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Le deuxième accouchement d’Héloïse, Ille et Vilaine

1 Mar

Bonjour à toutes et à tous,

 

Je m’appelle Héloïse, j’ai 38 ans et j’ai déposé mon témoigage (n°328) pour raconter mon 1er accouchement qui a eu lieu lorsque j’avais 28 ans.

Mon corps, mon bébé et mon accouchement n’avaient pas du tout été respectés ainsi que le séjour qui a suivi et j’en étais restée traumatisée.

Presque 10 ans après, j’ai eu la joie de donner à nouveau la vie, dans une autre ville cette fois, à la maternité de V**** en Ille & Vilaine.

Par un heureux hasard, cette maternité a obtenu le label Ami des Bébés environ un mois avant la date présumée de mon accouchement.

Ma grossesse s’est bien déroulée dans l’ensemble malgré des problèmes d’hypertension et cette appréhension d’accoucher à nouveau…

Cette fois-ci je suis allée jusqu’au terme présumé, mon bébé, un deuxième garçon a décidé d’arriver 5 minutes avant la date prévue.

J’ai perdu les eaux dans la nuit et j’ai pris tout mon temps avant de partir à la maternité cette fois-ci.

Nous avons bien été encadrés et respectés dès le départ, mon dossier a été lu et mes antécédents pris en considération.

La journée a été rythmée par des douleurs de plus en plus fortes et j’ai été soutenue par une 1ère sage-femme.

En fin de journée tout s’est accéléré, la douleur des contractions est vraiment devenue difficile à supporter.

La perte des eaux qui avait continué s’est alors teintée de vert ce qui m’a donné un indicateur d’urgence.

Nous sommes allés en salle de naissance immédiatement et je me suis cramponnée au lit et à la main de mon chéri.

Malgré un ratage complet de la péridurale pour mon premier accouchement, je l’avais demandée à nouveau en espérant qu’elle fonctionne cette fois-ci !

Auparavant, j’ai fait de mon mieux pour maîtriser ma douleur le plus longtemps possible afin qu’elle ne soit pas posée trop tôt.

Je me revois en train de pleurer et d’hurler de douleur soutenue par mon chéri tout en me concentrant sur la progression de mon bébé dans mon bassin.

J’ai tenu de 17h à 19h45, puis l’anesthésiste est venu me libérer de cette douleur atroce, il a vraiment bien dosé l’anesthésie, et je lui en suis très reconnaissante.

Les gardes de 24h n’existant plus j’ai alors eu une deuxième sage-femme à partir de 20h pour l’accouchement proprement dit ! Une merveilleuse sage-femme !

Moi qui pouvait à peine prononcer ce nom, moi qui n’avait connu qu’une « sale-femme », une odieuse matronne qui avait gâché mon accouchement en 2004 !

Stéphanie, je peux la citer, à été formidable de douceur, d’écoute et de bienveillance, elle m’a soutenue et encouragée, j’ai enfin vécu un accouchement respecté.

Au delà des mots, son regard plein de confiance, et sa gentillesse, son sourire, m’ont portée. Je n’ai pas subi mon accouchement cette fois-ci, je l’ai vécu.

J’ai été actrice et non pas spectatrice de cet évènement si important, si précieux dans la vie d’une femme. Mon bébé est né tout doucement, pas d’épisiotomie, pas de révision utérine, juste une petite déchirure. J’ai senti passer sa petite tête, ses épaules, son petit corps, ses pieds. Nous étions en larmes avec son papa et on me l’a mis en peau à peau longtemps cette fois-ci, j’ai pu sentir toute sa chaleur me réchauffer le coeur et l’âme. Je veux dire à toutes les femmes qui ont connu une expérience douloureuse que non ce n’est pas une fatalité et qu’il y a un espoir de vivre un jour un bel accouchement respecté. Merci à vous Stéphanie. Et Merci de m’avoir lue.

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Une naissance à domicile, septembre 2010

7 Jan

Septembre 2010

Je me réveille un papillon sur le coeur, semi sourire aux lèvres … Je pressens quelque chose … Je me lève et quelques instants plus tard, petit splash! tu t’annonces enfin! Je perds les eaux! Mon coeur se gonfle de joie, çà y est, c’est parti! Je fond de bonheur, mais je me dis, « ne te précipites pas, les contractons n’ont pas commencées, on va peut être attendre longtemps avant que la naissance arrive » J’entends Yoann qui est occupé au téléphone dans le salon, j’ai hâte de lui dire!

Je sors de la salle de bain et il suffit à mon homme de voir ma mine enjouée pour comprendre qu’il y a du nouveau. Nous nous serrons dans les bras l’un de l’autre, tout émus de l’évènement qui nous attend … Mais biiiip, on sonne à l’interphone, des amis arrivent pour boire un café, sauf que je ne me sens pas d’humeur sociable, alors hop je file au lit, et savoure toujours avec la grosse banane au visage ces derniers moments seule à seule. Dans ma tête défile cette belle grossesse que nous avons vécue à fond du début à la fin.

9 mois d’une grossesse merveilleuse, je me sens bien, épanouie, belle, et surtout heureuse, remplie de bonheur, et d’amour (au sens propre!)

Depuis quelques jours cependant, je deviens impatiente, je n’arrive pas à penser à autre chose qu’à l’accouchement et passe chaque minute à guetter les signes de ton arrivée. J’ai tellement hâte! De te connaitre, mais aussi de vivre cette naissance à laquelle je pense depuis des mois. Je me sens fin prête, mon homme aussi. Nous avons passé des heures à discuter de cette naissance, nous imaginant des scénarios possibles, confiants, et fiers des notre choix.

Ce projet de naissance à domicile, nous l’avons mené depuis bien longtemps, bien avant le début de la grossesse, influencés et encouragés par des proches qui ont déjà vécu la grande expérience d’une naissance naturelle, physiologique comme disent les bouquins. Pour moi, c’est une évidence, hors de question de me retrouvée allongée, branchée et les pieds dans les étriers. Je suis d’une nature indépendante, et je me sens capable d’affronter la douleur qui accompagnera la venue de mon bébé. Je pense à cette douleur comme à un rite initiatique, quelque chose qui m’aidera à m’ouvrir, à faire naître cette enfant.

Il y a quelques années, j’avais rencontré une sage-femme qui accompagne des naissances à domicile. A l’époque, je m’étais déjà dit « C’est elle, c’est elle qui sera là pour mes accouchements! » Et effectivement, dès le 2ème mois de grossesse, nous allons la rencontrer pendant une longue entrevue et elle nous confirme qu’elle est d’accord pour nous suivre. Dès ce premier rendez-vous, mon homme et moi ressentons cette ambiance ultra-zen dégagée par N.

