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#289 Camille, le récit de trois césariennes

24 Sep

Je suis tombée par hasard sur votre défi de réunir 1000 témoignages en 1 an, sur la facon dont se passent les naissances en France et ailleurs.
Pour ma part, je garde un goût amer de tout ca…
Décembre 2006 j’apprends que je suis (enfin) enceinte, apres 18 mois de tentatives et plusieurs fausses couches spontanées. Ma grossesse se passe merveilleusement bien; je vis à Toulouse (31) j’arrive à m’entourer d’une sage femme incroyable qui me prépare à un accouchement le plus naturel possible. Dans ma tête, je m’imagine déja gérer le travail avec l’aide de mon époux, attraper mon fils a la sortie de mon ventre et le poser tout contre moi pour la tétée de bienvenue!
Oui mais voilà, à 8 mois de grossesse, le gynéco de la maternité de la clinique de N******* (11) m’envoit en urgence passer un scanner du bassin. Il ne m’explique pas pourquoi, et je pars la bouche en coeur passer cet examen. Le radiologue fait son travail en me disant que « de toute facon, je ne suis pas un gabarit de 1ière compétition »… Je ne comprends pas sa remarque mais ne demande pas plus d’explication. Je retourne voir mon gynéco avec les clichés de mon bassin; il me prend entre 2 rdv, dans une salle d’archive minuscule où on ne peut ni s’asseoir ni bouger. Et là, de but en blanc, il me dit « ouai bah on est à la limite de la césarienne! Allez on va aller planifier ca avec ma secrétaire » Je n’ai pas eu le temps de protester, de réagir, de demander quoique ce soit que déjà la date de naissance de mon fils était programmée « et bien je vous dit à mardi 14, à 7h au bloc! Allez voir la sage femme du bloc, elle vous expliquera plus en détails. Je vous laisse, une autre patiente m’attend »
J’ai passé les 10 jours suivant dans un état de demi conscience, ne sachant pas vers qui me tourner… J’avais 22 ans à peine, j’avais imaginé tous les scénarios catastrophe (prématurité, forceps, épisio) tous sauf la césarienne… Je ne trouve de réconfort auprés de personne: mon mari est soulagé que tout soit programmé; au moins y’aura pas d’imprévu. Mes tantes, belle mere, belles soeurs, etc s’extasient sur LA CHANCE que j’ai de ne pas connaitre les contractions. Bref, dès que j’essaye de parler de mon mal être, on me rabache que je n’ai pas a me plaindre, que je ne vais pas avoir à me poser de questions, je ne vais pas souffrir, mon bébé aura une belle tête ronde, et j’en passe des pires!
Je rentre donc la veille de la naissance de mon fils à la maternité. Les examens s’enchainent: prises de sang, frottis; une sage femme vient me raser le pubis; une seconde viendra 20 min plus tard vérifier que c’est bien fait (j’adore quand je suis respectée ainsi… « Baissez votre culotte madame! ») écho, monito, douche à la bétadine…. Nuit blanche, on me donne des cachets pour tenter de m’anesthésier le cerveau.
6h le lendemain matin. On vient me réveiller (enfin, me dire de me préparer) Je suis un zombie qui fait des gestes machinalement. On me presse, on me dit d’un ton peu sympathique « de me dépêcher!!!! » Les brancardiers m’emmènent. Le gynéco m’avait assuré que mon mari pourrait être présent, et là, juste devant les portes du bloc, on nous dit que non ça ne sera pas possible! Arrivée au bloc on m’installe. L’anesthésiste tarde à arriver donc pour gagner du temps on me pose la sonde urinaire à vif. Puis l’opération commence. Je suis mal, je pleure comme une enfant; le gynéco dit alors « faites entrer son mari! » Le soulagement quand je le vois arriver; il est aussi stressé que moi et ne cesse de me dire des trucs que je ne comprends pas. Soudain on entend un bébé pleurer; et on me montre une petite frimousse emmaillotée en me disant que c’est mon fils! Je ne réalise pas du tout…. Déja il part pour les soins (je ne le reverrais que 3h30 plus tard; pratique pour débuter un allaitement) La sage femme dit en rigolant « bon, on vous pose une fermeture éclair pour les prochains?! Ah ah ah »…. Les praticiens s’extasient sur le fait que je suis mince « c’est top de travailler dans ces conditions: ya pas un pet de graisse, on passe comme dans du beurre » …. J’ai envie de dormir pour ne plus entendre toutes ces méchancetés; je me sens vidée. Une fois l’opération terminée, le gynéco me félicite; je demande bêtement « pourquoi? » Je n’ai pas le sentiment d’etre bonne à féliciter.
En salle de réveil j’attends…. On me fait comprendre que je ne remonterai en chambre que lorsque je bougerai mes jambes. Je m’évertue a essayer; en vain. Une maman arrive 1h plus tard; et repartira avant moi… Y a vraiment des injustices partout, même en matière d’anesthésie! Un anesthésiste vient me voir, s’accoude à mon lit et me lance « alors, qu’est ce que vous avez eu? » Et moi de répondre « une césarienne ». Le médecin lève les yeux au ciel et réplique « Non mais ça je sais! C’est une fille ou un garcon? »… Les heures passent… Enfin je vais pouvoir remonter mais avant on me fait une toilette intime; les anesthésistes ne mettent ni rideau ni paravent: je suis nue et pas franchement à mon avantage dans une salle remplie d’autres patients. Quand j’en fais la remarque, on me rétorque que « de toutes façons, ils sont tous dans le gaz! » Tous peut-être, mais certainement pas l’autre maman qui est à côté de moi et qui détourne le visage, aussi génée que moi.
Je passe rapidement sur les « conseils » que je recevrais durant mon séjour en matiere d’allaitement: « De toute facon vous n’y arriverez pas, vous n’êtes pas motivée! » (J’ai allaité mon fils 16 mois; pour quelqu’un de pas motivée, je pense avoir fait fort!) Je ne m’attarderais pas non plus sur le biberon de lait qui fut donné a mon fils en pouponnière…. Et je ferais l’impasse sur le lit plus qu’inconfortable pour une maman césarisée (lit non relevable, sans potence pour s’aider à se lever, etc)
Suite à cette césarienne programmée par un gynéco frileux qui avait décrété que mon bassin était trop étroit, j’ai eu 2 autres césariennes (dont 1 non programmée et faite en urgence, car mon nouveau gynéco m’avait proposé de tenter une voie basse aprés deux césariennes) J’ai testé 3 établissements différents, et donc 3 gynécos. J’ai eu mon lot de remarques blessantes et déplacées. Par exemple, pour ma deuxieme césarienne (a dijon 21), le brancardier m’avait conduite au bloc puis laissée seule; lorsque l’infirmière est arrivée, elle m’a littéralement engueulée car je n’avais rien à faire là!!! Un comble tout de même! Elle a ensuite ralé car, ne connaissant pas le sexe de mon enfant (nous souhaitions garder la surprise afin d’avoir un petit moment de plaisir au bloc…) elle ne pouvait pas remplir ses dossiers!
Pour ma derniere césarienne (hopital de N******* 11), j’ai dû me frotter à beaucoup de critiques quand à mon souhait d’accoucher normalement apres deux césariennes. Les différents praticiens du service ne comprenaient pas mon envie, ne comprenaient pas que mon gynéco m’ait proposé ca (car oui, c’était sa proposition et non une demande de ma part!) Du coup j’ai été menacée de passer au bloc suivant quel gynéco serait de garde au moment où j’arriverais; on me faisait peur en me parlant de tous les risques que je prenais et faisais courir à mon enfant, on me jugeait, etc. Heureusement il y avait des sages femmes adorables, qui me comprenaient et me soutenaient. Le destin a voulu que le travail se mette en route à 2 jours du terme; j’ai rarement été aussi heureuse de ma vie! Mon gynéco est venu dans ma chambre pour m’ausculter, me décoller la poche des eaux et me dire de prendre une douche; et qu’il repasserait dans 2h pour voir comment ca évoluait. Ca a été la derniere fois que je l’ai vu… 1h apres une sage femme venait me chercher pour me conduire en salle de travail; et le temps que je prenne les affaires nécessaires à l’accouchement, elle revenait pour m’annoncer que la gynéco de garde refusait la voie basse et m’attendait au bloc pour…. la césarienne… J’ai essayé de protester, mais on ne fait pas le poids face à des médecins (meme enceinte de 9 mois…) J’ai à peine eu le temps de prévenir mon mari qui n’a pas eu le droit d’assister à l’opération. Au bloc il y avait beaucoup de monde; il y avait l’interne qui m’avait fait une écho le matin meme; il avait vu que ma fille avait le cordon en double circulaire et en avait informé la chef de service; est ce pour ca que j’ai eu une césarienne en urgence? Ou bien est-ce parce que mon utérus montrait des signes de faiblesse? Ou bien était-ce juste pour se protéger?…. Je n’ai jamais su! L’anesthésie était mal faite, j’ai souffert comme jamais et j’ai fini par faire un malaise tellement la douleur était insupportable; les médecins m’ont alors mise sous gaz hilarant pour m’aider à tenir le coup. Mon gynéco n’est jamais venu me revoir (je lui ai adressé une lettre longue de 4 pages, mais il n’a pas répondu) et je n’ai jamais vu la gynéco qui m’a opérée. J’ai appris par la suite grace a ma sage femme qu’il y avait eu des discussions plus que houleuses dans le service, et que depuis les accouchements voie basse apres 2 césariennes sont interdits.
Voilà je sais que c’est un récit tres long. Je sais aussi que je suis triste vis à vis des naissances de mes enfants mais que je dois m’estimer heureuse de les avoir tous les 3 en parfaite santé (et moi avec) Je garde le goût amer de ne jamais avoir accouchée; je ne connaîtrais jamais ce que toutes les femmes de mon entourage ont connu. Je ne me sentirais jamais une femme à part entiere. Je suis différente des autres, de celles qui savent accoucher. Je me sens inférieure. Je déteste toutes ces discussions entre voisines/copines, à la sortie de l’école, où chacune y va de son récit. Comme je me tais dans ces moments-là, quand parfois on me demande « et toi? » , je n’ai rien à dire, rien à répondre. Aujourd’hui je vis avec un regret sans fin « pourquoi suis-je aller voir ce gynéco pour mon fils ainé? Pourquoi ne suis-je pas partie en courant à l’annonce de la césarienne? Pourquoi n’ai-je pas exigé qu’on me laisse tenter un accouchement normal? »
J’aimerais, pour les autres femmes qui risquent de se retrouver dans ma situation (car je sais que je ne suis pas la seule), j’aimerais que les médecins arrêtent de vouloir tout contrôler, tout planifier! Ok, grace a eux le taux de mortalité des mères et des enfants à plus que baissé. Mais arrêtez de bousiller l’essence même de la femme: mettre un enfant au monde! Aidez-nous, protégez-nous, mais faites nous confiance!!!
Merci de m’avoir lue. J’espere que tous les témoignages feront bouger les choses dans le bon sens!

