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#334 – Le récit d’Abigaïl, Bretagne 2006

2 Fév

Ma plus grande fille est née il y a 8 ans en Bretagne (France). J’avais 33 ans. Mon récit pourra paraître très banal : à part quelques gestes isolés, il n’y a eu ni maltraitance ni violence manifestes, rien qu’un suivi et une naissance ultra médicalisés, comme en connaissent des milliers de femmes aujourd’hui en France… alors que mon bébé et moi-même étions en parfaite santé.

En fait j’ai mis de nombreux mois avant de reconnaître que j’avais été profondément minée par cette expérience. La césarienne (programmée par l’obstétricien pour cause de présentation du bébé par le siège, donc sans travail) m’apparaît comme l’aboutissement d’un processus subtil de dépossession et de déshumanisation. S’est installé sournoisement, à partir de mes premières visites chez le médecin, le sentiment que mon ventre ne m’appartenait plus, que mes questions et mes attentes n’avaient pas lieu d’être exprimés, que mon futur bébé courait potentiellement de graves dangers, bref que j’étais incompétente.

Pourtant sans être très informée, je m’intéressais à une approche respectueuse de la physiologie et du ressenti de la mère. J’avais choisi la maternité en conséquence. J’avais également choisi un médecin généraliste (que je connaissais depuis peu mais en qui j’avais confiance) pour le suivi des premiers mois, pensant qu’un médecin de famille serait moins interventionniste. C’était compter sans la suffisance et la malhonnêteté (sous des dehors foncièrement sympathiques) des professionnels qui m’ont « accompagnée », banalisant systématiquement les interventions « proposées » et taisant leurs conséquences les plus problématiques. Plus grave encore, à aucun moment, et sans qu’on puisse invoquer la raison de l’urgence, ces professionnels ne m’ont placée en position de faire des choix et de décider ce qui était préférable pour moi-même et pour mon bébé.
Le médecin était gentil mais focalisé, durant les 15 minutes que duraient les visites, sur la liste des examens à pratiquer, présentés comme incontournables, de routine. Que certains de ces examens soient pour moi source d’inconfort ou de stress inutile n’était pas intégré dans l’équation. La sage-femme qui animait les séances de préparation à l’accouchement était drôle et chaleureuse, dédramatisant beaucoup. J’ai apprécié les rencontres, qui atténuaient un peu mon anxiété croissante, même s’il y avait finalement peu de place pour la discussion. Je n’ai réalisé que plus tard à quel point le contenu des explications qui nous étaient « livrées » était pauvre : une seule séance consacrée à l’accouchement lui-même, et encore a-t-on eu plutôt un exposé (sans aucune distance critique) des protocoles hospitaliers.
À partir du 8e mois, le suivi de ma grossesse a été assuré par un jeune gynécologue-obstétricien de la maternité. Le bébé ayant adopté une position en siège, une version m’a été suggérée, suite à quoi, si le bébé ne bougeait pas et que la radiographie de mon bassin présentait une situation « défavorable », ce serait la césarienne, 2 à 3 semaines avant la date prévue d’accouchement. C’était là l’enchaînement programmé par le médecin, qui n’a mentionné aucune alternative, ni exposé les risques d’une intervention chirurgicale au regard d’un accouchement par voie basse. Je n’ai pas souvenir d’avoir été invitée à donner mon avis. À vrai dire, je n’osais même pas envisager un scénario si contraire à mes attentes. Tout ça me semblait très abstrait.
J’ai soumis la question de la version à la sage-femme, et c’est forte de ses propos rassurants que je me suis présentée au rendez-vous, seule et sans trop d’appréhension, d’autant que le médecin m’avait assuré qu’il « ne s’acharnerait pas ». 4 heures d’attente, à jeun, avant qu’une salle se libère, trois tentatives de version, certes courtes mais très douloureuses, échec, attente pendant 1/2 heure sur le dos (la position la plus pénible qui soit en fin de grossesse) et sanglée pour enregistrer le cœur du bébé et les contractions, au cas où… Je suffoquais, j’étais en colère, j’avais peur qu’on ait fait du mal à mon bébé. Ma confiance était sérieusement entamée, mais à partir de là, tout est allé très vite. Suite à l’examen radio, le médecin m’a annoncé qu’il procéderait à une césarienne : la gorge nouée, j’ai été incapable de poser une seule question. Je me suis sentie seule, piégée. Le cours des événements m’échappait.
J’ai ravalé ma déception, dans mon entourage les gens ont accueilli la nouvelle comme une banalité (au moins je n’aurais pas à endurer les douleurs de l’accouchement !). Je me suis présentée à la maternité le jour J pleine de courage et concentrée sur mon bébé à naître.
Je passe sur les affres d’une intervention chirurgicale majeure (avec tout de même la chance d’avoir eu mon conjoint près de moi et le bébé contre mon sein dès la salle d’opération et dans la salle de réveil) et d’un séjour prolongé à l’hôpital, la douleur physique intense et mal prise en charge, l’épuisement, le manque d’intimité, l’incompétence du personnel (dans un hôpital pourtant labellisé « ami des bébés ») pour m’accompagner dans la mise en route de l’allaitement. L’étendue des dégâts psychologiques (et sans doute physiques, même si on ne saura jamais dans quelle mesure la 1ère césarienne a déterminé la 2e, celle-ci décidée « en urgence ») causés par cette expérience ne m’est véritablement apparue que lors de ma grossesse suivante : profonde culpabilité (de ne pas avoir su réagir, protester, réclamer des explications…), stress et angoisse latents (malgré un suivi personnalisé à 1000 lieues de ce que j’avais connu la 1ère fois), peur phobique de l’hôpital, choc post-traumatique suite à une nouvelle césarienne qui a ravivé de manière dramatique les sentiments négatifs liés à mon « non-accouchement ».
Résonne en moi cette phrase terrible de la sage-femme qui m’avait « préparée » à mon premier accouchement, phrase dont je n’ai mesuré toute la portée que bien plus tard : « Si finalement vous subissez une césarienne, ne venez pas me dire après qu’on vous a volé votre accouchement. L’important, c’est que votre bébé soit en bonne santé. » J’ai deux petites filles magnifiques et en parfaite santé, je savoure ce bonheur chaque jour. Ma tristesse et ma blessure n’en sont pas moins profondes, et personne ne pourra me faire taire à ce sujet.