Chaque mois, nous passons 1h30 tous les 3 à discuter de pleins de choses, de nos questionnements de futurs parents, et tout simplement de la vie! De beaux silences ponctuent régulièrement nos discussions, c’est toi, mon bébé qui t’immisce dans la conversation! Parfois, N. apprend à mon homme des massages de shia-tsu pour me soulager des petits maux de grossesse, quel bonheur!

Séance après séance, notre relation se construit, N. m’étonne de cette attitude ouverte et disponible, jamais elle ne nous imposera quoique ce soit. D’ailleurs dès le début du suivi, elle me dit que j’ai le droit de changer d’avis, que jusqu’à la dernière minute, je peux décider de partir à la clinique. Même si je n’en ai pas pas l’intention, cela me fait du bien de me sentir « autorisée ». Je ne veux pas que cet accouchement devienne un challenge, je souhaite seulement les meilleures conditions à la venue de ma fille.

Au final, nous parlerons assez peu du futur accouchement en lui même. Moi qui pensais qu’il me fallait « apprendre » à respirer, ou à me mettre dans certaines positions.. Et bien non! Avec N., je me sens encouragée à suivre mon instinct, à me faire confiance.

Pourtant une fois chez moi, chaque soir pendant le dernier trimestre de la grossesse, je lisais. J’en avais besoin, besoin de lire des témoignages d’abord. Et j’ai ensuite dévoré le livre d’Isabelle Barbant « Une naissance heureuse ». J’étais infiniment curieuse de savoir ce que j’allais vivre, ressentir, à tel point que je suis devenue quasi insomniaque, chaque nuit, je pensais avec envie à cette naissance..

Et nous voici au matin du 23 septembre, à 2 jours du terme prévu. Vers 10 heures, je me lève et vais rejoindre mon homme qui cherche à régler certains impératifs professionnels pour nous être disponible dans les jours qui vont venir. Et là, une fois debout, une première contraction arrive. Je la reconnais tout de suite, c’est exactement la même douleur que pendant mes règles. Je saute de joie, enfin une contraction douloureuse!! En effet, ces derniers jours, à chaque contraction je me demandais si l’accouchement démarrait, mais là c’est sûr, c’est différent! Je me sens rassurée car N. nous avait dit qu’après une perte des eaux, les contractions ne démarrent pas toujours naturellement.

Yoann part pour une petite heure, je me retrouve seule sans homme ni enfant pour la dernière fois! J’appelle N. en prenant mon petit déjeuner et lui explique où j’en suis. Elle me propose qu’on se rappelle tout au long de la journée, qu’elle pourra venir soit dans l’après-midi, soit en soirée après ses rendez-vous. Je lui dis : « Fais ta journée tranquillement, on se voit ce soir, je te rappelle! »

Je décide alors d’aller me promener dans le quartier. Je me souviendrai toute ma vie du chemin que j’ai parcouru ce matin-là. Les contractions se sont nettement rapprochées, mais de manière assez anarchiques. Parfois j’en avais 2 en 3 minutes, parfois aucune pendant 10 minutes. A chaque contraction, je me suis mise à expirer très doucement (pas besoin d’apprendre, çà vient tout seul!), et puis je prenais appui sur ce qui me tombait sous la main, un mur d’immeuble, une voiture! Entre 2 contractions, j’appelle quelques personnes de ma famille pour les prévenir. Ma mère est étonnée de m’entendre lui dire « ah en voilà une, elle fait mal, mais ouha, chouette, elle arrive ».

De retour à la maison, je décide d’aller m’allonger pour prendre des forces. Forte des enseignements du livre d’Isabelle Barbant, je veille à me positionner correctement pour ne pas bloquer le travail. Je me mets donc sur le coté, jambe du dessus très haute. Je m’assoupis entre 2 contractions qui sont toujours aussi irrégulières, irrégulières mais tout de même fréquentes.

Mon homme arrive à la maison, et comprend que c’est vraiment parti! Nous déjeunons tous les deux, sans nous rendre compte que quelques heures plus tard, notre fille sera là. Pendant tout l’après-midi, les contractions continuent à ce rythme irrégulier, ce qui nous fait croire que l’accouchement n’est pas pour tout-de-suite. Je ne sais pas pourquoi, mais tant que les contractions ne sont pas « régulièrement espacées », je me dis que je suis en « pré-travail » et que à sa venue prévue pour 19h, N. m’annoncera que je ne suis dilatée qu’à 2 cm. Je me préparais à l’idée d’un accouchement long. Mais avec du recul, je me dis aussi que si nous n’avons pas appelé N. plus tôt, c’est aussi que nous avions envie de vivre cette phase de la naissance à 2. C’est si beaux de vivre ces moments avec son amoureux …

Je me souviens qu’à un moment, me voyant tourner comme une lionne en cage, Yoann me propose de refaire un tour du quartier. Nous descendons l’immeuble, faisons 100 mètres, et je me plie en 2, morte de rire, je ne peux pas avancer car je continue de perdre les eaux, et que des flots coulent!! Nous sommes en plein fou rire, là, dans la rue, sans savoir que l’accouchement est déjà bien avancé.

Je continue donc de « prendre les contractions une par une », en me concentrant sur mon col pour l’ouvrir « en pensée ». Je marche dans l’appartement, je regarde de séries télé sur le ballon d’accouchement, tout cela en étant toujours persuadée que le travail n’avance pas. Après un dernier tour dehors, je décide de prendre un bain.

Une fois dans l’eau, je me concentre sur mon bébé, lui parle doucement, et là je me dis « allez tu vas pas y passer 3 jours, n’aies pas peur, accouche! » Je sors du bain et annonce à mon homme qui dessine tranquillou dans le salon, « C’est parti, je prends un goûter et après j’accouche! » Je dis cela en riant pourtant c’est bien ce qui va se passer!

Après ce fameux goûter, vers 17h, je vais m’installer dans la chambre du bébé, là où nous avons prévu d’accoucher. Mais je ne tiens plus en place, je vais aux toilettes, reviens dans le salon, m’appuyant et poussant les murs à chaque contraction, ça commence à faire vraiment mal, là!

De retour dans la chambre, je me mets sur le coté, mais la douleur devient insupportable. Yoann me masse vigoureusement le bas du dos, c’est là que se situe la douleur. Cela me fait un bien fou, j’ai d’ailleurs pris l’habitude de dire que Yoann et ses massages, c’était ma péridurale à moi! Les contractions s’accélèrent, la tempête commence!

