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#351 L’accouchement de Cendrine

1 Mar

Lorsque j’ai appris que j’étais enceinte, j’ai été tellement contente mais j’étais loin de savoir dans quel bazar je me lançais! Dès que tu annonces que tu es enceinte, on te demande tout un tas de papier et si en plus, tu souhaites accoucher à la maison alors là le parcours du combattant commence!

Ma grossesse fut idyllique : pas de nausée, j’ai été active jusqu’au 8ème mois et bien entourée. Ma sage-femme était très douce et très à l’écoute de ce que je souhaitais. Dans ma tête, il était presque impossible que je n’accouche pas à la maison mais on a quand même constitué un dossier à la maternité la plus proche afin de prévenir si l’accouchement ne se passait pas bien.
Lors de la constitution du dossier, je n’ai jamais dit que je souhaitais accoucher à la maison mais juste commencer le travail à la maison, mais même là je sentais déjà qu’on me jugeait comme une irresponsable.
Finalement, le terme est arrivé et à l’hôpital (peut-être parce qu’ils sentaient que je voulais sortir du cadre), ils voulaient me faire rentrer de suite. Il a fallu qu’on bataille pour au moins attendre une semaine. Malheureusement pour moi, les 7 jours ont passés sans que mon bébé ne montre l’envie de pointer le bout de son nez. Malgré le fait qu’il n’était pas en souffrance, nous avons dû aller à l’hôpital pour un déclenchement…
Ma sage-femme qui me prévenait toujours de ce qu’elle faisait, notamment lorsqu’elle voulait regarder le col; là je suis passé dans un autre monde! J’ai eu plusieurs palpés vaginaux pour « savoir où en était le travail » sauf qu’à chaque fois, elles me faisaient mal. Si je me plaignais, on me disait que mon col n’était pas facile d’accès… A mon avis, si elles avaient pris le temps, je n’aurais pu eu aussi mal. J’avais , avec certaines, l’impression de subir un fist-fucking (désolée pour le langage mais c’est comme cela que je l’ai vécu).
Toutes les sages-femmes et infirmières n’étaient pas insensibles, il y en avait une (la plus expérimentée) qui me mettait à l’aise et qui était compréhensive de ce que je vivais. J’ai pu lui dire qu’on avait souhaité un accouchement à domicile et que là, l’expérience était dur à vivre pour nous deux. Elle a essayé, tant qu’elle le pouvait, de nous adoucir le séjour mais la plupart voulaient que cet enfant sorte (à ce moment là, je ne savais pas si c’était un garçon ou une fille).
Ils ont donc décidé d’accélérer les choses  : après l’application d’ocytocines, voyant que le col ne s’ouvrait pas plus que 3 cm, ils ont voulu que j’ai une césarienne. Nouvelle bataille pour qu’on essaie au moins de le faire sortir par voie basse. Voyant notre résistance, ils font une deuxième application d’ocytocine.
Le travail fut long mais le col ne bougeait tjs pas. Une césarienne fut donc programmée. Arrive l’anesthésiste:  pas sympa, engueulant les infirmières et les sages-femmes, ne me parlant jamais directement alors que j’étais à 3 cm d’elle et faisant des remarques désobligeantes sur les « gens comme moi qui sont trop cambrés » sous-entendu les noirs parce qu’elle n’arrivait pas à me faire la péridurale!
Là je comprends que c’est la fin, qu’on a plus notre mot à dire et que plus rien ne va nous être expliqué! Ca n’a pas loupé, 2 secondes après on m’insérer une sonde urinaire sans me prévenir ( ça fait très mal!). Mon compagnon a été complètement mis de côté, il n’avait qu’une envie c’était qu’on en finisse, de voir son bébé, de me retrouver et qu’on nous fiche la paix!
Seule chose qu’on a pu négocier: la récupération du placenta pour pouvoir planter un arbre pour la naissance de notre enfant!
Finalement, à mon réveil j’ai appris que c’était un petit garçon et une fois mon fils sorti, ils nous ont fichu la paix. Enfin!
Quand dans les jours qui ont suivi, on me demandait avec des les yeux brillants « alors? Ce fut le plus beau jour de ta vie, non?! » euh…. comment dire! Non! J’étais très heureuse de voir mon fils mais après ma grossesse idyllique, je ne m’imaginais pas l’enfer que j’allais vivre! Ce fut dur pour nous deux et nous nous sommes sentis dépossédés d’un moment qui aurait dû être magique et beau, malgré la douleur.
Nous attendons un nouvel enfant et déjà, je sais que ça va être compliqué d’accoucher comme je le souhaite! En France, tu n’as pas la possibilité de vraiment choisir ton accouchement. Soit il n’y a pas de sages-femmes qui fassent d’accouchement à domicile, soit elles sont trop éloignées… Certains hôpitaux sont mieux que d’autres mais globalement, on ne devrait y aller qu’en cas d’accouchements compliqués ou pour ceux qui se sentent plus à l’aise pour y accoucher… Ce devrait être un choix et non une obligation!
Je garde espoir que dans quelques années, cela soit une réalité!
Merci de m’avoir donné la parole

