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Une naissance à domicile, septembre 2010

7 Jan

Septembre 2010

Je me réveille un papillon sur le coeur, semi sourire aux lèvres … Je pressens quelque chose … Je me lève et quelques instants plus tard, petit splash! tu t’annonces enfin! Je perds les eaux! Mon coeur se gonfle de joie, çà y est, c’est parti! Je fond de bonheur, mais je me dis, « ne te précipites pas, les contractons n’ont pas commencées, on va peut être attendre longtemps avant que la naissance arrive » J’entends Yoann qui est occupé au téléphone dans le salon, j’ai hâte de lui dire!

Je sors de la salle de bain et il suffit à mon homme de voir ma mine enjouée pour comprendre qu’il y a du nouveau. Nous nous serrons dans les bras l’un de l’autre, tout émus de l’évènement qui nous attend … Mais biiiip, on sonne à l’interphone, des amis arrivent pour boire un café, sauf que je ne me sens pas d’humeur sociable, alors hop je file au lit, et savoure toujours avec la grosse banane au visage ces derniers moments seule à seule. Dans ma tête défile cette belle grossesse que nous avons vécue à fond du début à la fin.

9 mois d’une grossesse merveilleuse, je me sens bien, épanouie, belle, et surtout heureuse, remplie de bonheur, et d’amour (au sens propre!)

Depuis quelques jours cependant, je deviens impatiente, je n’arrive pas à penser à autre chose qu’à l’accouchement et passe chaque minute à guetter les signes de ton arrivée. J’ai tellement hâte! De te connaitre, mais aussi de vivre cette naissance à laquelle je pense depuis des mois. Je me sens fin prête, mon homme aussi. Nous avons passé des heures à discuter de cette naissance, nous imaginant des scénarios possibles, confiants, et fiers des notre choix.

Ce projet de naissance à domicile, nous l’avons mené depuis bien longtemps, bien avant le début de la grossesse, influencés et encouragés par des proches qui ont déjà vécu la grande expérience d’une naissance naturelle, physiologique comme disent les bouquins. Pour moi, c’est une évidence, hors de question de me retrouvée allongée, branchée et les pieds dans les étriers. Je suis d’une nature indépendante, et je me sens capable d’affronter la douleur qui accompagnera la venue de mon bébé. Je pense à cette douleur comme à un rite initiatique, quelque chose qui m’aidera à m’ouvrir, à faire naître cette enfant.

Il y a quelques années, j’avais rencontré une sage-femme qui accompagne des naissances à domicile. A l’époque, je m’étais déjà dit « C’est elle, c’est elle qui sera là pour mes accouchements! » Et effectivement, dès le 2ème mois de grossesse, nous allons la rencontrer pendant une longue entrevue et elle nous confirme qu’elle est d’accord pour nous suivre. Dès ce premier rendez-vous, mon homme et moi ressentons cette ambiance ultra-zen dégagée par N.

Chaque mois, nous passons 1h30 tous les 3 à discuter de pleins de choses, de nos questionnements de futurs parents, et tout simplement de la vie! De beaux silences ponctuent régulièrement nos discussions, c’est toi, mon bébé qui t’immisce dans la conversation! Parfois, N. apprend à mon homme des massages de shia-tsu pour me soulager des petits maux de grossesse, quel bonheur!

Séance après séance, notre relation se construit, N. m’étonne de cette attitude ouverte et disponible, jamais elle ne nous imposera quoique ce soit. D’ailleurs dès le début du suivi, elle me dit que j’ai le droit de changer d’avis, que jusqu’à la dernière minute, je peux décider de partir à la clinique. Même si je n’en ai pas pas l’intention, cela me fait du bien de me sentir « autorisée ». Je ne veux pas que cet accouchement devienne un challenge, je souhaite seulement les meilleures conditions à la venue de ma fille.

Au final, nous parlerons assez peu du futur accouchement en lui même. Moi qui pensais qu’il me fallait « apprendre » à respirer, ou à me mettre dans certaines positions.. Et bien non! Avec N., je me sens encouragée à suivre mon instinct, à me faire confiance.

Pourtant une fois chez moi, chaque soir pendant le dernier trimestre de la grossesse, je lisais. J’en avais besoin, besoin de lire des témoignages d’abord. Et j’ai ensuite dévoré le livre d’Isabelle Barbant « Une naissance heureuse ». J’étais infiniment curieuse de savoir ce que j’allais vivre, ressentir, à tel point que je suis devenue quasi insomniaque, chaque nuit, je pensais avec envie à cette naissance..

Et nous voici au matin du 23 septembre, à 2 jours du terme prévu. Vers 10 heures, je me lève et vais rejoindre mon homme qui cherche à régler certains impératifs professionnels pour nous être disponible dans les jours qui vont venir. Et là, une fois debout, une première contraction arrive. Je la reconnais tout de suite, c’est exactement la même douleur que pendant mes règles. Je saute de joie, enfin une contraction douloureuse!! En effet, ces derniers jours, à chaque contraction je me demandais si l’accouchement démarrait, mais là c’est sûr, c’est différent! Je me sens rassurée car N. nous avait dit qu’après une perte des eaux, les contractions ne démarrent pas toujours naturellement.

Yoann part pour une petite heure, je me retrouve seule sans homme ni enfant pour la dernière fois! J’appelle N. en prenant mon petit déjeuner et lui explique où j’en suis. Elle me propose qu’on se rappelle tout au long de la journée, qu’elle pourra venir soit dans l’après-midi, soit en soirée après ses rendez-vous. Je lui dis : « Fais ta journée tranquillement, on se voit ce soir, je te rappelle! »

Je décide alors d’aller me promener dans le quartier. Je me souviendrai toute ma vie du chemin que j’ai parcouru ce matin-là. Les contractions se sont nettement rapprochées, mais de manière assez anarchiques. Parfois j’en avais 2 en 3 minutes, parfois aucune pendant 10 minutes. A chaque contraction, je me suis mise à expirer très doucement (pas besoin d’apprendre, çà vient tout seul!), et puis je prenais appui sur ce qui me tombait sous la main, un mur d’immeuble, une voiture! Entre 2 contractions, j’appelle quelques personnes de ma famille pour les prévenir. Ma mère est étonnée de m’entendre lui dire « ah en voilà une, elle fait mal, mais ouha, chouette, elle arrive ».

De retour à la maison, je décide d’aller m’allonger pour prendre des forces. Forte des enseignements du livre d’Isabelle Barbant, je veille à me positionner correctement pour ne pas bloquer le travail. Je me mets donc sur le coté, jambe du dessus très haute. Je m’assoupis entre 2 contractions qui sont toujours aussi irrégulières, irrégulières mais tout de même fréquentes.

Mon homme arrive à la maison, et comprend que c’est vraiment parti! Nous déjeunons tous les deux, sans nous rendre compte que quelques heures plus tard, notre fille sera là. Pendant tout l’après-midi, les contractions continuent à ce rythme irrégulier, ce qui nous fait croire que l’accouchement n’est pas pour tout-de-suite. Je ne sais pas pourquoi, mais tant que les contractions ne sont pas « régulièrement espacées », je me dis que je suis en « pré-travail » et que à sa venue prévue pour 19h, N. m’annoncera que je ne suis dilatée qu’à 2 cm. Je me préparais à l’idée d’un accouchement long. Mais avec du recul, je me dis aussi que si nous n’avons pas appelé N. plus tôt, c’est aussi que nous avions envie de vivre cette phase de la naissance à 2. C’est si beaux de vivre ces moments avec son amoureux …

Je me souviens qu’à un moment, me voyant tourner comme une lionne en cage, Yoann me propose de refaire un tour du quartier. Nous descendons l’immeuble, faisons 100 mètres, et je me plie en 2, morte de rire, je ne peux pas avancer car je continue de perdre les eaux, et que des flots coulent!! Nous sommes en plein fou rire, là, dans la rue, sans savoir que l’accouchement est déjà bien avancé.