Je me positionne à genoux, la tête sur une pile d’oreillers. Dans ma tête je me dis « Au secours, si çà, c’est le début de la dilatation, je vais péter un plomb! ». Sauf que peu de temps après, à un moment, je sens la tornade des contractions s’arrêter nette. Mon corps « s’arc-boute » en arrière, je me retrouve à quatre pattes, et je crie à Yoann « çà pooousse!!! » Il est 19H, et ce n’est qu’à ce moment-là que nous comprenons que nous sommes VRAIMENT en train d’accoucher et que nous sommes seuls, la sage-femme vivant à plus d’une demi-heure de chez nous. Yoann parvient à ne pas paniquer, et appelle N. qui lui explique calmement comment agir si le bébé arrive avant elle!

Yoann a alors le tact de ne pas me dire que la sage-femme était encore chez elle, et me fait croire qu’elle est sur la route … J’ai hâte qu’elle arrive car pour moi, il est hors de question d’accoucher tous les 2.

La douleur est partie, je suis maintenant dans l’énergie de la poussée, mais qui est complètement involontaire. Je ne pousse pas, c’est mon corps qui pousse, je bouge sans m’en rendre compte, mon corps agit sans ma tête! Quelle force! et quelle fatigue! Ces poussées m’exténuent, je pense d’ailleurs que je m’endormais entre 2.

Même si mon corps pousse très fort, ma tête le retient quand même un peu car j’ai besoin de ma sage-femme pour aller au bout de cette énergie. A un moment je dis quelque chose que Yoann ne comprend pas. Il me demande « Qu’est ce que tu veux? », et à ce moment on entend l’interphone sonner. Je réponds : « C’est çaaa que je veux!! » Yoann sort alors de la pièce pour ouvrir à N. et là je sens les poussées décupler d’intensité …

Il va encore se passer une deuxième heure de poussées régulières et très fortes! Ma fille avance centimètre par centimètre, doucement mais surement!! N. écoute son coeur et nous confirme que tout se passe bien pour elle. Elle me demande si je veux qu’elle m’ausculte, j’accepte bien sûr car j’ai encore besoin qu’elle m’assure que je suis complètement dilatée, alors que tout prouve que c’est bien le cas! effectivement elle me dit : « Oui, oui, elle est juste là, ta petite puce. »

Nous nous concentrons tous les 3, je sens les mains de N. qui me masse les jambes car j’ai des crampes, Yoann me passe régulièrement des linges mouillés sur le visage et la nuque car j’ai très chaud. Je ressemble à une lionne, à quatre pattes, les cheveux trempés, Yoann me dira après à quel point il m’a trouvé belle.

Mon bébé approche, au bout d’un moment, je sens qu’on atteint la phase finale. Mon sexe me brule énormément, j’ai très mal, je suis très impressionnée par cette sensation, un peu choquée de ce qui m’arrive. Mais il faut continuer! Alors je m’accroche, il faut en finir! Je sens sa tête arriver, je la touche de mes mains, sensation douce, chaude, humide et molle. Mais … nooooon! sa tête re-rentre, au secours!! Alors, là, non, je rassemble mes dernières forces, et je la pousse très fort, je la veux dehors maintenant!

Elle finit par glisser d’un coup, je m’écroule en avant sur le lit, j’avoue que là, j’ai quelques minutes de flou, de fatigue extrême qui m’ont fait décrocher des évènements!

Ah si, un des premiers souvenirs de sa vie, c’est cet instant inoubliable où N. après l’avoir réceptionnée la pose sur le lit, et deux mains se posent sur elle, la mienne et celle de Yoann. Nos mains touchent son ventre chaud, glissant, je vois Yoann incroyablement ému. Cet instant-là, c’est peut-être le moment le plus fort de ma vie. Je me souviens très précisément de la sensation de cette nouvelle peau, la main de mon homme partageant la même expérience tactile. Il pleure, ébahi.

Mon bébé pleure, je ne sais plus lequel de nous deux la prend dans ses bras. On a tous les deux le réflexe de se déshabiller, besoin d’être peau nue comme elle. Elle pleure encore, c’est qu’elle en fait du chemin pour en arriver là!

Quelques câlins plus tard, je m’allonge sur le coté et pose ma fille contre moi pour sa première tétée. La lionne est toujours là, c’est comme si j’avais déjà allaité des dizaines d’enfants, c’est naturel et facile pour moi, comme si ce n’étais pas un début, alors que c’est mon premier enfant. Pour elle, c’est moins évident, elle tourne autour du pot une dizaine de minutes, renifle tout autour du sein, lèche, cherche, et pour finir, s’y accroche et se met à téter parfaitement bien. Je dis : « Elle ne sera pas difficile à nourrir, celle-là!! », l’avenir prouvera que j’avais raison, elle est restée très gourmande!

Pendant cette première tétée, le placenta sort alors que je pousse sans savoir si je pousse assez, mais si, il est sorti, ouf, tout est fini et tout s’est bien passé! Pour cet accouchement à domicile, on avait tout préparé, prévu (matériel médical, médicament en cas d’hémorragie, bouteille d’oxygène, …) mais je savais d’instinct qu’on n’aurait pas besoin de tout ça. J’avais juste une appréhension pour le placenta, peur qu’il ne sorte pas, ou pas d’un coup, alors là, c’est le soulagement final, on a réussi, on a été au bout de ce projet de vie incroyable, un moment de partage entre mon homme et moi, entre mon corps et moi, une rencontre parfaite avec notre fille.

Je dis souvent que le gros avantage d’un accouchement à domicile, c’est après! Quel bonheur! On mange ce que l’on aime, on dort quand on en a besoin.

Notre enfant est née à 21h, et à minuit, on se couchait tous les 3 dans le lit où elle est née. Bon, on ne peut pas dire qu’on ait vraiment dormi!! mais on était ensemble, heureux, sur un nuage!

Lucie, Yoann, et Coline, Rennes, France, 2010

Second accouchement respecté V – 2013

7 Jan
Naissance du ptideuz le 21 mai 2013 à j-5 à T.

Dans la nuit de dimanche à lundi, je commence à avoir des contractions, des gentilles qui me réveillent mais ne m’empêchent pas de me rendormir, ça dure toute la nuit et elles continuent le lendemain toute la journée. Elles s’intensifient un peu au fur et à mesure de la journée pour commencer à devenir franchement dérangeantes vers 18h/19h. Elles se régularisent aussi, toutes les 5/7 min, quand une contraction arrive, je suis obligée de me concentrer et de respirer. Je prends 2 spasfons.