La naissance de ma grande fille est une naissance sans drame, sans transfert, sans contractions « à l’envers », sans peur de la déchirure (éléments qui ont conduit à ma 2e césarienne). C’est une naissance parfaitement maîtrisée et contrôlée… par l’institution médicale, une naissance dont j’ai été absente, physiquement (pas de travail, pas de sensations, bébé non pas conduit et expulsé par mon corps mais « extrait » par des mains étrangères) et symboliquement (drap tendu entre mon visage et mon ventre, aucune parole de la part des médecins qui opéraient – entre eux ils se sont répandus en bavardages…).
Je ne sais pas si j’ai bien rendu compte de l’intimidation (nourrie et acceptée socialement) que j’ai subie tout au long de ma grossesse jusqu’à la naissance. Pour avoir malheureusement vécu une agression sexuelle lorsque j’étais plus jeune, je peux sans hésitation faire le parallèle : j’ai laissé un tiers porter atteinte à mon intégrité physique et morale sous la menace, implicite ou explicite, de la mort de mon bébé. Un médecin (et ses acolytes), armé de son savoir, m’a privée de parole (cette parole que l’on dénie si ingénument aux femmes en leur assénant « l’important c’est que ton bébé aille bien! ») ; il a contourné mon consentement (obtenir le consentement « éclairé » du patient est pourtant obligatoire avant toute intervention médicale) et fait abstraction de mon désir et de ma capacité de décision.
Je peux le dire aujourd’hui : à travers cette naissance, j’ai subi un viol. J’ai été réduite à rien ou presque, un utérus sur pattes que l’on peut ausculter, triturer, charcuter à sa guise. Pourtant ce ventre a été parfaitement compétent pour porter et nourrir deux petites filles… en étroite relation avec mon cœur et ma tête. La violence (délibérée ou non, et à des degrés divers) est-elle un passage obligé pour devenir mère ? L’intervention médicale garantit-elle de meilleures conditions de naissance ? Les nombreux témoignages ici démontrent que non.
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Séverine, naissance de Samuel et Noah, Août 2012, en Seine et Marne

6 Juin

2012-08-13 17.32.50J’apprends lors de mon premier rendez-vous pour mon suivi de grossesse que j’attends des jumeaux ! Je suis émue, heureuse… et fière aussi !
Je connaîs bien mon gynéco, il m’a suivie pour mes grossesses précédentes (deux), c’est le chef de service, il exerce à l’hôpital, comme ça mon suivi se fait dans la mater ou j’accoucherai à 20km de chez moi. Il me dirige toutefois vers sa collègue, plus habituée aux « gémellaires et aussi plus disponible pour un suivi qui se doit d’être plus important que pour une grossesse simple. J’aurais donc droit à chacune de mes consultations à une échographie.
Ma grossesse se passe plutôt bien, mis à part l’inquiétude qu’une grossesse gémellaire peut apporter, la peur d’accoucher beaucoup trop tôt, de perdre un bébé, qu’il y en ait un des deux qui grossisse moins bien que l’autre…etc, et mis à part bien sure les douleurs et petits « bobos » habituels. J’ai quand même de très forte douleurs ligamentaires. A 6 mois, je suis aussi grosse qu’une singleton à terme. Mais ma gynéco est extra, elle me donne confiance, me dit de « m’écouter ». Le suivi est super ! Contrairement à mes grossesses précédentes pendant lesquelles j’ai du être hospitalisée car mon col s’ouvrait dès 4/5 mois de grossesse, là mon col tiens bon ! Je suis peut-être moins stressée, quoique.. !? Plus mûres aussi (j’ai 33 ans, j’en avait 20 et 21 pour mes filles), plus sereine, plus à l’écoute de mon corps.
A mon rendez-vous des 7 mois mon col est ouvert à 1 cm, je m’y attendais car j’avais eu plus de contractions ces derniers temps, mais je suis rassurée: à presque 32 SA mes bébés sont « viables » ! On ne vit pas une grossesse gémellaire comme une grossesse « simple », chaque semaine est une victoire ! On m’hospitalise 2 jours pour une cure de célestène, pour activer la maturation des poumons au cas où… Je m’y attendais, j’avais même préparer une petite valise ! Quand je sors de l’hôpital je termine les derniers petits achats pour les bébés, il vaut mieux se tenir prêts ! J’aimerai tenir encore 2 semaines…
Quelques jours plus tard, mon mari part travailler et peu après son départ j’ai comme une fuite urinaire, je vais au toilette et quelques minutes après, encore une ! Là je me dit que non, c’est un peu plus que ça ! La poche doit être fissurée, j’appelle mon mari pour qu’il revienne me chercher et on pars à la mater. Je n’ai pas plus de contractions que d’habitude, je me dit que peut-être on va m’hospitaliser pour essayer de faire tenir quelques jours de plus car je suis à 32 SA + 4 jours.
Arrivés aux urgences mater, on me confirme que je perds bien les eaux, on me fait un long monitoring, une échographie , perf… Le gynéco de garde veut me faire la cure de céléstène, je lui indique que je l’ai déjà eue ! (a-t-il lu mon dossier???) Sur le monito, les contractions sont quand mêmes régulières, mais pas douloureuses. Comme c’est une maternité de niveau II, il manque une semaine et demie pour que j’accouche ici, d’ailleurs on ne me dit pas que je vais accoucher, on me dit que je vais être transféré dans une mater de niveau supérieur, par chance il y a une place à moins de 50 km de chez moi ! On m’explique que peut-être on va pouvoir me faire tenir un peu plus ; 24h peut-être…
Je pars donc avec une ambulance du SAMU. Mon mari me rejoindra en voiture. Une équipe sympa, l’ambulancier met sa main sur mon ventre pendant les contractions, sa femme est enceinte, en fin de grossesse. Les contractions s’intensifient avec le trajet (ça remue une ambulance du SAMU!), elles deviennent douloureuses, et plus fréquentes, environ toutes les 5minutes.
Arrivés sur place, on ne me met pas en salle de naissance directement, mais dans une salle d’examen, on contrôle mon col, il est à 4cm, on ne pourra pas arrêter les contractions (sans blague?!). On me met en salle de naissance, me monitor, mon mari arrive, on nous laisse seuls, nous expliquant qu’on est quand même surveillés via le monitoring… Je suis sous anticoagulant depuis le début de ma grossesse, aussi on me dit que ça risque d’être limite niveau temps pour la péri car il faut un certain laps de temps entre la dernière injection et la péri (je ne sait plus combien…) , mais on appelle quand même l’anesthésiste. Moi je m’en fiche je n’en veut pas de la péri ! Les contractions sont maintenant bien douloureuses et très rapprochées, tout va si vite ! Je sers fort la main de mon mari à chaque contraction, j’essaie de souffler, de gérer la douleur . Je dit à mon mari que je sent que ça pousse, il appelle la sage-femme, elle me refait un TV, je suis à complète dilatation, je suis arrivée il y a une heure environ ! Une échographe arrive, mon mari la préviens qu’elle n’aura sans doute pas le temps elle fait vite, très vite (les bébés n’ont pas changés de place : J1 en céphalique, J2 en siège latéral.) Je dit à mon mari qu’il faut quand même se décider pour le prénom du 2ème car on ne s’était toujours pas mis d’accord ! La sage-femme appelle son équipe RAPIDEMENT ! Tout le monde arrive dans la salle de naissance : en plus de l’échographe et de la sage femme déjà là, une autre sage femme, deux puéricultrices, deux obstétriciens, deux infirmières, l’anesthésiste…12 personnes au total !
L’anesthésiste me met sous un masque avec du protoxyde d’azote. On me dit de pousser, mais il y a tant de monde et tout va tellement vite que je suis un peu « déconnectée », mon mari me le répète, là je capte ! Je pousse fort, une fois, Samuel est là ! On me le tend pour un petit bisous bisou, puis on doit l’emmener. Même après J2 n’est toujours pas dans le bon sens, on doit me faire « une version interne » , sans péri, je le sens passé, c’est vraiment pas agréable ! En plus c’est l’élève obstétricienne qui essaie en premier, et… n’y arrive pas, alors le gynéco en chef recommence ! Lui me fait vraiment mal ! Mais ça y est, bébé est dans le bon sens, je peu pousser, une fois, deux fois, et Noah est là ! Oh c’est magique! Lui aussi un petit bisous et il pars ! Je suis heureuse, les larmes aux yeux. Mon mari pars voir les petits, il reviens avec les puéricultrices et nos deux bébés dans une couveuse ! Ils me les ont emmenés que je les vois avant de les emmenés en néo-nat. Ils sont plus gros que ce que j’avais imaginé vu le terme : 1kg7 et 1kg9 ! Ils respirent seuls ! De vrais champions !
Je n’ai pas eu d’épisio, juste une petite (vraiment petite) déchirure. On me garde 2 heures en observation, je suis debout juste après ! Je retournerais voire mes deux merveilles vers 22h dans le service de néonat’. Ils y resteront 2 semaines, puis 2 semaines en néonat de l’hôpital près de chez moi. Des vrais champions !
J’ai commencé à perdre les eaux à midi, mes fils sont nés à 16h53 et 17h04, tout à été très vite, s’est bien passé, et je garde un bon souvenir de mon accouchement.

