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#344 Servane, la naissance de Tinael

8 Fév

Mercredi 18 septembre 2013

Ta naissance est imminente alors je profite des derniers instants avec ta sœur comme fille unique : nous allons faire une longue balade pour rechercher des coquilles d’escargots. Nous marchons presque 1h, elle veut aller voir le tractopelle en bas de la rue et me montrer la cantine. De retour à la maison, je fais un peu de repassage, prépare le repas et nous allons coucher Malou. On regarde un peu la télévision avec papa mais on monte vite se coucher, on fait un câlin avant de s’endormir.

Jeudi 19 septembre

2h29 : pause pipi de la nuit. Quand je remonte, une contraction douloureuse. Je regarde l’heure, on ne sait jamais, j’ai toujours eu le pressentiment que tu naîtrais aujourd’hui, une semaine tout juste avant ma DPA, comme pour ta sœur. J’essaie de me rendormir mais impossible, les contractions reviennent toutes les 7 à 10 minutes. Je reste 1h dans le lit mais elles commencent à devenir difficiles à gérer sans bouger et sans faire trop de bruit pour ne pas réveiller ton papa. Je décide donc de descendre dans le salon. J’allume les bougies et je me pose un peu sur le ballon puis à genoux, les contractions se calment un peu, j’en profite pour dessiner les plans de notre future maison.

Finalement, je remonte me coucher vers 4h40 et je réussis à m’endormir jusqu’au passage du camion poubelle qui comme toutes les semaines réveille ta sœur qui court jusque notre chambre pour qu’on la porte afin qu’elle puisse le regarder. Elle vient ensuite finir sa nuit dans notre lit mais pour le coup, les contractions sont de retour et je ne peux pas les gérer avec elle si près de moi.

Je décide donc de me relever et d’aller prendre un bain. Je fais couler de l’eau bien chaude, allume deux bougies et m’installe dans la baignoire. Mais je ne suis pas à l’aise, je ne sais pas comment m’installer… Allongée, les contractions sont trop difficiles à gérer et je ne suis pas très bien assisse ou à genoux. Je sors donc rapidement et je retourne dans le salon.

Les contractions seront facilement gérables toute la matinée mais m’empêcheront tout de même de me reposer car dès que je tente de m’allonger sur le canapé, elles se font plus douloureuses. Quand je suis sur le ballon, elles s’estompent me faisant douter que c’est bien le jour J… Finalement, je demande à papa d’aller chercher Malou à l’école, les contractions sont facilement gérables, je veux profiter d’elle comme fille unique encore un peu. Le repas se passe bien, peu de contractions mais quand elles sont là, je dois me concentrer pour les accepter. Malou finit par repartir à l’école, je la préviens que peut être ce sera Virginie qui viendra la chercher car maman a mal au ventre et que le bébé devrait bientôt arriver : elle est très contente et moi, je suis soulagée de voir qu’elle accepte bien la situation. Une fois partie, j’appelle la sage-femme pour la tenir au courant et savoir si elle peut venir pour confirmer un début de travail et éventuellement m’accompagner un maximum à la maison comme on l’avait convenu. Pour elle, le travail n’est pas encore réellement lancé car les contractions sont trop anarchiques, elle me dit donc de la rappeler si elles deviennent régulières et/ou trop douloureuses. Je suis un peu déçue car au fond de moi, je sais que le travail est lancé, je sais que tu es en chemin pour nous rejoindre. Je continue donc à accueillir les contractions sur le ballon, sur le canapé ou en marchant pour essayer de régulariser tout ça.

15h25 : Les contractions sont régulières, toutes les 6 minutes. Je décide de rappeler la sage-femme, je lui laisse un message. Je demande aussi à papa de prévenir Virginie qu’elle devra garder Malou ce soir. Les contractions commencent à s’accentuer un peu, j’ai du mal à trouver une position qui me soulage vraiment mais je me sens bien à genoux par terre, la tête enfouie dans les coussins du canapé. Je balance mon bassin pendant la contraction en essayant d’en visualiser l’ouverture pour ton passage ou une jeune fille blonde aux cheveux longs dans un champ de blé, réchauffée par les rayons du soleil (va savoir pourquoi c’est cette image qui me vient alors que pendant toute la grossesse, je m’étais imaginé que je penserais à la mer, élément qui me détend profondément)

Papa passe rapidement après l’école pour prendre les affaires de Malou, j’en profite pour lui faire un dernier bisou, je sais que quand je la reverrais elle sera grande sœur, ça me fait un léger pincement au cœur. Il part l’emmener chez Virginie puis essaie de joindre la sage-femme qui n’a toujours pas rappelé. Elle finira par répondre vers 18h30, elle ne pourra pas venir mais au vue des descriptions faites par papa, elle pense que le travail est déjà bien avancé et qu’il ne faut pas trop tarder à la maison, encore 1h ou 2 maxi. De mon côté,  je continue à gérer les contractions, les accompagnant de OOOOoooh graves. Je demande aussi à papa de me préparer des gants d’eau très chaude pour soulager mon dos qui commence à être douloureux pendant les contractions. Sur les conseils de la sage-femme, il me prépare un bain chaud. Cette fois je m’y sens bien, je m’installe à 4 pattes dans la baignoire et au moment de la contraction, il me met le jet d’eau chaude sur le dos, ça me soulage +++. Mais l’heure tourne et je crois qu’il a peur que j’accouche à la maison donc il me presse un peu pour partir à la maternité : je suis mitigée entre envie et peur de savoir où j’en suis. Et si je n’étais dilatée qu’à 3/4cm et que je sois obligée de rester à la maternité ?

20h : Arrivée à la maternité. Je gère une contraction devant l’entrée et c’est parti. Une sage-femme très gentille nous accueille et nous installe en salle d’examen. Elle me pose le monito, fini de remplir mon dossier (et râle après le sage-femme acupuncteur que j’ai vu 3 fois depuis la semaine dernière et qui ne l’a pas fait !) et me demande si je veux attendre un peu pour avoir un TV. Non, je veux être fixée maintenant et là, bonne surprise, je suis dilatée à 7/8cm, je suis trop contente et tellement soulagée ! Ta tête est cependant trop en avant pour s’engager dans le bassin. Elle part préparer la salle de travail puis nous installe et nous laissera tranquille jusque 22h. Je me remets sur le ballon, comme à la maison et papa continue de me mettre des cotons imbibés d’eau chaude sur le dos pour me soulager. Je me sens bien, je gère.

22h : Nouveau TV et col toujours à 7/8 cm. Elle me propose de percer la poche des eaux pour que tu puisses mieux s’engager et appuyer sur le col. Je ne sais pas trop, je sais que les contractions avec une poche rompue sont plus douloureuses et je commence à avoir du mal à gérer alors des contractions plus  fortes ? On décide de se laisser encore une heure et on verra ce qu’on décide alors. Je demande conseils à Colette pour aider bébé à s’engager dans le bassin, je m’installe à genoux sur la table, face au dossier et balance mon bassin en faisant des ronds pour essayer de t’aider à t’engager.

22h40 : Je lui demande de m’examiner à nouveau, les contractions sont de moins en moins gérables. Pas d’évolution. On décide donc de percer la poche des eaux mais avec la péridurale. Elle me rappelle mon PDN mais on en a discuté avec papa, je suis vraiment fatiguée et la péri me permettra de ma reposer un peu avant la poussée. Elle part dons chercher l’anesthésiste puis prépare tout le matériel. Dans ma tête, je doute de ma décision : quand je vois tout ce qu’elle prépare (perf, capteur au doigt, tensiomètre) je me dis que ce n’est pas ce que je veux, j’ai peur de regretter mais je suis tellement fatiguée… L’anesthésiste arrive, il me fait m’asseoir en pleine contraction ! Il pose la péri puis la sage-femme perce la poche des eaux (23h15) Quelques minutes plus tard, je ressens les contractions très fortes du côté gauche mais rien du côté droit, la sage-femme me propose alors de me mettre sur le côté pour aider le produit à mieux de répandre mais sans effet, c’est même pire car voilà qu’elle ne fonctionne plus du tout au niveau du ventre et du dos mais juste au niveau des jambes. Les contractions sont difficilement gérables, j’aimerais me mettre à genoux mais les sages femmes refusent, elles pensent que c’est trop dangereux, que je pourrais tomber, je suis donc quasi assise mais une douleur aux adducteurs vient me terrasser à chaque contraction.

2h (je crois) : Je suis à dilatation complète, tu es descendu et engagé mais bloque dans le détroit inférieur. La sage-femme me propose de m’injecter du synto pour aider les choses car mes contractions sont pour elle trop espacées et pas assez longues. Je sais que la douleur sera encore une fois plus intense, je ne tiendrais pas donc je refuse. Papa me dira plus tard que ça l’a énervée mais qu’elle a finalement compris mon choix quand je lui ai expliqué à son retour dans la salle. Elle me propose d’essayer de pousser pour t’aider à descendre et à te fixer. Du coup, elles « m’installent », je demande si je peux ne pas avoir les étriers, elles me mettent donc les pieds  dans des supports pour pousser dessus. Sur chaque contraction, je m’exécute mais à priori je pousse mal et ma douleur aux adducteurs est trop intense, je ne tiens plus. J’insulte l’anesthésiste et je commence à m’énerver car personne ne veux croire que cette fou*** péri ne fonctionne pas ! Une autre sage-femme vient essayer de m’aider à gérer les contractions en me conseillant de faire des AAAAaaaah graves et ça m’aide un peu et je visualise toujours cette image dans le champ de blé. Je continue à pousser sur les contractions, papa me dit quand elles diminuent sur le monito, ça m’aide, je sais que la douleur disparaitra dans quelques secondes…  On essaie la position semi assisse et sur le côté mais rien n’y fais, j’ai trop mal. Je finis par accepter le synto, je n’en peux plus, je veux que ça se termine vite ! Le sort est avec moi, leur machine ne fonctionne pas. La sage-femme finit par aller chercher le médecin, je sais que je n’y arriverais pas toute seule et qu’il faut qu’il t’aide à sortir : ce sera la ventouse. Le gynécologue est une femme qui me parait très gentille, son visage m’inspire confiance, je suis soulagée (je n’aurais pas dû) Elle m’explique que je dois pousser sur la prochaine contraction et qu’elle t’aidera avec la ventouse. La contraction arrive, je pousse de toute mes forces 2 fois puis je hurle de douleur, je repousse. Elle me dit que ta tête est là, que je dois encore faire un effort alors je pousse autant que je peux. Ta tête est sortie, je veux la toucher. La sage-femme à côté de moi, me prend la main et je la touche, je touche la tête de mon fils, quelle sensation unique. Mais la gynécologue me l’enlève. Elle sort les épaules puis le reste de ton petit corps avant de te poser sur mon ventre, il est 3h53. Et là, grand moment d’émotion, j’ai réussi, on a réussi. Tu es né par voie basse !!! Elle demande à papa s’il veut couper le cordon mais il ne le souhaite pas, elle le fait donc (sans attendre qu’il est cessé de battre comme je l’avais demandé) puis s’attaque à la délivrance. Elle tire sur le cordon pour faire sortir le placenta,  il sort très rapidement, je demande si je pourrais le voir et qu’elle m’explique son fonctionnement, il n’y aura pas de problème. Ils me proposeront même de le garder mais papa n’y tiens pas. J’ai le droit à un massage du ventre pas très agréable puis elle recoud mon épisio. La sage-femme me dit qu’elle n’est pas très grande mais elle sera bien douloureuse ! Tu es parti faire quelques soins avec papa mais tu reviens vite près de moi pour un moment de peau à peau. J’essaie de te mettre au sein mais mon petit d’Homme ne veut pas têter, ce sera pour plus tard. Au bout d’une heure, je te pose tout de même dans ton berceau car la fatigue est trop importante, je m’endors jusqu’au retour de la sage-femme vers 7h pour le retour en chambre.

Je suis heureuse de mon accouchement, fière d’avoir tenu aussi longtemps à la maison et même si les premiers jours j’étais déçue d’avoir eu recours à la péri, je n’ai plus de regrets car je sais qu’à ce moment là j’en avais besoin et qui aurait pu savoir qu’elle n’allait pas fonctionner correctement ? Les seuls regrets que j’ai encore sont par rapport au gynécologue qui n’a pas respecté mon PDN (épisio, ne pas pouvoir toucher bébé à sa sortie, ne pas pouvoir l’accompagner pour le poser moi-même sur mon ventre, attendre que le cordon ait cessé de battre avant de le clamper). Je ne comprends pas pourquoi, elle n’a pas respecté mes choix et ça me laisse l’impression d’avoir couru un marathon pour que quelqu’un d’autre franchisse la ligne d’arrivée à ma place… Elle m’a volé la fin de mon accouchement alors que je pense qu’une fois la tête sortie avec la ventouse, elle aurait très bien pu laisser les choses se terminer naturellement et me laisser pousser pour sortir seule mon fils.

Je suis ravie d’avoir eu une équipe comme celle-là pour m’accompagner lors de cette naissance car je sais que la sage-femme a été au-delà de ses limites pour respecter mes choix (elle !) et c’est grâce à elle que j’ai pu avoir mon accouchement par voie basse !

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#324 – Le prix à payer pour …

8 Jan
Voici le témoignage de mon accouchement, à Paris, qui m’a fait vivre l’enfer. Les conséquences de mon accouchement ont été longues et j’ignore combien de temps elles dureront. J’y pense encore douloureusement.
Merci de votre lecture.

Le 10 septembre 2013, lors de ma visite du 9ème mois, dans cette maternité parisienne qui se veut physiologique et naturelle, alors que, pour la première fois, on ne me fait pas le toucher vaginal systématique, dont j’apprends qu’il n’est en fait pas obligatoire, la sage-femme m’annonce que le bébé est encore haut, et me conseille de faire une séance d’acupuncture pour faire descendre le bébé et déclencher les contractions. L’acupuncture me va bien, j’en ai assez de dévoiler mon intimité à la ville entière, depuis plus de huit mois.

À peine sortie de la maternité, je prends rendez-vous pour le lendemain matin. J’arriverai chez l’acupuncteur après une nuit très courte suite à une longue insomnie.

Je passe toute la journée du 11 à sentir que quelque chose a bougé.

Le 11 à presque minuit, en me redressant pour aller me coucher parce que je suis extrêmement fatiguée de cette courte nuit et cette longue journée, je sens un liquide chaud couler entre mes jambes. Devant la tête que je fais, mon compagnon me demande, comme à chaque fois que je fais une drôle de tête depuis un mois : « Tu vas accoucher ? ». Cette fois-ci, je réponds que c’est bien possible. Je file aux toilettes et cela se confirme, j’ai perdu les eaux. Le liquide amniotique est clair.

Alors que je me dis que j’ai quatre heures devant moi avant de devoir partir, et que je vais en profiter pour dormir un peu, mon compagnon appelle la maternité, qui nous dit de venir immédiatement. Nous arrivons une heure et demie plus tard, après que j’aie assouvi ma petite lubie de soudainement me maquiller et vérifier mes valises.

À la maternité, on me place sur une table pour un monitoring après avoir vérifié ma dilatation : 1 doigt. Malheureusement, le bébé bouge beaucoup, il est très dur d’avoir un monitoring constant pendant 20 minutes. Il nous faudra deux heures et demie avant d’y parvenir. Je suis déjà épuisée.