Je continue donc de « prendre les contractions une par une », en me concentrant sur mon col pour l’ouvrir « en pensée ». Je marche dans l’appartement, je regarde de séries télé sur le ballon d’accouchement, tout cela en étant toujours persuadée que le travail n’avance pas. Après un dernier tour dehors, je décide de prendre un bain.

Une fois dans l’eau, je me concentre sur mon bébé, lui parle doucement, et là je me dis « allez tu vas pas y passer 3 jours, n’aies pas peur, accouche! » Je sors du bain et annonce à mon homme qui dessine tranquillou dans le salon, « C’est parti, je prends un goûter et après j’accouche! » Je dis cela en riant pourtant c’est bien ce qui va se passer!

Après ce fameux goûter, vers 17h, je vais m’installer dans la chambre du bébé, là où nous avons prévu d’accoucher. Mais je ne tiens plus en place, je vais aux toilettes, reviens dans le salon, m’appuyant et poussant les murs à chaque contraction, ça commence à faire vraiment mal, là!

De retour dans la chambre, je me mets sur le coté, mais la douleur devient insupportable. Yoann me masse vigoureusement le bas du dos, c’est là que se situe la douleur. Cela me fait un bien fou, j’ai d’ailleurs pris l’habitude de dire que Yoann et ses massages, c’était ma péridurale à moi! Les contractions s’accélèrent, la tempête commence!

Je me positionne à genoux, la tête sur une pile d’oreillers. Dans ma tête je me dis « Au secours, si çà, c’est le début de la dilatation, je vais péter un plomb! ». Sauf que peu de temps après, à un moment, je sens la tornade des contractions s’arrêter nette. Mon corps « s’arc-boute » en arrière, je me retrouve à quatre pattes, et je crie à Yoann « çà pooousse!!! » Il est 19H, et ce n’est qu’à ce moment-là que nous comprenons que nous sommes VRAIMENT en train d’accoucher et que nous sommes seuls, la sage-femme vivant à plus d’une demi-heure de chez nous. Yoann parvient à ne pas paniquer, et appelle N. qui lui explique calmement comment agir si le bébé arrive avant elle!

Yoann a alors le tact de ne pas me dire que la sage-femme était encore chez elle, et me fait croire qu’elle est sur la route … J’ai hâte qu’elle arrive car pour moi, il est hors de question d’accoucher tous les 2.

La douleur est partie, je suis maintenant dans l’énergie de la poussée, mais qui est complètement involontaire. Je ne pousse pas, c’est mon corps qui pousse, je bouge sans m’en rendre compte, mon corps agit sans ma tête! Quelle force! et quelle fatigue! Ces poussées m’exténuent, je pense d’ailleurs que je m’endormais entre 2.

Même si mon corps pousse très fort, ma tête le retient quand même un peu car j’ai besoin de ma sage-femme pour aller au bout de cette énergie. A un moment je dis quelque chose que Yoann ne comprend pas. Il me demande « Qu’est ce que tu veux? », et à ce moment on entend l’interphone sonner. Je réponds : « C’est çaaa que je veux!! » Yoann sort alors de la pièce pour ouvrir à N. et là je sens les poussées décupler d’intensité …

Il va encore se passer une deuxième heure de poussées régulières et très fortes! Ma fille avance centimètre par centimètre, doucement mais surement!! N. écoute son coeur et nous confirme que tout se passe bien pour elle. Elle me demande si je veux qu’elle m’ausculte, j’accepte bien sûr car j’ai encore besoin qu’elle m’assure que je suis complètement dilatée, alors que tout prouve que c’est bien le cas! effectivement elle me dit : « Oui, oui, elle est juste là, ta petite puce. »

Nous nous concentrons tous les 3, je sens les mains de N. qui me masse les jambes car j’ai des crampes, Yoann me passe régulièrement des linges mouillés sur le visage et la nuque car j’ai très chaud. Je ressemble à une lionne, à quatre pattes, les cheveux trempés, Yoann me dira après à quel point il m’a trouvé belle.

Mon bébé approche, au bout d’un moment, je sens qu’on atteint la phase finale. Mon sexe me brule énormément, j’ai très mal, je suis très impressionnée par cette sensation, un peu choquée de ce qui m’arrive. Mais il faut continuer! Alors je m’accroche, il faut en finir! Je sens sa tête arriver, je la touche de mes mains, sensation douce, chaude, humide et molle. Mais … nooooon! sa tête re-rentre, au secours!! Alors, là, non, je rassemble mes dernières forces, et je la pousse très fort, je la veux dehors maintenant!

Elle finit par glisser d’un coup, je m’écroule en avant sur le lit, j’avoue que là, j’ai quelques minutes de flou, de fatigue extrême qui m’ont fait décrocher des évènements!

Ah si, un des premiers souvenirs de sa vie, c’est cet instant inoubliable où N. après l’avoir réceptionnée la pose sur le lit, et deux mains se posent sur elle, la mienne et celle de Yoann. Nos mains touchent son ventre chaud, glissant, je vois Yoann incroyablement ému. Cet instant-là, c’est peut-être le moment le plus fort de ma vie. Je me souviens très précisément de la sensation de cette nouvelle peau, la main de mon homme partageant la même expérience tactile. Il pleure, ébahi.

Mon bébé pleure, je ne sais plus lequel de nous deux la prend dans ses bras. On a tous les deux le réflexe de se déshabiller, besoin d’être peau nue comme elle. Elle pleure encore, c’est qu’elle en fait du chemin pour en arriver là!

Quelques câlins plus tard, je m’allonge sur le coté et pose ma fille contre moi pour sa première tétée. La lionne est toujours là, c’est comme si j’avais déjà allaité des dizaines d’enfants, c’est naturel et facile pour moi, comme si ce n’étais pas un début, alors que c’est mon premier enfant. Pour elle, c’est moins évident, elle tourne autour du pot une dizaine de minutes, renifle tout autour du sein, lèche, cherche, et pour finir, s’y accroche et se met à téter parfaitement bien. Je dis : « Elle ne sera pas difficile à nourrir, celle-là!! », l’avenir prouvera que j’avais raison, elle est restée très gourmande!

Pendant cette première tétée, le placenta sort alors que je pousse sans savoir si je pousse assez, mais si, il est sorti, ouf, tout est fini et tout s’est bien passé! Pour cet accouchement à domicile, on avait tout préparé, prévu (matériel médical, médicament en cas d’hémorragie, bouteille d’oxygène, …) mais je savais d’instinct qu’on n’aurait pas besoin de tout ça. J’avais juste une appréhension pour le placenta, peur qu’il ne sorte pas, ou pas d’un coup, alors là, c’est le soulagement final, on a réussi, on a été au bout de ce projet de vie incroyable, un moment de partage entre mon homme et moi, entre mon corps et moi, une rencontre parfaite avec notre fille.

Je dis souvent que le gros avantage d’un accouchement à domicile, c’est après! Quel bonheur! On mange ce que l’on aime, on dort quand on en a besoin.

Notre enfant est née à 21h, et à minuit, on se couchait tous les 3 dans le lit où elle est née. Bon, on ne peut pas dire qu’on ait vraiment dormi!! mais on était ensemble, heureux, sur un nuage!

Lucie, Yoann, et Coline, Rennes, France, 2010

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L’arrivée de Zoé – Pays de la Loire – 2013

28 Nov

L’arrivée de notre petite Zoé, ce samedi 27 juillet 2013.          Pays de la Loire,  France .

