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Anonyme – « J’ai accouché, elles m’ont aidées à accoucher et pas l’inverse »

14 Nov

Après pas mal de difficultés pour conçevoir notre p’tit bout, j’ai eu la chance de vivre une grossesse plutôt zen et tranquille, avec un arrêt de travail très tôt en raison de mon métier de commerciale trop souvent en voiture et trop souvent stressée et d’une sciatique persistante du 4ème mois au dernier jour ! L’avant bébé un peu hard nous aide à relativiser et je prépare l’arrivée de notre bonhomme avec mon amoureux, B qui est aux petits soins pour nous.
Le terme est prévu le 20 septembre, tout mon entourage est heureux de ce happy end et lance les paris sur la date d’accouchement. Personne n’avait parié le 17 septembre 😉
Le lundi 16 septembre, tout est prêt depuis quelques jours. Je passe beaucoup de temps à me reposer car je ne dors pas bien, réveillée par l’inconfortable ventre incasable dans notre lit et les mouvements de notre fils qui s’éclate la nuit.
Je suis crevée et je traînasse. B est au boulot.
18h30 : début d’un mal de dos inhabituel. Je saute sur mon ballon, je bouge le bassin et je trompe mon cerveau qui a tendance à trop penser en jouant à la console. B rentre, on fait une partie ensemble sans oser croire que ça y est, le travail commence.
19h30 : première contraction. Je peux pas dire douloureuse mais pas agréable. Puis une autre dix minutes plus tard. A la troisième, B prépare le dîner. Je sais que ça y est, c’est parti. Je n’ai pas eu une contraction de ce genre avant.
Je vais fermer la valise. Je marche dans l’appartement, pour que ça aille vite. Ballon, allers retours cuisine-salon, ballon, salon-chambre …
21h00 : les contractions deviennent irrégulières mais largement plus carabinées. Quatre contractions en dix minutes, plus silence radio pendant douze minutes, retour des contractions …
22h00 : je ne peux plus rien faire pendant que le dos et le ventre contractent. Je stoppe tout et je respire en gonflant le ventre. Je visualise une grosse vague sous laquelle je dois plonger. Plus tard, j’imaginerais une fleur genre un nénuphar qui s’ouvre doucement, pétale par pétale. B me laisse faire, me masse quand je passe près de lui.
23h00 : bain chaud pour se détendre. Ça fonctionne super bien, pour chauffer mon ventre trop haut pour être immergé, je pose une serviette de bain dessus. Avec l’eau brûlante c’est top.
01h00 : je sors du bain et là gros mal de dos avec peu de pause entre chaque vague. C’est ce que je craignais, je prend toute la douleur dans les reins. Une série de contractions très rapprochées nous inquiètent un peu. On décide de partir à la mater pour voir. Au pire, on rentrera à la maison.
01h30 : B a roulé doucement pour ne pas empirer les contractions. Le gardien de nuit nous ouvre la porte et dit « c’est pour un accouchement ? » ( moi en train de souffler pour laisser passer une contraction je réponds mentalement : non c’est pour enfiler des perles) mais je souris et dis oui. On est admis de suite. Une sage femme m’examine. Le col est ouvert à 2. Elle nous installe en salle de pré travail  » parce que vous prenez tout dans le dos ». Monito ok. En chambre, B peut dormir dans un lit.
De 2h à 6h: Je fais du ballon, marche de long en large, en soufflant et en gonflant le ventre à fond.
6h30 : Je réveille B. J’ai mal dans le dos en continu et au milieu de chaque contraction, je pense que je ne supporterai pas la suivante. Mais je supporte la suivante aussi. Je commence à sentir les contractions dans le ventre en même temps. La chance va nous sourire : R, la sage femme qui a fait ma préparation entre dans la salle. Elle ne devait pas travailler aujourd’hui mais une copine à elle accouche le même jour. Alors elle va nous suivre de loin.
Elle me voit m’étirer le dos et me dit  » tu veux avoir mal ? » Je répond « non » Elle m’examine. On a gagné un petit cm en 4 heures. Mon moral en prend un coup mais R ne me laisse pas le temps de me prendre le chou. Elle nous emmène en salle d’accouchement. L’anesthésiste va passer. « Ça va être long mais tu vas y arriver »
Une troisième sage femme qui ne se présente pas arrive pour me poser une voie veineuse. Gros carnage. Elle me rate sur le bras droit, veine pétée. Pose sur la gauche mais n’importe comment. La voie veineuse me fera mal toute la journée. Elle enfile un gant pour examen et je n’ai même pas le temps de lui dire que R vient de le faire. Sans consentement et sans prévenir, elle me fait un mal de chien. Je serre les cuisses en la repoussant. Elle s’en va sans un mot. Heureusement, elle a fini son service et R vient nous présenter V, qui sera là tout au long de la naissance.
07h15: pose de la péridurale. B doit sortir. Je sens l’anesthésiste piquer un peu à droite. Ça ne fait pas mal mais c’est surprenant, on dirait qu’on injecte un Mister Freeze dans le dos. R me tient pour que je reste en bonne position. Elle me raconte son week-end. Tout se passe en douceur
7h45 : je pourrais embrasser l’anesthésiste. Mon amoureux revient et on se repose. On papote. Il m’amène à boire en douce. V passe toutes les heures. Parfois elle m’examine, parfois elle vient juste s’assurer que tout va bien. On entend au moins 3 ou 4 femmes accoucher dans les salles voisines. C’est long. Un cm, parfois un demi par heure. On dort un peu. Je change souvent de position pour bouger le bassin. Mon fils va bien, son rythme est tonique. Il supporte bien les contractions que nous suivons sur le monito.
13h00 : R oblige mon homme à aller manger. « Quitte la deux secondes pour aller manger parce qu’on aura pas le temps de te ramasser par terre si tu tombe dans les pommes ! » Du coup, il va se promener régulièrement ensuite. Boire un café, prendre l’air. Il me raconte qu’il croise de nombreux papas en stress qui fument et se caféinent à mort ! On rigole. C’est long pour lui aussi.
14h30 : ma gynéco J passe pour m’examiner. Je ne le vois pas mais elle est fait une drôle de tête. B a vu son expression mais ne me dit rien. Elle sort avec V. Je suis 9cm. Plus qu’un et je pourrais pousser mon fils dehors ! Je suis toute contente.
V revient et m’annonce que J veut me préparer pour une césarienne. Catastrophe. Mon fils arrive la tête tournée vers le ciel. Un bébé rêveur qui, en plus a de belles épaules à faire passer dans mon bassin un peu juste. Il ne pourra pas défléchir la tête normalement s’il ne se retourne pas avant la fin de la dilatation. Il faudra que je le pousse jusqu’au bout et J pense que je suis déjà trop fatiguée par le travail. Je m’effondre. Je n’ai aucun a priori sur la césa, mais après 20h00 de boulot, je le vis mal. Ça veut dire sonde urinaire à demeure (enfant, j’ai été opérée et sondée 2 fois à vif, sans anesthésie. Mon pire souvenir de douleur devenu phobie). Ça veut dire cicatrice. B est super mal de me voir comme ça. Il sait à quel point ça me fait peur d’échouer à ce moment.
V, elle y croit toujours, sûre que je peux accoucher par voie basse. Elle dit rien à personne et décide de m’aider.
Elle coupe la péridurale. J’ai une heure pour bouger le bassin dans toutes les positions qu’elle me fait prendre pour retourner le bébé. C’est le seul moment où je douille vraiment. Je m’agrippe à ce qu’il me passe sous la main et je bouge, je bouge. B se sent tellement mal qu’il fait les 100 pas. Sort. Revient. Repart. V me prépare pour la césa « au cas où », elle me rase, pose la sonde sans que je m’en apperçoive (une vraie magicienne).
R passe me voir. Son amie galère aussi. Je pleure un peu, les nerfs qui lâchent. Elle me carresse le bras et me dit « Ne lâche rien, accroche toi ».
V, la sage femme me réexamine. Mon fils est toujours tête en l’air. Elle me redonne de l’anesthésique. Vers 16h, elle enfile un gant et me dit  » on le retourne ? » Je dis oui. Elle commence mais j’ai mal. Alors elle me redonne une dose. Et la. Je plane. Je vois des ombres chinoises quand je ferme les yeux. Mais elle peut manipuler le bébé. Qui se retourne. Je le sens bouger. Du coup, V court appeler la gynéco pour lui dire que je peux pousser. Le temps que V revienne, le bébé s’est retourné à nouveau vers le ciel, mais on ne s’en rend pas compte à ce moment là. Il s’engage dans le bassin tranquillement. Je commence les poussées seule. V prépare la salle en speed.
B est derrière ma tête. Il me masse les cheveux. M’encourage à voix basse.
Avec 2 doses de péri, je ne sens pas du tout ce que je fais mais quand V se place entre mes jambes dix minutes plus tard, elle me dit qu’elle voit une belle touffe de cheveux châtains arriver et je pousse très bien. La gynéco arrive. Et constate de suite que le bébé est toujours tête en l’air. Trop tard pour m’arrêter. J ‘ai déjà bien travaillé. Je pousse encore, encore. Le temps me semble passer super vite. Entre deux séries de poussées, B me dit des mots d’amour dans les oreilles. Je n’oublierai jamais le regard qu’il pose sur moi à ce moment là. Je suis une foutue guerrière.
J et la sage femme nous laissent le plus d’intimité et de calme possible. Elles sourient, sont détendues et je sens bien qu’elles sont ravies de me voir réussir.
Une journée de travail et 30 minutes de poussées au total, une petite épisiotomie pour stopper une déchirure, j’entend J me dire  » il est là, attrapez le » et me voilà en train de tendre les bras de saisir mon fils. On se retrouve face à face et j’entend le papa s’exclamer de surprise et d’émotion.
Mon fils sur moi, B penché sur nous, tous les deux en larmes. Notre fils ne crie presque pas et nous regarde avec calme. Je n’ai rien vu des points, de la délivrance, de la toilette. J et V font tout pour nous laisser tranquille, elles travaillent vite et bien. On se retrouve tout les trois. Peau à peau de 2 heures sans personne pour nous embêter. Les soins se feront après dans la salle par V. Je suis là pour les mesures, le poids et B qui prend son petit dans les bras pour la première fois.
Conclusion 1 : Soyons flexibles et adaptons nous a l’accouchement tel qu’il est et pas tel que nous le voulons. Plus facile à dire qu’à faire, mais c’est inéluctable.
Conclusion 2 : Merci à J et surtout à V d’y avoir cru. Vous êtes merveilleuses ! Il est juste inconcevable que j’aille accoucher ailleurs pour son petit frère ou sa petite soeur. Être aussi bien entourés dans un moment pareil, c’est juste fantastique.
Conclusion 3 : C’est un moment incroyable où tout se mêle. Où l’on se dépasse, avec de bonnes surprises et de grosses douleurs qui s’imprime en nous comme un tatouage dans l’âme. Ne laissons personne le gâcher ou le voler. La fierté que je ressens me mets a l’abri de toute peine, atteinte, critique ou déprime. J’ai accouché, elles m’ont aidées à accoucher et pas l’inverse. Et je suis fière. J’ai donné la vie. Je souhaite à toutes les futures mamans de ressentir cette confiance en soi.
ANONYME.

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#289 Camille, le récit de trois césariennes