On nous met dans une chambre dans les étages. Je ne sens pas les contractions et je m’endors aisément. À 7 heures du matin, de grosses contractions me réveillent. Je parviens malgré tout à me rendormir sur le petit bout de lit qu’il me reste – nous sommes deux sur un lit 1 place. À 11 heures, je me réveille pour de bon, avec toute la douleur des contractions. Je prends de l’huile de ricin pour accélérer l’accouchement, mais ça ne changera rien.

De 12h à 16h, mon compagnon et moi faisons des aller-retours dans les escaliers et le jardin de la maternité. Quand les contractions deviennent trop fortes, je vais prendre des douches chaudes qui me font oublier la douleur.

Vers 16h, les contractions sont vraiment rapprochées et douloureuses. J’appelle l’infirmière, qui confirmera le besoin de me faire redescendre en salle de naissance.

À nouveau, on me place pour un monitoring. Je dois rester allongée alors que seul le mouvement fait passer la douleur. Comme le bébé bouge toujours beaucoup, il faut encore longtemps avant d’en avoir un fiable. Je suis toujours à 1 doigt de dilatation.

J’explique à l’équipe que j’aimerais accoucher dans l’eau, que je n’ai pas le streptocoque B, et que l’eau chaude m’aide à gérer les contractions. Malheureusement, la salle de naissance avec la baignoire est occupée à ce moment-là, et l’équipe a un peu la flemme de me faire couler un bain dans une autre salle et de me transférer plus tard.

Après de longues minutes à insister, on me laisse finalement remonter dans ma chambre pour prendre une douche chaude.

La douche dure longtemps. Je redescends en salle de naissance à 19h, on me remet le monitoring. J’explique que je veux marcher. Qu’être statique est insupportable. Je demande le monitoring sans fil dont on m’a parlé pendant les séances de préparation à l’accouchement. On m’explique que les capteurs ont été balancés par erreur un mois plus tôt. Je ne tiens plus allongée. On me donne un ballon et très franchement ça ne change rien, je veux juste marcher.

On nous laisse marcher dans les couloirs entre les salles de naissance, et mon compagnon et moi déambulons pendant longtemps, en balançant nos hanches. Les sages-femmes nous surnomment « les danseurs ».

Malgré le mouvement, les contractions deviennent plus fortes et moins faciles à gérer. On veut me refaire un monitoring. Je fuis ces moments extrêmement douloureux qui disent toujours la même chose : tout va bien. Je ne sais par quel miracle, une sage-femme passera par ma chambre. Je lui explique à elle aussi que j’aimerais accoucher dans l’eau et qu’en attendant, j’ai mal, alors que l’eau chaude me fait du bien. Elle m’explique que les deux baignoires, qui ne sont pas des baignoires d’accouchement mais des baignoires de travail, sont libres depuis longtemps, et s’étonne que personne ne m’ait proposé de prendre un bain. Elle me fait couler un bain chaud et mon compagnon et moi nous retrouvons dans une petite pièce calme, à la lumière tamisée, où nous mettons notre musique et nos huiles essentielles à l’abri du corps médical. Ce moment est magique. Les contractions deviennent plus fortes mais mon ami me passe de l’eau sur le ventre quand elles viennent et je gère la douleur. Quand elles deviennent trop fortes, nous retournons marcher en balançant nos hanches, puis je reviens dans l’eau, puis nous remarchons, en alternant. Mais à un moment, je sens les contractions devenir vraiment plus douloureuses et plus intenses, et je vomis de douleur. À ce moment-là, je sens que je suis en train de m’épuiser, et que je vais peut-être devoir renoncer à mon rêve d’accoucher dans l’eau. J’annonce à mon ami que je vais demander un check-up, que si le travail a bien avancé, j’attendrai sans péridurale, et que sinon, je vais la demander.

Il est bientôt minuit et je suis à un doigt et demi. Je perds pied. Les sages-femmes me disent que c’est normal, mais je suis épuisée et je ne veux pas ne pas avoir la force de pousser mon bébé hors de moi. Ce que je crains plus que tout, c’est l’épisiotomie. Je la crains tellement que je l’ai fait noter dans mon dossier médical, et que j’ai annoncé à tout le monde que je préférais la déchirure. Alors, pour ne pas perdre cette force, je demande la péridurale. Tant pis pour l’accouchement dans l’eau, au moins je pourrai choisir ma position d’accouchement pour minimiser les risques de déchirure et d’épisiotomie, c’est dans la charte de cette maternité que l’on peut choisir sa position d’accouchement. L’anesthésiste vient me poser la péridurale. Il me pique la colonne vertébrale une douzaine de fois avant de mettre l’aiguille correctement, m’engueule parce que je me plains que cette aiguille me fait mal, et s’en va tout de suite après.

Quand la péridurale commence à faire effet, c’est le soulagement total. Je m’endors aussitôt. Malheureusement, la péridurale a ralenti le travail, on me propose de faire une séance d’acupuncture pour le relancer. La sage-femme acupunctrice viendra une heure et demie plus tard, et ça ne fonctionnera pas. On me rajoute de l’ocytocine dans la perfusion. Puis la douleur me réveille un peu plus tard, on me réinjecte une dose. Elle ne fait pas effet. Une deuxième dose ne fait pas effet non plus. Une troisième non plus. Épuisée, je me rendors entre chaque contraction, et je me réveille submergée par la douleur à chaque fois. Les sages-femmes vont voir l’anesthésiste, qui leur conseille d’augmenter les doses. Ça ne fonctionne toujours pas. De les rapprocher. Ça ne marche pas non plus.

Je finis par comprendre que la douleur est bel et bien réinstallée et que la péridurale ne fera plus effet. Je veux marcher, c’est la seule chose qui me fait du bien. Mais on me l’interdit, maintenant il faut un monitoring constant, on me propose le ballon qui ne fait toujours rien. J’arrive à m’échapper de temps en temps quand je vais faire pipi, et encore, je vois bien que ça fait chier l’équipe qui me propose à plusieurs reprises de me sonder alors que je suis parfaitement en état de marcher.

L’anesthésiste de garde change. Le nouvel anesthésiste comprend bien ma douleur, tente encore quelques injections de péridurale un peu plus fortes.

J’ai un répit d’une demi-heure. Je compte en profiter pour me reposer, mais impossible : l’équipe soignante a changé, et si les sages-femmes de nuit acceptaient que mon compagnon vienne les voir directement parce que la sonnette de mon lit ne marchait pas, ça n’est pas du goût de l’équipe de jour. Cette demi-heure de répit sans douleur, c’est précisément celle qu’ils choisiront pour envoyer un technicien pour réparer la sonnette de mon lit. On ouvre grand les rideaux, la chambre est remplie de lumière et de gens, impossible de me reposer.

Le bébé pousse sur mon rectum, je demande si c’est normal. On me dit que oui.

Il est 13h30. On m’explique que cela fait deux heures que je suis à dilatation complète. Je m’étonne de ne pas avoir été prévenue avant. Les sages-femmes me disent qu’il va falloir faire une manœuvre interne parce que le bébé « n’est pas dans le bon sens ». On ne me dira pas qu’il est en OS. Je dois être trop cruche pour comprendre, même si je connais l’intégralité des termes médicaux depuis mon arrivée – je suis bien renseignée.

L’anesthésiste revient. Il m’explique que ma péridurale a été posée n’importe comment, qu’elle est beaucoup trop haute et que c’est pour cela qu’elle ne peut pas faire effet. Il me dit qu’il veut la reposer, et faire en premier lieu une rachianesthésie puis laisser un cathéter pour la péridurale. Il me dit que cela peut couper le bloc moteur, mais ayant déjà eu une rachianesthésie pour une opération du genou, je sais que je peux gérer. J’accepte.

Je veux aller faire pipi. Je me lève, et je marche, certes avec l’aide de mon compagnon, l’infirmière derrière pousse la perfusion, mais je marche. À mi-chemin des toilettes, la sage-femme nous arrête : elle refuse que j’aille aux toilettes avec la rachianesthésie et préfère que je fasse pipi dans un pot. J’explique que je n’y arriverai pas, je suis pudique, je l’ai toujours été, j’ai besoin d’être dans une petite pièce fermée à clé pour pouvoir me laisser aller. Elle refuse, et propose qu’on vide la chambre. Je me retrouve seule sur mon lit d’accouchement, avec un pot sous les fesses, le sentiment que tout le monde peut entrer à n’importe quel moment, et bien sûr, je n’y arrive pas. « C’est pas grave, on va vous sonder. » Une humiliation nécessaire ?

On me donne le ballon pour que je me mette à quatre pattes pour voir si le bébé descend. Ça ne marche pas, je ne suis pas du tout à l’aise avec ce ballon qu’on essaie de me refourguer depuis le début. L’interne du service arrive pour la manœuvre interne, il a des mains gigantesques alors que la rachi commence à passer et que je n’ai pas encore eu de dose de péridurale. On m’en injecte une, mais j’ai peur. L’interne est un homme et ça me met mal à l’aise. Il me fait la blague la plus nulle de tous les temps : « Ah oui, j’ai vu votre dossier, vous êtes la patiente qui a fait préciser qu’elle n’aimait pas l’épisiotomie. Bon, ben du coup, je vous la fais tout de suite ? ».

Je n’ai pas beaucoup le sens de l’humour et cette fois-ci c’est trop. Je regarde les sages-femmes et je leur demande s’il est possible que la manœuvre interne soit exécutée par une femme.

La femme en question était déjà dans la salle, derrière moi, et prend très mal le fait que je refuse l’interne : « Ce n’est pas un homme ! C’est le DOCTEUR *** ! », comme si les médecins n’avaient pas de sexe.

Tout le service entre dans ma salle de naissance au moment de la manœuvre. Je suis à poil, avec un bébé dans le ventre, des contractions douloureuses, je vais prendre un avant-bras entier dans la chatte et en plus je suis sur la place publique ?!? J’explose, je hurle « On a besoin d’être 12 dans cette pièce ou quoi ? ». Les personnes inutiles repartent aussitôt, les autres se font discrètes et se collent au mur.

La manœuvre marche un peu mais pas totalement. La médecin commence à me parler sur un ton doucereux de césarienne. Je regarde le monitoring, et ma tension : tout le monde va bien. Je lui dis que je vais bien, que le bébé va bien, et qu’on peut attendre un peu de voir comment la manœuvre va continuer. Je lui dis que je voudrais éviter la césarienne, que la primo-infection du bébé doit se faire si possible par les bactéries « amies » du vagin de la mère et non les bactéries du milieu hospitalier. Elle me montre clairement qu’elle n’apprécie pas les arguments médicaux (« Je suis médecin, c’est moi qui sais, et vous, vous êtes là pour accoucher, pas pour réfléchir, d’accord ? Alors vous restez dans l’émotionnel là, l’hémisphère droit, et vous arrêtez avec le rationnel ! ») et me rétorque que si j’allaite, alors on s’en fout.

Elle insiste pour la césarienne « Ce n’est pas un échec, c’est juste une autre voie » et mon ami lui fait remarquer que « L’autre voie madame, on l’ouvre au scalpel ». Elle est agacée de notre insistance et déclare revenir une demi-heure plus tard. On m’installe sur le côté avec un pied dans l’étrier.

Là, je sais que j’ai une demi-heure pour que le bébé soit dans le bassin, car s’il est dans le bassin, elle ne pourra plus opérer.

Je suis devenue mon bassin, vraiment. J’ai fait des mantras, j’ai chanté, j’ai médité, j’ai visualisé.

28 minutes plus tard, la sage-femme entre dans la pièce, vérifie et m’annonce : « Le bébé est dans le bassin, et vous êtes vraiment grande-ouverte, il a toute la place de passer ».

2 minutes après, la médecin entre, et demande où j’en suis. La sage-femme lui dit que le bébé descend. Mauvaise nouvelle pour elle.

Soudainement, le besoin de pousser. Je me redresse.

La médecin m’appuie sur l’épaule. « – Je veux me redresser ».

« – Vous n’avez pas la force ».

Je lui dis que j’ai la force, que je veux me redresser, me mettre à quatre pattes ou accroupie. Elle me répond que je n’ai pas la force, qu’elle est médecin, qu’elle et l’équipe soignante savent mieux que moi, ils ont « une conscience plus générale » de mon état. J’insiste, elle me dit que ça suffit, qu’elle m’avait déjà dit d’arrêter de réfléchir. Elle explique que je me suis déjà mise à quatre pattes tout à l’heure, et que ça n’avait rien changé, comme si la situation avait quelque chose à voir. Comme elle voit que je ne lâche pas l’affaire, elle se tourne vers la sage-femme qui avait été si gentille avec moi depuis le début et me dit : « puisque vous ne voulez pas m’écouter moi, on va faire comme la sage-femme le dit : qu’en dites-vous, N. ? », comme si une sage-femme allait s’opposer à la cheffe de service…

J’arrête de lutter, je suis en position gynécologique, je me sens humiliée, vulnérable. Je pousse. Je pousse encore. Apparemment je pousse bien. Mais pour une raison que j’ignore, on décide de me faire faire un test pour savoir si je pousse mieux en soufflant ou en bloquant ma respiration. À partir de là, on m’ordonnera de respirer, bloquer, pousser, respirer, bloquer, pousser, alors que pousser est un besoin vital et que je sens bien mon corps capable d’y parvenir tout seul.

Le bébé s’arrête dans le bassin. Je veux me redresser, alors elle demande à l’infirmière de mettre ses coudes dans mon ventre « pour empêcher le bébé de remonter entre les contractions ». Super pour la détente progressive de mon périnée ! Elle veut prendre les forceps. Je refuse, je ne veux pas d’épisiotomie. Elle me dit que ça n’est pas obligatoire, encore moins avec la ventouse. J’accepte la ventouse parce qu’on m’avait dit que ça ne servait qu’à redresser la tête du bébé, et qu’il faisait le reste du travail tout seul.

Mais en fait, elle tire dessus. Je sens le bébé descendre incroyablement vite. Elle essaie de remettre un coup de ventouse, mais la ventouse lâche. Le bébé continue à descendre, je touche sa tête. Il est juste au bord.

Il ne sort pas. On me dit qu’il va falloir faire une épisiotomie. Je ne veux pas. On me dit qu’il le faut. Je refuse. La médecin insiste. Je pleure que je ne veux pas. Elle hurle que ça suffit. Je continue à dire que je ne veux pas, que je veux encore pousser. Je jette un œil aux constantes vitales du bébé, il va bien. Voyant que je refuse, ils tentent de pousser mon compagnon à me faire accepter. Ils lui font peur, lui font croire que le bébé va mal. Et lui se penche vers moi : « Cécile, il faut qu’il naisse ce bébé ».

La plus grande solitude du monde. Je pleure que je ne veux pas. Je veux me redresser. La sage-femme coupe.

J’attrape le bébé et le pose sur mon ventre. Je n’ai même pas regardé si c’était une fille ou un garçon. On vient de me découper.

Agpar à 10 : ce bébé va très bien. Il n’y avait pas d’urgence. On m’a coupée. Découpée. Comme un vulgaire bout de viande, je n’avais pas de consentement à donner. Sauf que l’épisiotomie est hémorragique.

Tout à coup on décide que le bébé respire mal et qu’il faut l’emmener se faire aspirer. En fait, il faut sortir le bébé et le papa parce que mon épisiotomie est hémorragique, qu’on m’a donc fait une délivrance artificielle, que j’ai fait une rupture placentaire et que je suis donc en train de faire une hémorragie de la délivrance. Et hop, une petite révision utérine, c’est cadeau. Cependant, je souffre sans savoir ce qui se passe, tout ceci je l’apprends à la lecture de mon dossier médical, des semaines plus tard.