Je rêvais secrètement d’un accouchement à la maison … Je suis plutot sereine dans la vie, et j’avais envie d’accoucher le plus naturellement possible …

En 2001 , j’avais 20 ans, j’ai accouché en centre hospitalier, avec une sage-femme que nous ne sommes pas près d’oublier, elle râlait  pour tout et n’importe quoi, si bien que, pour finir, mon mari lui a demandé de se mettre au travail pour m’aider à faire sortir  cette pitchoune, ce fut un accouchement rapide, mais difficile à digérer pour moi … et qui a certainement contribué à la relation que j’ai parfois eue avec ma fille.

En octobre 2012, nous nous marions, et nous mettons en route notre petite dernière, le début d’une course-secrète contre la montre pour trouver une sage-femme qui acceptera un accouchement à domicile, fin janvier, par le plus grand des hasards, je rencontre une maman sur le point d’accoucher qui a prévue d’accoucher chez elle avec une sage-femme, elle me donne son nom, et en rentrant à la maison, j’en touche un mot à mon mari … J’avais déjà évoqué avec lui ce souhait. Je revois son regard, j’ai comme l’impression qu’il m’encourage à l’appeler tout en pensant le contraire … dès le lendemain, j’appelle L (notre sage-femme). Un premier rendez-vous à la maison  est pris dans la foulée.

Elle est calme, douce, et nous enfin, plutôt « je » décide de poursuivre l’aventure avec elle, nous nous reverrons tous les mois à partir de ce moment, pour faire connaissance, et préparer l’arrivée de bébé puis j’ai lu, je me suis informée sur les pour, les contres, et surtout je n’en ai pas parlé autour de moi, (officiellement j’accouche en clinique), seules quelques personnes sont au courant, comme ça, j’ai la paix, mais je suis grande, maintenant, je me connais bien, et je sais que le jour J , si je ne le sens pas , je ne prendrai pas de risque …

Ma  grossesse se passe très bien, j ai pu travailler jusqu’au congé de maternité, tout en faisant attention, même si j’ai un travail très physique , je m’y  sens bien, puis les jours passent, nous arrivons au jour du terme, et je suis toujours là, avec mon bidon. Bébé, n’est pas pressé de sortir, je me rends donc à la clinique pour l’examen de routine, où on m’explique ce qu’on y fait, et que si tout est ok, je peux rentrer à la maison, je leur reponds que de toute facon, travail en cours ou pas, je rentre à la maison,  je veux accoucher chez moi (j’ai bien sur eu droit à une belle discussion sur l’AAD, mais on respecte mon choix quand même) de toute façon l’écho et l’examen du col étaient ok,  je pouvais rentrer … pour revenir 2 jours après si rien entre-temps  ne s’était passé …

Me voilà de retour  2 jours après, mais rien de plus n’a bougé, je rentre donc à la maison, appelle ma sage-femme pour lui dire que tout est ok, elle me dit que de toute facon, je suis la seule de ses patientes à accoucher ces jours-ci,  qu’elle s’attend à ce que je l’appelle tres bientôt et qu’elle sera  prête … moi aussi je suis prête, mais rien ne se passe non plus pendant ces deux jours. Tout le monde attend cette naissance avec impatience, et inquietude aussi, on sent nos parents inquiets un peu (heureusement ils ne savaient pas pour l’AAD) j’ai envie d’avoir la paix, moi, mais il faut gérer tout ce petit monde. Je dois donc retourner aujourd’hui, à la clinique, pour 14 h et je sais pertinament, que l’on va me parler déclenchement, pour le lendemain, le protocole est de 5 jours après terme, ici.

Le stress monte pour aller à cette visite, c’est samedi, j’y vais accompagnée de Mr, en plus il fait très chaud, et j’ai 40 min. de route pour y aller,

Arrivée la bas, j’ai le droit encore à une nouvelle sage-femme, qui a déjà entendu parler de moi par ses collegues, elle a  l’air plutôt sympa, et a l’air d’avoir connaissance de mon dossier et de mon souhait, on en discute forcément, elle a cherché à savoir le pourquoi du comment, je lui ai donc raconté mon premier accouchement, mon séjour à la maternité, ils n ont pas l’habitude d’avoir des patientes qui souhaitent accoucher chez elle. Mais, elle, on la sent très ouverte sur le sujet, une fois le monito fait, elle me donne comme prévu la date de déclenchement, pour le lendemain matin à 8 h, à ce moment-là, j’ai craqué, ce n’était pas du tout ce que je souhaitais. Mon mari lui dit alors : « Et si demain matin, on ne vient pas ? que se passe-t-il? » On a senti un peu un malaise dans sa réponse, elle nous a dit que ca vexerai le doc de garde … Quelques minutes plus tard nous quittons  la clinique, il est quand meme plus de 17 h30, (elle a pris du temps pour nous, c’était une journée calme pour eux, elle nous a confié que la veille, ils avaient eu 17 accouchements en 12 h).

Je suis ravie de pouvoir rentrer chez moi, j’appréhendais d y rester, on previent nos parents que finalement ce ne sera pas pour aujourd’hui, sans parler de l’heure de déclenchement prévue pour éviter de les stresser plus … puis ,  je sens que Mr est perdu, il n’est plus très serein (en fait il ne l’a jamais été) de  rester  pour  l’accouchement à la maison, elle a réussi a lui mettre le doute en tête, … et s’il arrivait quelque chose ??? vous avez pensé aux risques ??

On en rediscute dans la voiture, moi de mon coté, je sens comme des picotements dans le ventre, puis à 10 mn de la maison, une premiere contraction,  enfin …… !!!!

Je comprends alors que finalement, le moment tant attendu n »est plus très loin, et que je vais pouvoir enfin donner naissance à ma pépette à la maison …

En arrivant à la maison, je remets un peu d’ordre dans mon dossier, puis je me pose un peu … Je sens que le travail a bien commencé, les contractions sont de plus en plus proches et de plus en plus fortes, j’hésite un peu pour appeler ma sage-femme, je ne voudrais pas la déranger pour rien, Mr commence à être stressé, je pense qu il a espéré jusqu’au bout que j’accouche en milieu médical.

