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Claire – une fausse couche tardive – 2008

28 Fév

Après ce bel accouchement d’Assiya, je suis enceinte directement (même pas eu de règles entre les deux).
cette grossesse « tombe mal ». Deux garçons, une fille, je trouve la famille au complet… Mon corps n’est  pas encore remis de la dernière grossesse … « Un à la fois », comment je vais faire avec 2 bébés dans les bras? et même en écharpe ?…C’est un peu beaucoup pour moi… Je ne veux pas avorter, mais je dois me faire à l’idée d’une nouvelle grossesse…  Ca me prends 4 mois, et lorsque j’envisage ce nouveau bb avec sérénité, que j’ai même un prénom pour lui… Il y a un peu de sang dans ma culotte… Ma sage-femme est en vacances, à l’étranger (et malgré cela elle m’accompagnera psychologiquement) et j’appelle l’hôpital. Je n’ai jamais eu de saignements avec les autres, je sais qu’il se passe quelque chose. La personne que j’ai au téléphone me dit que ca arrive (les fausses règles, il ne faut pas s’en faire, reposez-vous).
Ben si, je m’en fais…Je dis à mon mari que s’il est mort je ne veux pas que l’on le jette dans une poubelle… Finalement le lendemain je vais à l’hôpital où ce n’est pas ma gyneco habituelle  qui me reçoit. Je dois attendre je ne sais combien d’heures, avec mon mari et ma fille de 8 mois dans le couloir. D’abord le docteur me rassure, regarde mon col, et dit qu’il est bien fermé. A priori pas de problème… Il va faire une echo… Le choc… Je revois encore cette image de foetus qui ne bouge pas…Il n’ose rien dire… C’est le silence, si lourd que je finis par soulager ce pauvre docteur en disant  » il est mort » et lui de me répondre « Il n’y a pas de signe d’activité foetale »… Même encore aujourd’hui, 4 ans plus tard cette réponse me choque… Ce froid, si technique…
« Fausse couche tardive », on va vous faire accoucher dans 4 jours… 4 jours à digérer… à me dire que je porte la mort à la place de la vie… Sur cet accouchement-là rien de spécial, je l’ai fait toute seule. Je regrette l’indélicatesse qu’ils ont eue de laisser dans la salle d’accouchement le berceau prévu pour s’occuper du bb… J’ai appris encore une fois que je connaissais mieux mon corps que les infirmières: la sage-femme trouvait que je n’étais pas assez ouverte pour pousser, et moi je sentais que je voulais pousser… J’ai poussé et mon petit foetus est sorti… Mon mari n’était pas là (ils s’occupait des autres enfants) et j’ai pris mon petit karim dans ma main gauche. Il avait tout d’un bébé en miniature, …un magnifique petit visage…, mais des bras arrêtés avant le coude (l’autopsie révélera que c’est une membrane qui s’était enroulée autour de lui et l’avait empêché de grandir normalement, lui génétiquement était ok).
Je l’ai regardé longtemps avec amour et lui ai dit combien je l’aurais aimé s’il avait vécu. Je n’arrivais pas à  le lâcher et la sage-femme m’a laissé faire à mon rythme…
J’ai eu droit à un enterrement « offert » par l’hôpital, et il a reçu un place au cimetière de notre village… Ma sage-femme Heidi est venue et j’ai pleuré dans ses bras…
J’ai dû faire un travail de deuil et j’ai apprécié qu’il ait une place au cimetière. Chantal, ma naturopathe m’a beaucoup aidée à accepter cette graine qui n’avait pas donné de jolie fleur… Le livre de « Quel âge aurait-il aujourd’hui? »m’a aussi  aidé een mettant ma douleur à sa place: entre les « c’est pas grave, t’en fera d’autres » qui ne consolent pas du tout, et le « votre enfant » qu’il n’était pas encore tout à fait. Je lui ai donné sa place de foetus, promesse de bébé qui ne s’est pas réalisée…

A la date où j’aurais dû accoucher de lui, je conçois mon bb 4 (bb4 vivants, 5 si on compte Karim) un peu plus tôt que prévu, mais je ne vais pas râler cette-fois…

***

[Note de l’équipe :

Ses autres récits sont ici : – Naissance respectée de Kenza – Belgique, 2012‏, – Belgique – 2009, – Naissance d’Assiya à la maison, 2007, – # 187 Claire – Belgique – 2004.

