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Venue au monde en Maison de Naissance de mon premier enfant, 2011

7 Jan

Avant même de tomber enceinte, je m’étais vaguement intéressée au concept des maisons de naissance. Je n’ai jamais particulièrement apprécié le milieu médical, et je ne m’y sentais pas du tout à l’aise, ni rassurée.

Ce fut donc une évidence de me tourner vers la seule Maison de Naissance disponible dans cette grande ville de Suisse lorsque j’ai appris ma grossesse. La gynécologue qui me suivait essayait de me décourager et surtout, culpabilisait mon mari qui n’était pas franchement rassuré par mon choix au début. Il faut dire qu’il n’a jamais connu de grossesses physiologiques dans sa famille et aurait au début préféré m’aliter sous monitoring pour les prochains 9 mois … Maintenant, c’est un défenseur des Maisons de Naissance.

Dès le début du suivi, je n’ai pas du tout apprécié l’attitude de ma gynécologue. Elle était constamment à la recherche de pathologies, de choses qui lui confirmait que la grossesse était « à problèmes ». Face à mon refus de faire une prise de sang mensuelle pour vérifier la toxoplasmose (contre laquelle je n’étais pas immunisée), elle n’a pas hésité de me qualifier d’irresponsable – bien que je lui expliquais que cette pratique n’était plus conseillé depuis des années par l’office fédéral de santé, car le traitement prévu en cas d’infection n’a jamais prouvé une quelconque efficacité …
Elle n’a clairement pas appréciée mon attitude critique et informée, et lors de mon annonce que le suivi allait dorénavant se faire par ma sage-femme, qui lui transmettrait tous les résultat et m’adresserait vers elle uniquement en cas de complications, elle m’a tout bonnement mise à la porte. Ceci, ce fut lors de la première échographie, à 12 semaines de grossesse.
Je vous laisse imaginer les discussions avec mon mari qui ont suivi … il était présent ce jour-là, et m’a même sermonnée d’arrêter de remettre en question l’autorité médicale.

Je n’ai pas fléchi. Mon corps, mon accouchement. Je sentais très précisément ce qui était bon pour moi, j’étais confiante et détendue, et ce n’était certainement pas un suivi alarmiste qu’il me fallait.

Au fil des rendez-vous avec ma sage-femme, celle qui dirigeait la Maison de Naissance, mon mari prenait confiance. Elle était douce, calme, faisait un minimum d’interventions et travaillait surtout en prévention. Je me suis sentie très en sécurité tout le long.
Elle m’a annoncé à un moment donné que le bébé se trouvait bien la tête en bas mais « un peu vrillé, rien d’inquiétant ». Elle a alors copieusement évité de me parler de « position postérieure » sachant pertinemment que j’allais me renseigner sur le sujet et probablement angoisser. Par contre, elle m’a prescrit des exercices de position à prendre tous les jours pendant au moins 20 minutes les derniers semaines, afin que bébé « apprenne à se tourner pour faciliter sa sortie ».

Le seul moment de stress de ma grossesse, une fois suivie par cette sage-femme, était le dépassement du terme. Dans cette ville, il était tout bonnement légalement interdit d’accoucher en Maison de Naissance 10 jours après le terme (40 + 10 au maximum) et j’aurais été d’office provoquée dans la mégastructure hospitalière de la place. Après plusieurs tentatives toutes douces de mettre les choses en marche (promenades, faire l’amour, bain chaud, nettoyer les vitres, faire des escaliers,…) sans succès, ma sage-femme m’a envoyé en centre spécialisé d’échographie pour vérifier que tout était en ordre, puis m’a transmise sa recette pour un cocktail sans alcool, sensé aider aux contractions.

Une heure après avoir ingéré la dernière goutte de celui-ci, des toutes petites contractions se faisaient ressentir. Je me suis isolée, et j’ai même envoyé mon mari qui doutait que CE jour était LE jour, faire une ballade, afin de pouvoir me construire ma bulle et accueillir sans aucune distraction ces contractions. Comment je voulais qu’elles deviennent plus fortes, pour rencontrer notre bébé!

Trois heures après, les contractions devenaient plus régulières et fortes, et n’ont pas fléchi lorsque j’ai pris un bain chaud, comme me l’avait recommandé la sage-femme lors de l’entretien téléphonique quelques minutes auparavant. Nous nous sommes donc préparés et finalement arrivés à 22 heures à la Maison de Naissance. Le trajet ne fut pas sympathique, les virages font mauvais ménage avec les contractions et je ne pouvais pas bouger …
En arrivant, la Maison de Naissance était éclairée au moyen de bougies et de lumières tamisées, il y avait de la musique douce et des senteurs relaxants, tout était si accueillant. Mon excitation face à l’arrivée imminente de notre bébé était à son comble et je me sentais si bien, arrivée là-bas, dans cet antre accueillant et rassurant.

Là, la sage-femme m’ausculte (mon deuxième toucher vaginal de toute la grossesse, depuis qu’elle me suivait!) et m’annonce que mon col est ouvert à seulement 1 cm, qu’on était en début de travail. J’étais déçue, je m’attendais à plus vu l’intensité des contractions dans la voiture. Néanmoins, c’était largement gérable et je rigolais même avec mon mari entre deux contractions.
Je vais aussi aux toilettes pour vomir et aller à la selle, visiblement mon corps se déleste de toute cargaison inutile. Je me demande comment font les femmes en salle de naissance, ou il y a rarement des toilettes tout près? Est-ce la raison pourquoi certaines se retrouvent dans la position humiliante de déféquer au moment même qu’elles donnent naissance?
La sage-femme nous a donc dit qu’elle allait nous laisser et passer dans un petit moment pour voir l’avancement, et qu’on pouvait bien sur l’appeler à tout moment. Elle habite une maison adjacente à la Maison de Naissance.