Finalement vers 19h15, j’appelle L. je lui laisse un message, elle me rappellera vers 20 h, on fait le point sur la situation, elle me dit alors qu’elle prends la route car elle est à ce moment-là à 1h 30 de route de chez moi, elle me demande si je vais arriver à gérer d’ici son arrivée, je lui réponds que oui (j’avais bien repris du poil de la bête par rapport à ma sortie de clinique de l’après-midi) elle me demande donc, de me mettre dans ma bulle, de préparer mon petit cocon, et de prendre un bain si j’en ressens le besoin, me voilà rassurée, j’explique la situation à mon cheri qui me répond : « Comment veux-tu te mettre dans ta bulle avec les voisins partout autour dans les jardins? » On est en juillet, il fait beau, les voisins ont des invités c’est plus bruyant que d’habitude dans le quartier, mais moi, je m’en fous, je suis déjà dans ma bulle, il me dit qu’il est prêt à partir pour la mat’, qu’il a les clés de voiture dans ses poches, du coup on s’accroche un peu, et je lui réponds qu’il n’a pas compris. … il finira par me dire, que c’est à moi de décider, que c’est mon corps, et qu’il me fait confiance … du coup, je file dans la salle de bain, je me fais couler l’eau pendant que lui va se reposer un peu. En attendant l’arrivée de L. je me glisse dans l’eau en gérant sereinement mes contractions, vers 21h15, L. m’appelle pour me dire que d’ici 30 mn, elle serait là … et me demande comment ca va, moi, je suis dans ma bulle, les contractions sont assez rapprochées, je suis sereine, et concentrée aussi … j’attends quand même avec impatience son arrivée, j’ai comme l’impression que je commence à avoir envie de pousser. En effet, vers 21h 45, je sens que j’ai envie de pousser, j’invite chéri à me rejoindre dans la salle de bain, je vais avoir besoin de lui, on est encore tout seuls,  mais j’entends une voiture qui arrive, c’est certainement  L. Je le sens alors plus détendu, je crois qu’il est soulagé. L. arrive, tranquille, elle est détendue, mais s’excuse, elle est en tenue décontractée, short, tongs, mais peu m’importe, après tout je la dérange pendant le week-end, elle a aussi une vie en-dehors de son travail. Elle se met tout de suite au travail, et me demande où je veux accoucher et si elle doit m’examiner, pour voir où en est le travail, je suis restée dans la baignoire, la poche des eaux est arrivée très vite, elle m’a rassurée, me disant que je faisais bien ce qu il fallait et que bébé savait aussi ce qu’il devait faire, nous avons alors fait des vocalises avec chéri, il m’a aussi soulagée en me massant le sacrum, on a laissée L. manger un bout tranquille pendant ce temps,  puis peu de temps après, j’ai appelé L., la tête est apparue,  puis quelques poussées après les épaules, chéri a crié, tout ému : « C’est génial, c’est génial! » Bébé est arrivé à 23h40 avec le cordon autour du cou, en le sortant de l’eau, L.  m’a dit de ne pas m’inquiéter, elle l’a enlevé, puis a posé bébé sur moi, le temps pour papa de couper le cordon, j’ai pu profiter du peau-à-peau, jusqu’à la délivrance du placenta, qui devait se faire en dehors de la baignoire, mais qui s’est finalement faite dedans vu la rapidité. Je suis ensuite retournée dans le salon sur le matelas que nous avions préparé, et j’y ai passé avec ma puce notre première nuit. L. est restée jusqu’à 3h du matin.

Je me suis endormie avec ma puce dans mes bras, très sereinement, et ravie d’avoir pu vivre cet accouchement comme je le souhaitais, dans le calme, et chez moi … Dès le lendemain, nous nous sommes retrouvés avec nos filles, pour fêter cela, ce moment est gravé à tout jamais en moi, je me suis sentie respectée (je ne remercierai jamais assez notre sage-femme, L.), c’était magique, et je me sens grâce à tout cela de plus en plus proche de mes filles.

Cet accouchement a un peu réparé le premier …

Anonyme

Accouchement en maison de naissance, version du père – Belgique, 2012

2 Mar

Après lecture des différentes expériences d’accouchements respectés (ou non), je souhaite témoigner en tant que papa.
Je suis de Bruxelles et accessoirement le mari du témoignage n°143.

Le choix de la maison de naissance n’a pas vraiment été soumis à discussion dans notre couple puisque l’approche de cette « épreuve » est quasiment similaire chez ma femme et moi.

De manière plus indirecte, j’ai vécu l’accouchement de ma soeur en milieu hospitalier comme quelque chose qu’elle a vraiment subi dans l’inconfort et qui lui a totalement échappé lors des moments de prise de décision. Mon neveu est venu au monde par césarienne qui, après coup, s’est révélée plus que dispensable.
Ceci corrobore beaucoup de témoignages lus ici même. A savoir que le temps presse et on n’est pas là pour faire du sentiment.

Notre expérience, bien sûr, contraste totalement avec celle de ma soeur.
Dès la préparation avec la sage-femme, ma femme s’est sentie écoutée, rassurée, respectée dans ses choix et son approche de l’accueil de l’enfant à venir. Et moi, je ne me suis absolument pas senti exclu. Au contraire, avec un rôle bien précis et bien plus important que celui qu’il aurait été dans une Maternité-usine du milieu hospitalier.

La veille de l’arrivée de notre fils, un faux travail s’est déclenché. Enième signe tangible que nous avions fait le bon choix. Je crois qu’à ce moment, aucun hôpital  ne nous aurait laissé filer pour rentrer calmement chez nous. C’est pourtant ce qu’a fait notre sage-femme, tout en restant en alerte.
Le véritable travail n’a commencé que dans la soirée. Ma femme est passée par plusieurs postures pour se soulager. Tantôt assise, allongée, dans la baignoire, puis de nouveau assise sur moi pour la supporter.
Elle a pris son temps, encouragée à cela par notre sage-femme elle-même aidée d’une collègue.
La délivrance fut une épreuve. Bébé avait du mal à passer les épaules. C’est dur pour la maman, pour le bébé, pour les sage-femmes et même pour moi car on est un peu impuissant.
Une fois sorti, sans traumatisme lié à une sortie violente aux forceps, le bébé a été « démarré » de manière vigoureuse mais toujours avec douceur et chaleur.
Premier cri poussé et déjà au contact de la maman. Là encore, mieux pour elle et mieux pour lui.
Plus tard, maman ayant besoin de soins et de repos, il est resté avec moi. Même un peu perdu dans ce nouveau monde, je le sentais serein et relativement calme. Impression que je n’avais pas du tout eu lors de mon premier contact avec mon neveu, quelques minutes seulement après son arrivée. Stress et anxiété semblaient l’animer. Mais selon le médecin l’ayant accueilli, c’était « parfaitement normal ». Je sais maintenant ce que je pressentais à l’époque. C’est faux.

