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Accouchement d’une sage-femme, Belgique

31 Jan
J’ai mis au monde mon premier enfant le 24 décembre 2013.
Etant sage femme de profession, je connais beaucoup de choses et j’ai choisi d’accoucher auprès de mes collègues afin de maitriser certains souhaits dans la mesure du possible.
J’ai effectué, en couple, une préparation en haptonomie pour permettre au papa de s’intégrer un maximum et de trouver sa place tout au long de la grossesse et de l’accouchement.
J’ai également choisi de me préparer à l’autohypnose.
Enfin, j’ai réalisé un projet de naissance avec mon mari même si mes collegues me connaissent, je trouve cela très important.
Tout au long de la grossesse, nous avons beaucoup discuté avec sage femme et gynéco sur la façon dont nous voyions la naissance de notre petit garçon.
Je voulais accoucher à la maison mais attendant un gros bébé de passé 4kg200 a 40 semaines, mon mari n’était pas à l’aise, ma gynéco m’a gentillement expliqué que ce n’était peut-être pas la meilleure idée… J’ai donc cédé et me suis raisonnée… Je ferai une partie du travail à la maison !
Notre directive était : on ne se prend pas pas la tête, on souhaite être respecté mais si il y a un problème, on agit !
Mon travail a débuté le 24 décembre 2013 vers 1h du matin… Sous la tempête Dirck…
Je voulais faire une partie du travail à la maison, tranquille, avec mon mari et appeler la sage femme lorsque j’en ressentirai le besoin.
J’ai tout de suite eu des contractions toutes les 2 minutes et après deux bains, j’ai réveillé mon mari, j’avais besoin de lui. Nous avons appliqué les prolongements et positions apprises en haptonomie.
Vers 4h, je commencais à monter dans les sons et mon mari à préféré que nous appelions la sage femme. Elle est arrivée rapidement et m’a examinée à ma demande : 4 cm !
Elle m’a laissée tranquille, m’a soutenue mais voyant la tempête, m’a proposée de démarrer vers la maternité qui est a 30 minutes de la maison.
Dans la voiture, elle est venue derrière avec moi et m’a accompagnée dans mes contractions. J’ai demandé un bain pour lorsque nous arrivons. Elle a sonné afin qu’on me le prepare…
Arrivée là bas, le bain était rempli. La sage femme a voulu me placer un KT avant, au cas ou il y aurait un probleme. Nous en avions discuté, et c’était noté dans notre projet, nous n’étions pas contre puisque rien d’injecté jusque là.
Avant d’aller au bain, j’ai perdu beaucoup de glaires et j’ai donc demandé moi même qu’elle m’examine… 5h et 7 cm ! Ca va vite ! Mais bébé très haut, je le vois à mon ventre !

Je lui ai demandée de mettre un cd, de me donner mon homéopathie regulièrement.

Dans le bain, mon mari me massait, nous étions dans notre cocon sans être dérangés. J’avais un monitoring sans fil. J’ai donc pu bouger à mon gré dans cette très grande baignoire.

Vers 8h elle m’a proposée de verifier mon col car je voulais sortir du bain, je commencais à fatiguer. 9cm… Bébé pas encore engagé…

J’ai demandé à ce stade une péridurale, me rendant compte que le chemin de mon bébé était encore long…
Gentillement, elle m’a proposé de rompre la poche avant, afin de voir si il déscend puisque dans mon projet j’avais noté de me proposer autre chose et si fin de dilatation de me motiver  à éviter la peri dans la mesure du possible (sans que je sois fermée totalement à cela)
Elle a rompu la poche, j’ai tenu 1h00 et puis… Je n’ai plus vu clair… Plus d’hypnose et d’hapto qui tienne… Il me fallait être soulagée… Elle m’a donc rééxaminée…9 cm bébé à peine engagé…
J’ai donc eu une rachianesthesie de 2h00 pour me permettre de souffler et laisser mon enfant descendre. Au bout de ces 2h, mon bebe etait engagé a moitié et j’ai commencé a ressentir mes contractions et l’envie de pousser.
Elle a donc appelé la gynéco pour signaler que je poussais. Je me suis spontanément mise sur le coté et ni la gyneco ni la sage femme ne m’a forcée a me mettre sur le dos. Encore une fois c’était noté dans notre projet de naissance ; le choix de la position si celle-ci est efficace.