naissance d’ Ema et Elisa – Corse

12 Mar

Naissance d ‘ Ema:

Ma grossesse a était parfaite! Sans aucun symptôme désagréable, mon accouchement était prévus le 07/11/2007. Et elle a attendue jusqu’au jour J….
Mon accouchement a même était déclenché à 10h00.
Tout c’est très bien passé, les contractions sont arrivées assez vite, assez légères au début puis très vite tout c’est accélérer , mon col c’est dilaté plus vite que prévus, je suis alors allé en salle de travail, arrivée à 7 de dilatation j’ai enfin eu une péridurale avec une pompe, j ai donc pu gérer comme je le sentais…
Puis, tout c’est passé très vite,j ‘étais seule en salle de travail quand j ai sentie que ça poussait très fort et que ma fille descendait , alors j ai appelé parce que je sentais que mon bébé arrivait, (premier enfant donc j était sensé en avoir pour un moment!) et personnes ne venait… Finalement une sage femme a finit par arriver et c’est rendue compte que la tête de ma fille était bien la et elle m a installée !!!
J ‘ ai eu très peur que personne ne vienne!!!
Et ma petite est née a 13h52 ,3kg250 et 48,5cm!!!
La sage femme a mis ma petite au sein dans les minutes qui ont suivies, je voulais absolument allaité, et tout c’est très bien passé ( malgré les petits bobos des débuts d allaitement) et le personnel médical a était d un très grand soutien en ces débuts d allaitement.

Naissance d Elisa:

Pour ma seconde princesse, la naissance était prévus pour le 05/12/2012, tout a était plus compliqué, dèjà, tous les symptômes de début de grossesse étaient présents!!
Mais tout est rentré dans l ordre a la fin du premier trimestre; puis, a 5 mois de grossesse, j ai eu des contractions, donc nous sommes monté à la maternité, heureusement rien de grave et je suis repartie avec des cachets …
Rebelote à 30SA, mais cette fois, c’est plus grave, ils me gardent, mon col est ouvert à 2 doigts, je suis donc perfusée et est droit à des injections de cortisone pour les poumons de ma fille.
Après 1 semaine et une echo de contrôle, (qui indique aussi que ma fille est en siège décomplété pour l instant) , je rentre chez moi sous traitement, monitoring 2 fois par semaine et repos total obligatoire…
Arrive enfin la semaine 37, fin des monitoring, fin de la MAP, mais aussi fin de mes longues discutions avec ma sage femme!! ET surtout mon échographie du 8eme mois!

Nous y voila, j’ai beaucoup sentie bouger mon petit ange, j ai espoir qu elle se soit retourner, et mon obstétricien m annonce que ma petite a bien bougé mais pour se mettre en siège complet!! Et qu en plus de ça, mon col était effacé!
Il m envoie donc d urgence faire une pelvimétrie et ensuite au bloc des naissances discuter avec les sages femmes des résultats et de ce qui était envisageable…
Les résultats étaient très bons, les sages femmes m’ ont dit que la voie basse était possible, seulement si je m en sentais capable, que ça pouvait être long puisque mon bébé arrivait par les pieds donc appuyer moins sur le col, et qu il ne devait pas rester coincé une fois le corps sortie…. De toute façon toute l équipe médical est la au cas ou il y est un problème, mon obstétricien, sage femme, anesthésiste et bien sûr, le pédiatre…
Je rentre donc chez moi, confiante ; quinze jours plus tard, rebelote, contractions régulières toutes les cinq minutes, donc c est partit, je me présente au bloc, on installe le monitoring, les contractions sont bien la , mon col toujours a deux, ils décident de me garder, parce que la poche des eaux peut rompre et il y a aussi le risque a ce moment la d une procidence du cordon….on attend mais les contractions s arrêtent au petit matin , mon col n a pas bougé donc je rentre.

