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#330 – Lettre à ma sage-femme, Belgique

31 Jan

Chère I. (lettre à ma sage-femme),

 

Je pense que F et moi voulions te parler de notre accouchement. En effet, celui-ci ne s’est surement pas passé comme nous l’espérions et oui, au final, TOUT s’est bien passé mais dans notre tête et dans notre ressenti cela n’est pas aussi positif. Nous sommes surtout triste de cette journée.

Physiquement, je n’ai pas vraiment eu mal, je pourrais ré-accouché sans soucis. Mais psychologiquement, F. et moi aurions voulu vivre cela autrement.

Bon, nous allons te raconter le début car tu n’étais pas là et justement c’est cela qui nous a beaucoup attristé.

A 11h30, j’ai perdu les eaux et j’ai téléphoné à la maternité (comme tu m’avais dit de ne pas y aller avant d’avoir une contraction toutes les trois minutes et que là, je n’avais aucune contractions). Déjà là, j’aurais tant voulu t’entendre, savoir que tu serais à la maternité, que ce serait toi qui vérifierais tout et qui nous aiderait.

A 13h, nous sommes arrivés à la maternité au changement de service et donc la première infirmière qui m’a examinée a ensuite passé le relais à une autre. Je ne veux en rien critiquer leur façon de faire, elles ont toutes été à leur niveau d’une extrême gentillesse, mais nous avons beaucoup espéré que tu arrives. On leur a demandé de te joindre, elles nous ont dit ok mais nous on aussi dit que tu arriverais le soir. Nous pensons avec un certain recul qu’elles pensaient que nous n’accoucherions pas avant 21h… et que tu arriverais à ce moment là pour faire la nuit parce qu’elles nous ont dit qu’elles t’appelaient (mais sans plus). Nous avons vraiment insistés, à chaque fois qu’une infirmière entrait dans la chambre, je demandais après toi, nous étions vraiment perdus. F. n’arrivait pas à me masser, il me voyait souffrir mais ne pouvait pas me parler car je ne pouvais plus lui répondre. L’infirmière voulait que je sois assise sur le ballon mais j’avais trop mal au dos, ça poussait vers le bas mais elle me disait de ne pas pousser, le monitoring indiquait  que je n’avais pas de contractions alors que F. voyait bien que j’étais crispée. Nous étions à deux, perdus dans la chambre sans savoir si bébé allait bien. Plusieurs fois les infirmières m’ont dit de ne pas pousser pour épargner mes forces. Moi je devais sans arrêt aller sur la toilette et je coulais de partout sur le sol et F. essayait de tout frotter… Je ne pouvais pas lui parler et lui n’arrivait pas à me rassurer. J’avais mal et en même temps j’aurais tant voulu qu’il me prenne contre lui, qu’il me rassure, qu’il me masse mais il ne savait pas ou ni quand (car aux contractions, j’avais trop mal pour être massée)… à 16h30, 6 cm et je ne voulais pas accoucher avant que tu n’arrives. On a même demandé à P. pour te rappeler. Puis on me disait que tu étais en route… Puis on m’a demandé si je voulais un bain, j’ai dit oui et je voulais surtout accouché dans une position qui aurait évité que je sois recousue (soit dans l’eau soit à quatre pattes ou sur un tabouret). J’avais vraiment peur et F. ne pouvait pas m’aider. Après, j’ai été très très vite à 8cm et là, je ne pouvais plus marcher et j’étais toujours dans la chambre, l’infirmière a du amener un lit et a dit que j’aurais du aller en salle de travail plus tôt mais avant personne ne venait me voir ou bien me mettre en salle d’accouchement… et je ne comprenais pas pourquoi je ne pouvais pas aller dès le début dans la salle de travail quand je pouvais encore marcher. Là, j’ai du me laisser porter sur le lit. J’ai voulu aller dans l’eau et j’y étais vraiment bien mais je n’y suis restée que 3 minutes car l’eau que l’infirmière avait mise était trop froide. Je ne voulais plus bouger, j’y étais vraiment bien, j’aurais vraiment voulu accoucher dans l’eau, F. était derrière moi j’étais dans ses bras, vraiment bien ! Là, l’infirmière a dit à F. qu’elle voyait la tête du bébé et F. a cru que bébé serait là dans 5 ou 10 minutes (il n’était que 18h30 et j’ai encore poussé pendant 1h après). Le gynécologue nous a fait sortir de l’eau mais je ne pouvais presque plus bouger mes jambes, donc ils m’ont installés sur la table, alors que je ne voulais pas être sur le dos (mais je ne pouvais plus parler). Ils ne m’ont rien proposé d’autres et j’avais envie de pleurer et ça poussait. J’avais trop mal au dos pour pousser donc ils me tenaient les jambes et puis me disaient de prendre de l’oxygène pour le bébé, je ne voyais même plus F. Le gynécologue m’a dit que je ne poussais pas assez fort et que le bébé ne pourrait jamais sortir. Je voulais que tu sois là et je ne voulais pas que le bébé sorte et je sentais que dans cette position ça ne passerait jamais. Trop de sage femme (extrêment gentilles) entraient, sortaient, venaient se présenter, me demander si tout allait bien mais je voulais le calme, l’intimité, être seul en paix avec mon bébé. Puis tu es arrivée et toute la situation s’est débloquée, tu me connais, tu comprends mon caractère, mes peurs, je voulais que tu sois là, un peu pour me défendre (contre quoi je ne sais pas bien) et pour me protéger. Je sentais bien que F. n’en serait pas capable. Une fois, ton arrivée, j’étais tellement contente que je n’ai vraiment pas eu mal, j’ai poussé, comme tu me le demandais et juste ta voix, écouter ta voix suffisait et en plus, le bébé connaissait très bien ta voix donc il venait aussi pour te voir sans doute! La position dans laquelle tu m’as mise n’était pas parfaite mais elle était déjà bien meilleure qu’avant et tu n’aurais rien su faire de mieux puisque j’étais sur la table. Avec du recul, nous sommes vraiment triste que tu n’étais pas là et pour le suivant, nous espérons vraiment que tu seras là.

Pour la suite, tu es au courant, le bébé sur moi pendant qu’on me recousait, je n’ai vraiment pas pu profiter parce que je sentais que quelque chose n’allait pas. Je ne comprends pas non plus pourquoi je n’ai pas dû pousser pour faire sortir le placenta et que le gynécologue l’a tiré (sans que je pousse – y avait-il déjà un soucis) et après j’aurais tant voulu des explications, je ne pouvais pas me concentrer sur le bébé. On me recousait, on chipotait, j’aurais voulu être seule avec mon bébé. On m’a donné des trucs (des suppositoires) sans aucune explication puis on me les a retiré, sans aucune explication, j’ai juste entendu “mince elle est asthmatique” et je ne sais pas tout est allé si vite. Et puis, j’ai entendu : salle d’opération libre? Et je suis partie sans voir mon bébé ni F.  Pendant mon opération, F. s’est senti si seul, il était dans la salle d’accouchement avec tous les outils plein de sang et le placenta et tout le sol plein de sang, seul avec le bébé qu’il ne savait pas comment tenir, il se sentait abandonné et puis, il pensait que peut-être il ne me reverrait jamais. Encore, maintenant souvent il me dit que quand je suis partie, il a bien cru ne jamais me revoir.

Nous aurions tant voulu que ce moment soit magique et il l’a surement été mais quand on y repense nous n’arrivons pas vraiment à effacer le “négatif”. Nous savons qu’il y a pire et nous le voyions bien autour de nous : un collègue a un bébé prématuré de 6 semaines, une amie a un enfant trisomique, une autre amie a eu une césarienne, oui, il y a pire, mais notre moment à nous, notre accouchement, nous laisse un peu… un peu apeurés je pense…. Voilà, nous voulions te confier nos sentiments et notre vécu par rapport à cela… Peut-être trouveras-tu tout cela exagéré mais encore aujourd’hui, nous n’arrivons pas à en parler de façon objective.

Pour le post-natale, j’ai encore mal à ma cicatrice et F. ne peut toujours rien faire car c’est trop sensible et il appuie toujours là où il ne faut pas et ça tire et j’ai l’impression que ca ne se réparera jamais. Il ne sent pas qu’il me fait mal. Ca me brule, j’ai toujours l’impression que ca va se re-déchirer.

Merci encore pour ton aide,

Nous tenons beaucoup à toi,

V&F

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#310 De la grossesse aux suites de couches – Hauts-de-Seine