Ajout au 25 septembre 2013:

Pour mes fils (les 2 premieres césa programmées) mon mari a été présent; mais mes bébés ont été emmenés immédiatement, sans que je ne puisse les embrasser ou les toucher. Mon premier fils ne me sera rendu qu’en chambre, plus de 3h après et on le me mettra en peau à peau pour l’allaitement. Mon second fils sera placé sous oxygène pour une détresse respiratoire; mais la salle de réveil étant propre aux mamans césarisées, la couveuse sera amenée près de moi. En revanche on a refusé que je fasse du peau à peau et que je l’allaite… Je le mettrais au sein seule dans ma chambre, 4h après sa naissance, sans aucune aide et contre l’avis médical (la raison de ce refus était que mon bébé n’avait pas faim et ne tèterait donc pas) Idem une nuit, alors que mon fils était mis d’office en pouponnière, les soignantes avaient refusé de m’amener mon fils, disant qu’il ne tèterait pas car il avait des glaires (je passerais une nuit blanche a m’inquiéter et à me morfondre au fond de mon lit, tendant l’oreille à chaque fois que j’entendais pleurer un bébé, mais j’étais incapable de reconnaitre si c’était mon fils). Pour ma fille, j’ai fait le choix d’une maternité où le papa n’était pas présent au bloc mais où à la place j’aurais le droit d’avoir mon bébé contre moi dès la naissance! Dilemme difficile: je privais mon mari de la naissance de son enfant, pour que je puisse moi avoir enfin le bonheur de tenir mon enfant tout juste né! Mon mari a heureusement respecté mon choix. Malheureusement, étant mal anesthésiée, j’ai fais un malaise pendant que j’avais ma fille dans les bras; on me l’a donc enlevée au bout de quelques minutes à peine, et je ne la retrouverais que 3h plus tard, dans ma chambre. Là, avec mon expérience, j’ai exigé à ce que la sage-femme me donne ma fille en peau à peau (elle l’avait déjà habillée). J’ai ensuite refusée la mise en pouponnière (qui m’avait été imposée pour mes fils) et j’ai dormi toute la semaine avec ma fille dans mes bras. J’ai vidé dans le lavabo un bib de lait que la puéricultrice avait donné à mon mari un matin, car ma fille avait perdu trop de poids. Je me suis faite gronder; mais j’ai rétorqué que ma fille avait à peine 3 jours, que la montée de lait n’était pas faite. La puéricultrice m’a accordée 24h après quoi elle supplémenterait ma fille…. Le lendemain, ma fille avait repris 5g!!!! Enfin une victoire! 
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#256 – Chemin de naissances, les trois accouchements de Sylvie

10 Avr

Chemin de naissances…

31 octobre 2004. C’est la Saint Quentin aujourd’hui…

Il est environ 7h du matin et je suis impatiente depuis un moment d’aller, enfin, faire ce test de grossesse… Je tremble toute entière… Mais enfin! Après tout il faut juste « faire pipi » et attendre… Et quelle attente… Je reste là… Devant ce bâtonnet blanc et mauve qui va m’indiquer dans les secondes à venir si je vais devenir « Maman »…

Mon cœur bat tellement vite… Pierre dort…

Mon Dieu que ces quelques secondes sont longues…

Enfin, une deuxième ligne apparaît légèrement… Je suis tellement fatiguée, est-elle bien réelle? … Oui!!! Elle est légère mais bien là! Les mots tout bas sortent tout seuls; « Je suis enceinte »!! Et les larmes commencent à couler … En pyjama, je retraverse rapidement, comme dans un rêve, le couloir me séparant de ma chambre. Je ne peux pas attendre, je m’assois à côté de mon homme qui dort toujours et je le pousse doucement… Les larmes ne s’arrêtent plus… « Mon Amour… » Il ouvre les yeux et me regarde intrigué, un peu inquiet de me voir pleurer… « Je suis enceinte »… Je pleure et le plus magique des sourires se colle à mes lèvres sans plus pouvoir me quitter…

Pierre me prend dans ses bras, nous partageons tellement de tendresse et de joie…

Je n’ai que 21 ans, nous sommes mariés depuis à peine 2 mois et j’ai l’impression d’avoir attendu ce moment si longtemps pourtant…

A ce moment là, nous n’avons pas encore internet à notre disposition (tant mieux… ?) et nous faisons le choix, à 3 mois de grossesse de déménager pour un petit nid plus douillet. Nous sommes donc un peu plus éloignés de la famille et de nos proches, et je n’ai pas de voiture. Je n’aime pas conduire de toute façon et vivre dans ce petit coin de campagne me plaît.

Je vis donc cette grossesse assez calmement, sans influence, parlant beaucoup « intérieurement »  à notre bébé. Déjà très sensible avant la grossesse, cela s’accentue encore et je deviens réellement hyper sensible à tout, la moindre chose, le moindre mot dit, ou non-dit d’ailleurs, le moindre évènement me touche énormément.

Nous ne choisissons pas un suivi de grossesse particulier, nous allons régulièrement chez le gynécologue, « comme tout le monde » pour « voir si tout va bien » et faisons les examens prescrits. Nous ne nous posons même pas la question. Nous ne sommes pas informés qu’il existe d’autres possibilités de suivi de grossesse… Ou, simplement, que nous avons le choix de réaliser ou non les examens prescrits par le gynécologue…

Ma maman est sage-femme et en partie responsable du service de maternité depuis un moment. Je sais que je peux lui poser mes questions, lui téléphoner quand je veux si besoin et ce simple fait est suffisant pour moi. Je suis rassurée. Le service de maternité m’est familier. Je ne suis donc assez sereine et nous nous émerveillons chaque jour de la grossesse et des plaisirs des premiers contacts que nous avons avec notre bébé.

Je lis un livre ou l’autre concernant la grossesse de façon générale mais je ne plonge pas pour autant dans un tas de lectures. Nous choisissons cependant, comme préparation à la naissance, des séances d’haptonomie dont j’ai appris l’existence et le principe durant ma formation d’éducatrice, ce qui m’énormément plu.

Pour le reste, j’attends sans doute simplement les « informations spontanées » de la part de ma maman… Nous ne nous posons pas vraiment de questions particulières mais sommes pourtant naturellement curieux et excités de l’aventure que nous allons vivre! De la nouvelle vie que nous allons commencer…

(…)

Doucement, la grossesse touche à sa fin, nous sommes mi-juin, il commence à faire chaud… Notre bébé est théoriquement prévu pour le 26 mais je ne suis pas braquée sur la date. Je me réjouis de l’avoir tout contre moi, je suis impatiente de vivre cette naissance, découvrir si il est un petit gars ou une petite fille, de voir Pierre avec notre tout-petit dans ses bras… Mais j’adore être enceinte… Je caresse mon ventre si rond… Dans la cuisine, dans mon bain, dans mon lit, dans le fauteuil… Je prends énormément de plaisir à le voir et le sentir bouger et je lui parle…

Je me souviens m’être adressée à mon bébé en lui disant « (…) garde toujours confiance en toi, n’oublie jamais ça »…

Après un des derniers RDV chez le gynécologue, je sors stressée, j’ai peur, une foule de questions m’envahissent… Le problème vient de mon bassin… Ou de mon bébé… Ou les deux… Mon bassin semble très étroit et mon bébé approche des 3,500kg/4kg…  « Si bébé est « trop gros », il faudra faire une césarienne… »

Je suis déçue, tout allait si bien jusque là ! … Il faut aller passer une pelvimétrie (radio du bassin) pour voir si notre bébé pourra s’engager dans le bassin et passer… Je n’ai pas envie de passer cette pelvimétrie et l’idée de la césarienne me donne envie de pleurer.