– Anonyme

Vanessa, Belgique – 2010

2 Mar

Je découvre avec stupéfaction à 5 SA que je suis enceinte, malgré que j’ai eu mes règles le mois précédent.
Stupéfaction car ce n’est pas du tout programmé et vraiment pas le moment idéal.
Paul grandit donc doucement au creux de moi et je passe quelques semaines à accepter cette grossesse, et puis je me concentre sur la préparation de sa naissance, forte de ma première expérience et de mes formations en accompagnement.
Une fausse alerte nous amène à la maternité un mercredi, je m’endors, je rentre chez un ami (plus proche de la maternité) et finalement le vendredi en fin de journée, nous décidons de rentrer chez nous et au pire des cas de revenir pour déclencher le lundi qui suit, je ne souhaite pas de déclenchement et j’espère qu’il se décidera avant.
Vendredi 26 février, 19h30 environ, j’arrive en voiture aux portes de la ville, je veux aller manger au fastfood. Je dis à mon conjoint que c’est mauvais signe car je vais devoir vomir en accouchant mais les envies de femme enceinte se respectent, nous allons au fastfood. Je m’assieds avec mes frites et mon hamburger, il est 20h, j’ai une première contraction assez forte. Je mache bien ma nourriture et me dis que si je ne peux rien manger ensuite il faut mieux terminer tout cela. Mes contractions sont espacées de 7 minutes et assez intenses. Nous décidons de conjurer le sort et d’aller d’abord au cinéma, néanmoins les séances sont commencées, nous rentrons. Il est 21h, mes contractions sont aux 4-5 minutes et fortes. Je pense pouvoir conduire jusqu’à la maternité mais non, finalement nous appelons un taxi.
22h, j’arrive à la maternité, dans le couloir d’attente, je me déshabille presque, je me pose à 4 pattes appuyées sur les chaises et je respire avec des sons graves.
2 autres futures mamans arrivent et s’assoient bien gentillement.
La sage-femme arrive et décide de commencer par moi 😉
Une fois dans la salle de naissance choisie, elle vérifie les battements du coeur de Paul et me dit que tout va bien, elle part installer les 2 autres couples.
Je me déshabille, je me mets à l’aise.
Mon conjoint s’était préparé à me masser (comme pendant toute ma grossesse), mais je ne supporte aucun toucher.
Je demande le bain pour la dilatation. Je  me glisse dans l’eau et je vocalise toutes les 3-4 minutes, je trouve ça intense, ça dure 45 minutes.
La sage-femme revient près de nous et elle me demande comment ça va. Je lui dis que je ne trouve pas de position confortable et je dis que je n’y arriverai jamais.
Je pousse un ouhouhouhouhouhargh et elle me dit « on va peut-être vérifier où ça en est ». Jamais mon mari ne m’aura vu sortir aussi vite d’une baignoire et monter sur le lit, il fallait que ce soit la fin, j’avais donné le maximum. Je suis à dilatation complète. Ma gynécologue ouvre la porte et part se changer.
Je demande à me mettre sur le côté et je trouve surprenant que les contractions ne me font plus mal du tout.
Je pousse pas très bien au début puis beaucoup mieux car je vois ses cheveux pendant la poussée. Mon conjoint tient ma jambe relevée, il est aux premières loges.
Je lui arrache le t-shirt en jurant que « Pu**** ça fait mal quoi! ». La sage-femme me dit qu’il me reste 2 poussées, je n’en ferai pas plus!
À la dernière poussée, j’attrape Paul et le ramène sur moi.
Je ressens que ce n’est pas mon dernier accouchement.
Cette naissance était merveilleuse, j’ai adoré accouché, les sensations fortes, intenses, le flot d’hormone, la rencontre, la force de faire naître, le pouvoir, le vouloir. Tout avait un sens pour moi et c’était un moment génial.
J’aimerai accoucher encore, néanmoins notre décision récente et d’en rester là (enfin jusque là ;-).
J’aimerai encore vivre cela une fois, néanmoins mon choix va vers une naissance à la maison si cela devait arriver.
Quand je raconte que j’adore accoucher et que c’était si intense et génial, les gens me prennent pour une folle, je souhaiterai tellement que toutes les femmes puissent vivre ce moment comme une intensité et un bonheur.
Paul est né en 4h15, le 27 février à 00h15. Il a fêté ses 3 ans ce 27 février 2013.

Céline, en maison de naissance – 2009, Belgique

1 Mar

C’était le 4 novembre 2009 j’avais 28 ans…

Une grossesse n’est pas une autre … voila ce que tout le monde dit toujours.

La grossesse de Noémie fut parfaite … Ma fille est née à terme, sans douleur mais dans une sphère qui, pour moi, n’a pas été du tout sécurisante. Celle de l’hôpital … j’ai vécu un moment magique lors de cette naissance, ma petite fille était là et moi j’étais maman ….  Mais j’avais un gout de trop peu* … une sensation d’avoir manqué quelque chose …

Le post-accouchement ne fut pas facile du tout par contre … voila en partie la raison qui m’a menée à vouloir accoucher en maison de naissance pour mon deuxième bébé.

Deux ans ont séparé les deux accouchements, et que de chemin parcouru …

Les cinq premiers mois de cette 2ème grossesse furent parfaits …  j’étais en super forme et la plus épanouie du monde …

23 semaines PAFFF je dois me reposer. ce que je fais … je ne porte plus Noémie, ne fais plus les courses… j’obéis sagement.

Mais cela ne suffit pas … 28 semaines PAFFF contractions et ouverture du col … je dois rester couchée jusque mes 37 semaines accomplies avec un cocktail de médicaments à avaler toutes les 2h.

J’obéis et m’installe un petit nid douillet chez moi, dans mon salon …. J’y passerai donc 9 semaines complètes. Olivier a assuré, il a tout géré (courses, crèche, ménage, rangement, bain, …. Et le reste) Noémie n’a pas vécu facilement ce moment  … elle m’a beaucoup manqué et je crois lui avoir beaucoup manqué aussi.

Mais j’ai tenu et ce fut une grande victoire d’arriver le jour de mes 37 semaines … je crois que je n’aurais pas pu y arriver sans Oli, Noémie, sans la famille et les amis qui ont été si présents chaque jour (pour s’occuper principalement de Noémie). J’ai beaucoup de chance de les avoir tous.

Lundi 2 novembre, j’arrête donc mes médicaments. je sais que bébé viendra vite, je suis déjà à 3cm et je contracte toujours autant. Je profite de cette journée pour ENFIN sortir, prendre l’air et passer du temps avec Olivier et Noémie. Une petite promenade en ville s’impose … Un super moment pour nous trois.

Le soir, je contracte toujours autant mais sans douleur. je me couche et passe une très mauvaise nuit. Je sens bébé très bas, il appuie … impossible de dormir.

Mardi 3 novembre … promenade en ville le matin… on en profite … Je réussi ensuite à faire une bonne sieste jusque 16h. Génial je me sens reposée.

18h, envie de faire un resto. Certainement le dernier à 3 … On arrive au resto vers les 18h30 …. 19h les contractions deviennent plus fortes et un peu douloureuses …. Les voila ces contractions tant attendues …. Je peux enfin les accueillir sans peur, sans remord … Benjamin ne viendra pas trop tôt … le repos a payé.

20h, ma maman arrive à l’appart, elle passera la nuit avec Noémie … on explique tout à notre petite fille avant de la mettre au lit. elle était bien préparée à la naissance de son petit frère et s’endort paisiblement.

21h30, on arrive à la maison de naissance. Notre sage femme nous a préparé une magnifique chambre … je n’en reviens pas d’y être. Voila mon bébé va certainement naitre dans quelques heures à la maison de naissance, comme je l’ai tant espéré durant mes semaines de repos.

Le travail n’a pas vraiment commencé, notre sage femme le confirme … toujours 3cm. elle me conseille soit de marcher, soit de me reposer. elle se replie dans une petite chambre à coté pour, elle aussi, se reposer. on se doute que la nuit sera longue… surtout que je ne fais pas partie des accouchements les plus rapides de la terre

On marche un peu dehors avec Oli. Il fait doux c’est agréable. puis on se repose …

3h je réveille Oli qui s’était endormi … je commence à avoir bien mal … Oli réveille notre sage femme qui me dit cette phrase « choisis ce qu’il y a de moins confortable pour toi à partir de maintenant… pour que le travail commence et avance» …

Je n’avais jamais imaginé qu’il pouvait y avoir une telle ambiance la nuit dans la maison de naissance … Nous sommes descendus avec Oli … notre sage-femme nous a mis des bougies dans la salle du bas (celle où se déroulent les réunions de groupe) …. J’y ai fait les 100 pas durant une bonne heure …. C’était beau, calme… on était seuls

Notre sage femme et Oli ont ensuite pris le p’tit dej dans la cuisine … j’en ai profité pour me faire un thé  car je sentais la fatigue arriver… Les contractions sont devenues beaucoup plus difficiles …. J’ai demandé pour remonter dans la chambre

Il est 5h30, notre sage femme m’examine et je suis a 5.5cm … Whaw je suis fière de moi car je ne pensais pas être si loin.

Elle me propose de faire couler le bain. ce que j’accepte avec grand plaisir.

Ce magnifique bain dans lequel je vais rester plus de 2h …. Les contractions passaient, devenant de plus en plus fortes … Je les accueillais chacune séparément, toute calme, toute détendue … tellement détendue. jamais je ne me suis crispée … je les aimais même ces contractions. j’étais contente de les voir arriver. entre chaque contraction, j’en arrivais même à m’assoupir la tête sur le bord de la baignoire.

8h, elles deviennent très très difficiles à gérer. je commence à avoir du mal à me détendre … je sens quelque chose qui pousse … je demande à sortir de la baignoire, j’ai le sentiment d’arriver au bout du travail.