28 Nov
Je considère que la naissance c’est aussi le suivi de grossesse et les suites de l’accouchement.
Et là franchement, le respect des personnes est loin d’être garanti!
Le suivi de grossesse
Franchement très décevant.
La maternité de niveau 2 où j’étais inscrite prend des allures d’usine pour les consultations de suivi. On te demande de venir 30 minutes en avance et le gynécologue ou la sage-femme qui assure les consultations, avait presque toujours une heure de retard.
Examen rapide, aucune question sur le moral des troupes, les craintes, etc. Juste une phrase répétée au moins 2 millions de fois : si vous voulez la chambre individuelle, c’est 100€ et il faut réserver maintenant. Ok merci!
Le pire moment a été la 2ème écho. sortant d’une première écho géniale à 3 mois faite en clinique par une gynécologue attentionnée et qui a duré 45 minutes, on est arrivés la bouche en coeur, préparés à découvrir le sexe de notre bébé. Ma propre maman, elle-même sage-femme, m’avait expliqué que cette écho était généralement assez longue car on prend bien toutes les mesures et on voit bien le bébé.
Et ben raté! L’écho a duré 12 minutes au total dont 10 minutes durant lesquelles le médecin a engueulé son interne qui effectuait l’écho. On ne nous a rien montré, rien expliqué, bref on était invisibles! Ah si, juste à un moment, le médecin nous a demandé si on voulait connaître le sexe, on répond oui et là il dit c’est un garçon, point barre. Ce c**** ne nous a même pas montré le petit trilili.
Mais bon cela avait un côté pratique car tous les examens (urine, sang, prélèvement) étaient faits sur place et du coup, je n’avais pas besoin de retourner en labo après.
Heureusement, j’ai fait la prépa accouchement chez une sage-femme libérale très sympa : un peu trop pro-allaitement et anti-péri mais elle ne jugeait pas.
En dehors de tout ça, grossesse idyllique.
Fin de grossesse et accouchement
Bien vécu sur le moment mais peu d’informations.
Le jour J, rdv de contrôle : col ouvert à 1, épais et ramolli. On me décolle les membranes sans m’expliquer (oh b*rdel quel mal de chien!) et on me renvoie chez moi.
J+2 : j’avais rdv mais dans la nuit précédente, on s’est pointés à la maternité parce que j’avais eu des contractions (même pas douloureuses) + perte bouchon muqueux et qu’on était pressés surtout!
J+4 : rdv pour déclenchement. On avale un gros brunch avant d’y aller et on part de chez nous, sachant qu’on ne reviendra pas seuls.
8h30 : on me branche au monito + pose perf : j’ai des contractions régulières donc on me débranche vers 11h pour aller marcher et laisser faire la nature.
14h00 : retour au monito : les contractions se sont arrêtées donc on va lancer le déclenchement à 16h avec tampon. On m’informe juste qu’avec le tampon ça ira plus vite.
18h00 : on m’amène à la chambre car n’ayant que peu de contractions, ça sera sans doute long. On me prévoit un monito à 22h.
18h30 : les contractions démarrent c’est atroce tout de suite. Je me dis que je ne vais pas y arriver car un premier accouchement peut durer très longtemps.
21h30 : je suis un animal!
21h35 : j’appelle la sage-femme pour avoir un ballon. ça ne change rien et devant ma douleur, elle tente un toucher vaginal pour vérifier l’avancement du travail. Jamais ressenti une pareille douleur de toute ma vie, mon corps entier s’est cambré pour échapper au toucher.
En fait, mon col était postérieur et la tête de bébé devant, donc elle devait crocheter par derrière pour vérifier le col. EPOUVANTABLE!
Elle me propose donc de descendre en salle de naissance car les lits sont plus pratiques pour le toucher. Vu mon état, je n’ai pas cherché à comprendre.
22h00 : Arrivés en salle de naissance, elles s’y mettent à trois pour le toucher, dont 2 qui me maintiennent. Mon mari était dehors et il m’a avoué après avoir eu le sang glacé en entendant mes hurlements.
22h05 : Col épais mais mou et ouvert à 3, c’est ok pour la péri.
22h35 : l’anesthésiste arrive. On m’a prévenue que c’était pas des rigolos les anesthésistes. Ah oui effectivement! Mais bon, au moins ça crée de la complicité avec les sages-femmes.
22h50 : A plus mal du tout, youpi!
00h00 : perçage de la poche des eaux.
00h45 : je suis dilatée à 5 cm, le coeur de bébé ralentit donc je suis en code rouge, les sages-femmes débarquent toutes les 5 minutes pour me tourner ou m’expliquer des choses.
1h : il y a 6 personnes autour de moi qui passent leur temps à s’excuser de me faire mal alors que je sens rien (vive la péri!); elles me préparent pour une césa au cas où car le coeur de bb ralentit trop souvent. On me rase, on me lave, on met un nouveau produit à la perf.
1h10 : suis dilatée à 8cm (3 cm en 25 minutes, ouah!), col effacé mais comme le coeur ralentit toujours, les sages-femmes appellent le médecin.
1h30, dilatée à 9cm, le médecin me demande de pousser pour essayer de gagner le dernier cm. Elle est gentille, mais sous péri : tu sais pas ce que tu pousses, mais bon je pousse quand même…
Avec 9 personnes dans la salle, bonjour l’intimité mais bon.
Finalement, le médecin sort les spatules pour aller plus vite.
1h54 : mon fils est né, on le pose sur mon ventre avec les mêmes mots que dans les émissions : « le sang, c’est le vôtre ». Ils lui font une petite toilette pendant qu’on me recoud l’épisio + déchirure. Puis mise au sein et on nous laisse 2 heures tranquilles.
5h30 : retour dans ma chambre, épuisée, vidée!
Un accouchement très bien vécu car les sages-femmes étaient très pros et rassurantes mais j’aurais bien aimé qu’on m’explique qu’un déclenchement, certes c’est plus rapide mais aussi que les contractions ne s’intensifient pas, elles sont directes hyper-méga-violentes, ce qui ne laisse pas vraiment de temps au corps pour s’habituer à la douleur. Un avantage quand même : tu es moins crevée à la poussée car le travail est plus rapide.
Suites de couches
Une catastrophe!
Chambre sombre, déprimante et un vrai sauna!
On ne m’a rien expliqué sur les gestes d’hygiène pour mes points. Me suis débrouillée toute seule avec un peu de bon sens.
Les auxiliaires de puériculture n’étaient pas gentilles, sauf une de jour. Mais la nuit quand j’étais seule, elles étaient odieuses.
La deuxième nuit, après 2 heures de pleurs de mon bébé non-stop, j’ai voulu lui donner un bain pour qu’il se détende et là l’auxiliaire de puériculture que j’avais appelé m’a dit : « Vous ne pourrez pas le mettre sous la flotte chaque fois qu’il va pleurer, juste pour le calmer votre gosse ».
Conseils en allaitement inexistants.
Retour à la maison, baby-blues avec des idées bien noires et en rejet partiel de mon fils.
Quelques jours plus tard, mon mari me retrouve tremblante, claquant des dents : 40.5° de fièvre!
On appelle SOS médecins : on nous envoie dans la 1/2 heure (un exploit) un médecin qui ne s’est pas lavé les mains, qui puait l’alcool et le tabac. Il a palpé mes nichons, écouté mon coeur et c’est tout. Dieu merci, il n’a pas farfouillé là où je pense.
5 minutes de visite = 70€ svp avec une ordo d’antibio.
Comme il était pas net, on a fini par appeler les urgences gynécos. Sur leurs conseils, on s’y est rendus. On a poireauté 2 heures en salle d’attente et je me suis faite engueuler par une sage-femme qui voulait que je nourrisse mon fils dans la salle d’attente.
Pas en état de résister, je l’ai mis au sein, tout en me balançant d’avant en arrière tellement je délirais.
Finalement, on m’ausculte et là on me dit que j’ai une endométrite (infection de l’utérus). Pourtant il me propose de rentrer chez moi. Moi qui étais pressée de rentrer quelques jours plus tôt, là j’ai insisté pour rester car j’ai bien senti que ça n’allait pas.
Ils m’ont donc gardé. Chose curieuse : la chef de service a dit à mon mari que si la mutuelle ne prenait pas en charge la chambre, tous les frais seraient à la charge de l’hôpital. Ah tiens! Depuis quand un établissement semi-privé fait la charité? Une erreur médicale..?
Au final, j’ai été réhospitalisé 6 jours et j’ai contracté 3 infections : utérus, sein et urinaire, chouette!
J’ai abandonné l’allaitement car j’étais épuisée. Mais là aussi, problèmes avec les auxiliaires de puériculture :
1) elles ne se passaient pas le mot donc chacune avait l’air de découvrir que j’arrêtais l’allaitement;
2) les commentaires du style : « Vous n’allez pas faire ça??? » ou même « Vous savez qu’en l’allaitant, il sera plus intelligent et moins risque d’obésité ». C’est ça, traitez-moi de mauvaise mère, pendant que vous y êtes.
J’ai mis du temps à ne plus culpabiliser pour cet arrêt de l’allaitement.
Heureusement, mon mari lui était ravi de donner à manger à son fils alors ça m’a aidée.
En plus, j’ai passé l’hiver et mon congé maternel, à avoir la trouille des infections donc suis très peu sortie avec mon bébé et j’ai cru pété un câble!
Enfin, mes suites de couches m’ayant vidée, j’ai mis beaucoup de temps à être bien dans mon rôle de maman. Le lien a été rompu, mon mari a dû le prendre en charge les 2 premières semaines.
Il me faut du temps pour m’attacher, je n’ai pas eu l’amour maternel immédiat. Puis j’ai perdu mon papa brutalement.
Finalement, c’est venu, mon fils a maintenant un an et je n’imagine même pas ma vie sans lui, je l’aime plus que tout mon fils!
Véronique

#305 Accouchement déclenché mal vécu‏, Nancy, 2010

25 Nov

J’ai « accouché », oui je mets les guillemets car pour moi, je n’ai pas mis au monde ma fille, mais on me la sortie du ventre, en juillet 2010, à Nancy.

On dit c’est le plus beau jour de votre vie, or pour moi ce ne fut pas le cas, le plus beau moment, c’est lorsque j’ai pu avoir ma fille contre moi et l’allaiter.
Ma grossesse s’est bien passée, mis à part chevilles gonflées en fin de grossesse due à la rétention d’eau… Mon terme était prévu début août, mon gynécologue qui me suivait partait en vacances et me l’avait dit, malgré tout, lors de mon dernier contrôle, il a préféré déclencher l’accouchement, parce que j’étais gonflée à cause de la rétention d’eau. (Je me demande aujourd’hui si ce n’était pas parce qu’il partait en vacances la semaine avant mon terme) Je n’étais pas en danger, mon col était bien fermé, et ma fille en forme… Je ne savais pas, j’ai dit oui, et mon mari trouvait l’idée plutôt bien, car ça nous évitait le stress du départ à la maternité, tout était programmé! Il m’a donné RDV à la maternité un dimanche de juillet à 20h.
A 21h, on m’appliquait le gel pour avoir des contractions. Et on m’installa dans une chambre. « Prenez une douche, détendez-vous » me dit une sage-femme… J’ai pris une douche, j’avais mal dans les reins, mais je ne savais pas ce que c’était… Des contractions?? peut-être, peut-être pas… j’avais mal en continu (aujourd’hui je ne pense pas que c’étaient des contractions…)… Mon mari, impuissant fasse à cette douleur qui m’ennuyait, appela une sage-femme (ou infirmière) et demanda à ce qu’on me donne quelque chose pour calmer cette douleur, à 23h, on m’installa dans un « box », oui c’est comme ça qu’on appelle les pièces pour accoucher… comme les chevaux, hop dans un box, avec le foin… On m’a allongée, branchée, monitoring, tension  ….etc…
Les sages femmes ont alors pris la décision de m’introduire un produit dans les veines « Pour accélérer le travail » m’ont-elles dit… Je me laissais faire…
Puis on m’a fait la péridurale (ou avant) je ne sais plus, mais ce que je sais c’est que mon col n’était pas dilaté, ah, la, je n’avais plus mal dans les reins, je ne sentais plus mes jambes…
Et à partir de ce moment là, je n’ai plus eu de contractions… J’ai passé la nuit allongée, branchée, pourtant je n’était pas malade, je venais juste mettre au monde mon enfant…
A 7h du matin, mon col se dilatait un peu (quand même), ils ont pris la décision de me percer la poche des eaux…
A 10h30 mon col était enfin dilaté, on m’a demandé alors de pousser, j’ai le souvenir qu’une sage-femme m’ait appuyé sur le ventre et m’a fait mal, pour forcer (oui, toujours forcer…) le bébé à venir…
Mais rien n’y a fait, à 11h15 le gynécologue m’annonça très serein : « On va faire une césarienne, enlevez tous vos bijoux »… le monde venait de s’écrouler autour de moi, juste à l’annone de ces quelques mots… Pourquoi… ?? était-ce de ma faute, je n’ai pas su pousser comme il fallait, je mettais en danger mon bébé? toutes ces questions dans ma tête… sans réponse… j’ai eu une nouvelle fois à faire avec l’anesthésiste, on m’a mise sur un brancard, je pleurais… mais on ne s’en souciait pas…
Arrivée au bloc, j’étais encore plus inquiète, la panique m’envahissait, je pleurais, je n’arrivais pas à me contenir, les sages-femmes présentes près de ma tête, me mirent un masque, quelle idée, je ne respirais plus!! elles m’ont tenus les bras. Je n’ai que le souvenir du regard de mon mari sur moi, impuissant, et autant affolé que moi mais qui essayait tant bien que mal de me soutenir, de me rassurer…
J’ai été rassurée et lui aussi, quand nous avons entendu les premiers cris de notre fille… « ça y est!! elle est là!! Tu l’entends ? » me disait-il…
Puis, une sage-femme est passée avec mon bébé, dans la couveuse, en me disant : « Regardez c’est votre fille », j’ai vu la boîte passer, dedans une petite poupée yeux grands ouverts et pleins de cheveux sur la tête… Et mon mari suivre la boîte… il était midi. On ne me l’a pas posée sur moi, je ne l’ai pas embrassée, je ne l’ai pas sentie, je ne savais même pas si elle allait bien…
Je me suis retrouvée seule, on m’a recousue… emmenée en salle de réveil… j’ai dormi, à 13h30, je me réveillais, j’avais froid, très froid, à-coté de moi, un vieil homme qui avait du subir une chimio, en face une dame s’est mise à crier, avec un tube dans la gorge… où étais-je? Nous étions au moins 10 brancards les uns à-coté des autres… Et les infirmières, à-coté de moi, près de la fenêtre discutaient.
Tout de suite j’ai demandé une couverture, et on m’a mis le chauffage dans les jambes, puis elles m’ont appuyé sur le ventre… ça faisait mal… Mais tout ce que je voulais c’était voir ma fille. « Où est ma fille? et mon mari?? Quand puis je la voir? » questions que je ne cessé de poser aux infirmières… les réponses :  » vous aurez tout le temps de voir votre fille après, vous avez toute la vie; elle doit aller bien, on ne sait pas. »
Je pleurais, je voulais savoir, je voulais la voir, la toucher, la sentir, l’embrasser… J’ai pleuré jusqu’à 15h30 quand enfin, on m’a dit : « Vous allez pouvoir voir votre fille », on m’a alors emmenée au milieu de la pièce toujours sur le brancard avec un vieillard qui dormait encore à moitié, et une dame, tous 3 sur brancards, en travers…
Un jeune homme est alors passé devant la salle, une infirmière l’a interpellé : « T’es tout seul aujourd’hui? – oui , répondit il, aujourd’hui je suis le seul brancardier, là je suis en pause, je reviens après… »
J’ai attendu, à 16h enfin, ce jeune homme est revenu, « C’est à qui le tour, qui dois je emmener? » j’ai tout de suite crié « MOI!! » … il vérifia sur nos brancard, et dis « Non, c’est au tour de Monsieur », j’ai cru que j’allais devenir hystérique… « Je veux voir ma fille!!! Emmenez-moi en premier, ça fait depuis 13h30 que je le demande », alors l’infirmière est intervenue, et a dit au jeune brancardier de m’emmener…
On a pris l’ascenseur, je suis rentrée dans une chambre, où il n’y avait personne, j’ai failli encore pleurer, quand soudain à peine le brancardier parti, la porte s’ouvrit, c’était mon mari, et ma fille !!!!! Quel soulagement, qu’elle était belle!!! Tout allait pour le mieux pour elle, et là ce sont non plus des larmes de tristesse mais des larmes de joie qui ont pu s’échapper de mes yeux… On me l’a mise au sein, j’ai adoré cet instant, le plus beau de ma vie…
Malheureusement, les heures de repas pour elle ne se sont pas bien passées, car les auxiliaires stagiaires ne me mettaient pas ma fille correctement au sein, j’ai eu tout de suite des crevasses douloureuses, et ma césarienne me faisait souffrir, j’ai du arrêter l’allaitement, avant les premières montées de lait… Mon séjour n’était pas des meilleurs, j’avais été tellement déçue par l’équipe médicale que je n’avais plus confiance, je dormais mal (les sages-femmes avaient leur bureau en face de ma chambre, et bien sûr n’étaient pas discrètes)…
Bref, une expérience comme je n’en souhaite à personne… Je n’ai pas accouché de ma fille, j’en garde des « séquelles » psychologiques et physiques. J’ai voulu témoigner, car je suis enceinte du deuxième aujourd’hui (un petit garçon), je dois accoucher pour Noël, dans une autre maternité (j’ai déménagé) mais ayant vécu une mauvaise expérience,  j’espère ne pas revivre ces moments là, je veux accoucher, et le plus NATURELLEMENT possible, sans me mettre en danger, ni mettre en danger la santé de mon bébé. Ce qui est certain, c’est que je ne me laisserai plus faire comme ça a pu être le cas il y a 3 ans…