24 Sep

Je suis tombée par hasard sur votre défi de réunir 1000 témoignages en 1 an, sur la facon dont se passent les naissances en France et ailleurs.
Pour ma part, je garde un goût amer de tout ca…
Décembre 2006 j’apprends que je suis (enfin) enceinte, apres 18 mois de tentatives et plusieurs fausses couches spontanées. Ma grossesse se passe merveilleusement bien; je vis à Toulouse (31) j’arrive à m’entourer d’une sage femme incroyable qui me prépare à un accouchement le plus naturel possible. Dans ma tête, je m’imagine déja gérer le travail avec l’aide de mon époux, attraper mon fils a la sortie de mon ventre et le poser tout contre moi pour la tétée de bienvenue!
Oui mais voilà, à 8 mois de grossesse, le gynéco de la maternité de la clinique de N******* (11) m’envoit en urgence passer un scanner du bassin. Il ne m’explique pas pourquoi, et je pars la bouche en coeur passer cet examen. Le radiologue fait son travail en me disant que « de toute facon, je ne suis pas un gabarit de 1ière compétition »… Je ne comprends pas sa remarque mais ne demande pas plus d’explication. Je retourne voir mon gynéco avec les clichés de mon bassin; il me prend entre 2 rdv, dans une salle d’archive minuscule où on ne peut ni s’asseoir ni bouger. Et là, de but en blanc, il me dit « ouai bah on est à la limite de la césarienne! Allez on va aller planifier ca avec ma secrétaire » Je n’ai pas eu le temps de protester, de réagir, de demander quoique ce soit que déjà la date de naissance de mon fils était programmée « et bien je vous dit à mardi 14, à 7h au bloc! Allez voir la sage femme du bloc, elle vous expliquera plus en détails. Je vous laisse, une autre patiente m’attend »
J’ai passé les 10 jours suivant dans un état de demi conscience, ne sachant pas vers qui me tourner… J’avais 22 ans à peine, j’avais imaginé tous les scénarios catastrophe (prématurité, forceps, épisio) tous sauf la césarienne… Je ne trouve de réconfort auprés de personne: mon mari est soulagé que tout soit programmé; au moins y’aura pas d’imprévu. Mes tantes, belle mere, belles soeurs, etc s’extasient sur LA CHANCE que j’ai de ne pas connaitre les contractions. Bref, dès que j’essaye de parler de mon mal être, on me rabache que je n’ai pas a me plaindre, que je ne vais pas avoir à me poser de questions, je ne vais pas souffrir, mon bébé aura une belle tête ronde, et j’en passe des pires!
Je rentre donc la veille de la naissance de mon fils à la maternité. Les examens s’enchainent: prises de sang, frottis; une sage femme vient me raser le pubis; une seconde viendra 20 min plus tard vérifier que c’est bien fait (j’adore quand je suis respectée ainsi… « Baissez votre culotte madame! ») écho, monito, douche à la bétadine…. Nuit blanche, on me donne des cachets pour tenter de m’anesthésier le cerveau.
6h le lendemain matin. On vient me réveiller (enfin, me dire de me préparer) Je suis un zombie qui fait des gestes machinalement. On me presse, on me dit d’un ton peu sympathique « de me dépêcher!!!! » Les brancardiers m’emmènent. Le gynéco m’avait assuré que mon mari pourrait être présent, et là, juste devant les portes du bloc, on nous dit que non ça ne sera pas possible! Arrivée au bloc on m’installe. L’anesthésiste tarde à arriver donc pour gagner du temps on me pose la sonde urinaire à vif. Puis l’opération commence. Je suis mal, je pleure comme une enfant; le gynéco dit alors « faites entrer son mari! » Le soulagement quand je le vois arriver; il est aussi stressé que moi et ne cesse de me dire des trucs que je ne comprends pas. Soudain on entend un bébé pleurer; et on me montre une petite frimousse emmaillotée en me disant que c’est mon fils! Je ne réalise pas du tout…. Déja il part pour les soins (je ne le reverrais que 3h30 plus tard; pratique pour débuter un allaitement) La sage femme dit en rigolant « bon, on vous pose une fermeture éclair pour les prochains?! Ah ah ah »…. Les praticiens s’extasient sur le fait que je suis mince « c’est top de travailler dans ces conditions: ya pas un pet de graisse, on passe comme dans du beurre » …. J’ai envie de dormir pour ne plus entendre toutes ces méchancetés; je me sens vidée. Une fois l’opération terminée, le gynéco me félicite; je demande bêtement « pourquoi? » Je n’ai pas le sentiment d’etre bonne à féliciter.
En salle de réveil j’attends…. On me fait comprendre que je ne remonterai en chambre que lorsque je bougerai mes jambes. Je m’évertue a essayer; en vain. Une maman arrive 1h plus tard; et repartira avant moi… Y a vraiment des injustices partout, même en matière d’anesthésie! Un anesthésiste vient me voir, s’accoude à mon lit et me lance « alors, qu’est ce que vous avez eu? » Et moi de répondre « une césarienne ». Le médecin lève les yeux au ciel et réplique « Non mais ça je sais! C’est une fille ou un garcon? »… Les heures passent… Enfin je vais pouvoir remonter mais avant on me fait une toilette intime; les anesthésistes ne mettent ni rideau ni paravent: je suis nue et pas franchement à mon avantage dans une salle remplie d’autres patients. Quand j’en fais la remarque, on me rétorque que « de toutes façons, ils sont tous dans le gaz! » Tous peut-être, mais certainement pas l’autre maman qui est à côté de moi et qui détourne le visage, aussi génée que moi.
Je passe rapidement sur les « conseils » que je recevrais durant mon séjour en matiere d’allaitement: « De toute facon vous n’y arriverez pas, vous n’êtes pas motivée! » (J’ai allaité mon fils 16 mois; pour quelqu’un de pas motivée, je pense avoir fait fort!) Je ne m’attarderais pas non plus sur le biberon de lait qui fut donné a mon fils en pouponnière…. Et je ferais l’impasse sur le lit plus qu’inconfortable pour une maman césarisée (lit non relevable, sans potence pour s’aider à se lever, etc)
Suite à cette césarienne programmée par un gynéco frileux qui avait décrété que mon bassin était trop étroit, j’ai eu 2 autres césariennes (dont 1 non programmée et faite en urgence, car mon nouveau gynéco m’avait proposé de tenter une voie basse aprés deux césariennes) J’ai testé 3 établissements différents, et donc 3 gynécos. J’ai eu mon lot de remarques blessantes et déplacées. Par exemple, pour ma deuxieme césarienne (a dijon 21), le brancardier m’avait conduite au bloc puis laissée seule; lorsque l’infirmière est arrivée, elle m’a littéralement engueulée car je n’avais rien à faire là!!! Un comble tout de même! Elle a ensuite ralé car, ne connaissant pas le sexe de mon enfant (nous souhaitions garder la surprise afin d’avoir un petit moment de plaisir au bloc…) elle ne pouvait pas remplir ses dossiers!
Pour ma derniere césarienne (hopital de N******* 11), j’ai dû me frotter à beaucoup de critiques quand à mon souhait d’accoucher normalement apres deux césariennes. Les différents praticiens du service ne comprenaient pas mon envie, ne comprenaient pas que mon gynéco m’ait proposé ca (car oui, c’était sa proposition et non une demande de ma part!) Du coup j’ai été menacée de passer au bloc suivant quel gynéco serait de garde au moment où j’arriverais; on me faisait peur en me parlant de tous les risques que je prenais et faisais courir à mon enfant, on me jugeait, etc. Heureusement il y avait des sages femmes adorables, qui me comprenaient et me soutenaient. Le destin a voulu que le travail se mette en route à 2 jours du terme; j’ai rarement été aussi heureuse de ma vie! Mon gynéco est venu dans ma chambre pour m’ausculter, me décoller la poche des eaux et me dire de prendre une douche; et qu’il repasserait dans 2h pour voir comment ca évoluait. Ca a été la derniere fois que je l’ai vu… 1h apres une sage femme venait me chercher pour me conduire en salle de travail; et le temps que je prenne les affaires nécessaires à l’accouchement, elle revenait pour m’annoncer que la gynéco de garde refusait la voie basse et m’attendait au bloc pour…. la césarienne… J’ai essayé de protester, mais on ne fait pas le poids face à des médecins (meme enceinte de 9 mois…) J’ai à peine eu le temps de prévenir mon mari qui n’a pas eu le droit d’assister à l’opération. Au bloc il y avait beaucoup de monde; il y avait l’interne qui m’avait fait une écho le matin meme; il avait vu que ma fille avait le cordon en double circulaire et en avait informé la chef de service; est ce pour ca que j’ai eu une césarienne en urgence? Ou bien est-ce parce que mon utérus montrait des signes de faiblesse? Ou bien était-ce juste pour se protéger?…. Je n’ai jamais su! L’anesthésie était mal faite, j’ai souffert comme jamais et j’ai fini par faire un malaise tellement la douleur était insupportable; les médecins m’ont alors mise sous gaz hilarant pour m’aider à tenir le coup. Mon gynéco n’est jamais venu me revoir (je lui ai adressé une lettre longue de 4 pages, mais il n’a pas répondu) et je n’ai jamais vu la gynéco qui m’a opérée. J’ai appris par la suite grace a ma sage femme qu’il y avait eu des discussions plus que houleuses dans le service, et que depuis les accouchements voie basse apres 2 césariennes sont interdits.
Voilà je sais que c’est un récit tres long. Je sais aussi que je suis triste vis à vis des naissances de mes enfants mais que je dois m’estimer heureuse de les avoir tous les 3 en parfaite santé (et moi avec) Je garde le goût amer de ne jamais avoir accouchée; je ne connaîtrais jamais ce que toutes les femmes de mon entourage ont connu. Je ne me sentirais jamais une femme à part entiere. Je suis différente des autres, de celles qui savent accoucher. Je me sens inférieure. Je déteste toutes ces discussions entre voisines/copines, à la sortie de l’école, où chacune y va de son récit. Comme je me tais dans ces moments-là, quand parfois on me demande « et toi? » , je n’ai rien à dire, rien à répondre. Aujourd’hui je vis avec un regret sans fin « pourquoi suis-je aller voir ce gynéco pour mon fils ainé? Pourquoi ne suis-je pas partie en courant à l’annonce de la césarienne? Pourquoi n’ai-je pas exigé qu’on me laisse tenter un accouchement normal? »
J’aimerais, pour les autres femmes qui risquent de se retrouver dans ma situation (car je sais que je ne suis pas la seule), j’aimerais que les médecins arrêtent de vouloir tout contrôler, tout planifier! Ok, grace a eux le taux de mortalité des mères et des enfants à plus que baissé. Mais arrêtez de bousiller l’essence même de la femme: mettre un enfant au monde! Aidez-nous, protégez-nous, mais faites nous confiance!!!
Merci de m’avoir lue. J’espere que tous les témoignages feront bouger les choses dans le bon sens!

Ajout au 25 septembre 2013:

Pour mes fils (les 2 premieres césa programmées) mon mari a été présent; mais mes bébés ont été emmenés immédiatement, sans que je ne puisse les embrasser ou les toucher. Mon premier fils ne me sera rendu qu’en chambre, plus de 3h après et on le me mettra en peau à peau pour l’allaitement. Mon second fils sera placé sous oxygène pour une détresse respiratoire; mais la salle de réveil étant propre aux mamans césarisées, la couveuse sera amenée près de moi. En revanche on a refusé que je fasse du peau à peau et que je l’allaite… Je le mettrais au sein seule dans ma chambre, 4h après sa naissance, sans aucune aide et contre l’avis médical (la raison de ce refus était que mon bébé n’avait pas faim et ne tèterait donc pas) Idem une nuit, alors que mon fils était mis d’office en pouponnière, les soignantes avaient refusé de m’amener mon fils, disant qu’il ne tèterait pas car il avait des glaires (je passerais une nuit blanche a m’inquiéter et à me morfondre au fond de mon lit, tendant l’oreille à chaque fois que j’entendais pleurer un bébé, mais j’étais incapable de reconnaitre si c’était mon fils). Pour ma fille, j’ai fait le choix d’une maternité où le papa n’était pas présent au bloc mais où à la place j’aurais le droit d’avoir mon bébé contre moi dès la naissance! Dilemme difficile: je privais mon mari de la naissance de son enfant, pour que je puisse moi avoir enfin le bonheur de tenir mon enfant tout juste né! Mon mari a heureusement respecté mon choix. Malheureusement, étant mal anesthésiée, j’ai fais un malaise pendant que j’avais ma fille dans les bras; on me l’a donc enlevée au bout de quelques minutes à peine, et je ne la retrouverais que 3h plus tard, dans ma chambre. Là, avec mon expérience, j’ai exigé à ce que la sage-femme me donne ma fille en peau à peau (elle l’avait déjà habillée). J’ai ensuite refusée la mise en pouponnière (qui m’avait été imposée pour mes fils) et j’ai dormi toute la semaine avec ma fille dans mes bras. J’ai vidé dans le lavabo un bib de lait que la puéricultrice avait donné à mon mari un matin, car ma fille avait perdu trop de poids. Je me suis faite gronder; mais j’ai rétorqué que ma fille avait à peine 3 jours, que la montée de lait n’était pas faite. La puéricultrice m’a accordée 24h après quoi elle supplémenterait ma fille…. Le lendemain, ma fille avait repris 5g!!!! Enfin une victoire! 

#253 Octobre 2011 en Haute Savoie

5 Avr

Samedi 1er Octobre.

Enceinte de mon 1er enfant, j’ai dépassé mon terme de 3 jours. Je me rends à la maternité le samedi 1er octobre 2011 vers 20h pour fissure de la poche des eaux.

Je suis accueillie par une sage femme gentille qui m’explique tout ce qu’elle va me faire, comment ça va se passer pour la suite.

Après 1h de monitoring qui ne donne rien, on me met en salle de pré-travail toute la nuit.

Le Dimanche matin changement de sage-femme. Celle ci est tout suite plus désagréable. Elle voit que rien n’a bougé durant la nuit. Donc on me met dans une chambre toute la journée. On viendra me voir que 2-3 fois pour monito et toucher sans rien me dire de plus.

Le soir, le repas arrive pour la maman qui est dans le même chambre que moi… Mais au bout d’un moment je me dis qu’on m’a oubliée… Et c’est seulement 1h 1h30 après qu’on me dit « vous vous mangez pas car on vous déclenche ce soir et interdit de boire aussi !! » Ok merci de m’avoir prévenue… Je n’ai pas mangé depuis midi et je n’ai pas pu depuis déjà un moment, j’aurais aimé être prévenue dans la journée pour m’y préparer un peu!!

Le soir je retombe avec la sage femme gentille, donc super elle m’explique, ce qu’elle va me faire, poser un tampon.

Le Lundi matin je suis toujours au même point rien n’a bougé!!!  Re changement de sage femme. Pas de bol c’est le même qu’hier dans la journée. Elle me passe en salle d’accouchement pour me déclencher.

Elle me passe l’ocytocine. Et toute de suite j’ai de fortes contractions. J’appelle, elle ne voit rien sur le monito elle me dit limite que je dis n’importe quoi sur le fait que j’ai des contractions. En fait le monito était mal placé!! Elle me rajoute une dose, j’ai de plus en plus mal j’appelle elle revient et me rajoute une dose, je rappelle, je demande la péri, elle veut pas, et me rajoute une dose. J’appelle je ne sais combien de fois pour demander la péri mais à chaque fois la même chose. Au bout d’un moment que je hurle, que je débats sur le lit, que mon conjoint me tient pour pas que j’arrache les perfs, il l’appelle et lui dit que maintenant ça suffit et qu’elle appelle l’anesthésiste. Ce qu’elle fait, mais en disant que ca va ralentir le travail et que je risque de finir en césarienne!! Mais à ce moment là je m’en fiche tant qu’on me soulage.

L’anesthésiste arrive et là je sens du liquide qui coule donc je le dis et la sage femme me répond c’est rien!! Ouais enfin c’était juste la poche des eaux bref  on me met en position pour la péri, j’ai une grosse contraction je n’arrive pas a rester en place, je le dis et la sage femme répond « on s’en fout de la contraction il faut faire abstraction »…euh non impossible j’ai envie de lui répondre, l’anesthésiste rétorque « non non il faut attendre qu’elle passe ». Enfin la péri, je peux me reposer un peu. Je sens toujours une douleur en haut a droite mais je pensais que c’était mon bébé qui tapait. Je le dis à la sage femme elle me répond « ouais bin il faudrait peut être qu’il descende » sur un ton énervé !!

Je m’endors pendant je ne sais combien de temps, la sage femme me réveille pour un toucher, et quelques minutes après je sens des douleurs de plus en plus en fortes, je l’appelle elle me dit « c’est à cause du toucher que vous avez mal », il y encore de la péri donc ça va. Et elle me dit « je pars en césarienne »!!!

Quelques minutes plus tard les douleurs encore plus intenses et j’entends en biiiiiiiip j’appelle et une autre sage femme vient et me dit « votre péridurale est finie. Mais l’anesthésiste est en césarienne il faudra attendre. Je préviens votre sage femme. »

Rebelote, je hurle de douleur !!!! Ma sage femme revient et me dit « ah oui votre péri est finie j’appelle l’anesthésiste !!! » Et j’attends j’attends j’attends en hurlant!!!! enfin il revient et m’en remet une.

Quelque temps après elle revient me voir pour me vider la vessie, et en même temps un toucher, et là elle me dit « a ba le bébé arrive plus vite que prévu, il faut qu’on s’installe. »

Je précise qu’elle venait vérifier l’avancée du travail très rarement!!!

Je sentais bien quelques contractions qui poussaient mais m’étant fait remballer tellement de fois je n’ai rien dit !!

Mon gynécologue, arrive a la mater’ car il voulait voir où j’en étais et j’étais en plein accouchement donc il était pas très content qu’on l’ait pas prévenu.

