Tag Archives: spectatrice de son accouchement

# 204 Anaïs – Essonne – 2009

1 Mar

Cela fait 4 ans. Et au long de ces 4 années je continue de me demander comment j’ai pu à ce point me laisser faire, être un mouton docile. Je m’en veux. J’en veux à mon compagnon alors qu’il ne savait pas, ne pouvait pas savoir et n’a fait que me suivre. J’en veux au personnel médical qui m’a traitée comme une écervelée, m’a volé mon accouchement. Et je m’en veux une seconde fois de les avoir laissé faire.
Ma grossesse s’est bien passée. Malgré des contractions dès le 4ième mois, qui finalement ne m’ont pas gênée.
Le terme prévu par le corps médical au 14 janvier 2009 est déjà un premier signe qui aurait du me faire tiquer. J’ai beau eu dire que la conception ne pouvait pas être au 14 avril mais au 17 pour la simple et bonne raison que la seule relation sexuelle que nous avions eu ce mois était ce jour là, personne n’en a tenu compte. J’ai retenu que pour la prochaine fois je mentirai sur la date de mes dernières règles s’il le fallait.
De plus, je sais au plus profond de moi que ce bébé n’arrivera qu’après terme. Son père est né par césarienne 15 jours après terme et moi-même 3 semaines après, c’est un peu une tradition familiale en somme.
Tout commence ce 14 janvier 2009. J’ai rendez vous à 9h à la maternité pour un monitoring de contrôle. Bien sûr, j’ai droit à l’examen du col qui s’avère toujours long et tonique, ce qui ne m’étonne pas le moins du monde. Je passe donc une demi-heure allongée dans une salle séparée d’une autre maman apparemment en début de travail par un rideau. Heureusement que j’ai prévu un bon livre et mon lecteur mp3.
Ensuite, on m’invite à patienter dans un couloir pour une échographie. Le gynécologue est plus sympathique que celui qui m’a fait l’écho morpho, mais pas franchement expansif. Il ne dit pas grand-chose, tout juste me répond-t-il quand je lui demande si tout va bien. Puis il me demande de patienter dans le couloir, quelqu’un va venir me voir.
Naïvement je pense qu’ensuite je vais prendre rendez vous pour dans 2 jours et rentrer tranquillement à la maison. Une sage femme arrive, et quand je lui demande pour quand le prochain rendez-vous elle ouvre de grands yeux « on vous a pas expliqué ?? » M’expliquer quoi ?
M’expliquer que je manque de liquide amniotique et que je vais être déclenchée demain matin. Elle m’explique que je peux rentrer chez moi ce midi car il n’y a pas de place en chambre maintenant et que je dois revenir à 15h pour un nouveau monitoring. Je suis abasourdie, mais je me laisse faire sans bien réaliser.
Je profite du répit qui m’est gracieusement accordé pour prévenir mon Homme et ma mère et rentrer à la maison déjeuner. Chose peu commune pour moi, je n’ai pas vraiment faim.
De retour à 15h, une sage femme, très sympathique (dommage je ne la reverrais que plusieurs jours plus tard), m’installe de nouveau dans la même salle que le matin. Elle me donne alors plus de détails, le manque de liquide amniotique n’est pas un problème en soit mais il provoque une baisse inquiétante du rythme cardiaque du bébé lorsque j’ai des contractions. Quelles contractions ?? Je n’en ai plus depuis un mois. Là encore je ne comprends pas ce qui est en train de se passer .Elle me place un cathéter pour la faire une prise de sang, comme ça c’est fait, pas besoin de repiquer plusieurs fois et il sera en place pour demain.
Elle m’explique aussi le programme du lendemain : on va me placer un propess, un tampon, pour faire mûrir mon col plus vite et que je serai très surveillée car ce produit peut provoquer des contractions très violentes. Je m’installe dans la chambre. Francis passe me voir rapidement après son travail.
Dans la soirée une autre sage femme vient me faire un nouveau monitoring puis me dit que j’irais en salle de travail le lendemain à 8h. 2 autres femmes seront déclenchées le même jour et je serais vu la première car je suis la plus loin d’accoucher. Bien sûr je dois être à jeun à partir de minuit.
La nuit passe, je dors mal, je n’aime vraiment pas être là.
Je suis debout à 7h30. Francis arrive vers 8h30. La sage femme de la veille arrive et m’emmène direct en salle de travail. Elle me place le monito et me dit que la sage femme de garde (qui va finalement m’accoucher) va venir tout de suite me placer le propess. On attend jusque 10h30 sans aucune information !! C’est une femme très désagréable, sans empathie, froide et autoritaire. Je dois rester 2h encore sous monitoring après ça.