On me recoud avec une injection mais je sens les points. Pendant qu’on me recoud je demande combien il y a de points. La sage-femme reste vague, prétextant qu’ « on ne peut pas vraiment compter comme ça ». Elle ne me regardera plus jamais dans les yeux. La médecin, ce monstre, me dit que cette épisiotomie est « toute petite ». Le lendemain je verrai les 13 points externes et les infirmières seront impressionnées par la « grande taille » de cette coupure. Pourquoi m’avoir menti sinon par sadisme ?

Et finalement, la sage-femme, avant que mon bébé ne revienne : « je vais vous faire un toucher rectal », parce que je n’avais pas été assez humiliée jusque là. Mon bébé revient avec son papa, on me le pose sur le ventre. Il tète goulument. Je n’arrive pas à saisir la magie de ce moment, on m’a découpée. Je voulais accoucher dans la position de mon choix et ne pas subir d’épisiotomie, mais on ne m’a pas laissé le choix.

Pendant que le papa remonte chercher des habits de bébé, on teste ma glycémie, je suis à 10. On m’explique que je ne vais pas avoir besoin de transfusion. Je m’étonne que cela soit même une option envisagée, personne ne m’avait dit que j’avais fait une hémorragie. Je le saurai quelques semaines plus tard en lisant mon dossier.

En sortant de la salle d’accouchement pour remonter dans la chambre, nous croisons la médecin. Elle vient nous voir et nous dit qu’elle a eu raison d’être sèche, qu’il le fallait. Pourquoi ? Toujours pas d’explication. Je suis censée accorder une confiance aveugle au corps médical sans même le remettre en question. Puis elle me dit : « une épisiotomie, c’est le prix à payer pour être une fille jeune et en bonne santé ». Le prix à payer, merci madame.

Nous montons dans la chambre et nous sommes dévastés. Je pleure pendant des jours et des jours. Je ne trouve aucune joie dans cette naissance, aucun bonheur. Je revis sans cesse la scène, j’imagine comment elle aurait pu se passer autrement, je rêve de vengeance, je me cloître dans mon incompréhension, j’interroge tout le monde et personne ne comprend. Mon compagnon est dévasté aussi. Il ne sait pas si je parviendrai à m’en relever. L’incompréhension entre nous est totale. Je lui en veux de m’avoir dit que je devais accepter de me faire découper. Il faudra tomber le troisième jour sur une puéricultrice merveilleuse pour que l’on nous écoute vraiment. Et des mois pour que mon compagnon m’explique qu’il m’a dit ça pour savoir quoi faire, pas pour écouter les médecins.

Je ne supporte pas les anti-inflammatoires. Alors je souffre de mon épisiotomie. Je peine à me lever, à m’asseoir, à m’allonger, à marcher. La douleur physique ajoute à la douleur morale.

Le quatrième jour, une infirmière me fait la morale parce qu’elle ne comprend pas bien pourquoi je me plains. « Une déchirure, ça, c’est traumatisant. Pas une épisiotomie ». Elle me dit que dans cette maternité, on ne fait des épisiotomies que quand c’est nécessaire, et « on n’en fait presque pas, on en fait que 25% ». Je lui demande si une femme sur quatre c’est « presque pas ». Je suis blessée qu’elle ne comprenne pas mon traumatisme, qu’elle nie ma douleur.

La cicatrice est grande, j’ai peur d’aller à la selle et que ça tire sur les fils. Je serai constipée pendant 4 semaines, et m’en tirerai avec des hémorroïdes que l’accouchement m’avait malgré tout épargnées.

Je quitte la maternité avec l’impression de quitter l’enfer. Malgré ça, je pense à l’accouchement tout le temps. Je pleure plusieurs fois par jour, je revis la scène en permanence. Chaque moment de solitude fait monter les larmes. Je ne comprends pas comment j’arriverai à dépasser ça un jour.

La cicatrice me fait mal pendant des semaines.

Je demande mon dossier médical. On me l’enverra en retard parce que la médecin a demandé à rajouter des annotations.

Mon compagnon et moi reprenons les rapports à tout juste six semaines. C’est atrocement douloureux.

Le lendemain, j’ai rendez-vous à la maternité pour la visite de suite de couches. La médecin sur laquelle je tombe ne trouve pas mon dossier. Elle part le chercher, ne le trouve pas, et va donc voir la médecin qui a assisté à mon accouchement. Elle revient confuse, me parle directement de mon épisiotomie alors que je n’ai toujours rien dit, et me déclare « vous savez, on avait vraiment besoin de vous la faire ». Je demande pourquoi, elle me répond que sinon, je risquais une déchirure. Je réponds que j’aurais préféré la déchirure, « ah non, vous ne pouvez pas préférer ça ». Puis je lui dis qu’on ne m’a pas parlé de déchirure pendant l’accouchement de toute façon. Un éclair de panique passe sur son visage. « – Ah bon, on vous a parlé de quoi ? », « -De rien, on m’a juste dit que le bébé devait naître ». Elle me dit que c’est vrai, que l’expulsion a duré 38 minutes, qu’à partir de 20 minutes c’est dangereux pour le bébé. Je suis étonnée d’apprendre ça, je ne l’ai jamais lu nulle part. Je lui dis que sa collègue m’a empêchée d’accoucher dans la position de mon choix, elle me répond que c’est normal, qu’on ne peut accoucher que sur le dos. Quand je lui rétorque que ça n’est pas du tout ce que l’on m’a appris pendant les séances de préparation à l’accouchement, ni la charte de la maternité qui l’emploie, elle invente carrément un bon gros mensonge et me dit qu’on peut se mettre dans la position qu’on veut pendant le travail, mais pas pendant l’expulsion. Comme cette médecin est la médecin-coordinatrice de la maternité, je sais que je ne pourrai même pas saisir la CRUQ de l’établissement. J’ai beau pleurer toutes les larmes de mon corps dans son bureau, elle ne me parlera pas de la dépression post-partum. Elle veut juste que je sorte de son bureau, et couvrir sa collègue.

La semaine suivante, je commence la rééducation du périnée. J’ai choisi une sage-femme libérale à côté de chez moi. Je lui explique mon accouchement. C’est une sage-femme de la vieille école, elle ne comprend pas que je puisse me plaindre d’une épisiotomie. « Moi j’en ai eu une pour tous mes accouchements, et ça va très bien. » Quand elle me demande si j’ai mal aux rapports et que je réponds que oui, elle rétorque « c’est dans la tête ».

Après 6 séances à souffrir le martyre (« votre périnée répond bien, mais la sonde vous permettra de voir votre score ! » Sympa les chocs électriques sur la cicatrice), je me rends compte que je souffre à l’entrée du vagin mais que je ne sens rien derrière. La sage-femme m’explique que l’épisiotomie m’a coupé les nerfs, que c’est normal, que parfois ça ne repousse pas « mais ce n’est pas très grave, ce n’est pas la partie sympa du vagin ». Déprimée, je vais voir ma gynécologue habituelle, celle qui a suivi ma grossesse jusqu’au septième mois. Je lui raconte mon accouchement et elle est navrée. Elle regarde ma cicatrice et me dit que certains fils à l’intérieur se sont mal résorbés, que j’ai une boule à l’entrée du vagin et que c’est cette boule qui est douloureuse. Elle m’annonce aussi que je fais une dépression post-partum. Pour la première fois, quelqu’un me dit que je ne vais pas bien, et que cet état n’est pas un état normal, et qu’il est possible d’en sortir. Elle m’envoie voir une sage-femme spécialisée dans les douleurs périnéales et un psychologue. La sage-femme diagnostique des névromes et me propose de les traiter par courant antalgique.

Nous sommes à trois mois de l’accouchement, et pour la première fois, j’ai l’impression que je vais aller mieux un jour, même si j’en doute souvent. Je pense toujours à l’accouchement tous les jours, je revis la scène, je pleure souvent.

Aujourd’hui, j’ai envie de me battre, de porter plainte contre cette femme, de prévenir les autres femmes enceintes. C’est peut-être un début.

#323 – Do – 1er accouchement – Yonne 2009

8 Jan

En 2009, j’attend ma première fille. La grossesse se passe très bien malgré de nombreuses contractions à partir du 6ème mois.

Je me réveille vers 3h du matin par des contractions régulières : toutes les 5 minutes. Au bout d’une heure je me décide de réveiller papa, de prendre une douche et de partir tranquillement à la maternité.

Une fois sur place, on me dit que le travail n’a pas commencé mais comme j’habite loin (40 km) ils vont me mettre dans une chambre et revenir dans un « petit moment » m’ausculter et décider très certainement de me renvoyer à la maison. Les contractions s’enchaînent toujours toutes les 5 min et sont douloureuses mais gérables grâce à la respiration et en marchant. Les heures défilent et toujours personne pour m’ausculter. Au bout de 6 heures, j’envoie mon mari chercher une sage-femme. Elle arrive et quand elle me voit s’exclame : « Vous n’avez pas la tête d’une personne qui va accoucher ! » elle daigne quand même me faire un toucher vaginal et me dit : « Vous êtes à 3 cm, vous allez en salle d’accouchement ».

Une fois en salle d’accouchement, on commence à me mettre une perf et je demande pourquoi c’est, réponse : « Vous n’avez pas fait de cours de préparation ? alors vous devez bien savoir ! » Seul position permise : sur le dos. Au bout d’une heure, on me propose la péridurale, c’est maintenant ou jamais. Je la prend. Elle m’endort tout le bas du corps mais les contractions dans le dos sont toujours douloureuses. La seule position qui m’est permise en allongée sur le dos. Les heures passent et mon col se dilate assez vite. A 17h30 je suis à dilatation complète, mais bébé n’est pas assez engagé. Une gynécologue passe et me dit : « Vous tenez le bon bout, c’est bientôt fini », elle reviens 2 h après et me demande : « Vous êtes encore là ? » Bébé ne veut toujours pas descendre. La sage-femme de service me dit qu’elle ne sera pas là pour l’accouchement. La nouvelle équipe arrive et, alors qu’un quart d’heure avant ce n’était pas le moment, maintenant ça presse. Je n’ai aucune sensations dans le bas du ventre, je ne sens pas bébé qui pousse.

On m’installe vers 20h05. Il faut pousser quand il y a une contraction, je pousse qund je commence à avoir les douleurs dans le ventre. Après de nombreuses poussées : « Vous n’êtes plus de tout efficace ! Il faut y aller ! ». Je n’ai plus de forces. On me propose d’utiliser la ventouse pour faire sortir bébé. J’accepte. Une jeune interne arrive, elle souhaite le faire toute seule alors que les autres membres de l’équipe lui disent : « T’es sûre que tu ne veux pas qu’elle vienne ? »

Papa est mis hors de la salle, il refuse mais il n’a pas le choix et on lui dit : « Si vous voyez ça, vous ne voudrez plus toucher votre femme de toute votre vie » gloups !

La ventouse est posée et en une poussée bébé est dehors. Je tends les mains pour prendre ma fille, je ne peux même pas la toucher elle est déjà partie en dehors de la pièce.

Papa voit sa fille passer devant lui, sans un mot elle est amenée dans un pièce où est inscrit : « Réanimation » Il demande : « Elle va mal ? » « Non, la pièce s’appelle comme ça mais c’est là qu’on amène tous les bébés, on s’occupe de votre femme qui fait une hémorragie » Il blêmi, on lui dit : « Elle saigne juste un peu ».

L’interne me recoud pendant un long moment. A la fin, elle vient me voir, ne sait plus où se mettre et me dit : « Vous avez eu 2 déchirures, ne vous inquiétez pas, j’ai bien recousu, vous aurez de belles cicatrices ! Dans une dizaine de jours ça sera cicatrisé et les points tomberont tous seuls. » Je lui demande combien j’ai de points : « Je ne me suis pas amusée à les compter ! »

Au bout d’une heure, on me ramène bébé, je ne pense qu’à une chose : la faire téter. Je demande de la mettre au sein, on me répond : « Si elle y va toute seule, laissez-la faire. Sinon, on vous la mettra après. » Suite à un harcèlement de ma part, on daigne me montrer comment la mettre au sein.

On remonte en chambre vers 23h30. On demande à papa de partir, il refuse et reste dans le fauteuil ! Pendant la nuit on vient souvent me voir pour que j’aille uriner mais je n’y arrive pas, la sage-femme abandonne sans me sonder. Pendant la nuit, papa arrive à calmer notre fille en la berçant dans les bras, une puéricultrice arrive lui arrache des bras, la met dans les miens et dit : « Elle est mieux avec sa mère ! ».

Les jours suivants, je reste dans la chambre et appelle le moins possible. Je reste sur un sentiment d’échec, de ne pas avoir su pousser comme il fallait pour la faire sortir.

Ma sage-femme libérale quand elle m’examine a fait un drôle de tête et m’a dit qu’il n’y a pas 2 mais 3 déchirures. J’ai du mal à m’asseoir pendant plusieurs jours. La cicatrisation durera 4 mois ! et la plus grosse cicatrice me ferra mal pendant 1 an.

Ma gynécologue me raconte que c’est normal car j’ai une peau de rousse.

Il m’aura fallut plus de 2 ans pour imaginer être de nouveau enceinte.

Ce n’est que 4 ans après, lors de ma deuxième grossesse que j’ai appris que la ventouse avez eu lieu, non pas parce que je n’avais pas su pousser, mais parce que bébé ne progressait pas.

Lien vers le second témoignage de Do : Do – 2ème accouchement – Aveyron 2013‏ 

#267 Naissance de Maxence – Haute Savoie

26 Avr

J’ai 32 ans, je suis infirmière en psychiatrie.

Dans mon travail, la parole et l’écoute occupent une place beaucoup plus importante que les piqures et les médicaments.

Mon conjoint, lui est technicien.

Quel bonheur d’être enceinte après quelques années d’attente et de traitements

Pour nous, la FIV a marché tout de suite !

On est en mars 2012, bébé est attendu pour décembre.

Le courant passait mal avec mon gynéco, je voudrais changer. J’en parle donc à celui de la PMA.

« C’est le meilleur qui vous suit, ne changez pas ! »

Comme je lui fais confiance, je suis son conseil.

J’avais déjà des idées bien précises de ce que je voulais pour mon bébé : accouchement naturel donc sans péridurale, allaitement long ….

Je suis suivie par mon gynéco, avec qui je ne suis pas à l’aise. C’est un médecin avec qui on ne peut pas discuter, échanger.

Il n’expliquait rien du suivi, j’avais l’impression d’avoir un suivi standardisé, pas du tout personnalisé.

J’ai droit à des tv à chaque consultation, chaque examen est prescrit systématiquement.

A chaque rendez vous, il me demandait si c’était mon premier bébé alors qu’il m’avait suivi pendant 2 ans pour infertilité.

J’ai refusé de faire le O’Sullivan, je n’avais pas de signe d’appel d’un diabète gestationnel.

A partir du sixième mois, il a commencé à me parler de la péridurale et ce jusqu’à la dernière consultation. A chaque fois, je lui répétais avec plus de forces que je n’en voulais pas !

Pour lui, premier bébé, gros bébé il était impensable d’accoucher sans !

Après l’échographie de la 32 ième semaine, il nous annonce que bébé sera gros, 4 kg, que donc il faudra une péridurale et sûrement un déclenchement.

Je lui réponds fermement que je ne suis pas d’accord !

J’ai pris les cours d’accouchement avec les sages femmes de la maternité, tard, à partir du 8ième mois.

Je suis perdue. Ce n’est pas ce à quoi je m’attendais.. Je les trouve pauvres, je n’apprends rien, le discours de la sage femme sur l’allaitement ne me correspond pas.

