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Une naissance à domicile, septembre 2010

7 Jan

Septembre 2010

Je me réveille un papillon sur le coeur, semi sourire aux lèvres … Je pressens quelque chose … Je me lève et quelques instants plus tard, petit splash! tu t’annonces enfin! Je perds les eaux! Mon coeur se gonfle de joie, çà y est, c’est parti! Je fond de bonheur, mais je me dis, « ne te précipites pas, les contractons n’ont pas commencées, on va peut être attendre longtemps avant que la naissance arrive » J’entends Yoann qui est occupé au téléphone dans le salon, j’ai hâte de lui dire!

Je sors de la salle de bain et il suffit à mon homme de voir ma mine enjouée pour comprendre qu’il y a du nouveau. Nous nous serrons dans les bras l’un de l’autre, tout émus de l’évènement qui nous attend … Mais biiiip, on sonne à l’interphone, des amis arrivent pour boire un café, sauf que je ne me sens pas d’humeur sociable, alors hop je file au lit, et savoure toujours avec la grosse banane au visage ces derniers moments seule à seule. Dans ma tête défile cette belle grossesse que nous avons vécue à fond du début à la fin.

9 mois d’une grossesse merveilleuse, je me sens bien, épanouie, belle, et surtout heureuse, remplie de bonheur, et d’amour (au sens propre!)

Depuis quelques jours cependant, je deviens impatiente, je n’arrive pas à penser à autre chose qu’à l’accouchement et passe chaque minute à guetter les signes de ton arrivée. J’ai tellement hâte! De te connaitre, mais aussi de vivre cette naissance à laquelle je pense depuis des mois. Je me sens fin prête, mon homme aussi. Nous avons passé des heures à discuter de cette naissance, nous imaginant des scénarios possibles, confiants, et fiers des notre choix.

Ce projet de naissance à domicile, nous l’avons mené depuis bien longtemps, bien avant le début de la grossesse, influencés et encouragés par des proches qui ont déjà vécu la grande expérience d’une naissance naturelle, physiologique comme disent les bouquins. Pour moi, c’est une évidence, hors de question de me retrouvée allongée, branchée et les pieds dans les étriers. Je suis d’une nature indépendante, et je me sens capable d’affronter la douleur qui accompagnera la venue de mon bébé. Je pense à cette douleur comme à un rite initiatique, quelque chose qui m’aidera à m’ouvrir, à faire naître cette enfant.

Il y a quelques années, j’avais rencontré une sage-femme qui accompagne des naissances à domicile. A l’époque, je m’étais déjà dit « C’est elle, c’est elle qui sera là pour mes accouchements! » Et effectivement, dès le 2ème mois de grossesse, nous allons la rencontrer pendant une longue entrevue et elle nous confirme qu’elle est d’accord pour nous suivre. Dès ce premier rendez-vous, mon homme et moi ressentons cette ambiance ultra-zen dégagée par N.

Chaque mois, nous passons 1h30 tous les 3 à discuter de pleins de choses, de nos questionnements de futurs parents, et tout simplement de la vie! De beaux silences ponctuent régulièrement nos discussions, c’est toi, mon bébé qui t’immisce dans la conversation! Parfois, N. apprend à mon homme des massages de shia-tsu pour me soulager des petits maux de grossesse, quel bonheur!

Séance après séance, notre relation se construit, N. m’étonne de cette attitude ouverte et disponible, jamais elle ne nous imposera quoique ce soit. D’ailleurs dès le début du suivi, elle me dit que j’ai le droit de changer d’avis, que jusqu’à la dernière minute, je peux décider de partir à la clinique. Même si je n’en ai pas pas l’intention, cela me fait du bien de me sentir « autorisée ». Je ne veux pas que cet accouchement devienne un challenge, je souhaite seulement les meilleures conditions à la venue de ma fille.

Au final, nous parlerons assez peu du futur accouchement en lui même. Moi qui pensais qu’il me fallait « apprendre » à respirer, ou à me mettre dans certaines positions.. Et bien non! Avec N., je me sens encouragée à suivre mon instinct, à me faire confiance.

Pourtant une fois chez moi, chaque soir pendant le dernier trimestre de la grossesse, je lisais. J’en avais besoin, besoin de lire des témoignages d’abord. Et j’ai ensuite dévoré le livre d’Isabelle Barbant « Une naissance heureuse ». J’étais infiniment curieuse de savoir ce que j’allais vivre, ressentir, à tel point que je suis devenue quasi insomniaque, chaque nuit, je pensais avec envie à cette naissance..

Et nous voici au matin du 23 septembre, à 2 jours du terme prévu. Vers 10 heures, je me lève et vais rejoindre mon homme qui cherche à régler certains impératifs professionnels pour nous être disponible dans les jours qui vont venir. Et là, une fois debout, une première contraction arrive. Je la reconnais tout de suite, c’est exactement la même douleur que pendant mes règles. Je saute de joie, enfin une contraction douloureuse!! En effet, ces derniers jours, à chaque contraction je me demandais si l’accouchement démarrait, mais là c’est sûr, c’est différent! Je me sens rassurée car N. nous avait dit qu’après une perte des eaux, les contractions ne démarrent pas toujours naturellement.

Yoann part pour une petite heure, je me retrouve seule sans homme ni enfant pour la dernière fois! J’appelle N. en prenant mon petit déjeuner et lui explique où j’en suis. Elle me propose qu’on se rappelle tout au long de la journée, qu’elle pourra venir soit dans l’après-midi, soit en soirée après ses rendez-vous. Je lui dis : « Fais ta journée tranquillement, on se voit ce soir, je te rappelle! »

Je décide alors d’aller me promener dans le quartier. Je me souviendrai toute ma vie du chemin que j’ai parcouru ce matin-là. Les contractions se sont nettement rapprochées, mais de manière assez anarchiques. Parfois j’en avais 2 en 3 minutes, parfois aucune pendant 10 minutes. A chaque contraction, je me suis mise à expirer très doucement (pas besoin d’apprendre, çà vient tout seul!), et puis je prenais appui sur ce qui me tombait sous la main, un mur d’immeuble, une voiture! Entre 2 contractions, j’appelle quelques personnes de ma famille pour les prévenir. Ma mère est étonnée de m’entendre lui dire « ah en voilà une, elle fait mal, mais ouha, chouette, elle arrive ».

De retour à la maison, je décide d’aller m’allonger pour prendre des forces. Forte des enseignements du livre d’Isabelle Barbant, je veille à me positionner correctement pour ne pas bloquer le travail. Je me mets donc sur le coté, jambe du dessus très haute. Je m’assoupis entre 2 contractions qui sont toujours aussi irrégulières, irrégulières mais tout de même fréquentes.

Mon homme arrive à la maison, et comprend que c’est vraiment parti! Nous déjeunons tous les deux, sans nous rendre compte que quelques heures plus tard, notre fille sera là. Pendant tout l’après-midi, les contractions continuent à ce rythme irrégulier, ce qui nous fait croire que l’accouchement n’est pas pour tout-de-suite. Je ne sais pas pourquoi, mais tant que les contractions ne sont pas « régulièrement espacées », je me dis que je suis en « pré-travail » et que à sa venue prévue pour 19h, N. m’annoncera que je ne suis dilatée qu’à 2 cm. Je me préparais à l’idée d’un accouchement long. Mais avec du recul, je me dis aussi que si nous n’avons pas appelé N. plus tôt, c’est aussi que nous avions envie de vivre cette phase de la naissance à 2. C’est si beaux de vivre ces moments avec son amoureux …

Je me souviens qu’à un moment, me voyant tourner comme une lionne en cage, Yoann me propose de refaire un tour du quartier. Nous descendons l’immeuble, faisons 100 mètres, et je me plie en 2, morte de rire, je ne peux pas avancer car je continue de perdre les eaux, et que des flots coulent!! Nous sommes en plein fou rire, là, dans la rue, sans savoir que l’accouchement est déjà bien avancé.