A 23:30, elle repasse et là mes contractions sont clairement plus fortes – sûrement aussi du à la poche rompue sous le toucher vaginal (évidemment pas percée volontairement par la sage-femme, mais la simple irritation du col en touchant a provoqué la rupture). Plus question de bouger, ni même de ballon ou de rigolade, mes contractions sont si fortes que je me suis depuis un moment installée sur le lit (chose que je ne me voyais absolument pas faire avant, je suis du genre bougeotte) sur le coté gauche, et je m’endors entre deux contractions. Mon corps me dicte très clairement ce qu’il y a à faire, je me laisse emporter par mon instinct.
Plus tard, j’apprenais que la position allongée sur le coté gauche pendant les contractions d’ouverture, est la position qu’on fait prendre aux femmes lorsque le bébé se présente en position postérieure … Mon corps me l’a indiqué tout seul.

Elle me propose alors de faire l’impasse sur l’examen du col, puisque sous l’effet des contractions ça allait être désagréable et qu’on avait le temps de laisser faire des choses, le monitoring qu’elle fait à ce moment montrait que tout allait très bien. Elle me demande si je veux être soulagée au moyen de TENS (electrostimulation) ou de massages. Je ne veux rien du tout, juste de la présence de mon mari, sans un mot, ni toucher. Je me dis que je préférais garder ces options pour plus tard, au cas ou ça s’intensifie d’avantage.

A peine une heure plus tard, je ressens une irrésistible envie de pousser. Si forte que j’ai toujours de la peine à croire que certaines femmes se voient dire « arrêtez de pousser » et arrivent réellement à retenir cette impulsion. Impossible pour moi, à peu près comme arrêter de recracher alors qu’on est en plein en train de vomir… (pardon pour la comparaison). Je dis à mon mari d’appeler immédiatement la sage-femme, qui arrive sur les chapeaux de roue en disant « ouh, elle chante, c’est pour maintenant! je vois des cheveux! » et prépare tout en un rien de temps. Elle me dit de me mettre à quatre pattes. Je suis si prise par les contractions d’expulsion que je ne me vois pas tenir sur mes bras, et je demande à mon mari de se mettre lui aussi à quatre pattes, en perpendiculaire, afin que je puisse apposer le haut de mon corps sur son dos.
En trois ou quatre poussées de plus, notre enfant naît. Il est 0:56. Je prends immédiatement le bébé contre moi, il est magnifique, parfait, et sent merveilleusement bon. La sage-femme vérifie le score APGAR (pouls, respiration, couleur de peau, tonus, réaction à la stimulation) alors que le bébé est en peau-à-peau, il est 10/10/10/10/10. A 1:06, le bébé se met à chercher le sein et je le laisse « ramper » jusqu’au téton ou il retrouve visiblement le nirvana – et moi aussi. Quel moment émouvant et puissant! Quelques minutes plus tard, j’expulse le placenta.

Je suis indemne, j’ai pas de déchirure mais uniquement un petit étirement que la sage-femme recoud pour des raisons esthétiques, après m’avoir anesthésiée. Le bébé est confié à son papa et posé contre son torse nu pendant le temps qu’elle m’examine.
Ensuite, je prends une longue douche pendant que l’on nous prépare un repas pour nous redonner des forces. Bébé est placé dans un hamac et roupille paisiblement pendant que nous nous délectons du met tout chaud au milieu de la nuit.

Nous nous couchons à 3 dans le grand lit et passons une merveilleuse nuit ensemble, en famille.

Pas un seul regret. Au contraire, je me sens renforcée, plus moi-même, plus « entière » grâce à cette expérience. J’ai tellement apprécié de pouvoir la partager avec l’homme que j’aime, son soutien était si précieux et efficace. Aujourd’hui, je ne peux m’empêcher de trouver cruel la séparation du papa du reste de la famille, pourtant si « habituelle » dans la majorité des hôpitaux et cliniques. Il fait partie de la famille au même titre que maman et bébé!

Et maintenant, numéro deux est en route – j’espère réitérer l’expérience, cette fois-ci, pourquoi pas, dans la baignoire de cette même Maison de Naissance.

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Second accouchement, dans l’eau – Suisse – 2012

