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Une naissance dans les Deux sèvre – août 2013

8 Jan

Lundi 19 Aout 2013

– Bébé est moins agité que d’habitude, bon après tout j’arrive en fin de grossesse, il parait que c’est normal… Pourquoi pas !?

Mardi 20 Aout 2013

– Je sens bébé encore moins bouger que la veille, alors oui je veux bien croire que en fin de grossesse il bouge moins, mais la c’est quasiment pas ! Après une partie de bowling, on décide d’aller à la maternité, à mon arrivé, on m’a mise sous monitoring, on m’a fait une prise de sang, et on a vérifié mon col, d’ailleurs une véritable galère : la sage-femme n’arrivait pas à le trouver. Au final, pour me dire que j’étais ouverte à 1 mais savait pas trop comment mon col était … Que j’étais peut-être en début de travail. Super la sage-femme, en plus elle m’a fait pisser le sang. Bref, au monitoring, tout va bien, bébé bouge, on me fait une échographie, nikel ! Bha Madame vous pouvez rentrer chez vous, tout va bien. … Ok !

Mercredi 21 Aout 2013

– On est en fin d’aprèm’, j’ai ma belle-famille et le parrain qui est à la maison, mon téléphone sonne, je décroche et là : « C’est la sage femme de la maternité de B., où vous êtes venue hier. On vous a fait une prise de sang, il y a un problème, il y a du sang de bébé dans votre sang. Est-ce que vous pouvez venir de suite ?  » OK j’arrive. Je dis à Guillaume de prendre les valises car je sens qu’on va pas rentrer de suite. Arrivés à la maternité, on m’installe dans une chambre provisoire, le medecin vient nous voir et explique que, pour le bien du bébé, pour éviter qu’il fasse de l’anémie, il serai bien de faire un déclenchement, chose que nous acceptons.

On me fait une échographie, il n’y a rien d’anormal, on me descend en salle de prétravail pour me poser un tampon (composé d’hormone afin de déclencher les contractions) et un monitoring de 2 heures. Il ne se passera rien mais je doit le garder jusqu’au lendemain après-midi. Entre-temps je suis montée dans ma chambre « officielle ». J’ai passer un nuit assez tranquille.

Jeudi 22 Aout 2013

– Le tampon n’a rien fait, mon col n’a pas bougé, on décide alors de me poser un ballonet (petit ballon qui font gonfler avec de l’eau entre le col et la poche des eaux afin d’aider le col à se dilater. Autant vous dire que j’ai vu la voie lactée ! Horrible ça fait super mal ! Après, pareil monito pendant 2 heures, puis je suis retournée dans ma chambre. Dans la nuit, j’ai eu des contractions, je me suis dit super … Mais j’avais trop mal pour dormir, donc injection de morphine … ça CALME !!!! oui ça m’a calmée jusqu’au lendemain midi, j’ai fait que dormir. Et les contractions ce n’était qu’un faux travail.

Vendredi 23 Aout 2013

– Après avoir dormi une bonne partie de la matinée, on decide de me l’enlever. Chose faite, ils vérifient mon col, mais rien n’a bougé… Ils décident de me mettre un gel avec des hormones, ils m’expliquent que se sont les mêmes hormones que le tampon mais en moins fort… Oui, moi non plus je n’ai pas compris l’intérêt, mais bref … ! Arrivé à 16h30 évidemment cela n’avait rien fait, donc ils décident de passer aux choses plus sérieuse, cette fois ça y est, je vais en salle de travail, on me met les perfusions, etc. Elle y vas doucement et revient de temps à autre pour augmenter le débit. Moi, je gère. On m’a mis la musique, et … je m’endors sur les contractions ! Oui, oui !! Plus tard, ils vérifient mon col, il s’est modifié, je suis ouverte à deux et il s’est modifié. Au bout d’un moment, malgré que je gère très bien les contractions, ils me posent la péridurale, l’anesthésiste s’y est repris à deux fois, j’ai bien eu mal !!! Mais une fois fait, whuaouu !!! c’est le pied !!! La sage-femme me perce la poche des eaux, avec Guillaume, on se paie un fou rire, car apparament sa chlingue !!!

Un peu plus tard, re-vérification, mais rien n’a bougé, ils me laissent une demie-heure et, si toujours rien, il faut penser à la césarienne. On essaye de pas désespérer. Mais une demie-heure plus tard, toujours rien de plus, alors ils nous expliquent que c’est la césarienne et qu’ils préparent le bloc. On a pleuré tout les deux, car même si je m’étais préparée à cette éventualité, ça reste toujours une déception.

Arrivés là-haut, Guillaume n’a pas eu le droit d’entrer au bloc, il devait rester derrière la porte. Il y avait quand même une petite fenêtre, pour voir.

Quand je fus anesthésiée des pieds jusqu’à la poitrine ils commencent, on m’explique les choses, on me rassure et au bout de quelques minutes à 23h18 j’entend les premiers cris de bébé. Cela à été un super soulagement. Les larmes ont coulé. Pareil quand ils me l’ont mis près de moi. J’ai pu l’embrasser et le toucher, mais cela à été très rapide. Ils l’ont enveloppé dans des couverture. J’ai pu de nouveau l’embrasser, puis ils sont partis avec le papa. Moi, ils ont passé une heure à me recoudre et mettre des agraffes et ensuite j’ai été une heure en salle de réveil, pour enfin redescendre dans ma chambre et retrouver mes deux hommes. Quand j’ai enfin pu avoir mon bébé en peau-à-peau, ça a été un moment très fort.

Voila, cela à été long et à la fois très rapide, des moments très forts et innoubliables.

Ajout : Même si il est vrai que la péridurale à été posée alors que sur le moment je n’en avais pas besoin, je l’avais demandée à mon rdv avec l’anesthésiste.

Pour la douleur, j’ai gérée toute seule, j’ai decidé de ma position que j’ai trouvée et ce qui m’avait aidé c’est aussi la musique. Ils m’ont demandé si je souhaitais un poste avec de la musique et j’ai accepté. Donc vu que je gerai bien mes contractions, je ne sais pas si ils pouvaient me proposer vraiment quelque chose.
Et pour la péridurale, de toute façon, vu comment cela c’est terminé, ce n’était pas plus mal, car si ils ne l’avait pas faite, il aurait certainement fallu monter au bloc d’urgence et finir en anesthésie générale, et là je crois que je l’aurais très très mal vécu.

Dans l’ensemble l’équipe a été super, ils ont fait du mieux qu’ils ont pu, ils ont attendu au maximum, mais pas trop pour éviter de mettre nos vie en danger. Donc bon… c’est quand même un accouchement respecté.

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La naissance de Tristan, 3ème bébé de Lauren – en Allemagne

22 Déc
J’ai 3 enfants, mes 2 premiers sont nés en Irlande, à Cork, ce n’était pas des accouchements physiologiques, je n’avais même pas envisagé cette méthode car je n’avais alors pas l’ouverture d’esprit que j’ai aujourd’hui.
2 accouchements où j’ai été passive, en attendant qu’on me dise : « Poussez madame ! »
Mais pour ma 3ème grossesse, en ayant beaucoup discuté avec des mamans sur Facebook, je decide qu’il en sera autrement. Je veux me reconcilier avec ce processus, le rendre naturel et normal, qu’on me rende le pouvoir, qu’on me laisse faire, je veux un personnel qui ne soit pas intrusifs mais qui m’assiste juste au cas où.Tristan est né en Allemagne.
Voici mon récit.
C’est donc ma 3ème grossesse et on me détecte un petit diabète gestationnel. Je dis à mon gynécologue que j’accouche toujours après terme (déclenchement des 2 autres, pour bb1 à 10 jours après le terme et pour bb2 4 jours après, décollement des membranes sans me demander mon avis…), donc je souhaitais de tout coeur que Tristan naisse le jour où il le décide, que tout se fasse en douceur sans « qu’on le mette dehors ». Mais gygy me dit qu’avec le diabète gestationnel, je serai déclenchée le jour du terme… Arf, je suis dégoûtée, je sais que je vais y avoir droit. Je n’ai pas de contractions à 9 mois, juste des Braxton Hicks, rien de bien méchant.
Le 6 janvier, date de péremption, tout le monde dehors! Je tiens à avoir un accouchement physiologique, je veux me reconcilier avec ce processus de la naissance, je veux qu’on me rende le pouvoir, de me laisser faire seule. Dans ma maternité allemande, je suis ravie de voir qu’ils sont équipés comme des « salles nature » avec un lit ergonomique, des ballons, une baignoire, des écharpes pour se suspendre et des tabourets de naissance. C’est ce que je voulais. J’avais espéré que Tristan se décide avant pour échapper au déclenchement, mais je ne me faisait pas d’illusions… arf salete de diabète gestationnel, si je ne l’avais pas eu, j’aurais laissé faire la nature…
Donc le 6 janvier, à 40 SA, on va a la maternité. Mon mari est là avec moi et il traduit pour moi car je ne parle pas allemand et ils parlent très peu l’anglais… L’obstétricienne me demande comment s’est passé mon precedent accouchement, alors je lui racconte vite fait, que deuz était un gros bébé (4,460 kg), qu’il n’avait pas la position adéquate (au lieu d’avoir la tête tournée vers le bas, de regarder en bas, elle était tournée vers le haut) quand j’étais à 8 cm. Il est parvenu à se retourner en 1h jusqu’à la dilatation complète mais sûrement cette rotation plus son gros poids, ont fait qu’il s’est cassé la clavicule :/). L’obstétricienne allemande ne comprend pas très bien, malentendu… elle me fait une écho pour déterminer le poids de Tristan. Il fait autour des 4kg comme ses frères. Alors elle me propose une césarienne, car elle me dit que parfois les gros bébés peuvent avoir le nerfs de l’épaule coincé dans le passage du bassin et que ça peut entraîner une paralysie du bras… Mon mari devient blanc comme un linge, mais, dans ma tête, la decision est toute prise, j’aurai certainement pas de césarienne, j’ai très bien pu sortir deux patates de 4kg, alors je ne vois pas pourquoi ça poserait problème pour celui-là! Donc, va pour la voie basse. On m’examine, col verrouillé à double-tour, comme je l’avais imaginé, postérieur long de 2cm. On me pose le tampon au niveau du col. Comme arrive midi, on me donne mon plateau repas, j’apprécie parce que, pour les 2 autres (nés en Irlande), on ne m’avait pas donné mon repas à midi et je crevais de faim! Donc je mange absolument tout pour bien prendre des forces. J’ai la bonne idée d’aller aux toilettes aussi LOL. Et j’attends.Une heure plus tard, ça commence. Alors je marche, tant que je le peux. Ca va vite, la douleur augmente vite, alors je retourne dans mon lit, pour m’allonger sur le côté. Les sages-femmes me donnent un sac de noyaux de cerise chauds pour mettre sur les reins, ça soulage. La douleur augmente, alors pour m’aider à la canaliser, je pousse des longs « ooooooooohhhh!! », je ne crie pas car je tiens à garder un peu de dignité LOL. Les sages-femmes m’examinent à 15h, je suis dilatée à 4 et ça va très vite, il faut que j’aille en salle de naissance. On n’a pas le temps de me couler un bain, arf, j’aurais voulu accoucher dans l’eau!! Mais avec la douleur des contractions toutes les minutes, je ne peux pas vraiment argumenter. Je tiens à rester à la verticale le plus possible pour aider Tristan à descendre, alors je m’appuie juste contre le lit, les mains crispées sur le matelas.
Ces vagues de douleurs sont terribles mais, entre chaques contractions, je me dis : « Je l’ai supportée celle-là, je l’ai supportée!! Notre corps est fait pour supporter cette douleur, tu peux le faire!! » Mais quand même, la péridurale m’effleure l’esprit, j’ai trop mal… Arf non!!! Je peux y arriver!! Je m’allonge sur le côté pour que la sage-femme m’examine. Ma poche des eaux est toujours intacte, bombée. On a du me la percer pour les 2 autres aussi… Le coeur de Tristan ralentit, la sage-femme me demande de me tourner, arf j’ai si mal, mais je me tourne quand même. Elle me demande si elle peut percer la poche des eaux, que ca va accélérer les choses. Je lui donne son accord, splash… et une minute après, je ressens cet ordre formidable que me dicte mon corps : POUSSE!!!! Je ne peux pas me retenir, mais je suis dans la mauvaise position, allongée sur mes coudes. Je vois la tête de la sf et ses yeux qui s’ecarquillent, elle ne s’attendait pas à ce qu’il arrive si vite, c’est le moment M! Elle me dit : « Lauren, get up right now, your baby is coming! » (Lauren, debout, votre bébé arrive!) J’ai juste le temps de me lever, de me mettre sur le tabouret de naissance et d’empoigner les écharpes, que la prochaine contraction arrive. Je pousse. La douleur cesse, je ressens juste un petite brûlure. Sa tête est dehors. Deux minutes après, une autre contraction, j’envois toute mon énergie, je tire sur les echarpes et là, les épaules passent, Tristan arrive, dans la douceur des lumières tamisées de la salle, la sage-femme l’attrape, il pousse déjà son premier cri. Encore une contraction, le placenta est dehors. On me défait les attaches de ma robe de princesse et on me met Tristan en peau à peau contre moi, toute tremblante. Je n’oublierai jamais son odeur, je m’enivre avec. Il est tout chaud, tout contre moi, le temps s’arrête. Je me sens comme la femme la plus forte de l’univers. 10 minutes après, la sage-femme prend Tristan, elle le pèse et le mesure, 3,780 kg (le plus léger de la fratrie) et 54 cm (le plus grand de la fratrie 😉 ) je me suis allongée sur la table, je me languis qu’elles aient finit. Elle me donne Tristan, je le mets tout contre ma peau, contre mon sein. Il machouille ses petites poings pendant 20 minutes puis trouve mon sein auquel il s’accrochera pendant plus d’une heure. Voila 🙂
Lauren

#317 Naissance de Viktor par sa maman Marie en Charente (16 – France)

22 Déc

La survenue dans ma vie de mon enfant, l’expérience particulière de ma grossesse, puis de mon accouchement et des premiers mois de vie de mon fils m’ont bouleversée – aussi intensément que les deuils de mes parents (père, mère, beau-père) que j’ai déjà eu à traverser.