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#164 Chambéry, Octobre 2011

26 Fév

J’ai fait une fausse couche en Octobre 2011, un dur souvenir encore aujourd’hui, malgré la naissance de mon 2ème enfant en Juillet 2012.

Cette fausse couche a été un évènement traumatique pour mon corps, mon mari et moi. C’est d’ailleurs parce que j’ai eu le bonheur de donner la vie une 2ème fois que je peux désormais revenir sur ces instants affreux.

Enceinte de 9SG, un 2ème enfant très attendu, un ventre déjà rond…puis des saignements rosés, sur plusieurs jours, puis rouges…une consultation aux urgences, pour m’entendre dire que mon bébé va bien, que son coeur bat bien, que je dois avoir une infection urinaire. Je repars avec ordonnance et antibio….mais l’échographie endovaginale prolongée a causé des saignements plus importants, je n’arrive pas à me raccrocher à ces faibles informations « votre bébé va bien », je ne ressens pas les choses comme ca, j’ai un mauvais pressentiment, je suis obsédée par des pensées noires…la journée avance, mais rien ne va mieux.

Ce soir là, ce que je pressentais arriva…les contractions s’intensifient, les maux de ventre avec, je finis par expulser…quelque chose. Mon monde s’écroule, la douleur m’envahit, je pleure toute les larmes de mon corps. C’est fini, le doux rêve d’agrandir la famille s’effondre, mon corps vient de rejeter ce bébé, malgré moi, malgré nos désirs, malgré tout…La douleur est si vive, le malheur est immense, la nuit fut difficile, mon mari est là, près de moi, tout autant affecté par ce drame…Heureusement, notre fille de 2 ans est en vacances chez ses grand-parents, je n’aurai pas eu la force de l’affronter, lui expliquer, moi qui lui avait tant parlé d’un petit frère ou d’une petite soeur.

Le lendemain, consultation aux urgences oblige. J’arrive en salle d’attente, au milieu de toutes ces femmes enceintes, que je déteste tant depuis cette nuit là…quelle indélicatesse, mais c’est comme ca. On m’ausculte au bout de 2h d’attente, je ne cesse de pleurer, je n’arrive pas à m’arreter, la douleur est bien trop vive. Mais pas un mot, pas une attention envers tout ca, on ne fait QUE m’ausculter.

« Vous avez fait une fausse couche, oui, mais l’oeuf n’a pas été expulsé, on va vous donner un traitement pour aider votre corps et accélérer le processus »

Quelques brèves infos, personne ne me demande si ca va, on me dit que « ça arrive », que c’est « 1/4 des grossesses »….

Et puis on me donne ces fameux 2 cachets…et on me dit (NE LISEZ PAS SI VOUS NE VOULEZ PAS ETRE CHOQUES DE LA NATURE HUMAINE): « ne vous amusez pas à disséquer l’oeuf quand vous l’aurez expulsé, parce qu’à ce stade là, ca ressemble vraiment à un tout petit bébé »…..je n’en suis pas revenue et je n’en reviens toujours
pas qu’on ait pu me dire ça…aujourd’hui j’en suis même navrée.