Le repas se passe, et ensuite je m’occupe de crapaud glouton avec l’aide de chéri. Je fais un énorme câlin à mon fils et lui dit que peut-être demain matin c’est sa mamie qui sera là au réveil car papa et maman seront peut-être à la maternité pour l’arrivée du bébé. J’ai un serrement au cœur, c’est peut-être son dernier câlin de fils unique.

J’ai tellement fait de faux travail pour mon 1er que j’ai encore des doutes sur le fait que ce soit le vrai travail qui commence. 21h30 j’appelle la maternité qui me dit de venir, je vais quand même tenter un bain voir si ça calme les contractions. 22h je décide qu’on va partir, on appelle ma mère, crapaud ne dort toujours pas, il m’appelle, et je vais le câliner à chaque fois. 22h30 encore un gros câlin, ma mère est arrivée, nous partons, je pleure de laisser mon grand.

23h30 on arrive à la maternité, monito et contrôle du col. Je dis à la sage-femme que si je suis à 2 cm je saute par la fenêtre car je suis fatiguée, je n’ai pas envie d’accoucher j’ai envie de dormir alors il faut que ça aille vite ! Et elle me dit que je suis à 2 doigts large, je suis dépitée ! et je suis si mal avec le monito, mais les contractions sont bien là, bien régulières, bien visibles, c’est bien pour cette nuit ! La sage-femme lit mon projet de naissance, elle me rassure sur son respect et elle propose qu’on me fasse couler un bain. Chéri me demande si c’est que j’ai moins mal que pour notre 1er ou si c’est que je gère mieux la douleur. En tout cas, les contractions ne sont pas dans les reins et c’est déjà pas mal, même si j’ai une barre dans le bas du ventre qui me cisaille à chaque contraction.

Au bout d’un moment, je me mets à vomir pendant les contractions, je suis abattue, je ne me sens pas l’âme courageuse ce soir. Je n’ai plus rien a vomir, je vais dans le bain, il est 00h30 je suis à 3 doigts larges. J’accueille les contractions les une après les autres, et la sage-femme me propose une séance d’hypnose pour m’aider, j’accepte. Je demande un contrôle du col (j’avoue mon obsession pendant cet accouchement) je suis à 4 doigts larges. Pour la séance, je suis allongée sur le coté, une jambe repliée, la sage-femme me fait choisir dans ma tête mon endroit de détente, me demande quel est mon accouchement idéal, puis me fais visualiser mon image du passage et de l’ouverture pour faire venir mon bébé, elle me dit d’accueillir chaque contraction avec plaisir car elle ouvre le passage et guide mon enfant, que nous allons nous rencontrer. Ça me fait du bien, ça me repose et à chaque contraction je dis à mon bébé, viens, tu vas voir la vie c’est formidable tu as des parents et un grand frère qui t’attendent et qui t’aime déjà, la vie c’est un cadeau, viens mon bébé.

Fin de la séance, je suis à 5, j’en profite pour lui demander un massage du col qui m’avait tant soulagé pour mon 1er accouchement, elle me le fait sur 3 contractions et ça me fait encore du bien, je suis à 6.
Je me mets debout pour gérer les contractions en m’appuyant sur le rebord du lit, je souffle, je visualise l’ouverture, je parle à mon bébé intérieurement. Je demande un lavement car je commence a voir envie d’aller à la selle je n’ai pas envie d’y aller toutes les 5 min. Je vais faire le lavement mais les contractions s’enchainent, je reviens, je vois l’heure dans le couloir, 2h10, combien de temps ça va durer ? Combien de temps je vais tenir ? Je reviens en salle de naissance, les contractions sont quasiment continues, j’ai envie d’aller à la selle, je demande a ce que chéri sorte, il en profite pour aller au toilettes car il reconnaît mes gémissements qui annonçaient le début de la fin et se dit que j’aurai besoin de lui après.

La sage-femme me dit que c’est le bébé qui appuie, elle propose une petite toilette, je me mets sur lit, elle me dit que la tête est là, je la touche, le poche des eaux se rompt un peu, ploc, c’est vrai, ce n’est pas possible !! Mais c’est tellement fort ! Je me mets à 4 pattes, je crie, je m’allonge sur le coté, non, je remets à 4 pattes et crie encore, je voudrais appeler chéri mais ce n’est qu’un son rauque qui sort de ma bouche. L’auxiliaire court le chercher, je voudrais attendre mais la tête est déjà sortie et mon corps pousse, je crie, mon bébé sort entier avec tout le liquide, je n’ai même pas le temps de l’attraper, il crie. La sage-femme l’essuie et me le donne. Chéri arrive, tout tremblant. Le cordon a déjà cessé de battre, mais il tremble trop pour le couper, c’est donc moi qui le fait. Je regarde entre ses jambes, c’est encore un garçon, je suis un peu surprise (dans la voiture on se disait que ce serait une fille car on ne trouvait pas de prénom garçon) mais contente. Il est 2h20. Un peu plus tard nous nous mettons d’accord sur le prénom.

La délivrance se passe sans accro, la sage-femme préfère me faire 2/3 points même si la déchirure est minime. Quand on sait que son périmètre crânien est de 37/37,5 je m’en sors plutôt bien.

Retour à la maison le lendemain car j’ai demandé une sortie précoce qui n’a posé aucun soucis à la mater.

Lien vers le Premier accouchement respecté de V – 2011- Corrèze

#315 Second accouchement – Seine Maritime

4 Déc

Qu’il est différent d’attendre un « 2eme »! De l’inconnu dans une aventure connue!

Mon terme est prévu fin février, nous sommes d’accord avec mon conjoint, ce bébé nous le découvrirons qu’à la naissance! Garçon ou fille, peut importe! Un bébé en bonne santé, fruit de notre amour ne peut être que parfait!

Grossesse idyllique comme la 1ere! Je me sens entièrement vivante uniquement enceinte!

Ce petit kinder surprise fais bien parler de lui! Beaucoup n’apprécie pas, ne comprenne pas notre choix, pourquoi ne pas vouloir savoir? Et pourtant qu’elle aventure exceptionnelle a vivre, a l’imaginer.

Cette grossesse et son suivi,  je les veux différents de la première! Je m’entoure d’une SF libérale, une perle! Douce, calme, compréhensive, non invasive, respectueuse et j’en passe! Avec elle je fais une préparation sophro et pour la 1ere fois de ma vie j’arrive a séparer mon corps de mon esprit. J’apprend que les contractions sont mes amies et que je dois les accepter et les accompagner. Je me prépare a les prendre, les oxygéner, les accompagner et attendre les suivantes!

Jour du terme et pas l’ombre d’une contraction… Je dois contacter la maternité qui me donnera un rdv le lendemain matin.