(…)Je passe finalement cette radio et manque de m’évanouir car, devant rester couchée sur le dos un moment, ma veine cave était écrasée avec le poids de bébé… « Ne bougez pas, ne bougez pas! » Ils en ont de bonnes eux! Je me sens « tomber dans les pommes » moi! Je voudrais les y voir! … Tout ça pour  entendre dire que mon bassin n’est pas très grand mais qu’en principe « ça devrait passer »… (En bref, un très mauvais moment à passer pour n’avoir pas plus d’infos pertinentes au bout du compte…)

Préférant me rassurer, je garde ces mots: « ça devrait passer » en tête et met de côté l’idée de la césarienne…

Les jours suivants, j’essaie de marcher beaucoup pour stimuler un peu le travail. Il paraît que l’huile de ricin pourrait déclencher le travail, j’en prends donc de temps en temps… Rien ne semble bouger cependant…

Mais je me sens BIEN enceinte, j’ai beaucoup de plaisir à porter mon bébé malgré un sacrum bien douloureux et n’ai, au fond de moi, pas plus envie que ça que le travail commence déjà…

Quelques jours plus tard. Nous sommes le 21 juin. Chez le gynécologue, j’ai à nouveau droit, comme tous les mois depuis le début de la grossesse et comme tous les quelques jours depuis 2 semaines à une échographie, et un toucher vaginal. Bébé est toujours bien « haut ». Au niveau du col, rien de très spécial: un peu mou, toujours fermé. Je pense que c’est cette fois là, j’ai eu mal… Il a « décollé les membranes » ou il a essayé…

Fin de la consultation, il  nous dit qu’il a peur que le bébé grossisse encore et que pour finir il ne sache pas passer, il faudrait alors faire une césarienne. … (Et voilà que ça recommence…). Il nous propose donc d’entrer à la clinique le soir même et d’essayer d’induire le travail durant la nuit pour que l’accouchement se fasse demain. (…) J’ai un moment de doutes… Nous nous regardons Pierre et moi. Je ne suis pas plus certaine que ça et en même temps il me stresse avec sa menace de césarienne (puisque c’est bien ça finalement, une menace…) J’hésite… Il reprend, voyant notre hésitation: « On essaie. Si le travail se met en route, vous restez. Sinon, on attendra… » Vu sous cet angle, nous « cédons » et acceptons. Nous rentrons donc préparer nos affaires et nous nous mettons en route pour la clinique…

Une infirmière viendra placer un premier comprimé près du col vers minuit. Pierre a pris un lit d’appoint, il passe la nuit avec moi! Je ne dors pas, Pierre non-plus. Impossible de fermer l’œil!! Nous allons probablement être parents dans les heures qui suivent! Nous allons enfin voir et prendre notre petit dans nos bras! Garçon? Fille? … Nous sommes excités, nous nous posons un tas de questions, nous imaginons notre bébé et nous avons tellement hâte de ce moment!

Les heures passent et je guette les contractions… Rien…

6heures… Je dois me lever et aller en salle de travail où l’on me mettra sous perfusion… (Je ne sais même pas à ce moment là ce que je vais recevoir comme produits, etc.!) On ne m’explique pas très clairement mais je ne pose pas de questions non plus… Peut –être le fait d’être avec des collègues de ma maman me donne t’il un sentiment de (trop grande) confiance et me fait oublier le reste… Je ne sais pas mais nous suivons, Pierre et moi, « comme des moutons » ce que l’on nous dit de faire et/ou ne pas faire.

On me place le monitoring. Les contractions commencent à se faire sentir et sont très vite vraiment douloureuses… Je ne m’attendais pas à une montée si vive de la douleur et je n’ai pas le temps de bien comprendre ce qui se passe, de me laisser aller vers l’accueil de mon bébé sereinement. En fait, je ne suis pas vraiment connectée à lui du tout… le contexte (joie, réjouissance, stress, incompréhension de cette soudaine douleur, etc.) me fait un peu perdre pied et je commence à pleurer… Evidemment, ma maman (sage-femme donc) arrive à ce moment là. Difficile pour une maman de voir sa fille avoir mal. Elle me propose donc de demander la péridurale… Non, je ne la souhaite pas. »L’anesthésiste est justement là… Peut-être qu’après il sera trop tard… » … Je finis par céder (une fois de plus…). On me pose la péridurale, le monitoring est alors branché en continu et les capteurs me font mal à cause de la peau tendue de mon ventre qui contracte. C’est si gênant que je demande à ma maman pour enlever ça ou le changer de position. Je pense qu’elle prend ça comme un « caprice » ou ne se rend pas bien compte de la gêne que ça m’occasionne et n’entend pas réellement ma demande…. Les capteurs resteront là jusqu’à ce que je les bouge un peu moi-même…

Les heures passent, je suis couchée dans ce lit en attendant, comme si mon bébé devait faire ce chemin tout seul… Comme s’il n’avait pas besoin de moi. Je l’aime pourtant déjà si fort! Mais je suis perdue…

On me change de position, un peu sur le côté gauche, un peu sur le côté droit, un peu plus redressée, un peu moins… On me sonde pour vider ma vessie… Quel geste désagréable… Un toucher vaginal, puis encore un autre par une autre sage-femme pour avoir son avis…!

Le travail se poursuit, mon col s’ouvre malgré tout, les contractions sont toujours là et petit à petit l’effet de la péridurale se fait moins sentir mais je choisis de ne pas appuyer sur bouton pour prolonger les effets de l’anesthésie mais bien pour sentir un peu mieux mon corps.

14h, changement de pause, ce sont donc de nouvelles sages-femmes qui me « suivront »… (Ma maman, elle, restera bien sûr.)

Vers le milieu d’après-midi, on décide de percer la poche des eaux, sans doute pour  tenter d’accélérer le travail… S’en suivent à nouveau des touchers, palpations de mon ventre et manipulations pour voir comment ce bébé est mis. Il est encore si haut…

Au milieu de tout cela, aucune parole ne sera adressée à mon tout petit, laissé « seul » à trouver son chemin… Aucune explication… Aucun encouragement lui étant directement adressé… Non pas par méchanceté ou malveillance bien sûr mais… de toute évidence, une routine installée, un (maudit!) protocole à respecter, un manque de sensibilité (?), une banalisation du moment précieux qu’est la naissance pour l’enfant à naître et ses parents,… ça, sans doute! Un accouchement, une naissance, une de plus parmi toutes les autres…

17h, mon col est entièrement ouvert. Le gynécologue est arrivé. On fait un essai de poussée « pour voir »… (De mon côté, j’ai une jambe toute endormie, l’autre moins… Et je ne sens pas que je dois pousser, mais on me le dit, alors…) Une fois, deux fois… Rien ne bouge et notre bébé ne s’engage pas. Il est haut! Toujours et encore haut comme nous l’entendons sans cesse répéter depuis le matin. Cela fait  11h… Son rythme cardiaque s’accélère nettement durant les poussées. Je vois bien que ce n’est pas bon. Le gynécologue fait une drôle de tête, ma maman aussi. Ils sortent en me disant qu’on va laisser le rythme reprendre un peu puis que l’on réessayera d’ici 5/10 minutes… Je prends peur, je suis vraiment inquiète pour mon enfant et je n’ai même plus envie d’essayer de pousser sachant ce qui se passe. J’ai envie de pleurer, de tout recommencer à zéro, je n’ai plus envie d’être là et je veux qu’on nous laisse tranquilles… Je vis tout cela mais de l’intérieur car je ne dis rien ou si peu, à Pierre avec qui je partage mes peurs et ma déception…

2ème essai de poussée… Je n’y mets sans doute pas tout mon cœur… Et rien ne change. Le rythme cardiaque est toujours mauvais. Je me sens si seule dans mes angoisses.

« Sylvie, on va préparer la salle de césarienne. On va essayer encore une poussée là-bas puis, si ça ne va pas on sera déjà prêts pour faire une césarienne, OK? » (…) A la fin de cette phrase, un point d’interrogation qui en provoque tellement en moi… Je n’ai le courage que d’acquiescer… A quoi bon? Personne ne semble avoir le temps de me demander ce que MOI je vis, si j’ai des questions, des craintes, comment je me sens et quels sont mes besoins? Et Pierre? …

Personne ne vient nous expliquer comment cela peut se passer…

Malgré tout, j’ai encore tellement d’espoirs de voir notre bébé naître par voie basse… J’essaie de rassembler mes forces et mise tout là-dessus…

Avec le recul, je me demande comment j’ai pu garder tant d’espoirs alors que pour le corps médical l’issue devait être tellement évidente… La poussée en salle de césarienne, c’était juste pour « enjoliver » non?  …

Transfert en salle de césarienne… Il fait si froid ici! Je grelotte, je suis nue avec une insignifiante blouse d’hôpital sur moi en guise de réconfort. Pierre doit s’habiller avec blouse et bonnet et attendre quelques instants que tout soit prêt… Si il y a une personne dont j’ai besoin par dessus tout, c’est pourtant bien lui…

Le gynécologue, deux sages-femmes et Pierre autour de moi pour cet ultime essai de voir naître notre tout-petit… Bien sûr, c’était joué d’avance… Et la crainte augmentant lorsque je vois les forceps arriver n’aide pas… Difficile de se sentir en sécurité, détendue, heureuse et de mettre tout son cœur pour son accouchement dans de telles conditions… La décision de césarienne est prise… C’est le branle-bas de combat autour de moi. Je me sens me décomposer, je me rempli d’une infinie tristesse et d’un immense sentiment d’échec, j’avais tellement rêvé mon accouchement… J’étais bien loin d’imaginer que ça tournerait de cette façon. Je m’en veux, je meurs de froid, je suis tellement angoissée pour mon bébé et moi. Je ne trouve autour de moi aucune oreille attentive, aucun mot doux de réconfort, pas d’explication. Pierre est aussi désemparé… Mais il est à mes côtés.