Simplement dans l’autre sens, dans un sens exactement opposé. Un mouvement qui se crée de lui même, exactement opposé.

Au printemps 2009, j’étais alors célibataire sans enfant relativement insouciante de 34 ans. J’étais libre de mes mouvements et je ne me posais aucune question sur ma liberté de choix, d’existence, de penser, sur les influences que d’autres pouvaient avoir sur ma personne. Ma conscience n’était pas stimulée là à cette époque.

Peu avant mon anniversaire, pour un simple contrôle, je vois mon gynéco Dr P******. Il passe un coup de fil concernant son assurance professionnelle devant moi et c’est ainsi que j’apprends qu’il veut partir à la retraite dans un an ou deux… Un vieux monsieur doux et débordé mais très gentil qui me dit lors d’une échographie (alors que je ne lui ai rien demandé de tel étant donné que je n’ai même pas de petit ami à l’époque) : « Vus vos ovaires polykystiques, vous allez avoir besoin de l’aide médicale à la procréation si vous voulez des enfants mademoiselle ».

Le temps s’arrête.
J’ai du mal à respirer mais je crois que rien ne paraît au Dr P****** qui poursuit sa consultation normalement.
Mécaniquement je me rhabille, je n’entends plus rien, mécaniquement je souris, je donne ma carte Vitale, etc. et rentre chez moi.
Pendant une semaine je suis envahie d’une étrange sensation d’ombre. Une tristesse sourde s’est installée. Je mets dans ma tête – mais pas trop profondément – que je n’aurais peut-être jamais d’enfants car je ne me vois pas utiliser l’aide médicale à la procréation pour faire des petits. Mon désir n’est pas tel. Je ne m’étais jamais posé la question. Avoir des enfants me semblait aller de soi… j’en aurais un jour… je n’étais pas pressée, ça viendrait quand ça viendrait. De toute façon je n’avais même pas rencontré un compagnon qui puisse être candidat à la paternité. Je connaissais d’ailleurs peu d’hommes parmi mes amis qui aient ce désir. Et de mon côté je n’étais pas spécialement dans cet état d’esprit…
Et au bout de la semaine de tristesse vague, je choisis de porter mon attention… ailleurs.

L’été je rencontre Damien qui habite Grenoble, puis il vient passer en novembre son anniversaire en Charente et nous faisons pour la première fois l’amour sans préservatifs. Damien m’avait rapidement dit qu’il voulait deux enfants. Je voulais d’abord me concentrer sur mon projet professionnel, et puis que notre relation soit plus stable et longue pour faire des enfants. Et je lui avais expliqué que vu que j’étais pratiquement stérile, pour la contraception, il suffisait de « faire attention » (retrait). Quand j’apprends que je suis enceinte, à la veille de Noël, le temps s’arrête. Damien est heureux comme je ne l’ai jamais vu. Je ne suis donc pas si stérile que ça !

Celui qui vit en moi est lumineux. Impossible de remettre en question le fait que je vais l’accueillir tel qu’il est dans ma vie. Sa vibration est claire et je n’éprouve aucune crainte envers lui. Une énergie jaillissante et douce en même temps.

Mon véritable désir en début de grossesse est d’accoucher dans la forêt, la nuit, toute seule (avec un téléphone à portée de main en cas de souci). J’ai la sensation que c’est le meilleur endroit pour accueillir un bébé et faire ce travail d’accoucher.
Par simple intuition, je vois que j’ai besoin de calme, d’obscurité, d’aucune énergie personnelle différente de la mienne ou de celle du bébé, de l’énergie de la terre, de l’humus, des petits animaux nocturnes. J’avais le sentiment que les animaux et les énergies présentes dans la forêt seraient mes accompagnateurs. Les meilleurs. Que la nuit serait la plus douce chose qui puisse m’envelopper et m’encourager à ce moment là. Que les arbres seraient des soutiens si je voulais m’accrocher à eux. J’avais la douce odeur de la forêt rien qu’en y pensant. Je m’y voyais très clairement. Cela me semblait simple et évident.
C’était mon désir.

Quand j’ai parlé de ce désir autour de moi, on s’en est gentiment moqué. « Tu auras besoin d’être entourée de sages-femmes au moins ce jour-là. » Et toutes les peurs des uns et des autres ont été convoquées et évoquées. Alors que je n’en avais pas.
Alors je me suis dit qu’un accouchement à domicile pourrait être plus « envisageable ». Je me documente et trouve une sage-femme pratiquant un tel type d’accouchement dans un département voisin pour le suivi. Cependant au second rendez-vous, la sage-femme me dit que puisque la relation au papa n’est pas stable et même rompue, elle ne peut pratiquer l’accouchement à domicile dans ces conditions. Je me sens abandonnée, de plus en plus seule paradoxalement alors que je porte un bébé dans mon utérus.

L’impression d’avoir à prendre en charge les peurs des uns et des autres – y compris de cette sage-femme, alors que cela pourrait être si simple. Le sentiment de solitude commence à s’installer plus drastiquement. Heureusement, mes amies me redonnent du baume au cœur. Ces amies ont toutes eu des enfants.
Hélène me confie son projet de naissance, Aurélie se forme pour être doula, et leurs conseils sont précieux. Stéphanie et Coralie me parlent aussi de leurs expériences et me prêtent de quoi m’informer. J’apprends beaucoup de choses sur ce qui est possible lors d’un accouchement : sur la péridurale, la préparation à la naissance, le rôle possible du papa, l’allaitement, etc.
Je m’informe, lis des livres, des revues, prends la peine de faire des choix et d’inscrire ces souhaits dans un projet de naissance pour Miniloulou.

Une autre sage-femme me suit et je suis soulagée de trouver quelqu’un qui reste avec moi. Elle me permettra une certaine continuité dans ce chaos et beaucoup de chaleur humaine. Je lui en serai grandement reconnaissante.
Pour le lieu d’accouchement elle me propose de contacter chaque structure pour faire mon choix entre celles possibles dans mon département.

Dans une maternité amie de bébés, je rencontre un gynécologue obstétricien. Mais je ne me sens pas spécialement entendue avec une consultation rapide où il ne me regarde même pas. Il me pose des questions, je réponds. Il palpe mon ventre. Je crois qu’il n’aura vu que ça de ma personne. A l’époque, je ne sais pas que toutes les consultations avec les gynécologues obstétriciens sont identiques : des mesures médicales, des dates, éventuellement palpations du ventre, mais pas de place aux informations ni aux questions… ni à l’aspect plus personnel de ce que représente une naissance dans la vie d’une femme. A l’époque, je ne sais pas non plus que ces gynécologues comptent sur les sages-femmes pour faire le boulot plus « relationnel ». Je renonce à y retourner pour le reste du suivi.
Dans le second lieu possible, … mon gynéco Dr P****** y officie. Je n’ai pas très envie de le voir après qu’il m’ait dit que j’aurais besoin d’aide médicale à la procréation…
Et puis je rencontre par le biais d’On Va Sortir (site Internet de rencontres sociales) une connaissance sage-femme, à qui je demande une rencontre plus perso pour parler de cette grossesse.
Et je finis par lui dire à peu près tout par le menu. Du gynécologue, au jour d’aujourd’hui. Elle m’explique qu’elle connaît bien mon gynécologue, puisqu’elle travaille avec lui. Qu’elle n’est pas surprise que je sois enceinte malgré ce que celui-ci m’avait annoncé car : « Il a du matériel à rentabiliser », un business à faire, et qu’à chaque geste technique de sa part, il gagne des sous. C’est son business. Une épisiotomie = des sous. Une césarienne = des sous. Un protocole d’aide médicale à la procréation = des sous. Un geste technique type forceps = des sous.
Alors que pour les sages-femmes, elles, aucune rémunération au geste technique…simplement l’accompagnement des femmes et de leurs accouchements.
Elle me dit comprendre la pression dans laquelle se trouve mon gynécologue, et que cela entraîne le fait qu’il influence les parents et futurs parents à utiliser ses compétences, pour qu’il puisse rembourser ses frais de fonctionnement.
Elle joue franc jeu avec moi et me montre l’envers du décorum.
Je suis effarée.
Elle me dit que dans ce second lieu, ils n’utilisent pratiquement pas la salle nature toute neuve et qu’en cas de césarienne ou de travail trop long je verrai possiblement le Dr P****** venir faire un geste technique afin que son tiroir caisse se remplisse.
Je la remercie pour toutes ces infos, et me dis que décidément je n’irai pas accoucher là non plus.

Rendez-vous avec une sage-femme cadre dans la dernière maternité possible. Une dame très gentille qui m’accueille chaleureusement. Nous lisons ensemble mon projet de naissance et elle m’expose les impossibilités de cette maternité et les « aménagements » possibles. Je prends acte. Moment de deuils à nouveau. Moment de déconfiture.
Je devrai notamment accepter d’être perfusée. Nous notons le monitoring sans fil possible afin que je puisse bouger. Et tout un tas de facteurs inconnus pour moi vont s’ajouter dans ce projet de naissance de 4 pages que je vais « corriger » pour qu’il corresponde à la réalité du service qui m’accueillera. J’aurai à lui renvoyer afin qu’elle le communique au personnel de la maternité.
Dégoût.
Limites.
Réalité pauvre.
Solitude.
Je n’ai plus d’autre choix que d’accoucher là, dans des conditions qui ne me conviennent pas.
Solitude et tristesse.
Mon désir est dépecé. Il n’existe plus.
Trop de renoncements dans une grossesse !

Puis cette sage-femme me demande également de présenter mon projet de naissance à la gynécologue de la maternité qui me suit : « Elle est nouvelle dans le service, ainsi elle se rendra mieux compte des demandes des futures mamans. »
Lors de mon rendez-vous suivant auprès de cette gynécologue, alors que je suis en confiance puisque j’ai pu expliquer mon souhait d’accoucher à la maison à la sage-femme cadre, souhait qui a été transformé par les conditions en projet de naissance pour un accouchement le plus « physiologique possible » dans une maternité, dans un sourire spontané, j’évoque ce désir à cette toute jeune gynécologue qui me semble capable de le comprendre.
(Mais comment ai je pu croire cela ? Comment ai je pu être aussi naïve ?).
Sur un ton de tension, presque de colère, elle me dit que je ne me rends pas compte. « Il y a encore peu de temps beaucoup de femmes mourraient en donnant naissance ! ». Que l’accouchement à domicile est inconsidéré ! Et elle se range du côté de la sage-femme cadre dans les « choix » qui m’ont été argumentés par cette dernière. Je réalise qu’elle me prend pour une farfelue, peut-être une inconsciente. Je réalise qu’un monde nous sépare et je me sens vraiment encore plus seule.
Je n’entends plus ce qu’elle me dit, rapidement et sur le ton du reproche. Mes larmes sortent toutes seules. Je suis enceinte de presque 8 mois… émotionnellement à-côté de mes pompes. Je ne sais déjà plus trop qui je suis et qui je vais devenir.
Je pleure lors de ce rendez-vous. Ni elle, ni personne, ne me consolera.
Solitude de l’accouchement hospitalier.
Non, l’hôpital n’est pas un lieu pour donner naissance.

Donc je découvre qu’une grossesse c’est :
– plus du tout de libido
– mon inconscient hyperperméable et des émotions démultipliées, des rêves et des cauchemars qui me poursuivent toute la journée.
– du poids, des envies de nourriture, des kilos qui s’installent. Des difficultés à se mouvoir.
– des jambes lourdes qui gonflent, gonflent. Horreur. Beurkitude.
– Pas d’huiles essentielles pour moi sous quelque forme que ce soit.
– Pas de sushi pourtant j’adore ça !
– Des gens qui veulent faire leur business sur ton état et tes peurs. Des récits édifiants.
– Beaucoup de solitude. De plus en plus de solitude. Paradoxalement. Un ami (un homme !) me dit pourtant : « Tu ne seras donc plus jamais seule. » Il ne sait pas de quoi il parle.
– Un gouffre de plus en plus béant entre homme et femme qui vivent des expériences tellement éloignées qu’ils ne peuvent plus partager… ( ?!), et ce qui va d’ailleurs être de plus en plus marqué pour moi ce gouffre incommensurable entre homme et femme avec cette expérience de maternité. Comme si la maternité m’éloignait inexorablement du monde des hommes.
– L’angoisse de l’inconnu.