22 Déc

J’ai accouché de ma deuxième fille en septembre 2012. Comme pour mon premier accouchement, je désirais accoucher naturellement et cette fois, dans l’eau. ( Je voulais aussi accoucher dans l’eau pour mon 1er accouchement mais c’est allé trop vite, pas eu le temps de remplir la baignoire) ! J’ai accouchée à 37 6/7 SA. Tout a commencé un dimanche soir… je me préparais pour aller dormir quand j’ai commencé à sentir quelques contractions. Pas fortes, mais assez rapprochées… J’ai pris un bain et attendu un moment, tout en jetant un œil à ma montre pour calculer l’intervalle entre les contractions. Après deux heures de contractions, assez régulières mais pas encore trop fortes, nous avons décidé avec mon mari de partir pour l’hôpital. Nous sommes arrivés vers 1h du matin, les sages-femmes nous attendaient. Je me suis installé dans une salle, la sage-femme m’a installé le monitoring et a contrôlé mon col… j’étais dilatée à 4… J’ai tout de suite précisé que je voulais vraiment accoucher dans l’eau et que j’avais eu un accouchement rapide la première fois. La sage-femme m’a dit qu’il n’y avait pas de soucis, que la salle nature était disponible…Elle est revenue 15min plus tard, à contrôlé mon col et j’en étais a 6 ! Elle est repartie pour faire couler l’eau du bain ! Pendant ce temps-là, tout allait bien. J’avais des contractions mais j’arrivais très bien à les gérer, elles étaient tout à fait supportable. 15min après, retour de la sage-femme, nouveau contrôle car mes contractions s’intensifiaient… j’en étais à 8 de dilatation ! Direction, la baignoire ! Je me suis installée dans l’eau, ça faisait beaucoup de bien de pouvoir s’installer dans la position que je voulais… j’étais accroupie et mon mari était là, tout près de moi. La lumière était tamisée et l’ambiance était sereine… je me sentais bien. J’avais des contractions mais arrivais toujours à bien les gérer, j’imaginais que chaque contractions étaient des vagues et qu’elles allaient s’atténuer, j’arrivais bien à me mettre dans ma bulle et tout se passait très bien! Après quelques minutes dans l’eau, j’ai senti qu’il fallait que je pousse… la sage-femme a fait un dernier contrôle et mon col était totalement dilaté ! Ca y’est ! J’allais bientôt rencontrer ma petite puce ! Les sages-femmes pratiquaient leur premier accouchement dans l’eau mais elles ont très bien géré. Elles m’ont bien guidée et en quelques poussées ma puce était là ! Quel moment magnifique ! Un accouchement tout en douceur. Ma puce était sereine lorsque je l’ai prise dans mes bras, juste après sa sortie. Elle m’a fixé avec ses grands yeux, c’était magnifique. J’aurais voulu rester un moment dans l’eau avec ma puce mais les sages-femmes n’étaient pas rassurées et ont voulu que je sorte de l’eau, de peur que le placenta sorte dans l’eau… Juste après l’accouchement, je me suis installée sur un grand lit avec ma puce et mon mari. Les sages-femmes ont voulu me brancher une perf d’ocytocine pour accélérer la sortie du placenta… j’ai refusé cette perfusion, je n’en voyais pas du tout l’intérêt mais elle m’ont dit que c’était le protocole, ça m’a un peu énervée car je ne voulais aucune médication et cette perf’ n’avait aucune raison d’être posée mais voilà, les protocoles !! Bref, elle me l’a posée et… a oublié d’ouvrir le robinet… je me suis bien gardée de le lui dire ! Quelques minutes plus tard, le placenta est sorti, tout seul, sans soucis et sans cette perfusion ! 😉
Un bel accouchement naturel, que je garderai en mémoire toute ma vie ! ❤

Accouchement à la maternité avec une sage-femme indépendante – Suisse

22 Déc
Lundi 19 aout à 3h30 du matin sont arrivées les premières contractions. Nous avons prévenu par SMS notre sage-femme qui avait assuré le suivi de grossesse vers 5h30. Elle nous a dit de surveiller, le pré-travail avait du commencer. Les contractions plus ou moins régulières ont continué jusqu’à 13h30 et là perte des eaux! On rappelle la sage-femme. Elle nous dit de manger et qu’elle passe nous voir à la maison vers 14h30. Elle arrive et là c’est parti pour les grosses contractions: je prends un bain, je ressors, mon mari me masse le bas du dos, je suis dans ma bulle, j’essaye d’appliquer la pleine conscience, ça fonctionne bien. La sage-femme nous dit que le travail a bien commencé, elle repart vers 15h30 et reviendra nous voir d’ici une heure. A 16h20 dans mon bain les douleurs deviennent insupportables: mon mari rappelle la sage-femme, il faudrait partir à la maternité! Elle arrive chez nous à 16h40, contrôle mon col, il est dilaté à 6: on est parti pour la maternité. La douleur me prend tout le corps, je monte dans la voiture et pendant le trajet je sens la tête du bebe qui pousse! 17h10 on arrive à la maternité, je dis juste à mon mari entre deux hurlements : « Elle sort! ». Vite vite, on me met dans une chaise roulante et on part dans la salle d’accouchement, ma sage-femme me rassure et me dit de pousser. Heureusement qu’elle est là pour m’encourager car la douleur est insupportable. Elle prend ma main et me fait sentir la tête du bébé! Elle est presque là! Deux poussées et la voilà dehors. A 17h32 notre petite Louise a débarqué. Le périnée bien préparé, je n’ai pas besoin de suture. Comme tout est OK et que notre petite merveille va bien, 24 heures après nous pouvons rentrer à la maison. Un accouchement express et physiologique mais magnifique!
Anonyme

Aline – La naissance de Joséphine en Maison de Naissance, Suisse

23 Fév

Ma 2ème petite fleur

Samedi 22 mai 2010 :

Il est 5h du matin et je me fait réveiller par une contraction douloureuse mais je ne me focalise pas là-dessus car cela m’est déjà arrivé très régulièrement ces dernières nuits.

Je suis à terme +10 soit 41 SA 3/7 et je serais provoquée le mardi suivant si bébé n’a toujours pas pointé le bout de son nez. Franchement je n’y croyais pas et je m’étais fixée dans ma tête que j’allais passer par la case provocation et oublier mon accouchement en maison de naissance.

5h30, de nouveau des contractions douloureuses qui m’obligent à contrôler ma respiration. La position couchée ne me convient pas du tout, du coup je décide de me lever. Je bois un peu de thé mais je ne mangerais rien par précaution, de toute façon je n’avais pas du tout faim. Je fais les 100 pas dans notre corridor et je regarde mon natel à chaque contractions pour voir si elles se régularisent et se rapprochent. Mais que neni ! Une fois c’est 7mn, 3mn, 15mn, 2mn, rien du tout de régulier. Mon espoir s’envole rapidement et je laisse tomber l’heure…

8h, mon mari et ma fille se lève, je leur fait à déjeuner. J’ai toujours des contractions donc je pense à un faux travail et j’appelle ma sage-femme à 9h30. Elle me dit qu’elle pense que cela se prépare et que je peux prendre un bain pour voir si ça passe ou si les contractions se rapprochent. Je reçois un sms 20mn plus tard comme quoi s’il devait se passer quelque chose, la maison de naissance à Lully-sur-Morges était disponible pour moi.