Je lis le livre du Dr Thirion qui me correspond plus.

3 semaines avant le terme, pour ma dernière consultation, mon gynécologue me dit : « Alors, il joue les retardataires votre bébé ? »

Ben non, il attend d’être prêt c’est tout !

4 jours avant le terme, la sage femme m’appelle : » Alors ? Toujours à la maison ? ». Elle me dit que le gynéco me proposera sûrement un décollement de membranes puisque j’ai rdv avec lui le soir même. Illico, je cherche sur internet, je ne veux pas de ça, c’est hors de question !

20 heures, le gynéco a 2 heures de retard, tout le monde est fatigué, énervé.

Sur la table d’examens, je lui dis d’emblée et de manière agressive qu’il n’a pas intérêt à me faire un décollement de membranes !

L’ambiance est tendue.

Il nous redonne rdv pour le jour du terme. Jour où, d’après lui, il faudra déclencher puisque c’est un bébé fiv

Enervée par l’attitude de mon gynéco et de la pression qu’il nous met et pour la péri et pour le déclenchement, je demande à avoir un autre avis.

Nous voyons un de ses collègues, très sympathique et très à l’écoute

Une FIV ne justifie pas un déclenchement (je le savais), si l’écho et le monito sont bons, on peut attendre jusqu’à j +5 ou +6.

La péridurale reste un choix personnel.

Je ne fais plus du tout confiance à mon gynéco, et mets ouvertement en doute ses pratiques.

Le jour J, un vendredi, premier contrôle avec mon gynéco … Pour lui, il reste peu de liquide amniotique, mais on peut éventuellement attendre jusque lundi.

Le week end se passe dans l’attente et dans le stress.

Dimanche, deuxième contrôle, avec un autre gynéco. Bébé va bien, il reste largement assez de liquide pour attendre jusqu’à mardi. J’apprends par sa collègue que mon gynéco aime bien déclencher ! J’avais bien compris.

Lundi soir, la poche des eaux se fissure. Confiante, j’appelle la clinique pour savoir quoi faire.

On nous demande de venir avec nos petites affaires. C’est la fin de l’attente me dis je, bébé est proche !

L’accueil de la sage femme est glacial, mais celle qui nous a donné les cours vient nous soutenir, et sera là plus tôt demain matin pour voir le bébé.

On nous attribue une chambre, mon conjoint part chercher quelques affaires et vient passer la nuit avec moi sur un lit de camp.

Je dors à peine depuis 2 heures lorsque les premières contractions me réveillent.

Je les gère seule jusqu’à quatre heures du matin, elles sont très régulières, je veux savoir où j’en suis, j’ai besoin d’être rassurée…

Nous allons voir la sage femme, j’en suis à deux doigts, je peux retourner dans la chambre, à l’autre bout du service.

J’attends que la nuit passe tantôt debout, tantôt sur un fauteuil, je regarde tomber la neige dehors …

A 6 heures, j’ai droit à une perfusion d’antibiotiques, la poche des eaux s’est percée depuis 12 heures.

Plusieurs fois dans la matinée, nous irons voir les sages femmes, qui systématiquement après l’examen nous renverrons dans notre chambre, loin du « bloc accouchement ».

J’aurais eu besoin de soutien moral et physique, de conseils pour mieux supporter la douleur. Qu’on me propose d’autres positions que la station debout très fatigante.

Seuls, nous essayons de gérer le travail comme nous pouvons.

A 13 heures, je suis épuisée, je ne tiens plus je ne gère plus …

Je demande à ce qu’on me pose cette saleté de péridurale, j’ai besoin de souffler, de me reposer.

Ce n’était pas du tout mon choix de départ ..

On nous installe très rapidement en salle d’accouchement.

L’anesthésiste arrive très vite.

Puis on attend …

Je ne sens plus rien, je ne peux plus aider mon bébé à sortir, c’est nul une péridurale !

A 18 heures je sens que ça pousse, ça y est je vais enfin avoir mon bébé !!

La sage femme met un temps qui nous semble interminable pour arriver.

Je suis mise en position gynéco et je dois pousser en retenant ma respiration.

Pauvre périnée me dis je, entre la position qui n’est pas la meilleure pour le préserver et la façon de respirer, il va déguster !

Elle appelle mon gynéco pour l’informer que l’expulsion vient de commencer, pour une fois il n’est pas en retard …

Je ne veux pas lui donner mon bébé !

Il est désagréable, agressif, appuye sur mon ventre, puis très rapidement sort la ventouse.

Mon pauvre bébé, que de misères tu vis !

La dilatation complète du col s’est faite à 19h, Maxence est né à 19h24.

Je n’ai même pas poussé pendant ½ heure …

« Vous voulez le prendre ? » me dit la sage femme. Mais quelle question ? Evidement je veux le prendre ! Et le mettre au sein ! « Ah bon ? Déjà ? » me dit l’auxiliaire puer …

Puis on m’enlève Maxence pour la visite du pédiatre qui est pressé.

On m’enlève déjà mon bébé, c’est dur pour moi je l’ai à peine vu !

Le gros bébé annoncé fait à peine 3 kg …

En attendant, mon gynéco me recoud, et me dit : « Vous avez vu dans quel état vous avez fait naitre votre bébé ? »

D’après lui, le placenta est calcifié, on aurait dû déclencher la veille ou le jour même.

Je ne récupèrerais Maxence que pour sortir de la salle d’accouchement, le peau à peau de 2 heures vanté par la maternité n’aura pas lieu.

De retour en chambre, je ne touche pas au plateau repas, je garde enfin Maxence contre moi !

A minuit, une sage femme passe dans la chambre, et me propose de mettre Maxence quelques heures en pouponnière que je puisse me reposer un peu.

Epuisée j’accepte, de toute façon les lits d’hôpitaux ne sont pas prévus pour du co dodo.

A cinq heures, la même sage femme me ramène Maxence en m’annonçant lui avoir donné 5 ml de glucose à la pipette pour ne pas me réveiller.

Quelle andouille me dis je, mon allaitement est déjà mal parti !

Les deux jours suivants, Maxence dort la plupart du temps, il perd 10 % de son poids, et présente un ictère du nourrisson.

A la pesée du vendredi, je n’ai pas eu le temps de dire ouf que l’auxiliaire puer était en train de lui donner un complément au biberon !

En colère, je demande à voir la sage femme.. Elles sont en train de me faire foirer mon allaitement !

Celle-ci m’explique que si Maxence n’est pas complémenté il risque de mourir !

J’accepte à contre cœur qu’il soit complémenté mais PAS AU BIBERON !

J’appelle ma mère qui habite en Alsace pour qu’elle vienne nous sortir de là.

Mère depuis quelques jours, ma parole n’a aucun poids, aucune valeur.

L’après midi se passe dans le stress … On me colle un tire lait alors que la montée de lait n’a pas eu lieu, Maxence est à nouveau complémenté au biberon, on m’impose un peau à peau alors que je suis remplie d’angoisse et de tristesse …

Ma mère passe la nuit avec nous, Maxence est à nouveau complémenté mais à la pipette, bataille gagnée contre la sage femme de nuit !

La montée de lait a lieu !

Demain, nous sortirons de cette maternité !

A la maison, les premiers jours se passent bien, puis c’est la dégringolade.

Maxence pleure tout le temps, ne dort pas, passe ses après midi au sein, je suis seule avec lui toute la journée, je ne vois personne, je suis coincée je ne peux rien faire.

Il prend peu de poids, j’ai peur qu’il soit complémenté à nouveau.

Je prends contact avec une sage femme spécialisée en allaitement.

Maxence ne tète pas suffisamment, on essaye de l’aider.

Tire lait, compléments, relactation, rien n’y fait …

J’ai arrêté d’allaiter, Maxence avait 6 semaines.

En colère, j’ai fait un courrier à la maternité, entre un accouchement difficile et allaitement mal accompagné, j’avais des choses à dire.

La réponse m’a laissé sans voix.

Mon souhait était d’accoucher naturellement, il était donc normal qu’on me laisse dans l’intimité avec mon conjoint.

Bien sûr que la maternité encourage l’allaitement au sein, mais dans mon cas j’étais fatiguée et Maxence faible, donc il fallait le nourrir au biberon.

Difficile après toutes ces épreuves de se construire mère, je me définis comme une maman contrariée.

Je voulais accoucher naturellement, je me suis retrouvée dans un accouchement hyper médicalisé.

Je nourris mon fils au biberon alors que je voulais l’allaiter.

Le plus difficile à vivre, c’est de ne pas allaiter, un vrai travail de deuil.

On prévoit d’avoir d’autres enfants, mais ce sera dans d’autres conditions.

Plus de gynécologue, un autre accompagnement durant la grossesse plus humain.

Un plateau technique pour le moment de l’accouchement.

Un séjour en maternité très court, un accompagnement plus important à la maison.

#263 Anonyme – Aout 2011 – Rhone

21 Avr

J’ai accouché en août 2011 dans une grande maternité de niveau III dans le Rhône. Je considère que mes souhaits d’accouchement n’ont pas été respectés, que je n’ai pas été respectée, et je vais vous raconter pourquoi.

Je perds les eaux à 20h30 un samedi soir d’août, pile poil le jour du terme prévu. Nous prenons la voiture avec mon conjoint, direction la maternité, 30 min de route nous attendent (la maternité à 10 min de chez nous a fermé il y a quelques années…). C’est notre premier enfant, nous avons 30 ans tous les deux. La grossesse s’est très bien passée, hors des rendez-vous à la maternité. En effet, malgré les critiques plutôt très positives de l’établissement sur Internet (nous ne sommes pas de la région, nous n’avions pas autour de nous de jeunes parents pour nous guider), les premiers rendez-vous de préparation ont été plutôt froids…Des échographistes qui parlent plus avec leurs étudiants qu’avec leurs patients et oublient de dire que le bébé va bien pendant l’échographie, des sages femmes qui oublient de regarder mes pieds gonflés et vaguement bleus (c’est mon médecin généraliste et une copine travaillant en néo-natalité qui se sont alarmés), des cours de préparation à l’accouchement absents car c’est l’été (et des rdvs ratés avec une sage femme privée spécialisée haptonomie plus occupée à prendre ses rdvs qu’à les honorer correctement – 15 min montre en main et coups de téléphones aux autres patients inclus)… Ce ne sont jamais les mêmes sages femmes qui nous reçoivent au fil des mois, aucun lien ne se crée, impression d’être un ventre qu’on scrute.

De ces échanges obligatoires avec le monde médical, je me souviens notamment de ce moment : le regard scandalisé des sages femmes (que je voyais pour la première fois au 7ème ou 8ème mois) quand je leur ai confié mon envie de repousser au maximum mon départ en congé maternité. J’adorais mon boulot, je voulais l’avancer au maximum avant l’arrivée de mon bout de chou. Bossant juste à côté de chez moi dans un bureau, je ne voyais aucun intérêt à m’isoler pour attendre, attendre alors que j’avais un projet passionnant à mener, des collègues très sympas, et que je me sentais on ne peut mieux avec mon bébé dans mon ventre…Il a fallu négocier, insister pour avoir le droit de le repousser alors que médicalement, rien ne s’y opposait. Devant mon entêtement, elles ont fini par se rendre à mes arguments.

Pour résumer, pendant toute ma grossesse, mon conjoint et moi étions sur un petit nuage (nous appelons encore cette période notre « lune de miel »), sauf quand nous rentrions dans le monde médical, avec ses prises de sang pour la toxoplasmose, ses médecins robots, ce côté froid, impersonnel, déshumanisé.

Le jour J donc nous arrivons le soir à l’hôpital après une journée de ménage et de courses en hypermarché. J’avais une pêche d’enfer. A notre arrivée, l’hôpital paraît assez désert, nous sommes pris en charge rapidement, et là on commence à vérifier régulièrement l’ouverture de mon col. Je demande à la sage femme (que je n’avais jamais vue auparavant) d’être intubée le plus tardivement possible car je veux pouvoir continuer de me mouvoir, je ne veux pas trop être dans le côté médical. Elle me dit que je n’aurais pas dû choisir un niveau III, insiste pour que ce soit tôt, et ce même si je ne suis pas sûre pour la péridurale. Je n’ai pas le choix, c’est la procédure. Elle attend néanmoins encore devant mon insistance et au bout d’une heure ou deux (ce jour là reste assez flou dans ma mémoire), elle m’emmène en salle de naissance et me pose le cathéter. Je ne suis pas douillette, mais pourtant cela me fait très mal. Je lui dis. Elle me répond : « Eh beh qu’est ce que ça va être pour l’accouchement… » avec un air assez méprisant.

Les contractions, absentes jusque là, commencent enfin à se faire sentir. Elles sont douloureuses mais tout à fait gérables. Mon conjoint lui reste sur le sol, il n’y a même pas de siège prévu pour le papa en salle de naissance…Il doit être peut-être 2h ou 3h, mon homme commence à être épuisé, et s’improvise un coussin de fortune en roulant son pull sur le sol et en le plaçant sous sa tête. L’attente commence.
Les douleurs s’intensifient mais restent très supportables. Néanmoins, on m’a expliqué pendant le RDV prénatal avec l’anesthésiste qu’il valait mieux demander la péridurale tôt pour que la piqûre dans le dos soit plus facile et avec moins de risque, je demande donc que celui-ci intervienne dès que les douleurs s’intensifient. Il arrive assez rapidement. Très attentionné, il prend le temps de bien m’expliquer. Je lui explique ma crainte de la douleur après la pose du cathéter, il paraît surpris que j’aie eu autant mal. Je fais le gros dos bien comme il faut, et lui fait la piqûre. Je ne ressens rien ou quasi. Quel soulagement ! La gentillesse de leur équipe fait du bien.

Les heures défilent ensuite lentement, entre phase de demi-sommeil et phase de réveil. Nous avons mis un CD de musique, de berceuses, que nous avions sélectionné pour accueillir le petit. Il tourne en boucle. La sage femme revient de temps en temps pour vérifier l’ouverture de mon col mais la plupart du temps, nous sommes seuls avec mon compagnon dans cette salle d’hôpital, au beau milieu de la nuit. Tout est silence. Impression d’être hors du temps, à deux sur un étrange bateau à la dérive…

La relève est arrivée, la sage femme qui nous suit finit son service, c’est une nouvelle qui arrive. A notre grand soulagement, la jeune sage femme peu empathique est remplacée par une jeune femme souriante, attentive, qui me guide comme il faut. Le temps passe. L’ouverture du col s’est ralentie (depuis la mise en place de la péridurale) au point que celle-ci met de l’ocytocine dans mon cathéter. En effet, les heures ont défilées mais le col ne s’est toujours pas ouvert assez. Il faut accélérer la venue du bébé, déclencher la dernière partie de l’accouchement. Je n’étais pas pour l’ocytocine à la base.

Peu à peu les contractions se rapprochent. Patiemment, la sage femme m’insufflera le bon rythme pour le temps de pousser qui a commencé. Malgré tout, les minutes passent, mes poussées sont malheureusement inefficaces. Il est déjà 13h et voilà déjà 16h que j’ai perdu les eaux. Je suis épuisée et malgré mes tentatives, mon enfant ne s’engage toujours pas…Je pousse malgré tout de toutes mes forces, essaie de suivre le rythme saccadé des poussées, je ne veux pas de ventouse, je ne veux pas de forceps, je ne veux pas infliger cela à mon bébé. Je pousse, je me sens partir, mais je pousse encore, plus fort, en vain toujours. D’un côté, la péridurale n’est plus vraiment efficace.