Aussi je découvre qu’une grossesse c’est :
– Un sentiment prenant, constant, impérieux et très puissant que la vie me porte. Qu’il n’y a rien à faire, à décider, à acter, qu’il n’y a pas de force à déployer.
– Une sensation que je ne suis qu’une petite goutte dans l’océan de la vie qui est plus forte que moi. Cela me fait du bien et ce sentiment m’enveloppe en même temps que m’enveloppe la sensation d’être une miette dans un corps plus immense que ce que mon esprit peut saisir, comme si j’étais portée, quoi qu’il arrive par la vie elle-même, et que le fait d’avoir un impact sur quoi que ce soit (la vie, ma vie, celle des autres) n’était qu’une illusion, que tout ce qui m’arrivait était comme préparé dans un grand océan des possibles et qu’alors il n’y avait rien à craindre, juste à vivre. Suivre le courant. Lâcher prise dans ce courant de vie.
– Le bonheur de sentir vivre et grandir une petite vie en soi, des moments de gratitude et d’enthousiasme pour le vivant dans tout ce qu’il est.
– Des moments de grâce où il ne se passe rien que du vivant.
– Une perméabilité à d’autres dimensions exacerbée, avec les informations et l’évolution personnelle que cela m’accorde.
– Un Être nouveau et différent de moi qui arrive très physiquement, psychiquement, un étranger et pas si étranger.
– L’excitation de l’inconnu.

Une nuit, je rêve que je vais pour accoucher mais qu’il n’y a plus de place pour moi dans le service, et que je dois attendre sur un petit siège type siège de métro (oui, je suis une enfant du métro), juste à-côté d’une autre dame. L’ambiance est impersonnelle et dans mon rêve cela m’embête de ne pas avoir de place pour accoucher tranquillement…

Vendredi 20 août 2010, 14 h environ quand les contractions se manifestent toutes les 5 minutes pendant une heure. J’ai besoin de me mettre à l’aise et m’installe avec mon CD de méditation dans mon lit pour être la plus zen possible.
Pendant la méditation, je demande une aide spirituelle notamment à la vierge Marie, que je reconnais à sa clarté, à sa douceur, à sa fraîcheur, à sa vibration, pour m’aider dans ce cap. J’entends « péridurale » plusieurs fois en continu durant la méditation. A la fin de la méditation, j’entreprends d’appeler Damien pour qu’il m’emmène à l’hôpital.
J’ai également laissé un message à mon amie Stéphanie, sur qui je comptais pour m’accompagner pour relayer Damien. Celui-ci arrive à la maison, mais la valise de maternité est énorme, importable. Je lui dis ce qu’il faut, ou pas, laisser dedans pour la simplifier. J’arrive un peu à trier avec lui les affaires, mais certaines positions sont source de souffrance et je sens qu’il ne faut pas notamment que je reste immobile.
Puis, il m’aide à m’installer dans sa voiture. Nous allons à la maternité. Les contractions se poursuivent de plus en plus fortes et rapprochées, depuis plus d’une heure. Je tiens mon giron. Damien trouve une place éloignée de l’entrée du service. Je fais le trajet véhicule/service de maternité en plusieurs petites étapes entrecoupées de contractions. A chacune d’entre elles, je stoppe et tente de laisser la douleur faire son boulot, le lâcher prise, jusqu’à la prochaine. Je m’accroche aux poteaux indicateurs, aux signalisations. Enfin je m’accroche à la poignée de porte de l’escalier du service, puis à la rampe, puis à l’autre porte de l’escalier. Nous arrivons dans un espace où sont déjà prises toutes les places assises dans une salle d’attente. Les gens me regardent et je m’en fous. Je fais un appel sur la sonnette du service tout en m’accroupissant. Damien porte ma valise énorme (même si nous l’avions allégée). Je suis à quatre pattes car c’est la position dans laquelle j’ai moins mal.
Il est seize heures.
Une femme nous accueille dans une salle de consultation, dans laquelle je reste, autant que faire se peut, à 4 pattes. Et elle nous demande si nous avons téléphoné avant de venir. « Non, quand j’ai compris, comme ma sage-femme me l’avait expliqué, que les contractions étaient toutes les 5 minutes depuis une heure, j’ai su que c’était le moment d’accoucher. ». Mais, avec 5 naissances en même temps, les sages-femmes croulent sous le boulot et pour l’instant il n’y a pas de place en salle d’accouchement pour moi.
Comme dans mon rêve quelques nuits auparavant !!
Elle me propose de patienter dans la salle nature, en attendant qu’une salle d’accouchement se libère. Elle pratique un toucher vaginal et me dit que le col est ouvert « à 6 ». Je demande à utiliser la baignoire dans l’espoir que la douleur soit plus acceptable dans l’eau. La sage-femme disparaît.
Damien et moi sommes dans cette salle pastel avec des matelas très hauts et des coussins plastifiés. Je sens l’inquiétude monter car plus personne n’est là pour m’accueillir. Je crie car j’ai trop mal… les contractions sont tellement fortes. Une sage-femme vient me parler tout doucement, tout calmement en me donnant des consignes pour respirer et effectivement cela diminue un peu la douleur.
Elle est toute douce, cette sage-femme. Je lui donne mon projet de naissance que je tenais dans ma main depuis notre arrivée et que personne n’a pris. Elle commence à le regarder.
Je lui demande d’entrer dans la baignoire pour m’aider par rapport à la douleur.
Mais je suis « à 8 » et elles ne donnent plus de bain à ce stade, car la naissance est trop proche, et elle me dit que c’est donc trop tard pour la baignoire.
Grosse déception. Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhh.
J’ai mal !!!!
J’ai vraiment trop mal là.
Je ne vois plus d’issue à la douleur.
Le temps n’existe plus pour moi, mais je comprends qu’il s’est passé plus d’une heure depuis notre arrivée. Je sens qu’à elle je peux dire quelque chose. Je pleure de douleur. J’ose lui dire ce que je ressens : j’ai peur de devenir folle à cause de la douleur et la supplie pour une péridurale. Cette jeune femme brune, fine, toute douce me parle tout bas et c’est la seule que je peux entendre sans souffrir de son énergie et de sa présence. Elle me dit qu’elle va demander l’anesthésiste pour moi, même si je suis « à 8 », car normalement ils ne veulent pas faire de péridurale à ce stade du travail. Elle me dit avec tranquillité et conviction qu’elle va faire son maximum pour moi. Mais que de toute façon il ne pourra la poser qu’en salle de naissance qui sont toutes prises pour le moment.

J’ai confiance en elle. A quatre pattes toujours, je pose mes mains et la partie haute de mon corps à plat sur le matelas pastel de la salle nature. Je me souviens qu’il est plastifié, orange clair, Damien en profite comme un pacha dessus, détendu.

J’entends une autre jeune femme du service me dire beaucoup plus fort : « On vous emmène en salle de naissance, une place s’est libérée ». Je m’agrippe au fauteuil roulant qu’elle m’a apporté. On roule dans un couloir pas très long, mais tout me semble totalement démesuré. Elles m’aident à m’installer sur une table d’accouchement, toujours à quatre pattes – position la moins douloureuse pour moi. On me pose plein de fils partout, je ne peux plus gigoter mais de toute façon je n’ai pas la force de faire grand chose, ni de protester. Je redemande la péridurale et elle m’est posée vers 18 h. L’anesthésiste, je le remercie (extérieurement) et le béni (intérieurement hein, je suis pas une sainte, hum). Une autre dame m’explique que j’ai un bouton sur lequel appuyer pour délivrer une dose en fonction de mes besoins, de ma douleur. Ouf, là c’est supportable.
La lumière est forte. La salle est impersonnelle.
Il y a des fils partout autour de moi, impossible de bouger véritablement.
La sage-femme brune tout douce me parle encore doucement : « Je vais regarder où en est votre bébé ». Elle a passé son doigt sur une partie du col et cela a rompu la poche des eaux. Elle verbalise posément ce qu’il vient de se passer, ce qui me rassure. Le liquide amniotique qui s’est écoulé tout d’un coup est verdâtre. Il a une odeur étrange, je dirai d’algue, de poisson…..
Elle me dit que la couleur verdâtre signifie que le bébé a pu faire ses petits besoins dans le liquide, mais que, comme cela peut aussi être le signe d’une infection digestive, ils ausculteront particulièrement le bébé dès qu’il sera né. Ok, je prends note.