A 12h30 elle repasse et c’est toujours le calme plat… juste deux sensations très basses et plus douloureuses que d’habitudes mais elle me regarde comme si j’étais débile parce que rien n’apparait sur le tracé. Elle m’annonce que partit comme c’est je n’accoucherai pas avant le lendemain. Cette nouvelle m’atterre me met en colère, on me déclenche alors il est hors de question que ça prenne 24h. Je lui annonce que si à minuit le bébé n’est pas là je le sortirais moi-même au scalpel.
Je peux donc manger « léger » (on me sert du couscous, logique hospitalière) aller me promener dans le parc… elle me donne rendez-vous à 16h pour un nouveau monitoring. J’ai l’impression que cette machine est une extension de moi-même, elle me sort par les yeux.
A 15h je me sens bizarre… j’ai des douleurs dans le bas du ventre qui me poussent à marcher. Il FAUT que je marche c’est viscéral ! Je tourne en rond dans la chambre et Francis se demande ce qui me prend (je déteste marcher en temps normal).
A 15h30 mes parents arrivent et là mon père s’écrit : « ton ventre est descendu !! » Ah bon… ?
A 16h je retourne en salle de travail avec ma mère, elle est très mal accueillit.
A 16h30 les douleurs se transforment en contractions, très fortes. Mais la sage femme me croit pas, elle voit toujours rien sur le tracé. J’ai mal aux reins, parfois la douleur me soulève du lit ! Je bougerai bien, non j’ai BESOIN de bouger, mais à cause des capteurs je suis coincée sur ce p***** de lit. J’ai envie de taper dans un punching-ball (ou sur quelqu’un). Et plus la douleur est forte plus j’ai des envies de violence. Je m’agite, je lutte. Ma mère a vécu 3 accouchements sans péridurale, le dernier par déclenchement, elle essaie de me rassurer en me disant que c’est plus douloureux quand c’est déclenché que je ne dois pas lutter mais accompagner cette douleur… Je n’y arrive pas, je lutte pour sortir ces douleurs de mon corps. Ce corps que j’ai toujours eu sous contrôle (je suis sportive, monitrice d’équitation) m’échappe totalement et c’est insupportable tant physiquement que psychologiquement.
La force des contractions augmente, j’ai envie de pousser, ou plutôt je pousse. Ma mère s’en inquiète appelle une sage femme, qui arrive avec une gynécologue : col toujours à un. Il ne faut pas pousser. Oui mais mon corps il pousse lui ! J’entends la sage femme dire à la gynéco « son col est très loin en arrière et fermé, mais la tête du bébé pousse dessus ».
J’ai de plus en plus MAL ! Et l’horrible sage femme m’annonce que mon bébé ne sortira vraiment pas avant le lendemain, que ça n’est pas possible il faut toujours 24h pour un déclenchement… elle se décide quand même à m’enlever le propess. Une contraction est arrivée à ce moment là, elle n’arrivait pas à retirer le dispositif… J’ai souffert.
Mon corps ne répond plus, j’ai mal même entre les contractions, aucune position ne me soulage. Mais puisque les contractions n’apparaissent pas sur le tracé, on ne me prend pas au sérieux. On me trouve douillette.
Et puis j’ai toujours envie de pousser… De nouveau elle m’examine, col à 3 (tient ?) mais toujours très long. Et les contractions remontent jusque dans mes seins et ma nuque… elles me provoquent des spasmes…
Encore une fois elle répète que ce n’est pas pour aujourd’hui, que je n’accoucherai pas avant le lendemain matin au moins… et me propose la péridurale puisque je suis à 3 et que l’anesthésiste est là… j’hésite, vraiment j’en veux pas je n’en ai jamais voulu ça n’est pas comme ça que je voyais la naissance de mon bébé. Mais la contraction suivante est d’une telle violence qu’elle me soulève du lit seule ma tête et mes talons le touche. Ma mère est pâle me dit : « tu ne tiendras pas longtemps et je pense qu’elle a raison, il n’y a pas de honte à soulager la douleur ».
Je capitule, j’accepte la péridurale. A contre cœur, une partie de moi hurle que quelque chose ne va pas mais je ne veux pas l’entendre. C’est vraiment comme ça que je le vis au final, un renoncement. C’est là que j’ai rendu les armes et que je suis devenue totalement spectatrice de mon accouchement.
Elle met ma mère à la porte. A partir de maintenant, seul le père est autorisé à rentrer.