Je continue donc de « prendre les contractions une par une », en me concentrant sur mon col pour l’ouvrir « en pensée ». Je marche dans l’appartement, je regarde de séries télé sur le ballon d’accouchement, tout cela en étant toujours persuadée que le travail n’avance pas. Après un dernier tour dehors, je décide de prendre un bain.

Une fois dans l’eau, je me concentre sur mon bébé, lui parle doucement, et là je me dis « allez tu vas pas y passer 3 jours, n’aies pas peur, accouche! » Je sors du bain et annonce à mon homme qui dessine tranquillou dans le salon, « C’est parti, je prends un goûter et après j’accouche! » Je dis cela en riant pourtant c’est bien ce qui va se passer!

Après ce fameux goûter, vers 17h, je vais m’installer dans la chambre du bébé, là où nous avons prévu d’accoucher. Mais je ne tiens plus en place, je vais aux toilettes, reviens dans le salon, m’appuyant et poussant les murs à chaque contraction, ça commence à faire vraiment mal, là!

De retour dans la chambre, je me mets sur le coté, mais la douleur devient insupportable. Yoann me masse vigoureusement le bas du dos, c’est là que se situe la douleur. Cela me fait un bien fou, j’ai d’ailleurs pris l’habitude de dire que Yoann et ses massages, c’était ma péridurale à moi! Les contractions s’accélèrent, la tempête commence!

Je me positionne à genoux, la tête sur une pile d’oreillers. Dans ma tête je me dis « Au secours, si çà, c’est le début de la dilatation, je vais péter un plomb! ». Sauf que peu de temps après, à un moment, je sens la tornade des contractions s’arrêter nette. Mon corps « s’arc-boute » en arrière, je me retrouve à quatre pattes, et je crie à Yoann « çà pooousse!!! » Il est 19H, et ce n’est qu’à ce moment-là que nous comprenons que nous sommes VRAIMENT en train d’accoucher et que nous sommes seuls, la sage-femme vivant à plus d’une demi-heure de chez nous. Yoann parvient à ne pas paniquer, et appelle N. qui lui explique calmement comment agir si le bébé arrive avant elle!

Yoann a alors le tact de ne pas me dire que la sage-femme était encore chez elle, et me fait croire qu’elle est sur la route … J’ai hâte qu’elle arrive car pour moi, il est hors de question d’accoucher tous les 2.

La douleur est partie, je suis maintenant dans l’énergie de la poussée, mais qui est complètement involontaire. Je ne pousse pas, c’est mon corps qui pousse, je bouge sans m’en rendre compte, mon corps agit sans ma tête! Quelle force! et quelle fatigue! Ces poussées m’exténuent, je pense d’ailleurs que je m’endormais entre 2.

Même si mon corps pousse très fort, ma tête le retient quand même un peu car j’ai besoin de ma sage-femme pour aller au bout de cette énergie. A un moment je dis quelque chose que Yoann ne comprend pas. Il me demande « Qu’est ce que tu veux? », et à ce moment on entend l’interphone sonner. Je réponds : « C’est çaaa que je veux!! » Yoann sort alors de la pièce pour ouvrir à N. et là je sens les poussées décupler d’intensité …

Il va encore se passer une deuxième heure de poussées régulières et très fortes! Ma fille avance centimètre par centimètre, doucement mais surement!! N. écoute son coeur et nous confirme que tout se passe bien pour elle. Elle me demande si je veux qu’elle m’ausculte, j’accepte bien sûr car j’ai encore besoin qu’elle m’assure que je suis complètement dilatée, alors que tout prouve que c’est bien le cas! effectivement elle me dit : « Oui, oui, elle est juste là, ta petite puce. »

Nous nous concentrons tous les 3, je sens les mains de N. qui me masse les jambes car j’ai des crampes, Yoann me passe régulièrement des linges mouillés sur le visage et la nuque car j’ai très chaud. Je ressemble à une lionne, à quatre pattes, les cheveux trempés, Yoann me dira après à quel point il m’a trouvé belle.

Mon bébé approche, au bout d’un moment, je sens qu’on atteint la phase finale. Mon sexe me brule énormément, j’ai très mal, je suis très impressionnée par cette sensation, un peu choquée de ce qui m’arrive. Mais il faut continuer! Alors je m’accroche, il faut en finir! Je sens sa tête arriver, je la touche de mes mains, sensation douce, chaude, humide et molle. Mais … nooooon! sa tête re-rentre, au secours!! Alors, là, non, je rassemble mes dernières forces, et je la pousse très fort, je la veux dehors maintenant!

Elle finit par glisser d’un coup, je m’écroule en avant sur le lit, j’avoue que là, j’ai quelques minutes de flou, de fatigue extrême qui m’ont fait décrocher des évènements!

Ah si, un des premiers souvenirs de sa vie, c’est cet instant inoubliable où N. après l’avoir réceptionnée la pose sur le lit, et deux mains se posent sur elle, la mienne et celle de Yoann. Nos mains touchent son ventre chaud, glissant, je vois Yoann incroyablement ému. Cet instant-là, c’est peut-être le moment le plus fort de ma vie. Je me souviens très précisément de la sensation de cette nouvelle peau, la main de mon homme partageant la même expérience tactile. Il pleure, ébahi.

Mon bébé pleure, je ne sais plus lequel de nous deux la prend dans ses bras. On a tous les deux le réflexe de se déshabiller, besoin d’être peau nue comme elle. Elle pleure encore, c’est qu’elle en fait du chemin pour en arriver là!

Quelques câlins plus tard, je m’allonge sur le coté et pose ma fille contre moi pour sa première tétée. La lionne est toujours là, c’est comme si j’avais déjà allaité des dizaines d’enfants, c’est naturel et facile pour moi, comme si ce n’étais pas un début, alors que c’est mon premier enfant. Pour elle, c’est moins évident, elle tourne autour du pot une dizaine de minutes, renifle tout autour du sein, lèche, cherche, et pour finir, s’y accroche et se met à téter parfaitement bien. Je dis : « Elle ne sera pas difficile à nourrir, celle-là!! », l’avenir prouvera que j’avais raison, elle est restée très gourmande!

Pendant cette première tétée, le placenta sort alors que je pousse sans savoir si je pousse assez, mais si, il est sorti, ouf, tout est fini et tout s’est bien passé! Pour cet accouchement à domicile, on avait tout préparé, prévu (matériel médical, médicament en cas d’hémorragie, bouteille d’oxygène, …) mais je savais d’instinct qu’on n’aurait pas besoin de tout ça. J’avais juste une appréhension pour le placenta, peur qu’il ne sorte pas, ou pas d’un coup, alors là, c’est le soulagement final, on a réussi, on a été au bout de ce projet de vie incroyable, un moment de partage entre mon homme et moi, entre mon corps et moi, une rencontre parfaite avec notre fille.

