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2 accouchements, en Belgique (Brabant Wallon)

26 Nov

Je suis loin d’avoir eu les accouchements dont je rêvais, mais ce n’est pas pour autant que, globalement, je me suis sentie bafouée dans le respect de la majorité de mes choix.

Toute l’histoire de mes enfants est médicalisée, du début à la fin, et pourtant, nous avons eu la chance de rencontrer des membres du corps médical humains, pour la plupart attentifs et à l’écoute.  Je voudrais les remercier pour ça, et pour toutes les vies que ces personnes créent et sauvent chaque jour.

Après une longue attente douloureuse, nous plongeons tête la première dans le monde de la PMA. Les journées et les semaines rythmées par les injections à heure fixe, les échographies, les prises de sang à en avoir les veines abîmées… Le stress de l’heure du déclenchement de l’ovulation, la ponction d’ovocytes, l’hyperstimulation, avec ponction de liquide ascitique presque sans anesthésie parce que mes veines étaient impossibles à pénétrer (déshydratation), les journées d’hospitalisation puis de repos strict, seule, sans soutien, parce que c’était notre choix… La déception de devoir encore attendre, puis l’excitation du nouveau traitement, la course aux prises de sang et échographies, enfin le transfert. Envers et contre tout, malgré l’impudeur totale de toutes ces situations, mon mari et moi arrivions toujours à garder un peu de magie et de tendresse, en rêvant de lumières tamisées, de musique douce, de caresses, au lieu de la violence et de la froideur de ces lumières vives, des voix autour de nous s’essayant à des plaisanteries qui sonnaient faux, des protocoles déshumanisés au possible (“Madame X: 2 embryons, insémination intra-utérine”).

C’est finalement un seul beau bébé qui a choisi de faire son nid en moi, durant ce beau mois d’octobre 2009. Que d’émotions et de larmes de joie le matin de ce test de grossesse! Je n’ai pas attendu la prise de sang (encore une), pas question qu’on m’enlève ce moment magique: attendre, le coeur battant à tout rompre, de voir si la 2ième barre du test allait se montrer!

Nous avons quitté la PMA pour un temps, trouvé une gynécologue parfaite: humaine, attentive, à l’écoute de nos questions, qui ne prescrivait jamais d’examens non indispensables (jamais il n’a été question pour elle de me faire passer le test ‘o sullivan pour le diabète par exemple), faisait les prises de sang elle-même, délicate lors des examens (TV seulement en fin de grossesse), et disponible à toute heure du jour ou de la nuit, WE compris, pour aider ses patientes à mettre au monde leur enfant.
La grossesse s’est très bien passée, nous avons fait de l’haptonomie en préparation à la naissance, nous parlions beaucoup à notre bébé tant désiré, tant attendu. Nous voulions pour lui une naissance douce mais sécurisée. Je préférais accoucher à l’hôpital, d’autant que je savais que ma gynécologue serait présente : ça me rassurait beaucoup.
Nous avons fait un projet de naissance, demandant entre autre que je puisse rester mobile le plus longtemps possible, qu’on évite l’épisiotomie, qu’on évite de percer la poche des eaux de façon artificielle, qu’on n’emmène pas mon bébé loin de moi, que le Papa ait toute sa place, qu’il puisse couper le cordon, etc.

36SA et quelques. Ma prise de sang mensuelle n’est pas bonne et la gynécologue m’appelle personnellement pour me fixer un nouveau rendez-vous le mardi suivant.
Le matin, je pars travailler comme d’habitude, je quitte mon boulot juste dans l’idée d’un aller-retour pour un contrôle, mais je n’y retourne jamais. Ma gynéco m’invite fermement à rentrer me reposer et veut me revoir le vendredi, avant le WE.
Je ne suis pas très inquiète car, bien qu’elle suive mon évolution de près, elle n’est pas alarmiste, reste calme et m’explique juste ce qu’il faut en des termes simples pour que je comprenne la situation sans que ça induise en moi aucune panique.  Le vendredi, j’ai toujours plus de protéines dans les urines, la tension toujours haute (15/10) malgré le traitement per-os qu’elle m’a donné. Elle promet de m’appeler en fin de journée pour me tenir au courant des résultats de prise de sang.

Je rentre chez moi, m’allonge, parle à mon bébé, caresse mon ventre, profite du calme. J’ai quelques contractions comme depuis le 4ième mois de grossesse, mais pas de travail en vue. Vers 17h30, la gynécologue m’appelle personnellement. Sa voix est calme, posée, elle prend toutes les précautions pour ne pas m’alarmer outre mesure, mais quand elle me dit de boucler ma valise et de me rendre à la maternité “pour surveillance pendant le week-end”, je prends conscience que la pré-éclampsie se confirme et que mon bébé et moi-même sommes peut-être en danger. Je panique, je fonds en larmes, j’appelle mon mari pour qu’il revienne au plus vite, j’appelle ma maman qui essaye de me rassurer tant bien que mal. J’arrive enfin à retrouver un peu de sérénité, je termine ma valise, rajoute 2-3 bouquins dedans en prévision d’un long week-end d’ennui et dès que mon mari arrive, nous prenons la route de la maternité.

Arrivée sur place à 20h, une sage-femme m’accueille avec le sourire en me demandant si je suis la patiente de A. (prénom de ma gynéco-bonne fée). Je lui remets mon dossier médical (dans lequel j’ai glissé mon projet de naissance). Comme (soit-disant) toutes les chambres sont prises, on m’installe en salle de travail pour prendre mes paramètres. Monitoring ok, tension 16/11, protéines dans les urines +++, la prise de sang de ce matin montrait une augmentation en flèche du taux d’acide urique et une chute des plaquettes… C’est pas bon du tout.

21h, l’assistant de gynécologie qui est de garde pour la nuit vient m’annoncer froidement que vu la situation et à ce terme de la grossesse (37 SA+2), mon bébé sera plus en sécurité dehors que dedans. “A minuit on vous déclenche, reposez-vous” et il tourne les talons…

Mon mari rentre à la maison manger un morceau, prendre une douche, ramener l’appareil photo, les derniers vêtements pour bébé qui séchaient encore et est de retour vers 23h.
Durant son absence, j’essaye de me reposer sur le lit qu’on a installé dans la salle, mais je parle surtout à mon bébé et je prie. Dans quelques heures, je serai maman.

Samedi 19 juin, 00:30, une sage femme entre, re-monitoring, pose d’un cachet au niveau du col et d’un cathéter “au cas où”. Je suis à 1,5 cm d’ouverture. Le protocole est lancé. Vers 1h00, on m’enlève le monitoring, on apporte une couverture pour que mon mari puisse dormir un peu sur la table d’accouchement et on nous laisse dormir jusqu’au matin.
Vers 6h00, les contractions commencent à être un peu douloureuses, je ne peux plus rester couchée ni sur le dos, ni sur le côté. Je me mets à 4 pattes dans le lit et fais des mouvements circulaires du bassin à chaque contraction en respirant profondément.
7h30, on réveille le futur papa et la sage-femme m’examine. Je suis à 2 doigts larges, un 2ième cachet ne sera pas nécessaire : le travail a commencé. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, me voilà branchée au monitoring non stop, et au tensiomètre qui prend ma tension toutes les 3 minutes. Je demande à rester mobile. La sage-femme m’apporte un ballon, qu’elle place juste à côté du lit, de sorte que je puisse l’utiliser malgré le monitoring et le tensiomètre. Je fais du ballon jusque 11h, avec mon mari qui m’aide à chaque contraction en appuyant sur mon sacrum. La sage-femme a proposé de la musique. Le travail est rythmé par le même CD qui tourne en boucle, mais ça me convient. Je suis dans ma bulle et je gère bien, je visualise l’ouverture du passage pour mon bébé.

11h00, je suis à 4cm. L’anesthésiste de garde (c’est le WE) est dans le service, et on ne me laisse pas trop le choix: on me pose la péridurale en me disant que ça fera baisser la tension. J’étais bien, dans ma bulle, j’aurais bien continué encore mais on me fait comprendre que c’est maintenant ou jamais et je n’ose pas refuser.

Avec la péridurale je dois rester couchée. On regarde un petit bout de film avec mon mari, il trouve le temps long. A cause de la péridurale aussi, le travail ralenti, les contractions sont moins régulières, plus espacées, moins fortes. Un traitement en appelle un autre, me voilà sous ocytocine. Le travail reprend. Je suis à 5 cm d’ouverture, mais mon bébé est encore trop haut. La SF nous suggère de faire de l’haptonomie pour le faire descendre. Nous passons une petite demi-heure à faire descendre notre bébé par l’haptonomie. Quand la sage-femme revient, il est bien descendu et elle perce la poche des eaux. Je demande si c’est vraiment nécessaire mais elle dit que ça va accélérer le travail. Je laisse faire.
En effet, le travail s’accélère, les contractions sont plus rapprochées, plus douloureuses. C’est impressionnant à voir sur le monitoring. La péridurale ne fait presque plus d’effet. En 3 contractions, je passe de 6 cm à 8 cm d’ouverture. Je suis tellement surprise par l’intensité de la douleur que je me mets à pleurer juste au moment où ma gynécologue-bonne fée arrive.
En 1 heure, je suis passée de 5 cm à dilatation complète. J’ai trop mal sur le dos, je demande à me mettre sur le côté. On fait un test de poussée dans cette position. Je voudrais accoucher comme ça, mais la sage-femme me demande de me remettre sur le dos pour que la gynécologue puisse m’examiner. J’ai tellement mal en bougeant que j’abdique: je ne veux plus bouger, j’accoucherai sur le dos. La douleur a changé, je sens mon bassin comme brûlant, écartelé.
J’ai très peu de souvenir des poussées, aucune idée du temps de l’expulsion. Le papa va voir quand la gynéco annonce qu’elle tient entre ses doigts une mèche de cheveux de notre tout petit. Encore quelques poussées et voilà C. sur mon ventre. Dès que je le vois, je le trouve si beau! Il ne pleure pas, me regarde avec ses grand yeux. Mon mari coupe le cordon, puis a la présence d’esprit de sortir l’appareil photo pour immortaliser les premiers instants. C. gémit un peu, il a un peu de difficultés à respirer. On appelle le pédiatre qui lui fait une petite aspiration sur la table prévue pour les soins juste à côté de moi, puis on me rend mon bébé pour un peau-à-peau de presque 2 heures.

J’expulse encore le placenta. La gynécologue et la sage-femme appuient fort sur mon ventre, ça fait trop mal! La gynécologue va quitter la chambre, quand elle voit la sage-femme appuyer encore sur mon ventre et une floppée de gros caillots de sang sortir. D’un seul coup son air devient grave, sa voix claque à l’attention de l’étudiante sage-femme: “Redonnez-moi une blouse!” Je fais une hémorragie. Elle me dit juste : “Je vous embête encore un peu.”,  et elle plonge sa main, son avant-bras dans mon utérus pour me fait une révision utérine. C’est douloureux. Elle sort un petit morceau de placenta qui était resté là. Elle a eu le bon réflex. Mon périnée est aussi intact.

Enfin la salle se vide. Plus de pédiatre, plus de gynécologue, plus de sage-femme, ni d’étudiante sage-femme, juste nous 3.

C. met un peu de temps avant de prendre le sein, mais quand il se décide, il  boit gouluement. Je crois bien que c’est ça, le bonheur!

 

Octobre 2011, c’est reparti pour le traitement, les échographies de contrôle, les prises de sang, le transfert d’embryons. Cette fois ce sont 2 petits coeurs qui se mettent à battre en moi! Une nouvelle grossesse pleine de questions, d’inquiétudes pour notre future organisation.
La grossesse se passe bien, le suivi médical est un peu plus intensif  (échographies plus poussées, chez un spécialiste en diagnostic anténatal).  A partir du 5ième mois, un des bébés trouve sa place la tête contre mon col, blotti le long de mon côté droit. L’autre bébé fait des cabrioles dans le reste de l’espace, mais a une fichue tendance à aller coincer sa tête sous mes côtes, ce qui rend toutes mes positions inconfortables. Très tôt dans la grossesse, j’ai des contractions, une vingtaine par jour. Le col tient bon, mais raccourcit à chaque contrôle. Je suis arrêtée à 26 SA. Rien que la position assise me donne des contractions, alors je deviens copine avec la position allongée sur mon canapé. J’essaye de vivre le plus sereinement possible la distance que ça crée malgré tout avec mon “grand” de pas encore 2 ans.

