bien.
Je pense finalement, après l’avoir écrit, en envoyer une copie à Amélie, et a publié une copie dans un forum très bien. Parce que ce n’est qu’avec l’expérience et les erreurs qu’on avance.

Je n’accoucherai plus à l’hôpital. Il en est hors de question. Je ne serai plus jamais victime et coupable de mon propre crime. Celui de suivre aveuglement la médecine et de les remercier de mon propre viol.

Cela est surement un peu dur à lire, maman, excuse-moi. Mais j’avais vraiment, énormément besoin que tu le saches.
Pardonne moi, maman.
Je t’aime à l’infini.
Ta fille, Lucille. »

[ndr: ce récit est un copier-coller autorisé par Lucille de ce site: http://naturellemman.forumfamille.com/t163-mon-accouchement-besoin-de-faire-le-deuil]

#17 Deena – 2010 – Ottignies

29 Jan

Tout a commencé lors d’un simple monitoring de routine un vendredi après-midi, j’étais enceinte de 39 SA. Pendant le monitoring, la sage-femme vient me dire que j’ai trop de protéines dans les urines, mais elle ne m’explique pas ce que cela signifie et s’en va.
Après le monitoring, je vais chez mon gynécologue, qui lui commence à me poser un tas de questions: si je vois des étoiles devant les yeux, si mes pieds/jambes/mains sont gonflé(e)s depuis longtemps, … Il m’explique qu’il y à trop de protéines dans mes urines, mais que cela pourrait avoir plusieurs explications, donc je dois aller faire des examens supplémentaires.
Après une prise de sang, un test d’urines et un monitoring supplémentaire, le gynécologue m’annonce que j’ai une pré éclampsie et il m’explique ce que cela signifie.

Pendant ce temps, je remarque sur le monitoring que j’ai des contractions toutes les 10 minutes et je lui demande si la pré éclampsie pourrait déclencher le travail naturellement, ce qu’il confirme.
A partir de ce moment on me place dans une chambre à la maternité et on m’annonce qu’on déclenchera l’accouchement le matin suivant. Comme c’est le week-end, mon gynécologue me présente la l’obstétricienne de garde et me dit rapidement qu’il y aura une possibilité que l’accouchement finira par une césarienne.
Le matin suivant (je n’ai quasi pas dormi), j’ai des contractions toutes les 6 minutes et 2 cm d’ouverture, mais on décide quand même de m’injecter de l’ocytocine pour faire avancer le travail vu que le bébé doit sortir dans les 24 heures. On me fait immédiatement une péridurale parce que « les contractions seront insupportables à cause de l’ocytocine » et parce que « cela nous évitera de perdre du temps s’il faut pratiquer une césarienne en urgence ». C’est vraiment très rassurant ce que me disent ces gens… Lorsque l’on m’injecte l’ocytocine, on m’injecte aussi les antibiotiques pour le streptocoque contre lequel je n’étais pas immunisée et à partir de ce moment-là j’ai vomi pendant tout le travail et jusqu’à 2 jours après la naissance.

En effet, l’ocytocine fait bien son travail et les contractions deviennent de plus en plus insupportables, sauf que la péridurale ne suit pas et endort complètement mes jambes et pas mon ventre. Pendant tout le travail je suis accrochée à la machine de monitoring et à un tensiomètre qui se met en route toutes les 10 minutes. Je ne sais pas bouger, donc au revoir les exercices que j’ai appris pendant ces agréables séances d’haptonomie. Je reste constamment couchée sur le dos ou le côté.
Durant l’après-midi, une sage-femme vient rompre les eaux artificiellement pour faire avancer le travail.
Vers 20h, l’ouverture du col coince depuis 3 heures à 7cm et la tête du bébé présente une bosse et on estime qu’il ne passera pas.

A ce moment-là, la douleur a complètement pris l’emprise de mon corps et de mon esprit et je suis tellement dans un état second que je me laisse faire et je m’enfou de ce qui se passe, du moment qu’on me sorte ce bébé et que je ne souffre plus.

La gynécologue décide de faire une césarienne en urgence et lorsque j’apprends que mon compagnon ne peut y assister, je panique complètement. Il avait été d’un grand soutien pendant tout le travail et je m’imaginais mal vivre la naissance de notre premier enfant sans lui.