Mon bébé sort plutôt assez vite mais elle avait le cordon autour du cou… donc elle est sortie toute violette.. on me prend assez vite la petite pour lui passer de l’oxygène.

On me la ramène après les soins, j’étais nue sur le lit, la porte de la salle était ouverte, des personnes passaient devant donc pouvaient me voir nue, l’intimité n’était vraiment pas respectée en plus des personnes du service pouvaient venir dans ma salle pour prendre des choses donc super d’être à poil comme ça devant tout le monde!!

Avant de me ramener dans ma chambre, une auxiliaire me demande si j’ai faim (il est 17h00) je dis oui elle dit à la sage femme on peut lui donner quelques chose ? sa réponse: « NON », l’auxiliaire insiste mais la sage femme dit toujours « NON »

Finalement l’auxiliaire sera venue me donner quand même un yaourt!!

La suite de mon séjour était aussi mauvaise. on me ramène dans la chambre avec bébé mais on me laisse comme ça sans rien me dire. je ne savais pas quoi faire quand lui donner a manger etc!!!

Je garde un très mauvais souvenir de mon accouchement.. on dit qu’on oublie une fois le bébé là mais moi c’est toujours là. Et j’appréhende énormément pour le deuxième!!!!!

Margaux, en Vendée en 2012

20 Mar

Le 8 février 2012 vers 16h

Tout d’abord je tiens à vous dire que j’ai passé une grossesse idéale, aucune contraction, quelques maux les premiers mois mais rien de bien important, je me suis sentie bien malgré les 22 kilos pris…

Aujourd’hui tout commence comme une journée banale, je passe chez ma maman en début d’après midi, je sauve un petit oiseau qui a tapé dans la baie vitrée et je pars rejoindre des copines à 20 minutes des chez moi. Tout va pour le mieux on discute,on rigole et on décide d’aller faire quelque courses à pied, on met 15 min pour y aller et 15 min pour revenir. Il est aux environs de 16h et je n’arrête pas d’aller aux toilettes, j’y vais toutes les 10 minutes je trouve çsa bizarre mais je ne m’inquiète pas et puis je commence à me sentir bizarre je n’ai pas mal mais comme des bouffées de chaleur, mes copines me trouvent rouge et rigolent en me disant « tu vas voir c’est pour ce soir!!! » et moi je dis « non, pas question ce soir il y a Greys Anatomy a la télé !!  » et c’est comme ça toutes les 30-45 min.

Je décide de rentrer chez moi, je passe chercher du pain pour ce soir et je rentre aux alentours de 18h30. J’appelle une copine et je lui dis que je ne suis pas très bien, elle regarde sur internet pour savoir si ce sont des contractions, on rigole, on discute…je ne fais que de faire pipi je ferais mieux de rester sur les toilettes j’y vais toutes les 5 min.

A 20h, mon homme arrive du travail, il me voit pas très bien et en effet je commence à comprendre que c’est pour bientôt…j’ai mal mais je gère, je prend une douche, je me mets en pyjama et m’installe sur le canapé devant ma série préféré. Mon homme mange, moi je n’ai pas faim.Il commence à compter le temps entre 2 contractions, elles ne sont pas régulières, ellses arrivent toutes les 5 à 10 minutes.

A 22h, je m’habille et chéri met les affaires dans la voiture, on décide de partir à la maternité qui est à 30 minutes de chez nous, il fait -10 dehors mais je n’ai pas froid !

22h30 on arrive enfin après avoir failli écraser un renard… on rentre par les urgences, un homme à l’accueil nous conduit au service de la maternité, une grande femme aux cheveux gris nous accueille, c’est l’aide soignante et une petite femme brune se présente c’est la sage femme.
On m’installe dans une petite chambre, je me déshabille et on me fait une analyse d’urine, la sage femme m’examine, je suis à 3 cm. On me fait un monitoring de 30 min,tout va bien mais mes contractions ne sont pas régulières. On me met un cathéter pour la perfusion,on me propose la péridurale, je refuse pour l’instant je gère.

Vers 23h30,on me propose un bain avec de la musique douce, j’accepte volontiers j’adore les bains et je n’ai pas de baignoire chez moi. Les contractions sont de plus en plus douloureuses et j’ai chaud dans la baignoire je sors au bout de 30 minutes.

Je retourne dans la petite chambre, elle me réexamine, je suis à 6 cm, ça avance vite ! Elle me repropose la péridurale, j’accepte même si je gère toujours j’ai tellement peur de la sortie que je la prends. On m’emmène en salle d’accouchement,il est aux alentours de minuit je crois.

L’anesthésiste arrive, je me souviens même plus de son visage, il me nettoie le dos, me fait faire le dos rond, me fait une première piqûre puis une deuxième. J’ai mal, je tremble de partout. C’est fini, je ne sens presque rien maintenant, on attend…

Vers 1h30 on me perce la poche des eaux et on me sonde la vessie, je ne sens rien. Je ne sais même pas où  j’en suis. Chéri boit un café et moi j’ai soif et envie de vomir mais je ne peux rien prendre et rien boire.

2h je suis à 10cm, on me met assise et je ressens les contractions, on attend que bébé descende un peu

2h15 je pousse mais j’ai mal, je n’arrive pas à respirer je stresse et tremble, j’ai peur…. Puis il me gêne je pousse de toute mes forces et le voilà enfin 2h32 mon fils pousse son premier cri , il est magnifique et propre, il a juste quelques gouttes de sang comme j’ai déchiré un peu malgré les compresses chaudes.
Je le garde sur le ventre, chéri coupe le cordon puis on me le prend et on le donne à chéri.

Le placenta ne veut pas sortir, elle appelle une acupunctrice pour aider à redéclencher des contractions mais quand elle arrive, il sort ; Je saigne beaucoup, elles font une drôle de tête et moi je tremble j’ai froid et soif. Elle me fait une révision utérine j’ai atrocement mal mais je ne saigne plus,elle me recoud et c’est enfin fini on me laisse tranquille, je ne suis même pas fatiguée, je veux manger et boire !!!

Sacha est habillé,il pèse 3k320 et mesure 51 cm, il a les yeux de son père, on me le ramène et il rampe sur mon ventre pour attraper le sein, elle m’aide à le positionner au sein gauche, il tète très bien puis s’endort.

Mon accouchement aura été rapide, 4h pour un premier c’est bien.

Vers 5h,on me ramène dans la chambre, Sacha et Chéri dorment et moi je mange un bon petit déjeuner et j’appelle ma maman, mon papa et ma belle sœur et j’envoie un message à toutes mes copines. Je n’aurai pas dormi de la nuit, je suis tellement heureuse.

Le séjour à la maternité fut assez dur malgré les nombreuses visites et le retour a la maison aussi,  je pleure beaucoup mais je peux compter sur ma belle soeur qui vient me voir tous les jours et mon chéri bien sûr .Puis ça passe en 3 semaines et tout rentre dans l’ordre c’est le bonheur !

Aujourd’hui,Sacha a 13 mois et il est toujours allaité et nous comble de bonheur!

#140 Aline – La naissance de Juliette à l’hôpital, Suisse

23 Fév

Ma petite merveille est née le 4 juin 2008 à 16h27 à la maternité de M.! Elle pèse 3kg250 pour 50 cm.

Mercredi 4 juin à 4h début des contractions peu douloureuses et toutes les 8 mn environ. Vers 6h contractions plus régulières et toute les 5mn. A 7h j’appelle la maternité qui me dit de prendre un bain et de rappeler dans une heure car il y a beaucoup d’accouchements déjà en route et ce qui est fait à la maison n’est plus à faire là-bas!
Je prends mon bain, mon mari se lève et part travailler en me disant qu’il peut être là dans l’heure qui suit si jamais…

Le bain ne me soulage pas vraiment, il est 8h et je contracte toutes les 4mn., cela devient vraiment douloureux et je suis obligée de contrôler ma respiration.
Je rappelle la maternité qui me dit de passer pour faire un contrôle et voir où ça en est.
Je prends le bus et arrive péniblement à 8h30…

Monitoring pendant 45 mn. Je ne peux plus restée couchée, je dois me lever, vomir (je n’ai rien mangé depuis la veille au soir)et je tremble de partout à chaque contraction. A 9h30 elle me fait enfin un touché du col. La sage-femme me regarde avec un grand sourire:
– Vous ne souffrez pas pour rien vous êtes à 5cm! Et pourtant je n’y croyais pas vraiment que vous êtes en travail.

Elle me prépare avec une blouse  et on passe en salle d’accouchement. On me pose un veine-flon avec perfusion de glucose. Elle me loupe deux fois et fait sauter la veine, c’est finalement une autre sage-femme qui me la pose. J’ai vraiment de mauvaises veines. Elle me propose un bain et me demande comment j’envisage la suite.
Je lui dit que le bain je viens d’en prendre un et cela ne m’a pas vraiment soulagée! Elle me propose la péri (sans me forcer) en me disant que je gère très bien et que j’ai déjà fait du bon travail toute seule. Elle pense que j’ai les ressources nécessaires pour faire sans mais je fini par accepter car c’est vraiment douloureux et chéri ne peut pas être là avant midi…

Il est 10h30 nouveau touché du col… Je suis à 7! J’appelle mon mari. Il ne faut pas qu’il traîne cela peut arriver vite! Il en croit pas ces oreilles que cela aille aussi rapidement. Avec les endorphines j’ai envie de dormir entre chaque contractions aussi douloureuses soient elles.

Vers 11h l’anesthésiste arrive et me pose la péri. La sage femme reste à mes côtés et me soutient en me disant que j’ai vraiment bien géré et que je suis forte, d’ailleurs elle pense toujours que je pourrais m’en passer. Je sens des fourmis dans les jambes, c’est froid dans le dos et chaud dans les jambes et je tremble toujours autant. On me met une sonde urinaire. Je peux me reposer un peu car je ne sens plus les pics de douleurs…

Il est midi trente et mon mari arrive enfin après avoir prit deux taxis et un train (il travaille à Genève-Meyrin) et être passé cherché mon sac et l’appareil de photo.
Il me trouve couchée avec le monitoring en place qui me compresse le ventre et me fait mal. Je tremble toujours autant.

Aurèle va se chercher un sandwich et me ramène un Nestea mais je n’ai pas vraiment envie ni de boire ni de manger. Il me fait le lecture du TEMPS qui est particulièrement con comme la lune aujourd’hui. Cela parle de l’Islam, de la guerre en Irak et autres événements tout aussi passionnants… J’entends mais n’écoute pas vraiment.
Il est 13h et nouveau touché du col, je suis à dilatation complète! Il reste plus qu’à attendre que bébé s’engage…

On me mets en position de côté avec un pied dans l’étrier. Moi je ne réalise pas vraiment ce qui m’arrive et d’ailleurs jusqu’au lendemain je n’aurais toujours pas réalisé!

Vers 14h je sens quelque chose qui descend… C’est le bouchon muqueux qui sort. Quelques minutes plus tard je sens une pression et la sage-femme me dit que c’est la poche des eaux qui est bombée à l’extérieur et que c’est très drôle! Elle me donne un miroir pour regarder…On dirait une bombe à eau en plastique transparent, elle la perce et ça gicle un peu.
Mon mari continue de me faire la lecture et regarde aussi quand il se passe quelque chose en bas!
La sage femme me dit que pour l’aider à descendre je peux commencer à pousser à chaque contraction. Aurèle a les yeux rivés sur le monitoring et me dit quand il en arrive une… ainsi que combien je pousse pour faire péter le score comme il dit !

15h, mon bébé ne descend  vraiment pas vite et la sage-femme décide de faire des poussées plus actives. Elle sens la tête et me dit que je peux la touché aussi… Elle se trouve encore à quelques cm à  l’intérieur.
Je pousse tout ce que je peux à chaque contraction, la péri s’estompe un peu et je sens mieux les contractions. On me met un perfusion d’ocytocine pour les accentuer.
Je commence vraiment à fatiguer. Il est 16h et notre Petite n’arrive pas à se crocher, à chaque fois que je pousse la tête revient en arrière.

La gynéco arrive et me dit qu’il faut se mettre sur le dos et essayé encore de pousser en ramenant les jambes vers l’arrière. A chaque contraction je dois pousser trois fois très fort en reprenant rapidement ma respiration. On me retire la sonde urinaire.
Je fatigue et Juliette reviens toujours en arrière. la gynéco me dit d’essayer encore 2 fois et si cela ne fait rien elle fera une ventouse pour l’aider à sortir…
les deux poussées passent, je suis exténuée et Bébé ne s’est toujours pas croché. Il y a du monde dans la salle d’accouchement, la pédiatre, deux sage-femmes et la gynéco avec son assistante. Ils se préparent pour utiliser la ventouse. Je pousse encore une fois de toute mes forces pour l’aider avec la ventouse. La tête sort enfin! On me dit d’arrêter de pousser et le reste de corps arrive… J’ai l’impression que la gynéco tire fort et sent quelque chose craquer.

Juliette est dehors, il est 16h27! Il me la pose sur le ventre, je pleure et tremble sans pouvoir m’arrêter, c’est le contre-coup. J’entends des gens qui me félicitent et c’est un peu en sourdine.
Il me la reprenne pour faire ses contrôles. Elle a 9-10-10 au test d’Apgar.

Je saigne beaucoup et le placenta sort enfin. Il pèse 500gr. et est entier. Mon ventre est tout plat et fripé, je suis raide.

Il me la remette sur le ventre pendant que la gynéco recoud ma déchirure avec de la peine parce que je perds toujours beaucoup de sang. Je vois ce qu’il se passe en-bas car sur la lampe chauffante pour Juliette il y a des sortes de petits miroirs.

Mon mari s’en va vers 19h, il est aussi très fatigué. Moi je perds toujours beaucoup de sang et le gynéco vient souvent pour m’appuyer comme un dingue sur le ventre pour faire tout sortir, je souffre c’est affreux.
La perfusion d’ocytocine coule toujours pour que mon utérus contracte encore et arrête de saigner. On m’a remis la sonde urinaire et j’essaie de me reposer un peu.

Vers 20h on m’amène un plateau repas mais je n’ai vraiment pas faim par contre je bois de Nestea pour me redonner un peu de force et réussi à manger une tranche de pain.