#279 Pascaline – région lyonnaise

8 Mai

J’ai accouché il y a 7 mois, difficile de dire si on a écouté mon projet de naissance, je ne sais pas si j’ai vraiment eu le choix d’en avoir un.
J’ai vécu les 6 premiers mois de ma grossesse à me préparer à un accouchement physiologique.
Je m’étais inscrite dans une maternité de niveau III qui vient de faire construire un pôle physio (région de Lyon).
Et puis au 6ème mois, on me trouve un diabète gestationnel. Je passe sur la façon dont je l’ai appris. (Ma gynéco a manqué de tact.)
Au premier rdv avec la sage-femme de la maternité au 7ème mois, je lui fais part de mon projet, elle ne le lit pas, ne veut même pas en discuter, visiblement il est trop tôt.
L’orientation vers le pôle physio ne se fait qu’au 9ème mois. Inutile de parler donc de quoi que ce soit. Mais, jusque là, je rentrais encore dans les fameux critères.
On m’hospitalise un jour pour me montrer les dextros et on me fait rencontrer une diététicienne qui m’explique les choses à savoir pour un régime sans sucre.
Je stabilise donc mon diabète, ne prends quasi pas de poids pendant les 3 derniers mois. Sauf qu’aux échos mon bébé est en siège décomplété, ça se confirme au 7ème mois, et il est « gros ».
Je précise que je mesure 1,78m et son père 1,85m.
D’entrée de jeu, on me propose la version. Et on me fait comprendre que je n’ai pas d’autre choix.
En réfléchissant avec mon conjoint en rentrant chez moi, je n’ai pas envie de la version. Je trouve cela trop invasif pour moi et pour le bébé.
J’écris donc à la sage-femme qui m’a prescrit cette version et je lui dis que je refuse. Elle me dit qu’il faut que j’y aille quand même, pour rencontrer un médecin quitte à refuser la version après en avoir discuté.
Nous y allons donc. On nous fait miroiter la suite logique, une césarienne obligatoire. Car gros bébé en perspective à cause du diabète et en siège de surcroît. Mais on ne m’oblige finalement pas à faire la version. Même si on me culpabilise un maximum.
On me dit qu’il faut passer une radio de mes hanches pour voir s’il pourrait passer. Après les tests tout semble encore possible. On me dit, je cite, « Vous avez des hanches comme un boulevard ».
Bien sûr que moi je veux toujours mon accouchement physio.
Je ne veux pas d’une césarienne qui va me couper de toutes les sensations de la mise au monde. Je suis née par césarienne programmée, et je ne veux pas de ça pour mon bébé.
Je veux que mon bébé choisisse de venir quand il veut, et qu’il connaisse l’expérience du passage, du rituel qu’est la naissance…
Je ne voulais prendre le risque de devoir accoucher tous mes enfants comme ça non plus. J’avais peur que ça influe sur ma montée de lait… Bref j’avais plein d’arguments.
Mais dans ce cas-là, ils m’imposeront au moins la péridurale, s’ils m’autorisent un accouchement par voie basse.
On me prescrit à 15 jours du terme une énième écho pour voir si elle s’est retournée toute seule et comment elle grossit. Le bébé a stoppé sa courbe, et grossit moins, mais toujours en siège.
Le médecin de garde refuse tout accouchement par voie basse, et l’inscrit dans mon dossier, car la procédure préconise une césarienne programmée pour les bébés estimés à plus de 3,8kg.
Il me laisse néanmoins 15 jours pour accoucher naturellement. Après séances d’ostéo, d’acuponcture, en tous genres, le bébé ne veut pas sortir, ni se retourner.
A 4 jours du terme, la dernière écho évalue le bébé à 3,813kg, soit 13g de trop pour la fameuse procédure. La médecin de garde ne souhaite pas s’opposer à la sentence apposée par le précédent médecin dans le dossier.
Elle ne semble pas très fière d’elle et me dit texto : j’espère que le bébé fera plus de 3,8kg car sinon vous allez nous en vouloir.
Le lendemain soir je rentre à la maternité pour une césarienne programmée le lendemain matin. Le monitoring laisse entrevoir une possible détresse foetale (c’est pas flagrant visiblement), une heure après je suis au bloc.
J’avais demandé que mon compagnon soit avec moi au bloc, pas possible, j’avais demandé un peau à peau sur moi à la sortie du bébé, pas possible.
Un peau à peau avec le papa, pas eu le temps. Au finale Gabrielle pesait 3,750kg.
J’ai été très stressée les 3 derniers mois de ma grossesse. Le diabète a été très anxiogène pour moi, car j’ai été très mal accompagnée dans le traitement de cette pathologie.
Après il y eut la gestion du siège, qui en a rajouté une couche.

Au final la détresse « discutable » du bébé (c’était pas super évident, ils ont tranché car il y avait de la place au bloc) fait que je me dis que c’était peut-être mieux comme ça.

Mais le doute demeure.

La suite de couches a été assez difficile. En salle de réveil, j’ai insisté auprès de la puéricultrice pour mettre ma fille au sein (elle ne voulait pas à cause de l’éventualité d’avoir de nouveau à aspirer ses poumons).
Elle a tout de suite bien tété. Mais elle était très en demande tout le temps. J’ai été très peu accompagnée dans la mise au sein. Ce qui fait que rapidement j’ai eu des crevasses.
J’ai accouché dans la nuit de mercredi au jeudi. Cette nuit-là l’équipe de puéri de nuit, ont pris le bébé et me l’ont ramené au petit matin, quand elle a demandé le sein.
Idem pour la seconde nuit. Nuit complète pour le bébé comme pour moi. Et puis le vendredi, 2ème nuit de vie pour mon bébé, changement d’équipe. Je m’étais levée 1 minute dans la journée.
Quand j’ai dit à la puéri de nuit, ah c’est vous qui allez veiller sur mon bébé cette nuit, elle m’a répondu sèchement : votre bébé est un J+3, vous allez quand-même bien commencer à vous en occuper. (faux, elle était J+2)
J’étais bouche bée, j’ai dit OK et j’ai rien dormi de la nuit.
La journée d’après s’est bien passé. La nuit suivante par contre, j’ai eu ma montée de lait. Et j’ai eu aussi un énorme baby-blues, car crevée, et mes mamelons me faisaient un mal de chien (crevasses), je savais plus trop quoi faire de mon bébé glouton qui ne faisait que pleurer pour téter. Je passe l’épisode de la sage femme de nuit qui à 4heures du mat, gratte mon bébé comme une hystérique pour qu’elle reste éveillée pendant la tétée, et qui fourre mes mamelons endoloris dans sa bouche comme une brute, tout ça pour me montrer comment on met au sein son bébé. J’étais au bout du rouleau, complètement hagarde, j’ai même pas eu la présence d’esprit de lui dire de stopper le massacre et de nous respecter un peu plus moi et ma fille.
Alors que la maternité doit être faite pour vous seconder dans vos débuts de mère, là, je n’avais qu’une hâte, rentrer chez moi pour me reposer et trouver mes propres solutions. (on ne m’a JAMAIS parlé de l’efficacité des téterelles quand on a des crevasses, on ne m’a jamais proposé de biberons de complément pour rassasier ma fille).
J’ai rencontré des gens formidables dans cette maternité, certains m’ont beaucoup aidé, d’autres m’ont au moins entendue. J’ai tendance à dire que c’est une question de rencontres, d’individus et d’atomes crochus.
Mais certaines personnes sont vraiment trop dans le médical pur, ou dans leurs croyances, et pas dans le respect du lien à créer entre la mère et le bébé, ce qui pour moi est crucial.
Je me dis qu’une maman pas bien entourée, peut vraiment avoir du mal à rencontrer son bébé à ce moment-là, si personne est là pour veiller.
J’ai eu beaucoup de colère, très très longtemps après. L’allaitement a été très dur à tenir (3 mois, et c’est mon bébé qui a décidé de stopper). Je ne sais pas si c’est lié ou non.
Aujourd’hui, c’est derrière moi, mais ça restera toujours un gros regret, et j’aurais toujours le doute de savoir si on aurait pu faire autrement.
Et surtout je croise les doigts pour que cette césarienne n’ait aucune incidence sur ma prochaine grossesse, et mon prochain accouchement.

Dernière parenthèse, inutile de préciser, que pendant tout cette procédure avant accouchement, mon compagnon a été nié, ignoré, il a fait tapisserie pendant tous les rdv médicaux de l’hôpital.
On ne lui a jamais demandé quel était son avis, quelle était sa décision.

Pascaline

#273 Marjorie, en avril 2006 dans le 59

4 Mai
Ma grossesse s’est très bien déroulée, pas de signe de complications à l’horizon.
J’ai une hygiène de vie plutôt saine, ne fume pas, mange équilibré, pas de problème de santé et à l’époque je faisais du sport, bref : maman et bébé se portent à  merveille!
La veille de l’accouchement je sens comme de légers spasmes dans le ventre, comme j’étais impatiente d’accoucher et que je ne savais pas vraiment à quoi ça ressemble une contraction (primipare), je fonce à la maternité .
Là, on m’ausculte, me met dans une chambre avec perfusion+tensiomètre+monitoring, allongée sur le lit, j’attends. Des sages-femmes viennent m’ausculter régulièrement mais rien ne se passe. Je devais être à 2 cm je crois, bébé va bien. Je pense donc rentrer chez moi, à l’époque j’habitais à 10 minutes de l’hôpital. Surprise ont me garde en observation, par la suite je me demande si je n’ai pas servi de cobaye aux sages-femmes stagiaire car l’Hôpital  accueille de jeunes étudiants.
Enfin après avoir passé une nuit  avec le monitoring (donc presque pas dormi), je vois une sage-femme au petit matin (m’avait-on oubliée ?) qui me dit que le cœur de bébé va bien, mais par précaution ils vont me faire une échographie. A l’échographie bébé va bien mais elle décide  d’appeler une collègue toujours par précaution, que de précautions !? Celle-ci arrive, regarde l’écho, elles discutent entre elles et moi on ne me dit rien : Bonjour l’angoisse… Elles appellent une autre collègue et à 3 elles décident de déclencher l’accouchement car peut-être que j’ai perdu un peu de liquide amniotique sans m’en rendre compte. Je ne suis pas vraiment convaincue mais comme c’est décidé. A aucun moment on me demande si je suis d’accord pour un déclenchement (à 8 jours du terme estimé), comme j’avais confiance et que j’étais surtout complètement naïve, je me suis laissée guider.
 