#249 Maëva, en 2011

21 Mar

On est le 30 août 2011, et il est 16h. J’attends pour voir le gynéco qui va m’accoucher. On a convenu d’un rendez vous à 2 semaines du terme, parce que bébé est plutôt gros, et peut être qu’il va me déclencher. Je souffre. Mon ventre est énorme, j’ai les pattes énormes et douloureuses, je commence à être à bout, surtout avec la chaleur qui est revenue.

Pendant ce rendez vous, il m’annonce qu’il va déclencher l’accouchement. Mais mon col n’est pas favorable. D’ailleurs, il m’a fait mal en auscultant, il a forcé pour passer un doigt. Mais « il n’a pas le choix, c’est comme ça ». Je suis à 1 doigt, le col est long et dur. Mais il veut quand même me déclencher. Demain matin, 9h.

Je rentre donc chez moi, les derniers préparatifs sont faits. On s’endort. Enfin, en réalité, je dors peu, j’ai des contractions à cause de son toucher vaginal. Pourtant, le lendemain matin, je me lève, le sourire aux lèvres. Aujourd’hui, je vais rencontrer mon fils ! Mon chéri et moi, on est excités comme des puces.

A 9h pétantes, on est à la maternité, et on est reçus par une sage femme, qui m’installe pour le monitoring d’usage. Pendant une heure, on papote, excités à l’idée de bientôt découvrir le visage de notre fils. Je demande à me tourner sur le côté, je souffre vraiment avec le poids de mon ventre, couchée sur le dos.

A 10h, la sage femme vient me revoir pour poser le gel destiné à dilater le col. Je suis toujours à 1, le col n’est toujours pas favorable. Soit. Elle pose le gel et s’en va. Pas très aimable la dame. Pas méchante, mais froide comme un roc. A peine a-t-elle passé la porte que les contractions commencent. Rapidement, je demande à être débranchée du monito pour aller marcher. Je ne supporte plus d’être allongée. Je marche, aidée par mon chéri. Je descends les escaliers, on va dehors, doucement, avec beaucoup de pauses. J’ai mal. Je pensais pas que je pouvais avoir aussi mal. Vers 11h30, on remonte, elle va me refaire un toucher vaginal, un monito, et me servir à manger. Le col n’a pas bougé d’un centimètre. Bébé va bien, mais sur le monito, je ne distingue pas ou peu les contractions. Peut être que je suis nulle, et je ne sais pas lire. Je ne sais pas. En tous cas, j’ai mal.