 

Mes contractions étant courtes, la gyneco a demandée de mettre un peu de syntocinon pour me permettre de pousser plus longtemps sur la contraction. Je n’etais pas contre mais aurais preferé eviter cela. Si mon corps m a permi de dilater vite avec des contractions courtes, iil m aurait permis de faire naitre mon enfant.

Mon mari avait émi le souhait de faire l’accouchement… Longtemps discuté avec la gyneco et la sage femme.

Son reve fut realisé ! Quel bonheur !

La naissance de notre enfant fut paisible et comme nous le voulions.
Nous avons profité d’un long peau à peau chacun et avons decidé au moment de faire les soins.
A refaire, je referais pareil. Ce fut un moment magique pour nous car nous avons eu le sentiment d’être respecté de tous.
Merci a elles !
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Pauline, dans le territoire de Belfort, Franche-Comté

5 Avr

J’ai accouché de mes jumeaux en 2007, j’étais jeune, c’était mes premiers, mais je savais déjà que je voulais essayer d’accoucher sans péridurale. Malheureusement, pour une grossesse gémellaire on ne nous laisse pas vraiment le choix. Le risque de césarienne est très important. Mais quand je suis arrivée en salle d’accouchement vers 14h après avoir eu un décollement des membranes la veille, et la perte du bouchon muqueux deux jours avant, suivie de contractions de plus en plus douloureuses, je voulais quand même résister aux personnels de l’hôpital. Je me sentais plutôt bien pourtant, j’avais mal mais la douleur était encore supportable. Mais la sage-femme, l’anesthésiste et le médecin m’ont fortement incitée à prendre la péridurale.

J’ai donc cédé, on m’a emmenée faire une radio pour voir comment les bébés étaient placés, et on m’a dit qu’à mon retour j’aurais la péridurale. Je suis partie avec une boule dans la gorge et les larmes aux yeux. Lorsque je suis revenue, l’anesthésiste m’a posé la péri avec bien du mal car j’avais le dos « plein d’eau ». J’ai commencé à ressentir les effets mais que du côté droit. Je dois avouer que ça m’a soulagée bien-sûr de mes contractions mais surtout des touchers vaginaux qui sont finalement le plus douloureux (enfin pour moi, et on ne s’y attend pas). Sans oublier que je suis restée au moins 20 minutes les jambes en l’air pendant qu’un interne cherchait à prélever du sang sur la tête du premier bébé pour mesurer son taux d’oxygène dans le sang. Je ne pense pas que j’aurais pu supporter ça sans anesthésie. Mais finalement le prélèvement n’était pas assez important pour être utilisé.

Les heures ont passé (assez vite d’ailleurs) et vers 18h/19h, on a commencé à me parler de la césarienne car mon fils commençait à avoir des soucis de rythme cardiaque. Les contractions ne faisaient pas effet, le travail n’avançait pas. L’anesthésiste est venu me voir à plusieurs reprises pour comprendre pourquoi la péri ne marchait qu’à droite, et moi qui lui faisais remarquer que de toute façon je savais que c’était pas toujours fiable (d’après d’autres témoignages), et que ça ne m’étonnait pas. Bref, c’est finalement le chef du service qui est venu, mais il n’a pas réussi à débloquer la situation. J’avais un peu l’impression que c’était de ma faute, à la façon dont il m’expliquait les choses…