Je rêve d’un accouchement par voie basse, passé 37 SA, pour éviter la néonat, je me fais un film parfait, le peau-à-peau partagé avec le papa… Mais passé 32 SA, ma gynéco commence à me parler chaque semaine de la possibilité d’une césarienne, car le bébé le plus haut est en transverse. Je pleure de devoir en passer par là, mais j’ai le temps de m’y préparer, et je rédige un projet de naissance en partant sur le scénario de la césarienne.

Lors de mon rendez-vous des 35 semaines, la prise de sang s’emballe. De nouveau: pré-éclampsie. Ma gynéco demande que j’entre à la maternité pour surveillance. C’est donc chose faite le jeudi 7 juin dans l’après-midi: analyses d’urines sur 24h, plusieurs monitorings, prise de sang, etc.
Ma tension était correcte, la prise de sang moyennement stable. Rien de catastrophique, j’ai au fond de moi l’espoir de rentrer chez moi pour le WE. C’est trop tôt, je veux tenir mes bébés encore au chaud.

Vendredi 8 juin, re-monitoring (un bébé tachycarde), re-prise de sang, tension un peu élevée. On me fait une échographie pour vérifier le positionnement des bébés et un doppler pour vérifier que tout va bien au niveau des cordons.
On envoit les urines au labo. Entre-temps, ma gynécologue qui était dans l’hôpital pour un autre accouchement, passe me voir. Elle s’assied à côté de mon lit et m’explique qu’elle a reçu les résultats de la prise de sang du matin. L’acide urique a augmenté, les plaquettes sont de nouveau en chute libre, etc. Elle préfère ne pas prendre le risque d’attendre car au vu de mes antécédents et du fait qu’il y a 2 bébés, la situation peu devenir catastrophique en moins d’une heure. Elle m’annonce une césarienne dans l’après-midi, quand une salle d’opération se libèrera. Elle prend quelques minutes pour répondre à mes questions: “Est-ce que le papa pourra être présent?” elle me répond que ça ne lui pose pas de problème, mais que c’est l’anesthésiste qui décide; “est-ce que mes bébés vont aller en néonat?”: 48h pour surveillance au moins…

A peine est-elle sortie de la chambre (je n’ai pas encore digéré l’information) que 2 sages-femmes entrent dans ma chambre, prennent ma tension (qui explose, évidemment, vu le stress de ce que je viens d’encaisser), me donnent de l’isobétadine pour que je prenne une douche, me rasent le haut du pubis. J’arrive quand même à prendre quelques minutes pour prévenir mon mari. On ne m’a pas donné d’heure. Mon plus grand stress est qu’on m’emmène au bloc alors qu’il n’est pas encore arrivé.

Je donne aussi des coups de téléphone pour organiser la garde de mon aîné qui se trouve à la crèche. Lorsque tout est réglé, je me douche (au moins j’ai la paix) puis j’essaye de me relaxer. On me met sous monitoring jusqu’au départ en salle d’opération. Ma puce tachycarde, le monito bip chaque fois qu’elle dépasse 200 bpm. Au bout d’un moment, comme ça m’angoisse, je demande qu’on coupe cette alarme pour me permettre d’essayer de retrouver un peu de sérénité et de parler à mes bébés.
Lorsque mon mari arrive enfin, je fonds en larmes de soulagement.

On nous emmène finalement un peu passé 18h. J’ai froid, je tremble de façon incontrôlée. Plus j’essaye de me maitriser, plus les tremblements sont forts. Je ne sais toujours pas si mon mari pourra être avec moi.

Dans la pièce attenante à la salle d’opération, l’anesthésiste nous annonce enfin que mon mari pourra être à mes côtés, ma gynécologue vient me saluer en mettant son masque et me rassure d’un sourire. Pour me poser la rachianesthésie, je dois m’asseoir sur la table d’opération et faire le dos rond (facile avec un ventre énorme, 1 tête dans les côtes et l’autre contre le col). Une infirmière me propose de m’appuyer sur elle. Elle m’invite à vraiment me laisser aller, elle a bien chaud, je lui demande si je peux l’enserrer par la taille et poser ma tête sur son épaule. Elle est rassurante, un vrai contact humain qui me fera beaucoup de bien.

Lorsqu’on me couche, tout le monde s’agite autour de moi: pose de perfusion, tension, prise de pulsations cardiaques, barbouillage de désinfectant, pose du champ, … Sont présents la gynécologue, l’assistante gynécologue, 2 sages-femmes, 2 infirmières, 2 pédiatres, l’anesthésiste… Enfin on vient asseoir mon mari à côté de moi, et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, B. est sorti. Je verse une larme en entendant son cri, ça me fait réaliser! Je peux le voir (il ressemble à son frère!), le toucher une minute puis on l’emmène.
Deux minutes plus tard, C. crie à son tour, tousse un peu, elle a avalé un peu de sang et de liquide mais elle va bien, je peux la voir aussi. Mon mari ne sait pas trop s’il doit rester avec moi ou rejoindre les bébés, je l’envoie suivre nos enfants avec mission de veiller sur eux et de faire le peau-à-peau dont je serai privée.

On me recoud puis je pars en salle de réveil, où je n’ai de cesse d’essayer de faire bouger mes orteils pour pouvoir rejoindre vite vite mes bébés et mon mari. Mais on est vendredi soir, il n’y a qu’une infirmière pour gérer tous les patients en salle de réveil et un seul brancardier qui met des heures à revenir entre chaque patient. Au bout d’une heure j’arrive à bouger mes orteils, mais je ne remonterai que 2 heures après leur naissance.
Mon mari m’attend dans ma chambre, sans les bébés. Il a fait plus d’une heure de peau-à-peau avec les 2 bébés, il leur a donné à boire (du lait artificiel évidemment) à la seringue. Une sage-femme vient faire ma toilette puis je peux enfin aller voir mes bébés en néonat, pas loin de 4 heures après leur naissance, alors que j’aurais tellement aimé être là pour leur expliquer ce qu’il s’est passé, pourquoi on les a arrachés comme ça de mon ventre. Je prends un, puis l’autre dans mes bras. J’essaye une mise au sein mais je ne me rappelle plus si elle est concluante…

Je passe la nuit sans dormir, à surveiller les heures et tirer un maximum de colostrum que je mets dans des petites seringues, pour que mes loulous aient un peu de mon lait toutes les 3 heures. Au milieu de la nuit j’appelle une sage-femme, je suis en pleurs tellement j’ai mal, malgré la perf d’antidouleur et la pompe à morphine! L’ocytocine dans la perf est réglée comme pour une maman qui n’allaite pas, donc la dose de médoc plus la stimulation due au tirage intensif de mon colostrum fait contracter énormément mon utérus. La sage-femme diminue la vitesse de la perfusion parce que j’insiste pour qu’elle fasse quelque chose.

Le lendemain, une bonne surprise : comme mes bébés ont été stables toute la nuit (et qu’il y a 9 bébés en néonat pour une seule sage-femme de garde le WE), on me les amène dans ma chambre! Une seule condition à ça : les allaiter toutes les 3 heures ET leur donner un complément de 5ml (lait maternel si j’arrive à avoir assez, ou lait artificiel si je n’y arrive pas).
Je tiens à mon allaitement, et comme ils sont petits (2kg180 et 2kg340) et que je les veux près de moi, j’accepte. Toutes les 3 heures, je les change pour bien les réveiller, et je les mets aux seins (avec de l’aide au début pour la tétée en simultané). Je vois, sens et entends parfaitement qu’ils tètent très bien, prennent de bonnes quantités et lâchent le sein d’eux-même au bout de 15-20 minutes lorsqu’ils ont assez bu. Cette histoire de complément ne sert strictement à rien, mais je tire encore en plus entre les tétées. Mais mon corps a des limites et le lendemain on me demande de donner 10 ml de complément à chacun en plus des tétées. Je les vois arriver avec leurs biberons de lait artificiel… Je refuse et dois négocier avec le pédiatre, qui accepte finalement de ne pas donner de complément à condition que je les pèse avant et après chaque tétée pour vérifier qu’ils ont bien bu.
C’est absolument inutile à mes yeux, mais je n’ai pas le choix.

A partir du 4ième jour, j’arrive à installer seule mes bébés pour la tétée en simultané. La 7ième nuit, veille de mon départ de la maternité, une sage-femme exige que je l’appelle pour qu’elle puisse “observer et vérifier” comment je mets mes bébés au sein! C’était comme un examen de sortie, si je n’y arrivais pas, je ne pouvais pas sortir… J’ai donc patiemment changé mes bébés, les ai installés prudemment sur mon lit, ai positionné mon coussin d’allaitement, 1 bébé, puis l’autre, sous l’oeil scrutateur de la sage-femme qui a pu noter sur son dossier que j’étais apte à m’occuper de mes bébés seule… Je me suis sentie infantilisée au possible, mais nous avons pu rentrer à la maison.

Ma gynéco-bonne fée est passé chaque jour voir comment j’allais, répondre à mes questions, vérifier ma cicatrice, me tenir informée de l’évolution de mes prises de sang. Elle a été extra.

Nous sommes environ 1 an après la naissance de mes jumeaux. Ces histoires imparfaites mais avec beaucoup de bons côtés malgré tout, restent gravés dans mon coeur. Mon projet est de suivre une formation d’accompagnante à la naissance, afin d’aider les futures mamans à avoir confiance en elles, en leur ressenti, à leur apporter toute l’information nécessaire pour leur permettre de faire des choix éclairés, Leurs choix, et les rendre actrices de leur grossesse et de leur accouchement.

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Margaux, en Vendée en 2012

20 Mar

Le 8 février 2012 vers 16h

Tout d’abord je tiens à vous dire que j’ai passé une grossesse idéale, aucune contraction, quelques maux les premiers mois mais rien de bien important, je me suis sentie bien malgré les 22 kilos pris…

Aujourd’hui tout commence comme une journée banale, je passe chez ma maman en début d’après midi, je sauve un petit oiseau qui a tapé dans la baie vitrée et je pars rejoindre des copines à 20 minutes des chez moi. Tout va pour le mieux on discute,on rigole et on décide d’aller faire quelque courses à pied, on met 15 min pour y aller et 15 min pour revenir. Il est aux environs de 16h et je n’arrête pas d’aller aux toilettes, j’y vais toutes les 10 minutes je trouve çsa bizarre mais je ne m’inquiète pas et puis je commence à me sentir bizarre je n’ai pas mal mais comme des bouffées de chaleur, mes copines me trouvent rouge et rigolent en me disant « tu vas voir c’est pour ce soir!!! » et moi je dis « non, pas question ce soir il y a Greys Anatomy a la télé !!  » et c’est comme ça toutes les 30-45 min.

Je décide de rentrer chez moi, je passe chercher du pain pour ce soir et je rentre aux alentours de 18h30. J’appelle une copine et je lui dis que je ne suis pas très bien, elle regarde sur internet pour savoir si ce sont des contractions, on rigole, on discute…je ne fais que de faire pipi je ferais mieux de rester sur les toilettes j’y vais toutes les 5 min.

A 20h, mon homme arrive du travail, il me voit pas très bien et en effet je commence à comprendre que c’est pour bientôt…j’ai mal mais je gère, je prend une douche, je me mets en pyjama et m’installe sur le canapé devant ma série préféré. Mon homme mange, moi je n’ai pas faim.Il commence à compter le temps entre 2 contractions, elles ne sont pas régulières, ellses arrivent toutes les 5 à 10 minutes.