La suite est tout aussi cataclysmique, ma fausse couche s’est avérée hémorragique, j’ai dû etre hospitalisée 4 jours car mes pertes de sang étaient si intenses que je faisais des malaises…jusqu’à perdre connaissance une nuit, à l’hopital, dans les bras d’une infirmière qui m’aidait à aller aux toilettes…sans mon mari ce jour là qui avait été autorisé à dormir ici, je me serai certainement fracassée la tête par terre…Et ce n’est seulement qu’une heure avant ma sortie (soit 5 jours après ma FC), qu’une nouvelle infirmière venant de prendre son service, a pris 1/2h pour s’asseoir sur mon lit et me demander comment j’allais…

Après ca, j’ai encore dû subir des actes chirurgicaux en simple salle d’auscultation 3 jours plus tard car j’avais encore des caillots, en entendant parler de mon utérus et de ma grossesse comme de simples objets et faits d’une banalité navrante…

J’ai honte de cette prise en charge, de cette aventure et je crois que sans le soutien de mon mari et le fait d’avoir déjà un enfant, j’aurais sombré inévitablement dans une dépression profonde et intense. Ces épreuves m’ont mis une vraie claque, ce manque de tact, de discernement et d’empathie m’ont permis de me détacher de tout ca sur le plan affectif et de rebondir pour leur prouver à quel point ils ne savent rien, qu’ils ne savent pas et qu’ils ne se rendent vraiment pas compte…quelle honte, mais quelle honte de traiter les femmes ainsi !

Nous n’avons pas remis notre projet à plus tard, nous nous sommes recentrés sur notre amour et notre cellule familiale déjà existante et 4 semaines plus tard je commençais une nouvelle grossesse, que j’ai très mal abordée compte tenu de cette expérience et qui m’a coûté 2 mois de bonheur, 2 mois mis de coté de peur de revivre une telle épreuve.

A quand une écoute et une prise en charge de la douleur, à quand un corps médical qui ne considère pas le corps comme un simple objet…?

# 161 Jennifer_ Nancy 2012_ Des rendez-vous manqués…

25 Fév

Récit de la prise en charge de mes fausses couches, à Nancy (Jennifer, je ne souhaite pas l’anonymat)