Je dis souvent que le gros avantage d’un accouchement à domicile, c’est après! Quel bonheur! On mange ce que l’on aime, on dort quand on en a besoin.

Notre enfant est née à 21h, et à minuit, on se couchait tous les 3 dans le lit où elle est née. Bon, on ne peut pas dire qu’on ait vraiment dormi!! mais on était ensemble, heureux, sur un nuage!

Lucie, Yoann, et Coline, Rennes, France, 2010

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Accouchement à la maternité avec une sage-femme indépendante – Suisse

22 Déc
Lundi 19 aout à 3h30 du matin sont arrivées les premières contractions. Nous avons prévenu par SMS notre sage-femme qui avait assuré le suivi de grossesse vers 5h30. Elle nous a dit de surveiller, le pré-travail avait du commencer. Les contractions plus ou moins régulières ont continué jusqu’à 13h30 et là perte des eaux! On rappelle la sage-femme. Elle nous dit de manger et qu’elle passe nous voir à la maison vers 14h30. Elle arrive et là c’est parti pour les grosses contractions: je prends un bain, je ressors, mon mari me masse le bas du dos, je suis dans ma bulle, j’essaye d’appliquer la pleine conscience, ça fonctionne bien. La sage-femme nous dit que le travail a bien commencé, elle repart vers 15h30 et reviendra nous voir d’ici une heure. A 16h20 dans mon bain les douleurs deviennent insupportables: mon mari rappelle la sage-femme, il faudrait partir à la maternité! Elle arrive chez nous à 16h40, contrôle mon col, il est dilaté à 6: on est parti pour la maternité. La douleur me prend tout le corps, je monte dans la voiture et pendant le trajet je sens la tête du bebe qui pousse! 17h10 on arrive à la maternité, je dis juste à mon mari entre deux hurlements : « Elle sort! ». Vite vite, on me met dans une chaise roulante et on part dans la salle d’accouchement, ma sage-femme me rassure et me dit de pousser. Heureusement qu’elle est là pour m’encourager car la douleur est insupportable. Elle prend ma main et me fait sentir la tête du bébé! Elle est presque là! Deux poussées et la voilà dehors. A 17h32 notre petite Louise a débarqué. Le périnée bien préparé, je n’ai pas besoin de suture. Comme tout est OK et que notre petite merveille va bien, 24 heures après nous pouvons rentrer à la maison. Un accouchement express et physiologique mais magnifique!
Anonyme

Les 3 accouchements physiologiques de Brigitte, Brabant Wallon – Belgique

30 Avr

Voici mon témoignage de 3 accouchements physiologiques respectés !

Enceinte en 2005, j’ai lu pas mal de choses pour me sensibiliser à l’accouchement naturel car j’avais entendu des histoires tristes d’accouchement difficile de mes amies. J’ai décidé de me passer de péridurale (ma mère l’avait bien fait 4 fois et n’en était pas morte) et de me faire accompagner par une sage-femme libérale qui me « protégerait » des gestes médicaux inutiles.
Je ne suis pas une accro de l’haptonomie, du chant prénatal ou autre préparation. Tout ce que je voulais c’était être zen avant le jour J et bien accompagnée.
Je garde un bon souvenir de mon 1er accouchement, même si cela a duré très longtemps (début des contractions à 22h, départ à l’hosto avec la sage-femme à 13h, bain pour me soulager, toujours qu’à 3cm donc rupture de la poche des eaux à 19h avec l’arrivée de la gynéco, contractions beaucoup plus fortes ensuite mais je n’ai mis Félix au monde que le lendemain à 1h !).
Donc, pas de péri, pas de forceps, pas d’épisio, son petit coeur allait bien tout le temps donc accouchement bien naturel !
Pour mon 2e enfant, j’ai gardé la même équipe et j’ai accouché assez vite (rupture des eaux à 22h, contractions fortes immédiatement on file à l’hosto, Edouard est né à 2h sans aucune assistance autre que l’aide de la sage-femme).
Pour mon dernier fils, je voulais tenter une maison de naissance mais mon mari n’était pas rassuré. J’ai dû trouver une autre sage-femme libérale pour m’assurer le même cadre que pour les 2 autres fois car elles avaient arrêté de pratiquer les accouchements.
Rupture des eaux un samedi matin mais zéro douleur…. On va à l’hosto à midi et j’attends…. Comme rien ne se passe, on me parle du délai de 18h à respecter entre la naissance et la rupture des eaux, donc je stresse un peu que rien ne se passe. J’accepte un médicament pour encourager les contractions et à 17h ça y est les contractions sont très efficaces puisque Guillaume est né à 19h30.
Je suis très fière d’avoir accouché 3 fois dans la douceur, ce sont mes bébés qui ont décidé et pas les médecins.
Mes enfants sont cool et j’ose espérer que leur naissance leur a donné un bon départ dans la vie.
Je souhaite à toutes les femmes de se poser les bonnes questions avant d’accoucher et de le faire tel qu’elles le rêvent. C’est important d’avoir de bons souvenirs et de sentir qu’on a aidé ses bébés dès leur départ dans la vie.

#235 Muriel : Accouchement de rêve, début d’allaitement traumatisant (avec des jumeaux dedans)‏ Loire-Atlantique

7 Mar

1ère partie : l’accouchement de rêve…

Février 2011. J’apprends que je suis enceinte. Chouette!
C’est ma troisième grossesse, tout naturellement, je m’inscrit tout de suite dans la maternité où j’ai accouché pour mes aînées, puisque ça s’était très bien passé. C’est un lieu que j’avais déjà choisi bien avant d’être enceinte pour la première fois, parce qu’il correspondait à ce que j’attendais : qu’on me respecte, moi et mon bébé, qu’on nous accompagne dans ce moment, en douceur, sans en faire « trop ».
1ère écho: oups ! Y’en a 2 ! On s’y attendait un peu, on est ravis.
Ça amène beaucoup de questions, je me demande si je vais tout de même pouvoir accoucher comme je le souhaite, sans surmédicalisation, sans péridurale, etc… Au final pas de soucis, on respecte totalement tous mes désirs/choix.

Début de la 37ième SA, je dis à mon homme combien je suis contente d’être arrivée jusque-là, que maintenant, ils sont en forme, et qu’il y a peu de chance qu’ils aient des soucis à la naissance. Il me dit super, tu accouches ce week-end!

37 SA + 2 jours :

Il est 6h30 du matin. Ma fille me réveille en pleurant un peu dans son sommeil, et là, je sens que je suis trempée… Je réveille mon homme : « chéri, attrape mon peignoir, je perds les eaux … ». Lui, grave sur le coup (alors que d’habitude, il lui faut une bonne heure pour émerger du sommeil… ) réagit direct !

On se lève, petite douche et petit dèj rapide, on prépare les filles, les dépose chez une copine et hop, en route pour la maternité !

Vers 8h : arrivée à la maternité, on me pose le monito, j’ai des petites contractions, mais rien de plus que pendant la grossesse, pas de douleur. Ils sont un peu occupés, ma sage-femme me laisse jusque 9h30 : elle m’examine : col déjà ouvert à « 2…3…4… ah non, 5 ! »

On me fait passer en salle d’accouchement, je suis toujours tranquille, je ressens aucune douleur, tout juste si je sens que j’ai des contractions…

Je leur dis que je ne souhaite pas de péridurale, ça ne pose pas de problème (tant mieux, parce que je me serais pas laissée faire !!).