A 22h, je m’habille et chéri met les affaires dans la voiture, on décide de partir à la maternité qui est à 30 minutes de chez nous, il fait -10 dehors mais je n’ai pas froid !

22h30 on arrive enfin après avoir failli écraser un renard… on rentre par les urgences, un homme à l’accueil nous conduit au service de la maternité, une grande femme aux cheveux gris nous accueille, c’est l’aide soignante et une petite femme brune se présente c’est la sage femme.
On m’installe dans une petite chambre, je me déshabille et on me fait une analyse d’urine, la sage femme m’examine, je suis à 3 cm. On me fait un monitoring de 30 min,tout va bien mais mes contractions ne sont pas régulières. On me met un cathéter pour la perfusion,on me propose la péridurale, je refuse pour l’instant je gère.

Vers 23h30,on me propose un bain avec de la musique douce, j’accepte volontiers j’adore les bains et je n’ai pas de baignoire chez moi. Les contractions sont de plus en plus douloureuses et j’ai chaud dans la baignoire je sors au bout de 30 minutes.

Je retourne dans la petite chambre, elle me réexamine, je suis à 6 cm, ça avance vite ! Elle me repropose la péridurale, j’accepte même si je gère toujours j’ai tellement peur de la sortie que je la prends. On m’emmène en salle d’accouchement,il est aux alentours de minuit je crois.

L’anesthésiste arrive, je me souviens même plus de son visage, il me nettoie le dos, me fait faire le dos rond, me fait une première piqûre puis une deuxième. J’ai mal, je tremble de partout. C’est fini, je ne sens presque rien maintenant, on attend…

Vers 1h30 on me perce la poche des eaux et on me sonde la vessie, je ne sens rien. Je ne sais même pas où  j’en suis. Chéri boit un café et moi j’ai soif et envie de vomir mais je ne peux rien prendre et rien boire.

2h je suis à 10cm, on me met assise et je ressens les contractions, on attend que bébé descende un peu

2h15 je pousse mais j’ai mal, je n’arrive pas à respirer je stresse et tremble, j’ai peur…. Puis il me gêne je pousse de toute mes forces et le voilà enfin 2h32 mon fils pousse son premier cri , il est magnifique et propre, il a juste quelques gouttes de sang comme j’ai déchiré un peu malgré les compresses chaudes.
Je le garde sur le ventre, chéri coupe le cordon puis on me le prend et on le donne à chéri.

Le placenta ne veut pas sortir, elle appelle une acupunctrice pour aider à redéclencher des contractions mais quand elle arrive, il sort ; Je saigne beaucoup, elles font une drôle de tête et moi je tremble j’ai froid et soif. Elle me fait une révision utérine j’ai atrocement mal mais je ne saigne plus,elle me recoud et c’est enfin fini on me laisse tranquille, je ne suis même pas fatiguée, je veux manger et boire !!!

Sacha est habillé,il pèse 3k320 et mesure 51 cm, il a les yeux de son père, on me le ramène et il rampe sur mon ventre pour attraper le sein, elle m’aide à le positionner au sein gauche, il tète très bien puis s’endort.

Mon accouchement aura été rapide, 4h pour un premier c’est bien.

Vers 5h,on me ramène dans la chambre, Sacha et Chéri dorment et moi je mange un bon petit déjeuner et j’appelle ma maman, mon papa et ma belle sœur et j’envoie un message à toutes mes copines. Je n’aurai pas dormi de la nuit, je suis tellement heureuse.

Le séjour à la maternité fut assez dur malgré les nombreuses visites et le retour a la maison aussi,  je pleure beaucoup mais je peux compter sur ma belle soeur qui vient me voir tous les jours et mon chéri bien sûr .Puis ça passe en 3 semaines et tout rentre dans l’ordre c’est le bonheur !

Aujourd’hui,Sacha a 13 mois et il est toujours allaité et nous comble de bonheur!

#237 Anonyme

7 Mar
Voici l’accouchement de mon 2eme enfant :Le 24 vers 2h30 je me réveille en sursaut en sentant du liquide jaillir entre mes jambes, je pense avoir perdu les eaux, je cours à la salle de bain, allume la lumière et là horreur je découvre en fait du sang!
Zhom s’est réveillé je lui demande mon portable, j’appelle ma SF (j’avais prévu un AAD) complètement paniquée, elle m’explique que c’est sans doute le col qui saigne ce n’est pas forcement grave, si ça s’arrête de couler je peux me recoucher. Sauf que ça ne s’arrête pas et j’ai vraiment peur donc je décide de partir a la mater la + proche, celle où n°1 est né.
J’appelle ma mère pour la prévenir et on dépose n°1 chez elle qui habite sur le chemin de la mater.Vers 3h30 on est aux urgences, accueillis par une nana super charmante qui m’aurait laissée crever à la porte parce que j’ai pas de dossier! Super ça commence bien moi qui déteste les hôpitaux!
Une sage-femme va m’installer et appeler un interne pour me faire une écho, les saignements viennent peut être du col mais il n’est même pas sûr. Je suis dilatée à 2 doigts larges et j’ai des contractions régulières mais pas vraiment douloureuses, on me passe en salle de travail pour voir comment ça évolue.

Une demie heure plus tard j’ai une horrible sensation sur le rectum, je fais appeler la sage femme, c’est normal c’est bébé qui descend, toujours à 2 doigts larges.
Encore 30min plus tard je douille sévère je fais rappeler la sage femme : vous êtes à 8!!! a ben tu m’étonnes que je douille!
On passe en salle de naissance, la SF me propose de percer la poche pour aller encore + vite, niet!, les contractions sont vraiment intenses je m’accroche à zhom et je me surprends à faire des cris aigus qui font du bien!
Je commence à avoir envie de pousser, et paf pendant une contrax la poche explose.
La SF arrive pour commencer a pousser, c’est là que ça se corse, j’y arrive pas, elle m’aide pas elle préfère me dire que je suis nulle pour pas y arriver sans péri!

Après plusieurs poussées ils m’annoncent que la petite a le visage en 1er et est donc coincée. Je suis épuisé, on me pose une spatule, sans péri j’ai douillé mais j’ai senti ma puce passer c’est juste magnifique!

Ça y est 6h32 est là elle pèse 3kg350 et mesure 50,5cm. Je vais l’avoir seulement 2 secondes sur le ventre car l’hémorragie viens apparemment du placenta, il a 15min chrono pour sortir, ce qui ne va bien évidement pas arriver donc anesthésie générale et révision utérine.
Heureusement j’ai dormi a peine 3/4 d’heure, à mon réveil on m’a redonné direct la puce. J’ai dû rester 8h en surveillance en salle de travail (mon dieu que c’est long!) mais la puce a pu rester contre moi tout le temps.
Dès mon retour en chambre j’étais en forme et j’ai pu me lever, la miss allais très bien mis a part des petits vaisseaux éclatés sur son visage, elle n’a pas eu le droit de prendre le sein tout de suite a cause de l’anesthésie mais heureusement ça n’a pas posé de problème pour prendre le sein ensuite.
J’ai demandé une sortie anticipée, me voila donc rentré tranquille a la maison au bout de 2 jours!

Emilie, en 2009

3 Mar

La naissance surprenante et rapide de notre soleil :

Un premier bébé qui a mis du temps à arriver, notre fille, notre fierté…Et un 11août, quelques mois après sa naissance, nous apprenons en ce dimanche matin que les miracles existent …Après notre lune, un nouveau bébé surprise va faire son entrée dans notre vie, ils auront 15mois d’écart …

9mois passent, grossesse difficile, très médicalisée, trop à mon goût mais c’est nécessaire pour la santé de maman et de bébé… mais tellement hâte de savoir qui se cache cette fois dans mon bidon et de tenir ce pti soleil dans nos bras…

Toute la semaine, pas mal de contractions suite aux séances d’acupuncture pour maturer le col qui est déjà ouvert à 2. C’est toujours ça de gagné…

Notre fille étant malade je demande à bébé d’attendre que sa sœur aille mieux avant de naître pour que je puisse être sereine et ouf, le mercredi, elle va mieux et bébé est encore au chaud…

Le vendredi 10 avril : dernière séance d’acupuncture pour le col et essayer d’activer le travail si bébé est prêt, dès la fin de la séance des contractions plus ou moins gênantes se font sentir …Je suis sereine et contente, ça se prépare …la nuit ça continue c’est fatiguant mais c’est bien …En plus tout est réuni pour que bébé arrive puisque ma belle maman est arrivée pour garder notre puce au cas où …

Samedi 11 avril : contractions plus fortes mais pas trop douloureuses toute la journée, je me dis que j’aimerais savoir où j’en suis mais pas envie d’aller à la maternité je sens que c’est bien trop tôt, je patiente tranquillement et je gère au mieux …

La nuit de samedi à dimanche : le bonheur total bébé me laisse dormir !!! seulement 1 contractions mais très douloureuse celle-là, la seule et l’unique à 4h22 du matin me réveille en sursaut …J’attends donc la prochaine vu l’intensité de la douleur …Elle n’arrivera pas, bizarre…Je me rendors jusque 7h, ça fait des mois que je n’ai pas fait une aussi bonne nuit et je ne peux m’empêcher de penser que bébé veux que je me repose avant LE grand moment…

Dimanche 12 avril :

Réveillée à 7h donc je me sens étrangement bien, sereine, et de suite dès le réveil des contractions, quand j’en parle à mon homme ou aux copines je dis qu’elles sont largement gérables mais au fond de moi j’ai mal, je sens, je sais que c’est pour bientôt, aujourd’hui ou demain ? Je l’espère aujourd’hui …On verra…Chéri le ressent …
Je vais aux toilettes, j’y suis bien, ça travaille, les contractions reviennent toutes les 5 minutes et à partir de ce moment là je décide d’arrêter complètement de compter les minutes entre chaque, je veux juste ressentir, faire confiance à mon corps et à notre bébé…

Je bois juste un thé pas envie de manger … Je m’installe dans le canapé avec mon bouquin (un super livre, le dernier de Guillaume Musso que j’avais entamé depuis plusieurs jours et ce matin là je me dis que je veux vraiment connaître la fin avant d’accoucher !!!), les jambes sur le ballon en hauteur ça fait du bien et je les balance tranquillement…Je lis jusque 8h30 où je finis mon bouquin trop contente de la fin …

Ma belle-maman s’est levé entre temps et j’avoue ne pas avoir envie de parler je continuerai donc de lire après lui avoir dit bonjour, et elle se recouche pour se reposer…Je ne lui aurai rien dit de mes contractions je suis dans ma bulle …

Vers 9h mon homme se lève, je lui dis juste d’un ton détaché que ça travaille mais sans plus, je ne veux pas l’embêter et risquer aussi de casser mon bien-être j’ai besoin de mes instants à moi à ce moment là.