Je doute un peu… et si ce bébé ne veut pas sortir… moi qui mise tout sur le naturel, j’ai un peu peur….

Vers 14h, je sens une contraction puis 10 mn plus tard une autre, elles sont maintenant régulières mais absolument pas douloureuses….

16h, mon fils de 28 mois se réveille de sa sieste, nous goûtons et partons faire du shooping! Les contractions sont toujours la, mais toujours pas douloureuses. Je n’ai rien dit a mon conjoint qui d’ailleurs ne se doute de rien…

18h : les contractions commencent a « picoter », nous téléphonons a la tata pour qu’elle vienne s’occuper de notre fils pour le « au cas ou »! Je doute encore que le travail a commencer!!!!

19h : je rentre dans un bon bain chaud accompagné de 2 spasfons et ensuite d’un petit garçon!!! Je sens a peine les contractions… Décidément… Ce n’est pas pour aujourd’hui. J’appelle mon conjoint pour qu’il sorte mon fils du bain pour que je puisse un peu profiter de mon bain!

19h30: je sors du bain ou du moins j’essaie de sortir du bain! Dès que mon ventre est hors de l’eau les contractions sont très intenses et très douloureuses. Je peine a sortir du bain et de m’habille. Je m’installe dans la salle, commence a imaginer mes cours de sophro! Je me détend, je visualise tout, il fait beau, il fait chaud, je suis sur une belle plage de sable fin, ( non non je suis dans ma salle, j’entend mon fils qui joue avec ses jouets, il fait -10 dehors!!!) J’entends les vagues, je sens le soleil qui  chauffe juste comme il faut sur ma peau, je me remémore les mots clefs de ma SF et son mot favori :  CAAAAAALMEEEEEE!

Les contractions sont  douloureuse, forte et longue tres longue! Je suis agenouillée devant mon canapé, je balance mon ventre de gauche a droite, je commence a faire des son grave, je souffle, je respire.

20h :je vais coucher mon fils, je tenais a le faire. Mon gardon, mon tout petit garçon… Comme il est difficile de te quitter… Mon bébé comme je t’aime… La prochaine fois que je te verrais tu seras grand frère.

20h30: nous partons… La route est difficile, neige et verglas nous accompagne et les contractions aussi!!!!! Elles sont juste incontrôlables en voiture!

21h: je suis prise en charge des mon arrivée par une SF, elle comprend tout de suite que le travail est bien avancé et qu’il ne faut tarder! Nous allons en salle d’examen et s’exclame qu’elle n’a pas de chrono mais sent que les contractions ont un intervalle d’à peine 2mn.

Je ne parviens pas a me déshabiller, les contractions ne me laissent plus de répit, 1 toutes les minutes! La Sf me coupe mon jeans et m’examine, je suis a 8 hop on file en salle de travail! Je demande la salle nature et/ ou une baignoire. Manque de chance la salle nature est prise… Je m’effondre un peu a cette annonce… et craque pour une péri….. La SF me dit  » ho non! vous gérez super bien! Vous faite un excellent travail! Je sens et sais que vous pouvez le faire sans peri, je suis là a vos cotés,  mais je n’avais pas imaginé accoucher autre part qu’en salle nature… j’aurais du… j’insiste néanmoins sur le fait que j’en veux une toute toute petite. L’anesthésiste arrive et impossible a expliquer mais tout le long de la pose de péridurale je n’ai eu aucunes contractions… pourtant anesthésiste a bien du mettre 20 minutes….

La SF me glisse que je suis a 9 et qu’elle a menti a l’anesthésiste sinon il ne m’aurait pas fait ma peri. Celle ci ralenti le travail et me permet de souffler un peu, mon bébé s’engage dans mon bassin, nous mettons le CD sur lequel nous voulons qu’il naisse.

Je sens que ca pousse, la SF me demande comment je veux m’installer, et si je préfère une déchirure ou une episio si ça doit craquer! Je suis surprise par sa demande! La SF est jeune 25/26 ans, elle est très gentille et très ouverte! Nous lui avons dit des le début que nous ne connaissons pas le sexe du bébé ( elle nous félicite) et  nous dit qu’elle ne peut pas faire de gaffe car rien n’est mentionné dans le dossier! Qu’elle nous laisse gérer comme on veux, c’est notre accouchement et notre bébé! Elle accepte tout ce qu’on lui demande dans la mesure ou elle peut accepter et /ou faire! Un pur bonheur! Une perle!

Nous nous installons, la péridurale ne fait plus effet, je pousse plusieurs fois sur la même contractions et sent bien mon bébé descendre! C’est impressionnant de sentir, n’ayant rien senti pour mon 1er! La tête sort, les épaules et mon corps se redressent et mes mains saisissent ce petit être dodu,  pour le sortir.

Je pose mon bébé sur mon torse, je le regarde, il est sublime, des petites rondeurs se dessinent par ci par la! Comme il est beau! Il? Elle? J’envois le papa découvrir qui était resté caché 9 mois et 1 jour et qui a suscité tant de questions!!!!

Il revient les yeux plein de larmes, et m’annonce que c’est notre petite fille qui vient d’agrandir notre famille!!! Nous sommes tellement heureux! Mon homme en rêvait de cette petite fille! Et mon fils avait raison! Du haut de ses 28 mois il criait corps et âmes que c’était une petite soeur dans le ventre de maman ( après avoir compris que ce n’était pas le Père Noel!!!!)

Une petite fille, qui vient de naître a la même heure que son frère, dans la pénombre , l’amour, le calme, le bien être et sur du Bob Marley!

 

Nikky

L’arrivée de Zoé – Pays de la Loire – 2013

28 Nov

L’arrivée de notre petite Zoé, ce samedi 27 juillet 2013.          Pays de la Loire,  France .

Je rêvais secrètement d’un accouchement à la maison … Je suis plutot sereine dans la vie, et j’avais envie d’accoucher le plus naturellement possible …

En 2001 , j’avais 20 ans, j’ai accouché en centre hospitalier, avec une sage-femme que nous ne sommes pas près d’oublier, elle râlait  pour tout et n’importe quoi, si bien que, pour finir, mon mari lui a demandé de se mettre au travail pour m’aider à faire sortir  cette pitchoune, ce fut un accouchement rapide, mais difficile à digérer pour moi … et qui a certainement contribué à la relation que j’ai parfois eue avec ma fille.