Il me ramène en chambre seulement à 21h30 à cause des saignements et je suis contrôlée toute la nuit. la perfusion d’ocytocine pour renforcer les contractions est toujours là et j’ai mal aux reins tandis que mon utérus est dur comme de la pierre. Les Dafalgans et Ponstans m’aident un peu, mais je suis heureuse quand on m’enlève cette perfusion vers 23h…

Je vais évidemment peu et mal dormir. Le lendemain ça va mieux quand on m’enlève enfin le veine-flon, le cathéter de la péri et la sonde urinaire…

Je suis rentrée samedi à midi et depuis tout se passe bien avec ma tite poupée Juliette!

#131 Anonyme – Val-d’Oise

20 Fév

Pour mon premier accouchement, j’ai fait « comme tout le monde  » :  la maternité .

J’avais très mal lorsque je me suis rendue à la mater : on m’a demandé ma carte vitale.
J’avais peur : on m’a mis des capteurs de partout et laissée seule branchée à une machine qui fait bip bip.
Lorsque toute fière j’ai annoncé à une femme du personnel soignant que  » j’avais perdu les eaux », elle m’a rétorqué : »non, vous avez dû vous uriner dessus ».
J’avais très mal et quelqu’un insistait pour me faire une injection de jenesaisquoi, elle attendait excédée que je me calme la seringue en l’air, l’air fâchée.
La personne qui me transfert d’une pièce à l’autre agacée de ce que je ne remette pas mes chaussures assez vite ( soupirs. )
Anesthésiste maugréant que je suis trop grosse. Qu’il soit également remercié.
Péridurale.
Je me fais tellement chier, je demande l’autorisation de faire une sieste. J’imaginais que ce serait plus beau. C’est le moment le plus désespérant et vide de ma vie..
Mon compagnon épuisé, il a passé la nuit à dormir sur le carrelage des WC de la chambre de pré travail.
La femme de l’accouchement d’à coté gueule. Réaction de mépris et de réprobation de la part des gens de « mon » accouchement.
Moi, j’ai pas fait beaucoup de bruit. Bonne fille.
On me vide la vessie.
Pas d’épisio, pas de ventouse ou de forceps, pas de césarienne. agpar 10 sur 10, naissance « eutocique », rien à signaler , au suivant.
La maman et le bébé vont bien.
Je vis un cauchemar qui se poursuit avec les suites de couches de cette  » usine à bébés » du Val d’Oise.
 » avec des seins pareils, c’est pas la peine d’allaiter ! »
Allez, j’en jette pas plus, parce que se réparer est possible, que la vie est belle malgré tout, j’ai pu lier une belle relation à ma fille malgré cette naissance humiliante.
7 années plus tard, qu’on ne me reparle plus des bienfaits de l’obstétrique moderne, je lui ris au nez. ( pour rester polie…)

#119 Morgane, Naissance dans le 68 (Haut-Rhin) en décembre 2008

17 Fév

Début 2008, préparation de notre mariage, déménagement, arrêt de la pilule, parce que ce n’est pas maintenant que ça fonctionnera… Hé bien si cela a fonctionné. Test positif en mai, bébé prévu pour décembre, joie suprême avec mon futur mari, pendant qu’une petite question vient nous tarauder. Et la robe ? Achetée depuis un an, va falloir la réajuster. Heureusement les couturières connaissent leur travail.

Annonce à la famille, choix de prénoms, préparation du mariage… Quel programme, mais on y arrive. Après 2 ans d’abonnement au magazine Parents, je suis prête et confiante. Je prends rendez-vous chez le gynéco, et en parallèle me renseigne sur l’accouchement à domicile, mon mari étant né à la maison. Je ne trouve rien sur la région, le gynéco ne m’aide pas vraiment alors je décide de suivre « le mouv’ » tout en ayant d’un côté l’impression de rater quelque chose.

Grossesse, avec à chaque rendez-vous échographie (dont la première en endo-vaginale…), pesage, tension le tout en 15 minutes chrono après pas mal d’attente. Bref je ne me formalise pas plus pour moi c’est « obligatoire » du moins c’est ce qu’on m’explique partout (je m’en veux encore d’avoir suivi bêtement…)

Choix de la maternité sans problème, elle fleurait bon le neuf, je n’en avais entendu que de bons échos et pour nous c’était le plus simple, le plus proche.

Préparation à l’accouchement avec une sage-femme formidable (qui n’exerce plus malheureusement aujourd’hui). Même si je savais pas mal de choses, j’ai pu échanger avec les autres mamans et avec cette sage-femme formidable je le répète. Dommage qu’elle ne fasse pas d’accouchement à domicile…

Arrive le dernier jour de novembre, nous sommes à une fête d’anniversaire, calme sans aucun problème, tout le monde me trouve en forme, m’encourage, me félicite d’avance. Nous rentrons et arrivés à la maison ça commence à contracter doucement (sur le coup je n’ai pas fait vraiment attention). Nuit agitée, mes 3 chats dorment respectivement devant mon ventre, derrière mon dos, et sur ma hanche c’est à ce moment là que je réalise tout doucement que le travail a vraiment commencé.

Le matin je préviens mon mari désormais, il ne travail qu’à dix minutes de la maison, je lui dis je crois que je risque de t’appeler aujourd’hui. Il part et je me repose un maximum, les contractions me font mal dans le dos derrière, je préviens ma mère, je prends une douche sachant que l’eau chaude détend et soulage (et ayant voulu accoucher dans l’eau autant en profiter chez moi avant d’y aller). Je vide le ballon d’eau, je sors à regret de la douche, les contractions ne sont toujours pas calmées, c’est le signe que ça avance.

Le proprio viens changer quelque chose dans la maison et me trouve toute souriante, pourtant je lui dis que ça ne va pas tarder. Il repart en me félicitant d’avance. Ça ne va pas mieux j’appelle Matthieu au travail, je lui demande de venir qu’il nous amène à la maternité… Le trajet pas plus de 15 minutes en général m’aura semblé duré 3 heures, chaque vibration, chaque dos d’âne, chaque secousse, freinage etc.… me faisait horriblement mal, toujours dans le bas du dos.

Arrivée à la maternité, on passe en salle d’accouchement, parce qu’il n’y a plus de place pour m’ausculter, sage-femme vraiment pas agréable, elle me dit de me déshabiller, sors de la salle, laisse la porte ouverte. Tout le monde qui passait pouvait voir ce qui se passait. Elle revient me fait un toucher vaginal qui me fera atrocement mal tout en me disant de ne pas bouger, que ça ne peut pas faire si mal, qu’elle sent à peine une ouverture, me donne un suppo de Spasfon (que je ne prendrais pas) en me demandant de rentrer parce que c’est pas pour aujourd’hui… Nous rentrons donc à la maison (dur retour…), tout en sachant que ce n’est plus qu’une question de jours pour voir enfin la bouille de notre enfant. Journée assez difficile à gérer avec ces contractions dans les dos espacées de 15 minutes au grand maximum, mais je bouge sachant les bienfaits que cela peut avoir sur le déroulement de la naissance. Nuit entrecoupér de réveils (toujours avec les chats), le matin lorsque mon mari se prépare à aller au travail, je lui demande de rester parce que je pense que ça a avancé, les contractions étant plus fortes et me sentant vraiment fatiguée. Je me pose la question si je vais retomber sur la super sage-femme de la veille ou si j’aurai de la « chance » et tomberai sur quelqu’un de plus doux.

Je me rends donc à la maternité avec quelques appréhensions (amabilité du personnel ainsi que pudeur). Arrivés là-bas nous expliquons que nous étions venu hier et que la les contractions étant plus fortes et plus longues nous sommes revenus. La sage-femme m’installe en salle de consultations, je ne me souviens pas si un monito m’a été posé, mais cette personne était très souriante, très chaleureuse. Elle me fait un toucher et me dis je suis à 3-4, on peut m’installer en chambre. Très bien installons-nous, ça fait bizarre de se trouver dans une chambre où on se dit que dans quelques heures nous serons trois en « vrai ». Elle me laisse m’installer me donne un lavement si je veux le faire, je le fais même si je n’en voulais pas, pourquoi ? Je ne sais pas. La sage-femme reviens me dis qu’elle a mes résultats de prise de sang, me demande si je veux a péridurale. J’accepte (moi qui voulais un accouchement naturel et connaissant les effets de la péri…) parce cela faisait presque 48h que j’avais ces contractions dans le dos et vu la vitesse à laquelle ça avançait je souhaitais me reposer pour le « round final ».

Transfert en salle d’accouchement, présentation de la puéricultrice qui s’occupera de notre fille après la naissance.

Il fait froid dans cette pièce, il doit être 11h du matin. Pose de la péridurale, durant laquelle mon mari sort de la pièce, la puer me tient les mains, me soutient, l’anesthésiste est un « amour », très prévenant, il m’explique tout, je me sens en confiance. Mon mari revient, ah ça y est je ne sens plus ces douleurs dans le dos, aller position poulet de Bresse on va attendre que ça avance.

Dilatation complète. La SF fera des allées et venues, vers 17h elle me dit que le bébé ne descend pas trop, elle me propose de l’acupuncture, j’accepte, tout ce qui peut aider, nous aidera. Quelque temps plus tard, elle viendra voir la progression de la descente, ça ne change pas trop. Elle me sonde et me propose de pousser, je pousse comme un chef me dit-elle mais ça n’avance pas les choses, elle me propose de me mettre sur le côté et d’essayer comme ça, pas plus de succès… Alors on attend encore un peu et sinon on verra avec le gynéco… Voir quoi ? Je ne sais pas.

Vers 18h, les choses n’ont pas changé, elle me dit donc qu’elle va chercher le gynéco. Celui-ci entre, sans un bonjour, m’ausculte comme un morceau de viande, me fait mal, palpe mon ventre, mon intimité et lâche simplement « on la prépare ».

Là le choc, préparer pour quoi ? D’un coup, plein de monde rentre dans la salle, rien ne nous est expliqué, on me soulève la blouse d’hôpital, on me rase. On ne comprend toujours pas. Mon mari tombe dans les pommes, on m’emmène, les sages-femmes se moquent de mon mari parce que c’est une « petite nature ».

On me transfère dans le sas pour aller en salle d’opération, je tente de me lever et de partir, l’anesthésiste est à côté de moi, il prend le temps de m’expliquer qu’on m’emmène en salle de césarienne, qu’il va me réinjecter du produit, que je pourrai voir ma fille.

Je pleure, je crise, je ne suis plus dans mon corps, je ne veux pas qu’on me coupe, qu’on m’ouvre, je ne veux rien sentir. Parole du gynéco : « Ne vous inquiétez pas tout ira bien, je vous fais la cicatrice dans le slip, vous pourrez vous remettre en maillot de bain » Ah ben bravo monsieur vous avez tout compris, c’est vrai qu’avec ce soleil de vergeture autour du ventre mon soucis premier est d’avoir une très belle cicatrice.

Je me débats je ne veux toujours pas, je demande à ce qu’on m’endorme, l’anesthésiste voyant ma panique. Ou se disant que je risque de pas être gérable accepte l’anesthésie générale. Il  me tiendra la main et me dira de douces paroles jusqu’à ce que je m’endorme…. Pour mieux me réveiller 2 heures après dans une salle vide et un tic-tac d’horloge horrible.

La douleur est là insoutenable, je pleure (encore), je souhaite mourir, j’ai trop mal. Je commence à tousser, j’ai l’impression que mon ventre va s’ouvrir. Des personnes (je ne sais pas si infirmière, SF ou autres), viennent me ramener ma fille, me demandent de me calmer, me la tendent et me disent : « tenez vous voulez allaiter allez-y » et hop elles s’en vont, je pleure toujours je ne veux pas voir cette enfant, pas dans cette état là, je veux retrouver mes esprits me calmer.

On fait entrer mon mari, ma mère ma sœur, ceux-ci ne resteront pas longtemps il doit être 21h. Ils sont gentiment mis à la porte. Je me sens si seule, on me reprend ma fille, et elles me font la toilette.

Je dois me soulever, je dis que j’ai mal, mais elles veulent aller vite. Je me rendors. Plus tard je serais réveillée, on me transfère dans ma chambre sans aucune douceur (le lit tape dans les murs et dans les portes pour les ouvrir).

Le lendemain, biscotte au petit déjeuner, allaitement de cette enfant, je suis en mode automatique, on essaye de me lever pour les risques de phlébite, mais j’ai trop mal. On vient me montrer comment laver, habiller, soigner ma fille. Je n’en ai aucune envie, on me sermonne, parce qu’à 20 ans je pourrais déjà être debout, et souriant d’avoir un enfant en bonne santé, qu’il faut que je lui donne le bain, même chez moi, j’en passe et des meilleurs.

Durant mon séjour (1 semaine) je ne pouvais presque pas marcher, j’ai eu des infos contradictoires pour tous les sujets. Des réflexions sur la façon de faire avec ma fille etc.… Un rapport de psy pas très glorieux qui s’est basé sur les dires des différentes équipes.

Le jour de repartir j’ai quand même demandé la raison de ma césarienne. Réponse : Elle était en Occipitaux-sacrée… Moyen comme explication, mon mari est né à domicile en OS…

Plus tard j’ai demandé mon dossier… On devrait avoir un droit de réponse la dessus.

J’ai mis un mois à pouvoir porter ma fille, à pouvoir lui donner son premier bain, à pouvoir l’allaiter en me sentant mère, mère de cette enfant. Je ne lui en voulais pas, ce n’était pas elle la fautive, je me sentais fautive de cette accouchement raté, de la priver de mon amour, je n’en étais pas digne.

Chez moi, je me suis sentie plus seule que jamais, mon mari faisait tout pour m’aider et voyait ma détresse. J’ai même fait un malaise en regardant ma cicatrice. Mon entourage ne voyait pas où j’avais un problème, j’étais en bonne santé, et notre fille aussi.

Quelque temps plus tard, j’ai recroisé quelqu’un de l’équipe qui m’a dit que je n’aurais pas forcément dû avoir une césa… Je l’ai eue parce que le gynéco finissait sa garde à 19h et ne voulait pas risquer de revenir plus tard… Cela se passe de commentaire.

J’ai pu en parler avec la sage-femme chez qui j’avais suivi les cours de préparation à la naissance, ça m’a fait du bien, mais ce qui m’a réconcilié avec l’accouchement c’est ma deuxième fille….