Mon homme passe le temps en réparant la porte de la salle d’accouchement qui refusait de se refermer (ben oui, je suis pas particulièrement pudique, mais bon quand même…).

Vers 10h30, je fais des tours de lits pour accélérer la venue des contractions, un aller-retour et hop, je m’assois le temps de la contraction, toujours pas vraiment mal, mais ça commence à être désagréable quand je suis debout pendant les contractions, c’est tout.

Vers 11h, ma sage-femme me réexamine et dit que je suis à 8, mais que le col est bien effacé, que je vais bientôt pouvoir essayer de pousser.

Je change de position, mais je ne suis pas bien, je rechange, elle veut me reposer un monito, elle est donc à côté de moi, je lui dis que je sens que ça pousse, que j’ai envie de pousser, et finalement que je pousse (tout ça dans la même phrase !!). Je pousse, une fois, et,  sans difficulté et sans douleur, voilà mon fils au bout du lit, sans personne pour l’accueillir, la sage-femme s’est faite surprendre (elle s’en excusera après, mais y’avait vraiment pas de quoi !), elle est toujours à côté de moi à essayer de poser le monito !

Elle en oubli même de regarder l’heure pendant un moment puis la demande à mon homme : D’un coup tout s’agite, elle appel dans le couloir, le gygy débarque avec du monde pour faire l’écho et voir ce que fait ma puce en attendant de sortir : tout va bien, elle a toujours la tête en bas. J’ai mon fils dans les bras, il est calme, il n’a pas pleuré, il a les yeux grand ouverts et me regarde, tout curieux de découvrir le monde…

Son papa coupe son cordon.

La sage-femme perce la poche de ma puce. Le gygy me dit de pousser quand je sentirai la prochaine contraction, j’en sens pas… j’attends… mais je sens rien. Je donne mon fils à son papa, et j’essaie quand même de pousser, je sens la tête de ma fille sortir, mais c’est plus dur que pour son frère, je sens que ça coince, je commence à fatiguer et à me demander si je vais trouver la force… Finalement, en 3 poussées, elle est dehors, et je comprends alors pourquoi c’était plus difficile : elle a le cordon autour du cou, du pied et du bras. On la libère, elle est en pleine forme et se rendort directement sur moi. Ils ont tout juste 10mn d’écart. Je coupe son cordon.

J’expulse les 2 placentas en une poussée, et on nous laisse tous les 4.

Je reprends mes 2 amours sur moi, et on savoure…

Le lendemain je demanderai à mon homme si j’ai rêvé ou si l’accouchement a vraiment été aussi facile et sans douleur que dans mon souvenir, lui non plus n’en revient pas, mais oui, ça a vraiment été un accouchement de rêve…

On l’a presque fait seuls finalement, la sage-femme n’était pas loin, mais c’est tout, pas d’équipe de 15 personnes comme beaucoup de maman de jumeaux l’ont vécu… Respect total de nos souhaits. Parfait.

Le séjour à la maternité qui a suivi a été beaucoup plus difficile, mais cet accouchement que je craignais un peu en raison de tous les inconnus liés aux jumeaux aura finalement été le plus facile de mes 3 accouchements.

2ème partie : Le séjour à la maternité, ou comment on a tenté de saboter notre allaitement…

J’avais donc déjà 2 filles, que j’ai chacune allaitée pendant 1 an environ, sans soucis majeur, ça n’a été que du bonheur.
Lorsque j’ai appris que j’attendais des jumeaux, la question ne s’est même pas posée (dans mon esprit en tout cas), il était évident que j’allaiterais ces 2 bébés de la même façon que j’avais allaité les autres. 2 bébés, 2 seins, pas de problème.
Bien sûr, quand j’annonçais la nouvelle autour de moi, les gens me posaient souvent la question d’un air surpris (au minimum…) : « tu vas les allaiter ? », mais je n’aurais jamais cru que le fait de croire qu’on ne peut pas allaiter 2 enfants était parvenu jusque dans ma maternité…

Car en ce lieu que j’avais choisi depuis toujours pour venir mettre au monde mes enfants, dans cette maison de la naissance où je me suis sentie si bien, où j’ai senti tout le soutien dont j’avais besoin pour démarrer mes premiers allaitements (surtout le premier, une jeune maman se pose toujours beaucoup de questions…), ce lieu où l’on encourage pourtant les mamans au cododo, à garder leurs enfants près d’elles au lieu de les laisser en nurserie la nuit, ce lieu où bien sûr, l’allaitement est soutenu et mis en avant, je n’aurais jamais cru que l’on puisse y faire autre chose que de me soutenir dans mon choix (et encore moins tenter carrément d’aller à son encontre…).
Et pourtant, après un accouchement de rêve, j’ai eu droit à un séjour en maternité désastreux, déprimant, destructeur, traumatisant…

Je ne sais pas si c’est le fait d’avoir été rapidement prise en charge par le service de néonatalogie (au lieu du service normal comme lors de mes autres séjours), mais très rapidement, j’ai eu le sentiment d’être complètement dépossédée de mon rôle de mère.
Pourtant mes enfants étaient en pleine forme, avec des poids « respectables » pour des jumeaux.
Mais mon fils avait un taux de sucre un peu faible à la naissance, du coup, malgré le fait que les premières tétées s’étaient bien passées, ont lui a très vite donné des compléments (sans vraiment me laisser le choix, en me faisant bien comprendre que je serais une criminelle de ne pas accepter…). Rapidement, gavé par les compléments, il n’avait pas faim au moment où on me disait de le réveiller pour le faire téter (au bout de 3 heures), donc, il ne tétait pas, donc, il fallait « absolument ! » lui donner un complément… Le cercle vicieux était lancé…
Ma fille tétait aussi très bien, pas de problème de sucre, mais comme elle ne tétait pas assez longtemps à leur goût (elle s’endormait après quelques minutes), il a vite « fallu » la complémenter elle aussi, ce qui a bien sûr eu sur elle le même effet que sur son frère…
Ma montée de lait est arrivée, mes seins ont explosé, j’ai eu des douleurs atroces, parce que du coup, aucun des deux bébés ne pouvaient plus me désengorger les seins…

Ils tétaient de moins en moins, avaient de plus en plus de compléments…
Avec les changements d’équipe, je rencontrais au minimum 4 ou 5 personnes différentes par jours, et donc 4 ou 5 discours différents…
Je faisais ce qu’une personne me disait (« comme ils prennent bien, vous pouvez ne pas donner le complément systématiquement, mais seulement s’ils ont encore faim après la tété »), pour me faire engueuler pas la suivante (« mais non ! Il faut leur donner le complément systématiquement, pour qu’ils reprennent du poids !! »), bref, on m’a complètement infantilisée, irresponsabilité, on a absolument pas écouté mes sentiments et mes instincts de mère (qui avait quand même déjà allaité 2 bébés…), et on m’a même souvent totalement méprisée (par exemple une nuit, alors que je discutais avec la puéricultrice de l’utilité d’un complément qu’elle voulait donner à un de mes petits –pas que j’étais radicalement contre, simplement, je voulais être sûre que chacun d’eux soit vraiment nécessaire, afin de laisser une chance à mon allaitement- je l’ai entendu me répondre qu’elle n’avait pas l’intention de « batailler » avec moi toute la nuit et qu’elle allait m’envoyer le pédiatre ! Constructif ce genre de menace…).
Plus les jours passaient, plus je me sentais mal, je me sentais fliquée, je devais demander l’autorisation avant de mettre mes enfants au sein, le faire en présence d’un membre du personnel (afin qu’ils vérifient s’ils tétaient correctement et viennent donner le complément). On me disait que ce n’était pas dramatique de ne pas les allaiter, et que peut-être plus tard, ils auraient envie d’y revenir… On m’a forcé à les mettre au biberon (au début, ils étaient au doigt-seringue) si je voulais rentrer chez moi, bref, un cauchemar, je n’avais qu’une hâte : partir !!!