J ‘ai le droit encore à beaucoup de contractions irrégulières et non douloureuses, et enfin le 30/11 vers 16h les contractions deviennent régulières mais toujours non douloureuses, je décide donc de ne pas monter à l hôpital, elles durent ne devienne pas plus douloureuses mais vers 22h je préfère monter quand même , vérifier si la petite va bien car elle bougeait beaucoup et j avais peur que quelque chose cloche.
On se réinstalle en salle de pré-travail, j explique mon dossier, monitoring, contractions ok, elle m’ osculte, je lui dis que je crois que la petite a essayer de se retourner, j ai sentie sa tête plus basse à un moment… Et elle me répond qu on va faire une écho de contrôle parce qu elle sent un membre, il se peut qu elle soit maintenant en transverse, mon col est à 3 doigts larges et je suis bien en travail, mais là pas de possibilité autre que la césarienne… Je suis un peu paniquée , je m était préparée à un siège et voila qu on m annonce ça!! Echo faite, la petite est en siège complet , ouf !!
Elle me dit qu on attend avant d appeler mon obstétricien, parce-que ça risque d’ être long, on doit garder la poche des eaux pour appuyer à la place de la tête, je vais pour l instant aller en chambre en attendant que mes contractions deviennent douloureuses.

Mon compagnon prend mes affaires et nous voila encore une fois dans cette chambre!! Comme nous habitons a 15mn de l hôpital il a le droit de rester avec moi dans la chambre.
Vers 23h00, nous sommes allongés entrain de regarder la TV , il me dit « rho lala ça va être long!! De toute façon tu n’as pas la tête de celle qui va accoucher!! » je rie et à ce moment là, on entend un gros bruit , comme une bouteille de champagne qu on débouche! Il me regarde et me dit  » c’est la poche des eaux?? » Je balbutie un petit » je crois », me lève et là c’est une rivière!! Il va vite chercher une sage femme, elle arrive, est très calme, mais moi je me met à trembler, les contractions arrivent très fortes, ça coule je suis trempée elle me demande les affaires pour la petite, mais elle sont dans la voiture, mon compagnon n a pris que les miennes!! ( on ne pensais pas accoucher si vite!!) elle l engueule un peu « vite!! deuxième bébé, poche des eaux rompue, vous allez manquez quelque chose!! » Pendant qu il va les chercher , elle m autorise a prendre une douche vite fait, mais je commence a avoir vraiment mal…
Je me met a pleurer, je tremble encore plus, je pense a la procidence du cordon , le siège, j ai peur je ne suis pas prête!! Mais la sage femme me réconforte, mon compagnon arrive, nous prenons les affaires et c’est parti… On peut me suivre a la trace!!

La, tout va très vite, elle m osculte , je suis à 6, direction la salle de travail, l anesthésiste arrive peu après, il est 23h20 et il est de mauvaise humeur!!
Il me crie dessus qu il a envie de rentrer chez lui, que je ne dois pas bouger, mais il me fait vraiment mal et de toute façon je n’ arrive pas à arrêter de trembler!
La sage femme est avec moi et me parle doucement, je l écoute elle, pas lui, je me concentre sur ce qu elle me dit, et lui s en va…
Je suis à 8 , elle me dit qu on ne va pas tarder a s installer il ne faut pas traîner, mon obstétricien a était appelé, mais il n est toujours pas là, il y a avec moi mon compagnon, et des aides soignantes, quand je sens poussé très fort, elle est là, elle arrive, je dit à mon compagnon de regarder et il appelle très calmement  » S’il vous plaît, il y a un pied!! » là, elles se mettent toutes à appeler la sage femme, elle arrive je pousse et je sens une jambe, la deuxième, puis le corps passer, il ne reste que la tête, la sage femme me dit  » ALLEZ faut pousser très fort!! Elle ne peut pas rester comme ça!!! »
Elle doit faire une petite manoeuvre pour aider à faire sortir la tête, mettre ses doigts dans la bouche du bébé pour bien appuyer sa tête, et appelle sa collègue en disant  » viens vite je n y arrive pas!!  »
Sa collègue arrive vite et c’est partie « POUSSEZ FORT!!! »
Mon compagnon m encourage aussi, c’est l effervescence dans la salle, il faut se dépêcher, je pousse fort, pourtant j ‘ai l impression de ne pas y arriver, je sens un crie remonter dans ma gorge en même temps qu’ une sorte de rage qui me permet enfin d expulser mon bébé et c’est bon, il est 00h04 et elle va très bien, elle est enfin sur mon ventre, si belle , si calme.. Une des sages femmes demande à mon compagnon de couper le cordon, mais trop tard, c’est fait par la seconde…Petit pincement au coeur.. et finalement ni obstétricien( il était sur le parking), ni pédiatre… On a eu de la chance!!
La sage femme s’ occupe de mes soins, ma fille est toujours dans mes bras, je n ai que deux petites griffures, et on met mon bébé au sein, elle tète tant et plus, tout va bien!! Elle reste là, bien 1/2 heure avec nous, puis ils l emmènent faire les soins avec mon compagnon, la sage femme lui fait recouper le cordon, vraiment très sympa!
3kg 725 et 51 cm!!
Il me la ramène aussi tôt les soins terminés, et l installe au deuxième sein.

Dans les deux cas, mon compagnon, mon bébé et moi-même avons était respecté en salle de travail ainsi que pendant notre séjour à la maternité, et j’ ai été guidée et soutenue pour mon allaitement et pour mes deux accouchements, je recommencerais sans rien changer!! ( sauf l’ anesthésiste!!)