L’anesthésiste arrive, avec l’assistante gynécologue, j’ai l’impression d’un final de pièce de théâtre où tous les acteurs se rassemblent pour venir saluer! Il y a tellement de monde qui s’agite autour de nous et prépare l’opération…

Ils commencent…

Après ces désagréables sensations d’être bousculée et remuée de l’intérieur, je vois enfin mon bébé sortir… Ca y est, il est enfin là… Mon, Bébé, notre tout petit… Pierre m’annonce: « C’est un garçon ma Puce! » Je suis si heureuse! Ce cadeau, cette surprise de découvrir le sexe de notre bébé, au moins personne ne nous l’a volée… Notre petit Quentin est né!

J’ai à peine le temps de le voir quelques si petites secondes que déjà on l’emmène dans la petite pièce de soins à côté. Pierre va avec. Personne ne me dit si tout va bien… Je suis toujours inquiète et ne sais pas profiter pleinement de ce moment qui devrait être si merveilleux!

Maman et Pierre reviendront près de moi un peu plus tard avec Quentin, un moment avant de le voir qui me sembla être si long! Pierre le mettra tout contre ma joue. Je ne le vois pas bien car je suis couchée et lui est déjà emmailloté et porte un petit bonnet. Spontanément, je déplace mon bras droit (sous perfusion) pour le toucher, le caresser… Mais je suis bien vite rappelée à l’ordre par l’anesthésiste. On ne bouge pas! … Je viens de voir mon premier enfant et je ne peux pas le toucher…

Je tremble de colère, de froid, de tristesse, de découragement… On me recoud durant ce temps et ça n’en finit pas…

« Tu pourras l’avoir après… » Dans le brouhaha, je comprends vaguement que je ne vais pas encore pouvoir voir Quentin  tout de suite mais que l’on compte me mettre en salle de réveil (pour surveillance) juste après la fin de la suture! … Ca gronde à l’intérieur de moi-même, je suis tellement en colère! Je dois tout deviner! Personne n’avait pris la peine de me dire ça!!! Mais moi je ne VEUX PAS aller dans cette foutue salle de réveil et être séparée de mon bébé!! Comment peut-on faire ça!?!?! Séparer une maman de son bébé qui vient de naître! C’est insensé!

« Ecoute, Sylvie, on va réduire le temps au strict minimum et puis on vient te rechercher pour te ramener dans ta chambre, tu ne resteras qu’une demi-heure » … Mais ça ne m’intéresse pas moi!! Je me sens bien, je ne veux pas aller là et être loin de Pierre et Quentin! Qu’on me laisse dans le couloir avec eux et qu’on surveille là! Je veux qu’on nous laisse tranquilles plus que tout! … La demi-heure passée en salle de réveil sera la plus longue de ma vie et me laissera à tout jamais un goût très amer de la maternité…

Lorsque je rejoins ENFIN Pierre et notre petit bonhomme, dans ma chambre, j’ai tellement envie de pleurer pour décharger toute cette déception vécue, ce stress intense, mes remords et mes regrets … Je mets Quentin au sein et le garde contre moi… Nous sommes pour la première fois juste tous les 3… Et ce moment me rend heureuse! (…) Mais tout ce que nous venons de vivre vient de détruire entièrement la belle image que j’avais toujours eue de la maternité… Il me reste à « apprivoiser » tout ce vécu brut…

Alors que je n’ai rejoins ma chambre que depuis une heure ou deux, un autre gynécologue, que je ne connais pas, entre en même temps que ma maman. Elle lui dit « Voilà ma fille qui vient d’avoir son petit garçon. » Elle précise que c’était une césarienne et il répond en me regardant: « Ah! Ben comme ça vous saurez comment ça se passera les prochaines fois! » … Il m’achève et j’ai envie de le frapper! Il entre, sans se présenter, sans dire bonjour et voilà toutes les paroles réconfortantes auxquelles j’ai droit… Mon Dieu, est-ce possible d’éprouver autant de colère alors que mon enfant vient de naître?!?!!

Chaque jour durant des mois et des mois, je n’ai pu empêcher les larmes de couler encore et encore… Sans être soulagée…

Bien sûr j’étais tout à fait consciente et tellement reconnaissante pour cette chance que nous avions d’avoir un enfant et en bonne santé. J’allais physiquement bien aussi, j’avais une belle relation avec mon petit bonhomme à qui j’ai énormément parlé et expliqué le pourquoi de toute cette tristesse en précisant que bien sûr il n’y était pour rien et qu’en rien je ne lui en voulais! A côté de cela, l’allaitement se passait merveilleusement bien! Sans aucune question ou presque, tout simplement… Comme une évidence…

Mais cela n’empêche pas les autres sentiments bien présents, découlant du contexte de cette naissance… Les ressentis sont là. Tristesse, remords, colère, déception, et tant d’autres sentiments…  Ils s’imposent et il faut bien faire avec… Les écouter, essayer de les comprendre et de voir ce que ça implique pour l’avenir quant auquel nous nous posons énormément de questions et ne sommes pas rassurés. Il faut essayer de faire « bonne figure » devant les gens qui ne cessent de répéter « tout va bien Sylvie! Ton petit bonhomme et toi êtes en bonne santé, c’est ce qui compte! » … (Même si c’est, évidemment, vrai que c’est le plus important! Il n’en est pas moins difficile de vivre avec ce vécu douloureux et le deuil de l’accouchement rêvé.) J’ai aussi entendu « Sylvie, fais attention, ne sois pas triste parce qu’alors le petit il le ressent hein »… Ou encore, comme une prédiction: « vraiment, ça serait mieux de vous préparer à autre césarienne parce qu’avec un bassin trop petit en plus… » … Autant de paroles qu’il faut essayer de digérer en plus du reste…

Débute ici un long chemin de réflexion concernant la grossesse et sa prise en charge, l’écoute et le respect des futur-parents et de l’enfant à naître, l’information donnée aux couples tant durant la grossesse que durant la naissance et le post-partum pour leur permettre de faire des choix éclairés, en connaissance de cause, cela étant primordial.

Il ne s’agit pas d’un combat contre le personnel (para-)médical mais bien de prendre conscience de l’importance des choix à faire susceptibles de se présenter durant la grossesse et la naissance et de ce que ceux-ci impliquent afin de vivre ces moments de façon plus sereine et plus respectueuse.

C’est ainsi que lorsque  j’ai eu la chance d’être enceinte de notre deuxième enfant, j’ai fait le choix de noter ce qui me posait encore question, ce qui me faisait peur, ce que je souhaitais réellement et qui avait de l’importance pour nous. Nous avons identifié clairement nos besoins afin d’inscrire dans un projet de naissance les choix que nous avions faits après nous être informés clairement sur chaque point. Ce qui nous a permis d’être beaucoup plus sereins le jour de la naissance puisque nous avions fait part de notre projet au gynécologue et l’avions déposé au préalable à la maternité.

Mon souhait le plus cher à ce moment étant de faire tout mon possible pour donner naissance à notre enfant dans des conditions agréables, dans une ambiance sereine où nous étions impliqués et respectés. Je souhaitais plus que tout essayer un accouchement par voie basse, sans péridurale (convaincue des effets néfastes de l’induction de l’accouchement et de la péridurale, lors de la naissance de Quentin…).

Il nous a fallu une bonne dose de confiance en nous… « Nous » en couple, mais également « nous » et notre bébé à venir… Car un projet comme celui-là n’est pas toujours bien vu… Vouloir accoucher par voie basse après une césarienne… Cela est encore parfois perçu comme de l’inconscience. D’où l’importance d’être toujours bien informés, le mieux possible et de façon objective, afin de savoir de quoi on parle et de prendre de la distance et d’évaluer la pertinence des informations que l’on reçoit (que ce soit du corps médical ou des livres, des « on-dit », etc.) Cela permet également de poser des questions plus ciblées au personnel (para)médical et de faire des choix, quels qu’ils soient, tout à fait éclairés.

