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Accouchement à la maternité avec une sage-femme indépendante – Suisse

22 Déc
Lundi 19 aout à 3h30 du matin sont arrivées les premières contractions. Nous avons prévenu par SMS notre sage-femme qui avait assuré le suivi de grossesse vers 5h30. Elle nous a dit de surveiller, le pré-travail avait du commencer. Les contractions plus ou moins régulières ont continué jusqu’à 13h30 et là perte des eaux! On rappelle la sage-femme. Elle nous dit de manger et qu’elle passe nous voir à la maison vers 14h30. Elle arrive et là c’est parti pour les grosses contractions: je prends un bain, je ressors, mon mari me masse le bas du dos, je suis dans ma bulle, j’essaye d’appliquer la pleine conscience, ça fonctionne bien. La sage-femme nous dit que le travail a bien commencé, elle repart vers 15h30 et reviendra nous voir d’ici une heure. A 16h20 dans mon bain les douleurs deviennent insupportables: mon mari rappelle la sage-femme, il faudrait partir à la maternité! Elle arrive chez nous à 16h40, contrôle mon col, il est dilaté à 6: on est parti pour la maternité. La douleur me prend tout le corps, je monte dans la voiture et pendant le trajet je sens la tête du bebe qui pousse! 17h10 on arrive à la maternité, je dis juste à mon mari entre deux hurlements : « Elle sort! ». Vite vite, on me met dans une chaise roulante et on part dans la salle d’accouchement, ma sage-femme me rassure et me dit de pousser. Heureusement qu’elle est là pour m’encourager car la douleur est insupportable. Elle prend ma main et me fait sentir la tête du bébé! Elle est presque là! Deux poussées et la voilà dehors. A 17h32 notre petite Louise a débarqué. Le périnée bien préparé, je n’ai pas besoin de suture. Comme tout est OK et que notre petite merveille va bien, 24 heures après nous pouvons rentrer à la maison. Un accouchement express et physiologique mais magnifique!
Anonyme
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Marine, à Paris en 2010

1 Mar

Pour la naissance de mon premier enfant en juin 2010, je savais dès le début de ce que je voulais, ou tout au moins de ce que je ne voulais pas !
C’était une insémination et vu le temps des protocoles de PMA et la déshumanisation de ces procédures, j’ai eu le temps de m’informer, de lire, d’avoir des témoignages, de voir des amies à moi avoir des enfants.

Je savais donc que je ne voulais pas d’un suivi « classique » mais d’un suivi global, y compris pour l’accouchement. Je savais aussi à quel point la plupart du temps le père n’est pas impliqué dans la grossesse alors que c’est quelque chose d’encore plus abstrait pour lui que pour nous. Il me fallait donc trouver où j’allais pouvoir trouver la perle rare qui nous accompagnerait mon mari et moi dans ce projet et donc trouver un plateau technique qui accueille les sage-femmes libérales .

Nous avons pris contact avec le CALM à Paris, mais nous ne rentrions pas dans les critères pour une raison de distance. Puis j’ai entendu parler du Groupe Naissance : ça tombait très bien l’une des sage-femmes (un homme) était en plus haptothérapeute : exactement ce qui nous tentait pour que le papa soit aussi impliqué que moi ou presque dans cette grossesse. Nous l’avons rencontré et ça c’est très bien passé. C’est donc avec lui que nous avons fait tout notre suivi dès le 3è mois et jusqu’au un an de notre fils. Le courant passait plutôt bien, il était doux, expliquait, il y avait de la discussion quoi qu’un peu directif, rien de méchant et ça rassurait mon mari. L’haptonomie est quelque chose de magique. Que mon mari puisse sentir et entrer en contact avec notre fils dès le début du 4è mois est simplement magique. Cela nous a beaucoup apporté pendant cette grossesse. Par contre je n’ai pas vraiment le sentiment que cela m’ait particulièrement aidé pour l’accouchement, ni mon mari d’ailleurs.

Ma grossesse se passe merveilleusement bien : je suis en forme, un peu fatiguée par moment, mais c’est tout. 10 jours avant je fais encore des marches de 2h sans problème. Tout va bien et je sens que je vais aller jusqu’au terme, rien n’a l’air de bouger, je n’ai jamais senti la moindre contraction.
Un samedi matin, avant veille du terme, je me réveille en me sentant bizarre, j’ai l’impression que c’est pour aujourd’hui, je le sens… Je sens quelques contractions non douloureuse qui viennent. Mon angoissé de mari veut appeler immédiatement la sage-femme, je le calme et le rassure en lui disant qu’il n’est pas encore temps. Les contractions sont régulières mais non douloureuse. Je vis ma vie dans le courant de la journée au rythme des contractions : lit, ballon, lit, repas pour manger un peu quand même malgré la chaleur, le rythme des contractions s’accélère progressivement. Je décide de prendre un bain, j’ai souvent lu que ça soulageait et que ça aidait à se débarrasser des « fausses contractions ». Ca ne fait ni l’un ni l’autre sur moi, mais vu que les contractions sont intenses mais peu douloureuses, ça ne me gène pas. A ce moment je me dis que si c’est comme ça tout le temps, c’est cool… On appelle notre sage-femme dans le milieu de l’après-midi qui nous dit de le rappeler quand les contractions ne seront plus espacées que de « x » temps, je ne me souviens plus combien. On le rappelle assez rapidement et on se donne rendez-vous à la maternité 1h30 plus tard.

Il fait chaud aujourd’hui dans les 30° début juin, la fenêtre de la voiture est ouverte et les gens me regardent un peu bizarrement faire des têtes et bruits étranges pendant les contractions. La positions imposée par les voiture ne me convient pas, j’espère qu’on va arriver vite. Ouf pas trop de bouchon, c’était pas gagné un samedi à une heure de pointe en région parisienne ! Évidemment pas de place pour se garer à proximité, mon mari me lâche devant la mater et va se garer plus loin.

Je suis prise en charge par une femme du personnel de la mater qui me dit que ma sage-femme n’est pas encore arrivée. Elle m’installe dans une salle de pré travail avec un ballon et me branche le monito, juste le cœur du bébé, pas les contractions pour l’instant. Je reste sur mon ballon ou debout. Mon mari et notre sage-femme arrivent en même temps dans la salle. Je m’allonge le temps qu’il m’examine et me dit que je suis à 1. Bon…

Il me branche le monito « contractions » pour voir comment ça évolue. Allongée sur le dos, elles sont moins fréquentes et peu actives. Je suis un peu déçue, mais ça va. Il nous transfère dans une des salle du Groupe naissance avec 2 spasfons : une grande chambre avec un lit double, un canapé, 2 fauteuils, une table basse et une grande baignoire. Il est environ 19h. Il repassera vers 22h pour voir comment ça évolue.

Mon mari part nous chercher à manger, en l’attendant je décide de profiter de cette baignoire, les contractions sont là, intenses et douloureuses, mais ça va, c’est surtout la chaleur qui m’épuise. Le bain, comme le 1er à la maison, ne me soulage pas particulièrement, je n’y reste pas longtemps je suis mieux dans d’autres positions. Sur le lit je tente de me reposer un peu, je me sens vraiment fatiguée par cette chaleur et la proximité des contractions. Sur le lit je passe de 4 pattes pendant la contraction à allongée entre 2 pour tenter de me reposer un peu. On mange, moi un peu, lui beaucoup. Finalement, là ou je me sens le mieux c’est sur un ballon qui me permet de faire « rouler » mon bassin, la tête appuyée sur les bras de mon mari pour me reposer un peu en même temps. Notre sage-femme revient, il doit être dans les 23h. Il m’examine et là c’est la déception, je suis toujours à 1 sauf que moi les contractions je les sens, bien rapprochées, et la chaleur et la fatigue aussi. Il nous renvoie chez nous avec du spasfon et nous rappelle bien de faire attention : en cas de rupture de la poche des eaux, il faut vérifier si le liquide est teinté ou pas : je suis positive au strepto B. Donc si c’est le cas, retour immédiat à la mater en l’appelant rapidement. Je suis déçue de rentrer chez moi, mais je ne dis rien, je suis fatiguée.

Il doit être minuit quand on arrive. Mon mari se met au lit et s’endort presque instantanément. Il fait meilleur à cette heure-ci, même s’il fait encore chaud et que je maudis mes voisins de faire de la friture à cette heure. J’arrive presque à m’endormir à coté de lui entre 2 contractions. J’ai repris ma danse 4 pattes/allongée. Et un moment je suis réveillée dans l’instant par une « ploc » que je sens en moi. Je file aux toilettes et voit que c’est la rupture de la poche des eaux. Je réveille mon mari en criant et la, LA je la vois la différence des contractions avant et après la rupture ! Bon sang c’est plus pareil, plus la même douleur, ni la même intensité. Le temps de vérifier : les eaux sont teintées : on rappelle en vitesse notre sage-femme et RDV le plus vite possible à la mater.

Pendant que mon mari récupère les affaires, ferme la maison… je bouge en essayant d’accueillir les contractions comme elles viennent. Des sons gutturaux comme des mantras sortent de ma bouche sans que ce soit moi qui les maitrise, enfin c’est moi, mais c’est mon corps qui gère pas mon esprit. C’est douloureux, très, mais en bougeant c’est encore possible. Là ou ça se corse c’est la voiture : plus de possibilité de bouger librement : je me met à 4 pattes à l’arrière, mais c’est trop tard, mon corps perd le contrôle et ça devient insoutenable, je hurle et j’ai peur que ça ne progresse toujours pas en plus. Les fenêtres sont ouvertes et il parait que mon mari s’est pris des regards plutôt inquiets et étranges des conducteurs voisins. On arrive à la mater, il est 1h, moins d’une heure à la maison.

A cette heure-ci il y a de la place en face, ça tombe bien j’aurais été incapable de marcher seule. Mon mari a du mal à me soutenir, notre sage-femme vient l’aider et on me porte presque jusqu’à la salle d’accouchement. Il n’est plus question de se poser la question de la péri ou non maintenant : je la veux ! Depuis que je n’ai plus été libre de mes mouvements, la douleur est insoutenable. L’anesthésiste est là rapidement, elle me pose la péri en m’expliquant tout ce qu’elle fait et ma sage-femme me demande si j’accepte qu’une stagiaire soit présente pour l’accouchement. J’accepte. La péri en route ça va mieux, j’arrive à me reposer.