J’y suis finalement parvenue, je suis rentrée chez moi (parce que je me suis battue et que les petits pouvaient y être suivi par une sage-femme).
Avec le sentiment de sortir de prison…
Avec mon fils qui prenait le sein + des compléments, et ma fille qui ne tétait pratiquement plus…
J’ai vécu des moments très difficiles, parce que même si je me disais que le plus important était qu’ils aillent bien, allaiter fait pour moi tellement parti de mon rôle de mère, que ne pas y parvenir aurait été pour moi une souffrance énorme…

Depuis le début, je sentais bien que ces fichus compléments coupaient l’appétit de mes enfants, les gavaient, et que 3h après, ils n’avaient pas faim ! Je voyais bien que quand ils n’en prenaient pas, ils tétaient beaucoup mieux, plus efficacement, plus longtemps. Mais les pédiatres et les puéricultrices de la maternité (du moins, presque tous), m’avaient tellement culpabilisée sur le poids de mes loulous, m’avaient fait me sentir tellement inutile et irresponsable (comme si j’allais laisser mes enfants crever de faim…), que je doutais de moi, de mon jugement, de ma capacité à savoir ce qui était bon pour eux.

Fort heureusement, il y a eu ma sage-femme, celle qui m’avait déjà suivie pour mes précédentes grossesses, celle qui me connaît un peu, sait que je ne suis pas irresponsable. Elle m’a fait confiance, en marchant sur des œufs, elle m’a laissé juste assez de marge de manœuvre, m’a offert suffisamment de confiance pour que je puisse relancer mon allaitement.
Elle m’a laissé tenter de ne pas donner de complément à mon fils, il a continué à prendre du poids. Elle a pris du temps pour m’aider à faire téter ma fille, elle a recommencé à téter, j’ai pu diminuer ses compléments. Puis, comme je ne supportais plus de galérer pendant des heures à tenter -en vain- de réveiller ma puce, avant de devoir la gaver de force avec le biberon, j’ai tenté de supprimer ses compléments également. Elle a tout de suite mieux tété. C’est même là que j’ai entendu ses pleurs de faim pour la première fois (je n’aurais jamais cru qu’entendre l’un de mes enfants pleurer puisse m’apporter autant de joie), elle s’éveillait, enfin !!

J’ai pu enfin ranger mon tire-lait et mes biberons. Ils avaient presque 3 semaines. 3 semaines de perdues, 3 semaines de gâchées… Et les doutes semés en moi par ces personnes à la maternité m’ont encore hantée quelques temps… Et puis, ils se sont estompés, petit à petit…

J’ai chaleureusement remercié ma sage-femme hier (en lui offrant des chocolats !!), parce que même si elle n’a pas fait grand-chose dans la pratique, je pense que sans son soutien et sa confiance, je n’aurais sans doute pas retrouvé celle que j’avais en moi-même et en mes capacités de mère, et je n’aurais sans doute pas réussi à allaiter ma fille.

Ensuite, tout est rentré dans l’ordre, mon allaitement n’a été que du bonheur.
Les allaiter séparément m’apportait la même joie immense que pour mes filles. Les allaiter ensemble, voir leurs 2 petites têtes et leurs petits yeux derrière mes seins en même temps me comblait à point que je n’aurais même pas imaginé…
Mais je m’interroge : et si ça avait été mes premiers enfants ? Et si je n’avais pas déjà l’expérience et l’assurance d’une mère qui a déjà allaité plusieurs bébés, aurais-je tenu ? Serais-je arrivée à allaiter mes enfants ?
Je suis persuadée que non.
Je suis quelqu’un qui a du caractère, je ne me laisse pas facilement démonter, mais malgré cela, ils ont réussi à me faire douter de moi et de mes bébés, alors une jeune maman sans expérience n’aurait eu aucune chance… Elle serait sans aucun doute passée à côté de la joie immense d’allaiter ses bébés.
Tout ça parce que des gens pensent savoir ce qui est le mieux pour nous (et nos bébés).
Tout ça parce que les préjugés idiots ont la peau dure et que certains croient que ce qui sort de l’ordinaire est impossible…
Je trouve cela injuste, les mamans de jumeaux devraient recevoir encore plus que les autres le soutien nécessaire à l’accomplissement de leur allaitement, et pas se voir mettre des bâtons dans les roues par des personnes qui ne savent sans doute même pas de quoi elles parlent !! »

Aujourd’hui, ils ont 17 mois, ma fille tète encore et mon fils boit encore mon lait que je tire pour lui ( depuis qu’il refuse de boire à la source…), j’en suis fière, j’y suis parvenue, malgré eux.
Pourtant, contrairement à ce que j’espérais à l’époque, et malgré tout le bonheur que m’ont apporté ces long mois d’allaitement avec eux, ces débuts difficiles ont laissé une trace en moi, comme une plaie ouverte, quelque chose qu’on m’a volé et que je ne pourrais jamais récupérer…

Claire – Naissance respectée de Kenza – Belgique, 2012‏

2 Mar

Kenza arrive dans nos vies dans un contexte tout à fait différent des autres.
Nous avions décidé de nous arrêter à 4 enfants. J’avais repris une formation, devais chercher du travail… Mon mari avait eu un accident, perdu son travail…C’est un climat d' »insécurité envers l’avenir » qui reignait à la maison. Je ne veux pas rentrer dans les détails, mais juste expliquer un peu pourquoi je partais moi confiante que les autres fois …
Un Bébé surprise… J’avais eu droit à de l’hyperhemesis jusqu’à 4 mois (l’enfer de vomir au moindre mouvement, de moi ou des autres, à la moindre odeur, à la moindre pensée même…). S’ensuivent des mois de grossesse normale, si ce n’est qu’à la fin, mon foie a du mal avec les hormones de la grossesse… Ma gyneco me prévient qu’il y aura un risque de devoir me faire accoucher avant terme si ca empire. Je dois faire un prise  de sang toute les 2 semaines… Entre temps je me renseigne… Qu’est-ce qui aide, purifie le foie naturellement? Les artichaux…  Ca tombe bien, justement j’en avais envie depuis quelque temps… Je m’adonne donc à une orgie d’artichaux… Un mois plus tard la prise de sang stupéfie ma gyneco… « Mais qu’est-ce que vous avez fait? Normalement ca ne disparaît pas, ca empire avec le temps…- Heu, les artichaux… – Ah, oui, mais ca ne suffit pas toujours… ».
Finalement la situation redevient normale et peu avant l’accouchement, j’ai son accord pour accoucher à la maison. OUf… J’avais pas envie d’accoucher à l’hôpital… Mais en même temps j’aurais bien pris un petit 3 jours de congé, avec l’ambiance à la maison et mon mari sous médocs… Je me demandais si j’allais savoir le réveiller la nuit N… Comment j’allais faire avec 4 enfants à la maison?