Le 30 septembre 2007, après du chemin parcouru à travers beaucoup de réflexions…, nous avons accueilli avec beaucoup d’émotions notre petit Simon… Né par voie basse et sans péridurale…

Le travail ayant débuté (presque…) seul (après un toucher vaginal de fin de grossesse…), n’ayant pas souhaité de péridurale pour pouvoir toujours bouger et surtout ayant souhaité de l’aide, un accompagnement, des encouragements  afin de m’aider à ne pas me tourner vers cette option, j’ai pu marcher et changer de position selon MES ressentis, selon MES besoins, MES envies… J’ai pu profiter du pouvoir de l’eau en prenant une douche chaude durant les fortes contractions. Notre bébé, pourtant encore bien haut et pas engagé au début du travail, est descendu et s’est engagé dans mon bassin (que l’on supposait pourtant encore si étroit par rapport au poids de mon enfant…). Mon col s’est ouvert de façon régulière et Simon est né… Tout simplement…

Dommage que l’on ait percé la poche des eaux (avec mon consentement cela dit…), dommage pour la position gynécologique (tellement inconfortable et gênante voire humiliante!) que  je n’avais bien sûr pas choisie… Dommage pour l’épisiotomie (dont je n’ai pas été prévenue avant!!) si douloureuse à cicatriser, dommage de ne n’avoir pas pu pousser alors que mon corps me l’imposait si clairement… et d’avoir dû pousser au moment où d’autres décidaient pour moi…

Mais quel chemin, quelle ambiance différente de la première naissance que nous avions vécue! Quel bonheur et quelle joie d’être « récompensés » d’avoir eu confiance en nous!!! …

C’est un sentiment très fort en tant que maman de pouvoir retrouver cette confiance en son corps qui avait été si vite détruite…

Lorsque j’ai eu mon petit bonhomme dans les bras et que j’ai un peu réalisé que nos choix avaient porté leurs fruits j’ai eu l’envie furieuse de rendre espoir à toutes les mamans ayant vécu une césarienne de façon douloureuse, de leur dire: « Si! Croyez-en vous! Faites-vous confiance! A vous et votre enfant à naître… » On peut vivre une naissance heureuse même après un vécu difficile et même si tous les souhaits ne sont pas « assouvis ». Je sais aussi que si j’avais dû, à nouveau, vivre une césarienne, elle m’aurait été beaucoup plus douce que la première car nous avions préparé cette naissance sous les différents angles. Et notre projet nous aidait dans ce sens.

J’avais donc envie de partager cette joie si intense! J’ai eu envie d’accompagner les futures-mamans, les futurs-parents… Comme un hommage à leur rendre. Et j’ai décidé de devenir doula…

Beaucoup de lectures, de vidéos et de rencontres exceptionnelles, l’écoute de mamans de mon entourage, ou croisées par hasard, la chance d’avoir pu suivre une formation d’accompagnante à la naissance au Québec, mes questionnements à des professionnels et des (futurs-) parents, et le prolongement de mes propres réflexions personnelles m’ont poussée toujours plus loin sur cette route que je poursuis encore…

C’est pour ma 3ème grossesse, informée alors que l’on pouvait être suivie uniquement par une sage-femme pour une grossesse se présentant « normalement », que ce choix est devenu une évidence! Avec le projet d’un accouchement en maison de naissance. …Mais il me reste à ce moment là l’épine qu’un AVAC (Accouchement Vaginal Après une Césarienne), même avec un accouchement par voie basse déjà réussi entre les deux, reste un AVAC… Il m’a donc fallu chercher un peu pour trouver une sage-femme qui soit d’accord et à l’aise de me suivre durant ma grossesse mais aussi l’accouchement en maison de naissance.

Ce choix de départ nous a permis d’expliquer les raisons pour lesquelles nous nous tournions vers elle et elle de comprendre cela, de cibler nos besoins et ainsi nous guider au mieux.

Nous avons alors vécu un suivi de grossesse tout particulièrement respectueux, en étant informés clairement concernant les choix que nous avions à faire et ce que cela impliquait ou non. Avec beaucoup de bienveillance, elle a été présente et nous a accompagnés jusqu’à la fin de notre grossesse… et après! Nous avons fait connaissance et beaucoup discuté. C’est important et tellement plus agréable de partager réellement des moments ensemble, de créer une relation de confiance, avec la personne qui sera sans doute présente lors de la naissance de son enfant!

Au fil des mois, notre choix s’est plutôt orienté vers l’accouchement à domicile et nous avons préparé cela ensemble. Nous, en réalisant à nouveau un projet de naissance, « notre » sage-femme en prenant connaissance de celui-ci, et chacun de nous en tenant compte des attentes, besoins et « conditions » de tous. Un accouchement à domicile, ne s’improvise pas et l’on ne sait, finalement, qu’au tout dernier moment, si celui-ci se déroulera en effet à domicile ou non.

Le 29 novembre 2011, notre sage-femme est en France pour accompagner une autre maman qui doit elle aussi accoucher à ce moment… C’est alors sa collègue, qui travaille dans la même optique et que nous avons également rencontrée avant la fin de la grossesse, que nous appelons pour nous accompagner car j’ai perdu les eaux durant la nuit. Le travail s’est mis en route, les contractions sont déjà fortes et augmentent encore.

Lorsqu’elle arrive, le travail est bien avancé… Ma sœur et la marraine de notre bébé à naître sont présentes chez nous pour s’occuper de nos grands qui n’iront pas à l’école aujourd’hui… jour tout spécial pour chacun de nous. Nous sommes en confiance, tout se passe bien et est bien organisé… Une petite heure plus tard, tendrement accompagnée par mon homme qui me soutient depuis le début et sous l’œil bienveillant mais discret de la sage-femme, notre petite Fanny naît dans, notre chambre, tout en douceur… Pour notre plus grand BONHEUR!!!! …

Pas de « dommage pour ceci, pour cela… », à l’exception peut-être que la sage-femme qui nous accompagnait depuis le début n’ait pas été là… Mais comme nous étions préparés et nous étions rencontrés avant, tout s’est vraiment bien déroulé et dans une relation de confiance.

Pas de péridurale, pas d’épisiotomie, pas de position gynécologique ni de poussée imposée, pas besoin « d’exclure » les enfants, ils sont là, dans la maison, pas loin de nous. Pas de gestes invasifs, pas un nombre incalculable de va et vient de personnes entrant dans ma chambre sans demander s’ils ne dérangent pas, …

Juste…Respect, Soutien, Tendresse et Douceur, Confiance, Bienveillance, Simplicité… et un Bonheur infini à partager de rencontrer notre enfant dont nous ne connaissions pas le sexe, une petite fille, Fanny, venue agrandir notre famille…

MERCI…

Chemin de naissances, chemin de vie,… Ensemble et avec chacun de nos enfants nous grandissons, nous apprenons, nous nous éveillons. Laissons-les nous guider… en confiance…

#178 Anonyme – séparation

27 Fév

Mon premier bébé est né par césarienne suite a un échec de déclenchement (rupture de la poche des eaux), nous avons été séparé toute la première nuit du coup pour cette seconde grossesse je voulais une voie basse pour ne pas revivre la séparation,mais…

Mercredi 6 avril je suis réveillé par le début du travail, mon terme étant prévu pour le 20 mai , j’appelle la maternité de niveau 1 ou je suis suivit pour savoir si je me rend chez eux vu que je suis a 33sa +5 ou je je me rend au chu de bx (niveau3); il m’est répondu de venir on verra sur place.
Après avoir confié Noa 22mois a ma maman on arrive a la mat vers 8h. Une sf ,qui sera notre seul accompagnant nous recoit elle appelle la gyneco de garde pour savoir si oui ou non ils doivent me transfère, la réponse sera -NON,de plus le bb de cette patiente est prévu pour être un gros bébé.
On m’installe en salle d accouchement et en montant sur la table la poches des eaux se rompt ,je ne suis qu 3cm.J ai Mais, les contractions sont des reins et sans poche des eaux ça fait encore plus mal. La sage femme est douce et encourageante.Mon homme est la ma masse me soulage comme il peut.
Vers 10h je suis encore a 3, un bain m est propose j’y reste 1h20 et la j’ai très très très mal, je n ai meme plus de temps de récupération entre deux contraction..
11h40 je suis sorti sèche rhabillée, couchée sur le lit de la salle d accouchement et attend la sf pour savoir si mon col a bougé.
Elle arrive fait un touché et s’écrie: -vous êtes a 10, votre puce est la!! J’appelle l’auxiliaire puer et j arrive.
A midi 06 par cette très belle journée de printemps MIA voit le jour avec plus de 7 semaines d’avance. ELle est déposée contre ma poitrine,elle est belle et d’apres la sf « grosse pour son terme » Pas d’episio, pas de dechirure.
On nous laisse tout les 3 faire connaissance, vers 13h mon homme part voir notre aine. Mia est encore contre moi elle tete malgré son terme.
A ce moment la je pense « je l’ai eu mon accouchement de reve, sans peri, respectueux, une sf super…mais
A 14h la pediatre qui vient de prendre sa garde entre ds la chambre sans frapper en gueulant.:-Madame votre bb est trop premature pour notre hopital,ns avons des protocole,le samu est appellé pour un transfert bx en neonat pour votre bb et vs vs reste la et demain vs irez la voir en ambulance!! ». Elle m’arrache MIA endormi contre moi et va lui faire les soins ,et moi je pleure. MIA m’est ramenée la temps d’un bisous et le samu arrive pour le transfert,elle hurle,je pleure c est horrible!
Mon homme arrive et voit dans le couloir une couveuse et un bébé hurlant et pense -pauvre bebe, pauvres parents (il n avait pas vu que c’etait Notre bébé).
Je signe une décharge et sort rejoindre ma file (par chance on a de la famille pres de l hopital ou est mia, on amenage la bas tous les trois). MIa restera 3 semaines en neonat .
Pour un troisieme je veux un aad.