Il y a un changement d’équipe.
La sage-femme toute douce brune me salue. Je suis triste qu’elle parte, ma « sauveuse » à l’énergie simple et douce.
Le travail continue à « 4 pattes » plus ou moins. Je sens Miniloulou descendre doucement dans mon bassin, mais assez doucement. J’ai l’impression que la péridurale a tout ralenti d’un coup.
Mon amie Stéphanie arrive, et prend l’ambiance en route avec nous. Elle sourit. Elle va mettre des sur-chaussures ! Je suis même capable de papoter tranquillement avec elle et ressens même un regain d’énergie en échangeant avec elle.
20 h, les effets de la péridurale diminuent, je demande d’avoir la suite de cette péridurale, qui m’est installée par l’infirmière anesthésiste que je remercie aussi beaucoup !
Rapidement, je suis shootée, je rigole avec Stéphanie et je renifle son huile essentielle de lavande pour me calmer. Je vois aussi mon doudou girafe (prêté par Stéphanie, merci beaucoup) dans mon sac avec tendresse.
Damien veut aller manger un morceau et faire un tour, Stéphanie papote alors avec moi entre les contractions qui se poursuivent doucement. 22 h 30, toujours en « 4 pattes » la sage-femme me dit de pousser fort : « on se fache fort fort fort » – elle m’a jamais vu me fâcher je crois !
Visiblement ça n’avance pas aussi vite que ça devrait. Il y a des petits ralentissements du cœur de Miniloulou, mais c’est très ponctuel, pas d’affolement.
Elle me propose de changer de position et de me mettre sur le côté. Nous tentons sans succès. Miniloulou n’avance plus. Je demande si je peux m’accrocher pour me suspendre car je sens bien que l’apesanteur va m’être utile ainsi que le mouvement (je suis toujours coincée par plein de fils sur la table d’accouchement), mais la sage-femme me dit que les suspensions sont dans toutes les autres salles de naissance sauf celle dans laquelle je suis installée. Intérieurement, je suis fâchée, là ! J’aurais aimé qu’elle me dise : « Vous pouvez vous suspendre à moi si vous voulez. Je suis là pour ça. » Mais non, je vais donc devoir faire avec le réel : aucune personne dans la salle n’est formée ou ne veut bien me porter pour que j’accouche suspendue et que je puisse utiliser la simple gravité pour donner naissance.
Ok, dans le fonds, là, je suis effectivement en colère. Je me sens démunie et paradoxalement hyper seule… voire mal accompagnée.
Dans la salle en plus de Damien/Stéphanie (ils n’ont pas le droit d’être là tous les deux, alors ils se relaient) et moi, 3 femmes sont présentes : une aide-soignante je crois, une sage-femme et une gynécologue obstétricienne.
En effet, un autre ralentissement du cœur du bébé a fait solliciter la gynécologue obstétricienne de garde, qui me propose de changer aussi de position sur le dos en m’auto tirant les cuisses de chaque côté. Ca avance un tout petit chouia, mais je trouve que c’est pas terrible. En fermant les yeux, j’ai des visions de regards de rapace genre busard, comme s’il voulait me traverser en volant.
La gynécologue m’encourage bien. La sage-femme aussi en me faisant toucher les cheveux du bébé. Il a donc des cheveux !
Damien est juste derrière moi, présence tranquille. Je crie mais la gynécologue m’explique que crier ne fait pas pousser sur les bons muscles et qu’il faut concentrer l’énergie sur cette poussée.
Trop dur : je crie tout de même.
La gynécologue finit par me dire qu’elle est persuadée que je peux accoucher « toute seule », mais que vu le cœur du bébé qui ralentit, elle préfère mettre les forceps.
J’accepte. La sage-femme me dit : « Vous allez voir, ça va être plus facile ».
Je pousse en même temps que je sens la gynécologue tirer.
Je sens passer ultra méga trop fort la tête, les épaules, le corps. Le grand rapace me traverse. J’ouvre les yeux. La sage-femme pose Viktor sur mon ventre. Ses grands yeux sont ouverts, il est rose. Son regard est si perçant ! Comme celui du rapace de ma vision. On dirait le regard d’une très grande personne très sérieuse, dans un tout petit corps !
Je suis scotchée par l’émotion, soulagée et attendrie par ce tout petit corps.
La gynécologue obstétricienne me dit qu’il avait le cordon autour du cou, et que le cordon est court. Elle me dit que c’est sans doute pour cette raison que les dernières poussées étaient plus difficiles.
Puis, quand la sage-femme emporte Miniloulou, il se met à crier très fort. Elle dit : « C’est un gueulard, celui là ! » J’ai pensé : « Les premiers mots à propos de mon fils ne devraient pas venir d’une inconnue et ne devraient pas être négatifs à son sujet ! » Là aussi, je suis en colère. Je n’ai rien dit.
Déjà incapable de protéger mon bébé de quoi que ce soit venant de cet extérieur si indélicat.
En même temps, et dans ce très court instant, j’ai ressenti que Miniloulou était né en colère. Colère d’avoir été « ramolli » par la péridurale alors qu’ensuite on lui demande d’être opérationnel pour sortir alors que chimiquement c’était antagoniste ? Colère d’avoir été ralenti par cette même péridurale alors qu’il était prêt à un moment où l’entourage de maman la stressait trop pour qu’elle reste dans sa bulle et l’accompagne plus sereinement ? Colère de ne pas pouvoir être accueilli quand il était prêt pour sortir avec les contractions, à sa façon ? Colère de la position compliquée dans laquelle il était pour sortir ? Colère que sa mère ait été en colère concernant le manque de soutien quand elle en demandait réellement (être suspendue) – sans pouvoir exprimer elle-même cette colère ? Colère de naître dans ces conditions ? Colère d’être pris dans des bras inconnus par une femme qui commence par dire de lui sur un ton tendu qu’il est « un gueulard » ? Colère d’être tiré par des forceps alors qu’il faisait lui même beaucoup d’efforts pour sortir à sa façon et à son rythme – et que finalement avec quelque chose comme l’apesanteur cela aurait été possible, plus simple et une victoire pour lui-même comme pour sa maman ? Est ce que je le saurais un jour ? Est ce que c’est un peu tout cela à la fois ? Est ce qu’on lui a volé sa naissance à lui aussi ? Et qu’est ce que cela va impliquer dans son rapport à la vie ?
Après tout cela, je remercie sincèrement la gynécologue obstétricienne car elle semble avoir vraiment attendu avant d’intervenir. J’arrive à trouver l’énergie de prononcer vers elle : « Merci de m’avoir donné ma chance. » Elle me répond que, pour le second, j’y parviendrai toute seule. Alors, ma gorge se noue. Elle ne sait rien de moi ! Comment peut-elle me dire ça ! Je n’ai plus d’énergie pour être en colère, ni pour la contredire, mais j’ai envie de lui dire que je n’aurai sans doute pas d’autre enfant, que le père de cet enfant et moi sommes tellement éloignés, que vu mes conditions familiales et financières, que vu toutes les remises en questions et les bouleversements qu’une naissance entraîne, vu tous les renoncements que cela a demandé, vu la solitude que cela implique, non, je n’aurai pas d’autre enfant. C’est sans doute le seul accouchement que je vivrai.
Rien ne sort de ma bouche. Car je vois bien qu’elle veut faire du pansement en me disant ça, qu’elle se rassure elle-même du geste intrusif qu’elle s’est autorisée à effectuer. Qu’elle ne peut pas imaginer mes conditions pour accueillir ce bébé dans ma vie, et qu’il vaut mieux pour ne rien perturber, jouer des rôles sociaux : elle de la professionnelle qui a fait son boulot, et moi de la jeune maman heureuse d’avoir accouché et forcément dans un projet de famille parfaitement stable, au cœur d’une famille unie, pour qui il est évident de faire un second enfant.
Miniloulou a été emmené avec Damien par la sage-femme dans une autre pièce car le liquide amniotique était teinté et elles soupçonnent une infection digestive. J’entend qu’il est né à 23 h 36.
L’interne qui m’avait fait un toucher vaginal particulièrement douloureux à mi-grossesse vient apprendre sur moi à recoudre une épisiotomie. AAAAAAAAAAAAhhhhhhhhhhh ! J’ai réalisé cela évidemment bien après. Personne ne m’a dit ce qu’elle faisait là. Personne ne s’est jamais présentée à part la douce sage-femme brune et la gynécologue obstétricienne. J’avais rencontré à mi-grossesse cette jeune interne pour vérifier que tout allait bien à la place d’une sage-femme, indisponible ce jour là sans doute. Chez aucun des divers gynécologues que j’ai pu voir dans ma vie je n’avais eu une telle douleur ! Vu mon incapacité à recevoir ces doigts dans mon vagin, elle avait du faire appel à une sage-femme ce jour là pour faire l’observation du col. Sage-femme avec qui cela s’est très bien passé. J’avais donc repéré cette interne perdue, surmenée et pressée comme quelqu’un à ne pas trop approcher. Triple zut, c’est elle qui vient recoudre mon épisiotomie !!!!
J’entends la gynécologue obstétricienne lui dire avec insistance : « Mais si tu couds trop serré, elle va avoir mal !». De toute façon, je suis trop épuisée pour dire ou faire quoi que ce soit. Me charcuter est si facile, je n’oppose aucune manifestation. Je suis physiquement, émotionnellement et psychiquement lessivée. Dans un autre monde.
Effectivement, j’ai eu longtemps mal à cette cicatrice, et j’ai du avoir un massage en motte de beurre par ma sage-femme en post-natal, faire un travail énergétique personnel sur cette cicatrice, y compris à l’aide d’une praticienne en médecine chinoise (avec séance d’acupuncture). Je l’ai sentie pendant 3 ans. Je la sens encore dans certaines postures. Cela fait bientôt 3 ans et demi. Mais quand on accouche, on a l’impression que tout le monde s’en fout de ce sexe qui a été le passage pour cette naissance. La sexualité d’une maman est bafouée.
Damien revient avec notre fils pour le mettre au sein, pendant que l’interne me recoud. Il me dit avoir été ému en le voyant sortir pour la première fois. Damien exprime si rarement ses émotions que rien que ça me touche.
Nous sommes trois ! Moi j’ai pas les mots.
Puis j’ai souhaité une bonne nuit à Stéphanie qui est venue faire connaissance avec Viktor, elle aussi manifestement attendrie.
Bref, c’était rock and roll.
J’avais écrit un beau projet de naissance :
– pas de perfusion,
– présence du papa alternée avec celle de mon amie Stéphanie,
– bruit et lumière limités,
– intimité du couple favorisée,
– monitoring sans fil pour respecter ma mobilité,
– utiliser toutes techniques pour éviter la péridurale dans la gestion de la douleur,
– pas d’ocytocine,
– limitation des touchers vaginaux,
– respect de mes actes intuitifs et de ma mobilité,
– liberté des positions adoptées,
– refus de l’épisiotomie même en cas de déchirure probable – mais sauf en cas d’utilisation de forceps,
– peau à peau privilégié y compris avec le papa si besoin, contact avec le bébé privilégié,
– attendre que le cordon ne batte plus pour le couper,
– expulsion du placenta sans médicalisation,
– reporter les soins du bébé (pesée, nettoyage, mensurations, pas de collyres,….) à plus tard afin de favoriser la relation à cet instant-là.
Dont pratiquement rien n’a été réalisé :
– j’ai été perfusée,
– les lumières étaient fortes, les bruits aussi,
– le monitoring était avec fils,
– j’ai pu avoir la péridurale puisqu’on ne m’a rien proposé d’autre que la respiration pour diminuer la douleur,
– j’ai eu au moins 4 touchers vaginaux,
– j’étais coincée sur la table d’accouchement et quand je voulais être suspendue on me dit qu’ « on n’a pas le matériel »,
– j’ai eu la redoutable épisiotomie (du fait des forceps),
– pour le cordon je ne sais même pas ce qu’il s’est passé ni pour l’expulsion du placenta (personne ne m’a dit quoi que ce soit là-dessus ?!),
– Miniloulou a eu du collyre, a été pesé, mesuré, nettoyé avant même qu’on me le remette pour la tétée d’accueil !

Sur le moment, je m’en suis fichu, car l’émotion de la naissance était plus forte que tout. Heureusement que cette émotion, et que ce moment de la naissance ont pris le dessus. Cela m’a aidé à supporter bien des choses.
Aujourd’hui je me dis que c’est du vol, de l’irrespect, de la boucherie, parce que j’ai retrouvé un peu de conscience et d’énergie… au bout de plus de 3 ans !

#312 Second accouchement de M.

28 Nov

Tout à commencé dans la nuit du 17 au 18 février, la veille grosse balade au parc en famille. Le soir à l’heure de dîner je me sens barbouillée mais pas inquiète plus que ça vu les efforts fournis pour la balade. Mon homme part au lit, il est 23h, je suis toujours devant la télé je ne sens pas la fatigue venir. Vers 1h du matin, je vais à la selle, puis 30min après, je pense à une gastro, vers 2h du matin je réussis à m’endormir mais 30 min plus tard me voilà de nouveau debout pour aller encore à la selle, mais de là des douleurs apparaissent dans le ventre et dos, je me dis qu’il est trop tôt car encore à 15 jours de mon terme. Mais la douleur ne passe pas, je me retourne 100 fois dans le lit et vers 6h la douleur devient vraiment douloureuse, je réveille le futur papa qui lui dormait bien et lui dit que c’est le moment, de là il part chercher mon père pour garder notre plus grand, je fais donc attention à ne pas réveiller notre fils qui lui dort, je prends une douche, j’ai du mal à me déplacer. Vers 7h, ils arrivent enfin, on part direction la maternité, il m’aura fallut 20 min pour arriver à la voiture. En route, on appelle les urgences pour dire qu’on arrive, je hurle dans la voiture j’ai vraiment mal, mon homme me dit que j’exagère car je criais pas comme ça pour le premier, j’avais envie de le tuer ! Bref on arrive vers 7h45 aux urgences, de là je suis rapidement prise en charge, on m’aide à me déshabiller entre 2 contractions, on m’enfile une blouse et hop on m’examine, je suis à presque 7 cm de dilatation, on me propose la péridurale rapidement car l’anesthésiste était dispo à ce moment-là, j’accepte car vraiment trop mal. De là, l’interne arrive pour me la poser, je me mets en position, ne bouge pas malgré la douleur, il pique une première fois, loupé, une deuxième plus bas, encore loupé et tout ça au nombre de 4 tentatives échouées, j’ai trop mal et en plus on me reproche de bouger, lui aussi j’avais envie de le tuer … De là, ils appellent le chef anesthésiste, qui lui va au plus vite et me pose une rachi-anesthésie (plus adaptée aux césariennes), tout ça sans un bonjour, et là il me dit : « Bon, il y a du sang dans le cathéter, donc vous ferez qu’avec cette dose, je ne pourrais pas en remettre une, donc vous avez 1h grand max d’anesthésie. » Au bout de 10 min la douleur passe, papa est là, je me sens mieux, j’en profite pour faire la connaissance de la sage-femme qui était là depuis le début et que j’avais à peine vue à cause des douleurs, on remplit le dossier, elle me perce la poche des eaux (très résistante) pour accélérer le travail. En 20 min, je suis à dilatation complète et on attend un peu que bébé veuille bien descendre un peu et quand on s’installe parce que bébé est descendu, je sens que l’anesthésie est très faible, de là je comprends que je vais accoucher sans … Je pleure, je panique, on me rassure vite fait en me disant que les femmes peuvent endurer cette douleur, bref je commence à pousser, un peu n’importe comment au début, je me fais un peu engueuler on me dit que je devrais faire ça bien vu que c’est mon second mais la douleur m’empêche de me centrer correctement sur les poussées, je crie de douleur … De là, je finis par bien pousser, je sens qu’il me gêne, j’ai mal, j’en peux plus, elle me dit d’arrêter de pousser mais je ne l’écoute pas, j’arrivais pas à retenir, je me fais encore engueuler, mais tant pis je pousse comme une folle quoi qu’il arrive je veux le sortir … Ça y est il est dehors, enfin, un beau bébé de 3 kg 700 qui était estimé à tout juste 3 kg, donc belle surprise et au final une petite déchirure, qu’elle va recoudre à vif, je peux pas profiter de mon bébé, moment encore dur à passer … Bref, on monte au bout de 4h en suites de couches, on doit m’aider pour l’allaitement, au final à chaque fois que j’appelais pour l’heure de la tétée elle arrivait 30 min après, donc je l’attendais pas et je m’en sortais plutôt bien sans elle ! On est sortis au bout de 2 jours car ça me gonflait d’être là-bas. Au final mon accouchement est pas si terrible que ça, là où j’ai le plus mal vécu, c’est lors de la pose de la péridurale …

M.