Récit du papa

Avec ma femme, nous avons depuis le début de notre relation désirés des enfants, d’avoir une grande famille (je suis issu d’une famille nombreuse, mais cela n’a pas de lien). Cela faisait quatre mois que nous sortions ensemble, on parlait déjà d’un bébé, de vivre ensemble.
Un an plus tard nous nous sommes installés ensemble et décidons de réaliser notre projet, à savoir construire une famille.
Seulement ce n’est pas aussi simple… pas de succès pour le moment. Nous nous sommes dit que ce n’était pas grave, étant donné qu’on avait la préparation de notre mariage pour l’année suivante.
Comme durant plusieurs mois, nous n’étions pas arrivés à concevoir un enfant, ma femme a décidé d’arrêter sa contraception, car pourquoi ça devrait marcher maintenant alors qu’avant ça ne fonctionnait pas ? Et ce qui devait arriver, arriva… ma femme tomba enceinte. Grande joie pour nous et notre entourage. Seulement elle avait déjà acheté sa robe de mariée, heureusement que le magasin a pu ajuster cette dernière.
Pour la grossesse on suit le cheminement classique chez le gynécologue qui fait une écho chaque mois, avec prise de sang… Rien qui vous apporte un lien avec le futur bébé. On s’était un peu renseigné sur les alternatives, mais nous n’avons pas plus approfondis. On à même évoqué l’accouchement à domicile, étant moi-même né à la maison !
Toute la suite de la grossesse se passe « normalement » au sens médical, avec bien sur les inquiétudes basiques de futurs parents, en pensant au changement que cela va nous faire. Etre responsable d’un être. Une nouvelle responsabilité quand même lourde.
Du côté de la future mère, la grossesse n’est pas si idyllique que cela. Entre vomissement et douleurs « normales ». C’est dur d’être à côté et de ne rien pouvoir faire pour la soulager. De plus notre société ne vous aide pas avec le « devoirs » que l’on doit faire, partir le matin au travail en ne sachant pas comment va l’être aimée est dur.

Je me souviens bien de notre visite de la maternité. Ici la salle d’examen, ici a salle de travail et là c’est la porte pour aller au bloc en cas d’urgence. Je prends cette dernière indication à la légère. Tout se passera bien, on en aura pas besoin.

Après avoir repoussé à plusieurs reprises une séance photos maman enceinte/papa, nous nous décidons à la faire un dimanche soir en rentrant d’un anniversaire, sachant le terme proche. Et bien nous en à pris, car dans la nuit le travail c’est mis en route ! Le matin ma femme me dis d’aller quand même au travail et qu’elle me tiendra au courant de l’évolution de la situation.
Finalement elle me prévient que je dois rentrer car le travail s’accentue. Je rentre et vois qu’elle souffre assez fortement des contractions. Etant en location et que le propriétaire travail à côté, je vais l’informé de la situation, comme il devait faire quelques petits travaux dans notre appartement.
Il nous félicite par avance, puis je chercher la voiture, prends les affaires et bien sûr ma femme !!!
Direction la maternité, une sage-femme nous prends en charge. Toutes les salles d’examens sont occupées, donc la sage-femme nous emmène en salle d’accouchement pour l’ausculter. On ne trouve pas cela super, mais bon on obéit comme des moutons. De plus la sage-femme n’est pas agréable, à vous prendre de haut. L’examen se fera porte ouverte (génial pour l’intimité n’est-ce pas ?), celle-ci n’est pas douce avec ma femme. Quand on vous dit qu’on a mal, on ne l’invente pas ! Bref elle nous renvoie à la maison en donnant du spasfon et nous disant que ce n’est pas pour le moment. Pas super rassurant pour des futurs parents. Je retourne au travail, après avoir laissé ma femme chez ses parents (on habite le même village).
Le lendemain matin après une nuit difficile, plu pour ma femme que pour moi, vu ses contractions, elle me demande de ne pas aller au travail et de retourner à la maternité.
Bonne nouvelle, ce n’est pas la même sage-femme que la veille. Là elle nous ausculte dans une salle d’examen. Ne voulant pas de péridurale, mais ayant subi des contractions dans les reins depuis la veille, ma femme accepte finalement lorsque la sage-femme lui la propose.
Une fois dans la salle de naissance, une journée décontractée se passe, en plaisantant, en attendant que le travail avance ; mais celui-ci stagne malgré l’acupuncture et quelques injections de divers produits ;
tout cela pour finir avec le gynéco qui débarque avec une attitude hautaine, examine ma femme comme un bout de viande en n’écoutant pas ses plaintes de douleurs ;
et il sort cette phrase « on la prépare ».
Sur le coup on ne comprend pas, mais là, branle-bas de combat ; une dizaine de personnes arrive et s’agite autour de nous ; la on comprend qu’il s’agit d’une césarienne, sans autre explication. Je vois ma femme en panique totale, elle refuse mais le gynéco rassure « je vous fais la cicatrice dans le slip, vous pourrez vous remettre en pièces sur la plage ». Wouah quel diplomate ; quel sens de l’humain ;
moi à côté aussi abasourdi que ma femme qui se débat seule pour échapper à cette césarienne, je tombe dans les pommes. Réaction de l’équipe médicale : Elle se moque de moi !
Remis de mon malaise je patiente dans une salle où l’on m’apportera ma fille. Elle viendra avec les premiers examens réalisés, on lui administrera un suppo de Doliprane devant moi car elle à une bosse sur la tête, comme elle restait bloquée dans le bassin. On l’a pesée. Puis on m’a demandé si je voulais faire de la peau à peau avec elle, mais étant encore sous le choc de la césarienne, j’ai refusé, elles n’ont pas insistées. Elles l’ont habillée et là je l’ai prise dans mes bras pour la première fois. Instant magique malgré le fait que je suis seul, sans ma femme qui devait être la première personne à la prendre dans ses bras. Je vais ensuite prévenir la famille et en particulier sa mère et sa sœur qui vont venir nous rejoindre.
Nous allons voir ma femme qui s’est réveillée car elle à eu une anesthésie générale à sa demande.
Elle était dans le coltard encore à l’ouest, mais ils lui avaient déjà donnée notre fille. Vu l’heure (environ 21h), ils ont renvoyé sa mère et sa sœur, alors qu’après un accouchement de la sorte, vous avez peut être besoin des proches auprès de vous.
Je pars aussi laissant ma femme et ma fille ainsi dans un grand moment de détresse pour ma femme.
La semaine qui as suivi à été assez dense entre le travail, les aller et retour à la maternité midi et soir. Cela à été très éprouvant tant physiquement, qu’émotionnellement au vu du séjour très désagréable qu’elle à eu à la maternité.
Heureusement que j’ai pu prendre mes congés paternité cumulés à mes congés de Noël (1 mois en tout) pour pouvoir assisté ma femme.
Comme elle n’arrivait pas à se levée seule les premiers jours, je lui apportais notre fille pour la tétée puis la recouchait et m’occupait de notre femme.
J’ai du la seconder pendant un moment car elle ne pouvait pas faire les choses seules.
Je regrette de ne pas avoir été épaulé et soutenu à ce moment là, on nous a lâchés dans la nature comme ça.
Malgré notre désir d’avoir une grande famille, ma femme ne voulait plus d’enfant après cet accouchement si dur. Vu les souffrances qu’elle à endurée, j’acceptais son choix.
Mais heureusement le temps fait son travail…

Matthieu, Haut-Rhin 2008

#118 Une maman médecin

17 Fév

Bonjour,
je vous adresse mon témoignage qui va porter sur plusieurs services d’un CHU. Petit détail, je suis médecin moi même dans le même CHU.
Après une grossesse gémellaire très compliquée ou seuls les bébés étaient au centre des discussions et attentions, j’ai été hospitalisée pour un traitement de maturation des poumons pendant 15 jours, les médecins et équipes étaient très prévenants, m’expliquaient tout et répondaient a mes questions. Puis, à 30 SA, le doppler d’un des bébés (réalisé par une sage femme car mon praticien était absent) s’est révélé mauvais. Sans plus d’explications et après 2 heures d’attente sans avoir mangé depuis le matin, un jeune médecin vient m’annoncer qu’il faut faire naître les bébés et que je vais être emmenée au bloc malgré mon refus catégorique sans avis préalable de mon praticien (c’était un vendredi, elle devait revenir le lundi). J’ai dit vouloir être hospitalisée pour être surveillée mais ça n’a pas été possible. J’ai attendu encore 3 heures pour m’entendre dire que finalement la césarienne aurait lieu sous anesthésie générale. Au bloc, complètement paniquée, non sédatée, une infirmière a eu l’excellente idée de me placer la sonde urinaire alors que je me débattait et souffrait le martyr, mes enfants sont nés à 1 minute d’intervalle et ont été emmené immédiatement en réanimation.
J’ai été placée dans une chambre au milieu de toutes les mamans avec leurs bébés réclamant leurs soins alors que j’étais privée des miens après avoir été vidée comme un poisson. Visite courtoise du jeune chirurgien pour qui tout s’était bien passé mais j’avais un hématome de la taille d’un ballon de foot dans l’entrejambe… et il fallait quand même que je parte 3 jours après car ils manquaient de place, des mamans restaient couchées sur leur lit de bloc alors que moi je n’avais que le ventre ouvert et 2 bébés en train de se battre pour survivre 2 étages plus haut.
L’hospitalisation de mes enfants en réanimation néonat a été exemplaire, 1 infirmière pour 2-3 bébés maxi, disponible et adorables, compréhensives et compétentes, humaines. ensuite ils sont partis en soins intensifs, une peu plus livrés a nous même car une infirmière pour 4 ou 5, parfois des mots déplacés mais souvent écoutés et rassurés. Sauf pendant une semaine ou malgré mes remarques concernant la fatigue d’un de mes bébés, mes inquiétudes n’ont trouvé pour réponse que : arrêtez de les rendre plus malades qu’ils ne sont. Le lendemain matin, appel de l’hôpital mon bébé est en train de mourir. Il s’en ira après 3 arrêts cardiorespiratoire et réanimation, le soir même. Nous saurons après que dès le second arrêt il n’y avait plus d’espoir mais l’équipe formée a ces drames savent qu’il faut laisser le temps aux parents d’espérer et de renoncer tant que le bébé ne souffre pas. Ce fut notre cas, nous avons pu l’accompagner jusqu’au bout en le tenant dans nos bras, entourés de tout l’amour de l’équipe de réa, et avons passé la nuit auprès de son corps. Les médecins l’ayant pris en charge pour les différentes interventions de sauvetage sont venues nous réexpliquer tout le déroulement de la journée et nous entourer de leur bienveillance. L’infirmière cadre nous a accompagnés le lendemain à la morgue et nous a indiqué les démarches, notre autre bébé a été de suite et sans demande particulière de notre part dans une autre chambre, seul loin de celle ou ils étaient tous les 2. Les infirmières m’ont beaucoup aidé a m’occuper de notre bébé qui se portait de mieux en mieux et a pu sortir 1 mois jour pour pour jour après le décès de son jumeau.
Pendant plusieurs mois j’allais régulièrement a l’hôpital car même si la douleur était là, je savais pouvoir trouver une écoute et des bras dans lesquels me réfugier et des personnes humaines qui connaissaient mon histoire et aujourd’hui encore nous gardons des contact avec certaines personnes .

Voilà, je garde le souvenir du non respect de ma volonté d’attendre mon praticien, un manque d’écoute de la part d’un service dans lequel tout se passe bien et qu’il faut désengorger après les naissances normales et parfois aussi un manque de considération de certaines personnes qui ont un travail très dur et épuisant mais qui se doivent d’accompagner les parents en détresse. Mais je garde aussi dans mon cœur, tout l’amour dont ont été capable certaines personnes et la compétence des médecins.

#92 Misscell – Val-de-Marne – 2009

13 Fév

Je suis tombée enceinte quelques mois après l’arrêt de la pilule. J’avais comme une sensation que janvier, c’était le bon mois. Avec M, on avait dit « début 2009 », et même si j’avais arrêté la pilule 3 mois avant, janvier semblait bien.
Je tombe donc enceinte en janvier. Je le découvre début février, avec un retard d’une semaine. J’ai fait le test uniquement parce que ça sentait le roussi dans mon job. Comme le mois précédent j’avais eu 3 jours de retard, je ne voulais pas me faire de fausses idées. Le test était donc positif, ce qui a fait que j’ai du batailler avec mon entreprise, qui a appris ma grossesse quelques jours après moi seulement. C’était une bonne nouvelle, mais je pense que sur le coup la priorité a été l’enjeu professionnel.

Vers mes 2 mois de grossesse, je rentre de vacances et passe une journée en formation pour ma boîte. Après manger, il fait froid dans la salle. J’ai un petit frisson suivi d’une douleur de règles. Je me dis « tiens je vais avoir mes règles », puis me souviens que ce n’est pas possible (émoticône blonde). Dans la journée, je vais aux toilettes et vois un peu de sang. J’appelle ma gynéco de ville, qui me dit d’aller faire une écho au plus proche et de la tenir au courant.

C’est parti pour les urgences de C. , où on me sert des « mais de toute façon, ça sert à rien de faire l’écho, si vous faites une fausse couche de toute façon on y peut rien »,  je me fais engueuler par une infirmière qui me rappelle qu’il est interdit de téléphoner dans leurs locaux. J’étais en train d’appeler mon conjoint, en larmes, pour qu’il vienne me chercher. J’appelle ma gynéco qui me dit de tout de même faire l’écho. Je tombe enfin sur un interne, jeune, qui a cru qu’on était copains et se permet une familiarité mal venue.

L’écho permet de voir, après 3h d’attente, un petit sac et un point qui clignote : le cœur. L’interne m’explique que ça arrive parfois en début de grossesse, me dit de ne pas m’inquiéter et de continuer une vie normale. M. arrive, et il est trop tard pour rappeler ma gynéco. Je rentre chez moi, inquiète car je perds du sang dès que je marche. Le lendemain matin, je pars la mort dans l’âme à ma formation (1h30 de transport). J’appelle ma gynéco en arrivant, un peu avant 9h, pour la tenir informée. Elle me dit « hein, mais vous êtes au travail, là ? N’importe quoi cet interne, vous rentrez chez vous et vous vous reposez ! Vous envoyez quelqu’un chercher votre arrêt maladie, 2 semaines de repos. » Je rentre donc chez moi, en demandant les places assises « femmes enceintes » pour la première fois de ma vie, non sans honte. Une fois au repos, les saignements cessent, et ma grossesse me semble plus sereine.

Vers mes 3 mois de grossesse, mon ventre commence doucement à gonfler, mais la grossesse ne se voit pas (sauf dans mon soutien-gorge). Un matin, au travail, je sens une douleur dans le bas-ventre, à gauche. De plus en plus forte, au fil des heures. Je rentre chez moi, prends 2 spasfon et un bain. J’appelle M., son travail sait déjà depuis un mois que je suis enceinte (depuis le passage aux urgences, qui l’a fait fuir du boulot). Avec le bain, ça va mieux, je rappelle M. pour lui dire que ça va mieux. Je sors du bain, et c’est pire. Je rappelle M. Il arrive, et m’emmène aux urgences. Les urgences les plus proches sont à L., mais nous décidons d’aller à Ch., car son père y travaille et nous avait dit que les urgences étaient beaucoup moins saturées.