Notre sage femme m’examine, je suis à 7cm … je désespère un peu sur le coup et de ce fait, les contractions deviennent peu gérables … notre sage femme m’explique que la poche des eaux est très épaisse et ne se rompt pas. Elle appuie très fort sur le col … Elle m’explique que la rompre me ferait gagner 2h (selon elle) … c’est à moi de choisir. J’accepte car je suis vraiment fatiguée. Cela aura été le moment difficile du travail … il fallait passer ce fameux sommet, il fallait dépasser ses limites …

A peine rompue, je suis à 8cm avec des contractions de plus en plus fortes …. Je continue à me tordre dans tous les sens pendant les 3 ou 4 contractions suivantes. Je ne trouve pas ma place, je ne sais plus respirer … c’est difficile.

Notre sage femme m’installe ensuite sur le coté droit (j’ai choisi d’accoucher ainsi) … il doit être 8h30 – 8h45 ….. Et c’est en allant chercher une force et des cris au plus profond de moi que Benjamin est né à 9h14 ….

Je l’avais fait, je n’en revenais pas ….

La présence si discrète de notre sage femme durant cette longue nuit m’a tellement aidée. Je savais qu’elle était là et que je pouvais compter sur elle à tout moment.  J’ai en tête  ses petits mots d’encouragement qui m’ont fait un bien fou (« tu fais ça très bien » « courage » « ne t’inquiète pas, je mets de l’huile, tu ne te déchireras pas » « encore une contraction et bébé sera là » …) …. Tout s’est passé comme dans mes plus beaux souhaits ….

Cette nuit restera gravée comme l’un des plus beaux accomplissements de ma vie. Je revis ces instants chaque jour depuis la naissance.

La lasagne mangée à midi a été la meilleure de toute ma vie je pense. Je n’avais jamais mangé quelque chose d’aussi bon. Le repas du vainqueur après tant d’efforts.

17h, Noémie est enfin arrivée et a fait connaissance avec son petit frère. Elle est une grande sœur adorable, douce, protectrice. Elle est géniale.

19h, on quitte la maison de naissance en famille… je suis en forme, Benjamin est en forme ….. Direction l’appartement pour y démarrer une nouvelle vie à quatre.

Le lendemain matin, nous prenions le petit déjeuner tous ensemble … Benjamin était là mais notre quotidien n’avait eu aucune coupure. Une naissance, quoi de plus naturel …

MERCI à toutes les sages femmes de la maison de naissance pour leur présence durant mes semaines alitée … Merci à notre sage femme pour nous avoir aidés à mettre notre Benjamin au monde. Merci à B. pour ses visites post-natales et ses bons conseils.

MERCI à Oli d’assurer autant et d’être un amoureux si parfait pour moi ….

MERCI à Noémie de comprendre si bien les choses et d’être une grande sœur si géniale.

MERCI à tous ceux qui ont été présents durant la grossesse.

Céline, à Namur

(*) : … je n’avais pas mis mon bébé au monde … on l’avait fait pour moi …  j’étais heureuse mais je n’avais pas fait grand chose cette nuit là …
puis pas d’accompagnement sur place (nous étions seuls la maheure partie du temps … donc impossibilité pour moi d’éviter la péridurale)
et l’après fut encore pire … aucun respect (réveil à 6h pour le ptit dej …) … après 3 jours, nous avons signé un papier et quitté cet hopital …

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Lien vers le récit suivant de Céline : Troisième accouchement – Namur – 2013

#205 – Sarah, Belgique – 1993, 2001, 2005, 2011

1 Mar

Récit n°1 : 1993, Bruxelles
J’avais 20 ans quand il est né, et je n’étais pas vraiment renseignée sur toutes les possibilités qui auraient pu se présenter à moi… Après une grossesse sans souci à part une pneumonie qui m’a ennuyée au 7ème mois je me retrouve donc au joli mois de mai, la date prévue était le 16. J’étais à Bxl chez mes parents. Le 19 j’ai rdv chez le gyné, il me dit que ce sera probablement pour aujourd’hui. L’info ne me marque pas plus que ça, je ne m’en souviendrai qu’après avoir accouché. La journée se passe, nous allons avec ma mère et ma grand-mère faire quelques courses au centre-ville, j’avais même gardé une souche qui montrait que peu avant 18h30 nous y étions toujours. J’avais des petites contractions mais j’en avais eu souvent des petites pareilles à cause de la fatigue. Nous sommes rentrées, il me fallait attendre mon compagnon qui devait revenir de Liège par le train. On ne savait pas à quelle heure il arriverait et on n’avait pas de GSM en ce temps là, hein! Entre-temps je commence à avoir des contractions plus fortes, je me souviens que j’étais affalée dans le fauteuil et de mes petites soeurs qui me regardaient d’un air éberlué quand j’en avais une qui venait… aïe! Enfin, il arrive. Il est passé 20h30. Il est plus que temps de partir pour la maternité. Je n’ai plus vraiment de souvenirs de l’arrivée là, de l’accueil… Mes parents nous laissent. On m’emmène d’abord dans une salle où on me fait un lavement. Les infirmières ne m’ont pas prévenue, et je me souviens de ma honte après quand elle m’ont proposé d’aller aux toilettes derrière une porte dans la même pièce et que j’ai bruyamment expulsé le produit…  J’entre en salle de naissance. Elle est faiblement éclairée, ça au moins j’avais lu que c’était mieux pour l’accueil du bébé. L’ambiance était vraiment feutrée, c’était agréable. Je commençais à avoir vraiment mal et bien que je m’étais promis de ne pas demander de péridurale je l’ai quand même fait…  mais il était trop tard, le bébé arrivait… tant mieux me dis-je a posteriori. Les sages-femmes m’ont demandé de pousser, j’avais chaud, je poussais, l’une disait à l’autre que je poussais bien… et il a fini par arriver… Il était 22h01… Elles l’ont posé sur mon ventre… Puis elles m’ont recousue (eh oui épisiotomie..), le père en a profité pour demander qu’elles me refassent mieux qu’avant (ça c’était sympa!), puis le papa a pu s’occuper du bain et d’habiller le petiot. Mais problème: le placenta ne venait pas. Je n’ai pas le souvenir qu’elles aient attendu longtemps ni tenté quoi que ce soit pour qu’il vienne, comme mettre le bébé au sein par exemple… donc en deux temps trois mouvements je me suis retrouvée au bloc opératoire avec anesthésie générale pour une délivrance manuelle!  Pendant ce temps le bébé s’est endormi dans les bras de son papa, ils ont donc pu apprendre à se connaître assez vite. Vers minuit je me suis réveillée dans une chambre commune (alors que j’étais censée avoir une individuelle), j’étais naze, mon bébé pleurait… mais je remercie l’infirmière plus âgée qui a eu la bonne idée de me le mettre au sein malgré l’anesthésie récente car je crois que si elle ne l’avait pas fait cela aurait pu mettre mon allaitement en péril. Sur les photos du lendemain j’ai l’air de tirer la tête pas possible mais bon j’étais sonnée…