A 19h30 environ on m’emmène au bloc pour la césarienne, je dis « à tout à l’heure » à mon homme, et je pars pour l’inconnu, mais j’avoue avec une pointe de soulagement car j’avais quand même une grosse appréhension d’accoucher de deux bébés… normal je pense. L’anesthésiste m’enlève alors le cathéter de la péri, et me pose une rachi-anesthésie puisque la péri ne fonctionne qu’à moitié. J’ai envie de faire remarquer que la péridurale n’est pas si indispensable que ça vu qu’on peut faire une rachis-anesthésie en peu de temps et qui fonctionne suffisamment longtemps pour la césarienne. Mais évidement je ne dis rien ce n’est pas le moment. On me perfuse les bras en croix. J’ai envie de vomir, j’appelle faiblement les infirmières ou autres qui papotent derrière moi et elles arrivent juste à temps pour me passer un haricot. Ensuite tout va très vite, je sens qu’on me badigeonne le ventre, je ne sens que des picotements. Mes bébés sont « sortis » l’un après l’autre, à 20h10 et 20h11. On me les montre vite-fait, et on les emmène pour s’occuper d’eux. On me dit que mon fils a des difficultés respiratoires et qu’il va passer la nuit en néo-nat, mais rien de grave. Une fois en salle de réveil, on m’amène ma fille, que je peux allaiter. Et mon mari est là, alors qu’il n’a pas le droit normalement. On me dit qu’on m’apportera une photo de mon fils dans la soirée. Je trouve que c’est une bonne idée, mon mari va de toute façon vers lui, alors je suis rassurée.

Quand je fais le bilan de cet accouchement, j’ai le sentiment de ne pas avoir fait grand-chose, je me suis laissée convaincre, conduire et accoucher, et je suis devenue mère sans vraiment réaliser.

La première nuit, on m’a laissée tranquille, je voulais allaiter, mais j’ai accepté les compléments, pour la première nuit car j’étais épuisée. On m’a emmené ma fille vers 5 heures du matin, et j’ai été voir mon fils à midi. Je l’ai vite récupéré après. La deuxième nuit, j’ai voulu qu’on m’apporte mes enfants au moment des tétées. Une auxiliaire de puériculture m’aide à mettre mes deux bébés aux seins en même temps, et me plante là, toute seule avec eux… Je précise que je suis en service gynécologie et que mes bébés sont en pouponnière en maternité, et que le personnel n’a pas le temps, la nuit, de rester ou revenir toutes les 5 minutes pour m’aider. Je le comprends maintenant, mais je leur en voulais beaucoup de me laisser seule, comme ça.

Je pensais que ça irait mieux arrivée en maternité, mais le baby-blues s’en est mêlé, et la difficulté d’allaiter deux bébés, ainsi que les douleurs dues à la césarienne ne m’ont pas aidée.

Il y a des puéricultrices qui m’aident et celles qui me proposent le biberon. Je cède en me disant que je vais continuer à tirer mon lait à côté, et qu’une fois à la maison je reprendrai l’allaitement. Mais je dois avouer que je me sens mieux psychologiquement. Mes bébés mangent enfin normalement, ils reprennent du poids, et je revis. Mais je suis quand même très fatiguée, et je demande tous les soirs à ce qu’on me les prenne pour la nuit. Les puéricultrices me font quand même la leçon, comment est-ce que je vais faire à la maison, je serai obligée de m’occuper d’eux la nuit. Je le sais bien, tout ce que je veux c’est me reposer, pour justement être en forme à la maison. Je reste à l’hôpital sept jours, et jusqu’au bout les puéricultrices ne me lâchent pas pour la nuit. Heureusement qu’une sage-femme me soutient, si bien que je ne garde mes bébés vers moi qu’une nuit, la dernière. Je vais quand même réussir à dormir trois heures…

Le retour à la maison s’est très bien passé, et j’ai pu m’épanouir en tant que maman de merveilleux jumeaux. J’avais abandonné l’allaitement, mais je savais que j’essaierais à nouveau pour mon troisième enfant.

Je dois avouer que malgré quelques fausses notes, j’ai été respectée, mais je garde tout de même un sentiment d’isolement, d’incompréhension.. Ma mère me disait que lorsqu’elle a accouché de moi, il y a une vingtaine d’années, elle avait adoré son séjour à la maternité. Elle y avait été en avance, il l’avaient gardé, elle n’avait pas eu de péridurale, elle avait réussi son allaitement. Et elle n’avait même pas envie de rentrer tant on s’occupait bien d’elle et de moi. La différence de témoignages est tout de même saisissante !