Mon mari décide d’aller faire les courses avec notre grande puce. Je me dis que c’est l’occasion de faire le ménage tranquillement à mon rythme… Je passe donc la poussière, l’aspirateur et la panosse avec des contractions douloureuses à intervalles irréguliers. Je ne me focalise pas dessus mais il me semble qu’elles se rapprochent et deviennent difficiles à gérer malgré la respiration abdominale (après coup je me dis que j’étais totalement folle car l’intensité était quasi la même que les dernières contractions, mais ça je ne le savais pas à ce moment-là).

En finissant de laver le sol, je fais couler le bain.

10h50 je rentre dans le bain, 10h55 énorme contraction avec un gros CRAC à l’intérieur de mon ventre. La poche est rompue. Et là je réalise que ça va être pour dans pas longtemps…. Heureusement j’avais mon natel au bord de la baignoire, j’appelle de suite ma sage-femme qui me dit de sortir du bain pour éviter d’accélérer encore plus le travail. Elle me dit quand même que si je la sens pas de venir à Lully, elle peut venir à domicile. J’hésite mais je viens de faire le ménage et je veux pas de chenis chez moi !

J’appelle mon mari qui n’avais même pas commencé à faire les courses, Juliette était toute déçue et ne comprenait rien… Je lui dit, en pleurs, de venir tout de suite et de déposer notre grande chez mes beaux-parents. Il me rappelle 5mn plus tard pour me demander de préparer un sac pour elle et là je hurle dans mon natel que j’ai autre chose à penser et que j’ai perdu les eaux, cela peut donc aller très vite ! Là il a bien compris et s’est dépêché…Pour une fois !

11h20 on part de l’appartement, je suis avachie sur la banquette arrière en position semi-assise mais tout de même avec la ceinture. Il y a du soleil, il fait beau, les gens roulent pépére et je prie pour qu’on aie le temps d’arriver car je sens mon bassin se remplir du corps de mon bébé… J’ai peur de ne plus gérer ces contractions qui me semblent durer une éternité. Sur l’autoroute j’appelle ma sage-femme et lui demande de faire déjà couler le bain. Heureusement que les trois voies sont ouvertes entre Crissier et Morges, surtout que l’on n’est jamais allés à cette maison de naissance donc mon mari a le plan dans la bouche. Pourvu qu’on trouve rapidement…

11h45 on arrive, il a trouvé du premier coup, je ne lui en serais jamais assez reconnaissante ! J’ai déjà envie de pousser un peu…et je sens que mon bassin est bien rempli.

Je descends les marches, m’appuie sur le lit pour me déshabiller, ma sage-femme m’aide puis je rentre dans le bain, il est 11h50. Ma sage-femme me fait un toucher et la tête est déjà au bout de ses doigts, dans 10mn bébé sera là. Je suis en position semi-assise avec un coussin d’allaitement exprès pour l’eau qui me soutiens le dos et les bras, l’eau m’arrive jusqu’aux seins. J’ai chaud mais j’ai encore le temps de respirer entre chaque douleurs. Je me dit que cette douleur sera bientôt terminée et que mon bébé sera là, qu’on pourra enfin savoir si c’est un garçon ou une fille. J’ai plein de pensées qui me traversent l’esprit, j’ai très peur du passage de la tête, est-ce que je vais être déchirée, est-ce que le cordon ne sera pas autour du cou ? Je cogite mais je me centre sur ma respiration et la sensation de l’eau. Il y a des bougies, la lumière est faible et j’entend uniquement mon mari et ma sage-femme. Elle écoute le cœur du bébé régulièrement qui ne faiblit pas d’un pouce et restera stable jusqu’à l’expulsion.

Je commence à avoir besoins de pousser, elle me dit que je peux accompagner gentiment la contraction en poussant. La tête revient en arrière entre-deux mais elle me dit que ce n’est pas perdu car le bébé se remet directement là où il était allé à la dernière poussée, donc je ne perds pas mon énergie pour rien. Et là j’ai une contraction qui m’oblige à pousser plusieurs fois et reprendre ma respiration au milieu pour repousser de plus belle, je gémis et serre la main de mon mari aussi fort que je pousse, la tête sort puis la sage-femme me dit qu’elle a encore besoins de moi, que je dois pousser une dernière fois. Le corps sort vite, très vite et mon bébé est sur mon ventre. Il est 12h05, je pleure et tremble de partout, je suis fière d’y être arrivée mais je ne réalise pas du tout ce qu’il vient de se passer, s’est allé tellement vite.

Mon mari regarde le sexe et c’est une magnifique petite puce, Joséphine est arrivée.

Elle pleure contre moi, il faut dire que j’ai encore très chaud et elle a froid car l’eau n’est plus que tiède. On la réchauffe avec le tuyau de douche en attendant que le cordon aie fini de battre puis c’est mon mari qui la prend pendant que le placenta sort sans problème, toujours dans l’eau.

Elle avait le cordon autour du cou et ma sage-femme l’a dégagé sans soucis une fois la tête dehors (il faut dire que le cordon mesurait 100cm donc il y avait de la marge).

Joséphine reçoit ses premiers soins, elle mesure 52 cm pour 3kg310. Elle a du tonus et obtient 9/10/10 au test d’Apgar. Je n’ai eu aucune déchirure, mon périnée est intact.

On mange mais je n’ai pas vraiment faim puis nous sommes rentrés chercher notre grande fille à 15h30. Mon mari a pu aller finir de faire les courses avec Juliette, tranquillement cette fois-ci 😉

Je précise que c’était obligatoire car le frigo était vide et que les magasins seraient fermés 2jours pour la pentecôte, sinon il serait resté avec moi.