Ma sage-femme m’a dit en arrivant que j’étais à 3 et que ça avançait vite maintenant. Lui et mon mari font des pronostics sur l’heure d’arrivée de bébé : selon eux à 5/6h il sera là. L’atmosphère est détendue, je me repose, ma sage-femme s’endort sur une chaise, la péri est bien dosée, tout va bien. Puis il ça vient, il va falloir pousser, je le sens, il me le confirme. Les 1ères poussées se passent bien et sont efficaces, à ce rythme ce sera rapide… Sauf que, peu de temps avant il a baissé la dose de la péri et que une fois que je le sens, je n’arrive plus du tout à pousse, ça me fait tellement mal que ça me bloque je n’y arrive pas. Il me prévient : on peut remettre une dose de péri mais il faudra appeler l’obstétricien (du groupe naissance aussi, donc sensibilité et pro naissance physio, je l’avais rencontré pendant la grossesse).

Je n’arrive pas à me décider, à me résigner à remettre une dose de péri. je sens mon sage-femme plus pressant, je prends ça pour une agression : « bon alors faut se décider, qu’est-ce qu’on fait ». Je comprends plus tard qu’il attendait que ce soit MOI qui prenne cette décision. Je finis par choisir une autre dose de péri, à regret. En pleurant, en disant à mon bébé que je suis désolée, que je n’y arrive pas. la sage-femme stagiaire est là et me rassure, me caresse, me console, elle est douce est gentille, je ne regrette pas du tout sa présence. Mon mari pendant tout ce temps est serein, se fait broyer la main en silence et m’accompagne, il est aussi très curieux donc reste près de la sage-femme pour voir ce qu’il se passe. Autant il panique et angoisse vite avant, autant une fois dans l’action il est stable, posé et résistant à tout !

La dose de péri agit et l’obstétricien est arrivé. Les poussées sont de nouveau efficaces et il est venu presque pour rien car tout va bien de nouveau. Il me masse le ventre entre les poussées et maintien le bébé pour qu’il ne remonte pas. Ma sage-femme me fait sentir sa tête, toute molle, ça y est il est là, il sort. Quelques minutes plus tard il est sur moi posé, calme et les yeux grands ouverts.

On l’emmène avec mon mari pour lui mettre du collyre à cause des eaux teintées et du strepto B, puis, mon mari l’habille, sans bain et on nous laisse un moment, il cherche le sein comme un fou et j’essaye de l’aider mais je ne peux pas bouger et remonter mon dossier… Mon mari angoissé est de retour : non non je fais rien on attends que la sage-femme revienne. Mais mon bébé il cherche là!!!! bon heureusement il revient vite et rigole… Il commence à le connaître mon homme ! Il nous présente Louis de manière haptonomique (assis en bouddha dans sa main). J’ai toute confiance en lui, mais… rendez-moi mon bébé !!!! Il est né vers 7h.

Il est l’heure de monter dans la chambre, j’ai une terrible envie d’uriner, mais tout le personnel refuse que je me lève, pourtant je me sens en forme et me sens capable de marcher. Mon fils est dans le berceau moche et impersonnel de la mater, c’est le seul passage qu’il y fera. Dans la chambre, on me dit qu’une infirmière va venir m’aider à aller aux toilettes, mais j’en peux plus c’est pas possible, j’y vais, sous l’œil angoissé de mon mari « t’es sure que tu arrives à marcher ? tu devrais attendre ». Tout va bien, retour sur mon lit dans la petite chambre surchauffée. Mon mari s’endort dans un fauteuil et moi je contemple notre petit miracle qui dort paisiblement.

Le séjour à la mater aura duré 3 jours avec un personnel génial. Mon fils a passé tout son séjour, hormis le transfert de la salle de travail à la chambre, dans mon lit avec moi, contre moi. L’allaitement a bien démarré, les quelques conseils des puer ont été bons sur les débuts de crevasses que j’ai pu avoir. Notre choix d’attendre pour le bain a été respecté, la proximité de mon bébé et moi et le portage encouragé. Bref je n’ai pas été déçue du tout de la prise en charge de la mater, bien au contraire. Malheureusement, elle a aujourd’hui fermé et c’est une autre maternité qui accueille désormais le Groupe Naissance.

Après cette expérience, il est impossible pour moi d’envisager à nouveau un circuit « classique » et quand je lis le témoignage de beaucoup de mamans je me dis que j’ai eu vraiment beaucoup de chance. Bien sur j’ai choisi et je me suis informée, mais je ne suis pas la seule et malgré tout, j’ai vraiment eu beaucoup de chance que nos envies aient été respectées, et que le personnel de la mater soit aussi ouvert et agréable.

Depuis cet accouchement, nous avons fait un peu de chemin et lors d’une grossesse qui s’est finalement finie par une fausse couche, nous avons choisi de nous tourner vers l’AAD. Je suis aujourd’hui de nouveau enceinte et ce projet d’AAD est de nouveau présent. C’est un très beau cadeau que me fait mon mari car je sais à quel point il lui est difficile de sortir du chemin traditionnel et de ses angoisses liées à la non médicalisation. Malgré tout c’est lui qui a pris cette décision, pour mon plus grand bonheur. Peut être un nouveau témoignage d’ici quelques mois ?

#200 Anonyme – 3 grossesses, 3 accouchements différents

28 Fév

ANONYME 34 ANS

3 grossesses, 3accouchements différents

1ère grossesse 2006

Pour ma première grossesse, j’ai beaucoup lu, je voulais évidemment un accouchement physiologique, pas de péridurale…

J’avais choisi une maternité trés réputée .

J’ai été suivi à la maternité, j’ai fait des cours de préparation, rien d’extraordinaire;

3 jours avant le terme visite à la maternité, hypertension, oedème des membres inférieurs, la sage femme me propose un décollement de membrane, j’accepte elle me prévient que c’est douloureux, me demande si je veux que mon mari vienne me tenir la main.

Elle décide de me garder hospitalisée, pour un déclenchement le lendemain matin, pour moi c’est le drame le mot déclenchement active la sonnette d’alarme dans mon esprit, je n’en veux pas mais n’ose rien dire.

On m’installe dans une chambre, mon mari part, il reviendra le lendemain matin.

Là je m’active, je parle à mon bébé, ma petite fille, et lui explique qu’il est urgent qu’elle sorte seule avant le lendemain matin, sinon ils vont venir la chercher et …

Je vais prendre une douche et là je perds le bouchon muqueux, cool, même si je sais que ça ne veut rien dire, au moins il se passe quelque chose.

Je m’allonge et là, rupture de la poche des eaux, sans aucun doute, c’est l’inondation !

Je suis heureuse, ça y est je vais bientôt rencontrer mon bébé !

Je vais voir la sage femme, appelle mon mari, elle me fait un monito, tout va bien, elle veut me mettre une perf, je refuse, les contractions commencent,elles sont rapidement rapprochées et douloureuses, on me donne un ballon, me montre la douche et une chambre dont je peux disposer.

A l’occasion d’un toucher je m’allonge, je dois être à 4cm, je souffre mais j’arrrive à gérer, la sage femme me propose la baignoire mais je ne me sens plus capable de me lever tant la douleur m’envahit, elle me propose le masque j’accepte, mais pas longtemps car il m’incommode.

Lorsque la sage femme est là près de moi, j’arrive à gérer, malheureusement je ne suis pas seule ce jour là, elle me laisse avec mon mari et quelques minutes plus tard je demande la péridurale, je n’en peux plus de me battre contre ces contractions qui ne s’arrêtent plus, le temps que l’anesthésiste arrive, le travail s’accélère, il me pose la péri mais ne m’injecte rien malgré la demande de la sage femme qui lui dit que je suis dilatée à 8 !

Poussée dirigée je n’en peut plus et j’entends , on va être obligé de mettre les forceps!

Même pas la peine d’y penser, ils veulent que je pousse alors j’y vais et quelques minutes plus tard ma fille est là !

Le bonheur une petite déchirure, tout va bien, je la mets au sein, c’est magique !

l’encadrement pour l’allaitement l’est beaucoup moins, allaitement à la demande mais attendre au moins 2heures, crevasses hyper douloureuse, on vous prend le bout du sein sans prévenir pour le donner au bébé !!! J’hallucine mais ne dit rien, sortie 2 jours aprés et c’est la descente aux enfers, avec un bébé trés demandeur et un entourage pas aidant je vous passe les détails.

J’ai quand même réussi à m’en sortir grâce à une amie, une vraie, et à allaiter ma fille 3 ans et demi pour notre plus grande joie à toutes les deux.

Je découvre le métier de doula et me dis que tout aurait été différent si j’en avais eu une !

2ème grossesse 2011

Je me fais suivre par une gynéco de ville , j’ai déménagé.

Elle assure le suivi et me fait les échos, c’est à côté de chez moi, les consultations sont rapides , elle nous dit que tout va bien ok.

Je veux accoucher à la maternité près de chez moi pour que mon mari et ma fille puissent venir me voir facilement.

Je suis fermement décidée à accoucher sans péridurale, j’ai lu d’autres bouquins et me sent prête !

Un matin à 4heures , fissure de la poche des eaux, les contractions arrivent rapidement, elles sont régulières, nous partons à la maternité.

La sage femme qui nous accueille est super, elle me félicite pour ma façon de respirer , m’aide à m’installer pour le monitoring afin que je sois confortable, je suis à 4cm;

ensuite elle me donne un ballon, me montre des positions qui pourraient me soulager, m’encourage à me mobiliser, elle nous dit au revoir c’est le changement d’équipe;

Le travail progresse bien, la nouvelle sage femme arrive, elle me confirme que le travail a bien avancé, et me propose la baignoire, il est 8H30 je lui dis en rigolant, si c’est comme la dernière fois dans 30 minutes, il est là…

Elle m’installe dans la baignoire, l’eau est trés chaude elle m’enveloppe, elle me soulage, la SF me dit quand vous sentez que ça pousse appellez moi, il faudra sortir pour accoucher sur la table, allongée, je lui dis que ça pousse déjà, elle m’informe que ça ne se fait pas d’accoucher dans la baignoire, je lui dis que c’est trop tard il arrive, quelques minutes plus tard, notre fils est là, je le prends dans mes bras, et me lève avec lui pour m’allonger,

tout va bien pas de déchirure, mon fils m’inquiète, il ne veut pas téter,il est endormi, on me dit que c’est normal, c’est un beau bébé ,

En début d’aprés midi je vais dans ma chambre, on veut m’ammener un berceau, je dis que je n’en veux pas, on me regarde d’un mauvais oeil, mon bébé est en hypothermie, ne tète pas, on me prend le bout du sein pour le mettre dans sa bouche , mais toujours rien, ce n’est pas grave les 24premières heures…

Je dors en peau à peau avec mon bébé pour le réchauffer, je suis trés inquiète, toujours les mêmes réponses;

au petit matin mon fils hurle je n’arrive pas à le calmer, j’essais tout, mais rien n’y fait, on vient me dire d’aller prendre mon petit dèj avec les autres mamans !!!!!!!