Finalement, je n’ai pas mangé. Je n’ai pas faim. J’ai trop mal. Je bois énormément, on m’a apporté des bouteilles d’eau. Mon chéri mange mon repas, et il s’ennuie. Il ne sait pas quoi faire pour m’aider, et ça dure. Longtemps. La journée sera rythmée par les douleurs et les touchers vaginaux. On me reposera même un gel. Et finalement, on me donne une chambre pour la nuit. Mon homme est obligé de partir à 21h, me laissant seule avec ma douleur, ma chambre double vide, ma fatigue et mon fils qui ne veut pas sortir. Visite du gynéco avant que je me couche, il me dit de sonner si les douleurs changent ou si je perds les eaux, mais il ajoute avec un petit rire sardonique « mais je n’y crois pas ahaha ». Merci. Ça m’encourage ça…

Je n’ai quasiment pas dormi de la nuit. Des contractions toutes les deux minutes m’ont tenue éveillée et la douche que j’ai prise ne les a calmées que quelques minutes. Mon ventre a changé de forme. A nouveau, il me gène. Bébé est remonté. Il n’est pas l’heure de sortir. Il est bien là…

A 6h, on vient me réveiller alors que je viens de m’endormir, température, tension, monito et enfin petit dej. Je n’ai encore rien avalé, si ce n’est de l’eau. A 8h, le gynéco passe. Me fait un toucher vaginal toujours aussi douloureux. J’ai gagné 1/2cm. C’est déjà ça de pris ! Repose de gel. Mon homme arrive à ce moment là, et c’est reparti. J’ai mal. Je ne me rappelle pas des heures, de ce que j’ai fait, de ce que j’ai dit. J’étais seule dans ma douleur. Ah si, j’ai entendu vaguement la sage femme du matin dire à une autre que je gérais la douleur.

A un moment, elles me cherchent pour un toucher vaginal, mais je ne me manifeste pas. J’attends un peu avant. Toute manière, ça changera rien. Vu comment bébé est placé, je suis certaine que ça n’a pas changé. Et j’avais raison. Le midi, je mange peu à nouveau. Après le repas une nouvelle sage femme arrive. Elle me repose un gel, et c’est la première à le faire sans me faire mal. Je lui ai dit que j’avais mal quand on me touchait. Elle m’a dit que tout irait bien, qu’elle ferait attention. Je n’ai pas eu mal. Je retourne marcher avec mon chéri, j’essaie de faire redescendre bébé en bougeant du bassin, en faisant des aller et retour dans les escaliers. Mais il ne veut pas. Je suis fatiguée.

A 17h, la sage femme vient me voir, elle m’annonce qu’on va me poser une perf, que ça fera encore plus mal, mais que ça avancera enfin. On percera également la poche des eaux. Je fond en larmes. Je veux pas avoir plus mal que ça. Je ne peux pas avoir plus mal que ça ! Je pleure pour avoir la péridurale. Alors que je ne la voulais pas. En plus, j’ai froid. Tout le monde a chaud, et je demande à éteindre le ventilo de la salle de naissance. Je crois que j’ai de la fièvre. Oui, 38,5°. Du coup, la péri est en suspens, on me fait des analyses. On attend les résultats du labo pendant qu’on me prépare. On me nettoie pour me poser une sonde urinaire. Autour de moi, ça parle césarienne, mais ils attendent les résultats. Au fond de moi, je sais que j’aurais une césarienne. On me nettoie et on me pose une sonde urinaire . En fait, ils ont déjà décidé. On me rase le pubis. Cette fois c’est sûr, je vais descendre au bloc. Je n’ai pas peur. J’ai juste mal. Paradoxalement, c’est moi qui rassure mon amoureux qui est près de moi et qui me tient la main.

Les résultats n’arrivent pas. Je ne sais pas quelle heure il est, mais il est l’heure de descendre au bloc.