Ma petite chérie joue, elle aussi, les prolongations… Prévue pour le 21 mars… Rien n’y fait, comme d’habitude, ni l’huile de ricin, ni le nettoyage des vitres, le jardinage, le « jogging »… J’en ai marre des « Alors, pas encore accouché? »… Ca se voit non?  Elle attend « son » moment et me surprendra encore une fois…
En pleine nuit, je suis réveillée, je suis toute mouillée… Rachid me demande si j’ai fait pipi (oui quand on réveille un homme la nuit, toutes les connections ne sont pas immédiates…) C’est le liquide amniotique… Changement de programme… D’habitude j’ai d’abord les contractions, puis la poche se rompt… Je dois faire quoi?? Ah oui, la couleur, je ne sais pas: c’est absorbé par le drap, il y a des petits trucs blancs… J’appelle H., je ne veux pas la déranger car je sais qu’elle a eu plusieurs nuits d’accouchements de suite, mais je ne suis pas rassurée… Elle me dit pas de problème, change le drap, recouche-toi et attends les contractions…
Je me recouche et sens un petite pression dans le bas qui s’amplifie et les contractions s’installent petit à petit.  Il est 4h du mat, je mets en moyenne 4 heures pour accoucher. C’est parfait à 8 heures elle sera là, quand les grands se réveilleront…
Je me laisse polluer par cette question de « accoucher avant que les autres ne se lèvent » et ca n’avance pas. J’ai besoin de H. pour me rassurer. Elle vient, 3 cm, je crois. Je marche et m’accroupi pour me stimuler. J’ai des conractions mais je n’arrive pas à me détendre…Et l’heure tourne… En fait je ne veux pas accoucher… J’ai déjà donné… « Je veux une péridurale »… H. et Rachid se regardent (l’air de dire elle déraille…) . Mais ils ont plus confiance en moi que moi-même… Il est presque 8 heures, les enfants se réveillent. Pendant que Rachid va les voir, H. m’encourage et me dit que je sais si bien accoucher qu’elle raconte souvent la naissance d’Assiya en exemple. J’avoue à H. que je ne sais pas comment me détendre avec les enfants qui vont se lever…
Et là elle a l’idée géniale de m’emmener prendre un bain…
H. est à côté de moi, et moi je rentre enfin dans ma bulle. Je me rappelle de I… Que les contractions sont la seule douleur qui veut dire que tout va bien, que bébé sera bientôt dans mes bras … Et à chaque contractions je pense « tout va bien » et je respire par le ventre… Les contractions sont plus espacées, mais plus puissantes. J’entends des voix derrière la porte qui essaient d’être discrètes. Puis plus de voix… Rachid est allé les conduire à l’école. Puis une petite voix et H. qui sort lui parler. Je suis dans ma bulle… J’attends le retour de Rachid pour sortir de l’eau. Quand je sors en arrivant dans le salon je vois Abdelrahman assis à la table, mangeant un tartine. Il est tout calme et passé une seconde de panique, je me rends compte qu’il ne me perturbe pas du tout… Au contraire, le voir me fait repartir dans ma bulle. Je  me couche dans le fauteuil (tiens cette fois-ci les contractions c’est couchée que je préfère…). Il veut venir vers moi et Rachid veut l’en empêcher, mais H. dit de laisser faire…  Il me fait un bisou, puis des carresses, et regarde vers le plafond (?) . Je m’assieds un peu sur la balle et là il me prend les mains. Je le tiens et essaye de relacher mes mains autour de ses poignets… Puis il va jouer avec ses Playmobils, puis il dessine… H. remarque que je pousse un peu et me demande si confirmation. Je reponds « un peu ». Tout s’est accéléré : elle prépare vite de quoi acceuillir Kenza. Rachid assis devant moi. J’ai l’impression d’être à 4  pattes à moitié sur Rachid, mais en fait je suis presque debout. J’ai besoin qu’H. me confirme que je peux pousser… Oui je peux… Ca fait tellement mal que je ne sais pas quand la contraction s’arrête. Je suis mon envie de pousser… Presqu’en continu… Enfin ma fille est là. Elle est contre le sol sur l’alaise prévue à cet effet. Je la prends et me couche dans le fauteuil. J’étais en sueur et heureuse que cela se termine… Abdelrahman n’est pas content: il a crié « non je ne veux pas » quand il a vu sa petite soeur… Mais après s’être reposé avec nous dans notre grand lit, il adoptera sa petite soeur… Et quand les grands rentreront de l’école il se mettra entravers, et dira dans un geste protecteur du bras: « C’est mon bébé »…

– Claire

***
[Note de l’équipe:

Accouchement en maison de naissance, version du père – Belgique, 2012

2 Mar

Après lecture des différentes expériences d’accouchements respectés (ou non), je souhaite témoigner en tant que papa.
Je suis de Bruxelles et accessoirement le mari du témoignage n°143.

Le choix de la maison de naissance n’a pas vraiment été soumis à discussion dans notre couple puisque l’approche de cette « épreuve » est quasiment similaire chez ma femme et moi.

De manière plus indirecte, j’ai vécu l’accouchement de ma soeur en milieu hospitalier comme quelque chose qu’elle a vraiment subi dans l’inconfort et qui lui a totalement échappé lors des moments de prise de décision. Mon neveu est venu au monde par césarienne qui, après coup, s’est révélée plus que dispensable.
Ceci corrobore beaucoup de témoignages lus ici même. A savoir que le temps presse et on n’est pas là pour faire du sentiment.

Notre expérience, bien sûr, contraste totalement avec celle de ma soeur.
Dès la préparation avec la sage-femme, ma femme s’est sentie écoutée, rassurée, respectée dans ses choix et son approche de l’accueil de l’enfant à venir. Et moi, je ne me suis absolument pas senti exclu. Au contraire, avec un rôle bien précis et bien plus important que celui qu’il aurait été dans une Maternité-usine du milieu hospitalier.

La veille de l’arrivée de notre fils, un faux travail s’est déclenché. Enième signe tangible que nous avions fait le bon choix. Je crois qu’à ce moment, aucun hôpital  ne nous aurait laissé filer pour rentrer calmement chez nous. C’est pourtant ce qu’a fait notre sage-femme, tout en restant en alerte.
Le véritable travail n’a commencé que dans la soirée. Ma femme est passée par plusieurs postures pour se soulager. Tantôt assise, allongée, dans la baignoire, puis de nouveau assise sur moi pour la supporter.
Elle a pris son temps, encouragée à cela par notre sage-femme elle-même aidée d’une collègue.
La délivrance fut une épreuve. Bébé avait du mal à passer les épaules. C’est dur pour la maman, pour le bébé, pour les sage-femmes et même pour moi car on est un peu impuissant.
Une fois sorti, sans traumatisme lié à une sortie violente aux forceps, le bébé a été « démarré » de manière vigoureuse mais toujours avec douceur et chaleur.
Premier cri poussé et déjà au contact de la maman. Là encore, mieux pour elle et mieux pour lui.
Plus tard, maman ayant besoin de soins et de repos, il est resté avec moi. Même un peu perdu dans ce nouveau monde, je le sentais serein et relativement calme. Impression que je n’avais pas du tout eu lors de mon premier contact avec mon neveu, quelques minutes seulement après son arrivée. Stress et anxiété semblaient l’animer. Mais selon le médecin l’ayant accueilli, c’était « parfaitement normal ». Je sais maintenant ce que je pressentais à l’époque. C’est faux.