#213 Melissa, dans la Marne en 2009

2 Mar
J’ai accouché de mon 1er enfant le 14 Août 2009 dans le département de la Marne.
Ma grossesse s’est bien passée, de nature anxieuse j’avais bien sûr quelques angoisses.
J’ai cru jusqu’au dernier moment que je pourrais accoucher par voie basse mais lors de la dernière consultation chez le gynéco, mon bébé s’était mis en siège (il avait la tête en bas jusque là). Mon gynéco a essayé de faire une version mais il s’est aperçu à l’écho qu’il avait le cordon autour du cou. Il programme donc une césarienne pour  le 26 Août (le terme était le 29). Je fus donc extrêmement déçue mais c’était pour le bien de mon enfant.
Le 13 Août au soir, je perds les eaux, je pars donc pour la maternité où je suis reçue par la sage-femme avec qui j’avais fait mes cours de préparation à l’accouchement. Elle me connaissait donc.
C’était le soir vers 23h, l’équipe était donc au minimum. Ils me préparent  pour la césarienne sans trop d’urgence vu que bébé allait bien. L’anesthésiste passe me voir et je lui demande si le papa pouvait venir lors de la césarienne. Nous avons reçu un NON catégorique, voire agressif, comme si c’était une aberration de demander cela, j’ai été scotchée! Aucune négociation n’était possible.
Je suis donc partie seule au bloc tremblante de peur, mon mari attendait dans le couloir. La césarienne se passe bien, mon bébé avait en fait le cordon enroulé 4fois autour du cou mais tout allait bien. Il arriva le 14 Août à 00h49. Ils viennent me le montrer 1 quart de seconde à sa sortie puis vont le mesurer. Ils le mettent dans une couveuse et l’amènent en Pédiatrie (c’était le protocole !!!).
J’ai quand même eu la chance de l’avoir environ une heure après la césarienne sur moi car je ne suis pas allée en salle de réveil vu que c’était en pleine nuit. Autrement le protocole était d’aller en salle de réveil 2h heure après la césarienne, le bébé en pédiatrie et le papa dans la chambre….J’ai donc pu en profiter une demi-heure avant qu’ils le ramènent en couveuse en Pédiatrie. Ils me disent on vous le ramène demain à 9h après la visite du Pédiatre. On me monte donc ensuite seule dans ma chambre et mon mari repart chez nous. Et là c’est le vide totale, plus rien dans le ventre, pas de mari, personne pour vous rassurer et vous devez dormir!
Le lendemain, on me demande de me lever et de m’habiller à 8h du mat’ soit environ 7h après la césarienne….J’étais encore seule sans mari ni bébé. Personne ne me parle de mon bébé, on fait mon lit, le ménage et « bye bye ». Il est 9h, 10h, 11h je sonne demandant où est mon bébé. On me dit je vais me renseigner, 11h30 personne, 12h, je resonne (je me suis trouvée patiente d’attendre autant de temps avant de les harceler). Je réitère ma demande, on va encore se renseigner, ce n’était pas la même personne… Mon mari arrive à 13h, me demande où est le bébé et bien sûr je n’en sais rien. Une personne vient ensuite me dire qu’ils ont gardé mon bébé en pédiatrie car il avait une température faible, on était au mois d’août et il faisait 35 degrés dans la chambre…un peau à peau aurait largement suffit à mon sens.
Je décide donc d’aller le voir en Pédiatrie, mon mari va chercher un fauteuil roulant (avec une roue trouée…). Nous arrivons en Pédiatrie et mon mari m’amène devant un berceau avec des lampes au dessus. Il aurait pu me mettre devant n’importe lequel, je ne savais pas reconnaître mon bébé. Je demande à l’infirmière s’ils avaient pris la température, elle me dit « ben j’allais le faire…37,1°C ». Je dis « nickel alors il peut remonter ». Elle me dit « oui bien sûr, vous pouvez le ramener avec vous ». Je me demande vraiment, si je n’étais pas descendue si mon fils ne serait pas encore là-bas….
Je remonte donc avec mon bébé dans ma chambre et là je n’ai vu personne de la journée. On est venu me dire, on viendra pour faire votre première tétée mais personne. Mon bébé avait trop de glaire pour manger. La nuit a donc été épouvantable car bébé a pleuré énormément sûrement parce qu’il avait faim. J’ai essayé de le mettre au sein moi-même mais il n’arrivait pas à téter.
Le lendemain, l’équipe me faisait pression car il avait perdu beaucoup de poids et n’arrivait pas à manger. Il faisait que 2.950kg à la naissance. Il lui ont donc donner un biberon pour l’alimenter sans me donner mon avis. Moi je commençais à avoir un peu de lait donc je le tirais pour le donner à la seringue ensuite, c’était toujours ça. J’ai tout de même eu une auxiliaire puéricultrice à l’écoute et très humaine pour le bain et l’allaitement. Elle est venu 3 matins de suite avec toujours beaucoup de soutien et très compréhensive. Nous avons pu faire quelques mises au sein mais sans succès, même avec embout.
Je continuais à suivre ses conseils tout au long de la journée et la nuit. Je me tirais le lait car mon bébé refusait le sein et le reste de l’équipe n’était pas du tout patiente en ce qui concerne la mise au sein. Je me suis sentie vraiment seule, à cela se rajouter la fatigue et la baisse de moral face à l’échec de mon allaitement. Je n’ai senti à aucun moment du soutien sauf avec cette auxiliaire mais qui ne pouvait pas toujours être là.
Je suis rentrée chez moi épuisée avec mon tire-lait manuel, pour continuer à donner mon lait même si c’était au biberon. Je suis partie sans aucun conseil ou numéro à appeler en cas de questions ou autre. J’habitais dans un petit village, à l’écart de tout où j’ai fait mes 1ers pas avec mon bébé seule et cette mauvaise expérience en tête.
Voilà, j’ai vraiment très mal vécu cet accouchement et encore j’ai fait court. A cela se rajoute la douleur physique et psychologique de la césarienne. Pour moi j’ai raté mon accouchement et mon allaitement, j’ai loupé les 1ers instants de vie avec mon fils. Il les a passés avec des inconnues…
En espérant que tous ces témoignages puissent améliorer la prise en charge de l’accouchement avec une note à mettre sur le côté humain de ce moment de vie.