La matinée se passe comme ça, en douceur malgré la douleur qui devient plus forte d’heures en heures, de temps en temps je me dis que peut-être il serait bien de contrôler à la maternité mais non, pas envie je suis bien à gérer comme ça, dans notre chez nous …

Le midi mon beau-frère vient manger pour Pâques, on mange chinois, je l’aurai eu mon repas !!! Miam je me régale mais n’arrive pas à trop bien digérer … Je suis contente je suis là pour voir ma puce dévorer son premier œuf en chocolat plus gros qu’elle !!! C’est ce que je voulais, voir ma puce souriante avant de partir …Ma puce si petitoune, elle a 15mois et 16jours…L’après-midi passe avec depuis le matin des douleurs intenses, je sais qu’elles sont régulières et fortes, mais encore éloignées, je refuse de regarder ma montre…Je sens que tout va bien…

17H, mon homme emmène tout le monde en ballade, Luna est couchée pour la sieste, ça me pèse d’avoir du monde à la maison, le bruit, le mouvement, j’ai besoin de calme, je préfèrerais que mon homme reste mais c’est délicat …Au moment où il partent, je me remet a parler à bébé, comme le matin, à lui dire que je suis sereine et que je veux le voir maintenant, que je veux savoir qu’il est : fille ou garçon ? Et sa bouille ? J’ai hâte pour la première fois je veux vraiment que ce soit maintenant notre moment…Je me mets sur le ballon et là je décide sans penser aux douleurs de faire bouger mon bassin tout en m’étirant fort pour l’aider à progresser …

17h30, chéri m’appelle, marrant il ne le fait jamais d’habitude et garde juste son téléphone près de lui au cas où… On discute 3-4minutes où je lui dis que c’est bon, je gère et bizarre juste avant de raccrocher je lui dis que non finalement il faut qu’il rentre maintenant, sans courir mais assez vite quand même…

18h, ils sont là, Luna est toujours au dodo, je sais que c’est la dernière fois que je la voyais en tant que ma puce, unique enfant dans notre famille et que bientôt, quand je la reverrai elle sera passée au statut de grande sœur …Mon homme se fait couler un café, fait 2 ou 3 trucs et d’un coup je lui dis qu’il faut se dépêcher maintenant qu’il est temps d’y aller, il comprend, on informe enfin sa famille qu’ils vont devoir veiller sur notre minipuce sans nous, jusqu’ici ils n’ont rien vu ou presque, j’ai réussi à garder ma bulle toute la journée…On charge les sacs, petit coup de blues en jetant un dernier coup d’œil sur la porte de chambre de nana, j’aurais tellement envie de lui faire un bisou mais je n’aurais pas la force de l’entendre pleurer à notre départ donc je m’en empêche …

18h20, je tente de descendre mes 3étages mais 4contractions me clouent, purée que j’aurais aimé avoir un ascenseur ce jour là et pour monter dans la voiture aussi c’est dur, OUILLE !!! Tant pis pour la ceinture j’peux pas m’asseoir …

18h30 arrivée pas loin de la maternité mais …pas de place et je ne veux pas que chéri me laisse là seule et puis je me dis que dans l’optique d’aider bébé, un peu de marche à pied fera du bien mais finalement on sera garés à 500mètres voir plus en bas d’une pente, et je regrette déjà, tellement dur, je crois avoir touché les murs de chaque immeuble et tous les gens que l’ont croise comprennent que j’accouche en me voyant, ce qui me vaut d’ailleurs de jolis sourires que je n’oublierai pas !!! On croise une sage-femme qui finit sa garde et me dit de ne pas me dépêcher que c’est déjà plein !!! Et la dame de l’accueil qui nous dit : « encore une !!! » ainsi que d’autres gens dans le jardin …Je suis pas super rassurée de savoir qu’on est nombreuses à ce point !!!
Et que c’est dur de traverser le jardin !!! Quand on regarde l’heure, je dis à chéri que c’est dommage la puce est née à 19h46, ça aurait été marrant que bébé naisse dans les même heures…

18h40, on sonne au 3ème étage, on voit le personnel courir et passer mais on sonne à nouveau au bout de 5minutes car personne ne vient et je suis entrain de pousser les murs à chaque contraction…Elles sont débordées ça se voit, celle qui vient nous ouvrir nous dit que les 5 salles d’accouchement sont pleines et que c’est toutes des fins de travail !!! Elle nous demande de patienter en salle d’attente, je demande juste un ballon pour continuer d’aider mon bébé et mon homme me fait les points de digitopression dans le dos pour m’aider aux contractions, je souffle c’est dur …

19h, toujours pas de SF dispo…Et là, je dis à chéri : « euh chéri t’avais pas tes chaussures sous moi ? » et lui « non, pourquoi ? » Et moi zen, « rien je viens de perdre les eaux »et malgré la douleur on rigole !!! Il va chercher quelqu’un, la SF d’après-midi accourt et m’installe en salle d’examen sur une table pas large, trop haute et pas confortable, elle s’excuse beaucoup de n’avoir pas plus confortable pour le moment.

19h15 le temps de réussir à m’installer, elle m’examine et je la supplie de me dire que je suis au moins à 4 vu mes douleurs, et ouf mon col est à 5.5 !!!Yes !!! Elle me dit qu’elle doit me faire un monito mais rester sur le dos est une torture je me mets donc sur le côté, on convient ensemble de faire le minimum possible de monito c’est-à-dire 10minutes après je pourrai bouger mais …pas de bol, d’abord au bout de 3minutes, plus de papiers, on l’appelle, puis ça bourre, puis le monito marche mal et ne marque pas la bonne intensité de contractions, d’ailleurs je me fais peur en me disant que si ça doit augmenter je pourrai pas, elle vient encore et je lui dis que la seule chose qui me soulage c’est de pousser, rien a voir avec la poussée réflexe connue mais juste le soulagement de la douleur…

Elle me dit de laisser mon corps faire, ce que je fais …Entre temps je suis seule avec futur papa qui gère bien tout tranquille, il m’aide me soutient la jambe sur son épaule et pousse avec moi dans l’autre sens pour me faire opposition et me soulager, il est génial, je perds encore les eaux à chaque contraction, on vis ça tous les 2, il me dit qu’il y a du sang (et autre chose d’ailleurs, le pauvre il assure et me nettoie) La SF repasse dès qu’elle peut et à 19h35, la SF de nuit arrive, adorable, Nathalie. Elle me propose un bain !!!J’en suis ravie car du coup j’accoucherai dans la même salle de naissance que la puce !!!Super !!!

19h45, le bain est prêt et elle me dit « on ne fait pas ça ici d’habitude mais vu où vous en êtes (au vu de ma tête car elle ne veut pas m’embêter avec un TV) et comme vous gérez bien, je n’ai pas eu le temps de lire votre projet de naissance (ah bon ?! on se demande pourquoi hihi) j’ai envie de vous proposer un accouchement dans l’eau, ça vous dit ? » Oh là là on se regarde avec chéri et là on est fous de joie !!!Le rêve, l’occasion unique de faire ça dans notre vie, bien sûr on accepte !!! Mais avant ça il faut aller à pied à l’autre bout de l’étage jusque la fameuse table et je ne tiendrai pas sur le fauteuil roulant…

19h50, Mon homme et la SF m’aident à me mettre debout, c’est une épreuve, les contractions ne s’arrêtent quasi plus, sont longues et me font mal, avec cette table trop haute toujours. Je suis debout …Futur papa à ma gauche et la SF à ma droite, me motivent à marcher et je pense à ce bain qui me fait tant rêver…
Et là une contraction me cloue sur la table et me penche en avant, je m’accroche à cette table que j’ai maudit pendant de longues minutes et leur dit que non, je ne pourrai pas bouger, ils finissent par comprendre que non ce ne sera pas possible d’avancer et là (je ne m’en rappelle pas) mais je leur dis que je sens la tête et chéri me dira plus tard que j’ai poussé un cri animal, extraterrestre, moi je me souviens avoir eu une douleur intense mais une douleur qui me rend forte, la SF met la main et dit qu’elle sent la tête, elle ouvre la porte de cette salle trop petite et appelle ses collègues, moi je suis debout et mon corps sur la même contraction, pousse 2 fois tout seul je ne fais même pas d’effort, chéri a juste le temps de mettre la main entre mes jambes et de retenir cette petite tête qui est sortie si vite de moi, je sens qu’on coupe mon slip filet, une 2ème contraction arrive…je supplie mon amour de se pencher sur moi et de me serrer fort, quelqu’un me coupe le slip filet rapidement et la SF a juste le temps de mettre les mains et de rattraper bébé qui sort tout seul !!!!!!! Pas même la sensation de cercle de feu que l’on décrit d’habitude et que j’avais ressenti la première fois !!!
Papa coupe le cordon, notre petit amour est né, lui continue de me soutenir car mes jambes se mettent à trembler et me dit des sanglots dans la voix : « ma chérie c’est un pti gars !!! » Que je suis émue, pour lui, pour moi, pour nous, Je lève les yeux l’infirmière me présente notre fils, tout beau notre petit soleil est là, après notre lune quel bonheur, je demande 4 fois si c’est bien un garçon…19h55, il est là dans notre vie !!!

Bon c’est pas le tout, mais je dois réussir à me rallonger sur la table avant de tomber, mais c’est toujours cette table trop haute…On me porte quasiment, je me mets sur le dos, je respire, on me pose notre fils sur moi, il est tout chaud, tellement beau je n’arrête de regarder mes 2 hommes, je suis comblée…
La SF me rappelle que je dois encore sortir le placenta, je pousse, elle m’aide et il sort, ça y est …Là je la vois qui prend un air contrarié, je me sens fatiguée, je saigne, beaucoup trop, du coup papa enlève son t-shirt et prends son fils en peau à peau, la SF fait ce qu’elle peut mais je saigne beaucoup trop, l’infirmière me dit qu’elle doit me faire un bilan sanguin et me poser rapidement une perfusion (et oui tout ça on n’a pas eu le temps avant) et s’excuse même de devoir m’embêter dans un moment pareil !!! J’ai droit à une perf’ d’ocytocine, ça n’arrête pas les saignements mais ça les ralentit …Ils nous laissent tous les 3 nous rencontrer et chéri me dit que Loulou cherche à téter, il me le redonne, pas facile de trouver comment le mettre au sein, en même temps après m’avoir demandé mon avis, la SF me fait une révision utérine pour voir d’où viennent les saignements, j’ai choisi cette option douloureuse plutôt que le bloc opératoire, pas envie d’être séparée de mon bébé … la table est très peu large et dure, je ne suis pas à l’aise, mon petit bout me montre qu’il sait faire seul et grimpe au sein gauche s’installe et tète, le bonheur pour moi, pour nous…Il y passera 3/4d’heure et le reste du temps à l’autre sein, il a hérité dès le départ du surnom de monsieur Tétouilleur !!!
J’ai appris que la SF qui m’a accouché de notre 1er bébé était là cet après-midi et n’est pas partie encore je demande à la voir…Et là grand fou rire quand elle arrive, en fait je n’ai pas vu mais lors de la naissance de notre 2eme c’est elle qui m’a coupé le slip filet !! Elle aura donc été là pour la naissance de nos 2 bébés !!! Je suis ravie et elle m’explique qu’en fait, ils étaient sans compter mon homme, 4 entre mes jambes même si je n’ai rien vu, les 2SF, l’infirmière qui leur passait le matériel et l’élève qui courrait dans les salles de naissance chercher le matériel puisque la salle d’examen n’est pas du tout équipé pour un accouchement !!! Et il parait que j’ai même accouché la porte grand ouverte et qu’ils ont dû déplacer les gens qui attendaient dans la salle d’attente car sinon on n’aurait pas tous tenu dans cette toute petite salle !!! Et dire que moi j’ai rien capté de tout ça !!!

La SF me dit qu’il est temps (ça fait 2h) de faire les soins de pti lou‘, je lui demande si elle pourra prendre des photos parce que j’ai regretté pour Nana de ne pas voir comment ça se passe, du coup elle m’amène en souriant un fauteuil roulant et me dit que si je le sens bien elle m’emmène avec eux !!!Je suis tellement contente, je saigne toujours beaucoup mais avec un peu d’organisation j’arriverai à accompagner bébé …

On fait des pronostics, il me paraît grand et fin, je dis 3.2kg, elle m’annonce un 3.720kg !!!Et vu qu’il se déplie tout seul en douceur elle le mesure et m’annonce un beau 52cm !!! Sacré bonhomme…Côté périmètre crânien sa sœur faisait 34cm je m’attends à plus petit vu que j’ai l’impression que ça a été plus « facile » et bien non 35cm !!!

Avant de descendre en chambre, la Sf revient me voir et me demande, vu qu’elle ne l’a pas lu si mon projet de naissance a été respecté et je lui réponds ravie que bien sûr que oui, que c’était même mieux que je ne pouvais l’espérer…Elle me dit aussi que si 3ème il y a il pourrait bien naître à la maison vu comment je gère et que mon homme est un super SF !!! Elle avoue n’avoir rien fait à part récupérer bébé au vol et félicite le papa qui m’a accouché, suis trop fière de lui !!!