Le médecin est appelé finalement, la sage femme me dit qu’elle a attendu tant qu’elle a pu mais que cela pourrait mettre le bébé en danger de continuer comme cela. Je me résigne et le médecin arrive. J’essaie encore une fois de pousser de toutes mes forces mais en vain. Elle (le médecin est aussi une femme) utilise la ventouse pour aider mon enfant à sortir tandis que la sage femme appuie de toutes ses forces sur mon ventre. Enfin, il est 13h38, mon petit garçon est né.

On le pose sur moi. Dans mon souvenir, il ne pleure pas ou à peine. Il a ce regard très attentif sur le monde, les yeux grand ouverts, noirs, qui fixent tout avec un air un peu flou. Je me souviens de la surprise de l’équipe devant ce regard si intense et présent. De ma surprise aussi devant l’abondance de ses cheveux noirs. Le médecin commence à me recoudre. J’ai très mal, la péridurale ne fait plus d’effet, je le lui dis, elle me dit « mais non ». Au bord des larmes, je me concentre sur le visage de mon enfant pour oublier la douleur qui déchire le bas de mon ventre, la sensation de l’aiguille qui rentre et sort de mes chairs…

Je ne rentrerais pas véritablement dans le détail de mon séjour à la maternité (j’ai été transférée vers une structure périnatale près de chez moi) si ce n’est pour dire que ma sortie fut une libération. Je me rappelle la chaleur intense de l’été (c’était la canicule, dixit la télé) sans climatisation, le manque de considération de l’équipe pour toute pudeur, le manque d’empathie de l’une d’elle notamment, qui malheureusement pour moi était de garde la nuit de la montée de lait…

Cette nuit là, mon bébé a pleuré en continu, elle a répondu à mon appel et est repartie bien vite, me laissant sans véritable réponse (son conseil, le seul, était le cododo, or j’avais peur d’étouffer mon bébé). Épuisée, désespérée, avec un bébé en larmes qui ne pouvait pas téter, ne sachant plus quoi faire et craignant de lui faire du mal, j’ai appelé mon conjoint au beau milieu de la nuit. Il est venu me soutenir, berçant le bébé contre lui les heures suivantes, debout dans le couloir, jusqu’au petit matin. Les jours d’après, il a passé les nuits dans un fauteuil inconfortable à la maternité jusqu’à ce qu’enfin, le personnel médical nous autorise à sortir (mon bébé avait perdu du poids, on a prolongé mon séjour contre mon gré). Une femme de l’équipe est rapidement venue s’excuser la veille de notre sortie : vous comprenez, le bébé d’à côté ne tétait pas du tout, plus loin une femme avait des jumeaux, mais c’est vrai qu’on n’a pas été assez présents avez vous…

Heureusement que mon homme est un papa (et une conjoint!) formidable…

De là, je suis sortie épuisée comme jamais, tenant à peine sur mes jambes, mais sachant que ma mère, ma belle-mère seraient présentes : tout l’entourage bienveillant dont j’avais besoin m’attendait hors des portes de cet univers froid. La mise en place de l’allaitement fut difficile les jours suivants. Suite à de drôles de conseils lors du séjour à la maternité, nous sommes passé par des biberons, des tire-laits alors que mon choix était d’allaiter. Finalement c’est grâce aux suggestions de mon entourage et surtout d’un site du gouvernement canadien que j’ai trouvé le moyen d’allaiter mon enfant (en lui donnant le lait au gobelet au lieu du biberon). Eviter de passer par une machine pour alimenter mon propre enfant : c’était devenu à l’époque une obsession, ma façon à moi de devenir vraiment mère. Quel soulagement ce fut, après quelques journées difficiles, de ranger l’imposant tire-lait électrique, dernier résidu de l’univers hospitalier, dans un placard ! Une vraie victoire !

Aujourd’hui tout va bien. Mon petit garçon a la pêche, un sourire contagieux et déjà un vocabulaire impressionnant. Il court partout, il adore cuisiner et jouer avec son « tchou-tchou ». Nous sommes une petite famille heureuse, malgré ce début difficile. Mais nous avons beaucoup pris sur nous, tous, pour rétablir le cap au fil des mois. Aujourd’hui, tout va tellement bien que nous pensons à un deuxième enfant. Je n’appréhende pas la grossesse, ni même l’accouchement, même si mon corps ne se remettra jamais tout à fait du premier ( Ah ! Les joies des descentes d’organes!). Par contre, où trouver aujourd’hui un lieu respectueux des femmes, des pères, des bébés, qui ne fasse pas passer des logiques de budget avant la qualité de la venue au monde d’un enfant, qui a pour véritable priorité la qualité de l’accompagnement des familles vers ce rôle essentiel qu’est la parentalité? Je sais d’ores et déjà que j’aurais suffisamment d’expérience, de confiance en mes compétences de maman, pour imposer une partie de mes choix à l’équipe médicale, pour me défendre au besoin. Mais je me demande encore où je déciderais d’accoucher, et n’ai guère de réponse à cette question. Un peu naïvement peut-être, je guette les projets de maisons de naissance, espérant que derrière ces quelques mots se cache un lieu un peu plus humain, soucieux de l’autre…

Ne vous trompez-pas : je ne suis pas amère, je n’accuse pas individuellement les personnes que j’ai croisées cette nuit-là et les jours qui ont suivis (certaines ont d’ailleurs été bienveillantes et professionnelles), peut-être étaient-elles épuisées par de longues heures dans une ambiance de travail impersonnelle et violente, et ne faisaient-elles que reverser cette violence sur moi, patiente à la tête interchangeable qui passait cette nuit-là?…Mais je ne trouve pas admissible l’accueil, l’accompagnement que nous avons vécus pendant mon accouchement puis le séjour à la maternité.

Une amie, qui a accouché après moi dans l’hôpital de niveau III, m’a d’ailleurs fait une remarque que je retiens encore aujourd’hui (psychologue de formation, elle a été très choquée de la violence des agents de cet établissement envers leurs patients). « A chacune, j’ai posé la question suivante : « Etes-vous maman? » Aucune n’avait vécu dans son corps un accouchement. Aucune ne se rendait compte de ce qu’elle me demandait effectivement de faire. Elles étaient toutes de très jeunes femmes qui n’avaient jamais eu d’enfant ».

Janie, la naissance de Callum

15 Mar
Naissance De Callum.
Dans la nuit du 2 au 3 mars 2013. Matane, Québec, Canada.
(Je précise qu’il n’y a ni maternité, ni maison de naissance dans ma petite ville.)
Nous sommes le 2 mars, je me réveille. J’ai des contractions, faibles, mais déjà plus fortes que toutes celles que j’ai ressenti jusqu’à maintenant. Je sens que c’est aujourd’hui. J’ai hâte de te rencontrer. Il y a deux jours, durant mon rendez-vous a la clinique, M-E m’a fait un décollement des membranes. Elle a dit que ça pouvait provoquer le travail, ou non. La DPA est proche alors je lui ai dis que c’était correct, que ça ne me dérangeait pas. Je fais confiance a mon médecin. Elle m’a dit qu’elle propose cette pratique a toutes les femmes qui passent le 38SA.
Vers l’heure du dîner  je commence a calculer la durée de mes contractions, et le temps entre chacune. Ce n’est pas assez régulier. Toutes les 10 minutes, et elles durent environ 30-40 secondes. Je décide de prendre un bain pour soit atténuer/augmenter la douleur.
Je me fais un thé vert, je prends un bon livre, et j’entre dans l’eau. J’y reste environ une heure, peut-être un peu moins. En sortant, tout reste pareil. Ça ne fait ni plus, ni moins mal. Papa et moi on se fait a manger et je vais me coucher un peu.
Je me réveille moins d’une heure plus tard, la douleur s’est accentuée. Je retourne dans le bain mais je n’y reste pas longtemps, ça ne me soulage plus. Je retourne m’allonger, j’y resterai tout l’après-midi. Vers 14h30 j’appelle l’infirmière de garde, a l’hôpital  Elle me dit que mes contractions ne sont pas assez régulières, de retourner prendre un bain et de me coucher du coté gauche. J’entre donc dans le bain pour une troisième fois.
En sortant, j’ai mal. Mes contractions durent 45 secondes et s’espacent de 4 a 6 minutes. On met la valise dans la voiture, et on part pour l’hôpital. Il est 16h30. Je monte au cinquième étage. Une infirmière me met sous monitoring. Papa et moi on attend…
Je suis dilatée a 3 cm. Selon l’infirmière, je suis en travail mais puisque j’habite a 5 minutes de l’hôpital  elle préfère me renvoyer chez moi pour que je sois plus confortable. Elle me fait un TV et ça saigne. Elle me dit que le col travaille, que c’est pour bientôt. Je suis impatiente.
On retourne a la maison, un peu déçus…
J’ai de plus en plus mal. Je retourne encore dans le bain. Ça va coûter cher d’eau chaude ce mois-ci. Pendant ce temps, Papa me prépare a souper. Je m’aperçois que je ne suis pas capable de manger parce que mes contractions sont trop douloureuses et rapprochées. Je pleure, j’ai mal. Papa appelle sa mère et lui dit de venir nous rejoindre, que le grand moment approche. Je me couche, on l’attend. J’ai mal comme je n’ai jamais eu mal. Je gémis, je me plains. Papa se sent impuissant, il trouve que je fais pitié.
Sa mère arrive. Je décide de faire du ballon puisque ça accélère le travail. Je n’en fait pas longtemps, je souffre trop. Je sens que ça pousse. On attend jusqu’à 21h30, ensuite on retourne a l’hôpital. Je n’en peut plus, je m’épuise. Je somnole entre les contractions. Le trajet de voiture me parait tellement long! Pourtant il ne dure que 4 ou 5 minutes.
On arrive et je me précipite vers l’ascenseur. Je n’ai qu’une idée en tête:  avoir une péridurale, et vite. Je me rends péniblement et on monte au cinquième  C’est J l’infirmière de soir. Elle me met sous monitoring et je lui demande quand est-ce qu’ils me piquent. On en rira bien par la suite puisque ce sont les premiers mots qui sont sortis de ma bouche. Elle me fait un TV et me dit que je suis a 5, que le travail avance bien et qu’on s’en va en salle d’accouchement. Elle me dit que la poche des eaux est très basse et qu’elle va bientôt crever. On arrive dans la salle, je me couche, je pleure, je crie, j’ai mal. Elle appelle M-E, mon médecin, qui arrive quelques minutes plus tard. Elle me fait un TV elle aussi: Je suis rendue a 7! Elle appelle l’anesthésiste. Il arrive environ 15 minutes plus tard. Tout le monde est gentil, de bonne humeur. Il m’installe la péridurale  Je ne sens rien, les contractions font trop mal. Les minutes passent, j’ai moins mal. Je sens les contractions mais c’est une blague comparativement a la douleur ressentie plus tôt. Le temps passe, j’en ai perdu le fil. On rigole avec J et M-E. Papa fait bien ça  il est calme et paisible. Nouveau TV, je suis a 8 et demi environ. La péridurale a retardé le travail. Minuit approche, J finira bientôt son quart de travail. Je veux qu’elle te rencontre, elle aussi. M-E perce la poche des eaux. Ça coule comme un robinet ouvert. Minuit passe et J reste quand même. Elle veut te voir. Le 10 cm arrive enfin. M-E me dit que je peux pousser toute suite ou attendre que tu descendes de toi-même. Je décide d’attendre un peu, histoire de pousser moins longtemps et d’attendre l’arrivée de mes parents qui ont 3 heures de route a faire pour nous rejoindre. Je ne sais plus quelle heure il est. J’ai sommeil. Ma famille arrive, ils viennent me voir. Mon papa me dit qu’il va attendre dans ma chambre avec mes frères et soeurs. Je ne veux pas qu’ils restent puisque le plus vieux n’a que 16 ans. Malheureusement, pendant ce temps, J a du partir. Elle reviendra demain. Elle est restée jusqu’à 1h15.
Je suis fatiguée, je veux pousser. Je ne sais pas quelle heure il est, j’ai perdu la notion du temps. Je commence a pousser et étonnement, ça soulage plus que ça fait mal. Il ne faut pas oublier que je suis gelée aussi… C’est peut être pour cela que je ne souffre pas. Je pousse, je pousse. M-E dit que ton pouls descend, que si tu ne sors pas, il va falloir prendre la ventouse. Elle me dit de me fâcher  de pousser le plus possible. Je pousse de toutes mes forces, j’ai peur pour toi. M-E dit qu’on a pas le choix, que tu dois sortir et vite. Elle prend la ventouse. Elle me dit que maintenant, on travaille en équipe  Je pousse, elle tire. On me dit que je suis bonne, que je suis forte, que je fais bien ça  Tout le monde m’encourage. Je regarde le moniteur, je vois ton pouls qui descends et qui remonte. Tu joues au yo-yo dans mon ventre. Je m’inquiète. Je vois que M-E et les infirmières s’inquiètent aussi et je n’aime pas ça  Je pousse le plus fort possible, tu ne veux pas sortir! Tu es coincé, je vais déchirer  M-E dit qu’elle doit couper, pour mieux recoudre par la suite, pour ne pas que ce soit croche. Je vois papa qui s’assied, il a tout regardé et je pense qu’il n’a pas trop aimé de voir l’épistomie… Je pousse encore une fois, deux fois, trois fois. Je te sens passer. Ta tête, tes épaules  Et la, je t’entends… M-E te dépose sur moi, tu est tout chaud, tout gommant. A partir de la plus rien n’existe, plus rien n’a d’importance, tu es là et tu vas bien. Tu pleures, tu cries. Je t’aime déjà. Il est 2h46. Je te regarde pendant que M-E me répare. Je te trouve beau, je te parle. C’est le début d’une belle aventure.
Voila 5 jours que tu es né. Je me rappelle comment c’était magique et j’ai les larmes aux yeux. Tu es le plus beau cadeau que la vie m’ai jamais fait. Je t’aime mon poupou, je t’aime plus que tout.
Callum
J’ai accouché en milieu hospitalier, avec anesthésie.  Personne ne m’a traitée comme un numéro et on m’a toujours demandée mon avis avant de faire quelque chose. Les infirmières ont pris soin de moi dans les jours suivants. Elles s’assuraient que je te nourrissait bien, qu’on se remettait sur pied.
Pour un premier accouchement, j’ai trouvée ça extraordinaire, malgré la ventouse.
Je recommencerais demain, après-demain, la semaine prochaine, n’importe quand.
Tu en valais largement la peine. Maman t’aime et t’aimera toujours.
Janie, 19ans, Québec, Canada.