A midi, on me pose une « languette »(on m’explique que c’est une espèce de tampon plat) pour déclencher l’accouchement. A 15h les vraies contractions arrivent, là je réalise qu’en fait c’est ça une contraction, c’est comme des douleurs très fortes d’une gastro ! Bref je douille a fond car les contractions liées à un déclenchement sont plus douloureuses et surtout je suis allongée avec une perfusion et donc impossible de me lever ! Toute l’après-midi j’ai super dégusté, personne ne m’a proposé un ballon, de prendre une douche, ni même de marcher pour me soulager. Juste plusieurs touchers vaginaux par différentes stagiaires ou autres sages-femmes. Puis vers 19 h, on m’annonce que le col est ouvert de 7 cm et que je peux me lever pour rejoindre la salle d’accouchement juste en face. Je me lève enfin et là agréable surprise: les contractions sont vraiment beaucoup plus supportables, je réalise que j’ai souffert tout ce temps alors qu’il suffisait que je marche.
Je suis verte, au point de même me demander si  je vais vraiment la  prendre cette péridurale (alors que je n’attendais que ça toute l’après-midi!!). 
 
Arrivée en salle d’accouchement, je m’assois sur le bord de la table car l’anesthésiste va arriver. Une jeune sage-femme  me rassure et se met devant moi, elle me fait poser délicatement ma tête entre sa poitrine pour que je fasse le dos rond, l’anesthésiste s’y reprend à 3 fois!
La péri posée, le monitoring réinstallé, le tensiomètre et la perf toujours là :  je m’allonge sur le dos, on m’attache (car sous péri on ne sent plus le bas de son corps) les jambes dans les étriers en position gynécologique. Après quelques minutes je ne sens plus RIEN. On me dit: « poussez à la contraction », et là je suis comme une idiote à me demander c’est quand la contraction?? Alors je pousse quand on me le dit car eux (environ 4 ou 5 personnes) peuvent voir sur leur écran (toujours grâce à ce bon vieux monito) quand est-ce que la contraction arrive.
Mais imaginez devoir serrer une pomme dans votre main le plus fort possible lorsque vous ne sentez plus votre main, et bien je vous garantis que vous ne la serrerez jamais aussi fort que sans l’anesthésie.
Résultat de la péri : l’accouchement est ralenti, comme bébé est trop long à sortir, il est en souffrance fœtale.
Madame on coupe: épisiotomie, forceps.
 Quelle frustration d’avoir souffert des contractions toute la journée pour, au final, ne pas sentir son enfant naître. 
Mon conjoint est resté prés de moi du début à la fin, un soutien  indispensable dans un moment pareil. Il a eu le « droit » de couper le cordon, sinon il est resté spectateur de la naissance de notre fille, tout comme moi!
Céleste est née un soir d’avril 2006 à 22h12,  24h après mon arrivée à l’hôpital. 
 
On me délivre enfin du monitoring et on me pose bébé sur le ventre, un instant hors du temps.
Elle pleure, je lui parle : silence… elle me regarde avec ces yeux noirs, droit dans les miens, je suis hypnotisée, c’est le coup de foudre.
Pas le temps de savourer cet instant trop court, on me la prend pour les soins: bébé hurle dans la pièce à côté, je me retiens de pleurer, les 10 minutes les plus longues de ma vie.
Pendant ce temps on me recoud, la sage-femme se pique le doigt. On me demande donc une prise de sang pour le test du SIDA. On me la fait immédiatement mais 5 ans après j’attends toujours le résultat de la prise de sang de la sage-femme? Elle ce n’est pas grave si elle me le refile??? 
 
On me rend enfin Céleste, avec du collyre orange plein les yeux, inconsolable. Je lui parle, la rassure comme je peux. Puis c’est la première tétée un peu maladroite mais tellement nécessaire pour réparer toutes ces blessures. Je ne le sais pas encore mais c’est le début d’une belle  histoire d’allaitement long ( 3ans1/2), peut-être nous fallait-il au moins se temps là pour nous en remettre?
 
 
 Les suites de couches:
–  je n’ai pas su marcher, m’asseoir normalement pendant au moins 15 jours tellement l’épisiotomie me faisait souffrir, une boucherie!
– 1 mois après l’accouchement, je me suis fait retirer  les fils qui ne s’étaient pas résorbés (a l’intérieur du vagin, coincés dans la chair) je vous laisse imaginer la partie de plaisir et ce malgré la petite toilette d’eau fraîche après chaque pipi, séchage avec serviette propre en tapotant doucement…
– jusqu’à 2 mois après l’accouchement, rapports sexuels impossible car mal+++ à cause de l’épisiotomie, une vraie mutilation, j’aurais préféré une déchirure!
-A cela s’ajoutent de fortes douleurs dans le bas du dos liées à la péridurale et la position gynécologique, j’ai mal tout le temps (assise, debout, couchée). Seul un Ostéopathe diplômé m’a soulagée 2 mois après l’accouchement. 7 ans après, j’ai toujours mal au sacrum lorsque je fais des efforts répétés et continue de me faire suivre par un ostéo.
 

#254 Gwladys, en Janvier 2011 à Nancy‏

7 Avr

J’ai passé 9 mois de rêve, où j’ai eu la sensation de toucher du doigt l’éternité, Ma DPA était au 29 janvier, mais j’étais persuadée d’accoucher le 23. Je fais vraiment partie de ces mamans qui ont adoré être enceinte. Le 31 décembre, je passe le cap de 37 SA, je dis à une amie bossant en neonat : « ça y est c’est bon, c’est sûr tu ne l’auras pas dans ton service ! ». Elle me répond alors : « ah mais tu ne sais jamais, il suffit d’une infection ! ». Mauvais présage, si j’avais su…

Nous voilà donc Samedi 22 janvier 10h : réveillée par 1 contraction un peu douloureuse, mais je suis fatiguée et reste au lit. 10h30, je décide de faire un câlin à mon chat qui est à mes pieds me mets assise et la « schplok » je me dis : « il faut vraiment que t’accouches ma pauvre fille car tu te fais pipi dessus rien qu’en faisant l’effort de te lever « . Je prends mon chat et en me recouchant je me rends compte que ça coule toujours et que c ‘est chaud : JE PERDS LES EAUX !!! Je réveille chéri en lui disant et hop ni une ni deux il est debout, habillé prêt à partir ! J’appelle la maternité pour savoir si je peux prendre une douche, ok feu vert je la prends et on arrive à la mat à 11h30.

11h30 on m’ausculte : ouvert à 1 et toujours postérieur, comme je suis positive au streptocoque B on me dit qu’on va me déclencher au tampon Propess pour accélérer la maturation du col et on me donne des antibios. Bon ok ça se passe pas comme je le pensais mais pas grave. Je monte en service anténatal, ils me servent un repas. J’ai des petites contractions mais rien de méchant. 13h, pose du premier tampon et c’est parti pour 2h de monitoring. Je rigole (encore) en voyant les contractions et je suis contente car elles sont régulières ! Par contre je ressens tout dans le dos et ça commence à être plutôt désagréable. A 16h on me débranche du monito, on m’ausculte, toujours postérieur ouvert à 1 ! On me dit donc d’aller marcher pour faire travailler tout ça, je suis contente car cela va enfin soulager mon dos ! 18h : les contractions commencent à me couper un peu le souffle, je pense à mes cours de prépa et respire calmement, ce qui me soulage assez, même si ça commence à être dur. Je suis fatiguée et mon moral en prend un coup car les choses n’avancent pas. On me dit d’aller prendre une douche chaude assise pour me soulager. Je la prends bouillante ça fait trop de bien ! 20h : col toujours ouvert à 1 et postérieur les contractions s’intensifient. Et je perds le tampon donc repose de tampon. Et là l’horreur prise de crise de paniques j’ai comme des convulsions,  impossible de maîtriser quoi que ce soit ! J’appelle la sage-femme qui me dit « mais non madame vous n’avez plus de contractions là allez calmez-vous enfin ! De toute manière je ne peux rien vous donner il va falloir vous accrocher c’est tout ! » Et elle repart. Finalement après les avoir suppliées, ils me descendent en salle des naissances.

23h15 : Miracle col centré ouvert à 3 ! Il me pose donc la péridurale et mon col s’ouvre à 5 en 1h ! En même temps ils me passent du Syntocinon en perfusion pour accélérer le travail. C’est là que tout se complique. Je commence à avoir de la fièvre. En plus je suis tachycarde tout le long malgré une bonne tension ce qui inquiète l’anesthésiste. Je me mets à trembler comme une feuille, hors de contrôle ! 3h40 : Je suis enfin à dilatation complète mais ils me prennent ma température : je monte à 39-6 et mon bébé commence à souffrir des contractions, il fait aussi de la tachycardie. Et là on m’annonce qu’il est fort probable que mon bébé ait été infecté par mon infection et qu’il partira donc en néonat pour un suivi. On me dit aussi que le pédiatre va venir pour s’occuper du petit et là je vois arriver l’interne, le pédiatre, l’auxiliaire puer, l’infirmière et l’étudiante infirmière, plus ma sage-femme et l’étudiante sage-femme et l’anesthésiste qui me remet une dose d’analgésie péridurale. Je ne sais alors pas pourquoi car je ne sens pas de douleur. Je comprends plus tard que c’était en prévision d’une césarienne en urgence. 5h15 : Je commence enfin à pousser mais là mon bassin est trop étroit au dégagement et bloque bébé car il tape dedans en défléchissant la tête trop tôt. En plus son cordon est trop court et est autour du cou et je vois le monito dans le rouge et biper où il y a son rythme cardiaque : il est en souffrance ! L’interne me dit qu’il va devoir couper et utiliser les forceps : ok épisio de bas en haut. 5h39 : Mon fils nait sans pleurer, il me le pose sur moi et il me regarde droit dans les yeux, c’est la plus belle image de mon accouchement, à ce moment il m’a transpercé le cœur et j’ai su à la seconde que je ferai dorénavant tout pour lui. Mais on me le prend tout de suite pour lui faire les examens et l’aspirer. Je l’entends enfin pleurer. Je demande s’il va bien mais on ne me répond pas ! J’apprends par la suite que mon mari a posé  la même question à l’infirmière qui lui a répondu « mais il peut mourir monsieur ! »  On me le met après 10 min en peau à peau puis on me le prend et je ne le reverrai pas avant 13h sans avoir fait une tétée alors qu’il voulait. Il part avec Papa et je me retrouve seule, on me recoud et je pleure, j’ai l’impression qu’on m’a volé mon bébé, et si je l’avais tué en attrapant une infection ? Je ne comprends pas ce qu’il se passe et je suis morte d’inquiétude. On ne sait pas pourquoi j’ai fait de la fièvre… Il sera sous antibiothérapie pendant 3 jours le temps de voir quelle infection on a attrapé mais finalement ni lui ni moi avions quelque chose !!!

J’ai été seule en chambre 2 nuits et 3 jours, avec un berceau vide à côté de moi et un tire lait au lieu de mon bébé. Je me suis levée la nuit pour aller en néonat l’allaiter pour avoir ma montée de lait, que j’ai eu le mardi quand il est revenu avec moi ! Je suis restée jusqu’au vendredi à la maternité, où j’ai vraiment été considérée comme maman seulement quand j’ai récupéré mon fils en chambre avec moi ! On l’a gavé au biberon aux soins intensifs de neonat (jusque 70 cc à 2 jours de vie !) alors que je souhaitais l’allaiter ! Je suis heureusement tombée sur une équipe de nuit formidable qui me l’a mis au sein pour la première fois à 23h le soir alors que mon bébé était né à 6h du matin. J’ai eu des crevasses atroces, et des tranchées horribles, on ne m’a rien donné juste un « faut serrer les dents madame ». J’ai subi mon accouchement, j’ai subi mon post-accouchement, et encore aujourd’hui, je ne sais pas ce qu’il s’est réellement passé. Mon fils a 2 ans aujourd’hui, c’est un enfant allergique (je suspecte l’antibiothérapie de masse et le gavage au lait artificiel d’avoir tué sa flore intestinale), mais il est plein de vie. Je sais que pour un deuxième enfant il faudra faire le vide de tout cela, et repartir à neuf, le cœur cicatrisé, enfin.