Depuis janvier 2012, nous tentons d’avoir un deuxième enfant. Après ma puce, dont j’ai déjà raconté ici la naissance chaotique par césarienne en septembre 2010. Même maternité…
En février 2012, j’ai fait une fc très précoce, j’ai eu les résultats de la pds qui ne présageaient rien de bon, et le soir même, saignements…. Tout s’est passé naturellement…
20 jours plus tard, je suis à nouveau enceinte. Pds, écho de datation, un joli petit coeur bat dans mon ventre, et puis de toute façon, la foudre ne tombe pas 2 fois au même endroit!
Echo du premier trimestre le 1 juin : « oh il n’a pas poussé… Je suis désolée » Ma sage-femme échographe est si douce, si désolée…
Plus d’un mois que son coeur s’est arrêté! J’attends le week-end que la nature fasse son travail, je participe même à mon gala de danse, pour me changer les idées, pour ne pas planter les copines, pour ne pas rester à ruminer et pleurer sous ma couette, espérant aussi déclencher l’expulsion… Mais rien, alors lundi gyné, prise de cytotec pour déclencher la fc. Selon elle, c’est la meilleure solution, parce que je veux que ça s’arrête, tout de suite, je ne supporte pas de porter la mort, impression d’être un cercueil… Et la marternité attendrait au moins 15 jours/3 semaines avant de me prendre en charge, pour laisser une chance à la nature de faire son travail…
Je passe donc la nuit chez mes parents, avec ma puce, car mon homme est en déplacement, et je ne dois pas rester seule, au cas où… Heureusement..!
Mardi, 4h du matin, contractions, grosse perte je me retrouve trempée, et puis des caillots, des caillots… Je ne me rends pas compte que c’est trop, que ce n’est pas normal. La tête commence à me tourner, je me dis que je vais bientôt demander à ma maman de me monter quelque chose à manger. Je pense d’ailleurs que c’est dommage qu’on n’ait pas de jus de raisin, on me donne toujours ça quand je donne mon sang, car je tourne de l’oeil facilement. Ma fille se réveille, je vais la voir, la câline, puis elle descend avec ma maman. Je ne cesse d’aller aux toilettes, je perds tellement que les protections débordent immédiatement. Jusqu’à 8h du matin, où je m’évanouis aux toilettes. J’ai senti la baisse de tension en même temps que je perdais un gros amas de caillots, me suis dit qu’il fallait absolument que j’appelle à l’aide, mais sans force, j’ai posé mon visage au frais contre le mur, et me suis évanouie. Ma tête rebondit sur le lavabo, puis dans le coin du mur et je finis face contre terre.
Je me réveille une fois. Je suis bien, je suis au frais, oui, il y a une mare de sang sous moi, mais je nettoierai plus tard, je suis si fatiguée….
Quelques minutes plus tard, ma maman, qui a entendu le boum de ma chute, frappe à la porte (je suis couchée derrière, impossible à ouvrir), j’entends mon prénom, je me réveille, m’assoit, et voyant le spectacle, demande à ma mère de me donner une serviette, pour me couvrir. Le temps qu’elle revienne (soit 10 secondes), je suis à nouveau inconsciente, assise, yeux grands ouverts. Ma mère me secoue, je reviens un peu à moi et lui dis que oui, là, il faudrait peut être appeller la maternité pour voir ce qu’on fait… Plus lucide que moi, elle appelle les pompiers.
Transportée aux urgences de la maternité. Dans la salle à côté, on fait un monito à une maman sur le point d’accoucher… J’entends le petit coeur si vigoureux…
Pendant 1h, à vif, avec la main d’une auxiliaire à serrer pour tout réconfort et analgésique, on me nettoie avec une pince, et des compresses, même si « ça pisse, ça pisse » (selon les propres mots de la sage femme), les paquets de compresse s’enchaînent, l’infirmière peine à suivre la cadence… Cela pour m’éviter un curetage, trop invasif..!
Je me sens mal, préviens l’auxiliaire, mais trop tard, je fais un nouveau malaise. On me met la tête en bas, m’injecte je ne sais quoi. Echo, mon utérus est plein de sang, de caillots, il est donc impossible que l’hémorragie s’arrête d’elle même. Je suis si faible qu’on n’est pas loin de la transfusion, alors on m’emmène enfin au bloc.
Ce même bloc où l’on m’a césarisée il y a 2 ans. De nouveau j’ai froid, je tremble, j’ai peur, je pleure. Je leur raconte mes souvenirs qui remontent, qui font redoubler mes sanglots, on me dit « mais oui mais vous avez une petite fille en pleine santé! » Oui, alors le reste, on s’en fiche…
Quand je me réveille, tout est fini… Et mon homme est auprès de moi, il a roulé comme un fou pour me rejoindre. C’était le 5 juin, je pleure encore chaque soir, j’y pense à chaque instant, à la perte de ce bébé, à la barbarie du personnel, à ce qu’a vu ma pauvre maman…