Le bloc est froid, mais la gentille sage femme est là, et une infirmière aussi. Elles sont aux petits soins avec moi. J’ai laissé le papa devant l’ascenseur, il n’a pas le droit de venir. Je sais qu’il s’inquiète. Moi aussi, je commence à avoir un peu peur. Elles me rassurent, l’anesthésiste arrive rapidement et me pose la rachi. L’infirmière m’aide à garder le dos rond. L’anesthésiste est adorable. On me couche, et l’anesthésiste me demande de lui décrire ce que je ressens, de bouger les orteils, la jambe, mais rien. On peut commencer. Il est resté toute l’intervention près de moi, à m’expliquer ce que faisait le gynéco. Gynéco qui faisait des ‘blagues’ pour le moins douteuses sur mon poids, celui de mon bébé, le poids plume de mon homme. Bref, je n’ai pas apprécié ces remarques, comme si je n’étais qu’un (gros) ventre posé sur une table. Comme si le champ stérile m’isolait de ses paroles… Puis j’ai senti une pression sur mon ventre et une sensation de délivrance, une bouffée d’oxygène, un poids en moins sur mes poumons, et j’ai entendu le son le plus beau que j’ai jamais entendu. Le cri de mon fils. Il a été nettoyé pendant ce qui me semble être une éternité, puis la sage femme me l’a apporté pour que je l’embrasse, que je l’admire, qu’il était beau ! Et elle a été le présenter à son papa. Puis, le temps que je sois recousue, elle l’a laissé en couveuse, à portée de mes yeux pour que je me repaisse de la vision de son petit visage.

Aloys est donc né par césarienne à 18h46 le 1er septembre 2011, après 37 dures heures de ‘faux travail’. Un beau bébé de 4kg460 et 54cm, quand on m’annonçait un gros, mais petit bébé. J’en suis sortie tellement épuisée que j’avais peur de mourir en dormant les deux nuits qui ont suivi, tellement je respirais faiblement.

J’ai été ignorée pendant ces longues heures. Je ne voyais quelqu’un que pour les touchers vaginaux. On n’a pas essayé de soulager ma douleur, qui était pourtant manifestement soulageable, puisque c’était du faux travail. On m’a fait tellement de touchers vaginaux que j’en ai fait une infection urinaire qui a conduit à ma césarienne (on ne l’a su que le lendemain après midi!), puisque je suis déjà très sensible à ce niveau là.

J’ai très mal vécu cette césarienne et ce déclenchement en général. Sachant que mon bassin était assez large pour laisser passer un gros bébé, j’aurais préféré qu’on me laisse rentrer chez moi le premier soir, puisque ça ne marchait manifestement pas. J’ai eu du mal à m’en remettre moralement, bien que physiquement, je n’ai pas du tout souffert des suites de l’opération (mis à part une rétroversion de l’utérus que je n’ai appris qu’en retombant enceinte, je n’ai pas eu de douleur ou de problème!)

J’attends mon second enfant pour juillet, j’accoucherai au même endroit, avec un autre médecin, et cette fois-ci je me ferai entendre…. !

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Je vous joins une photo de la première fois que papa tient son bébé dans les bras, avec émotion (même si on ne le voit pas…!) pendant que j’étais en train de me faire recoudre au bloc.

#157 Région parisienne, 2012

25 Fév

Jeudi 20 décembre 2012.

J’ai eu une grossesse sans problème, ce qui m’a permis de choisir la maternité de mon choix. Pour des raisons pratiques de distance, je me suis naturellement orientée vers une clinique privée, en banlieue parisienne. Ce choix me convenait tout à fait car ne je souhaitais pas accoucher à l’hôpital. J’y suis allée une fois pour prendre des renseignement et j’ai été extrêmement mal reçue. Même si le service maternité avait entièrement été refait à neuf, je souhaitais privilégier un endroit calme, avec des équipes plus petites. La clinique L. répondait parfaitement à mes attentes (chambres seules, petit service maternité,équipe chaleureuse).

Le premier RDV s’est fait avec une sage-femme, elle nous a posé des questions sur notre santé et sur le bébé, elle remplissait sa fiche de façon mécanique, puis nous a demandé si nous avions des questions. J’étais enceinte de 3 mois alors, je n’avais pas vraiment encore réfléchi à l’accouchement, je n’avais pas de questions. A aucun moment on nous a parlé du projet de naissance…nous n’en avons donc pas fait.

Les choses se sont bien déroulées, les rendez-vous se sont succédés (échographie, gynécologie, préparation à l’accouchement…), tous dans la même clinique. Un mois avant le terme, je devais suivre le dernier cours de préparation, celui où l’on apprend à respirer et à pousser. Pas de chance, la sage-femme responsable de ce cours était malade, le cours a été annulé et n’a pas été reporté. Afin de finir ma préparation, j’ai donc regardé des DVD et lu beaucoup de choses sur internet.