Ecoute et douleur

6 Mar

J’avais 28 ans et j’attendais avec impatiente l’arrivée de notre petit dexième. Mais la cigogne était en grève cette année là et ce fut le papa noël qui nous a apportés notre fils. En effet, le 25 décembre à 6heures du matin je me réveilles à cause des contractions. Elle ne sont pas douloureuses mais elle sont régulières et espacée de 15 minutes. J’appelle la maternité pour savoir si je dois y aller tout de suite et la sage femme me réponds d’attendre un espacement toute les dix minutes.
> >
> > Vers 7h30, c’est le moment d’y aller. J’essaye de réveiller z’hom qui à un peu de mal ce matin là. Le temps que Mr se réveille et que nous fassions garder la grande (un peu difficilement en ce jour de noël) nous ne partons à la maternité qu’à 9h, les contractions ne sont toujours pas douloureuses mais elle sont de plus en plus rapprochées (toutes les 6minutes). Heureusement nous n’habitons pas loin de la maternité et je n’ai pas eu à m’inquiéter d’accoucher sur la route!
> >
> > Une fois arrivée à la maternité, la sage femme présente se souviens de mon appel, vérifie notre dossier et pratique un toucher vaginal. Je suis à 5 de dilatation et il est déjà temps d’aller en salle d’accouchement. Ce qui m’a fais bien plaisir dès mon arrivée c’est que chaque personne qui est rentrée dans la chambre s’est présentée. J’étais encore tout à fait en forme et souriante, toujours pas de douleurs. L’anesthésiste viens quand même me poser la péridurale car je la demande, pour le premier accouchement celà m’avait bien soulagée au moment voulu et je n’avais pas envie d’attendre que ce soit trop tard pour être soulagée. Deux heures d’attente en toute sérénité avec mon compagnon, discutant une dernière fois du prénom. Pendant ce temps la poche des eaux se perce, je suis à 8 de dilatation où on m’injecte une dose d’anesthésiant pour éviter la douleur pendant l’accouchement, puis 10 très rapidement.
> >
> > Et c’est là que tout à commencé. J’ai senti notre petit bout pousser sur mon vagin et bin qu’ayant connu un premier accouchement je n’ai jamais eu aussi mal. C’était comme si on essayait de faire passer une pastèque dans le trou d’une serurre! J’étais complètement envahie par la douleur et les poussées étaient horribles. Puis ça à été l’affolement autour de moi, la sage femme me dit qu’il y a un petit soucis sur le monitoring et qu’il va falloir le sortir très vite. Je comprends alors que le coeur de bébé se met à ralentir et la pression se fait sentir dans la salle. Finalement la gynécologue découvre que le cordon est autour du cou et fait de son mieux pour l’enlever. En plus bébé est bien la tête en bas mais regarde vers le haut et non vers le bas, ce qui est plus difficile pour pousser. La gynéco décide alors d’utiliser les ventouses. Bébé est déjà à moitié engagé et je sens absolument tout du déplacement des doigts de la gynéco à l’intérieur de moi, du placement de la ventouse, de toute la manipulation pour enlever le cordon. Une fois la ventouse placée quelques poussées de plus et bébé était là à 11h40.
> >
> > Mais il ne pleure pas, il est très bleu. Le pédiatre est appelé en urgence. Le temps se déroule comme au ralentit jusqu’à ce que l’on entende enfin les pleurs de notre fils. Juste après je sens comme une aiguille qui s’enfonce dans ma chair, j’ai eu une déchirure et on est en train de me recoudre. J’essaye de me concentré sur notre fils et le bonheur de l’avoir mais la douleur était trop présente. Suite à cet accouchement difficile et pourtant pas long, on me pose notre fils en peau à peau lui donnant une chance de se réchauffé et de se calmer contre maman plutôt qu’en couveuse. Il a lui aussi mal vécu se moment et en tremble de tout son corps. Ce n’est finalement qu’une heure et demi après qu’il s’est enfin calmé.
> >
> > Le lendemain lorsque la pédiatre est entrée dans la chambre pour la visite de contrôle, la première chose qu’elle ai dite c’est « ah c’est vous que l’anesthésiste à raté! ». C’est bien ce que j’avais pensé et je comprends mieux la douleur aussi élevée. Donc papa noël, le cadeau que tu m’a amené est très beau, c’est d’ailleurs désormais le premier homme dans mon coeur, mais s’il y a une prochaine fois, je pourrais avoir le supplément sans douleur et sans frayeur s’il te plait?

#221 Virée de la maternité – 2012

3 Mar

Viré de la maternité où j’étais inscrite:

Ma dpa etait le 18 décembre 2012.
Finalement le 18 décembre je suis allée en surveillance de grossesse au cmco de S********* ouverte d’un demi doigt on me renvoi chez moi des contractions mais pas régulières, ni rapprochées.
Prochain rdv le 20 decembre a 14h
donc le 19 décembre je commence a avoir des douleurs de règles supportables, vers 20h celles-ci s’intensifient au fil de la nuit, à 5h du matin je décide de prendre 2 spasfons, 1h après rien ne se calme je décide de prendre un bain rien ne se calme la douleur s’intensifie et ne cesse pas j’attends que mon mari rentre à midi la douleur etait plutot comme des contractions plus ou moins fortes et des moments de répis et ça recommence.
Je dis a mon mari qu’on attend le rdv et on verra déjà.
On arrive donc au cmco à 14h vers 14h 45 on me fait un monitoring, à chaque « contractions  » pour moi le monito ne montre rien.
La sage-femme vient et dit est-ce que ça va? je dis « oui mais votre monito marche pas » je dirais avoir eu au moins 6 bonnes contractions pendant la demi-heure hors aucune n’est visible et moi j’ai mal! Là elle me dit ok pas de prob si vous avez mal je vous crois le monito n’a pas du marcher
Apres je me fais ausculter, moi je voulais savoir si j’étais plus ouverte.
Donc elle regarde et là on me dit « vous etes ouverte a 3 doigts » et là on me dit « le travail va bientot commencer vous voulez bien allée marcher, période de noel, allez au marché de noel. Finalement nous sommes allé dans un hypermarché on avait un petit cadeau pour notre futur fils à acheter.
Et ils nous disent « revenez dans 2h » ( il est environ 15h30 a ce stade là)  » si les contractions ne cesse pas mais dans ce cas en salle de naissance et non en surveillance intensive de grossesse »
Donc vers 17h30 on revient j’ai de plus en plus mal je sonne en salle de naissance je leur dis que j’etais en surveillance intensive de grossesse et qu’ ils m’ont envoyé ici.
Là, on m’accuei,l on m’ausculte, toujours ouverte à 3 doigts. On me fait un monito mais on me dit « on a pas de place pour vous faire accoucher vous voulez accoucher ou? »
Je reponds « ben ici »
Elle me dit « ya pas de place j’appel H********** »
Entre-temps, je fais le monito je n’arrive pas a rester couché car contractions dans le dos douleur forte impossible de rester sur le dos.
Elle revient en disant « ya pas de place a H********** et ni a St A*** », 2 hopitaux les plus proches et finalement on m ‘envoi a S****** (1h de route) donc en gros je dois aller à S****** qui se trouve être à 5 minutes de mon domicile
mais on me dit d’y aller en voiture avec des contractions toutes les 5 minutes très douloureuses, super à ce stade il est 18h30 je vous explique pas le trajet en voiture assise alors que la position assise me faisait très mal avec des contractions dans le bas du dos, je tirais sur la ceinture de sécurité tellement j’avais mal. Arrivé vers 19h30 à S****** en salle de naissance, auscultation, ouverte a 3 doigts, direction salle d’accouchement, ici il en restait qu’une hors petite maternité la question de la péridurale ne se posant plus j’accepte la péridurale alors qu’a la base je n’en voulais pas mais les douleurs et les circonstances étant trop j’accepte… donc perf puis appel anesthésiste puis pose péridurale qui a duré 30 min, elle m’a fait mal j’en ai gardé un gros bleu.
Aux alentours de 21h30, péridurale posée ça va tout de suite mieux, plus de douleurs à ce stade toujous pas perdu les eaux donc elle me perce la poche liquide vert en coule mon fils avait fait caca dans mon ventre puis on me vide ma vessie.
Et arrive le stade où j’ai envie de faire caca là on me dit c’est normal mais laissé vous aller
et mon corps avait envie de pousser donc je poussais.
Et une sage femme me demande si ça va, si j’ai envie de pousser et je lui dis que oui et là elle m’ausculte ouverte a 9 doigts et demi.
Elles se mettent en place ainsi que moi, difficile de s’avancer dans le lit d’accouchement quand on a plus de sensation dans les jambes dû à la peridurale.
Je commence a pousser, on me reexplique comment faire à ce stade il y a moi mon mari et une sage femme
ouis une deuxieme sage femme
Et tout d’un coup je vois plus une femme mais un homme entre mes jambes donc le médecin de garde en l’occurence, là je sais qu’on ma fait une episio alors que je voulais absolument pas et après j’ai une douleur extrême, je hurle de douleurs et là on me dit « mais madame c’est bon on vous pose la ventouse » et là j’arrête de pousser, je hurle j’en ai marre et là c’est vraiment la goutte d’eau, une ventouse en plus je voulais surtout pas ça! Le médecin m’a dit « madame calmez vous votre fils a besoin de vous il faut qu’il sorte donc concentrez vous sur vos poussé et vous verrez bientôt votre fils »
donc la je pousse deux ou trois fois avec donc l’aide de la ventouse et tout d’un coup on me dit c’est bon il est là madame regardez regardez moi j’etais tellement concentré sur mes poussées que je regardais pas! Tout d’un coup je regarde vers le médecin qui tend mon fils au-dessus de moi et qui s’arrête et la je le vois enlever deux fois le cordon qui était entouré autour du cou de mon fils. Après ça, il me le jette presque dessus je n’entend pas mon fils pleurer quand mon fils est sur moi je l’entends respirer je l’ai 10 secondes sur moi et on me dit « il est encombré faut l’aspirer » donc en gros je n’ai même pas vu sa tête ou le haut de la tête et son dos je ne savais même pas si c’etait vraiment un garcon lol
Car quand il me l’ont remis sur moi, après l’aspiration et les tests 5 min il lui avait mis une couche mais bon l’équipe etait super à S****** je ne regrette pas mais bon le déroulement de toute la journée était de trop j’étais trop fatigué et je pense que si les circonstances avait été différentes je n’aurais surement pas eu d’episio et de ventouse.
Pour moi l’episiotomie c’est une mutilation ça fait très mal après et pendant quelques mois c’est une cicatrice à vie même si elle cicatrise bien et c’est une cicatrice physique et mentale, psychologiquement j’ai beaucoup de mal a passer le cap d’avoir des rapports à nouveau alors que je veux un deuxième enfant car j’ai adoré ma grossesse et meme si mon accouchement n ‘a pas été ce dont je rêvais, l’arrivée de mon fils a tout effacé finalement j’ai accouché a 23h45 le 20 decembre

#218 Anita – 2 accouchements

3 Mar

je vous préviens, ça n’a rien de l’accouchement de rêve ! celles qui ont peur de l’accouchement, je sais pas si ça vous rassurera… ce que je peux dire, c’est que tout le monde va bien maintenant !! n’oubliez pas ça en me lisant Wink