#310 De la grossesse aux suites de couches – Hauts-de-Seine

28 Nov
Je considère que la naissance c’est aussi le suivi de grossesse et les suites de l’accouchement.
Et là franchement, le respect des personnes est loin d’être garanti!
Le suivi de grossesse
Franchement très décevant.
La maternité de niveau 2 où j’étais inscrite prend des allures d’usine pour les consultations de suivi. On te demande de venir 30 minutes en avance et le gynécologue ou la sage-femme qui assure les consultations, avait presque toujours une heure de retard.
Examen rapide, aucune question sur le moral des troupes, les craintes, etc. Juste une phrase répétée au moins 2 millions de fois : si vous voulez la chambre individuelle, c’est 100€ et il faut réserver maintenant. Ok merci!
Le pire moment a été la 2ème écho. sortant d’une première écho géniale à 3 mois faite en clinique par une gynécologue attentionnée et qui a duré 45 minutes, on est arrivés la bouche en coeur, préparés à découvrir le sexe de notre bébé. Ma propre maman, elle-même sage-femme, m’avait expliqué que cette écho était généralement assez longue car on prend bien toutes les mesures et on voit bien le bébé.
Et ben raté! L’écho a duré 12 minutes au total dont 10 minutes durant lesquelles le médecin a engueulé son interne qui effectuait l’écho. On ne nous a rien montré, rien expliqué, bref on était invisibles! Ah si, juste à un moment, le médecin nous a demandé si on voulait connaître le sexe, on répond oui et là il dit c’est un garçon, point barre. Ce c**** ne nous a même pas montré le petit trilili.
Mais bon cela avait un côté pratique car tous les examens (urine, sang, prélèvement) étaient faits sur place et du coup, je n’avais pas besoin de retourner en labo après.
Heureusement, j’ai fait la prépa accouchement chez une sage-femme libérale très sympa : un peu trop pro-allaitement et anti-péri mais elle ne jugeait pas.
En dehors de tout ça, grossesse idyllique.
Fin de grossesse et accouchement
Bien vécu sur le moment mais peu d’informations.
Le jour J, rdv de contrôle : col ouvert à 1, épais et ramolli. On me décolle les membranes sans m’expliquer (oh b*rdel quel mal de chien!) et on me renvoie chez moi.
J+2 : j’avais rdv mais dans la nuit précédente, on s’est pointés à la maternité parce que j’avais eu des contractions (même pas douloureuses) + perte bouchon muqueux et qu’on était pressés surtout!
J+4 : rdv pour déclenchement. On avale un gros brunch avant d’y aller et on part de chez nous, sachant qu’on ne reviendra pas seuls.
8h30 : on me branche au monito + pose perf : j’ai des contractions régulières donc on me débranche vers 11h pour aller marcher et laisser faire la nature.
14h00 : retour au monito : les contractions se sont arrêtées donc on va lancer le déclenchement à 16h avec tampon. On m’informe juste qu’avec le tampon ça ira plus vite.
18h00 : on m’amène à la chambre car n’ayant que peu de contractions, ça sera sans doute long. On me prévoit un monito à 22h.
18h30 : les contractions démarrent c’est atroce tout de suite. Je me dis que je ne vais pas y arriver car un premier accouchement peut durer très longtemps.
21h30 : je suis un animal!
21h35 : j’appelle la sage-femme pour avoir un ballon. ça ne change rien et devant ma douleur, elle tente un toucher vaginal pour vérifier l’avancement du travail. Jamais ressenti une pareille douleur de toute ma vie, mon corps entier s’est cambré pour échapper au toucher.
En fait, mon col était postérieur et la tête de bébé devant, donc elle devait crocheter par derrière pour vérifier le col. EPOUVANTABLE!
Elle me propose donc de descendre en salle de naissance car les lits sont plus pratiques pour le toucher. Vu mon état, je n’ai pas cherché à comprendre.
22h00 : Arrivés en salle de naissance, elles s’y mettent à trois pour le toucher, dont 2 qui me maintiennent. Mon mari était dehors et il m’a avoué après avoir eu le sang glacé en entendant mes hurlements.
22h05 : Col épais mais mou et ouvert à 3, c’est ok pour la péri.
22h35 : l’anesthésiste arrive. On m’a prévenue que c’était pas des rigolos les anesthésistes. Ah oui effectivement! Mais bon, au moins ça crée de la complicité avec les sages-femmes.
22h50 : A plus mal du tout, youpi!
00h00 : perçage de la poche des eaux.
00h45 : je suis dilatée à 5 cm, le coeur de bébé ralentit donc je suis en code rouge, les sages-femmes débarquent toutes les 5 minutes pour me tourner ou m’expliquer des choses.
1h : il y a 6 personnes autour de moi qui passent leur temps à s’excuser de me faire mal alors que je sens rien (vive la péri!); elles me préparent pour une césa au cas où car le coeur de bb ralentit trop souvent. On me rase, on me lave, on met un nouveau produit à la perf.
1h10 : suis dilatée à 8cm (3 cm en 25 minutes, ouah!), col effacé mais comme le coeur ralentit toujours, les sages-femmes appellent le médecin.
1h30, dilatée à 9cm, le médecin me demande de pousser pour essayer de gagner le dernier cm. Elle est gentille, mais sous péri : tu sais pas ce que tu pousses, mais bon je pousse quand même…
Avec 9 personnes dans la salle, bonjour l’intimité mais bon.
Finalement, le médecin sort les spatules pour aller plus vite.
1h54 : mon fils est né, on le pose sur mon ventre avec les mêmes mots que dans les émissions : « le sang, c’est le vôtre ». Ils lui font une petite toilette pendant qu’on me recoud l’épisio + déchirure. Puis mise au sein et on nous laisse 2 heures tranquilles.
5h30 : retour dans ma chambre, épuisée, vidée!
Un accouchement très bien vécu car les sages-femmes étaient très pros et rassurantes mais j’aurais bien aimé qu’on m’explique qu’un déclenchement, certes c’est plus rapide mais aussi que les contractions ne s’intensifient pas, elles sont directes hyper-méga-violentes, ce qui ne laisse pas vraiment de temps au corps pour s’habituer à la douleur. Un avantage quand même : tu es moins crevée à la poussée car le travail est plus rapide.
Suites de couches
Une catastrophe!
Chambre sombre, déprimante et un vrai sauna!
On ne m’a rien expliqué sur les gestes d’hygiène pour mes points. Me suis débrouillée toute seule avec un peu de bon sens.
Les auxiliaires de puériculture n’étaient pas gentilles, sauf une de jour. Mais la nuit quand j’étais seule, elles étaient odieuses.
La deuxième nuit, après 2 heures de pleurs de mon bébé non-stop, j’ai voulu lui donner un bain pour qu’il se détende et là l’auxiliaire de puériculture que j’avais appelé m’a dit : « Vous ne pourrez pas le mettre sous la flotte chaque fois qu’il va pleurer, juste pour le calmer votre gosse ».
Conseils en allaitement inexistants.
Retour à la maison, baby-blues avec des idées bien noires et en rejet partiel de mon fils.
Quelques jours plus tard, mon mari me retrouve tremblante, claquant des dents : 40.5° de fièvre!
On appelle SOS médecins : on nous envoie dans la 1/2 heure (un exploit) un médecin qui ne s’est pas lavé les mains, qui puait l’alcool et le tabac. Il a palpé mes nichons, écouté mon coeur et c’est tout. Dieu merci, il n’a pas farfouillé là où je pense.
5 minutes de visite = 70€ svp avec une ordo d’antibio.
Comme il était pas net, on a fini par appeler les urgences gynécos. Sur leurs conseils, on s’y est rendus. On a poireauté 2 heures en salle d’attente et je me suis faite engueuler par une sage-femme qui voulait que je nourrisse mon fils dans la salle d’attente.
Pas en état de résister, je l’ai mis au sein, tout en me balançant d’avant en arrière tellement je délirais.
Finalement, on m’ausculte et là on me dit que j’ai une endométrite (infection de l’utérus). Pourtant il me propose de rentrer chez moi. Moi qui étais pressée de rentrer quelques jours plus tôt, là j’ai insisté pour rester car j’ai bien senti que ça n’allait pas.
Ils m’ont donc gardé. Chose curieuse : la chef de service a dit à mon mari que si la mutuelle ne prenait pas en charge la chambre, tous les frais seraient à la charge de l’hôpital. Ah tiens! Depuis quand un établissement semi-privé fait la charité? Une erreur médicale..?
Au final, j’ai été réhospitalisé 6 jours et j’ai contracté 3 infections : utérus, sein et urinaire, chouette!
J’ai abandonné l’allaitement car j’étais épuisée. Mais là aussi, problèmes avec les auxiliaires de puériculture :
1) elles ne se passaient pas le mot donc chacune avait l’air de découvrir que j’arrêtais l’allaitement;
2) les commentaires du style : « Vous n’allez pas faire ça??? » ou même « Vous savez qu’en l’allaitant, il sera plus intelligent et moins risque d’obésité ». C’est ça, traitez-moi de mauvaise mère, pendant que vous y êtes.
J’ai mis du temps à ne plus culpabiliser pour cet arrêt de l’allaitement.
Heureusement, mon mari lui était ravi de donner à manger à son fils alors ça m’a aidée.
En plus, j’ai passé l’hiver et mon congé maternel, à avoir la trouille des infections donc suis très peu sortie avec mon bébé et j’ai cru pété un câble!
Enfin, mes suites de couches m’ayant vidée, j’ai mis beaucoup de temps à être bien dans mon rôle de maman. Le lien a été rompu, mon mari a dû le prendre en charge les 2 premières semaines.
Il me faut du temps pour m’attacher, je n’ai pas eu l’amour maternel immédiat. Puis j’ai perdu mon papa brutalement.
Finalement, c’est venu, mon fils a maintenant un an et je n’imagine même pas ma vie sans lui, je l’aime plus que tout mon fils!
Véronique

Dans le Jura

26 Nov
J’ai accouché dans une maternité du Jura.
Mes contractions ont commencé le 28 septembre, je m’était rendue à un Loto, avec mon ami et ma belle-famille, nous étions partie à 50 km de la maternité, durant tout le jeu j’ai ressenti des contractions, j’ai dis à mon ami que si elles ne s’arrêtaient pas nous irions à la maternité à la fin du Loto, arrivé à la fin elles étaient toujours là, nous avons pris la voiture direction la maternité. Arrivés là-bas la sage-femme nous prend en charge dans une chambre. Elle vérifie mon col : il n’est pas plus ouvert que d’habitude, 2 doigts … et elle me fait un monito ; malheureusement après une heure de monito elle nous renvoie à la maison, elle me dit de prendre du Spasfon, mes contractions ne sont pas assez rapprochées … Le lendemain, je n’ai pas dormi de la nuit, mes contractions me réveillaient, j’ai tenté de me reposer tout l’après-midi mais en vain. Je me suis réveillée souvent à cause de ces contractions, le soir après manger je vais aux toilettes et là je vois des caillots de sang, je dis à mon ami cette fois je vais à la maternité tant pis  mais je veux verifier si tout va bien .. rebelotte on reprend la voiture direction la maternité. Arrivée là-bas c’est la même sage-femme qu’hier qui nous accueille, elle est sympa ça va mais au début je la trouvais un peu froide, cette fois encore elle vérifie mon col ah ça a bougé je suis ouverte à 3 doigts, on fait un monito … une heure après elle m’annonce que c’est toujours pas encore rapproché mais elle decide de verifier mon col au cas où et là tadaaaaaaaaa miracle je suis ouverte à 4 doigts, elle me dit : c’est parti, on passe en chambre de naissance, elle m’installe dans la chambre que je trouve superbe, un decor de jungle verte, un grand canapé d’angle pour mon ami, elle me dit d’attendre, elle va chercher l’anesteshiste, pendant ce temps je suis perfusée, habillée, etc. L’anesteshiste arrive, on fait sortir mon ami, cela lui permet d’aller chercher la valise et de prévenir ses parents que je vais accoucher dans la nuit, il est 00h00 nous sommes le 30 septembre et l’anesthesiste me pose la peridurale c’était super je n’ai rien senti, 20 minute après, ça a fait effet, je ne ressentais plus mes jambes, merveilleux, à 00h30 la sage-femme vient pour me percer la poches des eaux … et me dire que je suis ouverte à 7 doigts, elle me dit « Vous avancez super vite c’est génial … moi je suis déstabilisée je m’attendais pas à autant de rapidité mais bon si mon bébé va bien c’est tout ce qui compte, à 1h30 elle vient me re-contrôler et là je suis  dilatée complètement, mais mon fils est trop haut encore, elle me dit qu’elle va poser une perfusion pour l’aider à descendre et qu’il va falloir être efficace dans la poussée car sinon ce sera une cesarienne … deux heures plus tard à 3h30, elle me dit que cette fois il faut y aller parce que le bébé est bien descendu, on m’installe, une autre sage-femme arrive, elle me dit de pousser je ne ressens pas grand chose, je ne sais pas si je pousse bien, mais elle me dit que c’est super et que je pousse super-bien alors je prends toutes mes forces et je pousse comme une folle; elle m’a fait toucher ses cheveux, ça me motive encore plus, je pousse de plus belle et à 3h50  il est là … elle le pose sur moi, mon fils, ma vie … il est encore tout chaud, magnifique, 9 mois de grossesse pour un aboutissement aussi merveilleux, c’était l’apothéose … J’était aux anges, elle me dit que je suis juste un peu déchirée à l’extérieur, ce qui nécessite deux petit points qui ne me gêneront pas pour uriner, j’ai eu un accouchement merveilleux, la sage-femme m’a dit qu’elle était très contente car c’est pas souvent que des accouchement se passent aussi bien, que j’ai été très patiente et que je ne me suis pas plainte, en même temps il n’y avait pas lieu de se plaindre, l’équipe a été super. Mon fils pesait 3 kilo 500 pour 50.5 cm, un beau bébé je suis très fière de mon accouchement et je tiens encore à remercier l’hôpital qui a respecté tout ce que je voulais.

#305 Accouchement déclenché mal vécu‏, Nancy, 2010

25 Nov

J’ai « accouché », oui je mets les guillemets car pour moi, je n’ai pas mis au monde ma fille, mais on me la sortie du ventre, en juillet 2010, à Nancy.