5 minutes plus tard, je lui prends la température,il a 35°, je sonne, on m’arrache mon fils des bras, je demande à un membre du personnel des explications, on me dit mais madame il fallait demander à celle qui a emmené votre bébé !!!

Là, s’en est trop pour moi, je lui réponds qu’il faudrait peut être arrêter de me prendre pour une imbécile, que je suis infirmière et que je veux des explications tout de suite.

Dans les 5 minutes, une infirmière arrive et me donne des explications…

Je vous épargnerais la suite, malheureusement mon fils a rejoind le royaume des anges le soir même.

Evidemment, ma prise en charge a juste été inexistante, ayant accouché le jeudi matin, je suis rentrée chez moi le vendredi dans la nuit, aprés avoir accompagné mon fils, et rien ne nous a été épargné comme si ça n’était pas suffisamment éprouvant de perdre un enfant…

Face à la montée de lait, etc rien, c’était terrible, aucun soutient.

Quelques mois plus tard, je m’inscris à la formation de doula.

3ième grossesse 2012

Pour cette grossesse tout est différent, il n’est plus question de laisser le hasard opéré.

J’ai choisi de me faire suivre par une sage femme, j’ai besoin d’un suivi plus personnalisé, je me rends donc chez une SF pour lui déposer mon histoire, mes doutes, mes envies…

C’est difficile mais nécessaire pour moi, je lui dis aussi que j’ai commencé la formation de doula, et là directe, elle me dit que par ici ,je ne vais trouver que des anti doula! Elle en premier, nous discutons et prenons un deuxième RDV et là surprise, alors qu’elle croit que je ne suis pas arrivée, elle se met à raconter mon dossier à un étudiant SF, en lui disant que ça ne l’étonne pas que je ne sois pas là, qu’elle n’est même pas sûre que je sois enceinte et qu’en plus je suis doula etc etc je vous en passe, je sors en claquant la porte , je suis en pleurs, je me sens trahit, comment j’aurai pû raconter quelque chose d’aussi terrible… elle me rattrape, on s’explique, je récupère mon dossier et refuse qu’elle continue à me suivre.

Heureusement, une formatrice me donne le nom d’une SF qui vient de s’installer, et là c’est que du bonheur, on est sur la même longueur d’onde, elle fait du suivi global, elle a un contrat avec une clinique et accès au plateau technique.

Elle a assuré tout mon suivi sauf les échos, un suivi tés personnalisé, c’était super, j’ai accouché avec elle en décembre dernier, tout s »est bien passé, chacun de nous a été respecté, j’ai eu un vrai accouchement physiologique, aucune intervention de sa part juste homéopathie et massages, je suis sortie quelques heures plus tard comme convenu avec elle pour ne pas à avoir à supporter le séjour à l’hôpital et pour rejoindre mon aînée et mon mari au plus vite, car c’était trés important pour moi que nous vivions ces premiers instants tous ensemble sans être parasité…

TOUT EST POSSIBLE, il faut oser, s’affirmer chercher ce qui nous convient,c’est vraiment super ce défi, pour ma part enrichie de ma formation de doula, je continue à me documenter et je suis impatiente de commencer mon nouveau métier:doula.

Ludivine, Paris, Janvier 2009

26 Fév

Le terme de cette grossesse a toujours été un peu foireux… Le 24 décembre indiquait le premier échographe qui se basait sur la date des dernières règles (la bourde à la noix !)… Le 4 janvier pour la sécu, qui se basait sur la date estimée de conception… Le 7 janvier pour ma sage femme après réétude des échographies.

Moi qui pensait accoucher en avance pour pas être dans la période de Noël, je me suis bien trompée !

Dimanche 12 Janvier : rendez-vous à la maternité pour monito et écho de contrôle. On est en dépassement de terme, mais tout va bien. Quantités de liquide ok. Placenta ok bien qu’un soupçon de début de calcification (normal, le placenta arrive au bout de son boulot, va pas falloir que ça traine encore trop mais « ça va »). Le cœur de bébé bat toujours aussi bien ! Elle a pas l’air pressée de sortir. Ma sage femme décide de donner un ‘tit coup de pouce en me faisant un décollement de membrane.

Parce que mine de rien, on arrive aux limites du dépassement accepté et ça risque de se terminer en déclenchement…

Elle me dit « ça va faire un peu mal et tu risques d’avoir de petits saignements cet après-midi. » Moi j’ai trouvé qu’elle avait été hyper douce (comme un TV normal) et je n’ai pas eu de saignements. Je me dis que ça se trouve, ça n’a rien fait… Et puis dans l’après-midi, je commence à ressentir quelques contractions. Légères, pas douloureuses, juste un peu gênantes. Avec mon mari, on part faire quelques courses pour bébé en voiture. On rentre manger, là ça se calme un peu… Ma sf m’a passé des feuilles de framboisier, de 18h à 22h30, j’en ai pris 5 gros bols ! Et pauses pipi toutes les 1/2h !!

Je n’ai jamais eu de contractions pendant ma grossesse, alors, je n’ai aucun moyen de comparaison. Mais je sens que ça travaille. Ça « crispe ».

 Vers 21h30 José se couche et me dit de venir dormir pour être en forme. Moi je suis sur mon ordi, j’ai pas sommeil. Je finis par me coucher vers 22h30. Satanée tisane ! Je me réveille brusquement vers 00H30 avec la vessie pleine ! Et un mal de bide vraiment bizarre ! Ça faisait tellement longtemps que je n’avais pas eu mes règles que j’en avais presque oublié les douleurs que ça me faisait. Là c’est la même chose mais en plus fort. J’ai espoir ! Peut-être que c’est ça une contraction !

Je me recouche mais n’arrive pas à m’endormir. Paf, ça recommence : 00H50. Idem à 1h10 puis 1H30. Et comme ça jusqu’à 3H30, avec pause pipi toutes les heures. J’arrive pas trop à me rendormir entre deux contractions. Cette fois, je sais que c’est « ça » une contraction ! Je somnole. La suivante est cette fois à 3h40 ! Ah, ça évolue… J’ai quand même peur que ce soit un faux travail. C’est pas super douloureux et assez éloigné…

Vers 7h30, le réveil sonne. J’explique à José la « superbe » nuit que je viens de passer et il me dit qu’il faudrait peut-être prévenir la sf. Même si ce n’est qu’un faux travail, au moins pour qu’elle soit au courant. Mais avec le jour qui se lève, j’ai l’impression que les contractions sont redevenues irrégulières. Je lui dis que je vais prendre une douche, paraît-il que l’eau chaude fait passer les contractions si c’est pas les vraies, et puis j’aime bien l’eau chaude, alors… Lui pendant ce temps, prépare les affaires pour partir. La valise de bébé était déjà prête, mais la mienne… Comme je n’avais pas l’intention d’y aller à la base ni d’y rester longtemps si je devais y aller, j’ai rien préparé.

Sous l’eau chaude, au lieu de diminuer, les contractions se régularisent. A chaque fois qu’une se finit, j’appelle et il regarde l’heure sur mon téléphone. Toutes les 6 minutes. Je lui dis ok, appelle. Il est doit être 8h30. Il appelle et me dit qu’il doit aller chercher du spasfon et que si ça passe pas, on se donne rendez-vous à la mater vers midi. Je lui dis que je viens avec lui. Ça me fera du bien de marcher et de prendre l’air. Je m’habille et en fait, je suis bien assise dans la cuisine, alors je lui dis, en fait non, vas-y je t’attends. J’ai bien fait, la pharmacie en bas de la rue était fermée, il a dû aller beaucoup plus loin. J’aurais pas pu. Il revient 15 minutes après. Il a couru. Je prends le spasfon. Rien ne change. Il est 10h45, je vais m’allonger, je supporte mieux les contractions. En fait ça me fait mal dans les reins, et ça commence à faire un peu mal. Je me met sur le coté, c’est pas mal.. Mais à genoux la tête dans l’oreiller, c’est mieux ! On finit par partir vers 11h40, juste après une contraction car debout, j’aime pas du tout ! A 11h46 j’ai une contraction, on est dans la voiture, et c’est pas agréable du tout. A 11h52, je me dis tiens c’est bizarre, j’ai pas eu la suivante.. Sur ce elle arrive… Grrr… 11h58, 12h04, 12h11. On trouve une place juste devant la maternité !

 On rentre et je ressens le besoin d’aller aux toilettes (j’ai rebu deux bols de tisane ce matin…) J’ai une contraction qui arrive quand je suis debout, ouille ! appuyée les coudes contre le mur, ça aide à la faire passer. Quand je sors, ma sf est là. Elle me demande comment ça va. Oh bien ! Sauf toutes les 6 minutes ! En effet, entre les contractions tout va bien ! Comme si de rien n’était !

 On monte. Il y a 2 salles de pré travail. Une avec la baignoire et une sans. Celle avec est occupée. On va dans l’autre. Monito et examen. Col effacé et à 3 (alors qu’il était encore mi-long à 2 la veille). Donc je suis rassurée, ce n’est pas un faux travail !! Ça a servi à quelque chose. Mon chéri a l’idée de mettre ses mains chaudes dans le bas de mon dos ! Aaah Qu’est ce que ça fait du bien !!! En appuyant avec ses pouces, aussi, la sf lui montre comment faire. Puis elle nous laisse pendant le monito. Comme je souhaitais un accouchement le plus naturel possible, tant qu’on gère bien à deux, elle nous laisse faire et n’intervient que si besoin. Monito fini. En allant aux toilettes, je remarque que l’autre salle avec la baignoire est vide. Je me dis qu’on va peut-être appeler la sage femme pour voir si on peut y aller. J’avoue que du chaud me ferait du bien. La je suis à califourchon sur un fauteuil, la tête appuyée contre le dossier avec des mains chaudes. Je gère… Limite, ça m’ennuie parce que je peux pas faire autre chose.. Et je me dis que en fait, un accouchement, ça fait pas mal tout le temps, en fait on passe tout son temps à attendre d’avoir mal ! C’est ennuyeux quoi… Je gérais super bien, mais les contractions n’étaient pas super fortes. Mais elles étaient dans les reins. Entre temps, José est allé faire quelques courses, infusions et sandwichs car on a toujours pas mangé ! Il doit être dans les 15-16h..