donc… que je place un peu le contexte, mardi 11 aout, mes parents arrivent pour m’apporter le petit lit fait par mon Papa et ma soeur. on passe la journée à installer la chambre, déménager le salon pour pouvoir placer le pc qui tronait ds la chambre de Gabriel jusque là. bref mardi soir, tout est prêt dans sa chambre ou presque (un petit coup de rangement etait nécessaire, mais rien de bien grave!)
mercredi matin, mes parents repartent. j’ai quand meme réussi à gaffer et dire le prénom devant mon père qui ne voulait pas savoir si c’etait un garçon ou une fille!!!! c’est malin… Rolling Eyes Mr. Green donc ils s’en vont, avec notre voiture (que l’on confie à leur garagiste pas à ceux d’ici…) et on garde la leur, bien plus grande spacieuse et confortable!
je m’en vais déjeuner (chez mc**… ) c’est à une distance raisonnable pour que je le fasse tranquillement, ça me fait sortir et c’est pas éreintant non plus!
je reviens, je fais une tite sieste, tranquillou… mon homme revient du travail, on dine et on se couche relativement tot (la journée de déménagement de la veille nous avait qd meme fatigués!). donc à 22h00 au lit!
et là, au beau milieu de mes rêves, réveil en sursaut ou presque: y’a un truc qui coule dans ma culotte, ça fait environ 9 mois que j’ai pas senti un truc pareil (les vilaines) je file aux toilettes en essayant d’être le plus habile possible pour ne pas en **** sur la moquette (ce que j’ai réussi! Winner ) et aux toilettes, je découvre que j’ai un liquide rosé qui coule… bon, là, pas de doute, c’est pour aujourd’hui! Shockedeuh? Shocked quoi? Shocked z’etes sur????? Shockedaujourd’hui???? ah mais attendez deux secondes!! j’etais pas prête moi!!! … quoique, si, la chambre est faite maintenant, les habits sont rangés, la valise est prête… ben, si! je suis prête!!! bon, va falloir aller réveiller mon homme, ma marmotte à moi, mon loir qui aime autant son oreiller que moi! il est minuit… il n’a dormi que 2 petites heures… va falloir prendre des pincettes!!!Laughing
« -chéri, euh… comment te dire… tu dors? Chéri? c’est à dire que là, j’ai comme l’impression qu’il va falloir partir à la maternité… »
-mmmmmlksdjfqiduez… t’as des contractions?
– euh non (ah oui, j’en ai pas, tiens! c’est normal???) mais j’ai perdu les eaux, je crois!
et hop, il se lève Shocked Shocked Shocked impressionnant!
bon, moi je file à la salle de bain, une tite douche, je mets la trousse de toilettesdans la valise, et là: euh: je m’habille comment???? après une hesitation completement surrealiste vues les circonstances, je choisis un bas genre survet et un t-shirt, le premier que j’ai acheté qd j’ai su que j’étais enceinte.
mon homme rassemble ses affaires (cookies, mp3, livret de famille, etc) et en avant Guinguamp! on part! (mon Dieu, quelle bonne idée d’avoir la voiture des parents! ce qu’on est bien dedans!!)
bon, alors, révisons le trajet: le périph jusqu’à porte maillot, puis tunnel de la Défense et sortie Nanterre, en 25 minute max on y est (une nuit en plein mois d’aout, pensez donc!)
et là… à porte maillot: tunnel de la défense fermé!!!! euh…. le plan B c’etait quoi déjà??? bon, finalement, après un petit coup de stress, on arrive à retrouver un chemin qui ne nous à pas vraiment rallongé: on a mis 30 min! (heureusement que je bosse ds le coin! ça aide! car pour les non-parisiennes: Nanterre c’est l’horreur pour s’y retrouver!)
bon, arrivés à la mater, direction urgences maternité. on nous accueille gentiment, il faut aller chercher mon dossier en bas (au service consultations, sachant que j’avais un rdv prévu pour le 25/08!) la puericultrice qui nous a accueilli revient, me fait une prise de sang et nous laisse patienter, la SF va arriver.
on patiente 5 minutes et la voilà!
elle m’osculte, mon col est à 2.5 (j’étais à 1, 10 jours avant), me prélève du liquide amniotique et m’installe un monito et c’est alors que les contractions ont commencé, gentiment je dirais! mais je voyais le chiffre augmenter en meme temps que la douleur. bon, tout va bien, donc pas de raison de prolonger le monito, la SF m’envoie marcher pour faire avancer le travail!
on nous accompagne à ma chambre, pour que j’ai qd meme un endroit ou me poser et ou je serai après la naissance.
donc, qui dit chambre dit qu’on peut apporter la valise (enfin, les valises! une pour Gabriel, une pour moi! le sac pour la salle de naissance nous ayant accompagné depuis le début!) donc nous partons à la recherche des valises. une fois les valises dans la chambre, on repart pour faire les 100 pas (au bas mot!!! le couloir de l’hopital de N******* est immense! il doit faire dans les 300 mètres, sans exagérer!). là les contractions sont hyper régulières: 5 min. mon homme n’en revient pas d’une telle régularité! Laughing mais bon, on retourne dans la chambre, j’ai besoin de me poser un peu! mais la douleur est vraiment gérable, je la connais, j’en souffre tous les 28 jours en temps normal! je m’allonge donc un peu, après avoir sorti ma panoplie de granules d’homéopathie! peut-etre 20 minutes après, re-grosse fuite des eaux!! mais je savais pas qu’on pouvait les perdre plusieurs fois moi! donc un peu étonnée-paniquée, j’appelle une SF qui m’explique que c’est juste que bébé a bougé et que je ne vais pas arrêter d’en perdre d’ici l’expulsion, mais c’est normal! bon, mais comme elle est là, elle m’emmène en salle de naissance pour refaire un monito (c’etait pas la SF que j’avais vue avant, celle-ci bosse du coté des chambres, l’autre du coté de la salle de naissance…).
je m’installe donc prête à être auscultée quand la 1ere SF que j’avais vue revient et dis à l’autre SF que ce n’est pas la peine de refaire un monito, qu’on en a fait un 1 heure avant et que tout allait bien, donc il ne me reste plus qu’à marcher! enfin, vu que je suis là, elle m’ausculte quand meme! et là je suis à 3,5 (je fais que ds la demi mesure ou bien???) c’est bien, ça avance, mais elle me renvoie marcher! tout en me disant que plus tard, si je veux, je pourrai prendre un bain (j’en salive d’avance!! hihi)
et je marche, et je marche, combien de fois a-t-on fait le couloir? je sais plus! mais au bout d’un moment: faut que je m’allonge là! donc direction la chambre! il doit être 5h00 quand je me dis, bon, finalement son idée de bain, je crois que je vais la prendre!
je me pointe à l’accueil et lui dis que l’option bain me parait être judicieuse maintenant!
elle m’emmène dans la salle spéciale avec la baignoire d’angle et le matelas à coté. mais avant de « plonger » elle m’ausculte, j’en suis à 4,5 (quand je vous dis que je fais que ds la demi mesure!! lol). on fait couler l’eau du bain. elle s’absente et me dit: euh, les anesthésistes me font part que si vous voulez la péridurale, c’est maintenant, car après ça sera le changement de tour à 7h et ça sera bien plus compliqué… l’horloge affiche 5h30, je me dis qu’ils se foutent un peu de moi à prendre autant d’avance! moi, j’ai pas si mal que ça (enfin, suffisamment pour le bain, mais pas encore assez pour la péri!!) donc j’hésite… la péridurale? bin, ça me rassurerait quand meme, hein! après tout c’est mon 1er accouchement, je ne sais pas ou je vais, la péri me semble bien rassurante! mais de l’autre, honnêtement j’ai pas suffisamment mal, et j’ai peur que ça ralentisse le travail! là, la SF me dit: bah vous pouvez prendre le bain, quitte à sortir d’ici 30 min! ils auront toujours le temps de vous la poser… tope-là! ça me va!
donc, finalement, je plonge dans mon bain! bien-être et béatitude au début! tellement que j’oublie presque l’heure… la serviette imbibée d’eau chaude sur mon bide me soulage tellement, c’est génial! pendant ce temps, mon homme prend ses aises: il s’allonge et dort sur le matelas à coté! (je vous parlais d’une marmotte tout à l’heure, non? Mr. Green )
quand je vois 6h10 à la pendule, je me dis, bon, faut pas trop que j’abuse, si je veux avoir la péri, faut faire qqch! j’appelle donc la SF et lui demande la péridurale (bon, hormis l’heure, les douleurs étaient plus intenses aussi, hein!!! je me mettais à 4 pattes dans l’eau lors des contractions, qui n’étaient plus espacées que de 3 minutes)
elle s’absente et revient très embêtée: ils sont partis pour une césarienne et il est 6h45 Shocked mais l’horloge, là, elle dit qu’il est 6h15!
– ah oui, elle n’est pas à l’heure!
Evil or Very Mad
et le pire dans l’histoire: ils en ont pour une heure! pardon??? Shocked Shocked Shocked
bon, finalement, je reste dans le bain peut-etre 15 minutes encore… et puis, j’ai vraiment mal, elle m’ausculte, j’en suis à 7 (non, non, pas de ,5 pour une fois! Mr. Green ) elle me félicite (super… faut dire que j’y suis vraiment pour qqch!! mais bon, après tout c’est un premier, faut pas que je me plaigne, ça va relativement vite!) et me dit: on va aller en salle de naissance en attendant que les anesthesistes se libèrent, vous pourrez avoir un masque à oxygène…
direction salle de naissance (la salle juste à coté! ouf!) je m’installe, elle me met le masque, et là, je comate un peu… je lui dis mon inquiètude de ne pas avoir la péridurale et elle essaie de me rassurer en disant, vous inquiètez pas, meme si vous êtes trop dilatée, on pourra mentir à l’anesthésiste, vous en faites pas! mouais… mais je sais bien que si je suis trop dilatée, la péri, elle ne me fera de l’effet qu’une fois que j’aurais Gabriel sur le ventre, hein!
bon, bref, je me shoute à l’oxygène, ça me fait comater un peu… combien de temps? aucune idée! mais vers 8h, ça fait hyper mal… je deviens juste un ventre douloureux toutes les 2 minutes… mon homme (qui ne dort plus, que je vous rassure!) me tient la main… mais se sent bien démuni qd il me voit me tordre de douleur! et au bout d’un moment, je lui dis: appelle la SF! j’ai trop mal! je pleurerais bien si j’en avais la force… et je commence à avoir envie de pousser! (incroyable comme sensation d’ailleurs!!! douloureuse, mais c’est impressionnant!)
et là, une nouvelle SF arrive (tient, le changement de tour s’est fait!) adorable, elle m’encourage vraiment, me rassure et me dorlote un peu tout en me disant: vous êtes encore à 8,5 (ah tiens! ça faisait longtemps!) il reste encore un peu de col… vous faites ça super! donc je vais vous mettre du spasfon dans la perf (qu’on m’a posée en revenant à la salle de naissance, en meme temsp que le monito) histoire d’aider le col à se dilater (euh, pourquoi ne le fait-on pas depuis le début, ça???) et vous savez, à ce stade là, c’est pas la péridurale qui vous soulagera, c’est de mettre au monde votre bébé…
adieu veau, vache, cochon, péridurale… faut que je m’y fasse, et vite! rha, j’avais dit que je voulais essayer sans péridurale, bah, voila! j’y suis!!!!! et au fait, on m’avait parle que les hormones te boostaient à un moment donné… elles sont ou les hormones???
quoiqu’il en soit, moi j’ai une envie folle de pousser! c’est un truc de fou!
là arrive une 2eme SF, un peu gauche, pas très a l’aise… qui me dit assez maladroitement et très mollement: « bin faut pas pousser madame… » rha! elle a déjà eu un accouchement elle???
la 1ere lui dit de me réausculter (peut-etre etait-ce une stagiaire? elle lui disait de m’ausculter pour faire un cas pratique?) pendant qu’elle me prépare le spasfon… bah, vous me croirez ou pas, mais elle me réausculte et là, plus de col du tout!!!!! il s’est passé 3 minutes et demi entre la 1ere auscultation et la 2eme!
on m’installe donc en position gynéco (bof bof ça d’ailleurs!) mais sans les étriers, pour faire un effort de poussée, afin de voir si le bébé s’engage vite dans le bassin ou pas…
une contraction arrive, on me dit de pousser, je pousse (pas contrariante, hein!) et là, la SF stagiaire informe l’autre de qqch (j’ai pas bien saisi quoi, j’étais tjs sous le coup de la meme contraction! donc ds mon monde!) et là, tout va très vite.
la 1ere SF (Fatou) vérifie le monito… le bouge un peu… sort vite, elle revient, prend les étriers, les installe un peu dans la panique, moi, j’ai mal, encore une fichue contraction! j’ai l’impression qu’elles reviennent toutes les minutes! (seulement j’ai pas le nez sur l’horloge!)
et là, une gynéco arrive, tout le monde s’affole, j’entends : « mais c’est le cœur du bébé ou celui de la maman qu’on suit ? »
elle s’installe en face de la sortie et me dit: poussez madame! poussez! encore!! non ne reprenez pas votre souffle, on a plus le temps maintenant faut pousser!!! mais je fais que ça!!! vous en avez de bonnes!!! surtout que j’ai pas la possibilité de reprendre mon souffle! et Fatou qui m’appuie sur le haut du ventre pour éviter que Gabriel ne joue au yoyo dans mon ventre… je panique, je crie, je vire le masque à oxygène! là, la gynéco me dit : « je vais vous aider, je vous installe une ventouse pour qu’il arrive plus vite ». mon homme me dira après que c’est à ce moment qu’elle m’a fait l’épisio, moi j’ai rien senti, je sentais surtout les contractions!
donc, je pousse encore encore encore, mon chéri me dit de continuer que je fais ça super bien… la SF Fatou aussi m’encourage… moi j’en peux plus! Mais je ressens un truc de fou : Gabriel me donne encore des coups de pieds !!!! j’en ai parlé à mon homme ce qui l’a rassuré, car il n’entendait que les doutes des SF et gyneco sur le cœur de Gabriel… mais franchement, je pensais que le bébé ne bougeait plus quand le moment de la poussée arrivait, bah le mien, ça l’a pas arrêté !
bref, je pousse, repousse, et rerepousse, et là, miracle: je sens la tête sortir! je repousse, et hop: mon bébé est dehors! la douleur s’évanouit comme par enchantement… il est 9h09. je m’attends à ce qu’on me le pose sur le ventre, que mon homme coupe le cordon, enfin, tous ces trucs que j’avais préparé ds ma petite tête… mais rien ne se passe comme ça, ça vire au cauchemar: on emporte Gabriel (qui est complètement amorphe, tout violet…) sur la table de réanimation, y’a au moins 6 personnes autour de lui, personne ne nous dit ce qu’il se passe (en meme tps qd on y reflechit, c’etait lui la priorité, pas le tps d’expliquer les actes fait…) mon homme panique mais aucun mot ne sort de sa bouche! moi, je prie pour que Gabriel ne devienne pas un ange tout de suite! on entend juste la puer dire que son cœur est bon… et qu’il l’a toujours été… et là, il commence à pleurer!!! Alléluia! je respire un peu…
pendant que toutes les SF et puer’ s’occupent de mon fils, la gynéco vient me recoudre (ah bon? j’ai eu une épisio??? je ne m’en rends compte que maintenant!), je m’en sors avec 3 points à l’exterieur…
on me rapproche enfin la table de réa de mon lit… après 30 minutes au moins!!! je peux enfin toucher, caresser mon bébé… il est branché de partout, des bip et alarmes sonnent et des chiffres clignotent de partout, mais il est là… bien là, et il respire! et il crie meme! victoire!!!!
la puéricultrice vient me voir pour m’expliquer qu’il est né avec le cordon autour du cou, qu’il a fait une asphyxie périneale qu’il a fallu l’aider pour respirer car il n’a pas eu le réflexe… qu’on attend de voir comment il évolue mais qu’il est grandement possible qu’il soit transféré… je m’effondre intérieurement! on va me séparer de mon bébé? mais tout ce que je veux c’est de l’avoir dans les bras moi!!!! d’ailleurs, je pose la question, on me répond: pas tout de suite, on attend de voir comment il évolue…
et toutes les 30 minutes, y’a qqn qui vient le voir pour l’ausculter vraiment (car il y a toujours eu plus ou moins quelqu’un dans la salle…), mon petit loup a subi toute une batterie d’examen (meme une radio des poumons ! à meme dans la salle de naissance !!), des prises de sang, etc.
mais au fur et à mesure, on le voit reprendre vie sous nos yeux, il commence à ouvrir les yeux et à se demander ou il a atterri…
finalement au bout de 3h, à force que je les tanne sur l’allaitement, je l’ai finalement dans les bras ! mais bon… avec tous ces fils reliés aux machines, ce n’est guère évident ! on essaie de le mettre au sein, il est tellement nase qu’il tetouille et roupille direct ! au bout de 10 minutes de calin (intensif !!!) on me le repose sur la table de réa et on m’apporte un plateau de repas ! il est plus de 13h !
j’en suis à la moitié de mes salsifis (no comment !) quand le SAMU pédiatrique arrive… (je finirai pas mon plateau !)
les médecins du SAMU sont adorables, ils m’expliquent bien ce qu’il se passe, pourquoi on emporte Gabriel… et ils me le remettent dans les bras… on réessaie la mise au sein, ça marche un peu mieux, mais il est toujours bien fatigué mon loulou… donc c’est pas la franche tétée ! mais c’est un début ! là, les SF de N******* nous prennent en photo et vont imprimer les deux clichés pour que je puisse les avoir dans ma chambre par la suite ! ça n’a l’air de rien, mais c’est vraiment important d’avoir son fils en photo… en tout cas, moi, ça m’a aidée ! je m’accrochais à cette photo comme si mon bébé etait avec moi ! on me donne aussi toutes les coordonnées du service néonat ou je peux appeler à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit…
Ensuite, les médecins du SAMU ont enfin la bonne idée de confier notre bébé à mon mari ! il ne l’avait pas encore eu, 4h après la naissance… il a pu le câliner un peu et c’est lui qui l’a porté jusqu’à la couveuse de transport. Il l’a rassuré une fois installé dedans…

Et Gabriel s’en va… et moi, on me ramène dans ma chambre, cette chambre ou j’imaginais revenir à trois il y a quelques heures ! je m’effondre… mon mari essaie de me remonter le moral mais il accuse le coup aussi !

Mon homme part se reposer à la maison, moi je suis aussi claquée, donc après m’être vidée de mon stock de larmes (relativement important en temps normal déjà, donc là, je vous laisse imaginer !) je tombe de sommeil !

Je suis réveillée par le monsieur de la télé qui me propose la TV pour trois jours… j’accepte ! après tout, j’ai rien d’autre à faire que de m’abrutir avec ! je me lève, tout va bien, j’en reviens pas comme je m’en remets rapidement au niveau physique !

Une SF arrive, m’ausculte, ça va, tout va bien… la pédiatre qui s’etait occupé de Gabriel vient me voir, me dit qu’elle a eu le service de neonat, ils ont mis Gabriel sous antibio de façon préventive, il aurait avalé un staphylocoque dans le liquide amniotique… il faut savoir si ça passe dans le sang ou s’il va l’évacuer naturellement sans problème… mais elle me rassure quand meme, il va bien et est très bien pris en charge ! elle me parle d’une éventuelle permission pour le lendemain, histoire que je puisse aller voir Gabriel.

Pendant ce temps, mon mari est allé à la maison, s’est reposé (ma petite marmotte… ! ceci dit, il l’avait bien mérité !), puis il est allé à L**** M*****r (l’hopital ou etait Gabriel), il a vu notre fils, les infirmières là-bas l’ont bien accueilli, Gabriel paraissait aller bien et semblait hyper calme. Il a pu prendre des photos… et ensuite il m’a rejoint à Nanterre pour me rassurer et me montrer les photos et se retrouver un peu aussi ! ça m’a fait bcp de bien qu’il passe ! j’ai pu m’endormir facilement (quoi ? j’étais fatiguée peut-etre ? oui, bon, aussi…) seulement à 4h du matin, le bébé d’a coté commence à pleurer, et là, ça me déchire le cœur, je pense à Gabriel, s’il pleure, qui va le consoler ? je voudrais tant être avec lui… impossible de redormir du coup !
Le lendemain matin, la pédiatre revient, m’informe que Gabriel n’est plus sous oxygène !! qu’il régule sa température tout seul !!! que l’échographie des fontanelles est bon ! que l’encéphalogramme aussi ! bref que de bonnes nouvelles !
Puis c’est à la gynéco de passer, elle m’ausculte et me dit qu’elle va demander la permission pour l’après midi ! YESS !! Et meme, elle évoque une sortie anticipée ! surtout que je peux me lever sans problème, donc, c’est à creuser ! Ô espoir, quand tu nous tiens !!!