Le jour du terme, je consulte ma gynécologue qui m’annonce que mon col n’est qu’à 1 cm, le travail n’a donc pas commencé. Après une échographie, elle m’annonce que mon bébé va bien, elle estime son poids à 3,8 kg et me prévient que si rien ne bouge naturellement, un déclenchement sera envisagé 3 jours plus tard. Je dois également me présenter tous les jours pour faire un monitoring.

Le lendemain, la sage-femme en charge de mon monitoring m’annonce que nous sommes à 2 cm. Elle me renvoie chez moi mais m’annonce que le déclenchement sera certainement pour le lendemain. Elle me demande donc de revenir le lendemain matin à jeun.

Le jeudi donc, je me présente pour le monitoring à 8h. Je suis seule dans le service, aucun autre accouchement n’a eu lieu de jour-là dans cette maternité. La sage-femme de garde me reçoit, m’installe, m’examine (de façon extrêmement violente et douloureuse) et quitte la salle sans rien dire. J’attends une heure sous monitoring, la sage-femme repasse, m’examine à nouveau et repart, toujours sans rien dire. Je l’aperçois au loin au téléphone (je comprends plus tard qu’elle fait un point avec ma gynécologue). Puis une jeune élève infirmière entre dans ma chambre et me pose un cathéter, je comprends donc que je vais rester et certainement accoucher dans la journée. Je lui demande confirmation et elle me dit que c’est bien cela. Je préviens donc mon conjoint que c’est pour aujourd’hui, afin qu’il me rejoigne à la maternité.

A 10h, la sage-femme revient et déclenche le travail. Elle me demande de me détendre et s’en va. Elle reviendra toutes les heures pour contrôler l’ouverture du col (toujours avec force et violence), sans jamais me dire ce qu’il en est. Je supporte assez mal les contractions qui sont très fortes et rapprochées, sans réel temps de pause entre chaque. Je suis tendue, je ne parviens pas à me détendre et à bien respirer. Mon corps est comme une planche en bois, complètement contracté. La sage-femme le remarque et me demande de me détendre et de respirer (pas d’autres paroles rassurantes ni même de démonstration pour la respiration). Vers midi, elle me dit qu’elle ne peut pas appeler l’anesthésiste pour la péridurale car cela ralentirait le travail. Je lui explique que je supporte de moins en moins les contractions, elle quitte la salle en me disant à nouveau de me détendre.

Elle revient finalement avec une piqûre, qui est un calmant. Je comprends donc qu’en ressortant de la salle, elle a téléphoné à ma gynécologue pour lui demander l’autorisation de m’injecter le calmant. Cela me soulage bien, je plane ou je m’endors même un peu entre deux contractions. Deux heures plus tard, le calmant ne fait plus effet, je lui signale et elle m’annonce que l’anesthésiste est prévenu et qu’il va venir me poser la péridurale. Elle commence alors à me préparer pour la péridurale (sans jamais m’informer de ce qu’elle va faire). Elle me rase (toujours sans délicatesse) et m’installe une sonde urinaire. Je finis par demander à l’élève infirmière ce qu’il en est de l’ouverture de mon col. J’apprends à mon grand désespoir que rien n’a bougé depuis le matin.

La pose de la péridurale se passe très bien, je ne sens rien, l’infirmière est restée avec moi pour m’aider. L’anesthésiste est doux et à mon écoute, un vrai bonheur ! La sage-femme revient ensuite pour me mettre dans des positions qui vont aider le bébé à descendre dans le col. Elle me demande de me déplacer, de mettre mon dos et mes jambes dans telles et telles positions…en oubliant peut-être que je venais d’avoir une péridurale ! J’étais incapable de bouger mes orteils alors me déplacer…C’est mon conjoint qui m’a soulevé les jambes, elle n’est pas intervenue une fois pour nous aider.