Bon, avant d’aller dans la baignoire avec des huiles essentielles et tout et tout, on vérifie où ça en est. Entre 4 et 5. Bon, ça va pas vite, mais suis plus pressée après 9 mois…

 Je vous passe les détails de la fin d’après-midi et soirée. Je suis restée quelques heures dans la baignoire. L’eau chaude me faisait vraiment du bien dans les reins, alors, la température a fini par monter à 41° ! En dessous, ça faisait pas effet…

J’ai aussi alterné avec le ballon pour aider, puis retournée dans la baignoire…

Ensuite, j’ai commencé à vraiment en avoir marre ! C’était trop long… C’est vers ce moment qu’on a vraiment capté qu’elle avait son dos contre le mien et que donc elle essayait de prendre appui sur mon ventre pour descendre, ce qui ne servait pas à grand chose (car un ventre, c’est tout mou !) C’est pour ça que c’était si long, elle n’appuyait pas suffisamment sur le col et les contractions n’étant pas super fortes non plus…

 

Ma sf me conseille donc des positions genre à quatre pattes les fesses en l’air pour l’aider à se tourner comme il faut. Mais la puce ne voulait pas tellement ! Après une petite séance 4 pattes dans la baignoire, on revérifie. Col à 9, donc c’est presque bon !

 Je sors et me met encore à 4 pattes les fesses en l’air sur le lit. Ma sf me dit que si j’ai envie de pousser pendant les contractions, je peux. Je tente un peu, mais pas vraiment envie. Ça me fait pas du bien du tout. Donc j’arrête. On tente sur le côté. Au bout d’un moment, je suis pas bien. Je sens que je suis dans une position inconfortable, mais j’ai plus la force de bouger. Je continue de prendre de l’homéopathie toutes les 15 minutes. Finalement, je me mets assise (enfin, allongée sur le lit, mais avec la tête du lit remontée presque à la verticale), ça va mieux. Et puis je commence à ressentir le besoin de pousser. Je savais pas que c’était vraiment « automatique ». A part que la puce ne m’aide vraiment pas ! Elle descend un peu… Et hop ! Elle remonte… Il est presque 2h du mat quand même.. Entre temps, une sage femme qui ne devait pas être là ce soir et qui fait de l’ostéopathie vient me manipuler un peu.. J’ai vraiment quelque chose de bloqué dans le bassin qui n’aide pas ma puce… Ça aide un peu à avoir moins mal, mais je douille quand même énormément !

 On fait des essais poussée dans plusieurs positions, mais ça n’agit pas tellement sur la puce. Il y a eu quelques séances de monito pour vérifier le cœur du bébé, toujours à 139, comme à chaque fois qu’on en a fait pendant la grossesse.. Tout va bien de son côté. Finalement, je retourne dans la baignoire, y a que l’eau chaude qui m’aide. Je m’assieds dedans les jambes écartées, presque en tailleur et je pousse en poussant aussi le bord de la baignoire avec mes bras. Comme ça mon dos est à plat contre l’autre bord et ça appuie, donc ça soulage… Mon homme vient me tenir le mains. Je lui ai broyé les doigts pendant plus de 4h comme ça !! Les sages femmes vont se reposer un peu et se relaient. Mais restent fidèles à l’attitude depuis le début. Tant qu’on gère, elles nous laissent à deux. Si on a besoin elles sont là. Et puis le coeur du bébé est bon, tant que ça va, aucune raison de se presser.

Finalement, vers 6h du mat, ma sf me voyant complètement épuisée (2ème nuit blanche) et avec la « pression » de l’équipe de jour qui va pas tarder à revenir, décide de relancer un peu les choses. En effet, j’ai parfois des pauses de 15 minutes entre les contractions et pendant ce temps, je dors presque ! Je suis tellement fatiguée, que j’ai presque plus de forces. Avec en plus la puce qui remonte encore ! J’arrive pas à pousser assez longtemps !

 Pourtant, quand je met un doigt dans mon vagin, je sens quelque chose de presque mou, légèrement granuleux et tout doux. C’est sa tête ! Ça me fais tout bizarre… Elle est là et elle est loin à la fois…

 Donc, je sors de la baignoire, je me pose à 4 pattes sur le lit. C’est peut-être à ce moment là, ou avant, je sais plus qu’on m’a proposé de percer la poche des eaux possible que ça aide la puce à s’engager bien…

Une sf me pose un cathéter, je retente de pousser avec une belle contraction qui arrive et puis zou, on passe en salle de naissance. Je me mets en position classique (moi qui voulait plus genre à 4 pattes ou autre, en fait celle là m’a bien aidé pour pousser !) mais avec la table relevée du coup je suis presque assise en fait. Elle met les étriers (qui m’ont aidé aussi parce que elle me disait de tirer mes jambes vers moi pour aider et en fait, j’avais les bras tendus qui tenaient je ne sais quoi dans l’articulation du lit, mais ça me faisait une super prise et je pouvais pas lâcher, alors je tirais sur les étriers avec les jambes !).

J’ai eu droit à une micro injection, les contractions sont reparties aussitôt et j’ai poussé. J’en pouvais plus ! J’étais super concentrée et même quand la sf m’a dit tu veux  toucher sa tête ? Je lui ai répondu « non j’ai pas le temps ! ». En fait, elle me déconcentrait ! Je pouvais pas penser à bouger mes bras. Si je lâchais l’articulation du lit, j’avais l’impression que ça arrêterait tous les efforts jusque là.

Et finalement, sa tête est sortie avec une impression de brûlure dingue ! J’ai arrêté de pousser le temps que ma sf tourne ma puce pour que les épaules passent sans dégâts. Ensuite j’ai repoussé une dernière fois super longue et elle est enfin sortie ! Là j’entends ma sf dire « qui veut l’attraper ? » Mon mari n’était pas trop tenté, mais moi, je me penche un peu, j’ouvre les yeux et là je la vois et sans réfléchir je la prends sous les bras et la pose sur moi. Et là, les contractions se sont arrêtées et il n’y avait plus aucune douleur… C’est impressionnant. Elle était trop belle ! Les yeux grands ouverts à regarder partout genre « Bon bah je suis où là ? C’est plus le ventre de maman ça ! » On nous couvre de draps et serviettes pour que la petite n’ait pas froid. Mon mari a les larmes aux yeux. On se regarde, on la regarde et on s’embrasse. On se rend compte à quel point on s’aime. On est mardi, il est 7h07 et Lorléana est née après 30h de travail. Quelques minutes après, le cordon ne bat plus, alors la sf propose à José de le couper.

 Ma sf regarde si le placenta veut sortir, mais en fait pas tout de suite. Elles nous laissent et nous disent de l’appeler si je sens quelque chose qui coule. Elle est à peine sortie que ça coule, alors on la rappelle. Elle me dit de pousser encore pour faire sortir le placenta.. J’essaye ! Je lui dis « ça marche là ? Parce que j’ai pas l’impression d’être super efficace ». Elle me dit : « non en effet, ya rien ! » Finalement, j’arrive à l’expulser. Il est gros aussi !!

Elle en profite pour m’examiner, j’ai une petite déchirure, elle pourrait faire un point ou deux, mais elle veut plus trop m’embêter là.. Ça pourra cicatriser tout seul.

 On se retrouve seuls tous les trois… Vers 8h, José la prend en photo avec son téléphone. Sans flash, dans la semi pénombre, la photo n’est pas terrible, mais on la voit bien quand même. Il l’envoie en MMS à tout le monde. Vers 9h, la sf revient avec les vêtement tous chauds. Comme elle avait du méconium partout (moi aussi !! Merci ma puce !) elle lui nettoie un peu là ou il y en a, mais pas de bain pour qu’elle garde l’odeur du liquide amniotique. On la pèse. 4,040 kg ! Et à peu près 52 cm. Un beau bébé ! On finit par monter dans la chambre vers midi et demi… Pour en sortir à 21h30 ! J’avais dormi 4 heures et mangé un bon repas vers 18h30, ça allait mieux ! Retour à la maison dns les 22h…

 J’ai du oublier quelques petits détails, genre les litres de tisanes au miel que j’ai bu (vu que le sandwich que j’ai mangé est ressorti peu après) pour m’hydrater et me donner de l’énergie surtout ! L’homéopathie tout du long, un peu d’acupuncture aussi, je sais plus trop quand… Enfin, « la totale du naturel » comme je dis…

 En tous cas, je crois que je remercierais jamais assez ma sage femme pour tout ce qu’elle a fait pour moi. Elle m’a permis de faire un maximum moi même avec mon mari, avec le minimum d’intrusion, les choses se sont faites le plus naturellement possible, avec juste un petit coup de pouce sur la fin…. Et elle m’a aussi avoué après coup, que si j’avais été dans un hôpital « classique » ou même avec une autre sage femme si ça se trouve, jamais on ne m’aurait laissé essayer de pousser aussi longtemps ! Et j’aurais surement eu droit à une césarienne pour travail trop long.