#242 Pascaline, en 2012 en Ile de France

14 Mar
9 mois. J’aurai fait mes 9 mois réglementaires.
A 2 jours du terme, je perds le bouchon muqueux. 2h plus tard, ma culotte se teinte de rose. La poche est percée. Je ne ressens rien. Je n’ai pas le sentiment que c’est pour maintenant, je ne veux pas aller à la maternité, souffrir des cahots sur la route, porter ce gros ventre, avec cette crainte qu’on me garde pour la nuit, pour rien, juste pour surveiller ou pire, m’entendre dire de rentrer chez moi. En fait je veux rester chez moi et sentir que Bébé arrive. Ressentir ces douleurs dont on me parle depuis 9 mois, appliquer les conseils des cours à l’accouchement, être actrice pour au moins une partie de cet évènement. Car je sais que je veux la péridurale et je sais qu’avec, notre accouchement nous échappe souvent. Alors je voudrais encore un peu me recroqueviller sur moi, mon corps, mes sensations avant d’être livrée au corps médical, toutes cuisses ouvertes, ma hantise…
Mais avec la poche percée, même en n’ayant aucune douleur, je dois y aller.
Nous sommes de bonne humeur dans la voiture, pas de stress, on rigole. Arrivés à 21h, tests d’usage, examen : col à 2, on me garde. Enfin, on ne me le spécifie pas, mais on m’enjoint de me déshabiller et passer cette affreuse blouse qui sera mienne pour un moment. Laisser ses vêtements, c’est laisser comme une peau, là, par terre. Un peu de dignité. Etre nue sous cette blouse d’hôpital, comme une malade, alors que je ne me sens pas malade justement. Je vais super bien ! J’ai trop connu les hôpitaux et les opérations, je déteste cette blouse, même si là elle signifie autre chose qu’un charcutage. Enfin j’espère !
Blouse et perfusion. Pourquoi une perf’ ? Je ne sais pas. Et dedans ? Je ne sais pas.
Cela renforce ma sensation d’être une patiente malade et non une future maman.
Monitoring. Bébé va bien. On va entendre son coeur pendant 2h. 2h à rester là, dans une salle de consultation où s’enchaînent les autres couples à côté, juste séparés de nous par un rideau. On entend tout de leur vie, des conversations médicales, des pleurs, des craintes. Et nous, on est là, à attendre. Attendre quoi déjà ? Ah oui, un bébé. Je vais tellement bien, aucune douleur, que des fois je me demande ce que je fais là, alitée, en blouse impudique. J’aimerai être chez moi et manger !
D’ailleurs, mon homme crie famine. Il va se chercher à manger et lorsqu’il revient avec une pizza pour moi (adorable !) c’est trop tard : ils viennent de me passer un produit dans la perf’ qui interdit toute nourriture. Lequel et pourquoi ? Je ne sais pas.
Il est 23h. On me dit d’aller marcher 1h pour accélérer le travail. Je suppose donc qu’ils m’ont injecté un produit type ocytocine… Je suppose….
En 1h de temps, je suis pliée en 2 par des douleurs jamais ressenties. Voilà les fameuses contractions. Sauf que c’est à peine si je peux revenir dans la chambre de consultation. La douleur est fantastique, surprenante, envahissante. Et ne va pas aller en diminuant. On me propose du Doliprane. Je ricane mais je prends. On me propose un suppo. Je ricane encore mais je prends. Une différence dans les douleurs ? Non.
Heu… Madame, je pourrai avoir une péridurale peut-être ? Non car on ne peut pas monter en salle de naissance, elles sont toutes prises.
Donc je reste là, en salle d’examen, et cette fois, c’est moi que les autres entendent souffrir et souffler. Mon homme est le seul qui me soulage en me prêtant son bras. Les contractions ne me laissent pas respirer, c’est atroce.
Quand une -infirmière ? sage-femme ? auxiliaire ? brancardière ? plombière ?- (elle ne s’est jamais présentée) vient m’examiner, elle me déchire les entrailles. Son toucher me fait plus de mal encore que le reste ! Elle m’annonce que ça n’a pas bougé, toujours col à 2 et là j’ai envie de hurler. Tout ça pour RIEN ? Ça n’avance pas ? C’est une blague ? Je ne tiendrai pas longtemps dans cet état !
2h de plus comme ça, j’en oublie tous mes cours de respiration… Je n’arrive même pas à pleurer car je n’ai pas de répit. Mon homme a le bras « décédé » comme il dit ^_^. La femme revient et veut me réexaminer, je dis non. Hors de question qu’elle me re-farfouille, je ne le supporterai pas. Elle m’annonce que je monte en salle de naissance, il y a une place. Chouette alors, un ticket enfin gagnant !
Il est 2h du matin. Bébé sera donc du 18 septembre. L’anesthésiste est là de suite. J’ai très mal et elle a des mots durs pour me faire me calmer. Ça ne me plait pas, mais curieusement ça me remet les idées en ordre. Je subis la pose et en 10 minutes, je suis détendue. Examen. Je ne sens rien et c’est agréable de ne pas avoir mal lors d’un toucher vaginal ! Surtout qu’elles y vont fort, ces dames ! Col à 3. Y’a plus qu’à attendre. Je demande à baisser la lumière, sinon elles m’auraient laissé là comme en plein été !
Moi, je plane. Ça va bien mieux. Mais je sens mes contractions : la péridurale ne fonctionne pas sur la gauche. Pose latérale de rigueur. Je parviens même à m’assoupir de temps en temps. Mon homme s’est écroulé sur une paillasse. Je suis réveillée par le monito qui s’affole régulièrement et le débarquement de 2 sages-femme qui viennent contrôler de suite : Bébé a du mal à supporter mes contractions, qui sont réellement très fortes. Parfois, elles sont 3 et repartent dès que Bébé reprend un rythme cardiaque normal. Je me fais examiner par l’interne gynéco de garde (qui se présente) et m’annonce qu’elle va faire un examen sur mon bébé en prélevant un peu de matière sur son crâne. Je n’ai rien compris aux explications réclamées, au pourquoi du comment. Au bout d’une heure, je demande où ça en est cet examen et on m’annonce qu’il ne sera pas fait car la machine est en panne. « Tant mieux », me dis-je. Gratouiller mon bébé même pas encore né… Tssss… Laissez-le tranquille !
Je sens une ambiance plus tendue lorsqu’on me fait mettre sur le dos pour m’examiner de nouveau. Bébé s’affole, il faut faire vite. Col dilaté, allez, c’est parti. En 3h, les contractions auront été très efficaces. On me place dans les étriers, à moi de bosser ! Apparemment, je pousse très bien, mais Bébé souffre et reste trop haut. Je suis remise en position latérale : Bébé reprend un rythme cardiaque normal. Et ça sera ainsi à chaque fois qu’on a essayé de me faire pousser. A aucun moment quelqu’un n’ a pensé à me faire accoucher de côté, puisque Bébé supportait bien cette position… Et moi, je n’y ai pas pensé non plus, entièrement remise au corps médical, docile.
La gynéco revient une 2ème fois et là, c’est tendu. Il y a bien 4 personnes autour de moi, pas un mot, des mines graves. Je demande des explications. Elle m’annonce qu’on va aller au bloc pour essayer les forceps, bébé ne descend pas et son coeur flanche trop régulièrement. « Et pourquoi pas ici ? » Pas de réponse.
Arrivés là-bas, on me fait réessayer une poussée. Je pousse, bonne élève. Et là… « STOP ! On ouvre ! »
Mon homme blanchit, on me dit de l’embrasser, il doit sortir, je suis très vite préparée pour une césarienne d’urgence. Je ne veux pas être attachée ! Je ne le serai pas.
Jusque là, je n’ai pas de réel grief envers l’équipe et le déroulement de mon accouchement. Mais en 10min je bascule dans l’horreur.
L’anesthésiste me dit que je sentirai tout mais n’aurai pas mal. Rassurant ? Je ne sais pas… Mais pas le choix. En plus je suis zen, j’ai confiance, ils savent ce qu’ils font, non ? Si mon bébé a besoin d’être aidé, je suis pour !
Sauf que.
Ils avaient oublié que ma péridurale ne fonctionnait pas à gauche et l’incision a commencé là. J’ai hurlé, on m’a fait taire. Ensuite, j’ai senti qu’on m’appuyait très très fort sur le ventre, une pression effroyable, j’ai hurlé. Oh oui je sentais bien tout, pas de souci là-dessus ! Et le pompon ? Au-dessus de moi, le plafonnier en aluminium qui reflétait du rouge écarlate. Mon sang. Partout. Et moi qui voyait ça. Comment ne pas hurler ? Peur, souffrance, terreur…
J’entends un cri. Mon bébé ! ! Puis je ne l’entends plus. « Je ne l’entends pas, je ne l’entends pas ! » criais-je affolée. Et de m’entendre répondre : « Si vous arrêtiez de crier vous l’entendriez ! ».
Je ne l’ai même pas vu, ils l’ont emporté de suite et moi, ils m’ont fait une anesthésie générale, sans me prévenir. Résultat, quand j’ai ouvert les yeux j’étais dans un état de panique et de terreur inimaginable car je m’étais endormie en plein bloc, du sang, des cris, de la douleur et réveillée d’un coup juste au moment où on me ramenait en salle d’accouchement.
Je tourne la tête et découvre mon homme et notre bébé en tendre peau à peau au milieu de la pièce. Mes larmes ont redoublé. Je n’ai pensé qu’à une chose : je voulais ma maman, là, avec moi. J’avais eu si peur, si mal, que seule une maman pouvait calmer tout ça. Paradoxe, c’était moi la maman maintenant =)
Amaury est donc littéralement sorti de mon ventre, comme le disent les petits. Il était 6h18, ce 18 sept.2012. La vie allait changer. Mais il me faudra du temps pour avoir envie de repasser par là.

#219 Naissance de Tite Pomme, 2006

3 Mar

Le 11 octobre 2006, je suis à 3 jours de mon terme théorique et je commence à trouver le temps long!

On est le beau milieu de la nuit lorsque je ressens une 1ere contraction un peu douloureuse. Je n’ai jamais senti de contraction jusqu’à ce jour, alors dans un demi-sommeil j’espère que c’est le début, que cette contraction annonce le grand jour! J’en ressens une 2eme puis une 3eme… au bout de 6 ou 7, j’ouvre un œil et je décide de vérifier avec le réveil si elles sont régulières…. il est 3h58. Elles sont régulières! Toutes les 10mn!!

Je suis super heureuse! J’attendais ce grand moment avec impatience, donner la vie, quoi de plus magique!? Contrairement à beaucoup de primipare s je n’ai pas du tout peur d’accoucher, je suis une femme, je suis faite pour ça, j’ai parfaitement confiance. Je trouve cela surtout très excitant, encore plus que mon mariage finalement, c’est un moment hors du temps, qui arrive peu de fois dans une vie, un moment magique et bouleversant!! Bref, je suis impatiente!!

À 6h30 le réveil de mon mari sonne. Je l’éteins en lui disant que non, aujourd’hui il n’ira pas travailler, il va devenir papa!

Mes contractions sont régulières toutes les 7mn, douloureuses mais très gérables. Je n’arrive pas à me rendormir tellement je suis heureuse, je continue les yeux rivés sur le réveil à chronométrer… à 8h, on se lève. Je me rends compte alors que mes contractions ne sont plus du tout douloureuses une fois que je suis debout!! on déjeune donc tranquillement, je prend une grande douche on se regarde un DVD… on fait passer le temps comme on peut… on décide de partir faire une grande promenade car j’ai lu que ça aide l’avancée du travail et je suis inquiète de sentir si peu les contractions… je me rappelle que la SF lors des cours de préparation à l’accouchement que nous avons consciencieusement suivis avec Julien (on a même pris des notes!) la SF nous a dit « il ne faut pas vous leurrer, un accouchement on le sent passer »…

A midi j’ai des contractions toutes les 5mn depuis 1h mais je les sens à peine. Je commence à m’inquiéter de savoir si c’est un vrai travail… on décide de prendre le temps de manger. On est supposés partir quand les contractions sont rapprochées toutes les 5mn depuis 2h. À 13h elles sont là toutes les 4mn… mais toujours non douloureuses. Je ne sais pas trop quoi faire? Julien me dit qu’on devrait aller à la mat vérifier… j’ai peur qu’on me dise que je me trompe que je ne suis pas en travail… à 14h on décide d’y aller pour être fixés.