On dit c’est le plus beau jour de votre vie, or pour moi ce ne fut pas le cas, le plus beau moment, c’est lorsque j’ai pu avoir ma fille contre moi et l’allaiter.
Ma grossesse s’est bien passée, mis à part chevilles gonflées en fin de grossesse due à la rétention d’eau… Mon terme était prévu début août, mon gynécologue qui me suivait partait en vacances et me l’avait dit, malgré tout, lors de mon dernier contrôle, il a préféré déclencher l’accouchement, parce que j’étais gonflée à cause de la rétention d’eau. (Je me demande aujourd’hui si ce n’était pas parce qu’il partait en vacances la semaine avant mon terme) Je n’étais pas en danger, mon col était bien fermé, et ma fille en forme… Je ne savais pas, j’ai dit oui, et mon mari trouvait l’idée plutôt bien, car ça nous évitait le stress du départ à la maternité, tout était programmé! Il m’a donné RDV à la maternité un dimanche de juillet à 20h.
A 21h, on m’appliquait le gel pour avoir des contractions. Et on m’installa dans une chambre. « Prenez une douche, détendez-vous » me dit une sage-femme… J’ai pris une douche, j’avais mal dans les reins, mais je ne savais pas ce que c’était… Des contractions?? peut-être, peut-être pas… j’avais mal en continu (aujourd’hui je ne pense pas que c’étaient des contractions…)… Mon mari, impuissant fasse à cette douleur qui m’ennuyait, appela une sage-femme (ou infirmière) et demanda à ce qu’on me donne quelque chose pour calmer cette douleur, à 23h, on m’installa dans un « box », oui c’est comme ça qu’on appelle les pièces pour accoucher… comme les chevaux, hop dans un box, avec le foin… On m’a allongée, branchée, monitoring, tension  ….etc…
Les sages femmes ont alors pris la décision de m’introduire un produit dans les veines « Pour accélérer le travail » m’ont-elles dit… Je me laissais faire…
Puis on m’a fait la péridurale (ou avant) je ne sais plus, mais ce que je sais c’est que mon col n’était pas dilaté, ah, la, je n’avais plus mal dans les reins, je ne sentais plus mes jambes…
Et à partir de ce moment là, je n’ai plus eu de contractions… J’ai passé la nuit allongée, branchée, pourtant je n’était pas malade, je venais juste mettre au monde mon enfant…
A 7h du matin, mon col se dilatait un peu (quand même), ils ont pris la décision de me percer la poche des eaux…
A 10h30 mon col était enfin dilaté, on m’a demandé alors de pousser, j’ai le souvenir qu’une sage-femme m’ait appuyé sur le ventre et m’a fait mal, pour forcer (oui, toujours forcer…) le bébé à venir…
Mais rien n’y a fait, à 11h15 le gynécologue m’annonça très serein : « On va faire une césarienne, enlevez tous vos bijoux »… le monde venait de s’écrouler autour de moi, juste à l’annone de ces quelques mots… Pourquoi… ?? était-ce de ma faute, je n’ai pas su pousser comme il fallait, je mettais en danger mon bébé? toutes ces questions dans ma tête… sans réponse… j’ai eu une nouvelle fois à faire avec l’anesthésiste, on m’a mise sur un brancard, je pleurais… mais on ne s’en souciait pas…
Arrivée au bloc, j’étais encore plus inquiète, la panique m’envahissait, je pleurais, je n’arrivais pas à me contenir, les sages-femmes présentes près de ma tête, me mirent un masque, quelle idée, je ne respirais plus!! elles m’ont tenus les bras. Je n’ai que le souvenir du regard de mon mari sur moi, impuissant, et autant affolé que moi mais qui essayait tant bien que mal de me soutenir, de me rassurer…
J’ai été rassurée et lui aussi, quand nous avons entendu les premiers cris de notre fille… « ça y est!! elle est là!! Tu l’entends ? » me disait-il…
Puis, une sage-femme est passée avec mon bébé, dans la couveuse, en me disant : « Regardez c’est votre fille », j’ai vu la boîte passer, dedans une petite poupée yeux grands ouverts et pleins de cheveux sur la tête… Et mon mari suivre la boîte… il était midi. On ne me l’a pas posée sur moi, je ne l’ai pas embrassée, je ne l’ai pas sentie, je ne savais même pas si elle allait bien…
Je me suis retrouvée seule, on m’a recousue… emmenée en salle de réveil… j’ai dormi, à 13h30, je me réveillais, j’avais froid, très froid, à-coté de moi, un vieil homme qui avait du subir une chimio, en face une dame s’est mise à crier, avec un tube dans la gorge… où étais-je? Nous étions au moins 10 brancards les uns à-coté des autres… Et les infirmières, à-coté de moi, près de la fenêtre discutaient.
Tout de suite j’ai demandé une couverture, et on m’a mis le chauffage dans les jambes, puis elles m’ont appuyé sur le ventre… ça faisait mal… Mais tout ce que je voulais c’était voir ma fille. « Où est ma fille? et mon mari?? Quand puis je la voir? » questions que je ne cessé de poser aux infirmières… les réponses :  » vous aurez tout le temps de voir votre fille après, vous avez toute la vie; elle doit aller bien, on ne sait pas. »
Je pleurais, je voulais savoir, je voulais la voir, la toucher, la sentir, l’embrasser… J’ai pleuré jusqu’à 15h30 quand enfin, on m’a dit : « Vous allez pouvoir voir votre fille », on m’a alors emmenée au milieu de la pièce toujours sur le brancard avec un vieillard qui dormait encore à moitié, et une dame, tous 3 sur brancards, en travers…
Un jeune homme est alors passé devant la salle, une infirmière l’a interpellé : « T’es tout seul aujourd’hui? – oui , répondit il, aujourd’hui je suis le seul brancardier, là je suis en pause, je reviens après… »
J’ai attendu, à 16h enfin, ce jeune homme est revenu, « C’est à qui le tour, qui dois je emmener? » j’ai tout de suite crié « MOI!! » … il vérifia sur nos brancard, et dis « Non, c’est au tour de Monsieur », j’ai cru que j’allais devenir hystérique… « Je veux voir ma fille!!! Emmenez-moi en premier, ça fait depuis 13h30 que je le demande », alors l’infirmière est intervenue, et a dit au jeune brancardier de m’emmener…
On a pris l’ascenseur, je suis rentrée dans une chambre, où il n’y avait personne, j’ai failli encore pleurer, quand soudain à peine le brancardier parti, la porte s’ouvrit, c’était mon mari, et ma fille !!!!! Quel soulagement, qu’elle était belle!!! Tout allait pour le mieux pour elle, et là ce sont non plus des larmes de tristesse mais des larmes de joie qui ont pu s’échapper de mes yeux… On me l’a mise au sein, j’ai adoré cet instant, le plus beau de ma vie…
Malheureusement, les heures de repas pour elle ne se sont pas bien passées, car les auxiliaires stagiaires ne me mettaient pas ma fille correctement au sein, j’ai eu tout de suite des crevasses douloureuses, et ma césarienne me faisait souffrir, j’ai du arrêter l’allaitement, avant les premières montées de lait… Mon séjour n’était pas des meilleurs, j’avais été tellement déçue par l’équipe médicale que je n’avais plus confiance, je dormais mal (les sages-femmes avaient leur bureau en face de ma chambre, et bien sûr n’étaient pas discrètes)…
Bref, une expérience comme je n’en souhaite à personne… Je n’ai pas accouché de ma fille, j’en garde des « séquelles » psychologiques et physiques. J’ai voulu témoigner, car je suis enceinte du deuxième aujourd’hui (un petit garçon), je dois accoucher pour Noël, dans une autre maternité (j’ai déménagé) mais ayant vécu une mauvaise expérience,  j’espère ne pas revivre ces moments là, je veux accoucher, et le plus NATURELLEMENT possible, sans me mettre en danger, ni mettre en danger la santé de mon bébé. Ce qui est certain, c’est que je ne me laisserai plus faire comme ça a pu être le cas il y a 3 ans…

#300 Hélène – Avril 2006 – Ille et Vilaine

7 Nov

Ici commence ma douleur, le récit de mon accouchement

Je vais tenter de rembobiner une partie de ma vie qui d’habitude me fait souffrir une fois l’an. J’accepte aujourd’hui de m’y replonger afin d’apporter une pierre à l’édifice et faire comprendre qu’il est temps, grands temps de respecter les femmes lors de leur accouchement.