Récit n°2 : 2001, un village du Condroz belge.
Changement de décor complet, gardez seulement la maman et le fils aîné… Le nouveau futur papa a déjà quatre enfants et la plus jeune est née à la maison. Quand je m’aperçois que je suis enceinte c’est clair pour moi, je prends d’emblée contact avec une sage-femme avec le même projet en vue. A environ 3 mois de grossesse je rêve que le bébé est là et qu’on accueille M*. Ce n’est qu’à la naissance qu’on a su que c’était bien une fille, mais pour moi c’était déjà une évidence. Le terme était prévu pour le 24 juin mais manifestement Mlle se plaisait bien où elle était, elle a joué les prolongations. (Ceci dit moi quand j’ai annoncé ma grossesse à mon père je lui ai dit que ce serait proche de son anniv qui est le 12 juillet). Début juillet je suis retournée chez la gyné pour une échographie et un monitoring, tout allait bien mais si ça dépassait le 8.. hôpital… le stress! Le soir du 6 le travail se met enfin en route… Vu l’heure tardive on décide d’appeler la sage-femme plutôt que risquer de devoir la réveiller dans la nuit. Quand elle arrive, je suis à 4 cm de dilatation, elle décide de rester. Et puis… plus rien! Le lendemain matin elle a dû repartir bredouille! La journée se passe calmement bien que dans l’expectative, je prends quand même un peu de délicieuse huile de ricin dans du jus d’orange, on ne sait jamais… mais la légende veut que ce soit mon chéri qui ait donné l’impulsion qui fallait en me demandant : « Alors, dans quel hôpital tu accouches? » Je suis remontée tranquillement dans ma chambre pendant que lui regardait la télé, et c’est dans le calme et la solitude que j’ai pu m’abandonner à la vie. Les contractions étant de plus en plus rapprochées j’ai décidé de rappeler la SF, mon homme n’a rien vu, pourtant le téléphone était dans la même pièce que lui, mais moi j’étais bien toute seule, je suis remontée. J’ai pris les contractions comme elles venaient, je puisais la force de pierres que je serrais dans les mains, je m’aidais du ballon… Quand la SF est arrivée ils ont été bien étonnés de voir que j’étais presque à complète! Le temps de recouvrir le lit, et je me suis installée à quatre pattes, la SF derrière moi me massait le périnée avec de l’huile au clou de girofle, je criais, ça avançait bien. A un moment il a fallu que mon *** de chéri demande si j’étais dans une bonne position (Hein? Quoi? quesquispass?) ce qui a eu pour effet de me sortir de ma bulle, mais bon j’y suis vite retournée, puis splach! la poche des eaux s’est rompue, encore un petit effort et la SF a accueilli le bébé, un peu bleu… Le papa tout ému a dû lui tapoter les pieds pendant que la SF lui faisait respirer de l’oxygène, je me suis assise en disant « mon bébé, mon bébé… » et puis tout allait bien, on a quand même vérifié que c’était bien une fille et je l’ai prise sur moi. Elle était belle! Encore une bonne poussée et le placenta est venu, ouf! Après toutes ces émotions les grands sont venus découvrir leur petite soeur puis nous avons passé la nuit à l’admirer tous les deux, c’est beau la vie!

Récit n°3 : 2005, toujours le même village du Condroz.
Petit préambule : Entre-temps j’ai beaucoup lu, notamment « Une naissance heureuse » d’Isabelle Brabant, et aussi les écrits de Michel Odent (voir entre autres l’extrait présenté au bas de la page http://users.swing.be/carrefour.naissance/Articles/refl/presencedupere.htm sur le site de Carrefour Naissance). J’en ai tiré les conclusions que lors de la naissance de M*, le 1er jour, le travail s’est probablement arrêté parce que la SF était à côté de moi constamment, que j’étais « sous surveillance ». Et que si M* est sortie un peu bleue, c’est parce qu’elle est restée un peu coincée au moment où je suis sortie de ma bulle quand mon mari a posé sa question sur ma position. – fin du préambule.
Or donc, nous voilà début 2005, j’avais eu des saignements en janvier, mais début février rien… je fais donc un test : positif! Tout de suite je suis super heureuse. Restait à savoir si elle déboucherait sur du concret ou non… (j’avais fait 2 grossesses non évolutives en 2004). Début mars, c’est donc avec un peu d’appréhension que je me rends chez le gyné… Et à notre grande surprise… un bébé de 3 cm!! Le coquin était déjà là depuis un peu plus de 2 mois!! J’ai régulièrement des saignements mais le gyné n’a pas l’air tracassé. Un voyage en Egypte était prévu, pas de raison d’annuler… ça doit être la magie du pays qui a agi, les saignements se sont arrêtés. C’est un peu là aussi que le prénom Nour (lumière en arabe) s’est accroché à lui, même si je ne le savais pas encore. La grossesse se poursuit avec parfois des petits saignements, finalement il y aura eu pas mal d’angoisses car je ne pouvais pas m’imaginer vivre une nouvelle fausse-couche. Mais nous voilà enfin fin septembre, le terme était prévu au 28. J’avais bien précisé cette fois que je voulais pouvoir être entièrement dans ma bulle pour accoucher, j’avais expliqué aux SF (il y en avait 2 cette fois) et à mon mari mes lectures, mes vécus, les conclusions que j’en tirais, etc… Je pensais avoir été claire. Le matin du mardi 27, vers 3h, je me réveille en sentant du liquide… je perds les eaux! Je ne suis pas tracassée, j’ai des petites contractions assez régulières mais pas fortes, je laisse venir. A un moment mon mari me demande si ça va, je lui dis que je perds les eaux, il somnole encore un peu. Puis vers 5 heures, il me redemande quoi, je lui dis qu’il n’y a pas plus, mais c’est là qu’il réalise que j’ai perdu les eaux! Il avait compris le bouchon muqueux! Tout de suite il s’agite, il faut téléphoner à la SF… Elle dit de rappeler quand il y aura plus de contractions. Mais mon mari commence à s’agiter, à ranger la chambre, il fait des allers et retours de bas en haut pour remettre des livres dans la bibliothèque, il vire des vieux vêtements d’au-dessus de la garde-robe… (quelle utilité pour un accouchement? Allez savoir… les hommes viennent d’une autre planète c’est sûr). Je lui explique que si une biche doit mettre bas et qu’on commence à bûcheronner autour d’elle ça n’ira pas elle attendra qu’il fasse calme dans la forêt… J’ai besoin de calme! Il ne comprend pas. Résultat, le travail s’arrête. L’après-midi ma SF n°2 me rend visite, elle me dit d’emblée que normalement quand la poche est rompue on a 12 h pour que le travail se mette en route et 24 h pour avoir accouché. Ca fait 14 h que j’ai perdu les eaux! AAAAH!!! Mais finalement à l’examen il lui semble que ce n’est qu’une fissure, on peut attendre. OUF! J’avais rdv le mercredi avec SF2 pour un monito, tout va toujours bien, contractions toutes les 10 minutes, à l’examen il lui semble que la poche est un peu plus fissurée, les SF sont persuadées que je vais accoucher pendant le calme de la nuit. Jeudi matin, l’empereur, sa femme… et toujours pas de petit prince… ! La SF1 (avec qui j’ai accouché de M*) me téléphone vers 9h, elle me dit qu’elle va venir me voir dans la matinée, en fait les dernières fois c’était soit le gyné soit la SF2 donc ça fait plus d’un mois qu’elle ne m’a pas vue. Elle voudrait bien savoir ce qu’il en est de cette poche, ça commence à faire long! En attendant je vais déjeuner, puis je m’isole dans ma chambre, les contractions commencent à venir avec un peu de régularité. Mon mari vient régulièrement s’inquiéter de moi puis vers 11h la SF1 arrive. Elle m’examine, elle me fait même un peu mal parce qu’elle doit aller chercher le col assez loin, mais elle dit qu’elle sent toujours une membrane sur la tête du bébé. Là je sens une forte contraction, mais elle me dit que c’est parce qu’elle vient de toucher au col, ça ne veut rien dire. Elle me dit qu’elle s’en va parce qu’elle a un stand sur un salon, mais que je rappelle dès qu’il y a quelque chose. Elle descend avec mon mari, moi je sens tout à coup un gros coup de pompe. Après son départ vers 11h20 mon mari vient me voir, je lui dis que je vais dormir un peu. Il descend et ferme la porte, je suis seule. Tout à coup, les contractions arrivent. Puissantes, douloureuses. Je les prends. Tellement qu’à un moment je vomis ce que j’avais mangé. Vers 12h j’en ai toutes les 2 minutes, j’appelle de mon portable ma SF qui dit qu’elle va revenir « parce que c’est mieux ». Je ne suis plus en mesure d’aller appeler mon mari, je ne saurais pas descendre, mais de toute façon je me dis qu’il montera en même temps que la SF. Puis, vers 12h20, j’entends sa voiture qui part! Ben oui, tous les jeudis à cette heure-là il va à la banque, et moi j’étais supposée dormir! Je sais qu’il n’en a pas pour longtemps… Mais… CA POUSSE! AAH! Je suis toute seule! Alors je me dis : 1- tu as déjà accouché 2 – des milliers de femmes accouchent comme ça dans le monde 3 – TU N’ES PAS SEULE! LE BEBE EST AVEC TOI! Heureusement on avait déjà préparé tout le matériel dans la chambre, entre 2 contraction j’arrive péniblement à étaler le drap épais sur le sol. Je crève de chaud et enlever une seule chaussette est une gageure! Finalement j’arrive à être nue et à genoux sur mon drap. Je n’ose pas crier car ma fille est dans la maison avec la femme de ménage, je n’ai pas envie qu’elles viennent voir ce qui se passe. Alors je crie en mordant dans un essuie de bain, je me rends compte que les O ouvrent plus mon bassin que les A alors je crie des O. Je sens mon bébé qui pousse sur mon périnée, je mets ma main mais je ne sens pas encore sa tête. J’ai peur qu’il me déchire, la SF ne m’a pas massée cette fois! Encore une poussée et cette fois en mettant ma main je sens enfin sa tête, je lui dis « doucement, doucement mon bébé, et il vient doucement, ça brûle mais je sens qu’il passe, qu’il vient bers moi. Enfin il glisse, je le prends dans mes mains et je le pose devant moi. Je m’assieds, il a le cordon 2 fois autour du cou mais le cordon est très long, je le défais, puis j’ai peur qu’il prenne froid, j’attrape uine serviette sur le lit et je le prends contre moi…mon bébé… mon bébé… il crie un peu, lui aussi a stressé sûrement! Je vérifié, c’est bien un garçon, c’est mon petit Nour, mon enfant de lumière… Et puis j’entends la porte en bas qui s’ouvre, mon bébé pleure et j’entends la SF qui dit « Elle n’a pas accouché quand même? » Et je dis « Si, elle a accouché! » Je ris et le pleure en même temps, il est 12h50 et Nour est né depuis 5 minutes! C’est alors que mon mari voit le rayon de soleil qui passe entre la fenêtre et le store du velux pour atterrir juste sur nous et dit « Oui, c’est bien Nour ».