– Anonyme

Anne, accouchement à la maison, Belgique – 2012

2 Mar

Accouchement à domicile en Belgique

Décision tardive pour un accouchement à domicile:
Pour commencer, J’ai toujours dit que je voudrais accoucher sous anesthésie totale.
Je suis née par césarienne et en plus, je suis très douillette et ne supporte la vue du sang.
Mais quand je suis tombée enceinte j’ai commencé à voir les choses différemment. Je voulais m’approprier cette naissance et essayer de trouver des moyens naturels pour que celle-ci se passe le plus sereinement et le moins douloureusement possible.
Dès le deuxième mois de grossesse je dis à mon gynécologue que j’aimerais  accoucher dans l’eau (c’est dailleurs pour ça que j’avais choisi cette maternité). Il me répond que c’est difficile pour un premier accouchement car cela veut dire pas de péridurale et que lui n’est vraiment pas pour, en tout cas pour une première grossesse !
Je suis un peu étonnée de sa réponse mais je me dis que j’ai encore bien le temps d’y penser.
Je continue le suivi classique, échographie tous les mois avec le gynécologue et ça se passe pas trop mal même si mon mari trouve que cela manque complètement d’humanité et que les visites sont « expédiées ».
Vers 7 mois de grossesse, je me rends aux soirées d’informations et visites de la maternité. A la première séance,mon mari doit sortir de la salle d’accouchement car il manque de tomber dans les pommes, ça promet… (lui non plus ne supporte pas la vue du sang et les hopitaux). Lors de la seconde séance, nous avons le droit de poser nos questions sur l’accouchement et c’est une sage-femme qui prend le temps de nous répondre. Je demande donc comment cela se passe quand on veut accoucher dans l’eau. Elle me répond que c’est difficile, il faut que la baignoire soit disponible, il faut le temps de la remplir, et puis de toute façon c’est très rare que des mamans y restent jusqu’au bout pour accoucher… Etant assez timide, je n’ose plus trop poser de questions, mais il y une autre maman qui aimerait accoucher naturellement qui prend le relais. La sage-femme lui dit que de toute façon tout le monde prend la péridurale, qu’il faut être dingue pour ne pas la prendre !
En rentrant de cette soirée je suis anéantie, j’ai sans cesse envie de pleurer, je me demande vraiment si cela sert à quelque chose de faire mon projet de naissance. Vont-elles le respecter le jour de l’accouchement ? Je suis vraiment mal dans ma peau.
Je contacte alors la maison de naissance de Liège pour en discuter avec une sage-femme.   Et nous prenons la décision d’accoucher dans notre maison. QUEL BONHEUR !!
Mon gynécologue n’étant pas dutout pour a tenté de nous dissuader mais notre décision était prise. Il accepte tout de même de continuer à me suivre.
J’attends le grand jour avec IMPATIENCE, je lis énormément, je me prépare psychologiquement à gérer la douleur et je me réjouis d’accoucher.
J’avais prévu de faire des gâteaux le jour de l’accouchement histoire de m’occuper pendant le début du travail.
Le 22 avril 2011, je dépasse le terme de 3 jours,et malgré qu’aucun signe n’aurait pu me faire penser que j’allais accoucher je commence à faire mon bavarois à la framboise.  Ensuite, j’enchaine avec mon gâteau aux pommes et à ce moment là, j’ai ma première contraction et je perds le bouchon muqueux. Il est +- 14h.
Ca y est, le travail commence, je suis trop heureuse, j’ai des contractions assez espacées donc je continue ma cuisine puis je décide de prendre un bain. Les contractions s’arrêtent pendant 30 minutes puis reprenennt et s’accelérent, 10 minutes puis 5 minutes, finalement elles ont lieu toutes les 3 minutes, mon mari ne sais plus rien faire car j’ai besoin de ses mains sur mon ventre et dans le bas du dos, il est ma péridurale !
Il est +- 17h quand je décide de sotir du bain. Je commence à perdre du sang ! Je m’inquiète et sonne à ma sage-femme qui me rassure, dans 10 minutes elle sera là.
Je suis sur le ballon quand elle arrive, pendant ce temps mon mari a gonflé la piscine que nous avons acheté pour l’occasion. Elle me demande de m’allonger pour m’ausculter, et là bonne nouvelle je suis déjà à 5-6 cm. Mais les contractions sont toujours aussi rapprochées et de plus en plus douloureuses. Je n’ai pas de notion du temps, je gère la douleur, j’ai envie de pleurer mais je gère et mon mari ne me lache pas une seule seconde, j’ai trop besoin de lui.
Vers 18h, la deuxième sage-femme arrive (c’est son premier à domicile, elle travaille en maternité). Elle me propose un massage du dos qui semble durer une éternité, le pied total !
Vers 19h, je suis à 8cm mais j’ai déjà envie de pousser et mon col est un gonflé, je dois donc me retenir de pousser, cela devient alors fort long, enfin c’est l’impression que j’ai.
Je ne sais plus à quelle heure j’ai pu pousser mais cela n’a pas  été facile. Malgré les préparations et autres il m’a fallu un peu de temps avant de comprendre comment pousser correctement. Et puis la douleur était tellement forte entre mes jambes que je n’avais pas vraiment envie de pousser.
Pour finir, les sages femmes m’ont fait un peu peur, il fallait que je pousse.
J’y ai alors mis toute mon énergie et notre fils est né, à 21h36 le vendredi 22/04/2012.
L’ambiance qui regne dans le salon est magique, tout est calme et serein.
Nous avons pu offrir à notre fils une douce arrivée dans ce monde. Nous avons pu l’acceuillir dans la chaleur de notre nid et nous sommes heureux d’avoir fait ce choix.