En octobre 2012, nous nous marions, et nous mettons en route notre petite dernière, le début d’une course-secrète contre la montre pour trouver une sage-femme qui acceptera un accouchement à domicile, fin janvier, par le plus grand des hasards, je rencontre une maman sur le point d’accoucher qui a prévue d’accoucher chez elle avec une sage-femme, elle me donne son nom, et en rentrant à la maison, j’en touche un mot à mon mari … J’avais déjà évoqué avec lui ce souhait. Je revois son regard, j’ai comme l’impression qu’il m’encourage à l’appeler tout en pensant le contraire … dès le lendemain, j’appelle L (notre sage-femme). Un premier rendez-vous à la maison  est pris dans la foulée.

Elle est calme, douce, et nous enfin, plutôt « je » décide de poursuivre l’aventure avec elle, nous nous reverrons tous les mois à partir de ce moment, pour faire connaissance, et préparer l’arrivée de bébé puis j’ai lu, je me suis informée sur les pour, les contres, et surtout je n’en ai pas parlé autour de moi, (officiellement j’accouche en clinique), seules quelques personnes sont au courant, comme ça, j’ai la paix, mais je suis grande, maintenant, je me connais bien, et je sais que le jour J , si je ne le sens pas , je ne prendrai pas de risque …

Ma  grossesse se passe très bien, j ai pu travailler jusqu’au congé de maternité, tout en faisant attention, même si j’ai un travail très physique , je m’y  sens bien, puis les jours passent, nous arrivons au jour du terme, et je suis toujours là, avec mon bidon. Bébé, n’est pas pressé de sortir, je me rends donc à la clinique pour l’examen de routine, où on m’explique ce qu’on y fait, et que si tout est ok, je peux rentrer à la maison, je leur reponds que de toute facon, travail en cours ou pas, je rentre à la maison,  je veux accoucher chez moi (j’ai bien sur eu droit à une belle discussion sur l’AAD, mais on respecte mon choix quand même) de toute façon l’écho et l’examen du col étaient ok,  je pouvais rentrer … pour revenir 2 jours après si rien entre-temps  ne s’était passé …

Me voilà de retour  2 jours après, mais rien de plus n’a bougé, je rentre donc à la maison, appelle ma sage-femme pour lui dire que tout est ok, elle me dit que de toute facon, je suis la seule de ses patientes à accoucher ces jours-ci,  qu’elle s’attend à ce que je l’appelle tres bientôt et qu’elle sera  prête … moi aussi je suis prête, mais rien ne se passe non plus pendant ces deux jours. Tout le monde attend cette naissance avec impatience, et inquietude aussi, on sent nos parents inquiets un peu (heureusement ils ne savaient pas pour l’AAD) j’ai envie d’avoir la paix, moi, mais il faut gérer tout ce petit monde. Je dois donc retourner aujourd’hui, à la clinique, pour 14 h et je sais pertinament, que l’on va me parler déclenchement, pour le lendemain, le protocole est de 5 jours après terme, ici.

Le stress monte pour aller à cette visite, c’est samedi, j’y vais accompagnée de Mr, en plus il fait très chaud, et j’ai 40 min. de route pour y aller,

Arrivée la bas, j’ai le droit encore à une nouvelle sage-femme, qui a déjà entendu parler de moi par ses collegues, elle a  l’air plutôt sympa, et a l’air d’avoir connaissance de mon dossier et de mon souhait, on en discute forcément, elle a cherché à savoir le pourquoi du comment, je lui ai donc raconté mon premier accouchement, mon séjour à la maternité, ils n ont pas l’habitude d’avoir des patientes qui souhaitent accoucher chez elle. Mais, elle, on la sent très ouverte sur le sujet, une fois le monito fait, elle me donne comme prévu la date de déclenchement, pour le lendemain matin à 8 h, à ce moment-là, j’ai craqué, ce n’était pas du tout ce que je souhaitais. Mon mari lui dit alors : « Et si demain matin, on ne vient pas ? que se passe-t-il? » On a senti un peu un malaise dans sa réponse, elle nous a dit que ca vexerai le doc de garde … Quelques minutes plus tard nous quittons  la clinique, il est quand meme plus de 17 h30, (elle a pris du temps pour nous, c’était une journée calme pour eux, elle nous a confié que la veille, ils avaient eu 17 accouchements en 12 h).

Je suis ravie de pouvoir rentrer chez moi, j’appréhendais d y rester, on previent nos parents que finalement ce ne sera pas pour aujourd’hui, sans parler de l’heure de déclenchement prévue pour éviter de les stresser plus … puis ,  je sens que Mr est perdu, il n’est plus très serein (en fait il ne l’a jamais été) de  rester  pour  l’accouchement à la maison, elle a réussi a lui mettre le doute en tête, … et s’il arrivait quelque chose ??? vous avez pensé aux risques ??

On en rediscute dans la voiture, moi de mon coté, je sens comme des picotements dans le ventre, puis à 10 mn de la maison, une premiere contraction,  enfin …… !!!!

Je comprends alors que finalement, le moment tant attendu n »est plus très loin, et que je vais pouvoir enfin donner naissance à ma pépette à la maison …

En arrivant à la maison, je remets un peu d’ordre dans mon dossier, puis je me pose un peu … Je sens que le travail a bien commencé, les contractions sont de plus en plus proches et de plus en plus fortes, j’hésite un peu pour appeler ma sage-femme, je ne voudrais pas la déranger pour rien, Mr commence à être stressé, je pense qu il a espéré jusqu’au bout que j’accouche en milieu médical.