# 168 Anonyme_ Bastia

26 Fév

Pour rappel voici le projet de naissance que nous avions rédigé et soumis au gynéco et à la SF de l’hôpital, et qu’elle a agrafé au début de mon dossier médical, et qui ne leur posait aucun problème.

Citation:
Pour la naissance de notre fils, nous souhaiterions que la physiologie de l’accouchement soit respectée le plus possible.

Nous aimerions avoir une chambre individuelle si disponible.

Le papa souhaite être présent à tout moment.

De manière générale nous souhaitons être consultés et informés avant tout acte et intervention sur la maman ou le bébé.

Pendant le travail:

La maman souhaite pouvoir être libre de ses mouvements, marcher, éventuellement prendre un bain, grâce à l’utilisation d’un cathéter souple bouché et d’un monitoring discontinu ou ambulatoire.

Dans l’optique d’un accouchement naturel, nous ne souhaitons pas de déclenchement, de rupture artificielle de la poche, ou de décollement de membrane, sauf en cas de souffrance fœtale.

Toujours dans une optique naturelle et afin de favoriser la montée de lait, nous ne souhaitons pas avoir recours à des médicaments accélérant tels que Syntocinon ou Ocytocine.

Nous avons préparé une péridurale, mais nous voudrions essayer au maximum de ne pas y avoir recours. Dans ce sens, nous comptons sur le soutien de l’équipe médicale afin d’aider et soulager la maman par d’autres moyens, notamment grâce à diverses positions (accroupie, sur le côté…)

Par respect pour son corps, la maman préférerai éviter de trop nombreux touchers vaginaux, et ne veut pas d’épisiotomie, même en cas de déchirure.

Après la naissance:

Nous souhaiterions attendre la fin des pulsations avant de couper le cordon ombilical et procéder au peau à peau et à la tétée de bienvenue immédiatement.

Afin de favoriser l’allaitement, le bébé ne recevra aucun complément alimentaire ni biberon.

En cas de césarienne:

Le papa sera présent si il le souhaite et prendra le relai pour les soins du bébé et le peau à peau.

Si complications, la maman préfère qu’on tire son lait et qu’on le donne à la pipette.

Bien entendu, nous nous remettons à l’expertise de l’équipe médicale et sommes à son écoute pour toute suggestion visant à accueillir notre enfant dans les meilleures conditions.

Vendredi 14 décembre:

Nous avons rendez-vous à 11h à l’hôpital de Bastia pour la visite du terme. Nous prenons toutes les affaires avec nous au cas où ils me garderaient. Nous quittons l’Ile Rousse vers 9h. RAS

On monte en salle des naissances comme convenu, les SF me font entrer en salle d’examen seule. Prélèvement d’urine, mesure du ventre, monitoring. La SF vient contrôler le monitoring: j’ai des contractions irrégulières que je ne sens pas. Elle contrôle mon col, toujours mou et ouvert à 2, comme depuis le mois dernier. Elle me dit qu’il est « favorable ». Me demande où j’habite, et me dit que vu que j’ai des contractions elle va peut-être me garder. Elle est toujours en train de m’examiner, et me dit qu’elle va « être vilaine », qu’on va le « titiller un peu pour voir ». Dans ma tête j’ai un gros doute, j’ai peur de comprendre. Elle enfonce un peu plus ses doigts. puis elle ressort et retire son gant. Elle appelle mon homme pour qu’il entre, et lui dit qu’elle va me garder, qu’il va falloir qu’il descende faire les papiers d’hospitalisation. Elle sort et revient quelques minutes plus tard avec mon dossier médical pour faire la paperasse. Elle m’avoue qu’elle n’avait pas lu notre projet de naissance…

On m’installe dans une chambre double avec une jeune maman qui a accouché 2jours plus tôt. Je demande si je peux être inscrite sur la liste d’attente pour une chambre individuelle, mais on me répond que je ne pourrai m’y inscrire que quand j’aurai accouché.

Mon homme et moi passons l’après-midi à déambuler dans l’hôpital pour faire démarrer le travail. Je ne sens rien, j’ai juste mal aux reins, d’avoir marché et d’être restée debout toute la journée.

20h mon homme doit partir, je suis dégoutée. Il n’a pas le droit de rester puisque je suis en chambre double. Je me dit que tout ça est ridicule, j’aurai très bien pu rentrer chez moi et attendre tranquillement que le travail commence tout seul. Si ça se trouve il va falloir attendre encore 2 jours, mais comme ils m’ont hospitalisée, y’a peu de chance qu’ils me laissent sortir demain si rien ne se passe d’ici là.

Je passe la soirée à papoter avec ma voisine de chambre qui est bien sympa. On essaye de dormir un peu.

Samedi 15 Décembre:

1h du matin: je sens couler quelque chose entre mes jambes, me demande si c’est du liquide amniotique. J’appelle la SF qui me fait retourner en salle d’exam pour contrôler: monitoring, prélèvement vaginal, toucher. c’est pas du liquide, la poche n’est pas rompue, le col n’a pas bougé. Alors que j’attends que le monitoring se fasse, je commence a avoir très mal aux reins, de manière discontinue. Je me demande si c’est pas une contraction. Pourtant mon ventre ne se contracte pas, j’ai pas mal à l’intérieur ni dans le vagin. Je test l’appli Babybump sur mon Iphone qui permet de chronométrer les contractions et leur intervalle. Je constate avec étonnement que ces douleurs durent 1min toutes les 4 minutes. On dirait bien que ce sont des contractions. Et ça a démarré d’un coup comme ça, super régulières et rapprochées. Je vais garder le même rythme pendant les 5 heures à venir. On me renvoie dans ma chambre en me disant que maintenant il faut attendre que le col s’ouvre.
Je panique un peu en me demandant si ça va aller vite, quand est-ce que je dois appeler mon homme pour qu’il vienne, il a au moins 1H30 de route pour venir, peur qu’il ne soit pas là à temps, peur de le faire venir et qu’en fait le travail n’avance pas et qu’il doive attendre dehors dans la voiture, peur de devoir faire tout le boulot sans lui.

Je ne trouve pas de position confortable sur le lit, mes exercices de yoga ne me soulagent que faiblement, par contre je gère plutôt bien ma respiration. J’ai mal au dos et dans le haut des cuisses. J’ai peur de plus souffrir de mes jambes que d’autre chose, et surtout de ma mauvaise jambe. Toujours pas de contraction du ventre ni à l’intérieur.

On me propose un ballon, j’essaye et ça me soulage bien.Je ne vais plus pouvoir le quitter, pas même pour faire le tour du lit et attraper la sonnette pour appeler de l’aide. J’essaye de ne pas faire de bruit, ma voisine essaye de dormir, son bébé est sage. Je respire fort, mais mon rythme régulier a dû la bercer, elle ronfle un peu. J’attends, ça parait interminable.

3h : j’envoie un texto à mon homme, qui me demande si je veux qu’il vienne. Je lui explique que je voudrai bien mais que de toute façon il pourra pas rester avec moi dans la chambre. J’attends que ma voisine se réveille pour nourrir son bébé, elle va le changer et me demande si ça va, je lui demande d’appeler la SF. La SF me répète que même si mon homme vient il devra attendre dehors, ou dans le hall de l’hôpital. Je lui fait bien comprendre qu’il en a pour minimum 1H30 de route, que je voudrai qu’il soit là, que j’ai peur qu’il n’arrive pas à temps pour la naissance de son fils. Je suis super angoissée. Je peux pas bouger du ballon. J’insiste en demandant si il n’y a vraiment pas un endroit où on pourrait être tous les deux. Elle me dit qu’on pourrait rester en salle d’examen mais qu’il faudra qu’il sorte à chaque fois qu’une autre patiente se fera examiner. Je dis banco et j’appelle mon homme, dès qu’il arrivera on ira en salle d’examen. Je reprends courage, je me reconcentre sur ma respiration, j’ai 1H30 à tenir et il sera là… entre deux contractions je manque plusieurs fois de tomber du ballon, je tombe de fatigue.

4H45: Il est toujours pas là. Je recommence à paniquer. Qu’est-ce qu’il fout? Je l’appelle, il arrive, il roule doucement, il est prudent, il est à 10min.