Comme quoi, si aucune urgence vitale (coeur du bébé qui suivait super bien), et bien, on PEUT attendre et laisser se faire les choses…

#163 Marina

25 Fév
Au départ avec mon époux nous avions choisi un accouchement en plateau technique. Ma fille se présentant d’abord en transverse puis en occipitaux sacrés, mon col étant bloqué à 7 depuis 10 heures, après 40 heures de contractions j’ai demandé la péridurale, j’ai donc été prise en charge par l’équipe hospitalière.
J’ai attendu 4h avant qu’on me la pose, une sage femme venant même nous dire après plus de 2 h d’attente qu’une de ses patientes dilatée à 5 venait d’arriver et qu’elle passait avant moi de fait ! J’aime autant vous dire que dans le contexte j’ai voulu l’insulter, seule la décence m’en a empêché !
Une fois la péridurale posée, on m’a injecté de l’ocytocine sans me demander mon avis alors que mes contractions étaient déjà puissantes et rapprochées, d’ailleurs elles n’ont pas changé après l’injection, on m’a simplement dit que c’était le protocole. Puis je suis restée seule avec mon époux. Une fois à dilatation complète, plus de 3 heures après, la sage femme m’a dit de pousser puis partait. Lorsqu’elle revenait elle me disait que je poussais mal d’un ton assez réprobateur. Ma fille étant en occipitaux sacrés l’expulsion à été très longue ( 3 heures ). La sage femme présente finissait son service et me faisait bien sentir que ça l’arrangerait que j’accouche au plus vite, me menaçant d’utiliser les forceps.  » si elle ne sort pas maintenant on va utiliser les forceps « 
Fort heureusement pour moi, sa collègue a pris le relais. plus respectueuse et à l’écoute elle m’a accompagnée dans mes poussées. Cependant, lorsque j’ai ressenti le besoin de pousser j’ai aussi ressenti le besoin de me redresser on me l’a interdit prétextant que je risquais de tomber à cause de la péridurale, sans me proposer ne serait-ce de me redresser en position semi assise. Ensuite peu de temps avant l’expulsion je me souviens avoir entendu l’aide soignante dire :  » je lui mets ?  » la sage femme :  » attend que le bébé soit sorti  » dès que ma fille est sortie elle lui a dit de me mettre la poche sur la perfusion. Quand j’ai demandé de quoi il s’agissait on m’a répondu très vaguement :  » non rien c’est pour vous aider « 
C’est plus tard en me renseignant que j’ai su qu’il s’agissait encore d’ocytocine pour évacuer le placenta, sans même avoir attendu de voir si je l’expulsais naturellement. je ne faisais pourtant pas d’hémorragie ni quoi que ce soit. Et surtout j’ai eu le sentiment d’être mise à l’écart que mon corps ne m’appartenait plus. ensuite, la sage femme a dû s’imposer face à l’aide soignante qui insistait de manière incessante pour faire les soins à ma fille, afin que je reste en peau à peau avec elle et que je l’allaite.
Il y a certes des situations plus dramatiques, néanmoins, ces petites choses je les ai ressenties comme un manque de respect et un manque de considération. J’ai eu le sentiment de ne pas avoir de légitimité vis à vis de moi même, comme si de toute façons certaines choses ne me concernaient pas, alors qu’il s’agissait de mon corps, de mon accouchement, de mon enfant !
Je pense qu’il est grand temps que le personnel hospitalier ait plus de considération pour les individus dont ils ont la charge. c’est un métier humain, on ne peut pas se permettre de faire son boulot un point c’est tout. La personne en face est concernée et a le droit d’être informée de tout acte la concernant ! Plus encore d’être consultée, et d’être actrice des prises de décision qui la concernent.

Naissance de Nathael – janvier 2013

23 Fév

Projet d’AAD qui apparaît comme une évidence pour ce premier bébé, mais faute d’avoir trouvé quelqu’un pour m’y accompagner, suivi d’accompagnement global en libéral avec accouchement prévu en plateau technique, selon mon projet de naissance, 100 % physiologique. Terme prévu au 2 février.

Le 21 janvier, rdv avec l’étiopathe pour ouverture de mon bassin afin de faciliter le passage de bébé quand il aura décidé de venir. Repos dans l’après-midi, nuit difficile avec nombreux réveils pour aller aux toilettes et bas du dos endolori. La nuit précédente avait été un peu similaire. Pas beaucoup de sommeil donc.

Vers 9h30 au matin du 22 le téléphone sonne, je me lève pour répondre, puis lasse de cette nuit entrecoupée je vais pour prendre une douche. Là je découvre du sang en haut de mes cuisses. Je me demande si c’est le bouchon muqueux mais cela me semble trop rouge. Après quelques recherches sur internet et discussion avec mon chéri, je prends ma douche avec de l’huile essentielle de lavande, puis je laisse un message à mon sage-femme pour être sûre que ce n’est rien de grave. Je sens mon ventre dur par moment mais pas de douleurs. Mon ami part au travail et je me cale dans un fauteuil. Réponse du SF, rien d’inquiétant vu la quantité perdue, à voir au fil de la journée si contractions, aller me reposer et le tenir au courant. Cependant si bébé arrive ce jour-là lui n’est pas disponible pour faire l’accouchement. Je savais déjà que cette semaine ce ne serait pas le cas mais bon on dirait bien que ça travaille.

Un peu faim mais guère la force de me faire à manger, je grignote quelque chose et je vais m’allonger Je dors environ 2h, tout en ayant toujours mal au dos. Je me relève, vers 17h je sens que le durcissement de mon ventre devient régulier et que mon dos fait plus mal en parallèle. Je préviens mon homme qu’il va sans doute devoir bientôt
rentrer, 4 contractions en 30 min, mais je patiente et compte les écarts de temps, c’est seulement vers 19h alors qu’elles sont espacées de 6 min que je lui dit de revenir.
A son retour on s’installe pour faire des massages et patienter encore un peu, je continue à prendre l’homéopathie qu’on m’a donnée pour aider durant le travail. Soudain une envie de vomir je file à la salle de bain et me vide. Après discussion avec le sage-femme nous décidons de partir pour la maternité, qu’il appelle pour les prévenir. Pour accoucher en plateau technique nous avions choisi celle de la ville à coté, à 30km. Vu des soucis particuliers de santé et mes demandes dans mon projet de naissance, on connaît mon dossier. Une chance nous dit-il les personnes de garde cette nuit-là ont une approche physiologique et donc mes souhaits devraient être respectés. Nous voilà partis.

A notre arrivée vers 21h30 on nous installe en salle d’admission, avec pose du monitoring. Fidèle à moi-même je demande de suite à ce que ce soit un non permanent qui soit installé. On me dit que c’est juste une écoute temporaire pour voir l’état du bébé et qu’on l’enlèvera ensuite. Mais je suis là allongée avec envie d’aller aux toilettes et les contractions dans les reins qui me font me relever instinctivement à chaque fois. Je prends donc les fils et vais aux toilettes, peu après la sage-femme arrive et m’examine. J’en suis à 3cms environ soit 2 doigts. Elle me propose alors de prendre un bain et j’accepte, quelques heures auparavant je sentais que cela ne serait pas passé mais là je sens que ça me fera du bien. A mes côtés mon ami m’accompagne en massant mon dos à chaque contraction. Cela aide à les faire passer sans souffrir trop. Le haut de mon ventre en contractant est aussi très dur et je le masse également à chaque contraction pour aider la détente du ventre et la descente du bébé.

Quelques minutes plus tard le bain est coulé, on me débranche et on m’accompagne en salle d’accouchement. Dans le couloir on entend une femme hurler, on me dit de ne pas m’en inquiéter.
C’est la salle la mieux équipée, que j’avais vue lors de la visite de la maternité, génial. Une grande baignoire avec des bulles, un ballon, un grand lit, une chaise d’accouchement, et également la table avec les étriers classique. J’entre dans le bain, on y met de la lavande, soulagement immédiat, je me laisse envelopper par la chaleur, je ferme les yeux, tiens la main de mon compagnon et m’attelle à respirer profondément et paisiblement pour accueillir les contractions. On nous laisse seuls. A partir de là je crois que je garderai les yeux fermés les 3/4 du temps.

Soutenue par les massages et encouragements de mon compagnon les contractions continuent, vers 23h30 l’eau ne me paraît plus assez chaude et je ressens le besoin de sortir. Je me rends aux toilettes puis la sage-femme de garde revient et me propose un nouvel examen. Ayant trop mal aux reins pour m’allonger elle m’examine debout, j’en suis à 5 cm. J’essaye alors de me mettre sur le côté sur le lit d’accouchement mais ne tiens pas, puis c’est le tour du ballon avec mon ami qui m’entoure de ses bras, assis sur une chaise derrière moi. La sage-femme s’installe à même le sol à nos côtés et écoute quelques temps le coeur du bébé. Lorsque j’ouvre les yeux et la regarde elle m’encourage et me dit que je fais du bon travail. Sa présence discrète et tout en douceur est agréable, en aucun cas intrusive ce qui me soulage car je n’ai pas besoin de sortir de la bulle pour interagir, je me concentre tout simplement. Elle repart. Au bout d’un long moment je ressens à nouveau le besoin de bouger, on essaye d’autres positions sans grand succès puis je décide de retourner aux toilettes car je sens que ça pousse. Je m’installe sur la cuvette et m’appuie en arrière à chaque contraction, toujours les
yeux fermés j’attends, je respire, je pousse un peu mais rien. Aucune idée de combien de temps passe mais mon homme me demande plusieurs fois si ça va, je réponds vaguement. La sage-femme revient et me propose un nouvel examen, comme le précédent il se fera debout. J’en suis à 10cm.

Quel soulagement, je crois que cela m’aurait perturbée de n’être qu’à 7 ou 8 et de devoir me dire qu’il reste encore un moment. Là non c’est tout bon, et je me dit que j’ai bien supporté les contractions sans péridurale et que ce n’était pas aussi dur que ce à quoi je m’attendais. Certes les reins étaient très douloureux mais comme une douleur sourde, et les mains de mon ami aidaient à faire passer les pics très rapidement. On me dit que je vais bientôt pouvoir pousser et me demande dans quelle position je souhaite m’installer. Bonne question : j’avais déjà presque tout essayé, sauf la chaise car le moment ne me paraissait pas arrivé, mais là oui.

J’avais repéré la chaise d’accouchement durant la visite, ça me paraissait idéal. Le devant en forme de demi-lune, avec un espace derrière pour le papa. Juste avant de m’asseoir la poche des eaux se rompt, en effet le moment de faire sortir ce petit bout est arrivé. Je m’assois, mon compagnon est derrière moi, et continue à m’accompagner, de vive voix et par ses massages, l’auxiliaire arrive pour assister la sage-femme durant l’expulsion et la délivrance. J’attends de sentir le besoin de pousser et je commence à mon rythme, toujours les yeux fermés, en m’appuyant sur les jambes de mon homme pour me soulever quelque peu. Il est tout près.