Je peux pas vraiment dire le jour où tout a basculé. Parce qu’en réalité, le recul m’a permi de voir que tout a commencé quelques jours auparavant. Évidemment, ou heureusement, certaines dates m’échappent. Disons que cela c’est déclenché à la 36ème semaine d’aménorrhée, à la fin de mon cours de préparation à l’accouchement quand j’ai fait par de ma prise de poids fulgurante ( 5 kilos en 3 jours), la sage femme m’a prise la tension. Je ne me souviens plus exactement quelle en était la mesure mais j’en avais suffisamment pour qu’elle m’envoie en surveillance à la maternité.
J’ai donc eu une première surveillance, avec monitoring et tensiomètre pendant quelques heures. La tension s’est calmée, on m’a laissé repartir avec une prescription de bandelettes urinaire, sans plus d’explication. Je devais vérifier régulièrement qu’il n’y ait pas d’albumine dans mes urines. Déjà là j’aurais aimer qu’on me dise ce qu’on vérifiait, je le savais très bien, je suis une patiente qui s’informe beaucoup, mais j’aurais souhaité qu’on me le dise. « Madame, on vérifie la présence d’albumine pour écarter l’hypothèse d’une toxémie gravidique ».
J’ai donc vérifié souvent mes urines, les bandelettes restaient correctes juste les leucocytes qui réagissaient un peu par moment, mais la sage femme m’a expliqué que c’était normal et que la réaction sur la bandelette restait très faible, vraiment pas de quoi s’inquiéter. Je vérifiais également ma tension, tension + albumine, c’est les signes précurseurs de la toxémie gravidique, je restais très vigilante.
Le lundi 3 avril 2006 au soir j’ai refait de la tension, on part avec mon mari à la maternité. Je reste sous surveillance monitoring+tensiomètre jusqu’à 23heures, puis je suis prise en consultation par le gynéco de garde. Là comme à leur habitude, j’ai le droit à un énième touché vaginal pour vérifier l’évolution du col. Il me fait un mal de chien, j’encaisse la douleur sans rien dire, me disant qu’il fait preuve de moins de délicatesse que mon gynéco habituel. Je sors de la consultation, j’ai mal, je dois rentrer, j’ai 30 km à faire en voiture, il est préférable que j’aille au toilette avant. Là je découvre que je saigne, au moment où je sors dans le couloir je croise le gynéco de garde, je lui en fais part avec inquiétude. Il me dis de ne pas m’en faire et de rentrer chez moi et conclut curieusement cet entretien en me disant «  peut être à toute à l’heure ! ». Mon mari et moi en restons étonner se disant que s’était quand même prématuré pour accoucher, mon terme étant pour le 28 avril 2006.
Le lendemain matin, mardi 4 avril, j’avais mon rdv du 9ème mois avec mon gynéco habituel, la route a été éprouvante, j’avais passé une mauvaise nuit, et j’ai eu mal au bas ventre tout le long de la route sans pour autant y identifier des contractions. Arrivée à la maternité, j’appelle ma meilleure amie qui habite à deux pas, je lui demande qu’elle me ramène chez moi à l’issue de mon rdv je sens que j’en aurai pas la force.
Il est pas loin de 10 h quand le gynéco me prend en consultation, il me prend ma tension qui est bonne, là il me fait encore un touché vaginal, je suis dilaté à 4, il me dit de passer dans l’autre bâtiment je suis en passe d’accoucher. Je réalise pas bien, je n’ai a proprement parler pas eu de contractions, j’ai des douleurs comme mes règles mais pas plus intense, je sors de ma consultation ma meilleure amie est là et m’attend dans la salle d’attente, je lui explique que je suis en train d’accoucher, elle croit que je la charrie. J’arrive donc dans le bâtiment adjacent celui des consultations, je m’annonce comme étant en train d’accoucher et sortant de mon rdv du 9ème mois. On m’installe dans une chambre, on me demande de récolter mes urines sur une bandelette, je sais maintenant les lire, les albumines restent muettes, ce qui me rassure. Le gynéco de garde me fait encore un touché vaginal, il me demande ce qu’est ce liquide que je perds. Je pense que c’est juste des fuites urinaires c’est courant en fin de grossesse, je porte un gros bébé, il appuie partout sur mes côtes et sur la vessie. Il me dit sur un ton condescendant que non ce n’est pas des fuites urinaires et voilà tout ce qu’il m’apprend et sort de la chambre. Je reste là telle une conne en me disant que j’ai une fissure de la poche des eaux, que c’est ce qu’il a sous entendu.
Mon mari arrive au moment où on me passe en salle de travail. Il prend le relais de mon amie qui restait jusqu’ici à mes cotés. Je suis semi allongée dans un lit avec le packaging regrettable d’un accouchement surmédicalisé. Je souhaitais pourtant un accouchement des plus naturels. On me pose un cathéter, sans m’expliquer à quoi servent les poches qui l’alimentent, je le regrette. Bien que je le sache déjà, j’aurais aimé que la sage femme fasse l’effort de m’expliquer ces gestes médicales alors même qu’un accouchement est un acte naturel, régit pas les lois de la nature où le corps médical de mon point de vue ne devrait intervenir qu’en cas de soucis.
On me laisse quelques temps avec la perfusion, le monito et le tensiomètre. Tout est normal, même le monito, j’ai bien des contractions mais le graphique montre clairement qu’elles sont de très faibles intensités. La sage-femme vérifie mon col, je suis dilaté à 6 il est un peu plus d’onze heure, du coup elle revient avec une longue aiguille et un bassinet. Elle me dit qu’elle va percer la poche des eaux. Là je commence à m’opposer, sans agressivité, je lui demande quelle nécessite de me la percer, elle va bien finir par rompre toute seule, sinon c’est que l’accouchement n’est pas pour maintenant. Elle insiste en me disant que cela va accélérer le travail. J’ai pas demandé à ce que ça aille plus vite, j’ai tout mon temps, je ne souffre pas de mes contractions. Elle persiste, prétextant une procédure habituelle, en me disant que l’anesthésiste va suivre. Bref, elle me perce la poche des eaux, je vois le liquide s’écouler, ça m’interpelle, je lui demande si c’est normal la couleur du liquide. Elle me réponds que oui, je me persuade que c’est elle la pro elle sait ce qu’elle fait. Mais le liquide amniotique est teinté marron. On persiste à me prendre pour une andouille, mais j’ai fait le choix de leur faire confiance et de me dire qu’ils savent ce qu’ils font, et je reste tout de même détendue. L’anesthésiste arrive, je lui dis que je ne souhaite pas de péridurale, que je ne vois pas l’intérêt, je ne souffre pas de mes contractions. La sage-femme est encore présente et soutient son collègue, je risque de beaucoup souffrir avec la poche des eaux percés les contractions sont plus douloureuses. Je reste septique, l’anesthésiste fini par me dire que les accouchements c’est pas comme au restaurant, c’est pas « à la carte ». J’abdique, alors que je connais mes capacités à encaisser la douleur, est-il si difficile que ça de respecter les choix des patients ? Il me pose sa péridurale, je suis consciente qu’il a galéré, pourtant j’ai prévenu lors du rdv anesthésiste que j’étais très sensible du dos à cause de ponctions lombaires pratiquées enfant sans anesthésie, mais l’ont-il seulement pris en compte, pris connaissance, noté sur mon dossier ?
La péridurale ne fait aucune différence, on attend, le travail s’est arrêté. Il est 16h maintenant. La sage-femme vient me voir. Elle me dit que si dans une heure la travail n’a pas avancé je passe en césarienne. Je suis surprise, pour un premier accouchement, on me laisse si peu de temps de travail, j’en ai lu des récits d’accouchement pendant ma grossesse. Je sais qu’un premier accouchement peut être très long, et là au bout de 6h de travail, on me passe au bloc. Je ne comprends pas, j’ai pas le temps d’acquiescer et qu’elle est déjà repartie. Les sentiments sont partagé, entre la sensation d’être une petite fille qu’on réprimande, « si t ‘as pas fait ton travail, on t’opère » et l’acceptation de devoir faire confiance au corps médical, se dire qu’ils ne font pas ça sans raison ? Oui mais alors pourquoi ? Une heure se passe, je conviens avec mon mari, que je veux qu’il suive notre enfant, pas question qu’il m’attende devant le bloc. Je veux que notre fils voit un de ses parents au moins.
Le travail n’a pas repris, finalement, ils m’ont laissé plus de temps, il est pas loin de 17h30 …
La sage-femme revient avec une tondeuse pour me couper les poils pubiens, elle n’y va pas en douceur, et elle me fait un mal de chien. Je réalise que ce n’est pas normal, mais là encore je n’ai pas le temps de lui dire, elle est déjà repartie. J’en fais part à mon mari, « c’est quand même pas normal de sentir le rasage avec une péri ? » Il essaye de me rassurer. On me passe sur un brancard, je demande la présence de mon mari dans le bloc, ils n’y voient aucune objection. Mon mari part se préparer. J’arrive au bloc, en scrutant la porte, j’ai froid, je claque des dents. On me badigeonne de bétadine. Ils respecte le protocole, sauf que la réponse n’est pas celle attendue :
« Madame, est ce que vous sentez du froid ?
Oui
A droite ou à gauche ?
Partout
Je lis sur leurs visages une certaine surprise. Ils s’affairent autour de moi, on me mets les bras en croix on me sangle les poignets, les jambes, le torse.
Ils commencent à basculer la table, dans le but de faire circuler le produit de la péridural, en vain. L’obstétricien demande une anesthésie générale que l’anesthésiste refuse. On ne me consulte pas je n’ai pas mon mot à dire, la sentence tombe : « on peut plus attendre, on doit commencer ».
Là, tout devient confus, heureusement la douleur trop fulgurante m’a laissé qu’un voile de souvenirs, juste de petites anecdotes. J’ai développé comme un syndrome de Stockholm vis à vis de mon bourreau, l’anesthésiste pourtant responsable de la mauvaise mise en place de ma péridurale, celui là même qui venait de refuser mon anesthésie générale est devenu mon point de repère, ma bouée de survie. Il me guide, me tend un masque pour m’aider à gérer la douleur, je me focalise sur lui parce que mon mari n’est pas là, je me reporte sur lui, le seul visage que je connais. Il me parle, me dit de respirer, car je suis plus capable de faire ça seule. Il doit s’absenter, comme il ne me dit plus de respirer j’ai arrêté de le faire. Une femme, une infirmière ? Me dit « respirez madame, respirez». C’est trop dure j’ai trop mal, ça dure trop longtemps. L’anesthésiste revient reprend sa liturgie : respirez, respirez, respirez … On vient de m’arracher les tripes, on m’interpelle, je tourne la tête, on me montre mon fils, je n’ai pas le temps de le voir, ni même l’honneur de le nommer. On m’a juste dis qu’il était très beau.
Je suis seule et vide, on est en train de me recoudre «  Arrêtez de bouger madame ! ». Cela semble durer une éternité, ça n’en était pas loin 1h30 de boucherie. Lorsqu’ils ont fini, je me mets à pleurer, l’anesthésiste me demande pourquoi ? POURQUOI !!
Quand je sors du bloc je suis mise en salle de réveil, le temps de me transférer dans ma chambre. Chambre qui n’aura pas été préparée pour une césarisée. Mon mari est là, semble soulagé, il n’a pas pu rentrer au bloc, ils lui ont juste dis que ça se passait mal et qu’il ne pouvait pas rentrer. Il a notre fils dans les bras, il le pose sur moi. Je suis incapable d’éprouver quoi que ce soit. Pourtant il me prend en photo, cette photo j’ai juste envie de la détruire.
J’aimerais dire que ça se finit là, mais le reste n’a était qu’un enchaînement de contrariétés dû au personnel médical, dû à l’incompétence de ressentir la moindre empathie. Je n’étais qu’une pauvre césarisée, rien de révolutionnaire la dedans.
Mercredi, matin, :« allez debout madame, faut se lever !
Je peux pas, j’ai trop mal.
Elles disent toute ça, mais votre douleur est psychologique. C’est juste que vous imaginez où a coupé le scalpel. ». J’avais juste envie de lui hurler dessus !
Je lui réclame mes cachets pour éviter la montée de lait, mais visiblement aucun de mes choix ne peut être respectés. Je les aurais 3 jours plus tard après les avoir réclamer de nombreuses fois. Avec des arguments bidons, du genre « ah mais vous auriez dû les apporter ». Oui mais voilà j’ai accouché avec 4 semaines d’avance donc les cachets je les ai pas…
Je leur ai signalé que je faisais une allergie, j’avais le dos en feu et il me démangeait énormément, ça n’a jamais été prise en compte. C’est ma mère qui a acheté un traitement en pharmacie et mon mari m’appliquait la crème pour soulager mon calvaire. Il existait également un psy envoyé lors des accouchement difficile, je ne l’ai jamais vu.
Lorsque j’ai été enceinte de mon deuxième, j’ai demandé mon dossier médicale. J’ai appris que je commençait une toxémie gravidique, que mon fils était en souffrance fœtal … Mais auparavant sur le carnet de santé de mon fils, j’ai appris que mon accouchement avait été déclenché, à aucun moment je n’ai été prévenue de ce déclenchement. J’avais bien compris qu’on m’avait décollé les membranes le lundi soir, mais cet acte également aurait dû mettre mentionné.
Aujourd’hui, 7 ans après, cette césarienne m’a laissé en héritage une adhérence, j’en ai fait part au gynéco mais là encore « c’est assez fréquent » fut sa seule réponse…

Hélène

anonyme – seconde naissance

4 Oct

Je souhaitais accoucher à mon domicile, sans sage femme (car il n’y en a pas dans ma région). Mais ça s’est fini en maternité.

Pardonnez d’avance mes fautes d’orthographes. Quant à la façon de m’exprimer, c’est parce que j’ai rédigé ce souvenir le plus tôt possible par peur d’oublier des détails de cet accouchement dont je garde un excellent souvenir.

D’abord, la nuit du 26 mars 2011 ; j’avais des contractions toutes les 7 minutes environ. Donc je me suis dit « je vais peut être accouché entre cette nuit et demain » car pour mon premier les contractions ont commencer comme ça a minuit et j’avais accouchée à 20h43.

Le lendemain je suis restée beaucoup allongée, je me suis quasiment pas levée en fait. Les contractions ont diminuées (elles se sont espacées).

Ensuite la nuit du 27 pareil … des contractions ! Elles reviennent, puis au fil de la nuit se rapprochent et augmente en intensité. J’arrive a « dormir » un sommeil vraiment pas profond car je me réveille constamment gênée par les contractions. Et plus elles deviennent douloureuses, moins j’arrive à dormir. On avait le matelas par terre et juste à coté il y a une table basse a chaque contractions je m’agrippais a la table de toute mes forces pour essayer de maîtriser la contraction ; tout en respirant profondément. Jusque là … j’arrive a maîtriser ça va. J’ajoute aussi que je vais au toilettes plusieurs fois par heures ; bébé appuie sur la vessie car il descend grave. A ce moment j’ai aucune idée du stade du travail. En réalité le col de l’utérus était en train de se dilater ; car toute la dilatation du col s’est faite à la maison.

Vers 7h00 ça commence a devenir vraiment dur ! Je vais souvent m’asseoir sur les toilettes à l’envers (le ventre vers la chasse d’eau et le dos face à la porte). J’ai l’impression que ça me soulage un peu. J’appuie ma tête sur le mur car je suis trop fatiguée … mais il fait froid dans les toilettes alors je reste pas plus de 15 minutes maximum après je retourne au lit, puis quelques minutes plus tard je me relève pour y retourner a cause des contractions … ainsi de suite (je sais pas combien j’ai fait d’aller retour).

J’ai pas vraiment regarder l’heure ; je l’ai regardée que deux fois à 7h00 et vers 9h00 je crois.

Entre 8 et 9h les contractions sont très très très fortes, je vais me rasseoir sur les WC et je me plaint de la douleur ; et j’ai des mauvaise pensées sur mon mari car il dort et ça me saoule de le voir dormir alors que je ne peux pas lol. A partir de là, la douleur commence à me faire gémir, j’essaie de respirer comme j’ai appris, j’inspire profondément et j’expire lentement … mais bon quand ça fait mal … ça fait mal ! Je me dis que j’y arriverais jamais (a accoucher ici a la maison) ! Malgré que je garde espoir. Je fait que dire « aïe aïe aïe » que j’ai mal ect … Puis trop c’est trop ! J’appelle mon mari et en plus de ça mon premier se réveille.

Je vais a la salle de bain, sous la douche. L’eau me soulage grave !! Ca fait trop du bien l’eau chaude. Mais ma douche est pourrie !!! Elle refroidie trop vite ; alors faut couper l’eau de temps en temps pour que l’eau chaude revienne. C’est horrible ! les contractions sont insupportables, je cogne ma tête contre le mur pour avoir mal ailleurs ; et mon mari me dit stop.

Je demande a mon mari si je peux rentré dans la baignoire de mon fils (j’avais plus toute ma raison) ; et bien sur il me répond que non (beh oui c’est trop petit lol). A ce stade je pense que j’avais le col dilaté a 10 cm ; mais le problème c’est que je ne le sais pas du tout. Puis j’ai commencer a perdre la raison a cause de la douleur du coup je suis incapable de réfléchir et de me dire que c’est probablement le moment de pousser ! En tout cas ce qui est sur c’est que j’ai plus de raison, je peux plus me contrôler, la douleur est trop intense.

Je me met à quatre pattes dans la douche ; et mon mari m’arrose avec de l’eau chaude ; mais l’eau ne fait plus rien a ce stade du travail.

J’ai trop mal j’en peux plus ; j’arrive même pas a pleurer. Je dis a mon mari que je dois partir a la maternité (car en fait je me sens perdue je sais plus quoi faire, j’ai mal et je sais plus ce que je dois faire) ; il essaie de me retenir encore un peu car il sait que je voulais vraiment accouchée a la maison. Il y a mon premier qui crie avec moi de temps en temps c’est « drôle » lol.

Je vais toucher mon vagin je sens la poche des eaux. Elle veut pas se percée !! J’ai mis du temps avant de comprendre ça ! Et là première insulte : « Elle veut pas se percée la salope » (désolée pour la vulgarité). Mon mari rigole.