Ensuite, J’ai eu le seul problème de continuer durant 2jours l’hémorragie, une révision utérine à vif avec mon accord(je ne voulais pas de l’anesth’ générale et laisser mon petitou) failli passer au bloc le lundi soir si ça ne s’arrêtait pas mais avec une dose de cheval d’ocytocine en perfusion ça s’est stoppé et avec du fer, ça a commencé à me requinquer, j’ai besoin de repos car ma tension dépasse les 15/9, et je ne tiens pas debout mais ça reviendra…A part ça, rien, pas d’épisio bien sûr, avec une position si naturelle pas de déchirure, juste un œdème disparu en une semaine, un allaitement qui se passe bien et une maman et un papa heureux et comblés de cette naissance si intense et si belle …

Nous sommes maintenant 4 et heureux d’être ensemble !!!

#205 – Sarah, Belgique – 1993, 2001, 2005, 2011

1 Mar

Récit n°1 : 1993, Bruxelles
J’avais 20 ans quand il est né, et je n’étais pas vraiment renseignée sur toutes les possibilités qui auraient pu se présenter à moi… Après une grossesse sans souci à part une pneumonie qui m’a ennuyée au 7ème mois je me retrouve donc au joli mois de mai, la date prévue était le 16. J’étais à Bxl chez mes parents. Le 19 j’ai rdv chez le gyné, il me dit que ce sera probablement pour aujourd’hui. L’info ne me marque pas plus que ça, je ne m’en souviendrai qu’après avoir accouché. La journée se passe, nous allons avec ma mère et ma grand-mère faire quelques courses au centre-ville, j’avais même gardé une souche qui montrait que peu avant 18h30 nous y étions toujours. J’avais des petites contractions mais j’en avais eu souvent des petites pareilles à cause de la fatigue. Nous sommes rentrées, il me fallait attendre mon compagnon qui devait revenir de Liège par le train. On ne savait pas à quelle heure il arriverait et on n’avait pas de GSM en ce temps là, hein! Entre-temps je commence à avoir des contractions plus fortes, je me souviens que j’étais affalée dans le fauteuil et de mes petites soeurs qui me regardaient d’un air éberlué quand j’en avais une qui venait… aïe! Enfin, il arrive. Il est passé 20h30. Il est plus que temps de partir pour la maternité. Je n’ai plus vraiment de souvenirs de l’arrivée là, de l’accueil… Mes parents nous laissent. On m’emmène d’abord dans une salle où on me fait un lavement. Les infirmières ne m’ont pas prévenue, et je me souviens de ma honte après quand elle m’ont proposé d’aller aux toilettes derrière une porte dans la même pièce et que j’ai bruyamment expulsé le produit…  J’entre en salle de naissance. Elle est faiblement éclairée, ça au moins j’avais lu que c’était mieux pour l’accueil du bébé. L’ambiance était vraiment feutrée, c’était agréable. Je commençais à avoir vraiment mal et bien que je m’étais promis de ne pas demander de péridurale je l’ai quand même fait…  mais il était trop tard, le bébé arrivait… tant mieux me dis-je a posteriori. Les sages-femmes m’ont demandé de pousser, j’avais chaud, je poussais, l’une disait à l’autre que je poussais bien… et il a fini par arriver… Il était 22h01… Elles l’ont posé sur mon ventre… Puis elles m’ont recousue (eh oui épisiotomie..), le père en a profité pour demander qu’elles me refassent mieux qu’avant (ça c’était sympa!), puis le papa a pu s’occuper du bain et d’habiller le petiot. Mais problème: le placenta ne venait pas. Je n’ai pas le souvenir qu’elles aient attendu longtemps ni tenté quoi que ce soit pour qu’il vienne, comme mettre le bébé au sein par exemple… donc en deux temps trois mouvements je me suis retrouvée au bloc opératoire avec anesthésie générale pour une délivrance manuelle!  Pendant ce temps le bébé s’est endormi dans les bras de son papa, ils ont donc pu apprendre à se connaître assez vite. Vers minuit je me suis réveillée dans une chambre commune (alors que j’étais censée avoir une individuelle), j’étais naze, mon bébé pleurait… mais je remercie l’infirmière plus âgée qui a eu la bonne idée de me le mettre au sein malgré l’anesthésie récente car je crois que si elle ne l’avait pas fait cela aurait pu mettre mon allaitement en péril. Sur les photos du lendemain j’ai l’air de tirer la tête pas possible mais bon j’étais sonnée…

Récit n°2 : 2001, un village du Condroz belge.
Changement de décor complet, gardez seulement la maman et le fils aîné… Le nouveau futur papa a déjà quatre enfants et la plus jeune est née à la maison. Quand je m’aperçois que je suis enceinte c’est clair pour moi, je prends d’emblée contact avec une sage-femme avec le même projet en vue. A environ 3 mois de grossesse je rêve que le bébé est là et qu’on accueille M*. Ce n’est qu’à la naissance qu’on a su que c’était bien une fille, mais pour moi c’était déjà une évidence. Le terme était prévu pour le 24 juin mais manifestement Mlle se plaisait bien où elle était, elle a joué les prolongations. (Ceci dit moi quand j’ai annoncé ma grossesse à mon père je lui ai dit que ce serait proche de son anniv qui est le 12 juillet). Début juillet je suis retournée chez la gyné pour une échographie et un monitoring, tout allait bien mais si ça dépassait le 8.. hôpital… le stress! Le soir du 6 le travail se met enfin en route… Vu l’heure tardive on décide d’appeler la sage-femme plutôt que risquer de devoir la réveiller dans la nuit. Quand elle arrive, je suis à 4 cm de dilatation, elle décide de rester. Et puis… plus rien! Le lendemain matin elle a dû repartir bredouille! La journée se passe calmement bien que dans l’expectative, je prends quand même un peu de délicieuse huile de ricin dans du jus d’orange, on ne sait jamais… mais la légende veut que ce soit mon chéri qui ait donné l’impulsion qui fallait en me demandant : « Alors, dans quel hôpital tu accouches? » Je suis remontée tranquillement dans ma chambre pendant que lui regardait la télé, et c’est dans le calme et la solitude que j’ai pu m’abandonner à la vie. Les contractions étant de plus en plus rapprochées j’ai décidé de rappeler la SF, mon homme n’a rien vu, pourtant le téléphone était dans la même pièce que lui, mais moi j’étais bien toute seule, je suis remontée. J’ai pris les contractions comme elles venaient, je puisais la force de pierres que je serrais dans les mains, je m’aidais du ballon… Quand la SF est arrivée ils ont été bien étonnés de voir que j’étais presque à complète! Le temps de recouvrir le lit, et je me suis installée à quatre pattes, la SF derrière moi me massait le périnée avec de l’huile au clou de girofle, je criais, ça avançait bien. A un moment il a fallu que mon *** de chéri demande si j’étais dans une bonne position (Hein? Quoi? quesquispass?) ce qui a eu pour effet de me sortir de ma bulle, mais bon j’y suis vite retournée, puis splach! la poche des eaux s’est rompue, encore un petit effort et la SF a accueilli le bébé, un peu bleu… Le papa tout ému a dû lui tapoter les pieds pendant que la SF lui faisait respirer de l’oxygène, je me suis assise en disant « mon bébé, mon bébé… » et puis tout allait bien, on a quand même vérifié que c’était bien une fille et je l’ai prise sur moi. Elle était belle! Encore une bonne poussée et le placenta est venu, ouf! Après toutes ces émotions les grands sont venus découvrir leur petite soeur puis nous avons passé la nuit à l’admirer tous les deux, c’est beau la vie!

Récit n°3 : 2005, toujours le même village du Condroz.
Petit préambule : Entre-temps j’ai beaucoup lu, notamment « Une naissance heureuse » d’Isabelle Brabant, et aussi les écrits de Michel Odent (voir entre autres l’extrait présenté au bas de la page http://users.swing.be/carrefour.naissance/Articles/refl/presencedupere.htm sur le site de Carrefour Naissance). J’en ai tiré les conclusions que lors de la naissance de M*, le 1er jour, le travail s’est probablement arrêté parce que la SF était à côté de moi constamment, que j’étais « sous surveillance ». Et que si M* est sortie un peu bleue, c’est parce qu’elle est restée un peu coincée au moment où je suis sortie de ma bulle quand mon mari a posé sa question sur ma position. – fin du préambule.
Or donc, nous voilà début 2005, j’avais eu des saignements en janvier, mais début février rien… je fais donc un test : positif! Tout de suite je suis super heureuse. Restait à savoir si elle déboucherait sur du concret ou non… (j’avais fait 2 grossesses non évolutives en 2004). Début mars, c’est donc avec un peu d’appréhension que je me rends chez le gyné… Et à notre grande surprise… un bébé de 3 cm!! Le coquin était déjà là depuis un peu plus de 2 mois!! J’ai régulièrement des saignements mais le gyné n’a pas l’air tracassé. Un voyage en Egypte était prévu, pas de raison d’annuler… ça doit être la magie du pays qui a agi, les saignements se sont arrêtés. C’est un peu là aussi que le prénom Nour (lumière en arabe) s’est accroché à lui, même si je ne le savais pas encore. La grossesse se poursuit avec parfois des petits saignements, finalement il y aura eu pas mal d’angoisses car je ne pouvais pas m’imaginer vivre une nouvelle fausse-couche. Mais nous voilà enfin fin septembre, le terme était prévu au 28. J’avais bien précisé cette fois que je voulais pouvoir être entièrement dans ma bulle pour accoucher, j’avais expliqué aux SF (il y en avait 2 cette fois) et à mon mari mes lectures, mes vécus, les conclusions que j’en tirais, etc… Je pensais avoir été claire. Le matin du mardi 27, vers 3h, je me réveille en sentant du liquide… je perds les eaux! Je ne suis pas tracassée, j’ai des petites contractions assez régulières mais pas fortes, je laisse venir. A un moment mon mari me demande si ça va, je lui dis que je perds les eaux, il somnole encore un peu. Puis vers 5 heures, il me redemande quoi, je lui dis qu’il n’y a pas plus, mais c’est là qu’il réalise que j’ai perdu les eaux! Il avait compris le bouchon muqueux! Tout de suite il s’agite, il faut téléphoner à la SF… Elle dit de rappeler quand il y aura plus de contractions. Mais mon mari commence à s’agiter, à ranger la chambre, il fait des allers et retours de bas en haut pour remettre des livres dans la bibliothèque, il vire des vieux vêtements d’au-dessus de la garde-robe… (quelle utilité pour un accouchement? Allez savoir… les hommes viennent d’une autre planète c’est sûr). Je lui explique que si une biche doit mettre bas et qu’on commence à bûcheronner autour d’elle ça n’ira pas elle attendra qu’il fasse calme dans la forêt… J’ai besoin de calme! Il ne comprend pas. Résultat, le travail s’arrête. L’après-midi ma SF n°2 me rend visite, elle me dit d’emblée que normalement quand la poche est rompue on a 12 h pour que le travail se mette en route et 24 h pour avoir accouché. Ca fait 14 h que j’ai perdu les eaux! AAAAH!!! Mais finalement à l’examen il lui semble que ce n’est qu’une fissure, on peut attendre. OUF! J’avais rdv le mercredi avec SF2 pour un monito, tout va toujours bien, contractions toutes les 10 minutes, à l’examen il lui semble que la poche est un peu plus fissurée, les SF sont persuadées que je vais accoucher pendant le calme de la nuit. Jeudi matin, l’empereur, sa femme… et toujours pas de petit prince… ! La SF1 (avec qui j’ai accouché de M*) me téléphone vers 9h, elle me dit qu’elle va venir me voir dans la matinée, en fait les dernières fois c’était soit le gyné soit la SF2 donc ça fait plus d’un mois qu’elle ne m’a pas vue. Elle voudrait bien savoir ce qu’il en est de cette poche, ça commence à faire long! En attendant je vais déjeuner, puis je m’isole dans ma chambre, les contractions commencent à venir avec un peu de régularité. Mon mari vient régulièrement s’inquiéter de moi puis vers 11h la SF1 arrive. Elle m’examine, elle me fait même un peu mal parce qu’elle doit aller chercher le col assez loin, mais elle dit qu’elle sent toujours une membrane sur la tête du bébé. Là je sens une forte contraction, mais elle me dit que c’est parce qu’elle vient de toucher au col, ça ne veut rien dire. Elle me dit qu’elle s’en va parce qu’elle a un stand sur un salon, mais que je rappelle dès qu’il y a quelque chose. Elle descend avec mon mari, moi je sens tout à coup un gros coup de pompe. Après son départ vers 11h20 mon mari vient me voir, je lui dis que je vais dormir un peu. Il descend et ferme la porte, je suis seule. Tout à coup, les contractions arrivent. Puissantes, douloureuses. Je les prends. Tellement qu’à un moment je vomis ce que j’avais mangé. Vers 12h j’en ai toutes les 2 minutes, j’appelle de mon portable ma SF qui dit qu’elle va revenir « parce que c’est mieux ». Je ne suis plus en mesure d’aller appeler mon mari, je ne saurais pas descendre, mais de toute façon je me dis qu’il montera en même temps que la SF. Puis, vers 12h20, j’entends sa voiture qui part! Ben oui, tous les jeudis à cette heure-là il va à la banque, et moi j’étais supposée dormir! Je sais qu’il n’en a pas pour longtemps… Mais… CA POUSSE! AAH! Je suis toute seule! Alors je me dis : 1- tu as déjà accouché 2 – des milliers de femmes accouchent comme ça dans le monde 3 – TU N’ES PAS SEULE! LE BEBE EST AVEC TOI! Heureusement on avait déjà préparé tout le matériel dans la chambre, entre 2 contraction j’arrive péniblement à étaler le drap épais sur le sol. Je crève de chaud et enlever une seule chaussette est une gageure! Finalement j’arrive à être nue et à genoux sur mon drap. Je n’ose pas crier car ma fille est dans la maison avec la femme de ménage, je n’ai pas envie qu’elles viennent voir ce qui se passe. Alors je crie en mordant dans un essuie de bain, je me rends compte que les O ouvrent plus mon bassin que les A alors je crie des O. Je sens mon bébé qui pousse sur mon périnée, je mets ma main mais je ne sens pas encore sa tête. J’ai peur qu’il me déchire, la SF ne m’a pas massée cette fois! Encore une poussée et cette fois en mettant ma main je sens enfin sa tête, je lui dis « doucement, doucement mon bébé, et il vient doucement, ça brûle mais je sens qu’il passe, qu’il vient bers moi. Enfin il glisse, je le prends dans mes mains et je le pose devant moi. Je m’assieds, il a le cordon 2 fois autour du cou mais le cordon est très long, je le défais, puis j’ai peur qu’il prenne froid, j’attrape uine serviette sur le lit et je le prends contre moi…mon bébé… mon bébé… il crie un peu, lui aussi a stressé sûrement! Je vérifié, c’est bien un garçon, c’est mon petit Nour, mon enfant de lumière… Et puis j’entends la porte en bas qui s’ouvre, mon bébé pleure et j’entends la SF qui dit « Elle n’a pas accouché quand même? » Et je dis « Si, elle a accouché! » Je ris et le pleure en même temps, il est 12h50 et Nour est né depuis 5 minutes! C’est alors que mon mari voit le rayon de soleil qui passe entre la fenêtre et le store du velux pour atterrir juste sur nous et dit « Oui, c’est bien Nour ».