Finalement vers 19h15, j’appelle L. je lui laisse un message, elle me rappellera vers 20 h, on fait le point sur la situation, elle me dit alors qu’elle prends la route car elle est à ce moment-là à 1h 30 de route de chez moi, elle me demande si je vais arriver à gérer d’ici son arrivée, je lui réponds que oui (j’avais bien repris du poil de la bête par rapport à ma sortie de clinique de l’après-midi) elle me demande donc, de me mettre dans ma bulle, de préparer mon petit cocon, et de prendre un bain si j’en ressens le besoin, me voilà rassurée, j’explique la situation à mon cheri qui me répond : « Comment veux-tu te mettre dans ta bulle avec les voisins partout autour dans les jardins? » On est en juillet, il fait beau, les voisins ont des invités c’est plus bruyant que d’habitude dans le quartier, mais moi, je m’en fous, je suis déjà dans ma bulle, il me dit qu’il est prêt à partir pour la mat’, qu’il a les clés de voiture dans ses poches, du coup on s’accroche un peu, et je lui réponds qu’il n’a pas compris. … il finira par me dire, que c’est à moi de décider, que c’est mon corps, et qu’il me fait confiance … du coup, je file dans la salle de bain, je me fais couler l’eau pendant que lui va se reposer un peu. En attendant l’arrivée de L. je me glisse dans l’eau en gérant sereinement mes contractions, vers 21h15, L. m’appelle pour me dire que d’ici 30 mn, elle serait là … et me demande comment ca va, moi, je suis dans ma bulle, les contractions sont assez rapprochées, je suis sereine, et concentrée aussi … j’attends quand même avec impatience son arrivée, j’ai comme l’impression que je commence à avoir envie de pousser. En effet, vers 21h 45, je sens que j’ai envie de pousser, j’invite chéri à me rejoindre dans la salle de bain, je vais avoir besoin de lui, on est encore tout seuls,  mais j’entends une voiture qui arrive, c’est certainement  L. Je le sens alors plus détendu, je crois qu’il est soulagé. L. arrive, tranquille, elle est détendue, mais s’excuse, elle est en tenue décontractée, short, tongs, mais peu m’importe, après tout je la dérange pendant le week-end, elle a aussi une vie en-dehors de son travail. Elle se met tout de suite au travail, et me demande où je veux accoucher et si elle doit m’examiner, pour voir où en est le travail, je suis restée dans la baignoire, la poche des eaux est arrivée très vite, elle m’a rassurée, me disant que je faisais bien ce qu il fallait et que bébé savait aussi ce qu’il devait faire, nous avons alors fait des vocalises avec chéri, il m’a aussi soulagée en me massant le sacrum, on a laissée L. manger un bout tranquille pendant ce temps,  puis peu de temps après, j’ai appelé L., la tête est apparue,  puis quelques poussées après les épaules, chéri a crié, tout ému : « C’est génial, c’est génial! » Bébé est arrivé à 23h40 avec le cordon autour du cou, en le sortant de l’eau, L.  m’a dit de ne pas m’inquiéter, elle l’a enlevé, puis a posé bébé sur moi, le temps pour papa de couper le cordon, j’ai pu profiter du peau-à-peau, jusqu’à la délivrance du placenta, qui devait se faire en dehors de la baignoire, mais qui s’est finalement faite dedans vu la rapidité. Je suis ensuite retournée dans le salon sur le matelas que nous avions préparé, et j’y ai passé avec ma puce notre première nuit. L. est restée jusqu’à 3h du matin.

Je me suis endormie avec ma puce dans mes bras, très sereinement, et ravie d’avoir pu vivre cet accouchement comme je le souhaitais, dans le calme, et chez moi … Dès le lendemain, nous nous sommes retrouvés avec nos filles, pour fêter cela, ce moment est gravé à tout jamais en moi, je me suis sentie respectée (je ne remercierai jamais assez notre sage-femme, L.), c’était magique, et je me sens grâce à tout cela de plus en plus proche de mes filles.

Cet accouchement a un peu réparé le premier …

Anonyme

# 307 – N. 2 accouchements

26 Nov

Par hasard je suis tombée sur le blog et je trouve l’idée géniale après avoir bien sur lu tout ces témoignages. Donc voici le mien en Belgique:

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En Belgique on accouche généralement dans l’hôpital de notre gynécologue.
Ma gynécologue qui me suit depuis des années en cabinet privé travaille dans un hôpital que je déteste et loin de chez moi.
Par respect pour moi et parce qu’elle me connait depuis longtemps elle a accepté de venir m’accoucher dans l’hôpital de mon choix, juste à-côté de chez moi, avec le label « ami des bébés ».

Pour ma première grossesse tout s’est bien passé sauf que j’avais appris au huitième mois, que la forme de mon bassin ne me permettrai sans doute pas d’accoucher par voie basse, ce qui m’avait totalement démoralisée étant donné que cela ne correspondait en rien à mes plans!  J’ai perdu les eaux une nuit, dix jours en avance. Je me suis rendue à pied à l’hôpital, à cinq minutes de là munie des radios de mon bassin. A peine arrivée j’ai demandé aux sages-femme de tout faire pour que je puisse malgré tout accoucher par voie basse.
J’ai passé la nuit à attendre le début du travail qui ne venait pas. Le matin, ma gynécologue est arrivée pour provoquer le travail. Elle a promis d’essayer de me faire accoucher par voie basse mais elle a dit, je cite: « On va essayer, tout est une question de temps, si ça prends trop de temps, je ne veux plus t’entendre négocier, on file à la découpe ». Je lui ai passé son jeu de mot, on se connaissait suffisamment pour que cela me fasse rire.
Les contractions ont débuté vers midi. Comme la salle d’accouchement n’était pas prête, les sages-femmes m’ont fait passée par le bain, et j’ai patienté là avec des contractions atroces. J’ai vite craqué et demandé au plus vite la péridurale. Une fois la salle d’accouchement libérée, on m’a placé la péridurale. Sauf que voilà, je fais partie des personnes sur qui la péridurale ne fonctionne pas.
L’hôpital permet aux femmes qui le désire de faire venir en salle d’accouchement plus d’une personne. C’est donc armée de ma mère, du père de l’enfant, de ma kiné, de ma gynécologue que j’ai pu commencer à pousser.
Le décalage entre ma gynécologue qui vient d’un autre établissement qui écoute moins le désir des futures mère et cet hôpital possédant le label « ami des bébé » et « ami des maman » était tellement grand, que finalement je ne me suis pas sentie écoutée. A ma demande de lumière tamisée ma gynécologue a répondu qu’il lui fallait de la lumière pour voir, à ma demande de sentir le cordon finir de battre, elle m’a répondu « à quoi ça sert »? Ma kiné et elle se sont « frittées » quelques fois et au final c’est ma mère qui m’a fait reprendre courage au moment où j’ai perdu pied, en disant que je voulais rentrer à la maison et qu’on arrêtait tout là…
C’est par la suite également que j’ai pu apprécier toute l’étendue du concept « ami des bébés et des mamans », je n’arrivais pas à allaiter et je n’aimais pas ça. Sans me culpabiliser, les sages-femmes m’ont permis de tirer mon lait plutôt que d’allaiter directement.
Et puis, plus que le baby-blues, j’ai fait une grosse dépression qui a duré plus de trois mois, justement en grande partie à cause de l’allaitement et, là, l’hôpital n’a absolument pas géré.