Je ne vais pas raconter dans les moindres détails mon deuxième accouchement, 4 ans plus tard. Mais je vais tout de même dire qu’il m’a réconciliée avec ce moment important de la vie d’une femme. Cette fois-ci j’attendais un seul bébé, une fille, et du coup tout était plus détendu. Je savais que je voulais « encore » essayer sans la péridurale mais que je la prendrais si c’était trop dur, je ne voulais pas vivre encore une déception. Je l’ai finalement prise car le travail avait eu beaucoup de mal à commencer, et j’avais déjà beaucoup souffert. Ensuite tout est allé très vite, et ma puce est arrivée sans problème, j’ai pu la sortir moi-même, et la poser sur mon ventre. J’ai allaité sans problème, et j’ai continué pendant 13 mois. Le séjour à la maternité a été beaucoup plus « cool » que le premier, je m’en sortais très bien, je dormais avec ma puce sur moi, mais j’avais quand même hâte de sortir.

Je pense un jour avoir un quatrième enfant, et cette fois j’espère réussir à ne pas prendre la péri, pour savoir réellement ce qu’est un accouchement, pouvoir sentir le bébé passer.

# 198 France – Pas de Calais, 2009

28 Fév

Un petit bébé est arrivé sans prévenir dans mon ventre. Mon mari était comblé, moi très anxieuse… Les 9 mois de grossesse se sont bien passés (abstraction faite des malaises vagaux dès qu’il me fallait visualiser l’accouchement lors des séances de préparation en sophrologie).
On avait choisi une sage femme libérale pour le suivi de la grossesse puis la clinique de proximité pour les 3 derniers mois et l’accouchement.
je n’avais pas d’idée très préconçue : pas de péridurale, ça oui… mais je n’avais aucune idée de mon seuil de résistance… l’allaitement j’en avais envie, mais aurais-je une montée de lait???
on avait investit dans une écharpe de portage, on avait participé à un atelier…
Les jours se sont étirés, allongés jusqu’à la date du terme… et mon bébé n’avait semble-t-il aucune envie de quitter mon petit nid douillet.
Passage à la clinique pour la visite de contrôle. Impression mitigée : c’est long d’attendre le temps du monitoring, et franchement le stress d’un déclenchement n’était pas très aidant… Retour à la maison.
Le soir, ça y est, ça commence… notre bébé se décide à nous rejoindre!
petit à petit les contractions arrivent, s’intensifient… on part à la maternité en pleine nuit.
l’accueil est froid, long… et en plus je suis encore en pré-travail… mais comme je suis à terme, on nous met dans une petite chambre. »maintenant il faut dormir…. et si vous n’y arrivez pas, on vous fera une piqûre…  » les contractions se rapprochent, sont de plus en plus douloureuses, je lutte… je me mets en boule dans un petit coin… je lutte pour pouvoir dormir….
bien évidemment, je n’y arrive pas, je finis par essayer de voir quelqu’un (mon mari dort sur le lit)… elles me donnent des cachets et je reprends le lit.
avant le changement de poste, on me met un monitoring et à l’auscultation, je ne suis toujours pas « ouverte ».
le monitoring dure, dure… et quand enfin quelqu’un arrive et regarde le tracé, je me fait eng***** comme jamais : « quoi!!!! me faire ça à moi? moi qui ai des enfants!! mais pourquoi moi??? »
je suis bouche bée, interdite… infantilisée… j’ai bien du mal à comprendre ce qui est en train de se passer… elle me met sur le côté et s’en va.
j’ai mal, je commence à avoir des fourmis dans les bras et les jambes, j’ai besoin de bouger.
quand elle revient (longtemps après), je découvre qu’à chaque contraction le coeœur de mon bébé chute et que cette position atténue cet effet… quand je lui demande de pouvoir trouver une autre position, elle me dit cash que c’est moi ou le bébé… donc je n’ai pas le choix, je dois rester ainsi…
évidemment c’est insupportable…
à 10h, on me dit que l’anesthésiste arrive, c’est maintenant ou jamais…
j’abdique.. mais j’ai abdiqué depuis longtemps…
il me pose la péri, on me rallonge, je suis incapable de bouger, je suis même sous oxygène car j’ai peine à respirer. je ne sens plus les contractions, plus du tout… je ne sens plus rien.