L’anesthésiste arrive et on commence par s’engueuler. Je ne respire pas comme il faut d’après lui. Moi je respire comme ça me soulage !! Je suis sportive, habituée à l’effort, je connais mon corps. Il me menace d’évanouissement, ça arrive à d’autres mamans qui respirent comme cela. Mais c’est quoi son problème ??
En prime la sage femme fait sauter le cathéter de la perf en voulant poser le syntho. Elle doit me repiquer (trop de bonheur). Elle s’y prend si bien qu’elle arrive à me faire mal, doit recommencer 2 fois. J’aurais un hématome du pouce au pli du coude en souvenir.
Les contractions continuent de plus belles, je ne vois pas vraiment la différence depuis la péri pourtant dosée très fortement d’après l’anesthésiste. J’ai de plus en plus envie de pousser mais mon col ne bouge toujours pas… Le temps passe lentement. Je sens bien que mon corps pousse tout seul, à chaque contraction c’est comme si tout depuis mes poumons jusque mon rectum essayait de sortir par mon vagin.
Francis est inquiet, je ne gère rien. Il choppe une sage femme dans le couloir et la traîne de force pour m’examiner. Elle me fait un TV, elle fait attention (enfin quelqu’un de doux) mais avant même qu’elle atteigne le col je sens un liquide chaud s’écouler. La poche des eaux commençait à sortir, en la touchant elle l’a percée. Le col n’est qu’à 5 « il ne faut pas pousser Madame vous aller abimer votre périnée » Je n’ai pourtant qu’une obsession : POUSSER (et mon corps s’en charge bien tout seul).
A presque 20h la sage femme revient, m’examine et s’écrie : « mais vous êtes à 9 ! Il y a juste un petit bout qui ne s’efface pas mais à la prochaine contraction vous pourrez pousser ! » et regardant le monitoring, perplexe « mais je comprend pas je n’enregistre pas vos contractions ».
Oh comme c’est étrange… mon col a réussit à s’ouvrir à 9 tout seul sans une seule contraction ! Appelez-moi Wonder Woman !!
De tout l’accouchement le monitoring affichait 21 entre les contractions et au plus fort il est monté à 32. Ils considèrent que le travail commence au delà de 100… A ce compte là, je n’ai jamais accouché.
Mais maintenant… plus de contraction. Plus aucune. J’en serais presque grés à mon corps pour ce répit. Et quand elles reprennent, elles sont si faibles que je les sens à peine… alors je pousse, mais je pousse dans le vide. Et la sage femme de me houspiller « gardez votre air » « poussez comme pour aller à la selle » (ahhh je ne serai pas aussi mal je la cognerai tellement ce qu’elle dit est débile) « mais enfin poussez quoi faites un effort ». Et moi je pousse dans le vide et mon périnée, je le sens bien, ne s’ouvre pas. Une puéricultrice me masse le ventre… inutile.
Et puis là le choc. Je l’entends chuchoter « appelle la gynéco, le bébé est bradycarde à 60 ». Bébé est engagé depuis trop longtemps, il bloque et fatigue… Et moi je pousse toujours dans le vide.
Quand la gynécologue arrive, elle me regarde et me dit « je coupe pour passer les forceps ». J’ai une étrange sensation d’écartèlement de mon bassin, elle me dit « poussez » je pousse et je crois sentir passer mon bébé. Elle me dit qu’il avait un cordon court. Puis elle le pose sur mon ventre. Il est gris, sa tête est déformée par les forceps, il hurle. Francis me regarde et me dit « c’est Jérémi ».
Quelques secondes plus tard on me l’enlève pour lui « faire des soins pendant que je vous recouds », Francis l’accompagnera. La gynéco m’assène alors le coup de grâce en m’annonçant que si le rythme cardiaque n’était pas descendu aussi bas elle m’aurait laissée tranquille parce qu’en 2 poussées il serait sortir sans difficulté.
Et pour terminer en beauté, lorsque l’on me l’a ramené et mit en peau à peau j’ai voulu le mettre au sein, j’ai commencé à m’installer la sage femme m’a grondée comme une enfant « ah non ce n’est pas le moment !! » me sentant prise en faute et humiliée j’ai tenté de me justifier en lui disant que je dégageais juste mon sein.
Avec le recul je m’aperçois qu’aucun geste ne m’a été expliqué et surtout qu’à aucun moment on ne m’a demandé mon consentement pour quoique ce soit. « On vous déclenche » « je pose la perf » « je coupe ». Je me demande même si ce déclenchement était nécessaire car hormis à la fin de le cœur de notre bébé n’a jamais faiblit, ni entre ni pendant les contractions.
4 ans après je subis encore certaines conséquences physiques et psychiques de cet accouchement que j’ai vécu comme une maltraitance, une boucherie, de même que mon fils qui était un bébé très stressé, qui pleurait en permanence et qui souffrait.
Plus jamais ça.