Récit n°4 : 2011, encore et toujours ce village du Condroz!
En 2007, j’ai suivi le week-end d’in-formation Paramanadoula avec Michel Odent et Liliana Lammers.
J’ai aussi accompagné fin 2008 et début 2009 deux mamans en tant que doula.
Tout ceci influence évidemment ma façon de vivre ma nouvelle grossesse.
Le début de ma grossesse a été assez mouvementé au niveau émotionnel, je n’en parlais pas à beaucoup de monde, et j’ai eu besoin de temps avant de contacter le monde médical. De plus, la naissance de N* me laissait avec des questions quant au fait d’être totalement comprise dans mes besoins. Ce qui fait que ce n’est que vers 19SA que je suis allée faire une écho.
J’ai eu du mal à trouver la SF qui allait me suivre, j’avais été en contact avec 2 personnes, mais rien n’aboutissait. Je n’étais pas tracassée en fait, j’avais surtout besoin de savoir où j’allais. Quand j’ai accepté l’éventualité qu’aucune d’elles ne me rappelle, je me suis sentie plus sereine que quand j’étais dans l’attente.
J’ai finalement appelé la T., elle était, de mon point de vue, plus dans une culture médicale, mais aussi d’une grande écoute. Je suis allée la voir, je lui ai beaucoup parlé. Elle était consciente de la possibilité que je ne l’appelle pas pour l’accouchement-même, et moi je me suis sentie soulagée de me savoir accompagnée.
D’autre part je lisais beaucoup, j’ai terminé Unassisted Childbirth de Laura Shanley, et j’ai commencé Orgasmic Birth. Je me suis aussi inscrite sur un groupe FB de personnes qui accouchent seules, certaines sont vraiment une mine d’informations intéressantes. Je me sentais vraiment sur un chemin de confiance en moi, en mon pouvoir, en mon corps. Je sentais qu’il y avait encore du travail, bien sûr, mais j’étais sur le chemin
Le 17 octobre, vers 4h du matin, j’ai perdu les eaux. Puis rien de rien de concret, la journée s’est passée avec une contraction qui n’en avait que le nom toutes les heures ou 2 heures.
Je commençais à stresser, parce que quand N* est né, le protocole était que le travail devait avoir commencé dans les 12h, et le bébé devait être né dans les 24h sinon c’était direction hosto.
J’ai appelé ma SF vers 12h30 parce que j’avais un rdv chez elle à 13h30 normalement, et là surprise elle était toute cool, pas tracassée. Elle m’a dit que sauf si quelque chose se mettait en route d’ici-là elle passerait chez moi après une visite à domicile, qu’elle serait là vers 18h30 (moi j’avais calculé qu’elle ne pourrait pas être chez moi avant 19h-19h30). Elle pensait m’apporter des granules et de la tisane de framboisier pour aider le travail à se mettre en route.
A 19h25, 27 et 30 j’ai eu des contractions. Ça ne m’était pas arrivé de la journée, d’en avoir 3 si rapprochées.
La SF est arrivée, j’ai continué à avoir des contractions, même quand il y avait de l’animation autour de moi, à la limite surtout quand il y avait mon homme, les enfants… tout le contraire de mes accouchements précédents.
La SF a donc commencé à déballer ses affaires, mon mari a fait manger les enfants puis ils sont montés me dire bonsoir , et à 21h10 j’ai commencé à avoir des contactions de poussée!
Je me suis mise à genoux à côté de mon lit, la SF à côté de moi, mon chéri en face de moi sur le lit, c’était assez intense! Je perdais du sang, ça me semblait un peu curieux… La SF m’a demandé si c’était moi ou le bébé qui poussait, je ne savais pas dire. Et à la poussée suivante, c’était clair, totalement différent, je sentais bébé s’engager. Quelques poussées plus tard, je sens quelque chose qui dépasse, c’était gluant, ça ne ressemblait pas au toucher de la tête… puis le reste à suivi, pas moyen d’avoir une prise dessus, heureusement la SF était derrière. En fait bébé était dans ses membranes! Il avait le cordon autour du cou, et était un peu violacé et amorphel. La SF a aspiré les sécrétions qui étaient dans son nez et sa bouche, et tout de suite il a respiré et repris des couleurs. C’est à ce moment-là que j’ai vérifié de visu ce qu’il m’avait semblé sentir au passage : c’était un garçon. Il est né à 21h50.
La SF est partie vers minuit et demie, et la nuit a été un peu chaotique parce qu’il était encore un peu embêté par des sécrétions. Il ne s’est vraiment endormi quelques heures que sur le petit matin.
On a passé une bonne partie de la journée à cocooner dans la chambre, et une amie est passée me faire des tartines.

# 197 Laura, dans la Loire en 2012

28 Fév

Bonjour, voici comment s’est déroulé mon accouchement:
Le 23 mars journée ensoleillée je décide d’aller me promener et voir mes copines, j’étais a une semaine du terme donc c’était maintenant ou jamais ! La nuit précédente j’ai eu pas mal de contractions qui ont fait que j’ai peu dormi mais ce n’est pas grave j’ai trop hâte d’accoucher ! Vers 18h je rentre chez moi et la je sens que ça commence a travailler contractions toutes les 10 minutes j’appelle donc mon mari pour qu’il ne reste pas trop tard au travail. Une heure après il arrive et me demande quand est-ce qu’on part, il était pressé ! Je me sentais bien, dans ma chambre avec musique douce et lumières tamisées, on se douche, mange un petit bout et on prend le temps de se faire un câlin en ressentant les contractions, on était deux pour la dernière fois ! Je serais bien restée plus longtemps mais mon mari avait peur, malgré le fait que je gérais très bien la douleur. Bref on part pour la maternité, 40 minutes plus tard me voilà couchée sur une table dure comme du bois pour le monitoring, on me dit que ça ne sera pas long, j’attends plus d’une heure sans voir personne.

Je suis ouverte a 3 donc direction chambre de travail, je demande le ballon, on me dit ok mais avec le monitoring… Pas le choix donc on essaye mais le bebe est difficile à capter donc on me rallonge sur le lit alors que les contractions dans les reins sont de plus en plus fortes et que ça devient difficile de rester allongée.

On me passe en salle d’accouchement, on me perce la poche des eaux avec mon accord, bien qu’on ne me laisse pas vraiment le choix. Je précise que j’avais fait un projet de naissance avec le moins de geste possible et le plus naturel possible. Ça commence mal ! On commence a me parler de péri, je refuse. On me met une perfusion d’ ocytocine a mon insu, puis une deuxième, ce n’est que lors du changement de garde que je l’apprendrai (j’avais écrit que je n’en voulais pas).

A cause du monitoring je dois rester allongée, le travail se ralentit, le bébé est de travers, je suis bloquée a 7. Les contractions sont insoutenables mais grâce a mon mari je gère quand même je suis motivée.

Je perds du liquide amniotique sans arrêt je supplie pour qu’on me donne des serviettes hygiéniques car ça me bloque ces fuites, malheureusement on m’en donne très peu, mon mari est obligé d’en piquer sur le chariot et de m’aider a les mettre… J’ai beaucoup de mal a gérer la douleur, il est 6h du matin, je n’ai pas le droit de boire ni de manger, je le fais en cachette et on m’engueule sèchement !

Et là, deux sage femme me regardent, sans aucun conseil, me laissent me rouler par terre et me parlent de péri. Je craque. Je demande la péridurale avec déjà des remords…

Une sage femme un peu plus causante arrive, ça fait plaisir. Je dors pendant 45 minutes, je me réveilles en colère car comment peut on dormir en accouchant ?! Je me dis que la maternité c’est quand même le monde a l’envers !

J’essaye de bouger, je discute avec la sage femme pour qu’on ne me remette pas de péri et pour pouvoir accoucher sur le côté ou demi assise… Bref pas sur le dos, elle me dit que ça va être difficile car il risque d’y avoir un cordon autour du cou ou une ventouse donc ça ne sera pas confortable pour le gyneco…. A 11h je ressens mon bebe très bas dans le bassin, la sage femme m’ausculte et ne me dit rien. 1h plus tard j’ai envie de pousser, je lui dis et elle me dit attendez je vais voir si le gyneco est encore là (il est midi et il est sensé finir a midi).
Elle revient et me dit c’est bon il arrive mettez vous sur le dos, ça fait une heure que vous êtes dilatée a 10 ! J’étais folle… Bref il me guide pour la poussée même si je sais ce que je fais car je sens tout, je voulais pousser en respirant, il m’engueule et me dit de bloquer, je m’execute, pas le choix.