Je me souviens qu’il est environ 1h30. Je me concentre et pousse doucement, on m’encourage à pousser mais je fais des pauses car je sens que je ne peux pas pousser en continu, que ce serait trop rapide. Je fais donc des pauses et je m’y remets, d’un côté avec ces quelques jours de recul je me dis que j’aurais du encore plus écouter mon corps, car je pense avoir poussé un peu plus vite que je n’aurais dû car je sentais qu’on attendait que le bébé sorte. Mais j’ai malgré tout pris le temps de le faire à mon rythme pour la plus grande partie.

Enfin la tête sort, on me dit encore un peu pour les épaules, je les sens passer, puis on me pose le bébé sur les genoux. Le cordon est un peu court pour qu’il remonte plus haut. Ayant demandé qu’on ne clampe pas le cordon avant qu’il n’aie cessé de battre nous patientons et je regarde ce petit être sorti de mes entrailles. Encore enduit il me semble un peu vert, il a les yeux ouverts et nous observe calmement. Il est 2h27.

Soudain on doit clamper le placenta sort trop vite et je perds beaucoup de sang. Le papa coupe le cordon devant moi, puis je sens ma vue se troubler et je demande un sucre sur le moment 😉 on prend le bébé et le donne à son père, et moi je bascule quelques instants dans le noir. Je me réveille comme une fleur sitôt après, comme sortant d’un sommeil profond et je vois les visages au-dessus de moi qui m’appellent. Sensation étrange, pendant quelques instants je ne savais plus où j’étais.

Placée sur la table on me dit que j’ai une petite déchirure qu’il faut recoudre et on me propose une perfusion, de Ringer et Syntho car mon utérus n’est pas tonique, et j’accepte. L’auxiliaire le masse pour stopper les saignements et l’aider à se contracter. C’est douloureux, et je demande qu’on mette une poche de glaçons pour accélérer le processus, pas fait à la première demande mais à la seconde.

On me ramène le bébé qu’on pose sur mon ventre, je le voyais un peu au fond avec son père et dès mon réveil j’ai précisé que je ne voulais pas qu’on lui mette de collyre dans les yeux. Comme il faut faire quelques points je demande si on doit m’endormir, on me parle d’anesthésie locale et je demande s’il est possible d’essayer sans. On me dit oui en mettant un spray anesthésiant à la place, ce que je choisis d’emblée. La sage-femme me recoud alors, je sens le fil passer, et par moment l’aiguille dans la couche plus profonde de l’épiderme, car la déchirure bien que petite est sur trois niveaux.

Je donne la première tétée en peau à peau à mon petit Nathael. Son papa est à mes côtés, une fois recousue on nous laisse seuls pour faire connaissance. Je demande à boire et à manger, mais on me dit que je dois attendre 2h environ. Je patiente donc en faisant connaissance avec le petit bonhomme. Après un moment je propose au papa de faire du peau-à-peau également.

Environ 3h plus tard l’auxiliaire et la sage-femme reviennent, je passe ma propre chemise de nuit, à côté avec le papa on pèse et mesure le bébé, on l’habille (pas de bain avant les 24h comme requis), pas d’antibiotiques, mais un peu de vitamine k1. Une fois examiné sous toutes les coutures on me le met dans les bras, je suis dans une chaise avec mes affaires pour qu’on m’emmène dans une chambre. On arrive devant la porte de la chambre, ma vie se trouble à nouveau, le papa reprend vite le bébé et je sombre une nouvelle fois dans l’inconscience. A peine quelques secondes à nouveau mais il me semble avoir eu le temps de rêver. Je reviens à moi et je m’installe sur le lit. Enfin ce
n’est plus douloureux d’être allongé 🙂

Il est environ 5h du matin, je m’assoupis un peu, le papa dans un siège à côté du lit veille sur nous.
Je me réveille au bout d’un moment et nous parlons jusqu’au matin. A côté notre fils très calme récupère de ce voyage intérieur. Au matin le papa repart, le petit déjeuner arrive (grand mot), puis les personnes défilent, sage-femmes, auxiliaires, personnes pour les repas, le ménage, gynéco … pas beaucoup de calme.

Etant végétarienne on vient me proposer des menus pour les jours suivants.
Mais pour moi déjà l’envie de sortir. Et en voyant les repas encore plus. Ce premier jour juste après l’accouchement je patiente mais j’ai faim, le second jour ayant demandé à sortir (j’avais demandé une sortie à 24h dans mon PDN) la gynéco déboule soudain et alors que je l’avais à peine vue et qu’elle ne m’avait même pas examinée, elle me dit que sortir ne serait pas raisonnable, que je pourrais me remettre à saigner sans raison dans les 48 premières heures, qu’avec 8.8 de fer et vu que je refuse qu’on me perfuse du fer ce n’est pas sûr (je prends des compléments naturels je préfère) et que si je sors c’est contre son avis médical (en même temps une sortie précoce c’est toujours ainsi),
je dis que je comprends et je patiente ce jour-là, après tout ayant accouchée à 2h27 la veille c’est vrai que ça fait court et que je tourne encore un peu.

Le lendemain matin je patiente mais encore la nuit j’ai eu faim malgré les petites choses que mon ami m’a amenées à grignoter en plus, et démarrer l’allaitement en ayant faim c’est pas la meilleure façon de fonctionner … j’attends que les sages-femmes de garde passent, étrangement personne ne vient. Quand je vois le repas arriver et l’odeur douteuse des légumes servis ma décision est prise je dois sortir. On cherche donc quelqu’un pour connaître le protocole et partir.

On nous avait guidé pour le premier bain la veille, on nous propose à nouveau d’en faire un et de peser le bébé. On croise alors la personne qui nous a accompagné pour
l’accouchement et elle s’occupe des papiers, nous signons la décharge, elle examine mes points de suture, tout va bien. On range nos affaires et c’est parti, retour à la maison avec bébé :D.

Une visite chez le médecin obligatoire avant les 8 jours (normalement faite par le pédiatre à l’hôpital) à faire et voilà enfin libérés, et tous les 3 à la maison pour commencer notre nouvelle vie.
En conclusion après avoir tout bien préparé les choses ne se sont pas tout à fait déroulées comme prévues, mais dans le respect de mon projet, tout naturel, et avec douceur. Un bel accouchement donc, dont je ressors renforcée et confiante en mon corps, ses capacités, et ma volonté. Mon chéri m’a dit que j’étais forte, je ne m’en suis pas rendue compte ça me paraissait naturel, ce qui m’a marquée est le cri que j’ai poussé pour accompagner les poussées, pas de douleur mais plutôt de délivrance, pour m’aider à pousser un peu. Je l’entends encore dans mes oreilles comme une ode à la vie qui arrive.

Le prochain s’il y a, j’aimerais tout de même que ce soit à la maison avec encore plus d’intimité et de douceur mais je ne regrette rien.

Accouchement à Paris, nov. 2011

8 Fév

Je savais d’office qu’accoucher en hôpital ou clinique « classique » ne me plairait pas.
J’ai donc choisi un sage-femme spécialisé en haptonomie, appartenant à un groupe de professionnels libéraux pratiquant l’accompagnement global à la naissance, dans une clinique parisienne.
Je n’ai pas senti le besoin d’écrire un projet de naissance. A priori nous étions d’accord sur tout.

Ma mère et ma grand-mère ayant accouché très vite, j’ai pensé tout au long de ma grossesse que je ferais de même.
Mon frère aîné est né à la maison, ma mère n’ayant pas eu le temps de partir pour la maternité. Moi-même à la maternité mais sur un brancard, dans un couloir, ma mère fraîchement debarquée de l’ambulance criant à la première personne qu’elle voyait de lui retirer sa culotte parce que j’arrivais. 3 ans plus tard, quand elles est arrivée pour ma petite soeur (qui n’a guère tardé non plus), les gens se souvenaient d’elle.