Récit n°4 : 2011, encore et toujours ce village du Condroz!
En 2007, j’ai suivi le week-end d’in-formation Paramanadoula avec Michel Odent et Liliana Lammers.
J’ai aussi accompagné fin 2008 et début 2009 deux mamans en tant que doula.
Tout ceci influence évidemment ma façon de vivre ma nouvelle grossesse.
Le début de ma grossesse a été assez mouvementé au niveau émotionnel, je n’en parlais pas à beaucoup de monde, et j’ai eu besoin de temps avant de contacter le monde médical. De plus, la naissance de N* me laissait avec des questions quant au fait d’être totalement comprise dans mes besoins. Ce qui fait que ce n’est que vers 19SA que je suis allée faire une écho.
J’ai eu du mal à trouver la SF qui allait me suivre, j’avais été en contact avec 2 personnes, mais rien n’aboutissait. Je n’étais pas tracassée en fait, j’avais surtout besoin de savoir où j’allais. Quand j’ai accepté l’éventualité qu’aucune d’elles ne me rappelle, je me suis sentie plus sereine que quand j’étais dans l’attente.
J’ai finalement appelé la T., elle était, de mon point de vue, plus dans une culture médicale, mais aussi d’une grande écoute. Je suis allée la voir, je lui ai beaucoup parlé. Elle était consciente de la possibilité que je ne l’appelle pas pour l’accouchement-même, et moi je me suis sentie soulagée de me savoir accompagnée.
D’autre part je lisais beaucoup, j’ai terminé Unassisted Childbirth de Laura Shanley, et j’ai commencé Orgasmic Birth. Je me suis aussi inscrite sur un groupe FB de personnes qui accouchent seules, certaines sont vraiment une mine d’informations intéressantes. Je me sentais vraiment sur un chemin de confiance en moi, en mon pouvoir, en mon corps. Je sentais qu’il y avait encore du travail, bien sûr, mais j’étais sur le chemin
Le 17 octobre, vers 4h du matin, j’ai perdu les eaux. Puis rien de rien de concret, la journée s’est passée avec une contraction qui n’en avait que le nom toutes les heures ou 2 heures.
Je commençais à stresser, parce que quand N* est né, le protocole était que le travail devait avoir commencé dans les 12h, et le bébé devait être né dans les 24h sinon c’était direction hosto.
J’ai appelé ma SF vers 12h30 parce que j’avais un rdv chez elle à 13h30 normalement, et là surprise elle était toute cool, pas tracassée. Elle m’a dit que sauf si quelque chose se mettait en route d’ici-là elle passerait chez moi après une visite à domicile, qu’elle serait là vers 18h30 (moi j’avais calculé qu’elle ne pourrait pas être chez moi avant 19h-19h30). Elle pensait m’apporter des granules et de la tisane de framboisier pour aider le travail à se mettre en route.
A 19h25, 27 et 30 j’ai eu des contractions. Ça ne m’était pas arrivé de la journée, d’en avoir 3 si rapprochées.
La SF est arrivée, j’ai continué à avoir des contractions, même quand il y avait de l’animation autour de moi, à la limite surtout quand il y avait mon homme, les enfants… tout le contraire de mes accouchements précédents.
La SF a donc commencé à déballer ses affaires, mon mari a fait manger les enfants puis ils sont montés me dire bonsoir , et à 21h10 j’ai commencé à avoir des contactions de poussée!
Je me suis mise à genoux à côté de mon lit, la SF à côté de moi, mon chéri en face de moi sur le lit, c’était assez intense! Je perdais du sang, ça me semblait un peu curieux… La SF m’a demandé si c’était moi ou le bébé qui poussait, je ne savais pas dire. Et à la poussée suivante, c’était clair, totalement différent, je sentais bébé s’engager. Quelques poussées plus tard, je sens quelque chose qui dépasse, c’était gluant, ça ne ressemblait pas au toucher de la tête… puis le reste à suivi, pas moyen d’avoir une prise dessus, heureusement la SF était derrière. En fait bébé était dans ses membranes! Il avait le cordon autour du cou, et était un peu violacé et amorphel. La SF a aspiré les sécrétions qui étaient dans son nez et sa bouche, et tout de suite il a respiré et repris des couleurs. C’est à ce moment-là que j’ai vérifié de visu ce qu’il m’avait semblé sentir au passage : c’était un garçon. Il est né à 21h50.
La SF est partie vers minuit et demie, et la nuit a été un peu chaotique parce qu’il était encore un peu embêté par des sécrétions. Il ne s’est vraiment endormi quelques heures que sur le petit matin.
On a passé une bonne partie de la journée à cocooner dans la chambre, et une amie est passée me faire des tartines.