Anaïs, Essonne.

Publicités

#04 Ju

28 Jan

Je suis maman de 3 enfants, je vais vous raconter l’expérience de mes trois accouchement en France.

Pendant mes grossesses je n’ai pas eu de soucis particuliers, rien ne me vient à l’esprit si ce n’est ce fameux test du glucose qui est juste à vomir et que j’ai supporté difficilement.

Mon premier, mon petit garçon, j’étais renseignée, j’ai assisté aux cours mais j’étais franchement pas rassurée du haut de mes presque 19 ans, alors je me suis laissée guider, je n’ai pas trop de regret si ce n’est que de ne pas avoir eu la sensation d’être intégrée, je me suis laisser couler. Alors je ne sais pas du coup ce que l’on m’a injecté ou si j’avais d’autre possibilité.

Je pense que le fait que je sois sous péridurale arrangeait la sage-femme car elle était débordée ce soir-là, mais je garde tout de même un doux souvenir de me sentir malgré tout en sécurité.
Je ne sentais pas mes contractions, je ne savais pas quand ni comment pousser, ce moment était très insécurisant pour moi

J’ai eu une hémorragie suite à mon épisiotomie, on m’a dit que c’était parce que j’étais très vascularisée (sauf que pour mon deuxième j’ai re-eu une épisio pas d’hémorragie, bizarre bizarre …)

Pour le séjour, je suis ravie de ne pas allaiter. J’entends la dame de la chambre d’à coté pleurer tout ce qu’elle peut et se faire disputer par-dessus le marché.

Moi je me suis faite envoyée paître dans le champs d’à coté, parce que je ne pouvais pas faire pipi tout seule et que c’était dans ma tête (bhé oui on aime tous se retrouver par terre les pieds en l’air parce qu’on est encore tombé dans les pommes) donc j’ai appuyé la sonnette jusqu’à voir quelqu’un de compatissant et c’est une puéricultrice qui m’a accompagnée jusqu’à que je puisse me déplacer seule et quel soulagement qu’elle soit venue m’appuyer car non je ne faisais pas de « comédie ».

Pour mon deuxième petit garçon je voulais être maîtresse de mon accouchement mais la première sage-femme ne m’a même pas écouté, j’ai besoin de bouger, de marcher mais non il faut que je reste allongé pour le monito, je me sens contrainte et absolument pas en droit de dire quoi que ce soit et je n’ose vraiment pas.
J’ai senti mon accouchement s’envoler sous mes yeux et j’ai répondu « oui » à la péridurale alors que je voulais essayer sans et je me laisse couler là aussi…
Changement de sage-femme, elle m’écoute et me dit tout ce qu’elle fait (oh tu pouvais pas prendre ton service plus tôt non ?) mon accouchement est allé vite, je me retrouve encore une fois frustrée; je n’arrive pas à sentir comment pousser.

Le placenta ne se décolle pas donc le médecin décide d’aller le chercher et du coup merci la péridurale car même avec, ce moment était brrrr affreux et désagréable.