5h: Je vais en salle d’exam, mon homme est au bout du couloir, j’ai du mal à marcher. Il doit encore attendre hors de la salle le temps qu’on m’examine.
5h30: mon col est à 6cm. Ouf! j’ai pas souffert pour rien. Mon homme me rejoint dans la salle. Les contractions s’enchainent toujours au même rythme, mais j’ai perdu ma concentration. Mon homme ne sait pas comment m’aider. Je reste sur mon ballon, mais je suis épuisée. La SF passe nous voir et nous annonce: « pour la péridurale, si vous la voulez c’est maintenant. Je vous laisse réfléchir, je repasse dans 15 min. »
Je suis désemparée, je voulais tellement être forte, faire ce qui est le mieux pour mon bébé, j’étais sure d’être capable de le faire… mais j’en peux plus, j’ai mal, peut-être même que je gère moins bien depuis que mon homme est arrivé, je me suis relâchée. Je lui demande son avis, mais bien sûr il me répond qu’on fait comme je veux, il me demande si j’aurai la force de tenir encore 3h comme ça, avec des contractions plus fortes encore. Il me dit que ça ne fera pas de moi une mauvaise mère si je prend la péridurale, qu’il faut peut être que je garde des forces pour pousser, mais qu’il ne veut pas que je regrette après… Je lâche prise. En fait je capitule avec moi-même. Je suis épuisée.

6h: Je suis donc en salle d’accouchement, les SF et l’anesthésiste me préparent. L’effet est quasi immédiat, je ne sens plus les contractions, la peau de mon bas ventre et de mes cuisses commencent à se désensibiliser, puis au cours des heures, c’est toutes mes jambes qui vont devenir mortes.
6h30: Je souffle enfin, l’équipe de jour arrive, je reprécise à la nouvelle SF que j’ai un PdN, elle me dit qu’elle l’a lu. Elle forme une apprentie SF qui va également assister à l’accouchement, et m’examine aussi à chaque fois avant ou après la SF qui contrôle. Elles sont douces et prennent soin de me demander la permission de m’examiner à chaque fois. De toute façon maintenant je sens plus rien. Elles me tournent sur le côté avec un coussin entre les jambes, et m’expliquent que cette position va aider le bassin à s’ouvrir et aider le bébé à descendre (méthode Gasquet).
Elles nous laissent, mon homme porte une belle blouse et un joli bonnet. Il s’assoit en face de moi, on discute tranquillement. Je me repose, peut-être même que je dors un peu.

Après j’ai un peu perdu le fil de la montre. Les SF viennent régulièrement contrôler mon rythme cardiaque, ma tension (je suis toute branchée d’électrodes) et mon col. Au bout d’un moment, elles me disent que les contractions ne sont plus assez efficaces. Il faudrait rompre la poche des eaux pour que ce soit la tête du bébé qui appuie sur le col. Alors pffff ! je me dit au point où on en est… Elles me remettent ensuite dans la position sur le coté et on attend encore.
Peut-être une heure plus tard ou plus, elles me rééxaminent et cette fois elles me disent que le col est à 9cm qu’il ne manque plus grand chose mais que ça fait un moment que ça n’a plus bougé, il faudrait faire un peu de Syntocinon… Je proteste, lui dit que j’ai peur pour mon allaitement tout ça, elle me rassure, que c’est vraiment une petite dose, que mon corps ne sera pas gavé de Synto, qu’il a déjà commencé à en produire grâce au travail déjà accompli… bref…

Vers 11H elles reviennent, mon col est complètement effacé, on va commencer à pousser. Je ne sens absolument pas les contractions, j’attends que la SF me dise quoi faire. Mon homme est près de moi, il doit soutenir ma nuque quand je pousse. Il m’encourage. Je pousse de toutes mes forces, mais je ne sens rien, alors j’ai du mal à évaluer ma force, j’essaye de me rappeler le yoga, la bascule du bassin, l’abaissement du diaphragme. j’agrippe mes jambes puis mes chevilles, comme une grenouille. D’après mon homme j’ai du pousser une bonne trentaine de fois.

12h: mon bébé sanguinolant est sur mon ventre, j’arrache la blouse et retire les capteurs de l’electrocardiogramme, et le place entre mes seins. La SF appuie sur mon ventre, les autres essayent d’essuyer Elio. Son cordon est déjà clampé et coupé, tout va très vite, il y a plein de monde dans la salle. On emmène mon bébé pour le mettre en couveuse, il n’a pas pu téter. J’envoie mon homme surveiller ce qu’il font à notre fils, il ne veut pas me laisser, y’a du sang partout et je suis très blanche. Il demande à la SF si ça va aller pour moi, elle le rassure. Je vois l’aiguille courbe dans sa main et je pense « Oh Putain elle m’a coupée!!!  » (j’apprendrai plus tard que la tête était passée, c’est son bras replié qui bloquait les épaules, fuck!)

Mon homme sort, une femme apparait dans l’encadrement de la porte, elle commence à engueuler ma SF comme quoi on peut pas monopoliser tout un service pour un seul accouchement, l’autre répond qu’elle a appelé personne, la première insiste, l’autre répète 4 fois qu’elle a appelé personne. Moi saoulée, en train de me faire recoudre les jambes en l’air, je remballe celle qui doit être la chef de service je suppose: « elle vous a dit 4 fois qu’elle a appelé personne ! » fin de la discussion.

Mon homme revient, la pédiatre avec lui me dit qu’on va laisser le petit en couveuse pendant un moment « si vous êtes d’accord » non je suis pas d’accord, mais apparemment personne ne me demande mon avis. On ne peut pas non plus amener la couveuse dans ma salle. Je ne sais pas ce qu’il lui on fait, mais probablement une aspiration et tout. Il a pleuré pendant les 2h où on m’a gardé en observation et lui en couveuse. Mon homme n’a même pas pu le toucher. On me débarbouille un peu et on m’installe un peu plus confortablement. J’ai froid, je demande une couverture. On me dit de me reposer.

Les deux heures d’observation sont passées. On m’amène enfin mon bébé, mon grand et gros bébé de 4,400kg. Il porte le petit pyjama rouge qu’on avait choisi pour son 1er jour, pas de peau à peau. Il se calme enfin dans mes bras et tète pour la première fois. La chef de service désagréable vient me voir pour s’excuser pour tout à l’heure. Elle me dit que comme j’ai eu un accouchement difficile on va me mettre en chambre individuelle. Tiens donc ! y’en avait donc une de libre! Ils auraient pas pu me la donner direct au lieu de me priver de la présence de mon homme, et me stresser qu’il ne soit pas là à temps !! Grrr!! C’est peut-être une compensation pour n’avoir pas respecté mon PdN de bout en bout ?
On nous emmène dans la chambre et on essaye de se reposer. Le lendemain on me fait une perf de fer, je suis anémiée (fer à 7 au lieu de 10, on me dit que j’ai de la chance, la limite pour une transfusion sanguine c’est 6 )

Toujours est-il que notre petit est magnifique, il est gentil, ne pleure pas beaucoup, et tète bien. Mes seins vont s’en souvenir d’ailleurs, et si je ne m’étais pas bien informée par moi-même avant la naissance, j’aurai certainement accepté le biberon qu’on m’a proposé dès le 2ème jour, vu que ma montée de lait n’est arrivée qu’au 4ème jour, mais j’ai tenu bon malgré la fatigue, malgré la douleur des tétons, malgré le stress qu’on m’a donné parce qu’il ne reprenait pas de poids assez vite selon eux. J’ai tenu bon et mon petit à regrossi, et finalement il a pris 500gr par semaine en ayant été nourri exclusivement au sein. Aujourd’hui il a 10semaines et pèse déjà plus de 7kg, ses pyjamas taille 6mois sont déjà trop justes mais c’est une autre histoire. Il est juste exceptionnel et magnifique.

# 167_ Anais 2009_ Naissance de Noa

26 Fév

jeudi.
C est ma premiere grossesse je suis a 37sa je me rend a la mater pour ce que je crois etre une rupture des membranne.
Mon homme est avec moi ,ns sommes ds la salle d attente avec un autre couple en fin de grossesse.une sf ,apres examen on me confirme que c est bien une rupture des membranne ,que mon col est ferme mais que l on me garde avec traitement antibio au cas ou.L accouchement doit se mettre seul en route sous 48h ,passe ce delai ce sera declemchement.
Jeudi et vendredi
J ai ete instale en service suite.de couche,j ai droit a deux touche vaginal et deux monito par jour,mais RIEN ne se passe.
Samedi
7h je suis prete a descendre en salle d accouchement pour etre declenche,je suis a jeun .
On me pose une sorte de tampon sous le col de l uterus ,la sf qui le fait me fait treees mal et ose dire:’je m en suis fait mal au doigt »
Je suis perfuse et est droit a deux heure de monito,mon homme arrive vets 9h,vers 14h je suis autorise a prendre l air 1h puis vers 16h re2hde monito .VERDICT:0contraction-col long et ferme
Le soir on me donne juste une soupe un yayourt au cas ou (je suis a jeun depuis la veille au soir)
Dimanche
7h declenchement a l aide du gel journee qui ressemble a celle du samedi -toujours rien-et toujours juste une soupe et un yayourt et quand je dis que j ai faim on me dit » impossible vs etes perfuse! »
Lundi
7hdeclenchement a l aide de la perf ocitocine,c est leur derniere cartea perf coule jusqu a 15h et RIEN , ils en remettent et tjrs RIEN
J ai faim,je suis epuise moralement je pleure…c est la pleine lune et ns sommes ds un grd hopital il y a plein d accouchement et du coup personne pour s occuper de moi…
Vers 23h je suis tjrs en salle d accouchement (les soirs precedant je remontais),enfin un gyneco que je n ai jamais vu vien me voir en me dis doucement en me prenant les mains:’bonsoir madame ,suite a un echec de declenchement ns allons mettre votre bb au monde par cesarienne d ici 2h ».ENFIN !!!je voulais une voie basse mais tant pis,j en ai marre oui une cesa..