Nathalie – Belgique – 2012

27 Fév
Etre enceinte à près de 40 ans, c’était comme un dernier cadeau, 2 grands enfants de 12 et 10 ans conçus par FIV avec un autre papa,  la première grossesse naturelle pour moi, donc. Qu’est-ce qu’on était impatients ! Surtout les dernières semaines, j’étais très fatiguée, j’ai dû rester à la maison plus tôt que prévu et Mademoiselle Léa est arrivée en retard alors qu’on me disait qu’avec l’âge souvent ils arrivent en avance.
J’ai donc bien eu le temps de penser à comment j’allais accoucher et surtout de changer d’avis, de ne plus savoir ce que je voulais. J’avais prévu d’accoucher à la clinique de Libramont, CHA, ami des bébés comme pour les 2 autres enfants. Et puis, j’ai eu peur, j’ai pensé accoucher à la maison mais c’était trop tard, la sage-femme qui me suivait a refusé mais elle voulait bien nous suivre à l’hôpital, et elle s’occuperait de nous dès le retour à la maison 24 h après l’accouchement. J’avais peur de l’hypermédicalisation ressentie pour mes 2 autres enfants, j’avais donc préparé un projet de naissance.
Ayant été provoquée pour mon fils 10 jours après, je ne voulais pas revivre ça, j’étais contente que le calcul de l’hôpital prenne en compte mes règles car je connaissais la date de conception, mon cycle est court et donc, j’ai gagné qque jours, tout en veillant à maximum 15 jours de retard. Mon gyné est du genre zen et donc, il propose de provoquer à 12 jours d’après leur calcul (donc 15 pour moi), le lundi matin. Finalement, le vendredi matin, j’ai perdu du liquide mais pas de contractions, on s’est donc rendus à la maternité vers 11 h, on nous a installés dans une chambre où tout va se dérouler : travail, accouchement, soins du bébé. Notre sage-femme a un autre rdv important et donc tant que le travail ne commence pas vraiment, elle n’est pas utile.
Les sage-femme ont l’air sympa, on parle de mon plan de naissance, tout va être mis en œuvre pour le respecter. Comme je ne souffre pas, on est un peu à l’hôtel, on me fait juste 1 monito 1/2 h toutes les 2 h. On me fait un toucher, il y a juste 1 cm mais le col est très mou, pour un 3ème ça peut bouger vite. La journée passe, le soir on est obligé de me donner un antibiotique car plus de 12 h après que la poche soit fissurée. On me met un cathéter qu’on peut fermer avec un bouchon dès que l’antibio est fini, je reste libre, ouf ! Je prends un bain pour me détendre, dans une baignoire digne des stations thermales avec des lumières et des huiles essentielles, j’en ai marre d’attendre mais je savoure quand même, puis on va faire dodo mon mari et moi. Le lendemain, rien de neuf, quelques contractions mais rien de concret. On me donne les antibios toutes les 4 h, le monito et on attends toujours. Les sages-femme sont toutes à mon écoute, répondent à mes questions, rien ne presse, avec les antibios, rien à craindre, le rythme cardiaque de bébé va bien. On me donne quand même 1 ovule pour essayer de faire un peu avancer, j’en avais eu pour ma fille, ça avait bien aidé sans déclencher de trop fortes contractions contrairement à la perfusion que j’avais eu pour mon fils qui en avait déclenchées des insoutenables pour ne rien faire avancer ! Mais, même avec l’ovule, rien ne se passe ! Samedi soir, on me propose un système avec un petit ballon à disposer sur le col qui pourrait aider à l’ouvrir grâce au poids de l’eau contenue dedans. On me montre un schéma et on me laisse décider sans obligation. Je tente, pourquoi pas ! On me le laisse jusqu’à dimanche matin, on passe une bonne nuit de sommeil tous les 2, hélas, mon col n’a pas vraiment bougé. Et donc, le dimanche vers 10h30, on me propose la fameuse perfusion que je redoute ! Elles essaient de me rassurer en disant que on va mettre juste une goutte tous les 1/4 h, le minimum voir si je réagis. Je suis sceptique, j’ai peur de souffrir pour rien comme pour mon fils. J’accepte, découragée. Et oui, les contractions arrivent, mais elles sont gérables, je respire dans mon ventre, je contracte au sommet de la contraction et je souffle, chéri me parle, me rassure et il assure. Ouf, c’est supportable. Après 1/2 h, de bonnes contractions, la sage-femme me fait un toucher, voir si ça évolue car le rythme cardiaque de bébé diminue, et là, je vois sa tête changer, je me dit: “zut ça n’avance pas, et bébé va pas supporter”. Mais elle me dit : “C”est pas possible, vous êtes à dilatation complète !”, et donc pas le temps pour une péridurale. Je suis super heureuse, bébé va arriver, on appelle le gyné, elle a l’air froide comme ça mais, c’est elle qui dit, je pense que Mme préfère rester coucher sur le dos car on m’avait mise à 4 pattes pour aider bébé à sortir mais je m’ankylosais et moi, c’est couché sur le dos que je me sens bien, bizarrement !  En plus, elle me rassure en me disant : “j’ai lu votre projet de naissance, ne vous tracassez pas, je vais préserver votre périnée.” Elle m’a mis des compresses d’eau chaude pendant que je poussais, Finalement, j’ai senti bébé à la sortie, j’ai donné une poussée pour la tête, de toutes mes forces, puis une dernière poussée pour les épaules et mon mari a pu la prendre pour la mettre sur moi, il était 14h30, ça a été très vite. On me l’a laissée, en peau à peau, j’ai pu tranquillement lui donner à boire et profiter avec le papa de ce moment de bonheur.
2 h après, on nous a conduits dans une chambre double, ce qui voulait dire que le papa ne pouvait pas passer la nuit avec nous. Ca a été la douche froide ! On a partagé tout ça pendant 3 jours et là, Mr n’a plus qu’à rentrer chez lui ! Dur, dur autant pour moi que pour lui. On annonce la nouvelle à notre sage-femme qui est assez lointaine maintenant alors que nous on est tellement heureux et on lui confirme qu’on se retrouve le lendemain, à la maison. Le lendemain, le lundi donc, retour de mon chéri et visite du pédiatre, le chef de service, un vieux rustre. Qui nous dit qu’il nous est interdit de sortir aujourd’hui car vu que la poche des eaux était rompue depuis si longtemps, il fallait faire des examens au bébé car il y a des risques d’infection. Il ne veut rien entendre, on sonne donc à notre sage-femme pour qu’elle nous donne des conseils et là, elle s’énerve en disant que comme on avait choisi de rester à l’hôpital, elle ne savait plus s’occuper de nous, sauf p-e à partir de jeudi ! On s’est vraiment senti abandonnés et quelles différences d’écoute entre le service d’accouchement et ces personnes ! On n’a pas trop eu le choix et donc finalement on restera jusque mercredi sans avoir besoin de soins à la maison à notre retour. On a donc attendu la dernière prise de sang avant de partir, sauf que là aussi, c’était une vieille infirmière acariâtre, qui prends le bébé des bras du papa alors qu’il lui dit qu’il vient avec elle. Qui pique bébé sans douceur et sans précaution. Finalement, lorsqu’elle vient nous annoncer les résultats, voyant bébé dans mes bras en train de téter, elle le bouge brusquement. Moi je me demande ce qu’elle veut : “Mais, qu’est-ce que vous faites ?”, elle réponds sèchement : “Ventre contre ventre”, moi, pas impressionnée : “Vous inquiétez pas, j’ai l’habitude”. Et dès qu’elle est sortie on a tout emballé et on est vite rentrés à la maison. Où on a enfin pu commencer notre vie, sur notre petit nuage.
Et donc, je dirais que j’ai eu un super accouchement, contrairement à mes peurs, je me suis sentie écoutée, soutenue par toute l’équipe. C’est le pédiatre qui n’a pas eu la même démarche, avec leur peur du risque éventuel. Il y a eu beaucoup de progrès en 10 ans, certains sont encore à la traine mais ils seront bientôt à la retraite !
Qu’en à ma “super” sage-femme, on a essayé de reprendre contact mais elle reste fermée et nous sommes aussi en colère de son “abandon”, de plus qu’elle nous réclame 150€ pour avoir été à notre disposition le w-e de l’accouchement, même si elle n’est pas venue. Finalement ma méfiance n’était pas bien placée. Il n’y aura vraisemblablement pas d’autre accouchement mais je recommande cet hôpital avec un retour précoce à la maison, pour celles qui le souhaitent mais avec une sage-femme recommandée par l’hôpital car d’après les sages-femmes du service, d’autres parents ont eu ce genre de problème avec “ma” sage-femme et le pédiatre la connaissait aussi, ceci explique cela!
Nathalie de Virton