Et si ils avaient attendu ? Est ce qu’il serait sortit seul m’évitant cette désagréable expérience ? Je sais pas.
Pour mon allaitement, j’essaie de me débrouiller seule, étonnée que personne ne vienne m’aider. J’ai su par la suite qu’ils pensaient que je connaissais et que visiblement je me débrouillais bien, informée que ce soit mon premier allaitement, le personnel se montre plus vigilant. Un séjour au top avec une bonne ambiance.

Pour mon troisième, je me sens armée jusqu’aux dents je veux cet accouchement sans péridurale, et « armée jusqu’aux dents » va prendre tout son sens.

J’attends le max pour pouvoir faire une bonne partie de mon travail au calme à la maison à pouvoir bouger, manger comme je l’entends.

Avec mon bol incroyable je tombe sur une sage-femme de la très très très vieille école.

J’arrive et direct je demande si je peux faire le monito debout ou même ne pas le faire et la réponse « bah vous allez faire quoi ?? »

Donc ok ça me met de suite dans l’ambiance, j’ai qu’une envie c’est de m’enfuir et accoucher chez moi mais c’est pas possible donc je réponds que j’aimerai marcher. La sage-femme n’a pas l’air de l’entendre de cette oreille et commence tout de même à préparer le monito, là j’ai qu’une envie c’est pleurer, mon assurance et ma force semblent s’envoler.

Elle regarde, je suis à 5 large donc elle me garde. Je suis contente de moi d’avoir fait le début à la maison.
La sage-femme insiste encore dans la salle d’accouchement pour que je fasse monito, je repousse et fais mine de faire mille et une chose, puis j’ai un gros coup de barre donc je cède et cherche une bonne position pour me sentir bien, tant pis si je bouge le monito.

La sage-femme ne trouve pas mes analyses, chouette !, le labo ne leur a pas envoyer le double comme ça je garde mon accouchement sans péri en tête, ils me font tout de même la prise de sang avec la laborantine de la mater mais je sens ma détermination revenir peu à peu.

Vient le moment où elle veut me perfuser, « qu’est ce que c’est ? » elle me répond « une perfusion » (bah oui prends moi pour une gourde aussi !) donc j’insiste en disant que je vois bien mais que j’aimerais savoir ce que c’est qu’il y a dedans « c’est pour ouvrir une voie veineuse » et moi, comme je me dis que quitte à être considérée comme une gourdasse autant la faire hein « ah oui et c’est quoi du coup comme produit ? » elle s’agace et me répond qu’elle vient de me le dire.

Elle continue et me pose le cathéter et moi je continue en lui disant, « c’est mon bras, madame, j’ai le droit de savoir » et elle me répond « oui oui et je vous ai répondu » et elle s’en va. Je suis scotchée, j’ai une perfusion, j’ai absolument pas dit oui et en plus je sais pas ce que c’est. Le comble c’est que plus tard je me rend compte qu’une perfusion surprise s’est incrusté, je l’ai même pas vue me la mettre, on ne m’a rien demandé ni même avertie.
J’ai pas le temps d’en placer une qu’elle veut me percer la poche des eaux et là, élan de déterminisme je dis un NON bien ferme. Décontenancée, elle me dit qu’elle me laisse maxi une heure, je vais devoir faire avec elle de toute manière donc j’essaie de m’apaiser un peu pour ne pas me gâcher le jour de la naissance de ma fille. Donc j’accepte quelle attende le max (pour elle) pour me la percer. Finalement, elle me laissera une heure et trente minutes pour la percer, je demande à voir avec quoi elle percera et elle me montre. Je suis bien contente d’avoir attendu pour percer car le début du travail, c’est de la gnognotte à coté de ce déferlement de contractions, je sens que je vais bientôt pousser, je me sens dans tout mes états et en attendant de finir le bout de dilatation qu’il me reste je demande le gaz.

Le médecin (qui à l’air aussi fin que la sage-femme, chouette comme je suis bien entourée !) arrive.

Il y a deux jeunes sages-femmes qui demandent si elles peuvent rester, elles ont l’air tellement adorables que j’accepte; ça me changera un peu des deux vieux coucous.

Et comme si on ne m’avait pas imposé suffisamment, je DOIS accoucher allongée avec les jambes sur des repose jambe où je n’ai aucun appui sur mes pied, j’ai beau leur dire que ça n’ira pas, que je veux pas accoucher comme ça, personne ne m’écoute alors je les préviens qu’ils risquent de se prendre tous mes pieds dans leurs tronches à la prochaine contraction, c’est pas faute de les avoir prévenus, ils ont l’air étonné de mon balais de jambes !