Mardi 26 mai 2009 a 00h40 mon fils noa vient au monde ,mon homme qui n a pas ete autorise ds le bloc attend derriere la porte.j embrasse mon fils et il part avec l auxiliaire puer rejoindre son papa pour les soins.
Je suis amene en salle de reveil et attend impatiemment mes amours.
2h ils arrivent ,c est magique noa est depose contre moi je savoure cet instant.on essaie une tete mais sans succes..
Vers 3h on viens ns voir pour demande a mon homme est noa de partir et ns disant que de toute facon je vais bientot remonte.

Le tps passe et personne me remonte,je pleure ,sonne ,demande a etre au pres de mon bb et on me repond.:’. calmez vs ,persone ne peut vs remontez ,reposez vs! »
Me reposer!!!non je veux mon homme et mon bb,peine perdu pour moi j ai eu beau pleure,crie, je n ai ete remonte qu a 9h !mon homme lui attendais ds ma chambre sans savoir ou j etais lorsqu il a pose la questions on lui a repondu ,je c ete une question d effectif mais des que qqn sera dispo je remonterai!de plus il pensais que noa ete avec moi.
Mon tout petit a passe sa premiere nuit en salle d accouchement,je l ai recupere.en remontant ,et le comble c est qu il avait ete nourri durant la nuit alors que j avais stipulee que je voulais allaiter que donc si il reclamait il fallait me l ammener.
La suite a ete plus heureuse ,cesarienne 00h40 a midi je remarchais ,l allaitement a tres bien fonctionne et a ete tres facile….

Pour bb 2 je souhaite du coup une voie basse pour ne pas revivre cette separation,malheuresement j ai eu une voie basse mais a 34sa donc transfert du bb en niveau 3et 10j de neonat…

pour bb 3jr souhaite un aad a voir.

# 144 Anonyme – France

23 Fév

Bonjour,

Je vous envoie ce mail pour témoigner sur la façon dont s’est passé mon accouchement.

J’ai choisi une maternité privée proche de mon domicile, car j’avais entendu pleins de bons commentaires sur le fait que l’on respectait les mamans et que les accouchements y était  » merveilleux ».

Je suis une femme au physique apparament  » atypique » 1,85 m pour 120 kg au 9eme mois de grossesse. Je suis en effet de base en surpoids, j’ai pris 20kg pour la grossesse. Malgré un parfait état de santé, le gynécologue que j’ai été obligé de prendre pour pouvoir prétendre accoucher dans cette clinique était très mécontent de ma prise de poids… ( je n’avais pas de diabète, d’hypertension, mon bébé n’était pas  » gros »). Je m’en fichait nous allions bien.

Quand j’ai émis l’idée d’accoucher sans péridurale ( je suivait des cours de sophrologie, chant et relaxation), la réponse du gynéco et de l’anesthésiste :  » hors de question ma petite dame, c’est le premier, on ne sait pas comment vous accoucher, on n’est plus au moyen age il ne faut pas écouter les hystérique de la naissance naturelle« .

J’ai capitulé avec regret, mais après tout ils devaient mieux savoir que moi.

Mon fils a bien voulu sortir 3 jours après terme, ce qui embêtait beaucoup le gynéco qui songeait à me déclencher. Finalement contractions spontanée à 00h, nous filons sereins à la mater.

Examens du col douloureux à plusieurs reprises et par plusieurs SF, en effet j’ai un col rétro versé et en plus je suis grande ! Je reste tranquille, le col se dilate grâce aux exercice sur le ballon, tout va bien, je suis cool.

A 4h30, l’anesthésiste est dispo donc en route pour la péridurale, la douleur est gérable, mais d’après la SF il vaut mieux la poser maintenant. J’avais bien pris soin de présicer à l’anesthésite pendant les rdv que je supporte très mal les morphiniques. Péri posé sans douleur, première dose passée, le corps médical décide de mettre l’ocytocine en route, je m’endort ! A 6h, je ressens quelques contractions mais pas de douleur, deuxième dose passée. A 8h, de nouveau petites contractions on me remet une dose.

A 10h je ne peux plus bouger, anesthésié des pieds au haut du buste, je sens seulement mes bras.
La nouvelle SF m’annnonce qu’il y a un problème que mon fils se présente le visage vers le ciel, qu’il faudra sans doute que j’accouche à quatre pattes. Elle revient 5 min après et se permet  » je ne savais pas que vous étiez infirmière, je n’aurais pas perdu du temps à vous expliquez« .

Je ris jaune sentant la catastrophe arrivé, je suis totalement incapable de bouger, je ne sens plus du tout mon corps.

A 11h30 la péri m’as donc immobilisée et on me demande de pousser !! ah ah coment faire quand son corps est complètement anesthésié!

A 12h, on décide de me faire une césarienne en urgence. Très très mauvais souvenir, je vous donne les quelques phrase que l’on m’a dites:
– en sortant mon fils  » allez hop moins 10kg, la prochaine fois vous les perdrez avant »
– personne ne m’as montré mon enfant
– pendant qu’il me recousait le gynéco m’as engueulée parce que je bougeais, c’était les sanglots que j’avais qui faisaient bouger mon ventre

J’ai extrêmement mal vécu cette naissance volée, je suis aujourd’hui bien déterminée.  Pour le prochain bébé, j’accoucherai chez moi. Le plus loin possible de ce corps médical méprisant.

#77 Aurélia, Juin 2012

11 Fév
Bonjour, voilà presque 8 mois que j’ai accouché dans la maternité niveau 2 de ma ville. J’attendais mon premier enfant alors bien sûr beaucoup de questions se bousculaient dans ma tête ! Le mardi 12 juin 2012 autour de 4h du matin j’ai été réveillée par de violentes douleurs, mon objectif étant de “ gérer “ le plus longtemps possible mes contractions à mon domicile ce n’est que vers midi et demie que j’ai appelé la sage femme, pour elle mes contractions n’étaient pas assez régulières alors je lui ai fait croire que j’avais l’impression d’avoir une fissure à la poche des eaux pour qu’elle accepte que je vienne ( je sais ce n’est pas bien ! ) mais je n’en pouvais plus. Arrivée à la maternité j’ai été examinée et mise sous monitoring j’étais déjà dilatée à 4 alors les choses se sont précipitées je suis passée en salle d’accouchement et comme j’en avais exprimé le souhait la péridurale a été posée, les sages femmes étaient très sympathiques et rassurantes, l’anesthésiste … beaucoup moins ! Enfin soulagée j’ai pu souffler un peu ! Je suis ensuite restée des heures sur le lit sur le dos sans pouvoir trop bouger. Vers 19h30 je suis enfin en dilatation complète, à aucun moment on me demande comment je veux accoucher, dans cet établissement c’est position gynécologique et c’est tout, ce qui est bien dommage.
Après plusieurs minutes de poussées la sage-femme veux me faire une épisiotomie, que je refuse je lui demande de me laisser encore 1 minute et cela paye puisque mon petit bout finit par arriver à 20 h 07 pour notre plus grand bonheur. Je l’ai eu tout de suite en peau à peau pendant 1 heure ce qui était tout simplement génial. Ce soir là le personnel est débordé nous nous sommes toutes données le mot pour accoucher en même temps  !
Après trois heures passées en salle d’accouchement on commence à me préparer pour partir en chambre avec mon bébé, mais là ils se sont aperçus que quelque chose n’allait pas, et là tout s’est accéléré j’ai hurlé de douleur, j’étais en train de faire une hémorragie, en effet le placenta a été vérifié par une sage femme encore à l’école et la sage femme titulaire n’ayant pas le temps de vérifier lui a dit qu’elle lui faisait confiance   or cette jeune femme était là pour apprendre et non pas pour tout faire seule. J’ai eu alors une rachianesthésie ayant refusé d’être sous anesthésie générale  pour subir une révision  utérine, j’ai eu un nombre incalculable de prise de sang. J’ai ensuite passé la première nuit de vie de mon fils seule en service réanimation ou j’ai été clairement laissée de coté dans une chambre très limite. Avec tout cela j’ai fait de l’hypertension et j’avais une prise de tension toutes les 10 minutes pendant 24 h. J’étais clairement épuisée lorsqu’enfin j’ai regagné ma chambre vers 9h, j’ai pu revoir mon fils mais je n’ai pas pu le prendre tout de suite étant très faible et branchée de partout. Cela a été très difficile à vivre.  Le reste de mon séjour s’est bien passé avec mon bébé même si je dois dire que je n’ai vu personne pour me demander si j’avais besoin d’aide avec le petit, heureusement que je n’en avais pas besoin sinon cela aurait été pareil ! Et pour finir le manque d’hygiène ( draps inchangés pendant 5 jours entre autres ) m’a provoqué une éruption cutanée sur les jambes et les bras, cela a duré 15 jours et s’est guéri grâce à une pommade à la cortisone. Malgré tout cela je garde un bon souvenir de la naissance de mon fils car le mettre au monde a été plus fort que tout mais pour mon second enfant j’irai ailleurs !!!!