# 181 Elodie, dans les Côtes d’Armor

27 Fév

La naissance de mon Augustin

Alors que je vivais ma 2ème grossesse légère et confiante après un 1er accouchement ultra rapide dont je gardais un excellent souvenir, mon projet de naissance était clair: pas de péridurale, rester ambulatoire le plus longtemps possible, éviter l’épisiotomie et tout geste médical non-nécessaire. J’en étais presque à envisager d’accoucher à domicile mais mon homme n’était pas vraiment chaud et (surtout!) on ne trouve pas de sage femme qui le pratique par chez moi. et je savais que dans la clinique où j’étais suivie par mon gynécologue habituelle la taille limitée du service permettant au personnel d’être plus disponible pour les parturientes.

Donc voilà, ma grossesse avançait tranquillement, je sentais les grosses fesses de mon bébé en haut de mon ventre, comme celles de son frère 3 ans auparavant. La visite du 7ème mois arriva, le médecin pratiqua une échographie « alors, ici on a un pied. ah je n’arrive pas à distinguer le 2ème, il est sous ses fesses. et donc ici on a la tête. » ah zut, ce n’était pas ses grosses fesses que je sentais mais sa grosse tête, pas besoin d’être médecin pour comprendre qu’il est en siège. Bien bien bien. »Mais il a le temps de se retourner encore? » « oui, oui, il y a encore le temps. » « et si il se retourne pas? je peux accoucher quand même? » « alors je vais vous dire les choses clairement: moi quand c’est un siège complet, donc en tailleur comme votre bébé, je le fais pas, c’est une césarienne d’office. » Bien bien bien… il se justifiera en racontant une histoire à base de fusée, mais j’ai vite compris que c’était bien plus pour se couvrir que pour protéger les mères et leurs enfants, ce que je peux comprendre mais qui me laisse quand même perplexe…

Le temps passe, je sens toujours sa grosse tête que je prends plaisir à caresser, j’en parle à ma sage-femme qui me parle de positions pour aider le bébé à se retourner, éventuellement de l’acupuncture pour éviter de devoir avoir recours à une tentative de version que je redoute, j’attends de voir si Monsieur se décide à faire la galipette, je lui parle, essaie de l’aider à tourner en caressant mon ventre, je garde espoir.

Visite du 8ème mois, verdict à l’échographie: siège semi-décompleté, Monsieur a tendu une jambe devant son nez, les choses ne s’améliorent guère. Le médecin me propose de tenter une version, ce que j’accepte sur les conseils de ma sage-femme, le spectre de la césarienne commence à devenir plus présent, il me prescrit aussi un scanner du bassin pour voir si ça passera. Les choses s’accélèrent, je me sens comme prise au piège, je tente comme je peux de rester aux commandes de ma grossesse en prenant rdv pour des séances d’acupuncture qui ne fonctionneront pas, tout ce que j’ai gagné est un malaise lors de la dernière séance!

Arrive le jour de la version tant redoutée. la secrétaire avait déjà réussi à me rassurer un peu et à sécher mes larmes lors de la prise de rdv, en arrivant le jour j j’ai la joie de retrouver la sage-femme qui m’avait aidé lors de mon premier accouchement, c’est bon signe!

Elle demande à voir le scanner de mon bassin, me dit que c’est un boulevard! Je lui dis que je veux accoucher par voie basse, elle me rassure en me disant que les 3 critères pour tenter une voie basse en cas de siège sont la taille du bébé, la taille du bassin de la maman et sa motivation. à en juger par mon petit bidon tous les voyants sont au vert, je retrouve espoir! Le médecin s’y reprendra à plusieurs fois pour tenter de faire tourner mon bébé mais sa tête ne dépassera jamais l’endroit où elle bloque quand j’ai l’impression qu’il essaye lui-même de tourner. Il parviendra juste à lui tendre la 2ème jambe devant devant le visage, ce qui est de bonne augure dans l’optique dans accouchement par voie basse.

Arrive la visite du 9ème mois, je suis remontée comme un coucou, je dis à mon bébé que je sais que tous les 2 on est capable d’arriver à avoir un super accouchement. Echographie, mesure du périmètre crânien, le médecin s’y reprend à 3 fois « rah mais qu’est-ce que je fais moi! » mais semble y parvenir finalement, je ne remets même pas mes chaussures en sortant de la salle en vue de l’examen qui doit me dire où en est mon col, savoir si je vais bientôt accoucher! je suis toute excitée! « l’examen ne sera pas nécessaire. » ah… « le périmètre crânien est élevé, on est déjà au 95ème percentile, là ça passerait encore mais d’ici le terme (un peu plus de 3 semaines) ça ne passera plus il va falloir programmer une césarienne »  Là je craque, je pleure devant lui, quand il me demande ce qui me fait peur dans la césarienne je suis juste capable de bredouiller que j’ai l’impression qu’on me vole mon bébé, j’aurais voulu lui dire tout ce à quoi je renonce pour cette intervention, comment je dois oublier tout ce à quoi je crois concernant la naissance d’un enfant, tout ce que je veux pour mon bébé et moi mais il m’intimide, lui le médecin qui sait ce qu’il y a de mieux pour moi et mon enfant. comme je déteste cette phrase « l’essentiel c’est que le bébé soit en bonne santé », je ne sais pas combien de fois je l’ai entendu, et je passe sur ceux qui trouvent que c’est une chance d’avoir une césarienne. la nature fait que mon corps est fait pour faire grandir des bébés et les mettre au monde et c’est tout ce que moi je veux, donner naissance à mon enfant, et on me le refuse sous un prétexte plus que douteux.

Le rdv est pris pour un mardi, 10 jours plus tard « on aurait pu attendre jusqu’au vendredi mais l’équipe ne sera pas au complet » comme j’ai détesté cette secrétaire qui décidait de la date de naissance de mon enfant en fonction d’un problème de planning, et me refusait les quelques jours pendant lesquels le travail aurait pu se déclencher naturellement… admission la veille à 17h30 alors que j’habite à pieds de la clinique, intervention à 8h.
je passe les jours suivant comme un automate, le piège se referme, plus les jours passent et plus mon espoir de voir le travail commencer s’amenuise..