Les sages-femmes m’emmènent jusque dans une salle à côté du bloc opératoire et heureusement mon compagnon peut rester avec moi le temps d’entrer en salle d’opération.
Arrivée sur la table d’opération, on m’attache les deux bras. Cela prend une demi-heure avant que la péridurale prenne vraiment au niveau du ventre et on place un écran devant mon visage de sorte à ce que je ne vois rien de l’opération. La gyné explique un petit peu ce qu’elle fait pendant l’opération. On doit pousser sur mon ventre pour faire sortir le bébé parce qu’il est trop coincé dans mes intestins, une sensation des moins agréables. On me dit que mon fils est sorti de mon ventre, mais ils l’emmènent immédiatement faire les premiers soins. Je l’entends pleurer au loin, ce qui me rassure, mais je pourrais le voir que 10 minutes après.
Vu que mes deux bras sont attachés, je ne peux même pas le toucher. La sage-femme plaque sa joue contre la mienne, mais je suis tellement déçue par cette césarienne et son déroulement qu’après une minute je l’ordonne de l’amener chez son père faire le peau à peau vu que je ne peux rien faire pour lui. Elle avait l’air très étonnée de ma réaction, mais a respectée mon choix.
Après m’avoir « recousue », je suis encore restée 1h30 dans la salle d’éveil en observation. Je me sentais bien et j’ai demandée plusieurs fois de monter dans ma chambre parce que je ratais les premiers instants avec mon fils, j’étais pratiquement sûr qu’il serait déjà endormi lorsque j’arriverais dans ma chambre, mais ma demande à été ignorée à chaque fois. J’ai donc été séparée de mon fils pendant 2 heures.

Arrivée dans ma chambre, j’ai brièvement pu le mettre au sein, mais il était quasiment endormi.
En plus de la pré éclampsie et la césarienne, j’ai fait de l’anémie et étais très faible. Je suis restée 7 jours en total à la maternité.

Au niveau de l’allaitement, cela a été très difficile. La montée de lait s’est fait attendre et les avis différents des sages-femmes, infirmières, etc… ne m’ont pas aidée. Entre l’une qui me donne une téterelle parce que mon fils a soi-disant un menton trop renfoncé et l’autre qui me sermonne parce que je l’utilise, pas toujours facile de savoir qui il faut croire…

Au 5ième jour, mon compagnon et moi-même décidons de passer au biberon de LA, je suis épuisée, mon fils hurle de faim et la montée de lait ne s’est toujours pas manifestée.  Après avoir fait part de cette nouvelle à l’équipe, une infirmière entre dans ma chambre et me dit que le lait maternel est ce qu’il y à de meilleur pour mon enfant et qu’elle même ayant fait une prééclampsie pour des jumeaux à 36 SA a persévérée et qu’elle les a allaités 6 mois, ELLE. J’ai fondu en larmes, elle croyait vraiment que j’avais pris cette décision à la légère? Mon homme l’a ordonnée de sortir de ma chambre. Pour finir, je n’ai jamais eu de montée de lait, chose assez rare, mais pas exceptionnel dans mon cas selon le gynécologue…

Cette césarienne m’a laissée des séquelles psychologiques assez profondes. Jusqu’à aujourd’hui, je ne sais pas parler de la naissance de mon fils sans que les larmes me viennent aux yeux.
J’ai beaucoup souffert du fait que je n’ai pas vu mon fils « sortir » de moi, j’ai eu beaucoup de mal à établir un lien avec lui alors que son père n’avait aucune difficulté d’adaptation. Vu mon état après l’accouchement, il a été un peu « forcé » de s’occuper de notre fils jour et nuit le temps que je récupère. La césarienne et le fait que je n’ai pas pu l’allaiter ont fait que je sombrais de plus en plus, sans parler du fait que je ne savais même pas m’occuper de lui (le changer, lui donner son bain, le porter plus de 5 minutes, etc…) en rentrant à la maison. Une sage-femme à la maternité a remarquée que je faisais plus qu’un baby blues et a discrètement fait appel à une psychologue périnatale qui m’a un peu aidée à surmonter cette épreuve.

Par la suite, le gynécologue m’a conseillée de faire une pelvimétrie. Il s’est avéré que la sortie de mon bassin est un peu trop juste. Je suis assez fine et mon fils pesait 3kg780 pour 53cm à la naissance, sans parler de son tour de tête de 37cm. On m’a fait croire qu’il ne serait jamais passé, mais je n’en suis toujours pas convaincue…