Aline – La naissance de Léonie à domicile, Suisse

20 Fév

La naissance de ma troisième Princesse, Léonie

Vendredi 2.12.11. 40SA+5J

Depuis plusieurs jours je suis éreintée par cette grossesse, les douleurs sont quasi permanentes. J’ai de nouveau mal au ventre comme lorsque j’avais 14 ans, ces maux sont insupportables. L’homéopathie m’aide un peu. J’angoisse à l’idée de dépasser trop le terme, d’être trop épuisée pour l’accouchement ou encore de ne pas supporter les douleurs. Je fais le moins de choses possible et essaie de me reposer mais avec Juliette et Joséphine ce n’est vraiment pas évident…  Mon mari attend impatiemment de pouvoir prendre congé, mes filles attendent de pouvoir être avec leur père et moi je supporte plus ce ventre et ces souffrances. Cette semaine semble vraiment être celle de trop, c’est pourquoi je demande à Aurèle de prendre congé vendredi même si bébé n’est toujours pas là. J’aurais ainsi de l’aide et il pourra faire quelques travaux au jardin chez mes parents.

La nuit  de jeudi à vendredi a été pénible, je me suis faite fréquemment réveillée par des contractions douloureuses qui m’obligeaient à chaque fois à aller faire pipi. Je me réveille fatiguée. Aujourd’hui j’ai deux clientes chez mes parents au Bouveret mais je commence à douter de pouvoir y aller. J’appelle ma sage-femme et lui dit que j’ai des contractions mais elles ne sont pas régulière et pas toutes douloureuses. Je lui demande si je peux aller jusqu’à 45 minutes de route de la maison et elle me dit que oui, tant que la poche n’est pas rompue j’ai le temps de revenir. On se prépare, on passe encore chercher des outils chez mes beaux-parents. Les contractions sont toujours là.

On arrive au Bouveret, j’ai le temps d’installer mes affaires d’onglerie et ma première cliente arrive. Ce n’est pas évident d’être assise aussi longtemps avec des douleurs mais je me concentre sur mon travail. Ma mère s’occupe des filles, les fait manger et les met à la sieste. Il est 13h30, j’ai fini et je me dépêche de manger un peu de compote de raves avec de la cochonnaille avant ma prochaine cliente. Ma prochaine cliente arrive, c’est une amie. Je lui dis à chaque fois que j’ai des contractions  et elle mesure le temps entre chacune d’elles, 5mn, 8mn, 7mn, elles sont à moins de 10mn et presque toutes douloureuses. Mon mari vient prendre des nouvelles et on se met d’accord sur le fait de partir à 16h et de prévenir mon beau-père qui gardera les filles. Une fois encore je me concentre sur mon travail. 15h15 j’ai terminé, il était temps car je n’en pouvais plus dans cette position. J’ai le temps d’encaisser et de courir aux toilettes me vider par en-bas…  J’appelle la sage-femme et on se donne rendez-vous chez moi à 18h.

16h nous partons, j’embrasse ma maman, je sais que lorsque je la reverrais je serais maman pour la 3ème fois. 16h30 on s’arrête chez Hornbach en chemin car mon mari a besoins d’acheter des vis, no comment ! Je patiente avec les filles dans la voitures, les contractions sont pénibles, la douleur est aigue, située au bas ventre et se diffuse dans les jambes.

17h nous arrivons à la maison, mon mari installe la bâche sur le lit et nettoie la baignoire, puis amène les filles chez mes beaux-parents qui habitent le même village. Je prépare la table à langer, les bougies et je m’installe dans ma chambre sans lumière, j’enfile un peignoir car j’ai froid. Les contractions sont intenses mais j’ai le temps de me reprendre entre chacune d’elles. Mes jambes tremblent, je commence à fatiguer. J’ai envie d’aller dans le bain mais pas avant que la sage-femme soit là, ça risquerait d’accélérer trop le travail. 17h30 mon mari revient et m’apporte une bouillotte. 18h la sage-femme arrive enfin. 18h15 elle me prend la tension qui est bonne et me fait un toucher. Je suis à 8cm, la poche bien bombée. Je souris car je sais que c’est pour bientôt. Ma sage-femme se dépêche d’aller chercher les affaires dans sa voiture. Il fait nuit et il pleut à verse alors qu’il a fait beau depuis des semaines. Mon mari fait couler un bon bain, je me déshabille. Il fait encore quelques photos de moi enceinte avant  que je plonge dans l’eau à 18h25… J’ai deux contractions et à la deuxième j’entends un « crac » et la poche se rompt. Une nuée teintée se répand dans l’eau. Je sens la tête tout prêt. La sage-femme se dépêche de venir voir et effectivement elle est à quelques centimètres de la sortie. J’ai soif, je bois quelques gorgées d’eau. J’ai hâte que tout soit terminé. J’ai peur aussi. La salle de bain est paisible, éclairée de bougies. On entend même le bruit de la pluie. Les contractions me laissent bien du répit entre-deux. Je commence à pousser gentiment à chaque contraction mais je ne ressens pas encore vraiment l’envie. J’appuie un pied contre le robinet et l’autre contre la machine à laver. Je suis ainsi en position semi-couchée avec les jambes repliées vers le haut (comme avec les pieds dans les étriers). Je sens la tête qui commence à sortir, ça brûle, ça tire et ça me fait très peur. Je suis prise soudainement de panique mais ma sage-femme me rassure et me dit que je fais tout très bien et que je n’ai pas à avoir peur. Je dis que je veux que ça s’arrête j’ai les larmes aux yeux et j’ai soif aussi. Mon mari regarde la montre 18h45 et me dit que dans 15mn elle sera là. Je serre le bras de mon mari d’un côté et la poignée de la douche de l’autre. L’envie de pousser commence à se faire sentir plus forte à chaque contraction. Mes jambes me font mal, je les relâche un peu dans l’eau puis les remets contre le robinet et la machine à laver. Puis une contraction forte arrive et je pousse de toutes mes forces, la tête sort à moitié mais la contraction s’arrête et je n’ai plus la force de pousser. Je commence à sangloter, la douleur ne s’arrête plus contrairement à avant. Je dois attendre la prochaine contraction pour expulser le reste du corps. Je me tortille ça brûle, ça tire et j’ai très peur. Elle me dit que ce n’est pas un problème que ça laisse le temps au périnée de s’élargir doucement. Puis la contraction arrive enfin et je pousse de tout mon corps pour en expulser un autre… 19h01 Léonie est née ! Elle est déjà toute rose et ouvre les yeux tout de suite. Elle pleure à peine et cherche rapidement le sein. 10/10/10 à l’Apgar !  Je suis heureuse, le plus dur est derrière moi. On attend que le cordon aie fini de pulser, je le coupe. Mon mari prend sa fille en peau à peau. Moi j’essaie d’expulser le placenta qui fait de la résistance. Je me remets en position de poussée, ma sage-femme appuie sur le ventre, je pousse et il finit par sortir à l’envers. Je me lave et sors de l’eau. Je me couche sur le lit et mon mari m’apporte Léonie qui cherche déjà à téter. La sage-femme range, nettoie et contrôle le placenta pendant que je me repose et que mon mari cuisine un bon repas.