A deux semaines du terme, je perds le bouchon muqueux en me réveillant un matin. Je conduis cependant ma voiture au garage pour une réparation non urgente, en me disant que je n’en aurais pas besoin tout de suite, puisque je n’accouche que dans deux semaines.
Passant devant le laboratoire d’analyses médicales, je me jure que j’irais sans faute le lendemain faire ma prise de sang pour l’anesthésie.
Mais aujourd’hui, je n’ai vraiment pas le temps : déjeuner et visite d’une expo avec des amis. En plein milieu de l’exposition, je ressens des douleurs de règles. Je pense que ce sont sans doute les fameuses contractions de fin de grossesse.
Je rentre chez moi et dîne tranquillement après un bon bain qui calme les contractions.
J’enfile une tenue d’intérieur, pensant ne plus ressortir ce soir-là.
Mais de 21 à 22h, j’ai la diarrhée et des contractions (gentilles) toutes les 10 minutes.
J’appelle le sage-femme pour qu’on prenne rendez-vous d’ici une heure à la clinique. Mais il pense que j’ai le temps, me conseille de reprendre un bain, me propose de le rappeller 1h30 plus tard.
Mais les contractions s’accélèrent, toutes les 5 minutes, et à 22h30 j’ai la sensation qu’on me poignarde le ventre. Je perds de l’eau et du sang. Je panique, pourquoi du sang, j’ai lu que la perte des eaux était incolore ? Mon mari m’affirme que l’eau peut être teintée de sang, que ça n’a rien d’anormal. J’essaie de garder mon calme alors que les contractions sont devenues nettement douloureuses. Je fais des allers-retours aux toilettes, je remets une serviette hygiénique, pendant que mon mari essaie en vain de trouver une ambulance (le sage-femme est cette fois d’accord pour qu’on se retrouve). Finalement le SAMU nous en réquisitionne une. Les 20 minutes d’attente sont longues pour moi.
Une fois dans l’ambulance, je suis contente qu’on puisse griller les feux et passer devant tout le monde. L’ambulancier note le rythme des contractions, qui sont douloureuses et espacées de moins de 5 minutes. Il me demande de le prévenir si l’envie de pousser me vient. Heureusement nous arrivons à la maternité. Il est 23h30.
Je suis soulagée de retrouver le sage-femme. Nous allons directement en salle de naissance, plongée dans la pénombre, équipée d’une table d’accouchement (sans étriers) et d’une baignoire. Je suppose que les ballons et les foulards pour se suspendre sont dans les salles de pré travail, où je n’ai pas eu le temps d’aller. Dommage.
Le sage-femme me fait un toucher vaginal (en s’excusant, il sait que ses patientes n’aiments pas ça), je suis à 5, il trouve que ça avance bien. Il me fait un monitoring, en promettant que ça ne durera pas.
J’ai très mal, il me propose de prendre un bain aux huiles essentielles mais le temps qu’il prépare la baignoire, mes douleurs sont si fortes que je demande la péridurale.
Le sage-femme semble surpris : « C’est vraiment ce que vous voulez ? On arrête le bain ? ». Ses patientes demandent rarement la péridurale. Mais je n’en peux plus, je suis prête à tout pour que cette douleur cesse.
Le sage-femme me demande alors mes résultats d’analyse de sang… La prise de sang que je m’étais promis de faire demain ! Il me propose de procéder lui-même à la prise de sang et de faire faire une abalyse en urgence au labo. Nous aurons les résultats dans 3/4 d’heure et l’anesthésiste pourra venir. 3/4 d’heure, autant dire une éternité ! Comment vais-je tenir jusque là ?
A peine le sage-femme a-t-il transmis l’échantillon de sang qu’une terrible contraction me fait hurler. Il refait un toucher vaginal (toujours en s’excusant) et dit : « le bébé est là ». C’est irréel.
Il me demande dans quelle position je souhaite me mettre pour pousser. Je propose sur le côté gauche. Je prends du gaz hilarant. 3 contractions et poussées, rien ne se passe. Le sage-femme me propose de changer de position. Je me mets à 4 pattes. En 2 ou 3 poussées, la tête sort et mon fils se met à crier alors que son corps est encore à l’intérieur ! Puis le reste sort.
Le sage-femme me pose le bébé sur le ventre. Nous le trouvons beau et vigoureux. Il essaie déjà de ramper vers le sein.
Le placenta ne tarde pas à sortir. Nous regardons le placenta et le cordon. Puis mon mari le coupe. Il est 0h22.
Le sage-femme oriente un projecteur vers moi, vers mon sexe, je vois qu’il n’a pas l’air content. Je comprends que j’ai déchiré. Merde. Une toute petite, affirme-t-il. Il la recoud après une piqûre d’anesthésiant local (j’ai quand même mal).
Mon fils tête longuement un sein puis l’autre. Il part avec le sage-femme et son père subir quelques soins, le minimum. J’en profite pour manger une biscotte.
Je dis au sage-femme, je vous l’avais bien dit que j’accoucherais vite !
Tandis que son père lui passe sa première couche et l’habille, notre fils d’endort comme un bienheureux (il ne se réveillera que 12 heures plus tard).
Vers 2 ou 3 h du matin, des dames viennent pour nous emmener dans la chambre. On me propose un fauteuil roulant, mais j’ai envie de me lever pour aller aux toilettes. Une dame m’encourage, elle a rarement vu ça dit elle en 20 ans de carrière. Nous ne prenons donc pas le fauteuil roulant. Dommage finalement, car je m’évanouis deux fois sur le chemin de la chambre. J’ai une grande sensation de plaisir en revenant à moi.
Quand nous arrivons enfin dans la chambre, une sage-femme prend ma tension (11-4 !) et m’apporte un thé. Mon mari s’endort sur un lit de camp mais moi, je suis tellement excitée que je passe une nuit blanche ! J’attends l’aube avec hâte, pour pouvoir passer des coups de fil, recevoir des visites et manger !

Le séjour à la maternité s’est bien passé, le personnel était très prévenant, mais j’ai insisté pour sortir au bout de 3 jours au lieu des 4 prévus car ma maison me manquait !
Depuis, notre fils continue de mener une vie tranquille à l’image de sa naissance. Nous avons revu le sage-femme pour quelques séances d’haptonomie. La clinique où il pratiquait les accouchements ayant fermé, il exerce désormais dans une maternité à l’autre bout de Paris, trop loin pour nous. Pour mon 2ème, j’essaierai d’avoir une place dans une autre maternité de la région parisienne, plus proche de chez nous mais connue elle aussi pour sa promotion de l’accouchement physiologique. Ils ne font pas d’accompagnement global, je risque donc de tomber le jour J sur une sage-femme que je ne connais pas. Mais pour un 2ème, je serai sans doute plus sereine. D’autant plus que j’ai accouché sans péridurale. En tout cas, cette fois-ci, je prendrai la route pour la maternité quand JE le déciderai !

Je me rends bien compte que j’ai pu bénéficier d’un accouchement physiologique parce que je disposais des ressources culturelles, financières mais aussi physiques pour pouvoir me le permettre (les femmes de ma famille semblent décidément favorisées par la nature en matière d’accouchement). La plupart des femmes n’ont pas cette chance. Mais quand j’entends les récits d’accouchement autour de moi, je me dis qu’il y a une marge de progrès ! J’essaie de sensibiliser – avec tact – les gens que je rencontre sur l’intérêt de lutter contre la surmédicalisation inutile voire dangereuse qui est encore trop souvent imposée aux parturientes. Ca n’est pas très facile.