Je n’ai jamais été hospitalisée de ma vie, pas même pour une appendicite donc je ne connais rien au milieu hospitalier. J’ai toute confiance en eux. La SF lors des cours nous a tout expliqué ce qui allait se passer. Tout est fait pour notre bien, non? Je suis persuadée qu’ils ne feront que ce qu’il est vital de faire. J’ai 100% confiance, je n’ai même pas cherché à me renseigner… j’ai juste précieusement noté tout ce qu’on m’a dit.

Nous voici arrivés à la mat. je déclare comme une fleur à la secrétaire que j’ai des contractions toutes les 4mn depuis plus de 2h. Je la sens sceptique. Moi aussi je suis sceptique, je m’imaginais arriver tordue par la douleur avec un Julien sur-stressé… on est bien loin de ce que j’avais imaginé!!

On nous fait patienter, une jeune SF arrive un peu plus tard et me dit qu’on va faire un monito. Une fois allongée j’ai mal! Bien mal! La SF me dit qu’il n’y en a que pour 30mn. Elle revient et m’annonce que les contractions sont petites… elle ausculte donc mon col (1er toucher vaginal ce jour-là) et m’annonce, surprise que j’en suis à 4cm de dilatation! Julien et moi nous sommes super ravis!! Aujourd’hui on va rencontrer notre puce!! Aujourd’hui je vais accoucher!! Quel grand moment, je ne me sens plus d’excitation!! Une fois debout je n’ai à nouveau plus mal, mais peu m’importe je sais maintenant que je suis vraiment en travail!! Les papiers d’entrée remplis nous faisons un petit tour sur le parking puis nous remontons en salle de travail comme on nous l’a demandé.

On me dit que non, je vais directement en salle d’accouchement. Allons-y! On m’installe couchée, on me met une perf avec de l’ocytocine (je ne proteste pas, pourquoi le ferais-je? la SF nous a dit que cela se passerait comme cela pour aider le travail, je leur fais confiance), le monito et un brassard qui prendra ma tension régulièrement. Il est 14h30. Couchée comme cela j’ai très mal!! Surtout à cause de la perf qui a accentué les contractions. Mais cela reste gérable, je souffle bien quand une contraction passe, elles sont rapprochées toutes les 3mn j’ai le temps de me remettre entre chaque… et de savourer… je n’arrête pas de répéter à Julien « tu te rends compte!?? Je suis en train d’accoucher!! » ce qui le fait rire.

Une nouvelle SF arrive ausculte mon col sans trop rien me dire (2eme toucher vaginal…) et m’annonce 5cm… « Voulez-vous la péridurale? » non, je réponds que je voudrais m’en passer pour l’accouchement, elle ne fait aucun commentaire. Un peu plus tard de nouveau la 1ere SF qui vient ausculter mon col (3eme toucher vaginal…), 6cm! youpi! ça avance bien!! Elle me propose à nouveau la péridurale, je la refuse à nouveau. Elle m’annonce que bientôt elle percera la poche des eaux et qu’à partir de ce moment ça va devenir extrêmement douloureux, que j’ai intérêt à me décider avant… bon, on en parle avec Julien, mais non je voudrais vraiment faire sans.

A 16h on entend dans la pièce à coté une femme en train d’accoucher qui hurle à plein poumons, qu’elle souffre qu’elle n’en peut plus, qu’elle veut mourir… je me mets à stresser… cela dure et dure et elle hurle comme si on l’égorgeait… je me demande si à ce point c’est atroce??? Une autre SF revient, m’ausculte (4eme toucher vaginal…), j’en suis à 7cm… Je suis super fière, j’ai mal mais je gère bien! Elle me dit qu’on va percer la poche des eaux pour accélérer le travail (à ce stade je ne pense même pas à dire que le travail avance très bien, qu’il n’y a aucune raison de l’accélérer! mais non, c’est marqué dans mes petites notes qu’on va venir percer la poche des eaux…) et me redemande « êtes-vous sure de ne pas vouloir la péridurale? » je refuse encore une fois.

Je demande si la jeune femme à coté va bien, elle me répond « ah ben elle a voulu faire sans péridurale, voyez ce que ça donne » (comme nous avons partagé ensuite la même chambre, j’apprendrais que c’était faux, elle avait bien la péridurale). Elle se tourne vers moi et me dit « écoutez, il faut vous décider maintenant, après il sera trop tard, ça ne sert à rien de jouer aux héroïnes ». Je regarde mon mari, je ne sais plus quoi penser. Lui aussi semble inquiet… pleine de regret déjà, j’annonce que d’accord je vais prendre la péridurale… 16h15, l’anesthésiste arrive et me pose la péridurale (une SF passe me faire un énième toucher vaginal, le 7ème en 2h…)

5mn plus tard c’est vrai que je ne sens plus la douleur! 10 mn plus tard je ne sens plus non plus les contractions… je demande à Julien de regarder sur le monito s’il y a des contractions, il me dit que oui. Bon j’attends patiemment. Je m’ennuie un peu puisque que je n’ai plus la douleur à gérer, j’ai l’impression de perdre un peu le contact avec mon bébé. Je me mets donc à lire… je ne suis plus en train d’accoucher, je patiente, mon corps fait le boulot sans moi. A 17h une SF revient et m’ausculte (8eme toucher vaginal): à peine plus de 7cm… Elle me dit qu’elle va augmenter la dose d’ocytocine et que je dois me mettre sur le coté pour que le travail reparte. Je me mets difficilement sur le coté… difficilement car entre la péridurale et le monito et le brassard j’ai bien du mal à me mouvoir! Au bout de quelques minutes dans cette position je commence à avoir mal… mais d’un coté seulement, le coté gauche. 5 mn plus tard c’est vraiment trop douloureux et inconfortable, je n’arrive rien à gérer ni même à respirer dans cette position je tente de me redresser… à ma grande stupeur ma jambe droite est impossible à bouger!! Je ne la sens plus, même quand je la pince je ne sens rien, elle est comme morte!! Je demande à Julien de m’aider à me redresser, on y arrive enfin, une jambe morte c’est fou ce que ça pèse!!

18h: la SF revient: 9eme toucher vaginal, j’en suis à 8cm. Elle me dit que ça n’est pas assez rapide, elle me demande pourquoi je me suis redressée. Je lui explique que j’avais vraiment trop mal dans la position sur le coté elle me rétorque: « et vous vouliez vous passer de la péridurale!? » elle me remet sur le coté et s’en va… je me remets donc à souffrir… je n’ose pas me redresser mais en même temps j’ai trop mal comme ça! Encore une fois je demande à Julien de me redresser.

30mn plus tard à peine, la SF revient avec une auxiliaire de puériculture… elles discutent entre elles et sans ni interrompre leur conversation ni me parler ni même me prévenir elles me soulèvent et me remettent sur le coté puis repartent en continuant leur discussion… je me sens complètement humiliée! J’ai mal et pourtant je ne sens plus aucune contraction! Ma jambe morte m’écrase l’autre jambe sans que je puisse la bouger d’un millimètre, dans cette position je peux à peine respirer… je me mets à pleurer c’est plus fort que moi. Mon grand jour est gâché, je ne l’imaginais pas comme ça… je me sens traitée comme une personne handicapée mentale qui ne comprendrait rien, j’en ai marre de ce travail qui n’avance plus alors que je souffre tellement plus que tout à l’heure…

19h15: la SF revient, encore un énième toucher vaginal, je ne peux plus bouger donc elles y ont accès sans même avoir à me demander ou me prévenir, mon vagin est en libre-service !! Je suis restée sur le coté cette fois ci… elle m’annonce que « enfin on en est à 9cm, ça va bientôt être le moment de pousser ». Puis elle repart. J’en ai marre qu’on ne s’occupe que de mon col!! Moi j’ai une jambe morte qui pèse et j’ai trop mal sans rien pouvoir faire pour me soulager à quoi sert cette foutue péridurale!?? Il n’y a que le travail que ça à arrêté et la sensation des contractions!!! Mais une main de fer par contre me broie le rein gauche et la hanche gauche…

19h30: toucher vaginal, « vous êtes quasiment à dilatation complète, vous n’avez pas envie de pousser? » non, je ne sens rien… 19h45: toujours pas envie de pousser? Non je leur dis que je ne sens rien à part mon rein droit en feu.

20h: Enième toucher vaginal, on m’annonce que tant pis je dois pousser quand-même, je suis à dilatation complète depuis plus de 20mn. On m’installe les étriers, mais je n’arrive pas à y mettre ma jambe morte, elle pèse trop lourd et je ne peux pas la bouger. La SF me la positionne sur l’étrier. Mais je suis incapable de la tenir, elle appelle donc une puéricultrice pour me la tenir.

« Quand vous avez une contraction, poussez!» mais je ne sens aucune contraction. La SF me pose une main sur le ventre et regarde le monito et me dit « quand je vous dis de pousser, poussez »… « Allez-y poussez! » je pousse comme on m’a appris de toute mes forces en bloquant ma respiration… « Encore, encore! Allez, allez, poussez!! C’est bon arrêtez! »

J’arrête. La SF a l’air dépité je n’ai pas dû faire ça correctement. Elle part chercher une autre SF et lui demande de m’appuyer sur le ventre pour éviter au bébé de remonter. « Allez y poussez!! » je me remets à pousser!! Difficile sans sentir les contractions, avec la SF qui m’appuie sur le ventre et qui me fait trop mal comme ça, la puer qui tient ma jambe morte et l’autre SF qui garde les yeux sur le monito pour déterminer la fin de la contraction. On réessaie encore 2mn plus tard… à la fin de cette contraction la SF qui regardait le monito sort de la pièce, et revient avec le gynéco. Il enfonce sa main dans mon vagin sans même me saluer ni me jeter un regard et dit à la SF « il me faut les forceps ».

Le mot me fait peur! Je demande « pourquoi?? Qu’est-ce qui se passe?? ». .. Aucune réponse de personne. Je sens juste la main de Julien, qu’on a relégué dans un coin, qui vient prendre ma main… je le regarde je le vois aussi inquiet que moi. La SF donne les forceps, le gynéco s’étonne et prononce cette phrase qui me met en état de panique « mais ils sont morts ces forceps! Ils sont montés à l’ envers! Ce n’est pas grave on y va ». Je cris « quoi?? Comment ça ils sont morts ?? Pourquoi les forceps ???» mais personne ne semble m’entendre… et d’un coup je sens dans mon coté gauche les forceps qui s’introduisent et j’ai l’impression que mon bassin va casser! Je hurle, la SF qui a les mains sur mon ventre me crie de pousser j’essaie mais je n’y arrive pas, c’est trop horrible cette douleur !!! Je ne sens que les forceps à gauche et j’ai l’impression qu’ils me poussent à gauche (ce qui est faux c’est juste parce que je ne ressens rien à droite) malgré cela je sens que l’on tire, que l’on arrache mon bébé hors de mon corps…

20h10: « venez chercher votre bébé » j’entends cette phrase comme dans un rêve!! Malheureusement entre ma jambe morte et le monito et la douleur lancinante dans mon côté gauche je suis incapable de me redresser… on me la tend donc, je suis sous le choc… je suis ébahie… déjà? Elle est née? Je ne m’en suis pas rendue compte!

Puis on l’emporte de suite sans que j’ai le temps de plus me poser de questions… je suis extrêmement déçue, dans mes petites notes des cours la SF nous avait dit qu’ils nous laissaient le bébé 2h en peau à peau!!