Je suis toujours couchée sur le lit pendant que ma sage-femme s’occupe de Léonie, elle pèse 3kg400 pour 51 cm. Je l’habille et elle s’endort. Elle contrôle mon périnée, je n’ai même pas une égratignure ! Périnée intact. 21h mes beaux-parents arrivent avec les filles qui découvrent leur petite sœur, on discute un tout petit peu puis ils repartent, les filles iront dormir chez eux. 21h30 je mange des spaghettis bolognaise préparés avec amour par mon chouchou mais sans grande conviction, je n’ai pas faim, par contre lui oui !

Les jours qui suivent sont particulièrement pénibles à cause des tranchées (contractions de l’utérus pour reprendre sa taille initiale), les premiers jours à chaque tétée j’ai très mal, mes jambes tremblent et tout mon bassin est irradié par des douleurs égalent à celles de l’accouchement…  Je savais que ça allait être difficile, puisque plus on a d’enfants et plus l’utérus doit travailler pour reprendre sa taille, mais je pensais pas à ce point-là.

Voilà, j’ai tout testé maintenant ! L’hôpital pour la première, la maison de naissance pour la deuxième et à domicile pour la troisième ! Sans hésiter, c’est la dernière que j’ai préféré…

Anonyme 2 – Suisse

29 Jan

Ce récit a lieu en Suisse:

Samedi: Aujourd’hui, c’était l’anniversaire des grandes. J’ai déjà passé les 40 semaines et je ne veux pas que la naissance ait lieu le même jour… superstition? Je ne sais pas… mais je préfère que ce ne soit pas ce jour-là. Ca fait 5 jours que je sens des contractions de préparation. Je sais que la naissance est proche. Je vais donc me coucher soulagée que tout se soit bien passé pour l’anniversaire.

Je me réveille pour faire pipi et je regarde l’heure: 0h15. Je me dis: Tiens, ce n’est plus l’anniversaire des filles, bébé tu peux venir. Je me recouche et 5 minutes après, j’ai une contraction. Je me dis que c’est bien, que ça va se faire. Je me recouche pour me reposer au maximum. J’ai des contractions qui me réveillent mais je ne regarde pas l’heure… soudain PLOP! La poche des eaux est rompue. Je réveille mon mari pour qu’il m’aide à limiter l’inondation du lit. La naissance n’était pas prévue dans cette pièce car nous dormons encore avec les filles.

Il m’aide bien volontiers et nous sommes convaincus que c’est pour cette nuit. Nous nous levons, allons à la cuisine manger et boire quelque chose… j’ai des contractions, mais rien de régulier, donc vers 4h nous allons nous recoucher.

Dimanche: Au réveil, je suis un peu déçue de voir que j’avais bien dormi, sans me faire réveiller par les contractions… et je ne perds plus de liquide. Je me dis que la tête doit maintenant mieux appuyer sur le col. Je bois donc beaucoup pour que bébé ne manque pas de liquide.

Toute la journée, j’ai des contractions irrégulières. En fin d’après-midi, elles s’intensifient, toujours sans rythme régulier. Je me fais un toucher et je suis environ dilatée à 3cm. Nous allons nous coucher, persuadés que c’est pour cette nuit et que tout le repos possible sera bon à prendre. Je me couche dans la pièce préparée pour la naissance et je laisse mon mari aller dormir avec les filles.

Vers 1h30, il vient voir si je dors… je ne dors pas, les contractions sont bien présentes. Il reste avec moi et je lui dis mon découragement devant ces contractions qui semblent hésiter… aux 15 minutes environ. C’est aussi un tournant pour moi: la poche est rompue depuis plus de 24h. un éventuel transfert signifie 2ème césarienne… Si j’avais eu une sage-femme, elle aurait demandé le transfert. Je prends conscience que mon choix est le bon, mais je n’exclus pas un transfert si je sens que les choses ne vont pas. Mais ça va, même si le découragement guette. Vers 4h30, nous décidons de dormir, convaincus que finalement ce ne sera pas pour cette nuit.

Lundi: mon mari ne part pas travailler… mes contractions et les 2 nuits passées m’épuisent. Je ne me sens pas le courage de gérer les filles, et aussi, je me dis que la naissance est pour bientôt, que j’ai besoin de tout le repos possible. La journée passe doucement, ponctuée de contractions environ aux 30 minutes. Je me dis que ça n’en finira jamais. Dur de garder courage. Dans l’après-midi, je me fais un toucher pour voir si au moins toutes ces contractions ont au moins servi à quelque chose. Je suis environ dilatée à 5cm. Au moins ça avance un peu. En touchant, j’ai senti la tête du bébé sur le col et j’ai eu la nette impression qu’il essayait de tourner. Il était toujours en postérieur, dos contre mon dos la veille.