Anonyme 3 – Bruxelles – 2009 & 2012

29 Jan
Voici le récit de mes deux accouchements.
Pour ma première grossesse, j’ai été suivie par une sage-femme libérale, avec le projet d’accoucher dans la clinique près de chez moi (à Bruxelles, en Belgique), avec cette sage-femme (« plateau technique »). J’ai vu ma gynécologue trois fois, pour les échographies. J’ai également fais du yoga prénatal.
Nous sommes à 40 semaines + 2 jours, j’ai depuis deux jours des pertes rosées, je suis prête, je m’occupe à la maison : derniers rangements, papote avec une amie qui vient nous dire bonjour. En fait j’ai déjà des contractions, et c’est mon amie qui me le fait remarquer « dis, mais tu es en travail, hein, là ! »… En effet, je m’interromps de plus en plus souvent pour « prendre » une contraction en me penchant, en m’appuyant sur un meuble. Je me sens plutôt en forme, à la limite de l’hyper-activité. Je range la bibliothèque avec frénésie. C’est mon mari qui me somme de m’arrêter.
Le soir tombe et je commence à réaliser que, oui, mon bébé est en route. On mange, les contractions s’intensifient.
Je vais prendre un bain, ce fameux bain qu’on m’avait dit de prendre histoire d’exclure un « faux-travail ». Oui, ben, c’est un « vrai » travail !!
Malgré tout, nous restons calmes car, même si elles sont déjà assez intenses, les contractions ne sont pas régulières, ni en rythme, ni en intensité. Un coup de fil à notre sage-femme nous « calme » encore plus : « rappelez-moi quand il y aura eu une heure de contractions toutes les 5 minutes !! » (mon Dieu quand j’y repense : ce n’est jamais arrivé !!!).
C’est la nuit maintenant. Nous allons nous coucher… Impossible de dormir. Mon mari est au chronométrage et moi je… J’ai déjà un peu oublié, je crois que j’étais déjà bien dans les hormones. Je déambule, je m’appuie contre la commode, contre mon gros ballon, je vais même m’asseoir aux toilettes pour quelques contractions.
Et puis tout à coup, sproutchhh, la poche des eaux se rompt, dans notre chambre. Le liquide est coloré.
Instantanément, les contractions sont aux 2 minutes, très très intenses cette fois. Je me précipite sur mes petites réserves de nourriture et avale rapidement deux abricots secs et une poignée d’amandes. Et puis j’ai envie de vomir, j’arrête de manger.
Je vais sous la douche nettoyer mes jambes. Mon mari a la sage-femme au téléphone qui m’entend « chanter » derrière et, au su de ces sons, nous donne rendez-vous directement à la clinique.
Rassembler les affaires, m’habiller un peu (c’est l’hiver). On part. Moi je suis super partie, complètement dedans.
Pas facile de monter dans l’auto (je m’agenouille dos à la route), pas facile d’attendre devant la porte de la clinique, dans le vent, pas facile de prendre cet ascenseur avec le gardien de nuit qui me regarde, avec ces contractions toujours plus intenses.
J’ai dans mon sac de quoi grignoter, de la musique à écouter, je pense en avoir pour encore longtemps…
Nous sommes arrivés avant « notre » sage-femme, la sage-femme de la clinique nous accueille.
Mes souvenirs sont flous. C’est un peu le branle-bas de combat. Mon mari doit aller garer l’auto, mais on le retient, j’entends « votre femme accouche, monsieur, ne partez pas ». Je suis à dilatation complète, le reste je m’en fout.
Installés en salle d’accouchement, ma sage-femme ne tarde pas à arriver.
Viennent ensuite les pires heures, des heures de « poussée » sans aucun résultat. Des heures hors-temps, hors-tout.
Je ne comprends pas ce qui m’arrive, je ne sais même plus si je « sens » si je dois pousser ou pas. Mais comme j’ai entendu que j’étais sur le point d’accoucher, je pousse, vaillamment, contraction après contraction.
J’ai une perfusion avec quelque chose qui coule dedans. Impossible de dire qui me l’a posée, quand, pourquoi, ce qui coule (j’apprendrai par après que j’ai reçu de l’ocytocine synthétique).
Quand je vois le soleil se lever je craque. Je réalise que ça fait plus de trois heures que je pousse. Trois heures, presque quatre, complètement dans ma bulle, probablement inaccessible, voire assez revêche, n’arrivant pas non plus à demander de l’aide. Je me souviens avoir passé beaucoup de temps à quatre pattes. Je me souviens à peine avoir refusé vertement la proposition de la sage-femme de m’allonger sur le côté. Je me souviens avoir juré, juré, juré… (!)
Enfin j’arrive à capter un message de ma sage-femme : « ton bébé doit tourner, je vais appeler la gynécologue de garde ».
Oui, avec plaisir, qu’on en finisse, bon sang !
Il est en « occipito-sacré », en fait. Le fameux accouchement en postérieur. Ben merde. Je me souviens du chapitre dans le livre d’Isabelle Brabant. Putain, pourquoi on ne m’a rien dit, et quoi, il n’y avait pas des positions pour le faire tourner ?
Je suis une vraie furie. En fait je crois que j’avais vraiment fait mon possible et que les personnes autour de moi ont fait leur possible aussi pour m’aider !
Il paraît qu’à un moment les sages-femmes ont pensé à demander une césarienne. Mais heureusement, on ne m’en a rien dit, j’étais déjà assez enragée comme ça !
La gynécologue arrive, c’est une femme de mon âge. Elle fait un toucher tout en me demandant de pousser. Je l’entend dire « la poussée est efficace ». Mon Dieu comme ces mots sont doux à mes oreilles, moi qui avais eu mille fois le temps de me dire que ces foutus efforts ne servaient à rien !
C’est au tour de la ventouse de faire son entrée. Aouch ! Sans péridurale, et « dans le mauvais sens », je la sens passer !
Un tour. Cette image, je ne sais plus si c’est la mienne ou celle de mon mari, d’un capitaine de bateau qui tourne le gouvernail en pleine tempête, avec force, avec tout son corps.
Ensuite elles me laissent pousser. Une fois, deux fois, le voilà, qui glisse tout seul.
Contre moi. Qu’il est grand ! Qu’il est beau !
Tout sale avec son méconium, mais tout rose. Un superbe bébé. C’est un garçon.
C’est exactement le bébé que je voulais !!!
Bonjour Nils, bienvenue au monde, bienvenue parmi nous !
Je ne me souviens plus de la délivrance. Je suis sur notre petit nuage d’amour.
La gynécologue et la sage-femme sont toutes à leur affaire avec mon périnée. Une épisiotomie, pour la ventouse, et puis une « brèche » vers l’anus… Il paraît qu’elles ont hésité à m’emmener « au bloc » tant le travail de suture était conséquent… Il paraît aussi qu’elle a fait du beau travail. Sympa.
Un pédiatre passe et se penche sur mon garçon. Ah oui, le liquide était méconial. Et puis, bon, la naissance n’a pas été facile.
Je lui décoche un « vous n’allez pas l’aspirer, hein ! ». Je dois encore avoir mon regard noir d’adrénaline. Lui a un regard gentil. Il regarde mon bébé sans le toucher, ne dit mot et s’éclipse. Merci, il a tout compris celui-là ! Ou alors il terminait sa garde !
Plus tard on est tous les trois, mon bébé est contre moi, un peu sonné quand-même, il cherche à téter.
Et c’est juste à ce moment-là que la sage-femme vient pour le sécher, le peser. Bon ça ne m’a pas tellement plu mais c’est vite passé. Après c’est vrai qu’on a pas mal galéré pour la mise au sein mais allez savoir si c’est à cause de ça ? L’allaitement sera difficile à mettre en route mais je suis bien soutenue. Très bien soutenue. Mon fils tètera 22 mois, finalement !
Je sors triomphante de cet accouchement, une immense fierté m’envahit. Je suis euphorique, presque maniaque.
Je dis « on peut dire que c’est sensationnel ! »
Les quelques jours passés à la maternité sont très chouettes, l’équipe est soutenante, présente quand il faut.
Sauf cette affreuse sorcière qui me brandit sous le nez un tube d’auréomycine sous prétexte que mon fils a des petites croutes jaunes au coin de l’oeil. En pleine nuit ! Je le lui fait bouffer, son tube. Non mais ! La petite conjonctivite passera avec un peu de mon lait dans l’oeil (sous les conseils d’une amie maman).
Quelques semaines plus tard, après que nous lui en ayons fait le récit, un ostéopathe nous dis que cette naissance a dû faire beaucoup souffrir notre fils. Sur ces mots, je retomberai du haut de mon euphorie. Des mots qui continueront à résonner, en profondeur, pendant longtemps ! Je m’en serait bien passée : à quoi ça servait de nous dire ça ?
Pourtant c’est vrai que ce n’était pas de la petite bière cette naissance. mais notre fils est en pleine forme. Un bébé serein comme tout en plus !
Trois ans plus tard, me voilà à nouveau enceinte.
Au début de cette nouvelle grossesse je suis surprise par le surgissement de l’angoisse de vivre un accouchement comme le premier.
Je décide, après quelques échanges avec ma sage-femme et avec différentes autres personnes, de faire le suivi avec une autre sage-femme. Je retourne au yoga prénatal. Ma gynécologue me verra pour les échographies. Nous nous inscrivons dans la même maternité pour un accouchement en plateau technique avec notre nouvelle sage-femme.
Nous avons deux dates pour le terme. Un vendredi et le lundi qui suit. Quoiqu’il en soit, c’est dans une semaine environ.
L’aîné est chez ses grands-parents pour le week-end.
Samedi matin nous avons fait l’amour. Quel merveilleux souvenir !
Samedi soir nous sommes allés à une fête. Je suis en pleine forme, je rayonne avec mon ventre tout rond. Deux heures du matin, une cigarette sur le balcon, la fête bat son plein. La lune est énorme, superbe, toute pleine elle aussi.
« En voilà une lune à faire naître les enfants », me dis-je ! Mais je n’y crois pas. J’ai encore une semaine devant moi et mille petits projets.
Dimanche matin nous dormons tard. Je me lève quand il est presque midi. Tiens, ces pertes rosées, ça me rappelle quelque chose !
Quand mon mari se lève à son tour je l’invite à m’aider. J’ai entrepris de finaliser quelques rangements par-ci par-là. On se met d’accord, enfin, sur un prénom de garçon et je commence à bricoler le faire-part. Mon mari passe l’aspirateur dans l’escalier commun de la maison (!!?). J’ai des contractions que j’accueille tranquillement. Elles m’interrompent à peine. Je visualise mon bébé qui descend, je lui dis « vas-y, tu peux venir ». Je me fais doucement à l’idée que la naissance arrivera… dans moins d’une semaine !
L’après-midi se passe et mon mari doit aller en ville pour un rendez-vous. Bien sûr, il sait que j’ai des contractions, mais comme je les prends très à la légère, il s’en va à son aise.
Je vais m’épiler les jambes, et même me vernir les ongles de pieds ! Je veux être toute belle pour mon bébé.
Bon. Les contractions sont de plus en plus costaudes. Difficile d’en calculer l’écart, le rythme.
Quand mon mari rentre, je commence à réaliser que je suis en travail. Et pourtant nous nous asseyons tranquillement pour manger, et nous invitons même notre voisin à passer (nous voulions emprunter son appareil photo pour photographier le montage que j’avais fait pour le faire-part).
Quand il arrive, je vais prendre ce « fameux bain « (on ne m’aura plus !!!)…
Ouh là, ça s’accélère franchement. j’appelle mon mari, lui demande de remercier notre cher voisin et de me rejoindre. Il appelle la sage-femme… qui est à l’autre bout de la ville, elle vient de terminer un accouchement.
J’espère très fort qu’elle ait le temps de nous rejoindre à la maison. Je ne veux plus arriver « seule » à la clinique.
Une demi-heure plus tard, tant pis, on embarque les valises, il faut y aller, je le sens !
Au moment où nous sortons de la maison, la sage-femme arrive. Je monte dans sa voiture et mon mari nous suit.
Et là c’est parti. Je perds les eaux dans la voiture de la sage-femme (nous sommes à cinq minutes en voiture de la clinique !). Dans le hall de l’hôpital (heureusement en pleine nuit), je refuse de m’asseoir sur une chaise, je veux accoucher là, je m’en fout, ça pousse, ça pousse.
Ma sage-femme arrive à m’imposer une chaise roulante et file à toute allure vers l’ascenseur. Je suis à genou sur la chaise.
Entrée en fanfare en salle d’accouchement. Je me met à quatre pattes sur la table. Il y a pas mal de monde.
Je suis dans tous mes états, bourrée d’énergie. Je donne des ordres à tout va : « éteignez cette lumière !! », « pas besoin de m’examiner, il est là !! », « à boire ! J’ai soif !! ». Une élève sage-femme tente bravement de recueillir un petit tracé avec le monito (nous aurons cinq centimètres de papier !)
Aaah ! C’est super intense !!
Mon mari doit arriver, je l’attends. Encore cette foutue voiture à garer !
Je suis un peu triste de ne pas avoir été plus tôt au fait de l’état d’avancement du travail, triste de n’avoir pas vraiment eu l’occasion de dire tranquillement à mon mari « ça y est, notre bébé est en route »…
Finalement, heureusement qu’il met quelques minutes à arriver : Je fais caca, je crie « Bah ! ça pue ! Aaah ! désolée !! »
Mon mari arrive, ça y est je peux pousser. Ouh c’est vachement intense !
Allez, quand faut y aller, faut y aller ! Je pousse, mais vraiment cette fois j’y vais, au bout.
Une fois, le voilà, Deux fois, il est là.
Je m’assoie sur mes genoux, il est là entre mes jambes, je le prends contre moi.
Comme il est beau ! C’est incroyable ! Bienvenue à toi, Vadim, bienvenue dans notre famille !
Je n’en reviens pas d’avoir (encore!) un si beau bébé, il est parfait !
Tout s’arrête. Enfin. Le calme après la tempête. Un quart d’heure est passé entre l’arrivée à la clinique et la naissance, à peine vingt minutes entre le moment où nous quittions la maison et la naissance !!
Bon il faut encore pousser, pour le placenta. La détermination me manque, je suis toute à la rencontre. Je devrai me remettre à quatre pattes pour y arriver… Aouch, ça fait sacrément mal !
Nous sommes à l’hôpital mais pas un geste médical n’aura été posé.
Puis la salle d’accouchement se vide, nous sommes tous les trois. Notre sage-femme rentre chez elle, les autres vont s’occuper des autres mamans. Il y a plein de naissances, cette nuit, et plein de mamans qui arrivent en étant déjà bien avancées dans le travail …
Mon bébé tète déjà, avec concentration. Quel merveilleux petit garçon !
Les sages-femmes de la maternité sont charmantes, le retour à la maison se passe bien, l’allaitement, tout ça.
Bien entendu, j’ai mal en allaitant au début, les tranchées, et les mamelons qui sont sensibles. Mais une fois de plus je suis bien entourée.
Mon périnée, quant à lui, est intact, comme on dit. Une merveille ! Je peux le « sentir » dès les lendemain de la naissance.
Voilà, ces deux naissances. Semblables en bien des points et pourtant très différentes.
J’ai pu accéder à cet état si particulier à chaque fois grâce à la bienveillance de ceux qui m’ont entourée alors.
Je les en remercie du fond du coeur.
Chacune de ces naissances ont fait de moi la maman que je suis, et j’en suis profondément heureuse !