une c** essaie de percer la poche des eaux mais n’y arrive pas : la tête de bébé fait bouchon. (on découvrira plus tard que bébé a la tête toute griffée et fortement griffée)
à chaque pic sur le monitoring, mon mari fonce chercher une sage femme car le coeœur de bébé chute, et même s’il reprend ensuite c’est long et angoissant et le bébé fatigue…..
le col s’ouvre lentement, très lentement…
je ne suis plus là…. je n’existe pas… je suis un ventre…
à midi, le gynéco arrive et annonce la césarienne, mélange de soulagement et d’inquiétude, de stress et de déception…
goût amer de l’échec et espoir de voir la fin se dessiner….
je suis obligée de dire au revoir à mon mari, on m’emmène au rez de chaussée…
arrivée au bloc, l’anesthésiste enlève la péri et me pose une rachi… quelqu’un me dit que j’ai de la chance que ce soit cette madame machin…
je suis allongée, les bras en croix.
le gynéco demande si je sens, il commence son « travail »
moi, je ne sais plus respirer
j’essaie d’attirer l’attention
on me rétorque que je dois respirer en respiration « haute » (et ça, je maitrise la respiration mais là, vraiment, ça marche pas)… je me concentre, j’essaie…. je n’y arrive pas
je commence à paniquer, je ne peux pas parler non plus…
quelqu’un finit par me demander de bouger mes mains… une fois, deux fois et là, enfin, une voix semble inquiète et annonce que je ne bouge pas les mains… la rachi est « remontée », je suis paralysée… ils me « soufflent » de l’oxygène et m’annoncent qu’il faudra m’intuber et donc je vais devoir avoir une anesthésie générale mais que là, pour l’instant, il faut sortir le bébé….
c’est long, je n’arrive pas à respirer, et là, il n’y a plus que ça qui compte…
le gynéco finit par me montrer « mon bébé », « c’est une fille »… mais mon regard est voilé, je me sens mourir… je m’en fou…
enfin, ils m’endorment. Il est 13h…
je me réveille j’ai mal. ils finissent par s’apercevoir je j’essaie de recracher le tuyau.
j’ai une dose de morphine.
quand j’arrive à parler, je dis que je veux allaiter… mais ça ne change rien pour eux. je demande des nouvelles de ma fille, je réussi uniquement à savoir que c’est un gros bébé de 4kg 450 (ben oui l’anesthésiste voulait savoir : elle était tellement surprise…)… mais personne ne peut me dire si elle va bien ou quoi ou qu’est ce….
j’attend là 3 heures dans cette « salle de réveil » avec mes appareil qui clignotent (parce qu’ils ne marchent pas), clouée au lit.
au moment de remonter dasn la chambre, un brancardier « m’oublie »…
une fois dans la chambre, on me dit qu’on va voir si ma fille peut sortir de couveuse pour que je puisse la voir… je m’effondre.
elle finit par arriver, installée dans son petit berceau poussée par mon mari. elle va bien, elle a passé tout ce temps dans les bras de son papa…. (j’ai découvert bien plus tard que mon mari n’avait pas été mis au courant de cet épisode. le gynéco lui avait dit qu’il y avait eu un tout petit souci mais que tout allait bien….!!!!!!)
moi j’étais seule…
je l’ai mise au sein de suite.
une ** l’a collée au sein de manière rude, et pas du tout bien positionnée…
crevasses… heureusement une tante de passage le 3ème jour m’a montré comment les lèvres de ma fille devaient être positionnées…. ça nous a beaucoup aidées
le séjour à la maternité a été horrible…
coincée dans mon lit, je n’ai assisté ni à son premier bain, ni à ses soins, ni à ses piqûres (dextro car gros bébé), ni à ses changes…
quand le 3ème jour mon mari est parti travailler, les aides soignantes ont été désagréables, je me suis sentie humiliée, incompétente… la nuit a été horrible…
une stagiaire m’a obligée à sortir de ma douche en plein milieu, encore « savonneuse » pour lui signer un papier pour qu’elle puisse emmener ma fille pour le test de guthrie…
l’horreur….
je me suis sentie déshumanisée, dépossédée… le pire, c’est encore que je leur ai dit merci….