Vers 17h, j’ai la nette impression qu’il faut que bébé naisse ce soir. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai un sentiment d’urgence. Les contractions se rapprochent aux 10 minutes et se font plus régulières. Je ne peux pas objectivement dire qu’elles sont plus intenses, mais je sens un changement subtil. Vers 21h, mon mari couche les filles. Je suis dans ma bulle depuis un moment dans la pièce préparée pour la naissance. Il y un matelas protégé, des coussins, un ballon, une chaise, les ciseaux stérilisés, etc. J’essaie de respirer avec chaque contraction et d’accepter la pression.

Une fois les filles couchées, mon mari me rejoint. Je n’ose pas lui dire, mais les contractions étaient plus gérables quand j’étais seule. Je parle avec lui, je lui dis que j’en ai marre que rien n’avance, qu’il faut que ça finisse bientôt, que je m’épuise. Nous parlons un moment et en regardant l’heure pour rigoler, nous constatons que les contractions se sont rapprochées, aux 5-7 minutes environ. Elles prennent en force et je sens que je dois faire un son pour les aider à passer. Je reste assise, les jambes en tailleur, le dos appuyé contre le mur. Ca reste gérable. Je me dis que rien ne dit que cette nuit sera la bonne, me demande si je ne ferais pas mieux de me coucher et me reposer au cas où ce ne serait encore pas pour cette nuit.

Nous nous sommes donc allongés et les contractions ont encore pris en intensité. A partir de là, je suis incapable de faire un récit chronologique… c’est juste comme si une tempête m’avait emportée.

Un moment après, j’ai demandé à mon mari d’aller mettre l’écharpe de portage pour que je puisse m’y suspendre. Je sais que j’ai passé pas mal de contractions acroupie et suspendue à cette écharpe. J’ai aussi passé un peu de temps debout ou couchée sur le côté avec une jambe surélevée pour souffler un peu.

Je me souviens avoir sangloté, pleuré, crié. J’avais l’impression que ça ne s’arrêterais jamais, que ce bébé ne naîtrait jamais, que je n’arriverais jamais à m’ouvrir assez. J’ai même parlé d’hôpital à un moment et je me souviens que mon mari m’a dit: mais non, tu es formidable, tu vas y arriver.

Plus tard, je n’en pouvais plus, je me suis jetée sur le matelas, couchée sur le côté… 2 contractions plus tard, j’ai à nouveau perdu les eaux et à en juger par l’odeur ensuite, j’ai également uriné. Tout à coup, j’ai commencé à sentir une grosse boule dans mon bassin et une sensation de poussée. Je me suis mise à 4 pattes et j’ai commencé à accompagner cette poussée avec mon souffle. Les douleurs de quelques minutes auparavant avaient disparu. Je ne sentais que la pression de la tête et mes bras qui tremblaient. Quelques contractions plus tard, je poussais pour accélérer la sortie de bébé, je voulais vraiment que ça s’arrête. Soudain, la tête est sortie… gros soulagement. A la contraction suivante, le reste est sorti et bébé est arrivé sur le matelas. Il a pleuré pour ainsi dire dans la seconde qui a suivi son atterissage. Je me suis tournée, je l’ai pris. Il était un peu violet et avait le cordon serré autour du coup. Le cordon était déjà blanc, il avait cessé de battre. J’ai enlevé le cordon et j’ai tenu bébé la bouche vers le bas pour qu’il puisse respirer. Il n’a pas tardé à crier encore 2 fois et je l’ai pris contre moi. Il est 0h35.

J’ai dit à mon mari: le cordon ne bat plus, on va pouvoir le couper pour s’installer confortablement avec bébé en attendant le placenta. Il a pris le cordon en coton et l’a noué autour du cordon et l’a ensuite coupé. J’ai alors vu, presque par hasard, que c’était bien un garçon, comme mon intuition me le disait.

Je l’ai séché à l’aide d’un grand drap de bain et nous nous sommes installés l’un contre l’autre au chaud sur le matelas. Mon mari s’était rapidement occupé d’enlever ce qui était mouillé suite à la naissance pour que nous ayons chaud. Après un moment, une dizaine de minutes je pense, bébé s’est mis à téter. Je me souviens avoir pris mes pulsations cardiaques et palpé mon ventre pour savoir si l’utérus continuait bien à contracter et si je n’avais pas de signes d’hémorragie. Tout allait bien alors je l’ai laissé téter.

Bébé a fini par lâcher le sein en dormant donc je me suis levée pour le placenta. Je me suis acroupie sur une bassine et j’ai poussé un petit coup et le placenta est tombé. Il semblait entier. Il était 1h40. J’ai également perdu un peu de sang, mais j’étais rassurée par la bassine qui me permettait de vraiment visualiser la quantité. Mon mari, qui a regardé bébé naître, m’a dit que j’avais déchiré. Lorsque ça s’est calmé, j’ai demandé à mon mari de m’aider à mettre une culotte et une serviette. Ensuite, je suis allée me laver un peu. J’ai ensuite demandé à mon mari à quoi ressemblait la déchirure. J’avais préparé un miroir pour regarder moi-même mais j’étais incapable de me souvenir où je l’avais mis. Il me décrit la déchirure et je comprends que c’est une déchirure de 2ème degré. Je lui dis que vu que je ne fais pas d’hémorragie, la déchirure n’est pas une urgence, je verrais comment je me sens au réveil. Nous allons donc habiller bébé car le drap de bain dans lequel il dormait était humide.

Je me sentais faible. J’ai repris mes pulsations cardiaques: normales. J’ai pensé que je devais être en hypoglycémie et j’ai envoyé mon mari me chercher à manger. Ca m’a fait du bien. Ensuite, nous sommes allés dans la chambre familiale pour dormir. Une des grande s’est réveillée, elle est venue faire un bisous à bébé et nous nous sommes tous endormis.