Devant un tel mutisme, une telle attitude négative, je dois dire que j’étais tendue dès qu’elle rentrait dans la salle, de crainte de subir un nouvel examen, de voir à nouveau son hochement de tête. Je crois bien qu’elle ne m’a jamais regardé dans les yeux, de toute sa garde ! Elle est revenue plusieurs fois pour m’examiner, elle m’a fait mal lors d’un examen et m’a dit que ce n’était pas vrai, que je ne sentais rien avec la péridurale… je commençais sérieusement à fatiguer et à de moins en moins supporter son attitude.

A 20h, une autre sage-femme entre dans la salle, elle se présente comme étant la sage-femme de garde pour la nuit, je comprends alors que l’autre a fini son service, sans nous prévenir ou même nous dire au revoir … Je suis extrêmement soulagée, la sage-femme nous explique tout, ce qu’il s’est passé dans la journée et où nous en sommes (je comprends entre les lignes qu’une césarienne est envisagée mais que nous attendons la décision du gynécologue). C’est l’anesthésiste de garde qui m’apprend 20 minutes plus tard que nous partons pour une césarienne. Tout le monde s’active pour me préparer mais je suis tellement soulagée car tous (sage-femme, auxiliaire de puériculture, infirmière, brancardier, anesthésiste…) sont sympathiques et prennent le temps de m’expliquer et de me rassurer sur les événements à suivre.

La césarienne se déroule très bien, on m’explique ce que l’on me fait, notamment au moment de la sortie du bébé (on m’indique que la tête passe, puis les épaules), l’anesthésiste est à mes petits soins (il me place une couverture chauffante…). Finalement Chloé naît à 21h13, on me la présente rapidement puis elle est conduite auprès de son papa pour ses premiers soins. Pendant que l’on finit l’intervention, l’anesthésiste reçoit un coup de fil, c’est l’auxiliaire qui lui indique que Chloé va très bien et qu’elle pèse 4,680 kg !!! Tout le monde dans le bloc est épaté et me félicite.

Je suis ensuite conduite en salle des naissances, Chloé était en couveuse et j’ai passé 2h à la regarder. Quand ils l’ont sortie de la couveuse, ils nous l’ont rapportée déjà emmaillotée dans plusieurs couches de vêtements. Sur le moment, je ne me sentais pas capable de la prendre dans mes bras, je tremblais beaucoup suite à l’opération, alors c’est le papa qui la porte pour la première fois. Avec le recul, je regrette que l’on ne nous ait pas proposé de faire du peau à peau. il était déjà tard (environ minuit), on allait me conduire dans ma chambre et je savais que le bébé passerait sa première nuit en nursery (après une césarienne, on ne garde pas le bébé dans sa chambre). Notre premier « contact » n’a eu lieu que le lendemain matin.

J’ai accouché la veille des vacances de Noël, avant le week-end, autrement dit, j’ai vu passé au moins 8 équipes différentes tout au long de mon séjour à la maternité. Ils ont tous été formidables, ils m’ont expliqué pourquoi j’ai eu une césarienne (le bébé était trop gros pour se placer dans le bassin, donc la tête du bébé n’aidait pas à l’ouverture du col), mais le jour de ma sortie, je retrouve la sage-femme qui s’est occupée de moi pendant la journée de mon accouchement. Elle n’est pas venue faire le tour des chambres au début de sa garde, comme le faisait ses collègues (ou peut-être qu’elle n’est pas venue me voir moi, parce qu’elle savait que je partais). Elle m’a fait ma dernière piqûre (avec toujours autant de délicatesse)…et n’a pas fait mine de me reconnaître (elle n’a même pas regardé le bébé dans son berceau). Dommage !

Je garde un excellent souvenir de mon accouchement, mais pas de ma journée de contractions. Je vivais un moment unique dans ma vie mais pour  cette sage-femme (pas très loin de la retraite à mon avis), je n’étais qu’une femme de plus qui accouche pendant son service. Je n’ai sentie aucune émotion chez elle, ce que je trouve aberrant dans son métier.