et puis j’ai tout enfoui… et j’ai essayé de continuer de « vivre' »… l’allaitement exclusif à tenu jusqu’à 4 mois et demi… (15 jours de tirage de lait, mais mon bébé avait besoin d’être au sein trèèès souvent, (mauvaise prise? ou autre raison, je ne sais). j’ai continuer à l’allaiter matin, soir et nuit jusqu’à ses 6 mois et puis elle n’a plus « voulu »… )
la réussite de cet allaitement me tenait à coeur… au moins ça, on ne pouvait pas me le « piquer »… j’étais la seule à pouvoir la nourrir… j’avais au moins une compétence…

lorsque deux ans plus tard j’ai demandé mon dossier médical, il était nulle part mentionné cet épisode de l’anesthésie. c’était écrit RAS…..!!!!!!! il n’y avait pas non plus d’explication quant au pourquoi de ce deuxième geste médical : la pose d’une rachi alors que j’avais une péri qui fonctionnait…

– Gabrielle

# 147 Laurène – Val d’Oise

24 Fév

Laurène, Val d’Oise, France

 

La naissance de ma fille. Le terme était prévu pour le 9 juin, mais le 2 juin au soir, alors que je ne sentais plus trop de mouvements dans mon ventre depuis deux jours, j’ai décidé d’aller faire un petit contrôle aux urgences. Nous voilà partis mon mari et moi, ainsi que ma valise (on ne sait jamais). Le monitoring a montré que bébé était en souffrance, donc ils n’avaient même pas le temps de déclencher l’accouchement, il fallait faire une césarienne. La sage-femme a crié dans le couloir qu’elle avait besoin d’aide ; déjà, ça ne rassure pas vraiment. Et là, cinq personnes m’ont littéralement sautée dessus, on m’a déshabillée, écarté les jambes (sonde urinaire, youpi) et les bras (vas-y que je cherche une veine dans chaque bras, et surtout vas-y que je ne la trouve pas, aïe), on m’a donc fait 7 trous en tout dans les bras, collé du sparadrap partout pour faire tenir les trucs (je me souviendrais trop tard que j’y suis allergique, donc bras qui démangent et plaies purulentes pendant un mois…) et on m’embarque au bloc.

Ensuite, rachi-anésthésie qui fait super mal (faut pas bouger, madame !!! bah j’essaie mais les sanglots, ça fait bouger, désolée…) et puis je m’allonge et ils commencent. On me remue tellement sur la table que je pense que je vais tomber. J’ai la sensation que le chirurgien pose un pied sur ma hanche pour mieux tirer mon bébé hors de moi, je ne sais pas si l’image est parlante.

Quelques minutes plus tard, bébé est là, «Il va bien, ne vous inquiétez pas ! » (bah oui, ils n’ont même pas regardé le sexe, et donc ne m’ont pas mise au courant…), ils me la montrent vite fait et l’embarquent, puis me recousent. [J’apprendrais plus tard qu’il y avait du méconium dans le liquide amniotique, ce qui explique la détresse fœtale ; j’apprendrais encore plus tard que certains établissements laissent bébé avec la mère en peau à peau avec une couverture de survie et une sage-femme qui assiste la mère pour le premier contact, voire la première tétée, pendant qu’on la recoud, alors qu’à moi on m’a répondu sèchement « Ah non, on ne laisse pas les bébés au bloc, il fait trop froid ! » comme si j’évoquais un truc hautement impossible, stupide et dangereux.]