Et là le moment magique arrive, j’attrape mon bébé et le pose sur moi.

Je suis super émue, mon mari aussi, on pleure tous les deux, il me dit qu’il est fier… On m’arrache mon bébé pour l’aspirer, lui faire « les soins ». Je reste 10 minutes seule dans la pièce a pleurer de joie et déçue qu’on m’ait volé nos premiers instants. Le papa revient un peu choqué pas les soins un peu trop violents a son goût mais tellement heureux…

Et la le pire moment arrive, le gyneco revient il me dit détendez vous ça ne fait pas mal et il me fait deux révisions utérines Manu militari en m’appuyant comme un fou sur le ventre et en me faisant voir le placenta…j’avais envie de le mettre un coup de pied la où je pense tellement il me faisait mal.

Ensuite tétée de bienvenue en peau a peau pendant une bonne heure. La sage femme vient me voir et me dit : » on vient de voir votre projet de naissance, seul le refus de l’épisio a été respecté ! C’est déjà pas mal non ? » J’étais verte, j’aurais du m’imposer plus mais j’essayerai de gérer la douleur et chaque fois que je sortait de ma bulle la douleur s’intensifiait donc j’ai préféré laisser couler. Pour mon deuxième accouchement ça sera bien différent !

Sinon le séjour a la maternité s’est bien passé à part le fait qu’on m’a dit de partir alors que ma fille avait une jaunisse carabinée donc je suis allée vérifier et nous ne sommes sortise que le lendemain. On m’a aussi fait culpabiliser parce que je ne voulais pas donner de compléments alors que l’allaitement se passait bien, ma fille avait simplement des coliques ( sûrement dues aux antibio pour le strepto que je n’avais pas en entrant a la mater mais que j’avais une fois arrivée la bas…).
Bref dès que j’ai pu rentrer chez moi je l’ai fait, mon mari a été très présent et heureusement car j’ai été épuisée pendant quelques semaines. Sinon je garde dans l’ensemble un bon souvenir de l’accouchement mais le prochain sera soit a domicile soit avec une sage femme a l’écoute qui me connait, pour éviter tous ces problèmes et cette surmédicalisation qui a assurément bloqué le travail et a été nuisible au fait que j’accouche par moi même. Mon mari a aussi été très déçu et préférait un AAD si c’est possible.

#43 – Mom – Pas-de-Calais, 2009

2 Fév

Mon premier accouchement, traumatique, à l’hôpital – France, Pas-de-Calais, 2009, par Mom

Dès le samedi, j’ai commencé à ressentir des contractions plus fortes et régulières que d’habitude. J’ai relativement mal dormi. Le dimanche, j’ai donc décidé de faire une nouvelle séance de sophro puis une sieste. Mais impossible de dormir. J’ai commencé à regarder l’heure à 16h et je me suis rendue compte que je contractais toutes les dix minutes. J’ai prévenu le Papa. J’ai commencé à accompagner chaque contraction en respirant bien, en visualisant l’ouverture du col. L’intensité des contractions montait, mais leur fréquence ne diminuait pas. J’ai varié mes positions, sur le ballon, sur le coussin, à quatre pattes (mauvaise idée), en appui sur les murs, le canapé (le sèche-linge, une table, un placard…). Papa a commencé à chronométrer, mais nous n’en étions qu’à une contraction toutes les sept ou huit minutes. Vers 22h, nous avons décidé d’aller à la maternité tout de même. Résultat: un col dilaté à un… La sage-femme nous a renvoyés chez nous en me conseillant du spasfon qui arrêterait ces « fausses » contractions, un bon bain chaud et une bonne nuit de sommeil. Onze heures, quatre spasfons, deux bains chauds et une nuit blanche plus tard, les contractions étaient toujours à la même fréquence et à la même intensité… J’étais épuisée… J’en voulais à Papa de s’endormir et de ronfler entre les contractions alors que j’aurais aimé qu’il me masse. J’en voulais à la sage-femme et à son « faux » travail si réel. J’en voulais au chat qui miaulait derrière la porte. A ma belle-mère qui me demandait si je prendrais bien un steak ce midi… J’en voulais à l’haptonomie, la sophrologie, l’homéopathie et je commençais à ne plus rien gérer. Je demandais donc à L. (le Papa) de retourner à la maternité. Il devait être 9h30. La première sage-femme m’avait trouvée trop souriante pour être en train d’accoucher. Oui je sais sourire même quand j’ai mal (entre deux contractions!). Alors j’ai tenté d’afficher la pire expression possible de souffrance en expliquant la situation à la sage-femme de cette garde. Examen… Allelujah! Dilatation à trois! « Vous êtes en travail Madame, nous allons pouvoir passer en salle de naissance ». Papa est arrivé, il avait du garer la voiture au fin fond du parking. Il présente le projet de naissance à E., la sage-femme, qui accompagnera l’accouchement. « Je souhaite que l’on me propose la péridurale mais je préférerais que l’on m’aide à gérer la douleur de façon naturelle ». Je VEUX la péridurale! L’anesthésiste est donc appelé, il plaisante, je souris et plaisante (il faut vraiment que j’arrête de sourire quand j’ai mal). Il me fait une première piqure et m’informe que je ne sentirai plus rien. Oh douleur, le fou! Il va me paralyser! Pourquoi ai-je donné mon accord? En plus il ne me croit pas ! La douleur finit par s’estomper… Nous prenons nos marques dans la pièce. L. sort le brumisateur, les huiles essentielles… Je reprends mes esprits, me relaxe, visualise… Je peux doser moi-même la péridurale. Je choisis donc de ressentir, de rester mobile, simplement d’atténuer. Seulement la douleur, insidieuse, se déplace dans le dos… Je varie les positions sur les conseils d’E.: avec un ballon, un coussin, sur la table en version assise, version semi couchée… Rien n’y fait. Elle pense un temps que ma vessie trop pleine crée ces douleurs. Encore un coup au PdN, je ne sais pas faire seule… Elle étudie ensuite la position du bébé, mais elle est très bien positionnée, à gauche, la tête dans l’axe, basse et active. L’anesthésiste est rappelé. Sceptique à nouveau, c’est désagréable. Je vais m’évanouir, j’alterne des « oh putain » « oh pardon » (ce n’est pas mon langage habituel!). Il tente un produit, qui enfin me soulage. Mais je ne sens plus le bas de mon corps… En attendant, le col n’est dilaté qu’à quatre… E. nous présente les différentes options: laisser faire le bébé pour qu’elle fasse céder le col, rompre la poche des eaux, perfusion de synto. En sachant que si une troisième heure passe sans progression, on se dirige vers la césarienne… A chaque fois, elle me proposera un certain acte, ou la césarienne. Alors forcément, nous choisissons tout acte sauf la césarienne, E. impose ses idées en nous laissant l’illusion d’un choix. Nous choisissons d’abord de laisser faire le bébé. Mais le col n’évolue pas… Nous optons alors pour la perfusion. La dilatation s’accélère enfin. E. contrôle toutes les heures, la progression est régulière, de l’ordre d’un centimètre par heure. Me voilà un peu plus sereine. J’alterne entre micro sommeils (comme Papa d’ailleurs, qui après m’avoir accompagnée, massée, encouragée, tombe de fatigue) et accompagnement de la progression du col et du bébé. Je m’en veux de dormir, j’ai l’impression d’abandonner mon bébé.

A dilatation complète, E. attend la poussée spontanée, qui n’arrivera jamais… Elle va donc me diriger. Ca ou la césarienne ! Elle me propose différentes positions mais d’une façon qui fait que je choisis la position gynéco, un peu relevée, car je n’ai pas la force de me mettre sur le côté et de pousser en continu (j’apprendrai plus tard que ce n’est pas parce qu’on accouche sur le côté qu’on doit pousser en continu). Elle me fait faire un essai de poussée. J’improvise, car j’ai appris à respirer pour accompagner la poussée naturelle, pas à pousser… Ca fait rire L.! Apparemment cela fera l’affaire; elle réajustera tout de même en cours d’expulsion. La salle se remplit pour la première fois: deux sages-femmes, une auxiliaire, et un médecin qui surveille de loin. Ce monde est anxiogène… E. s’équipe. Elle me dirige, je pousse, je donne tout, j’en vois des étoiles. L. m’encourage, je ne le crois qu’à moitié quand il me dit que ça avance bien, mais ça me fait du bien. Au bout d’une demi-heure, la deuxième sage-femme se tient à mon autre épaule et m’encourage. Elle finit aussi par couper le son des appareils qui surveillent mes paramètres tant ils sonnent. Je ne l’aurais pas remarqué si elle ne l’avait pas dit, je ne suis concentrée que sur un seul but, sortir mon bébé seule. Je crie, je pousse de plus en plus fort. Dans un magnifique « blop », la poche des eaux éclate au visage d’E. Le bébé descend, mais elle fatigue me dit la sage-femme. Je pousse encore et encore, je la mettrai au monde, pas de forceps ni de ventouse. D’un coup E. me demande d’arrêter. La tête est sortie! Je l’avais sentie quelques instants plus tôt, ce qui m’avait surmotivée. Maintenant les épaules, petite poussée, stop! E. dégage le bébé, qui crie et frétille. Elle lui fait un shampooing d’office !!! Elle me demande si je veux l’amener à moi… Oui, mais le Papa est sur ma perfusion, focalisé sur le bébé, il ne m’entend pas! Elle dit une phrase horrible, « Maman ne veut pas te prendre », puis elle la pose sur mon ventre, l’essuie un peu et lui couvre le dos… Elle me regarde de ses grands yeux noirs, le front tout plissé, elle s’agite vers moi. Je verse quelques larmes, elle est si belle… Papa aussi a les larmes aux yeux, il m’embrasse, n’arrête pas de me féliciter. J’ai la tête qui tourne, tout me semble si surréaliste. Le bébé dans mon bidon depuis neuf mois est là! Je veux la prendre dans mes bras mais les sages-femmes m’en empêchent, le cordon n’est pas assez long. Qu’est-ce qu’elle glisse, j’ai peur qu’elle ne tombe. Les sages-femmes nous disent que le cordon a cessé de battre (un peu vite j’ai trouvé); L., qui avait hésité pendant la grossesse, le coupe. Je peux enfin la voir de plus près. Elle cherche mon sein, mais elle bulle, elle râle. Je ne le saurai que plus tard, elle ne rosit pas assez. L’équipe doit l’aspirer. L. les accompagne, je me sens seule et impuissante. Ils sont juste à côté, mais je ne les vois pas. J’entends ma fille se remettre à pleurer, je suis sûre que L. la tient. Enfin je les aperçois, pour la pesée et la mesure. Elle fait son premier pipi sur la balance. Papa aide pour la couche, où elle laisse son premier caca. Il lui donne aussi la vitamine K, qu’elle avale goûlument. Les voilà qui reviennent me voir. Je réalise seulement qu’il y a un souci de mon côté. Le placenta ne vient pas, malgré mes poussées. J’accepte à nouveau le synto, mais il ne se détache pas davantage. La demi-heure protocolaire est bien dépassée (j’apprendrai plus tard que l’on peut attendre bien plus). La salle s’est remplie: trois sages-femmes, deux auxiliaires, une troisième blouse blanche non identifiée, le médecin, une interne, l’air soucieux. Il va falloir procéder à une révision utérine car je fais une hémorragie (mon dossier, lu après coup, indiquera « RU sans hémorragie »…). « Légèrement désagréable » m’avertit-on. J’accepte, je n’ai qu’une hâte, reprendre mon bébé qui attend avec son Papa et l’observe, les yeux grands ouverts, sereine. Et je me rends compte qu’E. aime les euphémismes… La péri ne fonctionne plus bien, j’ai l’impression qu’on m’arrache les entrailles, et pas d’un coup comme on enlèverait un sparadrap, longuement, méticuleusement… J’essaye de respirer comme l’indique le docteur, mais je crie, je pleure, je commence à avoir mal à la tête et la nausée, à voir des étoiles, je demande qu’ils arrêtent, si je m’évanouis, je ne pourrai pas m’occuper de mon bébé. Ils ne m’écoutent pas ! Je hurle, ils finissent par faire une petite pause puis reprennent les hostilités. Le placenta est enfin vaincu, je suis a priori sortie d’affaire. Moi qui souhaitais voir cet organe qui avait alimenté bébé pendant des mois, je voudrais le balancer par la fenêtre. Bébé enfin! Non Madame, il faut recoudre maintenant… Une déchirure simple, quelques points internes, un point externe. Elle sera bien douloureuse et s’infectera. Le périnée est bien abîmé, j’aurai un bel œdème. J’ai l’impression qu’E. met des heures à me recoudre. Enfin, plus d’une heure après la naissance, L. peut approcher avec notre fille. Il me répète sa fierté, son admiration, qu’est-ce que cela fait du bien. La chaleur du bébé me réconforte. Elle a toujours les yeux grands ouverts. Elle prend appui sur ses bras et rampe avidement vers mon sein. Une auxiliaire de puériculture passe et sans rien demander, appuie sa tête sur mon sein…

Nous sommes enfin seuls, L. et moi, et notre fille, qui tète goulument. Elle finit par s’endormir. Elle a l’air heureuse. L. les yeux qui brillent. Je me sens envahie par un amour d’une telle intensité. Je l’aime si fort mon bébé…

Pendant cet accouchement, j’ai eu l’impression d’être manipulée, que l’on me donnait de faux choix pour me pousser à faire comme l’équipe le souhaitait. J’ai été menacée de césarienne régulièrement. La révision utérine a été si horrible que pendant 10 mois, L. n’a pas pu me toucher sans que je me sente agressée. Un stress post-traumatique m’a été diagnostiqué.