Mais là je peux plus ; je crois toutes les 2 ou 3 minutes je contracte ; donc je hurle en même temps. Et je dis a mon mari qu’il faut vraiment aller a la mater car je ne sais pas ce que je dois faire, n’ayant pas imaginer que la poche des eaux puisse refuser de se percée… On appelle ma cousine. Il faut que je m’habille avant qu’elle arrive, mais le problème j’arrive pas a bouger a cause que les contraction sont trop rapprochées ; elles me paralysent. Je suis toute mouillée, je sais même pas si je me suis séchée le corps, je crois pas. Je n’arrive pas à m’habiller, c’est mon mari qui le s’en charge.

Je suis a quatre pattes dans le couloir de l’appart, mon fils qui me regarde ; je hurle toujours a chaque contractions. Ma cousine me dit qu’il faut que je me leve, qu’il faut partir de suite mais j’arrive pas a me relever j’ai trop mal !! CA pousse entre mes jambes ça fait mal ! Je lui dit que j’ai mal que ca pousse, que j’ai envie de faire pipi ; que y a la poche des eaux qui veut pas se percée et qu’il faut qu’on me la perce tout de suite lol ; elle rigole et me dit que elle peut pas faire ça ; c’est aux sages femmes de le faire, qu’il faut qu’on parte mtn ! Je lui dit « et si elle se perce dans ta voiture ? » Elle me dit que c’est pas grave c’est que de l’eau lol.

Elle m’aide a me relever, et on part … dur dur de descendre les escaliers ! En bas de l’HLM on croise la femme qui s’occupe des poubelles et du ménage de l’HLM. Je m’accroche a la rampe car je sens que je vais contracté ; je souffle comme une folle !

La femme de ménage me regarde d’un air choqué (peut être surpris) ; elle demande si je suis tombée dans les escaliers, personne lui répond (je crois qu’ils ont pas entendu) ; j’ai peur qu’elle croit que mon mari m’a battue lol ; alors je lui dit « ‘j’accouche ! ». J’ai pas assez de force pour faire une phrase lol car il faut que je respire.

Ma cousine me demande ou je veux m’asseoir dans la voiture, je lui dit que je m’en fiche !! Puis je regarde sa voiture (c’est une sept place) je vois que derrière c’est un peu serré alors je lui dit que je vais me mettre devant a quatre patte car j’arrive pas a m’asseoir (beh oui j’ai la poche des eaux a l’entrée du vagin et bébé juste derrière (et je sais pas encore que bébé et juste derrière lol). Du coup je monte devant ; a quatre patte ; la tête entre les deux sièges (conducteur-passager). On démarre et on part. Je lui dit que j’ai envie de crier lol alors elle me dit « vazi crie » alors je hurle comme une tarée. Je dis a mon mari d’appeler l’hôpital pour les prévenir que j’arrive !!
Bref on arrive aux urgence maternité ça doit être 11h moins 20; des femmes viennent à la voiture avec un fauteuil roulant … je leur dit que je peux pas monter sur ca car je peux pas m’asseoir !! Contraction qui arrive … elles doivent patienter avant de me faire descendre car je peux pas bouger quand je contracte.

Elles m’emmènent dans une pièce de consultation (c’est pas la salle d’accouchement) ; elles veulent m’ausculter pour voir a quel stade je suis. Elles m’aident a m’allonger sur le siège de consultation ; je soulève ma robe ; elle me place un tuyau au bras ; le monitoring sur le ventre. Il est 11H moins 10.

Elles me demande si je veux la péridurale ; je leur répond que a mon avis c’est déjà trop tard !!! (Et tant mieux car en vrai j’en voulais pas mais parfois on se laisse vite influencer!) Alors elle me dise on va voir … elles regardent et la elles me disent que y a la poche des eaux ; je leur dit que je sais et que ça me fait mal (c’est quand même pour ça que je suis venue!) ; et elle rajoute que bébé et juste derrière donc va falloir pousser !

Elle vont chercher une cuvette en plastique ; et l’installe sous moi pour percer la poche. C’est vraiment pas confortable et je leur fait savoir ! Alors elles ont intérêt a se dépêcher ! Une des sage femmes perce la poche et la « Ah ca fait trop du bien !! » même ma cousine m’a entendu dire ca dans le couloir. Je sens l’eau qui part ça soulage grave (il parait que la sage femme est toute mouillée moi j’ai pas eu le temps de remarquer).

Et la je commence a pousser !!

A chaque contraction je dois pousser ; elles ont pas de machines pour savoir quand je contracte donc c’est a moi de faire attention a quand la contraction arrive pour bien respirer et pousser (ce qui est mieux d’ailleurs). En fait j’inspire profondément et j’expire lentement en poussant (car j’ai lu que ça diminue les risques de déchirures). Pour le moment les sages femmes me disent rien sur ma respiration et me laisse faire.

A chaque fois que je pousse on me dit que bébé et juste là alors que je dois pousser encore. Au début j’y croit (elles me mentent pas mais disons qu’on avait pas la même signification de « il est la »). Au bout de la troisième ou quatrième poussée par la j’en ai marre qu’on me dise qu’il est là ! Alors je demande a mon mari « tu le vois ou pas ? » lol, je vois qu’il rigole et qu’il met du temps a répondre puis il me dit qu’il le voit pas encore mais que il est pas loin lol. Alors je continue a pousser puisqu’il est pas loin ! Puis on me redis qu’il est là et que je dois pousser fort et tout. Alors je les croit plus et je vais vérifier avec ma main … et la je m’enerve lol car il est pas la du tout je dis « Mais non il est pas là !!! Il est loin !! » mdr les sages femmes sont mortes de rire.

Quand je pousser çà m’énerve car des fois elle allait toucher avec ses doigt et ça me faisait mal ! Alors je disait « Mais elle me fait mal elle avec ses doigts » Elle elle répondait que c’est pas elle c’est le bébé (mais bon je sais que c’est elle qui me faisait mal).

Là bébé est vraiment là ; alors je pousse. Les sages femmes commence a me dire d’inspirer l’air ; de le bloquer dans mes poumons et de pousser ! Pour qu’il sorte. Et moi je refuse car j’ai lu que quand on fait comme ça, ca augmente les risques de déchirures ! Et je leur dit. Alors elle me dise mais non mais non (mais bon moi je veux pas les croire !) alors je continue comme je faisait encore un peu. Jusqu’à ce que je le sente bien. des que je commence a sentir sa tête qui essaie de sortir complétement la je commence a bloquer et a poussé pour expulser sa tete.

Je sens que ca me brule grave ! Alors je demande si j’ai une déchirure parce que ca me brule et tout; elles me réponde que non j’ai aucune déchirure tout va bien.

A un moment elle me disent d’arrêter de pousser ; les trois sage femmes et mon mari me disent « ne pousse plus ne pousse plus » mais c’est facile a dire hein ! C’est plus fort que moi faut que je pousse …. je met plusieurs seconde pour arriver a arrêter de pousser.

Puis j’en voit une qui se ramène avec des ciseaux ! je flippe et je lui dit « je veux pas d’épisiotomie non non non !!!! » alors elle rigole et me dit que c’est pas pour ca ; alors je comprends que bébé a le cordon autour du coup et je suis soulagée qu’elle va pas me faire d’episio lol. Finalement le ciseau n’a pas été utilisé, car c’est le papa qui a coupé le cordon après l’expulsion.

Je repousse … et bébé est là ! hop ; elles le sortent et me le donne. 11H10.

Première impression : Je suis étonnée car il est très blanc (contrairement a mon premier) puis il est pas très beau il a le nez tout aplati.

Voila voila en gros comment ca s’est passé. Il y a eu des moments rigolos, en fait je leur disait des truc qui les faisait rire mais je me souviens pas de tout.

A un moment aussi j’avais peur qu’elle appelle quelqu’un d’autre car elles commençaient à se regarder et a être bizare et tout ; alors je leur disait que je veux personne d’autre dans la pièce, que trois sages femme ça suffit, et qu’il faut qu’elles arrêtent de me stresser et de me presser. Le problème des fois ils sont trop pressés les gens ! ils te laissent pas le temps c’est stressant. Alors plusieurs foi je leur ai dit de pas me presser.

Bon elles ont dit a mon mari que j’avais bcp d’humour ; c’est vrai qu’elles étaient tout le temps morte de rire ; je sais pas ce que j’ai pu leur raconter …

#285 Alice – Pays de la Loire – Juin 2012

24 Sep

Mon premier accouchement s’étant très bien passé dans cette petite maternité toute neuve, je ne m’étais pas particulièrement posé de question sur le projet de naissance. Le terme de ma grossesse était prévu pour le 15 juin et j’avais été hospitalisée presque une semaine pour menace d’accouchement prématuré à 34 SA (par la délicate sage femme qui m’a accouchée…)
Le 15 juin rien à signaler, visite de contrôle à l’hôpital où on me “décolle les membranes” (je ne me laisserai pas faire une seconde fois!) et on me dit de revenir le lendemain si rien n’a changé. Dans la nuit les premières contractions arrivent, de plus en plus régulières et fortes sans pour autant être douloureuses. Vers 3h du matin nous nous rendons avec mon compagnon à la maternité où l’on m’examine (je suis dilatée “seulement à 2 doigts”puis on m’installe dans une chambre où personne ne viendra prendre de mes nouvelles avant…8h (et encore prise de tension et de température et c’est tout!). Je ne souffre toujours pas particulièrement, on m’examine encore vers 14h (après m’avoir empêchée de manger et de boire ), le col n’a quasi pas bougé malgré les cents pas que j’ai faits toute la matinée pour essayer de faire “avancer les choses”. Mon compagnon est parti en milieu de matinée pour s’occuper du troupeau (nous sommes agriculteurs) et vient de revenir. Le temps passe encore puis vers 15h30 on me dit d’aller en salle de naissance, “on va le faire sortir ce bébé”, on me pose une perfusion avec de l’ocytocine et j’apprends seulement après que j’étais en faux travail mais que “puisque je suis là…”. On nous laisse seuls jusqu’à 17h30, j’ai TRES faim et soif mais on m’envoie bouler car “j’ai ce qu’il faut dans la perf”, on vient juste augmenter les doses d’ocytocine régulièrement. 19h arrivent (et certainement la fin du service…), la sage femme décide de me percer la poche des eaux car je “ne suis dilatée qu’à 5”. Je demande alors à avoir la péridurale car j’ai vu la veille aux “maternelles” un obstétricien témoigner et dire qu’on pose toujours la péri avant de percer la poche (dans son service du moins…) car les contractions deviennent très douloureuses. Encore une fois je me fais jeter, la sage-femme trouve que le travail dure déjà depuis assez longtemps et que ça va le ralentir (et surement son retour à la maison par la même occasion). Je me laisse faire (si j’avais su…j’aurais fui!) et rapidement les contractions sont effectivement TRES douloureuses, la sage femme appelle l’anesthésiste et me fait assoir, je me mets alors à hurler de douleur “mais ne criez pas comme ça madame!”, mon compagnon qui avait la nausée est évacué manu militari puis elle me dit “vous auriez pu me dire que le bébé est engagé!”, qu’est-ce que j’en sais moi à part que j’ai une douleur insupportable???J’ai seulement entr’aperçu l’anesthésiste qui est reparti aussitôt. Elle me colle en position gynécologique d’office et trouve encore que je ne pousse pas comme il faut et m’oblige à bloquer ma respiration, en quelques poussées mon bébé est arrivé à 19h30 dans une douleur atroce, elle me le pose sur le ventre comme un paquet de viande sans que je puisse voir si c’était une fille ou un garçon. On fait alors rentrer mon compagnon qui n’a pas vu son enfant naitre et n’a pas pu non plus me soutenir. La puéricultrice prend mon bébé et l’emmène pour les soins et c’est seulement là que j’ai vu que c’est une fille, on me l’a lavée et habillée (chose que je ne souhaitais pas, on ne l’avait pas fait pour mon ainé). La sage femme revient et sans me prévenir m’appuie comme un brute sur le ventre pour l’expulsion du placenta puis me recouds une petite déchirure sans attendre que l’anesthésique local agisse (je me demande bien pourquoi elle l’utilise d’ailleurs…) et me disant “ha bah mme M. vous êtes étonnante!”. J’ai tremblé comme une feuille pendant les 2h de surveillance en salle de naissance en gardant ma fille au sein. la sage femme du service suivant à eu la délicatesse de me prévenir que ce serait douloureux avant de m’appuyer à nouveau sur le ventre. Mon séjour à la maternité s’est très bien passé (toutes les autres sages femmes étaient agréables, elles), malgré une petite qui pleurait non stop (rgo diagnostiqué seulement 2 mois plus tard, c’est une autre histoire!).
Ce que j’en retiens c’est d’avoir été accouchée par une brute qui a pris moins de soin de moi qu’on en prend pour véler une vache…Je trouve cela très dommage car un accouchement est un moment magique qu’on ne vit que très peu de fois dans sa vie.
Je souhaite vivement avoir un troisième enfant et je ferais un projet de naissance cette fois avec en tout premier et en gros le fait que, sauf urgence vitale, je refuse catégoriquement que cette personne s’approche à nouveau de moi, qu’on me perce la poche des eaux ou qu’on me déclenche (sans me le dire ouvertement en plus!), cette fois JE serai maître de mon accouchement!