Vers 5h30, je me suis levée pour aller au toilette. En m’essuyant, je prends la mesure le la déchirure qui saigne pas mal. Je comprime le saignement avec une serviette hygiénique propre et je réveille mon mari en lui disant que je pense qu’il faut recoudre cette déchirure. Il téléphone à mes parents pour que ma maman puisse venir garder les filles pendant que nous allons à l’hôpital. Elle dit qu’elle réveille aussi ma soeur et qu’elles viennent. Mon mari appelle aussi l’hôpital pour les avertir qu’on arrive pour me faire recoudre dès que nous pouvons partir.

A 7h, ma maman et ma soeur arrivent. Les filles se réveillent, font un bisou à bébé. Je mange et nous nous préparons à partir.

A l’hôpital, nous avons un bon accueil, personne n’essaie de nous culpabiliser de notre choix. Je me fais recoudre. bébé tète. Un pédiatre passe le voir et tout va bien.

Nous rentrons à la maison. Nous dormons un moment, bien contents que quelqu’un soit là pour les filles. Et voilà, nous sommes 5.

Anonyme

Naissance gémellaire – Suisse

29 Jan

Ce récit se passe en Suisse.

J’ai décidé de partager avec vous la naissance de mes filles par césarienne, ne serait-ce que pour dire qu’un césarienne peut se faire dans le respect et donner de l’espoir à celles à qui on ne laisse pas le choix.

Alors voilà… la grossesse se passe bien, les filles grandissent et malgré un niveau de liquide bas (résultats différents selon les appareils et les médecins qui mesurent!), la grossesse avance. Malgré toutes ces échographies, nous ne savons pas si nous allons avoir 2 filles ou 2 garçons. Nous savons que ce seront des vrais jumeaux ou jumelles car le placenta ainsi que la poche extérieure sont communs.

Depuis 2 mois, je sens que ce sont des filles et je leur ai donné des prénoms. A. est en bas à gauche, I. en haut à droite (ou D. et N. si par hasard c’est des garçons). A. avait fait le début de la grossesse la tête en bas mais à 5 mois, elle se retourne et elle a dû trouver ça confortable car elle est restée les fesses en bas. I. était plutôt du genre acrobate, elle changeait souvent de position, se mettait en travers etc. A 35 semaines, I. se fixe aussi les fesses en bas… je suis déçue, j’ai espéré si fort l’accouchement par voie basse. Je demande à mes filles de se tourner, je leur dit que c’est le dernier moment… et je sens bien qu’elles essaient et que ça ne passe plus. Je comprends donc que ce ne sera plus possible mais j’ai la nette impression que les choses sont bien ainsi, que c’est comme ça que je suis censée le vivre, que c’est mon chemin pour apprendre.

Nous avions demandé au gynéco de ne pas nous donner de dates de césarienne trop longtemps à l’avance pour ne pas nous dire que ce sera tel jour… Finalement il a bien respecté ce choix: c’était un lundi et il nous a dit: A. commence à avancer, le col se raccourcit (ça faisait déjà quelque temps qu’il était mur). Et comme il ne voulait pas que l’accouchement se déclenche et que les fesses s’engagent trop loin, il a dit: ce sera après-demain.

J’ai trouvé bien que le signal soit venu de mes bébés et pas du confort du médecin. La date était à 37 et 1 jour, donc aucun protocole de prématurité… si le col n’avait pas été raccourci, il aurait encore attendu.

J’ai eu le choix d’entrer à la maternité la veille ou le matin même. J’ai choisi d’entrer la veille pour me mettre dans mon cocon et me préparer à devenir mère. La dernière douche avant la césarienne était symbolique pour moi. Le papa m’a rejoint, il était 7h45. A 8h, on m’emmène, mon mari m’accompagne jusqu’à l’entrée de la salle d’op. Pendant qu’on me fait l’anesthésie, on l’aide à se changer. Il me rejoint une fois la rachi-anesthésie faite.

C’est étrange comme sensation, je sens les choses de l’intérieur, je sais où sont mes jambes mais aucune douleur. Je sens A. sortir de moi. C’était rapide, mais je l’ai sentie, je savais quel bébé on avait sorti et c’est super important pour moi. Elle pleure un tout petit peu, mais pas très fort. Je pense: ouf, elle respire seule! J’entends: ah elle a fait pipi sur le matériel! Je rigole un peu.  Je me souviens avoir demandé: c’est une fille? J’avais si peur que mes intuitions soient fausses et que j’ai appelé un garçon par un prénom de fille pendant 2 mois! Oui, c’est une fille. C’est A.

On me la montre en vitesse et papa et le doc sortent de la pièce.

Je sens I. sortir, elle aussi pleure un peu. Elle aussi respire bien. Ma hantise, c’était qu’elles doivent partir tout de suite en néonat… donc ça, c’est ok. On me l’amène encore toute recouverte de liquide amnio, on la sort un tout petit moment de la pièce pour les contrôles d’usage, j’imagine. Je sais que certaines aspirations sont nécessaires en cas de césarienne car elles n’ont pas été comprimées par la descente dans le vagin.

Quelques minutes plus tard, papa et les 2 petites reviennent en salle d’op. A. a été légèrement essuyée, I. même pas. Je sens l’odeur du liquide amniotique sur elles, je leur fais des bisous. Elles sont posées sur ma poitrine. C’est génial, une super émotion. Pendant ce temps-là, on me recoud. Et à un moment, ça me gêne qu’on me recouse, ça tire un peu, je demande qu’on enlève les filles, leur poids m’oppresse. Elles partent avec le papa pour leur premier bain.

On finit de me recoudre et je vais en salle de réveil. Les petites sont nées à 8h15 et 8h16. A 9h je suis en salle de réveil. 9h15 I. tète. Elle y restera pendant 45 minutes. 10h: A. se réveille et tète aussi, environ 40 minutes. Ces premiers moments sont magiques. Ensuite on nous emmène tous ensemble dans ma chambre (individuelle).

Anonyme