Arrive le lundi et nos derniers moments à 3, papa et mon grand m’accompagnent à la clinique, une sage-femme me rassure, je passerai les 2 heures de surveillance après la césarienne en salle de naissance avec mon bébé. elle m’examine afin de s’assurer que je ne suis pas en travail, et son commentaire me ravage « vue que c’est une césarienne je n’insiste pas mais sinon.. » et je comprends que mon col est déjà ben modifié, que l’accouchement était proche, je maudis cette organisation qui nous a volé les jours qui auraient peut-être suffi… la soirée seule est un calvaire, je pleure toutes les larmes de mon corps, je ne veux pas qu’on ouvre mon ventre pour en sortir mon  bébé qui n’a rien demandé… je suis en colère contre moi même, je m’en veux de ne pas avoir su dire ce que je voulais et ce que je ne voulais pas, je ne veux pas passer cette nuit toute seule dans cette chambre froide. le reste de la soirée sera bien triste jusqu’à ce que je m’endorme les yeux rougis.

Le lendemain matin on viendra me chercher pour que j’assiste à la naissance de mon 2ème enfant. La césarienne s’est très bien passée mais je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir un pincement au coeur quand le gynéco a dit qu’il voyait mon bébé donner des coups de pieds dans mon ventre un fois l’incision faite, le pauvre petit ne se doutait même pas que quelques secondes plus tard on vendrait l’arracher à son paisible monde liquide…
je ne peux pas dire que la naissance d’Augustin ce soit mal passée mais elle s’est passée sans moi, je n’ai pas accouché de mon fils et quand j’en parle je ne peux dire que « ça » a été une césarienne. J’ai le sentiment que cette naissance m’a été volée, et jamais personne ne pourra me rendre ces instants.