Je rencontre un gynéco, qui me donne du paracétamol pour des douleurs ligamentaires. Je m’en veux alors d’avoir traité intérieurement une copine ayant eu des douleurs ligamentaires de chochotte. Mais les médicaments ne font pas effet. J’ai de plus en plus mal. Et retour aux urgences de C.h à 5h du matin. On me fait une perf, je dors une heure et me réveille avec la douleur. A ce moment, je me dis que si ces « douleurs ligamentaires » durent toute la grossesse, c’est-à-dire encore 6 mois, j’ai changé d’avis. Beau-papa passe me voir, me voit en pleurs sous la douleur. Il parle avec l’infirmière et j’ai rapidement de la morphine. Quel soulagement ! J’ai toujours la douleur, mais je m’en fous royalement ! Le gynéco vu la veille repasse me voir, m’explique que non, ce ne sont pas des douleurs ligamentaires. Il va me faire faire une écho, qui montre un truc, mais on ne sait pas trop quoi. Vu ma douleur, il pense à un kyste à l’ovaire qui aurait causé une torsion de l’ovaire. Il souhaite donc m’opérer car si c’est bien cela, je risque de perdre mon ovaire. Mais ils comptent aller ponctionner le fameux kyste, ce qui signifie prélever le corps jaune, et ça peut causer une fausse couche à cause du dérèglement hormonal. Il voit ma réticence, et décide donc l’expectative. Je reste à jeun. Le lendemain, un ami obstétricien de beau-papa rentre de vacances et décide de s’occuper de moi. Depuis la morphine et le paracétamol en perf, la douleur est moins importante. Il me renvoie faire une nouvelle écho, car à la palpation on sent le truc à gauche, qui me gêne. Il insiste pour que la nouvelle écho soit faite par le Dr X., et pas le Dr Y. comme la veille. Et pour le Dr X., c’est un fibrome situé à l’extérieur de l’utérus, qui bouge car l’utérus grossit, mais qui ne compromet pas la grossesse. On me donne donc enfin à manger, l’opération n’est plus d’actualité. Et le Dr B., l’ami de beau-papa, me propose d’accoucher avec lui à Ch. Vu ce qui vient de se passer, je suis ok.

Commence donc un double suivi, celui avec ma gynéco de ville, et de temps en temps le Dr B.
Ma grossesse continue bien, plus de passage aux urgences. Ouf… La première écho est émouvante. La seconde nous apprend que nous allons avoir un garçon. Le jour même, les futurs grands-parents sont informés, et déçus pour certains. Pfffff.

Les 2 prénoms sur lesquels nous allons hésiter jusqu’à la fin sortent : J. ou E. ? Pas de souci, une bonne santé, des difficultés à arrêter totalement la cigarette et c’est tout. L’été se passe. Un jour en juillet on est invités chez la mère d’un ami, le bébé change de place, prend une position bizarre qui me fait mal sur le flanc droit toute la soirée. Il bouge de nouveau et vient coller une grosse boule sous mes côtes, à droite. Les vacances sont au mois d’août, avec un épisode gastro et une nuit terrible, avec des intestins se tordant dans tous les sens et un bébé qui bouge aussi beaucoup. Puis une semaine dans la maison de campagne de mes beaux-parents, et une belle-maman à fond motivée pour me raconter toutes les horreurs d’accouchement qu’elle a croisées dans ses années de Samu.

On arrive fin août, et après 3 semaines de vacances, c’est le début de la préparation à l’accouchement. C’est proposé par l’hôpital de Ch. La partie théorique, étalée sur une semaine, me laisse sortir perplexe de la première séance : 20% de césa environ, césa si bébé en siège, 70% d’épisio… Je fais un rapide calcul dans ma tête et en partant du principe qu’il doit être assez rare de cumuler épisio + césarienne, je n’ai que 10% de chances de ne pas finir découpée.

Le lendemain, c’est la 3ème échographie. Le soir, je stresse. Je dis à M. que c’est sûr que notre fils est en siège, et moi je voulais accoucher « comme le chat de la voisine » : tranquille et sans intervention. Je passe une mauvaise nuit. Le lendemain, nous allons à l’échographie. Je suis stressée, et le bébé doit le sentir car il n’arrête pas de bouger. Le Dr G. a à peine le temps de poser son appareil sur moi qu’il dit « il est en siège ». Je ne me souviens pas de la suite. On rentre et je pleure. M. essaie de me réconforter, il finit d’arranger la chambre qu’il vient de finir de peindre pour me remonter le moral.

Le lendemain, re-prépa théorique à Ch. Je vois Mme Mi, sage-femme, la même que la veille. Je décide d’aller lui parler après, et elle me dit « il est en siège ? Ca sera césarienne ». Je m’en fous, je vais causer avec mon gynéco la prochaine fois.

Parallèlement, la prépa pratique à l’accouchement commence, dans un cabinet libéral à Ch. Mme D., sage-femme libérale, me dit qu’une voie basse sur siège, c’est beau. Je suis un peu perdue. Elle me demande comment je souhaite accoucher, je lui explique mon concept du « comme le chat de la voisine », et elle me demande « et pourquoi le Dr B. alors ? », en m’expliquant que ce Dr n’aime pas les surprises et n’a pas les taux les plus faibles de déclenchements et de césariennes. Je n’attrape pas la perche (et m’en voudrai beaucoup). Elle me dit, quand on fait les exercices pour la poussée, que je pousserai super-bien. Là non plus, je ne saisis pas. Je reste persuadée que je sortirai ce bébé. Qui en plus est estimé plutôt petit. Elle me montre quelques exercices pour l’inciter à se retourner. Je marche des heures à 4 pattes pendant 2 semaines, j’ai même mis mes genouillères de roller car ça finit par faire mal aux genoux. Je finis en sueur après mes 30 minutes de pont indien, mais je le fais. Bébé ne bouge pas d’un iota.

La fin de la prépa théorique se fait dans la salle d’accouchement. Il y a quelques papas. M. m’a accompagnée dès le début. On passe donc du côté où se passent les naissances. Il y a une porte et des petits chaussons bleus, derrière. Il faut pas salir ou amener nos petits microbes car des bébés naissent ici. Ça nous fait un peu flipper de voir tout l’attirail médical, et on apprend que bébé est emmené pour les soins. Je dis à M. qu’il devra suivre le bébé pour pas qu’on l’échange, on ricane bêtement en parlant tatouage.

Je vois enfin mon gynéco. On est début septembre. Il commence par m’examiner et me dit « il va falloir réduire les déplacements maintenant, hein, vous restez dans le coin ». C’est pas juste, j’ai été rétamée jusqu’aux 6-7 mois de grossesse, là j’ai la pêche et je dois rester enfermée ? Je ne l’entends pas de cette oreille, j’ai le mariage de mon cousin en Bretagne et j’ai déjà pris les billets de train. C’est dans le Finistère Nord, 1 mois avant mon terme. Le gynéco veut me voir la veille du départ. Ok. On aborde vaguement, très vaguement, le siège. Le gynéco dit qu’il a encore le temps de se retourner, donc pas de souci.

Je revois le gynéco la veille du départ en Bretagne, il consent à me laisser y aller. De toute façon, je me sentais bien, pas fatiguée pour un sou, très envie d’être au mariage, voilà on y va. M. a des examens et partira plus tôt que moi, je rentrerai seule en train. Ça fait stresser ma tante qui est persuadée que je vais accoucher au mariage, ou dans le train. Elle me pose plein de questions avec des « et si… ». Je lui dis que bébé n’est pas prêt. Et mon oncle et ma tante sont agriculteurs, mon cousin qui se marie aussi. Dans les invités, il y a plein d’agriculteurs. Dont certains ont fait naître leurs propres enfants, parce que pas le temps d’aller à l’hôpital. Et un d’eux dit que c’est plus facile d’assister sa femme qu’une truie, car la femme écoute quand on lui dit de ne plus pousser. Ca me fait rire et je me dis que si j’accouche au milieu de ce petit monde, je serai entre de bonnes mains. Mais non, je rentre chez moi, toujours enceinte, toujours avec la grosse boule sous ma côte droite.

Mon fils est prévu pour la mi-octobre, on commence à se poser des questions de dates. Ma mère est du 08/10, mon beau-père du 07/10, alors ça spécule… Je revois Mme D., la sage-femme libérale. Je lui dis que je fais toujours les exercices. Elle me dit qu’il ne se retournera jamais, à ce stade, et que ça ne sert à rien de continuer les exercices. On parle voie basse, elle me trouve motivée et ne doute pas de ma capacité.

Je revois le gynéco le 23 septembre. Et là c’est la douche froide. Ce vieux bonhomme, qui m’avait toujours traitée avec respect, devant mon désir de voie basse, décide de me parler comme à une gamine inconsciente. Il gardera dorénavant cette attitude. Il me dit « si vous voulez une voie basse ça sera sans moi », en m’expliquant qu’une voie basse sur siège, c’est 1% de risques d’avoir « un mort ou un mongol ». Il me programme la césarienne pour le 30 septembre, je saute littéralement sur mes jambes. Prête à fuir ? Pour moi, mon fils devait naître en octobre, mais selon le gynéco il ne faut pas que le travail démarre, du tout du tout. Je lui dis que je souhaite que M. soit au bloc. Il me répond que c’est l’anesthésiste qui décide. Je souhaite qu’on fasse la phase de réveil tous les 3. C’est ok, à condition qu’une salle de travail (ou d’accouchement ?) soit disponible ce jour-là. En écrivant ça, je me dis : mais où ai-je déniché ces infos ? On me dit que la césarienne, le plus dur c’est les 48 premières heures. De ce qu’on me dit, la priorité est la lutte contre la douleur. Mme Mi a dit qu’il faut demander les anti-douleurs avant que la douleur soit trop forte, car une douleur installée est plus difficile à combattre. Je reçois les protocoles de l’hôpital de Ch. : pas de dextro à moins de 2,5 kg à terme, pas de compléments si allaitement, peau-à-peau, mise au sein précoce pour favoriser la lactation…

J’ai tellement de choses à faire que je cours dans tous les sens toute la semaine restante. Tout le monde est au courant que bébé naîtra le 30. On s’organise, M. ira travailler le matin et me rejoindra en RER. La veille je fais le plein chez Picard, et je me fais faire une épilation intégrale comme ça il y aura pas besoin de me raser. On voit avec les futurs grands-parents. On les autorise à venir voir le bébé le 30, mais pas avant que moi j’aie vu mon enfant. C’est la condition. Belle-maman ne viendra pas le jour J, car c’est une opération, elle préfère que je me remette un peu. Ma mère et beau-papa viendront. Les copains viendront nous voir à la maison.

Le 30 septembre, la matinée commence normalement. On prend le petit-déj ensemble. Je suis censée être à jeun, mais prends un thé avec une biscotte (youhouhou) à la maison. Je sais que je ne vais pas manger pendant un moment, et on m’a autorisé un truc léger, j’en profite. Je dois être à la maternité pour 9h, mais je serai en retard. De toute façon, le bloc c’est vers 15h. J’arrive à la maternité avec ma valise, et on me demande où est Monsieur :
« Ben au travail.
Il aurait du vous accompagner .
Pourquoi ?
Ben vous allez accoucher.
J’ai l’air de ne pas contrôler la situation ? J’ai l’air en travail ?
Mais vous devriez pas porter votre valise
Au pire quoi ? J’accouche ? Ca tombe bien je suis à la maternité » . Bref, celle-là je ne la reverrai pas et tant mieux.

On me fait un monito et on m’installe dans une chambre. Il est environ 11h30. Je me lime les ongles, en attendant. Une infirmière entre pour me raser. Je lui dis que j’ai fait une épilation, et elle me rase quand même, elle rase ma peau en fait. Elle semble blasée. Elle veut me mettre une sonde urinaire alors que mon passage au bloc est pas prévu avant 3-4 heures ! Je parlemente et elle s’en va.
Mais elle revient, et me fait un mal de chien en me mettant la sonde urinaire alors que je lui ai demandé à ce qu’on la pose après la rachi. J’ai donc cette gêne qui va durer plusieurs heures avec la sonde, c’est dur de me déplacer car ça fait un peu mal.

Puis quelqu’un vient me demander les vêtements de notre bébé et son prénom. Ça me dérange de dire son prénom à une inconnue, alors qu’il n’est pas né. Mais son ton laisse peu de place à la négociation, j’obtempère.
M. arrive et on lui passe une tenue de Schtroumpf, apparemment ça serait ok pour qu’il vienne au bloc.
Mme Mi arrive, s’étonne que j’aie déjà la sonde et me dit qu’on va me changer de chambre, je ne sais plus pour quelle raison. J’ai envie d’aller aux toilettes. Super, avec la sonde ! Allez, c’est parti pour un suppo de glycérine !
Je discute avec M., il est stressé. Moi, je suis plutôt confiante.

L’heure de faire la rachi arrive. On part, dans une salle. A partir de là, les choses sont assez floues. M. m’a dit qu’on lui avait demandé de sortir, moi je ne sais plus. Il paraît que j’avais eu une anesthésie locale, je ne sais plus. L’anesthésiste, qui est le même qui avait fait la séance d’information sur la péridurale (ça avait duré des plombes et n’avait pas répondu à mes questions spécifiques, à savoir « sur les femmes qui viennent et ne veulent pas de péri, quel % va au final la prendre ? »), m’explique tout ce qu’il fait au moment où il le fait. Il me dit « ben vous avez la sonde urinaire ?  Vraiment je ne comprends pas qu’on ne mette pas la sonde urinaire une fois l’anesthésie effectuée, blablabla ». J’enrage après la vilaine infirmière, qui était donc au courant que c’était possible. Comme il est dans mon dos et que je ne vois rien, ça me rassure qu’il m’explique. Au moment où il pique, c’est censé être au milieu mais c’est très à droite. Je le lui dis, mais il continue. Je lui dis plusieurs fois, je stresse, mais il continue. Il m’explique que le liquide va faire effet rapidement sur mes jambes, que je vais sentir des fourmillements et du chaud, ce qui arrive, d’abord à droite, puis à gauche ensuite. Il me demande de remuer les pieds. J’ai l’impression que je vais y arriver, car je sens mes pieds, mais rien.