Tout le monde tente de me donner des conseils, je suis dans un gros brouahaha incompréhensible qui me stresse alors je balance un gros « chut ! » de colère, tout le monde se tait, je place mes mains sur ma vulve et me concentre, JE prend le contrôle de MON accouchement et en deux poussée ma fille sort en remerciant le médecin avec un gros jet de liquide. (oui je savoure !)

Le médecin et la sage femme se félicitent (houhhhhouuuu je suis là !!!!)

A peine le cordon coupé, le médecin commence à appuyer sur mon ventre et à tirer sur le cordon, on ne me prévient pas donc ma réaction est virulente, je saisis sa main et la jette, il comprend qu’il va falloir me ficher la paix.
A son retour je lui explique que je veux que l’on me prévienne et que je ne veux pas que l’on me sorte le placenta ou que l’on me fasse mon point avec ma fille dans les bras, il acquiesce.

J’ai gardé ma puce tout contre moi en peau à peau.

Puis la sage-femme me dit « et bien voilà vous l’avez eu votre accouchement sans péri, un bel accouchement ». Jusqu’aux changement d’équipe, elle s’est occupé de moi, elle est resté douce et respectueuse, j’aurais voulu qu’elle se comporte comme ça dès le début…

La suite de mon séjour se passe très bien j’ai même un berceau de cododo.

Ca fait un peu tableau noir là mais je suis fière de mes accouchements qui restent, malgré ces petits points négatifs, les plus beaux moments de ma vie.

Je déplore juste ce manque d’écoute et cette impression de se faire accoucher à la chaine.

#02 Isabelle – Vaucluse – 2007

28 Jan

Bonjour

Je m’appelle Isabelle.  J »ai 31 ans.  Il y a cinq ans, le 29 août 2007, j’ai mis au monde un petit garçon Jérémy à la maternité ****** dans le Vaucluse.  J’en ai un souvenir mitigé.  Tout d’abord c’était mon premier enfant, mon premier accouchement.  Je l’ai vécu comme si j’avais été spectatrice.

Un grand établissement très « anonyme »

On a été accueilli puis mis dans un box en venant très peu me voir puis quand ils sont venus j’étais dilatée a 5.  Ils ont décidé de me faire une prise de sang pour voir si je pouvais « bénéficier » de la péridurale puis j’ai été mise dans une des salles d’accouchements toute seule avec mon mari.  Personne ne venait sauf pour me dire « ça ne sert a rien de gémir ça ne viendra pas plus vite » . Puis la péri posée, elle n’a pas marché.  J’avais les contractions par les reins tellement douloureuse que je me suis mise en position antalgique sur le côté pour essayer de maitriser ses contractions mais une sage femme m’a dit « mettez vous sur le dos, c’est pour ça que la péridurale ne marche pas ».

Sans parler du bassin qu’il m’ont mis en restant à trois autour de moi….

Quand les contractions se sont amplifiés, je sentais le bébé pousser.  Elles m’ont dit »s’il pousse retenez le ce n’est pas possible qu’il arrive maintenant », l’anesthésiste touchée par mon faciès leur a ordonner de m’ausculter j’étais a 10. Jérémy arrivait après 25h de travail.

4kg 55 cm et selon eux j’avais fait « un monstre »

Ce fut un moment magique pour moi et mon mari de découvrir ce poupon que l’on m’a mis sur le ventre après l’avoir nettoyé. Ca qui m’a beaucoup manqué ce premier peau a peau.  Aujourd’hui, Jérémy a 5 ans et je suis une maman comblée d’autant plus qu’il a depuis un an une petite sœur qui est née a la maternité de mode en Lozère, une maternité géniale  Je n’ai pas été seule un seul moment;  une sage femme rien que pour moi et un encadrement merveilleux. Chiara est née après 30h de travail; péri qui n’a pas fonctionné non plus et rachi anesthésie non plus.

Mes deux enfants sont mes amours et leur arrivée, je m’en souviendrai toute ma vie.  Avec des larmes que j’en parle car ce fut des moments très douloureux, certes atténué par leur amour qu’ils me rendent.