J’ai rencontré le gynéco pour consulter mon dossier, un an environ après l’accouchement. C’est là que j’ai pu lire qu’on m’avait menti pour me faire accepter la révision utérine, prétextant une hémorragie inexistante. Le gynéco m’a aussi dit que rien dans mon dossier n’indiquait qu’une césarienne aurait pu être nécessaire, et que la décision ne revenait pas à la sage-femme. Quand je lui ai demandé si réellement le cœur de mon bébé fatiguait à la fin, il a ri, et dit que c’était un jeu fréquent entre sages-femmes et gynécos, dire que le cœur faiblissait pour que la maman pousse plus vite, plus fort !!! J’étais si choquée. Il a tout de même ouvert l’enveloppe qui contenait le monito du rythme cardiaque de mon bébé, et apparemment, elle aurait vraiment été en souffrance. Mais comment savoir ? Comment faire confiance après ça ?

3 ans après, j’étais à nouveau enceinte. La grossesse a été très difficile psychologiquement, en partie par crainte de l’accouchement, par crainte de revivre un tel traumatisme. Jusqu’au jour J, j’étais incapable de faire confiance à l’équipe médicale. Heureusement, la naissance de ma seconde fille a pu être naturelle, magique… Comme quoi, après un premier accouchement traumatisant, il est possible de vivre un accouchement respecté (dans une autre maternité !!).

#04 Ju

28 Jan

Je suis maman de 3 enfants, je vais vous raconter l’expérience de mes trois accouchement en France.

Pendant mes grossesses je n’ai pas eu de soucis particuliers, rien ne me vient à l’esprit si ce n’est ce fameux test du glucose qui est juste à vomir et que j’ai supporté difficilement.

Mon premier, mon petit garçon, j’étais renseignée, j’ai assisté aux cours mais j’étais franchement pas rassurée du haut de mes presque 19 ans, alors je me suis laissée guider, je n’ai pas trop de regret si ce n’est que de ne pas avoir eu la sensation d’être intégrée, je me suis laisser couler. Alors je ne sais pas du coup ce que l’on m’a injecté ou si j’avais d’autre possibilité.

Je pense que le fait que je sois sous péridurale arrangeait la sage-femme car elle était débordée ce soir-là, mais je garde tout de même un doux souvenir de me sentir malgré tout en sécurité.
Je ne sentais pas mes contractions, je ne savais pas quand ni comment pousser, ce moment était très insécurisant pour moi

J’ai eu une hémorragie suite à mon épisiotomie, on m’a dit que c’était parce que j’étais très vascularisée (sauf que pour mon deuxième j’ai re-eu une épisio pas d’hémorragie, bizarre bizarre …)

Pour le séjour, je suis ravie de ne pas allaiter. J’entends la dame de la chambre d’à coté pleurer tout ce qu’elle peut et se faire disputer par-dessus le marché.

Moi je me suis faite envoyée paître dans le champs d’à coté, parce que je ne pouvais pas faire pipi tout seule et que c’était dans ma tête (bhé oui on aime tous se retrouver par terre les pieds en l’air parce qu’on est encore tombé dans les pommes) donc j’ai appuyé la sonnette jusqu’à voir quelqu’un de compatissant et c’est une puéricultrice qui m’a accompagnée jusqu’à que je puisse me déplacer seule et quel soulagement qu’elle soit venue m’appuyer car non je ne faisais pas de « comédie ».

Pour mon deuxième petit garçon je voulais être maîtresse de mon accouchement mais la première sage-femme ne m’a même pas écouté, j’ai besoin de bouger, de marcher mais non il faut que je reste allongé pour le monito, je me sens contrainte et absolument pas en droit de dire quoi que ce soit et je n’ose vraiment pas.
J’ai senti mon accouchement s’envoler sous mes yeux et j’ai répondu « oui » à la péridurale alors que je voulais essayer sans et je me laisse couler là aussi…
Changement de sage-femme, elle m’écoute et me dit tout ce qu’elle fait (oh tu pouvais pas prendre ton service plus tôt non ?) mon accouchement est allé vite, je me retrouve encore une fois frustrée; je n’arrive pas à sentir comment pousser.

Le placenta ne se décolle pas donc le médecin décide d’aller le chercher et du coup merci la péridurale car même avec, ce moment était brrrr affreux et désagréable.

Et si ils avaient attendu ? Est ce qu’il serait sortit seul m’évitant cette désagréable expérience ? Je sais pas.
Pour mon allaitement, j’essaie de me débrouiller seule, étonnée que personne ne vienne m’aider. J’ai su par la suite qu’ils pensaient que je connaissais et que visiblement je me débrouillais bien, informée que ce soit mon premier allaitement, le personnel se montre plus vigilant. Un séjour au top avec une bonne ambiance.

Pour mon troisième, je me sens armée jusqu’aux dents je veux cet accouchement sans péridurale, et « armée jusqu’aux dents » va prendre tout son sens.

J’attends le max pour pouvoir faire une bonne partie de mon travail au calme à la maison à pouvoir bouger, manger comme je l’entends.

Avec mon bol incroyable je tombe sur une sage-femme de la très très très vieille école.

J’arrive et direct je demande si je peux faire le monito debout ou même ne pas le faire et la réponse « bah vous allez faire quoi ?? »

Donc ok ça me met de suite dans l’ambiance, j’ai qu’une envie c’est de m’enfuir et accoucher chez moi mais c’est pas possible donc je réponds que j’aimerai marcher. La sage-femme n’a pas l’air de l’entendre de cette oreille et commence tout de même à préparer le monito, là j’ai qu’une envie c’est pleurer, mon assurance et ma force semblent s’envoler.

Elle regarde, je suis à 5 large donc elle me garde. Je suis contente de moi d’avoir fait le début à la maison.
La sage-femme insiste encore dans la salle d’accouchement pour que je fasse monito, je repousse et fais mine de faire mille et une chose, puis j’ai un gros coup de barre donc je cède et cherche une bonne position pour me sentir bien, tant pis si je bouge le monito.

La sage-femme ne trouve pas mes analyses, chouette !, le labo ne leur a pas envoyer le double comme ça je garde mon accouchement sans péri en tête, ils me font tout de même la prise de sang avec la laborantine de la mater mais je sens ma détermination revenir peu à peu.

Vient le moment où elle veut me perfuser, « qu’est ce que c’est ? » elle me répond « une perfusion » (bah oui prends moi pour une gourde aussi !) donc j’insiste en disant que je vois bien mais que j’aimerais savoir ce que c’est qu’il y a dedans « c’est pour ouvrir une voie veineuse » et moi, comme je me dis que quitte à être considérée comme une gourdasse autant la faire hein « ah oui et c’est quoi du coup comme produit ? » elle s’agace et me répond qu’elle vient de me le dire.

Elle continue et me pose le cathéter et moi je continue en lui disant, « c’est mon bras, madame, j’ai le droit de savoir » et elle me répond « oui oui et je vous ai répondu » et elle s’en va. Je suis scotchée, j’ai une perfusion, j’ai absolument pas dit oui et en plus je sais pas ce que c’est. Le comble c’est que plus tard je me rend compte qu’une perfusion surprise s’est incrusté, je l’ai même pas vue me la mettre, on ne m’a rien demandé ni même avertie.
J’ai pas le temps d’en placer une qu’elle veut me percer la poche des eaux et là, élan de déterminisme je dis un NON bien ferme. Décontenancée, elle me dit qu’elle me laisse maxi une heure, je vais devoir faire avec elle de toute manière donc j’essaie de m’apaiser un peu pour ne pas me gâcher le jour de la naissance de ma fille. Donc j’accepte quelle attende le max (pour elle) pour me la percer. Finalement, elle me laissera une heure et trente minutes pour la percer, je demande à voir avec quoi elle percera et elle me montre. Je suis bien contente d’avoir attendu pour percer car le début du travail, c’est de la gnognotte à coté de ce déferlement de contractions, je sens que je vais bientôt pousser, je me sens dans tout mes états et en attendant de finir le bout de dilatation qu’il me reste je demande le gaz.

Le médecin (qui à l’air aussi fin que la sage-femme, chouette comme je suis bien entourée !) arrive.

Il y a deux jeunes sages-femmes qui demandent si elles peuvent rester, elles ont l’air tellement adorables que j’accepte; ça me changera un peu des deux vieux coucous.

Et comme si on ne m’avait pas imposé suffisamment, je DOIS accoucher allongée avec les jambes sur des repose jambe où je n’ai aucun appui sur mes pied, j’ai beau leur dire que ça n’ira pas, que je veux pas accoucher comme ça, personne ne m’écoute alors je les préviens qu’ils risquent de se prendre tous mes pieds dans leurs tronches à la prochaine contraction, c’est pas faute de les avoir prévenus, ils ont l’air étonné de mon balais de jambes !

Tout le monde tente de me donner des conseils, je suis dans un gros brouahaha incompréhensible qui me stresse alors je balance un gros « chut ! » de colère, tout le monde se tait, je place mes mains sur ma vulve et me concentre, JE prend le contrôle de MON accouchement et en deux poussée ma fille sort en remerciant le médecin avec un gros jet de liquide. (oui je savoure !)

Le médecin et la sage femme se félicitent (houhhhhouuuu je suis là !!!!)

A peine le cordon coupé, le médecin commence à appuyer sur mon ventre et à tirer sur le cordon, on ne me prévient pas donc ma réaction est virulente, je saisis sa main et la jette, il comprend qu’il va falloir me ficher la paix.
A son retour je lui explique que je veux que l’on me prévienne et que je ne veux pas que l’on me sorte le placenta ou que l’on me fasse mon point avec ma fille dans les bras, il acquiesce.

J’ai gardé ma puce tout contre moi en peau à peau.

Puis la sage-femme me dit « et bien voilà vous l’avez eu votre accouchement sans péri, un bel accouchement ». Jusqu’aux changement d’équipe, elle s’est occupé de moi, elle est resté douce et respectueuse, j’aurais voulu qu’elle se comporte comme ça dès le début…

La suite de mon séjour se passe très bien j’ai même un berceau de cododo.

Ca fait un peu tableau noir là mais je suis fière de mes accouchements qui restent, malgré ces petits points négatifs, les plus beaux moments de ma vie.

Je déplore juste ce manque d’écoute et cette impression de se faire accoucher à la chaine.