La suite est encore plus floue, on m’emmène dans des couloirs. Je passe la porte que j’avais passée quelques temps plus tôt en chaussant les chaussons bleus, mais nous n’irons pas vers les salles de naissance. Je m’étais imaginée la passer en pleine souffrance, et galérer avec les contractions pour mettre ces fameux chaussons bleus mais non, je suis sur un brancard, anesthésiée, déjà. On va dans un couloir, M. est là, Mme Mi est là. On croise le Dr B., Mme Mi lui court après pour qu’il s’occupe vite de moi. On attend un peu dans le couloir, je suis complètement shootée. Pouf ! D’un coup, je suis dans le bloc. M. est à ma gauche, en face je vois le champ. Je ne sais plus combien de personnes sont là. Il y a le Dr B. et Mme Mi, M., et puis ? Aucune idée. Je sens que l’on passe la bétadine largement sur mon ventre, j’ai peur de sentir le reste. Je sens un peu mais sans douleur. Les gens discutent. De quoi ? Aucune idée. Le gynéco et Mme Mi disent « on voit le fibrome ».

Ça bouge dans mon ventre, je commence à avoir comme un « mal de mer », je sens que l’on fait bouger mon bébé. Puis le Dr B. dit « c’est bien un garçon », et ça continue de bouger. J’entends l’aspiration. Rapidement, j’entends un bébé pleurer. C’est le nôtre, c’est bizarre. Le gynéco dit qu’il a les cheveux clairs. On le monte au-dessus du champ opératoire, je le vois tout hurlant, dégueu et… Avec une énorme tache de naissance sur le front ! J’ai peur mais me dis qu’on aura pas besoin de le tatouer, on se trompera pas de bébé ! Le gynéco dit tout de suite que cette tache va disparaître dans la première année. En passant par-dessus le champ mon fils dégage les petits tuyaux d’oxygène qui sont dans mon nez. Pourquoi, comment, il se retrouve sur mon côté gauche. Je voudrais le toucher mais je me rends compte que j’ai les bras attachés.

Il ne pleure plus, on se regarde. Calmement, un échange de regards. J’essaie de lui faire un bisou, j’approche mes lèvres, mais la femme qui le tient l’éloigne. On continue de se regarder. Et s’ensuit cette impression que ce nouveau-né voit, et comprend tout. Je suis émue, je suis incapable de sortir un mot. Il n’y a que ce regard. Le gynéco n’arrête pas de me poser des questions pour savoir si notre bébé nous plaît. Je détourne la tête pour répondre au gynéco, qui m’agace avec ses questions, et lui réponds « oui, on le garde ». Ensuite, je retourne la tête mais mon fils est parti pour les premiers soins, accompagné de M. C’est le moment de la suture, je ne sais pas combien de temps ça dure. Mme Mi me dit « je vais vous faire un surjet magnifique, dans 2 mois vous verrez plus rien (mon œil) ». J’apprends (par qui ?) que mon fils fait 2.750kg. Le gynéco a dit à un moment « 15h10 », pour son heure de naissance.

Le reste, aucune idée. Et pouf ! Je me retrouve avec M. et E. en salle de naissance au lieu d’être en salle de réveil. Je vois mon fils dans les bras de son père. On sort l’appareil photo, une petite séance de photos au milieu des poils de papa. Elles s’avéreront être toutes floues. Une dame vient régulièrement vérifier mon pansement et d’autres choses (mais quoi ? Aucune idée). On avait pris ce premier pyjama, trop mignon. On m’avait dit qu’il fallait du 1 mois car la taille naissance ne servait à rien. Mon fils flotte dedans, il est si petit ! Pour la première tétée, après m’avoir installée légèrement sur le côté et mon fils sur le coussin d’allaitement, la femme qui vient me le mettre au sein me pince le sein, ça fait mal. C’est, selon la sage-femme consultante en lactation que je verrai chez moi 1 semaine plus tard, la position qui est la raison de mes crevasses. Ça fait mal. Je ne sais pas combien de temps ou à quelle heure mon fils tète. Le dossier dit 17h30, soit 2h15 après sa naissance.

Au bout d’un moment, nous retournons en chambre. On est quand même sur un petit nuage, heureux de voir ce bébé qu’on a attendu. Ma mère et beau-papa passent, mais impossible de me souvenir d’autre chose. Ils sont contents de le prendre dans les bras. On envoie des mms à tout le monde, avec une petite photo d’E. C’est drôle de déjà avoir des messages avant d’annoncer la naissance, ça doit être la particularité des césariennes programmées. M. me dit qu’il va falloir dormir maintenant, je n’ai pas sommeil et pourrais regarder mon bébé dans sa boîte en plexiglas pendant longtemps. Bon, on décide quand même de dormir.

La première nuit avec E. est assez chaotique, dans mes souvenirs. On appelle pour qu’on me le mette au sein. La dame nous explique quelque chose de différent de la précédente. On appelle aussi pour qu’elle nous montre comment changer une couche, vu qu’il y a un bout de cordon qui déborde M. ne se sent pas trop à l’aise. En plein milieu de la nuit, une femme blonde entre dans la chambre sans frapper, prend la boîte en plexi avec notre fils dedans et ressort. Je lui demande ce qu’elle fait. Elle me répond « un petit examen, je ramène votre bébé ». C’est l’autre dame de l’allaitement qui le ramène, il a pleuré. Elle prend un ton accusateur en me disant qu’il est en hypoglycémie, et qu’il faut lui donner quelque chose. Je lui dis que ça m’étonne pas et que c’est peut-être logique, puisque je n’ai moi-même rien mangé depuis bientôt 24heures, et que j’ai faim. Elle me répond que ça n’a rien à voir, le colostrum est fabriqué tout au long de la grossesse et sa fabrication n’a rien à voir avec ce que j’ai mangé ou non. ( ?!!, ?) Me faisant à moitié traiter de mauvaise maman, j’obéis aux ordres et donne ce biberon d’eau sucrée, à contrecœur. Je fais la tronche, M. semble trouver que je devrais obéir, et avec le sourire. Mon fils s’étrangle sur ce biberon, il tousse. On finit par se rendormir.

Je me réveille et dis à M. que j’ai mal. On appelle, une infirmière arrive. Je lui dis que j’ai mal. Il doit être environ 4heures du matin dans mes souvenirs (mais rien dans mon dossier médical, le mystère reste entier). Elle me répond que j’ai déjà eu tel et tel truc, je devrai attendre 9heures du matin. Je lui dis « mais j’ai mal », elle me répond « mais si vous insistez, il va falloir que j’aille réveiller l’anesthésiste de garde, qui est en train de dormir, vous voulez vraiment que je le dérange pour ça ? ». J’ai une pensée pour les femmes qui n’insistent pas, de peur de réveiller le pauvre anesthésiste de garde. Oui, je veux qu’elle aille le réveiller. Et elle continue : « mais si on vous donne autre chose, le médicament va passer dans le colostrum, et comme vous allaitez il faut pas, blablabla. » Je lui dis que sa collègue m’avait certifié, à peine quelques heures auparavant, que ça n’avait rien à voir. Comme par hasard, c’était possible de m’administrer autre chose. Je suis déjà à cran. Je me rendors. Évidemment, ces passages sont sans compter les nombreux réveils de notre fils, ainsi que ses pleurs, lors de cette première nuit.

Le lendemain, belle-maman vient voir notre fils. Elle trouve qu’il ressemble beaucoup à M. Elle le prend dans les bras. Avant ou après, M. va donner le bain à E., et on retrouve un bébé avec des tout petits cheveux bruns, tout ébouriffés. Le pédiatre lui fait la visite pendant le bain, je ne le verrai pas. M. me dit que le pédiatre l’a trouvé tonique, et que tout va bien. Ma mère vient nous voir. Pendant qu’elle est là, 2 infirmières entrent et demandent à ma mère de sortir car je vais me lever. L’une d’entre elles est blonde, avec une longue queue-de-cheval qu’elle fait haut sur son crâne. Elle se tient droite, elle semble rigoureuse et douce.

Ma mère sort, et je leur demande joyeusement combien de temps ça va prendre, pour savoir si je dis à ma mère de rester dans le coin ou non. Elles restent évasives. Elles m’expliquent qu’elles enlèvent la sonde et que je me lève après. J’ai peur car la pose de la sonde a été douloureuse, et je leur demande si c’est aussi douloureux. Elles ont l’air douces et m’expliquent que non, je tousse comme elles disent et effectivement c’est indolore. Puis elles relèvent l’assise de mon lit, chacune d’un côté. Je ne comprends pas pourquoi tant de précautions. En me tenant assise, toujours sur le lit, et en posant les pieds au sol, je leur dis que ça me fait mal, que ça brûle à gauche surtout. Elles ne sont pas surprises et je comprends que c’est pour cela qu’elles sont deux. Je tente de me lever mais c’est trop douloureux. Je n’y arrive pas, je ne parviens plus à respirer, j’ai des sueurs froides. J’ai trop mal. Queue-de-cheval semble compatissante, vraiment embêtée pour moi. Je pleure tout ce que je peux, je ne comprends pas ce qui m’arrive. Elles me disent que ce n’est pas grave, quelles repasseront. Elles sortent. A ce moment je me dis que je ne me lèverai plus jamais de ma vie, cette douleur est trop insoutenable.

Ma mère revient, je suis en larmes et lui demande de partir. Je réalise que mon ventre est coupé en deux, que je suis incapable de m’occuper de mon bébé. M. est parti se chercher à manger, mon fils pleure. Je sonne. Pendant que la dame change la couche de mon bébé qui pleure, je sanglote, sur le dos, incapable, impotente, amputée. Je me sens punie. De quoi ? Je ne sais même pas. J’ai déjà des crevasses, et demande à ce qu’on m’aide pour l’allaitement. On me dit de voir avec Ida. OK, mais à chaque fois que je sonne pour voir Ida, elle n’est pas dispo. Il me semble que je la verrai le lendemain.

Queue-de-cheval revient, avec son acolyte (la même ? Aucune idée). Il faut se lever. Je pleure avant même de tenter. C’est un nouvel échec. M. revient et me trouve au 36ème dessous. Je regrette tout. Je ne le dis pas, mais je regrette le mec, l’emménagement, le projet de bébé. Tout. Je suis découpée en deux, scotchée sur le dos dans un lit d’hôpital, et je fais quoi maintenant ?

Evidemment, le frère et la grand-mère de M. arrivent à ce moment, ils sont en bas. Je ne veux voir personne, M. prend E. dans sa boîte en plexi, car il paraît que c’est trop dangereux de tenir son bébé dans les bras (c’est sûr, 2.7kg dans les bras d’un homme d’1.80m, on sait jamais), et il va les voir dans le couloir. Il me dit que si E. a faim, il lui donnera un biberon. C’est ça, oui. Je m’en fous.

Queue-de-cheval passe me voir, me propose de me reposer un peu et baisse les stores. Je m’endors en pleurant. C’est le gynéco, le Dr B., qui me réveille en ouvrant brusquement la porte. Il m’engueule parce que je suis dans le noir, et ouvre les stores. Il me dit que je dois me lever et c’est comme ça. M. est toujours parti avec E., je ne sais pas depuis combien de temps. De toute façon, je suis trop choquée par la douleur pour m’en soucier. A chaque fois que j’y repense, je pleure. Queue-de-cheval repasse, me demande ce qu’a dit le DrB . Je lui réponds « il m’a engueulée ». Elle a un air désapprobateur, mais ne semble pas étonnée, et veut bien refermer les stores. Elle me laisse seule, pile ce dont j’avais besoin. M. finit par revenir avec E., il me dit qu’il a eu un biberon.

Bon là je commence à avoir la vessie très remplie, et je n’arrive pas à uriner dans les trucs en métal. Je n’y suis jamais arrivée, voilà. Le Dr B. vient, bien déterminé à me forcer à me lever coûte que coûte. Il m’explique qu’il n’est pas possible de remettre une sonde urinaire car je risque une infection. C’est donc pas Queue-de-cheval et son acolyte qui vont s’y coller, mais le Dr B. et M. Je leur broie les mains. C’est bien fait pour le Dr B. (sur le coup, je ne le pense pas, je suis trop dans cette douleur. Je rajoute ce « c’est bien fait » aujourd’hui, j’espère même que je lui ai bien incrusté une bague dans un doigt). Je vais jusqu’aux toilettes, en larmes et quasiment incapable de respirer. Le Dr B. s’en va et charge M. de rester à côté de moi pendant que j’urine (encore merci pour cette nouvelle humiliation), et de me ramener à mon lit après.

Ce que je comprendrai au second lever, c’est que chaque nouveau lever fait moins mal. J’en bave comme un chien, mais plus personne ne viendra s’occuper de mon bébé à ma place. Je crois que j’ai eu droit à un bouillon, ce soir, car mes gaz ont repris. Une autre nuit compliquée, on veut encore me filer des compléments. C’est niet.

Encore des avis contradictoires, sous prétexte que mon bébé est petit. Et je commence à me dire que s’il est petit, c’est parce qu’on est allé le chercher trop tôt, il devait naître en octobre. Notre fils pleure beaucoup cette nuit-là, on sonne et une jeune étudiante en médecine vient discuter avec nous. Elle nous rassure, du haut de ses quoi ? 20 ans peut-être… Elle nous parle de glaires, de besoins du petit bébé, sans nous donner de solution mais bon… Elle est là. Chaque réveil sur fond d’un bébé qui pleure me fait espérer que ce ne soit pas le nôtre qui pleure. Mais c’est bien souvent le nôtre, nous laissant un peu perdus.

Le lendemain, c’est le trou noir. Je ne sais plus. Sur mon dossier médical, c’est marqué « mieux – souriante ». J’ai toujours des crevasses, et je commence à avoir les seins tendus. Personne ne semble à même de m’aider, on me parle de bouts de sein, point. Personne n’est dispo pour discuter allaitement, position, tout ça. Alors M. va docilement me chercher des bouts de sein. Personne ne m’aidera à les mettre en place, et ce n’est pas faute d’avoir demandé.

Je donne (ou regarde ?) le bain de mon fils. On dirait qu’il faut avoir fait l’X pour avoir le droit de baigner son enfant. Donc ce que je retiens de cela, c’est qu’il ne faut pas le tenir comme je le fais « sinon il se noie », et qu’il faut se dépêcher parce qu’il a froid. Je tremble, car encore une fois je fais mal. Je tiens à peine debout, j’ai encore très mal. Déjà pour moi, c’est le fait d’être au bain qui est un exploit.

M. ne passe pas la nuit à l’hôpital, et je me blinde pour affronter « les sorcières » seule. Le Dr B. lui a dit qu’il avait une mine de plus en plus fatiguée de jour en jour, et que comme j’allais peut-être sortir dimanche, il devait se requinquer un peu.