Mon mari arrive, le déjeuner est servi, je tire mon lait (enfin, mon colostrum !) et on peut partir !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! j’en ai presque des ailes ! je vais voir mon fils !!!
On arrive à LM, on enfile les blouses dans le sas des parents, lavage des mains intensif et enfin, enfin, arrivée dans la chambre de mon petit loulou !!!
On peut le prendre dans les bras, le caliner, meme avec les fils… il semble me reconnaître et prend ses aises sur mon ventre ! (ce sont les photos que Lanono a posté !)

Pour faire bref, ( !!!! Laughing ), le lendemain je suis sortie de la maternité, on appelle à midi pour savoir comment Gabriel va, et là, on nous donne la meilleure nouvelle : on a arrêté les antibio !!!!! ce qui veut dire qu’il peut etre déclaré sortant d’ici qqs jours !!!!!!!! Et les jours d’après ont passés très vite, le matin à Louis Mourier, retour à la maison pour manger avec mes parents, puis retour à l’hopital jusqu’à la fin de journée… et le mercredi on a pu récupérer notre fils !


mon deuxième accouchement…

J’ai eu envie de mettre par écrit mes souvenirs (encore frais) de mon deuxième accouchement… Alors voilà, le texte est un peu brut, désolée…

1ère contraction vers 4:30, apres avoir attendu un peu, histoire d’etre sure que c’etait bien le travail, j’ai prevenu Zorro (alias mon homme, ses collègues l’ont surnommé le Renard a un moment, tellement il parlait bouffe, particulièrement de la volaille… Humpf…), puis monsieur a pris le temps de :
-prendre un petit-dej,
-envoyer un mail a ses collegues pour les prevenir de son absence
-Se raser
-Prendre une douche
Moi je me suis preparee et mange un peu en discutant avec ma mere qui etait la justement pour ce cas de figure, pour garder Schtroumpf 1er!d’ailleurs, il s’est levé juste avant qu’on parte, on a pu lui expliquer ce qu’il se passait, il comprenait tout, c’était magique!
finalement on part !! Zorro accepte de prendre notre voiture et non un taxi (ni Tornado! ^^)! (grand soulagement pour moi, car les chauffeurs de taxis, je les exècre! hormis quelques exceptions, ce sont de vrais chauffards a Paris! et moi la flipette en voiture, le jour de l’accouchement, c’est franchement le truc qui me stressait en plus!), bref, apres avoir fait le plein(!!!) (notez mon flegme et ma zen attitude! mais les contractions etaient rapprochees de 6minutes, et etaient hyper faciles a gerer, donc zen!) nous arrivons enfin a partir pour de bon!
Finalement, on a trouvé a se garer facilement (trop facilement, on aurait du se mefier, on a eu le droit a une prune!!) et l’arrivée à la maternite s’est faite a 7:00 j’etais dilatée à 5!! la bonne surprise! Vu la douleur je pensais plutôt être a 3 ou 4!! La SF qui nous a accueillis finissait sa garde mais était adorable, elle a pris le temps de discuter avec nous, nous demandant quel était notre projet pour cet accouchement. Je lui ai expliqué que j’avais un très mauvais souvenir du 1er accouchement sans péridurale ou je m’étais laissée dépasser par la douleur en oubliant le but ultime de toute cette douleur! Donc soit accoucher dans l’eau (car le bain m’avait bcp soulagée pour Mon premier accouchement et que de manière générale, c’est mon élément…) mais elle m’a expliqué que ça ne serait pas possible car notre bébé était gros et que le passage des épaules risquait d’être problématique et dans la baignoire, il serait difficile d’intervenir. Du coup je lui ai dit, entre deux contractions que Zorro m’aidait a gère en me massant le bas du dos (ses mains chaudes soulageaient vraiment!!), que j’allais opter pour une péridurale car je savais qu’aux B***** elle était ambulatoire et légère. Vu comment je gérais bien la douleur elle me dit qu’elle va prévenir l’anesthésiste mais que je gère très bien pour le moment, et je confirme que ça n’urge pas!
Et finalement, les contractions se sont rapprochées et s’enchaînaient parfois! Ça pouvait être deux ou trois contractions a la suite puis trois minutes de répit, pas assez suffisantes pour vraiment souffler mais bon… La seule position ds laquelle je gérais c’était debout avec les 2 mains appuyées sur le lit.
Finalement a 9h l’anesthésiste arrive, je m’installe en lotus sur le lit, elle pique une fois, mais doit le refaire car j’ai bougé…mais je n’ai pas eu mal! Ouf! Je l’appréhendais tellement cette pose de péri… Par contre, une fois piquée, je sens que je vais tourner de l’œil, je le dis tout haut, et on m’allonge sur le côté, et elle injecte une dose de produit sur ce côté, puis une fois que j’ai retrouvé tous mes esprits, je me tourne sur l’autre côté, et elle met la dose de péri de ce côté la. Les contractions s’espacent petit à petit puis la douleur s’estomp mais je continue a les sentir.
Juste apres la pose de la péri j’étais dilatée a 8. La dilatation complète n’a pas tardé! puis longue attente que la poche des eaux se perce, finalement au bout d’une heure et demi, il a fallu que la SF la perce!
On a encore attendu longtemps que Numérobis descende dans le bassin, comme ma péri était légère je pouvais bouger et j’utilisais le ballon pour l’aider…
Puis j’ai eu envie de pousser (sensation moins forte que sans la peri, mais la quand même) mais je « bloquais »! On arrivait a la phase de l’accouchement que je redoutais le plus: l’expulsion…. (La ou ça avait viré au cauchemar pour Schtroumpf 1er)
La SF a été super sympa et a l’écoute et surtout rassurante! Elle m’a demande comment je voulais me mettre pour pousser et depuis le début de la grossesse je savais que je le ferais a 4 pattes! Du coup je suis montée sur le lit a 4pattes, mon mari devant moi, et j’avais un ballon pour m’appuyer dessus. Puis j’ai commence à pousser, je sentais Numerobis descendre à chaque poussée, la douleur était fortement minimisée mais je sentais mon bassin s’écarter, les muscles du périnée écrasés par la tête… Assez désagréable comme sensation mais tellement merveilleuse aussi! Je me sentais actrice de mon accouchement! En deux contractions, la tête était sortie, j’ai du arrêter de pousser, ce que j’ai eu du mal a faire d’ailleurs car c’est pas facile de rester avec le corps du bébé en attente dans ce passage là!!!
La SF l’a aide a faire sa rotation et hop, le corps est sorti avec une poussée! Tania, la SF, a posé Numerobis entre mes jambes et moi je l’ai pris dans mes bras en me mettant a genoux, il était la, tout contre moi, pleurant un peu mais n’hurlant pas non plus, tout rose, pas frippé, pas chevelu du tout ou presque, ça m’a surprise, je m’attendait a faire un modèle très proche de mon Prem’s et pas du tout!!
J’ai pu me retourner avec lui dans les bras (malgré mon cathéter et le cordon ombellical!) et Zorro a coupe ledit cordon après avoir été rassuré sur le fait que ça ne lui faisait pas mal. (Non, il ne l’a pas fait a la pointe de son épée!!)
Puis pendant que Numerobis cherchait le sein, j’ai pousser une fois et le placenta est sorti, et Simultanement, Numerobis a trouve le sein, pour ne le lâcher qu’une heure et demi après! (Je l’ai changé de côté quand même hein!!) (et moi pendant ce temps la, j’étais recousue… Car déchirure, donc quelques points)
Et après un long moment en peau a peau, Tania est revenue pour lui faire quelques soins, le peser et Zorro l’a habillé. Évidemment, 4,390kg, on a pris la balance en photo!! ^_^
Après 2:30, Zorro est parti à la mairie pour le déclarer, et moi j’ai pu monter dans notre chambre a pied en poussant le berceau de notre petit bébé! Fraîche comme une rose presque!!

Pour conclure, je dirais que je me suis réconciliée avec l’accouchement et ce grâce plusieurs choses: le libre choix de position, certes mais aussi la péri… Mais pas la péri « handicapante », celle qui nous vole la sensation de mettre au monde notre bébé, non, celle qui nous permet de tout ressentir… Un peu comme les épices! Juste un peu, ça magnifie un plat… Trop d’épices en revanche, ça gâche tout le plat, on ne sent plus rien!!

Anita

Camille – Australie – 2012

1 Mar

Camille, Australie Septembre 2012 – Accouchement en maison de naissance
Liam est né en septembre 2012 en Australie. Je souhaite témoigner car j’ai testé le privé, le public et la maison de naissance. En Australie, il y a les hôpitaux privés (très chers) ou la césarienne domine. Il y a aussi les hôpitaux publics dont l’approche est déjà très différente de la France : ballon, positions, respiration, lumières douces, péridurale que si on la demande, accès a une baignoire. A la suite de la lecture du livre « Attendre bebe autrement » j’ai décidé d’explorer les méthodes naturelles de grossesse et accouchement qui sont très développées en Australie. Au vu des couts de mon obstétricien en privé qui regardait sa montre au bout de 10minutes avec un « on se revoit dans 2 mois », j’ai finalement décidé de m’inscrire en maison de naissance.
J’ai eu une grossesse très douloureuse souffrant de douleurs du pelvis atroces au fur et mesure que la grossesse avançait. Le soutien de ma sage-femme, la relation amicale était ma priorité, étant isolée à 24 000kms de ma famille. Tout le suivi de ma grossesse s’est fait dans la simplicité, le coté familial, la douceur, les rigolades aussi. Pour gérer la douleur du bassin et genoux de plus en plus mous sous l’effet de la relaxine, j’ai eu accès aux massages prénataux, au yoga prénatal , au kiné de grossesse et aux classes de préparations. Je me suis enregistrée avec mon mari a un week-end d’information et pratique a la relaxation, visualisation, respiration, information a l’accouchement appelé Calm Birth, qui apporte aux futurs parents une confiance énorme et qui est désormais accessibles aussi en hôpitaux tant les bien faits sont reconnus pour gérer la douleur. La combinaison de Calm Birth avec le yoga prénatal m’a permis de maitriser la clé dans ma grossesse et accouchement : la respiration profonde et lente. Indispensable en effet, car j’ai aussi du gérer 3 semaines de souffrance dans le rein. Suspectant un calcul rénal, j’ai alors été admise d’urgence a 33+ semaines de grossesse en hôpital public ou j’ai alterné diagnostic après diagnostic (allant de l’accouchement imminent, au besoin de stopper les contractions d’urgence…), 3 cathéters, injections de stéroïdes, de la morphine, des médicaments provoquant la constipation etc. 24h d’un cercle vicieux médicalisé, traumatisant malgré un personnel adorable, aux petits soins. Pour moi c’était évident : il fallait que ma grossesse attende jusqu’à 35 semaines pour pouvoir être prise en main par ma sage femme en cas d’accouchement. Liam m’a entendu et il est reste au chaud. A 37 semaines et 3 jours il s’est décidé. La poche des eaux a cédé à 9h et ma sage femme est venu voir et me dire « c’est bon ça commence, relaxe toi, tout va bien, tu as le temps». Sauf que j’ai eu la chance d’avoir une dilatation express, peu de douleurs pendant les contractions au point que j’étais déjà à 8cm en seulement 4h de travail facile. Alors suite à une seconde visite à 14h , ma sage femme m’a dit d’aller de suite à la maison de naissance – Liam était bien plus proche que prévu ! Un seul touché vaginal en tout et pour en 9 mois et uniquement après avoir donné mon consentement, aucune intrusion, ni gestes de procédures inutiles.
Arrivée sur place, tout était déjà organisé, aucun papier à régler, la sage femme a tout organisé. Un bain chaud m’y attendait, ma musique, mes cd de relaxations de calm birth, la pénombre, la douceur et les encouragements positifs de ma sage femme et d’une jeune étudiante sage femme (et mon mari !). Des chambres immenses chacune avec une baignoire circulaire de 1000L, la température réglable dans la chambre, des décors doux et relaxants. Des fou rires aussi car je parlais en anglais à mon mari français, et ma sage femme me fait la surprise de me dire qu’elle comprend le français et que je peux l’injurier en français. Malheureusement, la suite s’est compliquée. Apres 6h de poussée ( !) et malgré les encouragements constants, tentatives de différentes positions, etc., Liam n’arrivait pas à sortir à cause de mon périnée très tonique. On a encore tenté une dernière fois, et en présence d’une obstétricienne avant que je ne sois finalement admise à l’étage inferieur en hôpital public. La tout s’est accéléré, devenu très médical, avec en l’espace de 5 minutes, une équipe de 6 personnes autour de nous – une tempête médicale ! Bilan : une épisiotomie et ventouse sans médicament, ni gaz et sans péridurale. Je reste encore traumatisée par ces vagues de douleurs, cette impression de train qui me passe dessus, littéralement dans un état second. Malgré la tempête médicale et les procédures, l’attention délicate du personnel était bien là. Jamais je ne me suis sentie « bout de viande » ou un « numéro » ou dans un environnement inhumain. Dans une lumière tamisée, Liam est né. Mon plan de naissance a été respecté du mieux possible. Suite à l’accouchement, nous avons pu rester à 3 dans l’intimité de notre petite famille pendant plus de 4h avec Liam en peau à peau dans la salle de travail, avant de retourner dans la chambre de la maison de naissance et prendre notre temps pour rentrer chez nous à notre rythme après 24h.

Calm Birth et la maison de naissance nous ont aussi appris à accepter qu’une naissance ne se déroule pas toujours comme on le souhaite et d’être flexible quand le bébé est en danger. A relativiser et se concentrer sur l’essentiel.

Au retour à la maison, les sage femmes ont alors maintenu une rotation de visites quotidiennes pendant 11 jours pour venir nous voir à la maison, me soigner, nous rassurer et m’aider dans l’allaitement, restant souvent plus d’1h pour juste partager et nous aider dans nos premiers pas :le bain, les montées de lait, les soins post-accouchement, le soutien du baby blues.

J’ajouterai enfin que je bénéficie de salles pour allaiter au travail ou pour rester avec son enfant si problème avec le mode de garde : elles sont équipées de frigo, lit bébé, jeux, et ordinateur. Tous les centres commerciaux, gares, aéroports, lieux publics ont des salles de changes et d’allaitements. Les lieux de travail optent pour le label « ami de l’allaitement ». Il y a des groupes d’information pour les jeunes parents gratuits pendant 6 semaines, des groupes de mamans, des groupes de jeux pour bébés. Enfin, mon congé maternité peut être de 4 mois payés plein salaire ou 8 mois mi-salaire ce qui me permet de profiter de Liam au maximum. Grossesse, accouchement et débuts parentaux respectés.

Avec du recul, mon expérience de ce système est extraordinaire et j’ai pu entendre les expériences de 6 amies françaises en France en hôpital : heureuses de faire des prises de sang tous les mois, d’analyser les résultats de leurs examens ou encore satisfaites d’avoir pu accoucher « naturellement » avec péridurale, ocytocines, sur le cote… Car désormais accoucher naturellement en France semble juste signifier ne pas avoir de césarienne.
Je n’hésiterai pas à repasser par ce système, car même loin de ma famille j’ai eu un soutien extraordinaire. De plus, intervention médicale peut aussi rythmer avec humanité. J’ai envoyé un faire-part de naissance aux sages-femmes en écrivant dessus « si seulement toutes les femmes françaises pouvaient accéder a cette forme respectueuse d’accouchement ». Tout est dit…
Camille.