Pour la seconde grossesse, j’ai fait un accouchement fulgurant, d’une intensité incroyable, autant du point de vue de la douleur que de l’émotion une fois le bébé dans mes bras. J’ai accouché seule, parce que personne n’a eu le temps d’arriver. Il n’y avait que la sage-femme, le père et ma mère (et oui à nouveau). Ca faisait un quart d’heure que je disais qu’il était là et qu’il poussait. On va plutôt dire que je hurlais. Mais ma gynécologue était en chemin et coincée dans les embouteillages. C’est elle qui m’avait dit un quart d’heure plus tôt que je ne risquais pas d’accoucher dans l’heure et qu’elle reviendrait trois heures plus tard. Perdu! J’était bel et bien passée de 4 cm à 10 cm en quelques minutes. La sage-femme qui était là, était heureusement très rassurante et devant mon air épouvanté à l’annonce de : « On va y aller alors. » m’a dit, je cite: « Si vous voulez, on peut attendre que tout le monde soit là mais il faut le retenir alors! » Après un rapide calcul et sentant que je n’était plus capable de retenir quoi que ce soit, j’ai poussé de toutes mes forces. J’ai accouché toute seule sans même l’intervention de la sage-femme et mon homme a même dit, qu’on aurait pu accoucher au café que ce serait revenu au même! Elle estimait que je pouvais le faire seule et elle avait raison, j’ai adoré ça!

Autant le premier accouchement était ultra-médicalisé, autant celui-ci était naturel et extrêmement douloureux et d’autant plus apprécié!

J’ai eu droit pour ce séjour en maternité à un sage-femme masculin. Il était d’une empathie rare et a tout fait pour faire comprendre à mon homme que je n’était pas faite pour allaiter ni pour tirer mon lait et qu’il ne servait à rien de me culpabiliser ou me forcer. L’hôpital m’a même gardée un jour supplémentaire afin que je sois mentalement plus forte pour contrer ma belle-famille et mon homme concernant cette histoire d’allaitement. Ils ont même fait intervenir une psychologue. Et je n’ai plus fait de dépression. Le petit s’est très bien habitué au biberon et il va très bien! Et tout ça malgré qu’il porte le label « ami des bébé » qui signifie entre-autre qu’une des conditions est que l’hôpital ait son quota de mères qui allaitent. C’est ça qui prouve qu’ils ont également le label « ami des mamans » parce qu’à ce niveau-là, j’ai été plus qu’écoutée, j’ai été entendue, entourée et surtout encouragée à faire au mieux pour moi et pour mon bébé.

N.

Marjorie – Naissance de Judith – 26 Décembre 2011

26 Avr

Judith était prévue pour le 31 Décembre 2011. Finalement, la nuit du 26 Décembre vers 02h du matin je perd le bouchon muqueux. J’ai attendu un peu, puis, je réveille mon mari pour lui dire que ça va être pour cette nuit. Tout se passe dans le calme, les valises étaient déjà toutes prêtes depuis quelques semaines. Mon mari appelle notre voisine pour venir s’occuper de nos 2 grandes filles, qui dormaient, pendant notre absence. Tout se passe bien, sans embuche. Arrivés à la maternité, une sage femme me reçoit et vérifie si c’était bien le bouchon muqueux que j’ai perdu et comment est mon col. Elle place le monitoring pour voir comment se porte bébé. Elle me dit que je dois rester car le bébé va pointer son bout de nez dans la nuit. En attendant, on nous place, mon mari et moi, dans une chambre. Je demande à ce que l ’on m’amène un ballon pour me balancer dessus et m’étirer en même temps. Mon mari me masse le bas du dos avec un mélange d’huiles essentielles afin de détendre le col.Puis, nous sommes fatigués et nous décidons de fermer les yeux un peu. Il dort sur la banquette et moi sur le lit. Tout à coup!, des douleurs me prennent au bas du ventre : ce sont les contractions qui augmentent crescendo. Je me tiens à mon mari et essaye de me concentrer sur la respiration mais les douleurs sont intenables. J’appelle une sage-femme qui me propose la péridurale et j’hésite malgré les douleurs. Elle m’amène en fauteuil roulant jusqu’à la salle d’accouchement, il est 07h du matin. Une sage-femme arrive et s’occupe de moi tout de suite; elle vérifie mon col qui était à 5. Mon mari me donne de l’homéopathie en granules toutes les minutes mais je lui demande d’arrêter car j’ai besoin de me concentrer. Les douleurs sont intenses et je ne sais pas si je vais pouvoir supporter longtemps. A ce moment là, je réclame la péridurale. Les sages-femmes préparent le matériel et me disent que l’anesthésiste va arriver; elles m’encouragent à continuer à faire ce que je fais. J’essaye de me concentrer sur la respiration, et, prise de pulsions incontrôlables, je décide d’arracher les perfusions. Je suis totalement nue sur la table d’accouchement, et comme par instinct, je me place à 4 pattes et décide de pousser; à ce moment là, le col était à 8. La sage-femme principale, qui s’occupait de moi, me dit “ah! je vous laisse faire; c’est bien continuez comme ça”. Elle était juste derrière moi pour réceptionner le bébé et voir le déroulement des choses. Elle m’a encouragé tout le long: “c’est bien Madame; vous êtes top!; continuez; comme une pro…”. Finalement, j’avais oublié l’anesthésiste, qui n’est jamais venu, et je me suis débrouillée toute seule : c’était MON accouchement après tout. J’avais signalé dans mon projet de naissance que je ne voulais pas de péridurale. Au moment de la délivrance, je me suis retournée sur le dos et une des 2 sages-femmes m’a replié la jambe sur ma poitrine pour aider bébé à sortir. Et hop! Judith est sortie comme une lettre à la poste! Elles l’ont réceptionné et papa est venu couper le cordon: c’était beau; papa pleurait un peu. Une belle petite fille de 3,800Kg. Elle est née le 26 Décembre 2011 à 10h du matin. Ce fut un bel accouchement respecté par l’équipe médicale. C’était la première fois, pour la Sage-femme, qu’elle assistait à un accouchement naturel à 4 pattes; beaucoup d’émotions ce jour là pour tout le monde. Le seul problème est que le placenta n’était toujours pas sorti au bout de 32 minutes. On m’a endormi pour aller le récupérer et je n’ai pas pu profiter de suite du peau à peau avec bébé. C’est son papa qui s’est occupé d’elle. Au réveil, j’étais vraiment sonné et j’ai mis quelques jours à m’en remettre car j’avais perdu trop de sang. Sinon, le séjour à l’hôpital de la S****/M** était très bien, avec un personnel à l’écoute et encourageant. J’en garde un très bon souvenir, dommage qu’elle soit fermée. Aujourd’hui, je suis enceinte de 8 mois et attend mon 4ème bébé pour fin Mai, et, j’ai choisi d’accoucher dans un Hôpital avec le le Label “Ami des Bébés” qui se situe à la Ciotat (13). Je compte revivre la même expérience que pour Judith et je me prépare à cela. Je désire un accouchement naturel sans péridurale. Je vous dit à bientôt! Sourire
Marjorie