Durant la nuit, j’ai une question « fréquence de caca », je réfléchis longuement puis décide de sonner. Une sorcière brune débarque, me parle du fait que mon fils n’a pas récupéré son poids de naissance, et qu’il est petit, et que peut-être que je n’ai pas assez de lait. Mais la montée de lait est en route. Elle m’impose de peser mon fils avant et après la tétée (contrairement à ce qui est marqué dans le papier des protocoles), +400grammes. Ce qui semble très bien. Elle va enfin répondre à ma question fréquence de caca ? Non, mais elle me fichera la paix et arrêtera de tenter de me refourguer ses biberons. Le lendemain matin, quand M. arrive, je suis fière de moi, même si mon fils s’est fait trimballer pour la pesée on y est arrivé, à passer la nuit sans ces sorcières.

Puis c’est samedi, je vois Ida. En fait c’est « Madame allaitement », à priori ici. Elle m’explique donc comment mettre mon fils au sein. Quand il pleure, je passe un long moment à m’installer avant de le prendre. Je me sens gauche. Mais je fais.

Mon fils est toujours un étranger. Je l’aime mais me sens incapable. De lui montrer, incapable de m’en occuper.

J’ai mal aux seins, je reste cloîtrée dans ma chambre, les seins à l’air. C’est sympa, l’infirmière qui vient fait état de mes « seins en chou-fleur » sans m’apporter quelque aide que ce soit. Ida a parlé de racheter de la crème, alors c’est parti. Mon cousin et sa chérie viennent nous voir. Chaque visite a pour consigne d’appeler en bas, pour que j’aie le temps de mettre un soutien-gorge et un haut. Pendant que mon cousin et sa chérie sont là, mon fils prend le sein et Ida repasse me voir. Elle me dit de me décrisper. On essaie… La fille qui vient me faire la piqûre dans la jambe, je la connais… Elle s’appelle Mél, on avait fait un job d’étudiant ensemble. Je ne sens rien à ses piqûres et elle me parle gentiment, ça fait du bien.

Dimanche arrive, je trépigne. Je n’ai qu’une envie : rentrer chez moi. Ici, ils ne me servent à rien, les conseils sont contradictoires, et à part Ida et Queue-de-cheval, tout le monde semble vicieux et infantilisant. J’ai toujours mal, à la cicatrice et aux seins, mais comme tout le monde s’en fiche et que cela se fait dans l’indifférence la plus totale, je préfère être chez moi. Mais le Dr B. dit que je sortirai lundi matin. Je suis déçue et fatiguée de me battre, mais ok.

Le lundi, ma valise est prête quand M. arrive. Mais voilà, mon fils n’a pas repris son poids de naissance. Ça semble poser problème, on me parle Hospitalisation à Domicile. Mais à ce que je comprends, ils n’ont personne dans leurs répertoire qui irait chez moi, alors on laisse tomber. Je dois revenir une semaine plus tard pour peser mon fils. On a donc droit à la visite du pédiatre (étais-je présente ? Aucun souvenir, je crois que j’étais sous la douche) qui dit que notre bébé va très bien, prescrit une écho de la hanche vers ses 1 mois, et l’autorise à sortir.

Pour clôturer ce beau séjour à la maternité, la dernière interlocutrice sera une puéricultrice à l’air très consciencieux. Elle nous explique comment il faut s’occuper de notre bébé. Nous l’écoutons religieusement. Quand elle nous dit qu’il faut toujours avoir à la maison de l’eau minérale, du lait en poudre, des biberons et de quoi stériliser, je lui dis que j’allaite. Mais puisque c’est marqué dans son dépliant avec une grosse bouteille d’Evian dessus, elle nous dit que même en cas d’allaitement il faut TOUJOURS avoir cela à la maison. Je lui demande quelle est la pertinence, elle me répond que c’est comme ça. Puis je lui dis que, lors de la préparation théorique à l’accouchement, Mme Mi avait dit que la stérilisation était inutile et révolue. Elle me dit que non, et qu’il faut toujours stériliser avant de faire un biberon. Je lui demande alors pourquoi Mme Mi aurait dit cela. Elle me répond que si son dépliant le dit c’est que c’est la vérité, sinon ça ne serait pas marqué.

Nous sommes partis de cet endroit transformés. Beaucoup disent « on est arrivés à 2, on est repartis à 3 ». Moi, je pense « je suis arrivée seule, j’en suis ressortie brisée ».

Je rentre donc chez moi, avec mes questions restées sans réponse. Je prends un rendez-vous chez le pédiatre pour le lendemain, et je contacte une consultante en lactation. La nuit, notre fils pleure. M. a bien enregistré que nous étions des incapables, et dès 22h panique et veut aller acheter du lait en poudre, comme nous l’a dit la puéricultrice consciencieuse. Je me sens seule contre tous, et fais comprendre à M. qu’il faudra me passer sur le corps.

Je crois que j’ai vu le pédiatre en premier, le mardi. Mon fils avait donc 6 jours. La pédiatre l’ausculte, il est tout nu. Elle me dit « il a toujours cette boule quand il pleure ? », je me sens bête, je n’en sais rien,… Et ce que j’entends à ce moment, ce sont des bouts de phrases, « hernie, confirmer, rendez-vous, chirurgien, échographie, urgent, opération ». Ca ne va donc jamais s’arrêter ? Je suis allée chez le pédiatre pour être rassurée, me voilà en pleurs.

Puis je rencontre MH., qui est la consultante en lactation. Elle me rassure beaucoup sur l’allaitement, et ne semble pas comprendre comment j’ai pu avoir des crevasses. Quand je parle du coussin d’allaitement à la maternité, elle semble certaine que c’était la cause. Elle me montre (enfin !) comment m’assurer que mon fils tète efficacement, comment m’assurer qu’il déglutit, comment me rassurer sur le fait que j’ai du lait. En voyant mon épuisement manifeste et mon inquiétude sur le poids de mon fils, c’est elle qui me parle facilité et praticité : cododo, co-sieste, pas de ménage, repos, tout ça. Ça fait sens, mais le manque de sommeil m’empêche de réfléchir. Elle me dit aussi que je ne suis pas obligée d’aller faire peser mon fils à Ch. la semaine prochaine. C’est mon bébé, je fais ce que je veux. Tiens ? Nous convenons ensemble que c’est elle qui viendra le peser.

Je vais ensuite chez le Dr G., qui faisait mes échographies pendant la grossesse. Il confirme la hernie inguinale de mon fils, et des 2 côtés. Il ajoute : « ça arrive souvent aux bébés nés trop tôt. »

Je ne réagis pas, mais tout défile dans ma tête à ce moment-là. Je sais. Je sais qu’il a raison. Jamais je n’aurais du laisser le Dr B. m’imposer cela. Il est tout petit, il est même pas fini, mon fils. Et à cause de ce mauvais choix il va devoir se faire opérer, en plus de toutes les douleurs que j’ai du subir. Je repars de chez lui troublée. Evidemment j’emplafonne la voiture en sortant du cabinet. Ce n’est que du matériel, et je m’en fiche éperdument. La portière passager ne s’ouvre plus. Bon c’est embêtant quand même.

Je m’inquiète beaucoup pour le poids de mon fils. Ma mère passe me voir le 8 octobre, le jour de ses 50 ans. Elle me trouve en larmes, et va passer la journée avec moi à essayer de me remonter le moral. M. appelle Mme Mi, qui m’appelle pour me demander si mon fils a pris du poids.

Le soir, je supplie M., la larme à l’œil (encore, ça devient une habitude) de ne pas aller au travail pendant quelques temps. Ça le contrarie car il a des patients tout le temps, et annuler des patients nécessitera qu’il recase ces rendez-vous. Je n’en peux plus, il faut qu’il soit là.

A la maison, c’est un vrai gros bordel. Le lapin est super-perturbé, il mange tout et n’importe quoi. Il est en pleine mue et je me dis qu’il faudra le brosser. Mais mon fils prend déjà beaucoup de temps. Pendant ce temps, belle-maman se renseigne sur les chirurgiens. La pédiatre voulait nous envoyer à Br., mais belle-maman dit que la chirurgie sur un tout-petit nécessite une habitude qu’ils n’ont certainement pas à Br. Elle nous trouve le Dr N., à Trousseau. C’est une amie de S., qui est anesthésiste, et qui la recommande parce qu’elle n’a « pas le scalpel entre les dents ». Le rendez-vous est pris pour le lundi suivant.

Le week-end arrive, on a des visites d’amis. J’ai une hâte : qu’ils partent, je suis fatiguée, je n’ai pas envie de rire. Je leur ai dit d’amener à manger et à boire, je ne m’en charge pas. Quand il faut sortir des assiettes pour la salade, c’est la cata, ça veut dire qu’il va falloir faire de la vaisselle.

Le lundi, nous allons, avec M., au rendez-vous à Trousseau. La chirurgie se fera le jeudi 15 octobre, le jour du terme de mon fils. Le rendez-vous anesthésiste se fait dans la foulée. Le Dr N. est la seule à ne pas tiquer sur le poids de mon fils (il approche enfin de son poids de naissance !), elle nous explique comment ça va se passer.

Ensuite, une amie passe et je lui demande de venir seule, sans son homme ni leur fils. J’ai toujours les seins à l’air et je pleure beaucoup, je suis stressée par l’opération. L’après-midi où elle est là, je trouve le lapin bizarre et prends rendez-vous chez le vétérinaire pour le lendemain. Le soir, le lapin est vraiment bizarre et nous appelons SOS vétérinaire, car le rendez-vous du lendemain semble loin. Il a une boule d’air dans l’estomac, ce qui est une très mauvaise nouvelle. Il mourra dans la nuit. C’était notre animal domestique et je suis encore plus bas.

Le surlendemain, c’est l’opération. Mon fils doit être à jeun, à 7h du matin à Trousseau. Dernière tétée dans la nuit, puis la voiture avec M. On arrive, mon fils fait 2.8kg. Nous patientons, il devrait passer au bloc vers 9h. Comme des urgences arrivées dans la nuit doivent passer au bloc, on attend. Mon fils partira au bloc aux alentours de midi, et il est difficile de le faire patienter jusque-là. L’attente est longue, le chirurgien doit faire les 2 côtés. J’ai plein de lait, et demande un tire-lait. C’est une puéricultrice douce qui l’amène et nous explique comment ça marche. Je la remercie d’être aussi aimable. Elle s’en étonne et je lui dis que Trousseau, c’est pour l’instant le seul endroit médical où on ne me parle pas comme à une demeurée. Elle évoque la naissance de sa seconde fille, aux Bl., où le personnel était également très dévalorisant. Je vois qu’elle aussi, ça l’a beaucoup touchée.

J’ai repris la cigarette. L’attente est très longue et nous n’avons pas de nouvelles. Vers 17h, une infirmière vient dans la chambre en nous disant « le chirurgien veut vous parler, je vous amène au bloc ». M. est paniqué, moi je n’arrive pas à imaginer que quelque chose pourrait clocher. Je suis, depuis 2 semaines maintenant, en mode automatique. Nous arrivons à la sortie du bloc, le chirurgien (le Dr N.) nous explique que ça a été plus long et difficile que prévu, M. demande si notre fils va bien, elle répond « oui ». On se détend. Elle n’a fait qu’un côté, car les tissus déchiraient. Je vais voir mon fils en salle de réveil, il a une tétine avec de l’eau sucrée. Je l’allaite, mais mes seins sont tellement durs qu’il n’arrive pas à bien prendre. Il pleure et s’énerve. Moi, ça m’énerve aussi de ne pas y arriver, et les 2 femmes qui sont là veulent qu’il boive cette eau sucrée. Une fois qu’il a pris le sein, il tète longuement, et je l’allaite en marchant pour retourner à la chambre. Je vais passer la nuit ici avec lui, M. dormira chez ses parents (5min à pied). J’appréhende la nuit, encore dans mes souvenirs de la maternité à Ch.

Mon fils pleure beaucoup, je le rassure en lui disant « maman est là ». Il tète beaucoup, et pour la première fois régurgite. Le volume régurgité est impressionnant. J’appelle la nuit pour changer les draps de mon fils, car il y a eu une fuite (ou une régurgitation ? Je ne sais plus). Un homme arrive, calme et patient, il change les draps et enlève la perf du pied de mon fils. Ca saigne beaucoup et je me sens mal. L’homme me rassure, me dit que c’est normal (avec la vitamine K ?).

Le lendemain, une interne passe et dit que seul un côté a été fait sur mon fils, car le diagnostic clinique n’a été fait que de ce côté. On lui répond que c’est parce que le Dr N. avait eu du mal avec le côté droit. Elle nous dit que la hernie inguinale ne doit être opérée que sur constatation clinique, et non sur échographie. Nous sommes perplexes. Bref on s’en fiche, c’est bien à droite que la hernie avait été décelée cliniquement, et c’est à droite qu’il a été opéré.

On rentre à la maison, et mon fils a désormais des régurgitations et des rots qui durent longtemps. A Trousseau, on aura vu des parents qui errent dans des couloirs, et des urgences saturées en pleine grippe A.

Je revois MH. quelques fois, et les graines qu’elle sème nous profitent à chaque fois. En 1 mois, mon fils aura finalement pris 1.4kg, du jamais-vu pour un bébé allaité selon la pédiatre. Cette dernière m’annonce qu’elle quitte le cabinet et que j’aurai désormais affaire au Dr JMB. Il n’aime pas l’allaitement, et répond à mes questions avec agacement et dédain. C’est donc nous-mêmes qui diagnostiquerons le reflux de mon fils vers ses 2 mois.

MH. me suggère de cesser les produits laitiers, car les protéines de lait de vache passent dans le lait maternel. Le Dr JMB. me rit au nez quand je lui en parle. En attendant, mon fils pleure toute la journée, ne dort quasiment plus sauf dans les bras. Il nous faudra du temps pour nous résigner et nous dire qu’il dormira en porte-bébé, nous nous en voudrons après de n’avoir pas su, pas compris. Nous remarquerons une amélioration avec les conseils de MH. Progressivement, nous apprendrons à ne surtout pas écouter ce que dit le Dr JMB., au sujet des pleurs, de l’allaitement.

Nous allons tenter de trouver d’autres pédiatres, 4 au total. Ça n’accroche avec personne, sauf un qui est trop loin pour suivre E. Je crois que je l’aime quand il commence à faire des sourires, un peu avant ses 3 mois, avant cela la période reste très embrumée dans ma tête, entre le désespoir et l’acceptation de mon incapacité à être mère.