Les jours qui ont suivi n’ont pas été très joyeux non plus, je n’ai pas réussi à poursuivre l’allaitement plus de cinq jours, pour plein de raisons mais j’en veux à l’équipe qui n’a pas respecté mon projet de naissance (mise au sein le plus vite possible, pas de biberon…). L’allaitement a donc commencé trop tard, bébé était trop faible pour téter assez longtemps donc sonde gastrique, en plus je n’avais pas assez de lait (sûrement en partie à cause de la césarienne, et puis par manque de stimulation, étant donné qu’ils lui ont donné des biberons ou l’ont nourrie par sonde le premier jour et les deux premières nuits, puis m’ont donné comme conseil [consigne ?] de ne lui proposer qu’un sein lors de la tétée…). Je me suis rendue compte également que l’on ne m’avait pas forcément bien conseillée à propos de tout ce qui touche l’allaitement, particulièrement les positions conseillées, surtout lorsqu’on a eu une césarienne (à aucun moment on ne m’a parlé d’allaiter couchée, pourtant je souffrais et étais épuisée, ça m’aurait bien aidée je pense). Les bouts de sein en silicone ainsi que les téterelles du tire-lait n’étaient pas à ma taille, le personnel m’en a informé uniquement après ma décision d’abandonner à cause des crevasses qui m’obligeaient à allaiter en pleurant, en m’accrochant à quelque chose ou quelqu’un et parfois même en criant…

J’ai pris conscience de toutes ces choses qu’on fait subir aux femmes « pour leur bien » ou « pour le bien de leur enfant » quelques mois après, grâce à une amie.

Par la suite, j’ai fait beaucoup de recherches sur internet et lu de nombreux témoignages de naissances « normales », c’est-à-dire représentatives de la norme actuelle (déclenchement sans raison médicale, rupture de la poche des eaux, injection d’ocytocine, épisiotomie « surprise » et autres césariennes décidées car le « cap » des X heures était passé et que la politique du service exigeait que…) ainsi que de naissances respectées, qui j‘espère redeviendront un jour la norme.

Pour ma part, j’espère ne jamais plus vivre ce genre d’expérience et espère une naissance à la maison, seul endroit où je serai sûre que mes choix seront respectés avant, pendant et après la naissance.

 

#02 Isabelle – Vaucluse – 2007

28 Jan

Bonjour

Je m’appelle Isabelle.  J »ai 31 ans.  Il y a cinq ans, le 29 août 2007, j’ai mis au monde un petit garçon Jérémy à la maternité ****** dans le Vaucluse.  J’en ai un souvenir mitigé.  Tout d’abord c’était mon premier enfant, mon premier accouchement.  Je l’ai vécu comme si j’avais été spectatrice.

Un grand établissement très « anonyme »

On a été accueilli puis mis dans un box en venant très peu me voir puis quand ils sont venus j’étais dilatée a 5.  Ils ont décidé de me faire une prise de sang pour voir si je pouvais « bénéficier » de la péridurale puis j’ai été mise dans une des salles d’accouchements toute seule avec mon mari.  Personne ne venait sauf pour me dire « ça ne sert a rien de gémir ça ne viendra pas plus vite » . Puis la péri posée, elle n’a pas marché.  J’avais les contractions par les reins tellement douloureuse que je me suis mise en position antalgique sur le côté pour essayer de maitriser ses contractions mais une sage femme m’a dit « mettez vous sur le dos, c’est pour ça que la péridurale ne marche pas ».

Sans parler du bassin qu’il m’ont mis en restant à trois autour de moi….

Quand les contractions se sont amplifiés, je sentais le bébé pousser.  Elles m’ont dit »s’il pousse retenez le ce n’est pas possible qu’il arrive maintenant », l’anesthésiste touchée par mon faciès leur a ordonner de m’ausculter j’étais a 10. Jérémy arrivait après 25h de travail.

4kg 55 cm et selon eux j’avais fait « un monstre »

Ce fut un moment magique pour moi et mon mari de découvrir ce poupon que l’on m’a mis sur le ventre après l’avoir nettoyé. Ca qui m’a beaucoup manqué ce premier peau a peau.  Aujourd’hui, Jérémy a 5 ans et je suis une maman comblée d’autant plus qu’il a depuis un an une petite sœur qui est née a la maternité de mode en Lozère, une maternité géniale  Je n’ai pas été seule un seul moment;  une sage femme rien que pour moi et un encadrement merveilleux. Chiara est née après 30h de travail; péri qui n’a pas fonctionné non plus et rachi anesthésie non plus.

Mes deux enfants sont mes amours et leur arrivée, je m’en souviendrai toute ma vie.  Avec des larmes que j’en parle car ce fut des moments très douloureux, certes atténué par leur amour qu’ils me rendent.