Julien file les rejoindre, on ne fait pas attention à lui… nouvelle déception, on nous avait dit que c’était le papa qui donnait le 1er bain…

Pendant ce temps on me recoud… 22 points de suture… comme je ne sens toujours rien (ma jambe restera inerte jusqu’au lendemain midi!) je demande si j’ai eu une épisio… le gynéco me répond « ah oui!! Une sacré épisio, vous allez avoir bien mal aux fesses » et au moins sur ce coup-là il aura été honnête, elle m’empêchera de marcher correctement pendant 2 mois et me fera souffrir 18 mois….

je ne dis rien pendant ces 40mn, j’attends ma puce… on me la rapporte toute habillée, avec turbulette et bonnet… je ressens une immense frustration à la voir si emmitouflée… je l’aurais voulue toute nue, collé contre ma peau. Je la prends dans mes bras et j’attends la vague d’amour dont on m’a si souvent parlé… mais rien n’arrive… je suis en admiration mais je ne réalise pas que c’est MA fille… Je n’arrive pas à faire le lien entre ce poupon magnifique tout emmitouflé et ce bébé que j’ai couvé pendant 9 mois qui était encore dans mon ventre il y a 45mn… A peine 1h plus tard on me la reprendra pour la nuit car je suis en chambre double, donc mon bébé doit aller en pouponnière…

Malgré toute ma bonne volonté, il me faudra plus de 5 jours pour avoir un sentiment de filiation avec ma fille, et il m’aura fallu de nombreux mois avant de comprendre qu’on ne m’a pas laissée accoucher, on l’a arrachée de mon corps. 2 mois plus tard un ostéopathe m’expliquera que ma puce a eu la clavicule déboîtée par les forceps, personne ne s’en était rendu compte, elle devra avoir 6 mois de rééducation pour réussir à tourner la tête à droite, car depuis sa naissance son côté droit la fait souffrir. Il me faudra également attendre 18 mois pour apprendre pourquoi j’ai eu les forceps : la rupture de la poche des eaux ayant été faite mécaniquement (c’est-à-dire qu’on ne l’a pas laissé se rompre toute seule, bien naturellement), cela a fait bouger ma puce d’un coup, elle a donc modifié la position de sa tête et présentait la face… Si on avait juste laissé faire la nature j’aurais pu éviter tout ça….

#216 Céline, à Bordeaux en 2011

3 Mar

Notre deuxième princesse était prévue pour le 29 octobre 2011…

La grossesse n’a pas été simple, bien différente de celle de sa sœur, dès le début j’ai été fatiguée, moins d’entrain que pour sa soeur, peut être justement parce que je n’avais pas le temps de me centrer sur moi même…

Les soucis ont commencé avec la 1ère échographie où devant petit papa, la radiologue annonce une date largement différente à la présumée date de fécondation calculée part la gynécologue, date où rien n’avait pu se produire, travaillant de nuit, j’étais sure de la date de conception… je n’imagine pas si petit papa avait été jaloux ou suspicieux, ce que cette réflexion aurait pu déclencher…

La radiologue n’a jamais voulu entendre que bébé aurait pu être plus gros, pour elle, il s’agissait forcément d’une grossesse plus avancée…

A la seconde échographie, la nouvelle tombe, bébé est en plateau, elle ne grandit pas et ne grossit pas correctement, vague d’angoisse, que se passe-t-il ?? « vous verrez avec votre gyneco » a-t-on eu comme simple réponse.
Heureusement, ma gynécologue me prenait en urgence et m’arrêtait pour que je me repose.
Un peu frustrée, car le 1er trimestre terminé, je me sentais plutôt bien mais non, il allait falloir que je fasse du canapé, sans ménage, sans monter excessivement les escaliers afin que bébé reprenne du poil de la bête et remonte dans les courbes.

Je serais suivie plus attentivement jusqu’à la 3ème échographie où la même radiologue m’annonce que bébé est revenu dans les courbes et qu’elle sera un bébé de petit poids.

De nouveau, je choisis d’être suivi le reste de ma grossesse par une sage-femme libérale très chaleureuse et à l’écoute sans examen nécessaire, sauf si je le demande et fait de l’haptonomie en préparation.

J’aurais aimé un accouchement à domicile mais petit papa n’était pas pour et avait tellement peur que quelque chose se passe mal que je ne le lui ai pas imposé, donc nous avons choisi que la naissance se passe dans la même maternité que pour notre 1ère puce (on s’en félicitera par la suite).

J’ai beaucoup parlé à bébé, organisé la garde de la grande afin qu’elle ne soit pas présente au moment du début du travail pour ne pas avoir à la réveiller si cela se passait pendant la nuit… donc une fois la grande partie, j’ai dit à bébé qu’elle pouvait venir quand elle le souhaitait…

Le 26 octobre 2011, après un bon resto et un bon ciné où j’ai peu suivi le film car je sentais que quelque chose se préparait, nous nous sommes endormis sereinement.

03h45 : cela fait déjà 2h que j’ai des contractions qui vont et qui viennent, qui m’empêchent de trouver une position correcte, je somnole, m’endort, me réveille quand après un ultime retournement sur le côté, je sens un liquide chaud qui coule entre mes jambes… je me rends aux toilettes, je perds les eaux, c’est sûr…
Je réveille doucement petit papa, qui a du mal à émerger et pendant ce temps je prends une douche, prépare tranquillement mes affaires… mais ne tarde pas trop à partir car tout au long de ma grossesse, les soignants m’ont répété des dizaines de fois de ne pas trop attendre car ayant eu un 1er accouchement en moins de 5 heures, le second allait être plus rapide encore.

04h15 : Nous arrivons à la maternité, joyeux et impatients, bien résolus à ne pas prendre la péridurale et laisser faire et accompagner bébé une fois de plus… nous avions de nouveau de la musique, nous étions en condition.
Accueil par une sage-femme de nuit très désagréable et froide, qui soufflait en nous demandons ce que nous voulions « eeuuhhh accoucher ?? » « Vous êtes sure que vous avez perdus les eaux, que vous avez des contractions ?? » « euhhhh oui je n’en suis pas à mon 1er »… « Et vous êtes suivies par qui ?? » « euhhh une sage-femme libérale » « et personne de l’hôpital et vous vous présentez comme ça pour accoucher sans suivi ?? » « et bien je suis quand même suivie, mais en libéral » et ça par conseil d’une sage-femme de l’hôpital car il n’y avait plus de sage-femme dispo, il ne restait que des gynécologues et je n’en voulais pas !!

Elle nous installe dans une salle d’examen, je comprends plus tard qu’elle est peut être plus inquiète qu’agacée car se trouve dans la salle d’à côté une jeune femme en plein travail mais à seulement 5 mois de grossesse !!! :/

04h30 : Elle m’installe un monitoring, et vient m’ausculter sans un mot… ses mains sont froides, et je sens qu’elle ne fait pas que regarder mon col, elle va nettement plus loin et c’est douloureux, je comprend alors que j’ai seulement fissuré la poche des eaux et que sa manœuvre consiste à la rompre totalement, elle ne m’a rien dit !!!!

Au moment où elle retire sa main, elle blêmit, appelle sa collègue qui tarde à venir, lui hurle de venir avec le téléphone et d’appeler le bloc en urgence, elle ne nous dit toujours rien, je comprends que quelque chose ne tourne pas rond, je n’ose pas poser de question sur le moment… Petit papa est pétrifié à côté de moi sur une chaise, mes affaires sur les genoux.

Sa collègue arrive et elle lui dit qu’elle a le cordon entre les mains… bien documentée sur le sujet, je sais ce que cela signifie, en dehors du liquide amniotique, en quelques minutes à 1/2 heure, le cordon va cesser de battre, c’est une urgence vitale, j’apprendrai plus tard que j’ai fait une procidence du cordon.
Moi qui voulait que le cordon soit coupé que lorsqu’il cesserait de battre, j’espère fortement qu’il batte le plus longtemps possible.

04h45 : On joue un remake d’URGENCES, voilà la sage-femme à cheval sur le brancard, moi les jambes écartées, sa main dans mon vagin empêchant le cordon de sortir un peu plus et bébé de s’engager, l’aide-soignante pousse le brancard à vive allure, et je vois petit papa tout blanc courant devant nous et ouvrant toutes les portes sous les directives de la sage-femme..

Une équipe nous attend, l’interne de chirurgie est là, une autre sage-femme, plusieurs infirmières, plusieurs aide-soignantes, je compte 10 personnes au total, la sage-femme sur le brancard, cède sa place à une autre sage-femme qui essaiera de refouler le cordon puis c’est autour du chirurgien, tous veulent éviter la césarienne, ils me font mal, tous s’excusent et l’interne finira pas me demander si j’ai compris ce qui se passe et quelle va être l’issue…
Pendant que certains s’affairent entre mes jambes, on me déshabille, on me perfuse, on me retire ce qu’ils peuvent de mes bijoux, je suis entre deux portes du couloir à la vue de tous, pas le temps de me mettre dans une salle et j’avoue que déjà que je ne suis pas pudique, c’est le dernier de mes soucis, j’ai hâte que ma fille soit née et que je sois sûre qu’elle aille bien.

Pas le temps de pratiquer une préparation à la chirurgie, pas de dépilation, toujours le piercing au nombril, ça urge visiblement, je pense que mon cœur bat à 100 à l’heure et d’une voix blanche, je m’entend leur dire « sortez la vite » car je ne la sens plus bouger depuis un moment..

04h55 : Je part pour le bloc, je ne vois plus mon mari, quand je passe dans le couloir, j’entends une voix qui demande à petit papa s’il se sent bien, s’il veut un jus de fruit, je tourne la tête et je le vois assis par terre, blanc comme un linge, dernière image que je verrais.

Dans le bloc, on me transfère sur une table froide, on me demande de respirer dans un masque, je sens une pression sur mon ventre et une voix de l’anesthésiste qui demande d’attendre que je ne suis pas encore endormie et trou noir.

Ema est née à 05h03, un peu sonnée par l’anesthésie et un petit déficit en oxygène, elle passera 1h de peau à peau avec son petit papa.

06h00 : Une voix lointaine et douce me parle, me dit de me réveiller, j’ai du mal à revenir, j’ai mal partout… j’entends que l’on me parle de ma princesse, qu’elle est belle, en parfaite santé, qu’elle n’attends que moi… on me demande si je veux l’allaiter ou si on lui donne un biberon car elle pleure de faim et ça fait tilt, les premiers mots que je peux dire c’est allaiter, allaiter, allaiter puis la douleur m’envahit, j’ai une barre sur le ventre… On me soulage enfin avec un peu de morphine, je me sens mieux…

Je me suis endormie pleine, je me réveille vide, vide de sa présence, vide de ce bébé qui bouge, j’ai hâte de la voir, de la tenir, de la sentir et enfin voilà petit papa et ma pucette qui arrivent, je la met au sein, elle est déjà goulue…

Les infirmières en salle de réveil sont supers, attentionnées, chaleureuses, à l’écoute, elles ne cessent de me dire à quel point elle est belle et que j’ai été courageuse.

Les suites de la césarienne ont été horrible, je ne digère pas cette naissance à laquelle je n’ai pas assisté, j’ai mal supporté ce séjour en maternité, même si les soignants ont été présents et pleins d’empathie… j’ai l’impression que ce j’ai vécu a été banalisé, et je déteste cette phrase « Vous et bébé allez bien, c’est le principal »…

Comme si ce que j’avais vécu n’avait aucune importance, comme si bébé n’avait pas risqué sa vie, comme si ça arrivait tous les jours.

Ema a aujourd’hui 16 mois et j’ai toujours les larmes qui me viennent quand je pense à ce moment passé…

Pour cela, je pense que je n’aurais pas d’autres enfants, j’ai tellement eu peur de la perdre !!

ema

#211 Angélique – accouchement prématuré – Lyon, 2008

2 Mar

La naissance date un peu, ma fille a 4 ans passés et les souvenirs s’estompent peu à peu…

Aussi je vais m’aider des récits que j’avais posté sur un blog à l’époque pour vous retranscrire avec beaucoup plus de recul la naissance et l’arrivée d’A.

Une arrivée mouvementée…
Déjà la surprise de ma grossesse nous a déjà bien secoués, nous étions en pleins préparatifs de mariage et nous vivions chez mes parents, mais dès que j’ai appris son existence au creu de moi… Je l’ai AIMEE ce petit bébé… cette petite fille.

Bref …

Octobre, 28 SA écho du second trimestre, tout va bien, seulement ma gynécologue repère des oedemes importants sur mon corps, je suis déjà bien en sur-poids à la base, moi je pensais que c’était normal du coup, elle me dit de repasser 15jours après, entre deux de ses rendez-vous elle prendra ma tension.. pour voir.