#171 – Isabelle, Morbihan, bébé 3 – 2004

26 Fév

La naissance de bébé 1 a été traumatisante (récit envoyé il y a plusieurs jours). Du coup, pour bébé 2, question de me rassurer, mon gynéco me programme un déclenchement (10 jours avant terme, mais c’est lui le professionnel, moi je suis sur un mauvais souvenir, j’ai changé de gynéco et suis passée de l’hôpital à la clinique, j’ai 25 ans, j’écoute le corps médical). De cette façon, c’est lui qui sera présent, et je peux ainsi être sûre de la présence du papa (situation professionnelle compliquée à ce moment-là). Quand j’y repense… Mais c’est ce dont j’avais besoin à ce moment-là.
Mais venons-en à bébé 3.
Du fait de l’amniosynthèse, je sais que c’est une petite fille. Cette grossesse aura été beaucoup moins sereine que les deux précédentes. J’ai 28 ans. Je me pose beaucoup plus de questions, est-ce dû à l’expérience ?
Mes deux précédentes filles ont été délogées (déclenchement), il est hors de questions qu’il en soit de même cette fois-ci, je veux vivre mon accouchement, je ne veux pas que ce soit un acte médical.
8ème mois de grossesse, visite chez le gynéco. Il constate que bébé est en siège. Je lui déclare alors que quoi qu’il en soit, j’accoucherai « normalement ». Il n’est pas la peine qu’il pense à me faire une césarienne !! Avec son franc parler, il me fait comprendre que je suis « folle », et qu’il ne m’accouchera pas ainsi. Il me parle de tous les risques, mais toutes ses tentatives pour m’impressionner n’ont aucun effet sur moi. Sans compter que je veux accoucher sans péri, car les deux fois précédentes, on ne m’a pas demandé mon avis ! Un siège, par voie basse sans péri….. On est en 2003, je crois que c’est la première fois de sa carrière qu’il doit entendre ça vue sa réaction.
Sortie de ce rendez-vous, je fais la forte, mais je n’en mène pas large en fait. Césarienne et le pire mot que je puisse entendre (j’ai déjà eu droit à l’amio, alors ça va, ça suffit comme ça). Je rentre chez moi, et j’appelle immédiatement ma sage-femme. Une femme en or, une femme formidable. Je lui parle de la position de bébé, elle me conseille d’aller voir un ostéo qui pourra m’aider à guider bébé pour qu’elle se remette dans la bonne position. Je suis en larme au téléphone, elle est sereine et rassurante. Je vais voir l’ostéo, et il m’explique le chemin que bébé doit faire pour se remettre dans la bonne position, il me montre les gestes à faire pour l’accompagner. Il me dit de lui parler, de lui expliquer qu’elle doit se retourner tout en faisant avec elle ces gestes qui la guideront. Alors tous les jours j’applique ces conseils. Et puis un matin, je sens que les formes ne sont plus les mêmes aux mêmes endroits. Je me lève toute excitée, j’habille mes deux filles en 5 mn chrono et tout le monde dans la voiture direction la clinique pour confirmation. Une fois là-bas, à demi-mots je demande s’il est possible qu’une sage-femme me confirme la position de bébé, et on me répond sourire aux lèvres « bien sûr, venez on va faire un petite écho ». Waouh, je suis ravie, je n’en demandais pas tant. Et là, on constate que bébé s’est remise en bonne position. Je la félicite, et tous les jours je lui dis que c’est bien, qu’il faut qu’elle reste comme ça jusqu’au bout maintenant.
Les jours passent, dernier rendez-vous chez le gynéco. Je suis fière et forte de rentrer dans son cabinet en lui disant que bébé s’est retournée, qu’ainsi donc, fini le mot « césarienne » !!!
Il est prévu que j’accouche le 24 mai. Il prend déjà rendez-vous à la clinique. Cet homme avait un franc parlé, était toujours coiffé comme s’il sortait de son lit, n’avait pas particulièrement de délicatesse dans la considération de la femme (hors de question de prolonger le congé mater par un congé maladie parce que tu allaites, ou de venir te plaindre parce que tu as pris trop de poids (en tout cas plus qu’il ne l’aurait voulu lui) pendant ta grossesse et que tu as du mal à perdre tes kilos , mais cela me convenait, il bousculait un peu, mais toujours en respectant et en restant très professionnel. Alors je m’arme de mon plus beau sourire, et je lui dis qu’il a beau prendre rdv, il ne déclenchera pas cet accouchement !! Alors il tente encore et encore de m’impressionner en me racontant l’histoire d’une femme qui a perdu son bébé le jour du terme…. Bref, il pratique en clinique, et il m’explique qu’en clinique, c’est RISQUE 0, le terme ne sera pas dépassé (terme dépassé de 6 jours pour bébé 1). Je capitule à moitié en lui disant que j’accepterai de renter à la clinique, mais uniquement pour être sous surveillance médicale. Il pourra déployer tout le matériel qu’il voudra pour contrôler, c’est ok, mais il ne déclenchera pas !
Cette fois, c’est MOI qui décide ! Cette fois c’est MON accouchement !
Je sors donc de son cabinet, la prochaine fois que je le verrai, ce sera pour découvrir le visage de mon troisième ange.
Samedi 22 mai, toujours aucune contraction. J’en suis à mon troisième bébé, et je ne sais pas ce qu’est une contraction !! Alors oui, je vais peut-être vous étonner, mais je rêvais de connaitre ça, avoir mal et plus que mal même, mais je voulais tant avoir des contractions.
Je prends ma voiture, je fille à la station de lavage, je lave lustre, aspire ma voiture de fond en comble (un break), je me contorsionne tant que je peux. Plusieurs personnes me proposent de l’aide, mais à leur surprise, je leur dis que non, et en y repensant, je n’ai pas dû avoir un regard très agréable, mais plutôt du genre « mêle toi donc de tes affaires, je n’ai pas besoin d’aide ! »
Mais rien, malgré tous mes efforts de non repos, pas la moindre contraction. J’imaginais le sourire de mon gynéco en train de penser à sa prime en fin de journée. J’ai beau bien aime mon gynéco, je suis parfaitement consciente qu’en programmant l’accouchement, il fait sa journée au cabinet, et une fois fini il arrive comme une fleur à la mat pour un accouchement et empocher sa prime ! (cf. : bébé 2)
Je rentre chez moi, le moral dans les chaussettes. Je capitule. Je m’allonge sur le canapé et me dis de profiter de ce dernier week-end au calme pour arriver lundi matin à la mat comme prévu, mais au moins reposée pour accueillir bébé fraichement. La journée se termine, je me couche.
2h du matin, quelque chose me réveille. Je ne sais pas bien déterminer ce que c’est. Ça recommence. Comment définir ça ? Une légère douleur au ventre ? Non, pas vraiment. Mais je me sens… bizarre. Un état que je ne connais pas. Je ne veux pas me faire de fausse joie. La nuit se passe comme ça. Je dors, je me réveille. Je ne suis pas convaincue que ce soit ça « le travail », car avec tout ce que j’ai entendu dire sur la douleur, moi je n’ai pas mal. 6H, je me lève, je n’ai plus envie de rester au lit. Ce qui n’est pas dans mes habitudes. Je ne veux toujours pas me faire de fausse joie, mais pourtant au fond de moi je SAIS.
Je vais à la boulangerie, j’échange 2 mots avec la boulangère qui me dit en partant « à demain », et je lui réponds « non, je ne pense pas que vous me verrez demain ».
Nous sommes dimanche 23, et c’est le jour du baptême de mon filleul.
Avant de me rendre à la cérémonie, par « prudence » je passe à la mat pour vérifier. Il est 10h, j’explique ma nuit, et ma journée à venir. On m’ausculte, et me dis que je dois rester. « Vous êtes à 4 cm madame ».
Ha quand même ! Grosse surprise, mais quelle agréable surprise. Subitement mon moral remonte au plus haut, pas de douleur mais c’est bien le travail, donc bébé va arriver, et sans déclenchement. C’est l’euphorie 🙂
Je fais connaissance avec la sage-femme qui va s’occuper de moi, mon compagnon aussi. Puis il s’en va avec nos deux autres filles à la cérémonie, on lui téléphonera lorsque ce sera l’heure, il reste encore un peu de temps.
Le dialogue s’instaure avec cette jeune sage-femme (…) Elle me dit qu’elle vient du public et que dans le privé rien n’est pareil pour les sages-femmes. Elles sont obligées d’appeler les médecins pour accoucher, et elle trouve cela dommage. Mais c’est sans compter sur le fait que je veux vivre mon accouchement, je ne veux plus d’un acte médical. Nous nous disons pas mal de chose « à demi-mots », et je lui fais bien comprendre que si le médecin arrive trop tard, dans le cas où ça irait super vite bien entendu 🙂 , cela ne me dérangerait pas, bien au contraire (d’autant plus que nous sommes dimanche, donc gynéco de garde et non le mien).
Le temps passe, je commence à savoir ce que le mot contraction veut dire. 11h30 on téléphone au papa qui a une demi-heure de route à faire.
La douleur s’intensifie, je commence à lâcher quelques sons plus puissants, et verbalise même que je ne recommencerais plus jamais.
Midi, le papa arrive. La sagefemme me propose du paracétamol dans la perf, je l’accepte.
Il faudra juste quelque poussées et de la douleur, et voilà bébé. Il est 12h20.
Je suis épuisée et je n’ai presque pas la force de la pendre dans les bras. Je la prends, bien sûr, mais je ne la garde pas longtemps, car mes bras me font défaut. J’en garde un sentiment de frustration. Mais le papa est là, alors il va la prendre.
Il reste la délivrance, et cette fois je m’en souviens. Bébé est là, mais il faut recommencer.
Mais malgré ces sentiments, je suis fière. Je suis fière d’avoir vécu cet accouchement sans péridurale, sans médecin (ha oui, j’ai oublié de vous dire, la SF a bien appelé le médecin, mais il est arrivé trop tard ), dans cette intimité.
Enfin je me sens mère et accomplie. Enfin je sais ce que c’est que d’accoucher. Enfin j’ai le sentiment de mériter mon statut de maman. Non pas que je ne me sentais pas mère jusque-là, mais entre spectatrice et actrice du moment où l’on donne vie à son enfant, ça change tout. Vraiment tout. Et ça change le regard que j’ai porté sur cette enfant, et beaucoup de façon de faire avec elle.
La fusion avec elle a été instantanée (enfin une fois la délivrance passée et remise de mes émotions). La mise au sein s’est très bien passée, l’allaitement parfaitement bien (mais le second allaitement s’était déjà très bien passé) et il aura duré 24 mois.
Je remercie cette jeune femme qui m’a écoutée, et qui a su me faire vivre ce moment magique.
Mais malgré un premier accouchement « traumatisant » + allaitement raté, un deuxième merveilleux mais surmédicalisé (déclenchement par confort) + allaitement réussi, et enfin un troisième super (même si en milieu médical) + allaitement super, cela restera les trois plus beaux jours de ma vie.
Je ne garde toutefois aucun sentiment de culpabilité, même si aujourd’hui avec toutes les connaissances acquises, si ce parcours était à refaire il serait tout autre