13 Novembre 2008.

Je suis en route pour le gynéco, je commence mon travail à 13h, je passe chez elle vers midi, j’attends pas mal de temps dans la salle d’attente, tant pis je serai en retard…
Et je n’ose pas m’imposer entre les patients…

Du coup quand elle m’aperçoit elle me fait un peu la morale «  mais fallait me dire que vous étiez là ! »

Prise de tension : 17 !

Je vois de la panique dans ses yeux…

Elle me fais une écho pour voir, bébé estimée à 1,650kgs…

Le verdict est sans appel : Vous allez à la clinique, de suite.

Paniquée… Je sors, j’attends mon bus, j’appelle mon mari «  je dois aller à l’hôpital quelque chose ne va pas bien »

Je suis à 30SA… Je ne sais absolument pas ce qui cloche.

J’ai vaguement reçu un e mail, style suivi de grossesse la semaine d’avant qui parlait de pré éclampsie… Ah tiens … c’est peut-être donc ça !?

Je panique, je pleure…

Arrivée à l’hôpital, j’appelle une amie, j’appelle ma mère, mon homme est au travail.

Ils m’installent en salle de pré accouchement, me font faire pipi dans un bocal, me posent une perfusion, font des prélèvements sanguins, me mettent un brassard qui prend ma tension toutes les dix minutes et m’arnachent à ce truc qu’ils appellent monito… J’entends le cœur de ma princesse, elle va bien, elle bouge bien…

Et ils s’affairent autour de moi, ma mère me rejoint, ça dure plusieurs heures…

Je ne sais pas ce qui se passe.

Au bout d’un moment une SF répond enfin à mes questions « on attend vos résultats et si ça ne va pas on on vous transfère en maternité de niveau 3 et on va EXTRAIRE le bébé »

Comment ça EXTRAIRE le bébé !?!? Sera-t-elle vivante ? Ou morte ? Qu’est ce qui se passe ?

Je lui parle de pré éclampsie du bout des lèvres… elle acquiesce.

J’attends… des heures, j’ai mal de partout, j’en ai marre, on ne me dis rien…

Dans ma perfusion j’ai un médicament pour faire baisser ma tension, et au fur et à mesure elle descend, mon mari me rejoint.

Nous sommes le 13 novembre 2008, elle est prévue pour le 27 janvier 2009… C’est bien trop tôt… J’ai peur .

19h30 les résultats arrivent. Ils ne sont pas catastrophique mais on m’hospitalise.

Je n’ai pas de valise, pas de sac, rien j’envoie mon homme chercher quelques petites choses.

Les jours qui suivent se ressemblent.

On me distille les infos au compte goutte, mon albumine augmente de jour en jour.

Je vis attachée à ma perfusion, monito 3 fois par jour et prise de tension toutes les 3h.

J’en ai marre, le personnel soignant ne prend même pas le soin de m’aider à changer de vêtement, bah oui avec la perfusion, je ne peux pas le faire seule.

Mon homme m’aide à me laver.

La tension diminue, on me parle de tenir jusqu’à 35SA.

Le 18 novembre on me retire enfin la perf je suis a 31SA.

Je passe aux comprimés, je revis un peu. Hier la gynéco est passée et elle envisageait même une sortie de la clinique avec une HAD (hospitalisation à domicile).

Mais je gonfle et mon albumine augmente encore ( plus tard mes amis et ma famille me diront que je faisais vraiment peur à voir!)

Toujours ce même mutisme de la part du personnel soignant, depuis que je suis arrivée j’ai vu qu’une fois ma gynéco, et je me pose mille questions. J’ai accès à internet et je commence à psychoter, j’ai peur, je panique et ça ne m’aide pas dans ma situation.

C’est à ce moment là qu’on me confirme que peu importe le terme j’aurais une césarienne… A ce moment là je suis déçue mais je n’ai pas spécialement peur…

Le 19 novembre voilà ce que j’écris sur mon blog : « En plus j’ai l’impression que nous nous accrochons a des fausses idées, puisque rien d’officiel nous a été donné…
On se base sur des infos distillées par les infirmières, mais si ça se trouve je vais rester des semaines ici, et je ne pourrais pas ! c’est plus fort que moi , je sais que c’est pour ma fille et moi, mais je ne suis pas assez solide pour ça ! Si encore j’étais a la maison, avec la même surveillance, alitée peut être mais chez moi… là non, je suis vraiment mal, ce milieu médical, tout ça, très peu pour moi ! »

Toujours ce mutisme médical…

Les jours passent encore, interminables, j’ai les yeux qui gonflent et une douleur aux poumons qui commence à me gêner.
J’en ai marre, tous les jours on me prend du sang je fais pipi dans des bocaux, on me pique les cuisses de corticoïdes pour faire mûrir les poumons du bébé … Mais tout reste flou, j’ai pas les résultats, on me réveille tous les matins à 7h45 pour les monitos, je ne comprends rien… Je m’énerve.

22 novembre, ma gynéco refait une écho, elle estime A à 2kgs.. et me confirme : à 34SA tout pile, on césarise. Il me reste donc un peu plus de 15jours de grossesse, et je vais les vivre hyper médicalisés.

Mais dans la nuit du 22 au 23, tout se gâte, ma barre aux poumons est une barre épigastrique, m’empêche de respirer, mon mari revient en urgence à la clinique, et l’infirmière ne veut me re perfuser, mais on ne peut plus me piquer mes bras sont noirs, mes veines ne sont plus visibles, je hurle elle ne m’écoute pas, j’en peux plus. Elle prend ma tension : 18.

C’est là aussi que les céphalées commencent, insupportables, douloureuses… horribles, j’avais envie d’en finir.

La gynéco me rend visite le lundi 24, elle me dit que la césarienne aura lieu mercredi 26 novembre, les résultats sont mauvais, et mon état s’empire.

Quelques heures plus tard, elle revient dans ma chambre,mon albumine est à 3g, mes céphalées ne passent pas, ma tension reste à 16…
La césarienne aura lieu le lendemain matin, 8h, le 25 novembre 2008. à 32SA pile poil.

Ce matin là , réveil à 5h pour prendre une douche à la bétadine (Berk) et me préparer: blouse blanche, etc. pour l’accouchement.
Mon homme est arrivé vers 6h30, on a attendu qu’ils me descendent au bloc…

7h24 précises, ils me descendent. Là le stress commence à être palpable… je me mets d’ailleurs à pleurer.
Mon chéri me console comme il peut mais on vois bien qu’il est aussi stressé que moi.

On installe mon homme dans la salle vidéo et moi je rentre au bloc. Là, les sages femmes sont super adorable, elle font de l’humour pour me détendre et il y en a besoin car ma tension est remontée a 17.

Ma gynéco arrive, ambiance détendue car c’est le jour de sa fête (Sainte Catherine). je lui explique que c’est mon troisième prénom et que tout devrais bien se passer même si je stresse et que je tremble de peur.
Ensuite, ils me font asseoir sur la table afin de m’asperger le dos de Bétadine etc. Et la on attend l’anesthésiste.
Il arrive vers 7h45 et il commence à me faire la rachi qui me fais souffrir à cause de mes oedemes dans le dos. Il a du mal à me piquer. Mais il est adorable et très rassurant, j’ai une équipe de choc!

Là je commence à sentir des décharges dans les jambes, ils me font m’allonger et me pose une sonde urinaire. L’anesthésiste reste à mes cotés et me rassure en me disant que je vais sentir qu’on me touche mais que je n’aurais pas mal. Il est d’ailleurs resté tout le long à côté de moi durant l’accouchement pour me rassurer en me disant que j’étais courageuse, que je devais souffler et que tout se passais bien. Moi les sensations étaient vraiment bizarre parce que je sentais vraiment qu’on me tripotait et ça me faisais vraiment paniquer. D’ailleurs j’ai paniqué… Je n’ai vraiment pas aimé cette sensation !

Puis l’anesthésiste m’a dit: « ça y est on vois la tête » et 10sec après j’ai entendu des petits pleurs tout mignon.

Je n’ai rien vu parce que j’avais un champs chirurgical qui me recouvrais jusqu’au dessus de la tête. Une sage femme m’a dit de suite qu’elle allait voir le papa pour le rassurer, ce que j’ai trouvé super!! et ils m’ont bien confirmer que c’était une petite fille.

Pendant qu’ils enlevaient tout le placenta, ils ont fais les soins de la petite que j’entendais pleurer, c’était trop émouvant.

Une fois les soins terminé, le pédiatre est venu me la montrer quelques secondes et m’a permis de lui faire 3bisous. Il l’a vite ramenée en néonat ensuite.

Moi j’étais ailleurs, j’avais hâte qu’ils finissent de me recoudre, j’étais submergée par l’émotion.

Puis ils m’ont remontée en chambre, mon homme m’a montré des photos, mes parents sont arrivés et j’étais encore sur mon nuage, submergée par l’émotion d’être …MAMAN !

Même si ma fille n’était pas avec moi j’étais heureuse.

Seulement vers 14h mon mari est revenue de néonat pour me dire qu’elle avait du mal elle gémissait à chaque respiration, du coup ils l’ont placée sous oxygène.

Vers 16h une infirmière est venue m’annoncer que vu sa détresse ils la transféraient vers une réa-néonat…

Ils m’ont mise sur un brancard et m’ont emmené la voir, 10 petites minutes où je l’ai vue, de dos, je l’ai touchée… elle a sursauté. Si petite.

1,690kgs – 40cm 32 SA ma princesse A. … petite préma.

Mon récit est long mais mon calvaire n’était pas terminé.

A ce moment là, malgré la douleur de la cicatrice, malgré tout je n’imaginais pas ce que j’allais vivre ensuite.

Le lendemain mon mari est parti la voir, a 100km, il m’a ramené des vidéos.

Le manque a commencé à se faire sentir, de plus en plus fort.
Moi , dans cette satanée chambre.

Mon ventre vide.

Des pleurs de bébés dans les couloirs.

Et moi… Seule dans ma chambre, pas de petit berceau.
Cette cicatrice très douloureuse.
Ces gens qui s’affairent autour de moi mais qui ne me disent rien.

Alors j’appelle l’hôpital où elle est , plusieurs fois par jours «  elle va bien on l’a ex-tubée »
« elle a perdu du poids elle fait 1,5kgs »
« elle n’a plus d’oxygène elle récupère »
Mon mari me ramène des vidéos.
Et le personnel de ma clinique reste muet.
Pourquoi ne m’ont ils pas transférée ? Même les aides soignantes ne comprennent pas….

Et le manque se fait insupportable.

Je pleure, je pleure en silence pour ne pas montrer que je souffre comme jamais je n’avais souffert.

J’ai failli y passer.
Mais je ne m’en rend pas compte.
Je veux mon bébé… Je veux ma fille !

J’ai mis au monde A le mardi.
Le vendredi, le pédiatre passe, et me dit qu’elle reviendra probablement aujourd’hui.

Je suis aux anges !
Je pleure de joie, je ris, j’ai hâte.

Les heures passent… Rien…

Alors on appelle l’hôpital où elle se trouve, et là stupeur : Aucun transfert n’est prévu !

J’en ai marre d’être gentille, j’en peux plus… pourquoi m’avoir fait cette fausse joie ?

Tant pis pour ma cicatrice, demain j’irai la voir !

Samedi matin, je signe une décharge et je descend en néonat donner mon bib de lait maternel fraîchement tiré.

Et là le pédiatre me dit «  mais vous allez vous faire sauter les points, il neige, 100km ! Faut pas risquer non non j’appelle je la fait transférer ici »

Et là… je ne remercierai jamais assez ce médecin… qui m’a fait le plus beau cadeau en ce 29 novembre… le retour de ma princesse auprès de moi.

Le 30 novembre a été le jour de notre premier peau à peau.

Depuis… nous sommes hyper fusionnelles.. je ne peux m’éloigner d’elle trop longtemps, plus jamais on ne se mettra entre elle et moi !

Voilà mon récit, long … et pourtant j’ai écourté.
Mais voilà mon expérience.

Entre un corps médical muet.

Une naissance surmédicalisée.
Une séparation mère/enfant cruelle…

Je rêve un jour d’une grossesse normale, et d’un accouchement serein.

alors… Si un jour ça recommence ou ça vous arrive, je n’ai qu’une chose à dire : « Rebellez vous, tenez tête au personnel et ne vous laissez pas faire. »