Le 17 décembre, j’ai le rdv de contrôle du 3e mois de grossesse avec ma gyné. Je suis à nouveau enceinte, 2 fc ça « ne compte pas », c’est « pas de chance », donc on ne peut que recommencer et prier. Depuis 4 jours, je n’ai plus mal aux seins. Mauvais pressentiment, j’ai déjà connu ça. Ma gyné hésite à me faire un doppler, c’est tôt, et si on n’entendait rien ça ne signifierait pas pour autant que le coeur ne bat pas, il est si petit! Je ne veux pas passer les fêtes dans l’incertitude, mon écho n’a lieu que le 6 janvier, j’insiste, elle cède. Et cherche. Longtemps. Regrette d’avoir céder. Je commence à pleurer, elle s’en veut de me mettre dans cet état, me rassure comme elle peut, ça ne veut rien dire! Elle me donne une ordonnance pour faire une écho de contrôle. Et me donne aussi la valise de maternité, les papiers pour déclarer la grossesse, car elle en est sûre, l’écho nous rassurera.
Ma sage-femme échographe n’est pas là avant le lendemain soir, je fonds en larme au téléphone, explique à la secrétaire l’année que je viens de passer, elle me conseille d’aller quand même aux urgences de la maternité, même si je ne suis pas vraiment une urgence…
D’ailleurs on me le fait comprendre. On me dit (après avoir vérifié dans un petit calepin) qu’on ne peut rien entendre au doppler avant 19 sa… Je sais que c’est faux, on a entendu celui de ma fille à 12 sa! On me dit qu’aux urgences on ne sait pas faire d’écho de bonne qualité. Mais bon, quand même, on va m’examiner. J’attends si longtemps, je me demande pourquoi ces femmes sont là, sont-elles comme moi, sont-elles là parce que leur bébé va venir bientôt, ou bien elles ne le sentent plus, les ventres dans cette salle vont-ils donner la vie, la mort? Et le mien?
Une sage-femme et son élève me prennent en charge, j’ai été son premier toucher, cool! Du coup il faisait tout confirmer par la sage-femme (double examen, super), ou par moi, vu que la gyné venait de m’examiner (ah oui, triple exam!) Il met le spéculum, je me raidis, oups je vous fait mal? Sa collègue lui répond ben tu sais c’est pas très agréable.. Mon col « externe » est ouvert de 1, mais pas étonnant vu que c’est ma 4eme grossesse. Sinon tout bien, pas de saignement. (ça, je le savais déjà!) Echo, ils ne voient pas bien, ne savent pas trop ce qu’ils voient, le jeune dit « je trouve qu’on voit mieux en endo quand même, non? » Je lui réponds oui mais pour nous c’est moins agréable (visiblement tu ne connais pas trop les femmes et leur vagins, alors on va reprendre les bases mon petit!)
Finalement ils veulent tenter en endo, du coup faut que j’aille vider ma vessie. « mettez le drap autour de vos hanches, et les toilettes c’est juste à côté ». Je sors donc à moitié nue, un ptit coucou au couple dans le couloir, madame est enceinte jusqu’aux dents, un ptit monitoring, je suis ravie d’entendre le coeur de votre bébé tout en vous montrant mes cuisses! En endo ils voient mieux mais toujours pas sûrs de leur coup. pourtant on n’entend rien, il lui manque 2 semaines de croissance, et on ne voit pas le coeur palpiter… ( à ce stade, je l’avais vu en juin, pour l’écho de datation, donc moi j’étais sûre…)
Ils vont chercher une sage-femme plus douée, re endo (troisième personne qui m’enfonce sa sonde, youhou!)
L’image est bien plus nette, elle prend les mesures, etc, me dit qu’effectivement, comme je me doutais, ça semble arrêté. Depuis 2 semaines. Elle est douce, elle m’explique que bébé est trop gros pour le cytotec (de toute façon je lui explique juin et lui dis que je n’en veux pas!), et qu’on devrait me faire une aspiration avant la fin de la semaine, que je vais quand même revoir demain une échographe référente pour confirmer, et l’anesthésiste.
Du coup le lendemain re-écho, en sus-pubienne, puis en endo (je commence à avoir l’habitude), parce qu’elle trouve mon placenta bizarre. Sa collègue lui dit qu’il doit être en train de se désagréger, de le signaler mais sans insister. On ne m’explique rien. Le compte-rendu sera envoyé à ma gynéco, elle verra si elle veut investiguer de ce côté. (oui sauf qu’à ce moment là il n’y aura plus de placenta…!) Puis anesthésiste. De 11h45 à 14h30, 3 salles d’attente, avec les femmes enceintes jusqu’aux dents qui te regardent par en dessous parce que t’as une tête de déterrée et les larmes aux yeux, et qu’elles se doutent…

Et finalement aspiration… le 26 décembre! Planning trop chargé…Joyeux noël…

J’entre à la maternité à 7h du matin, patiente jusqu’à 11h. De nouveau ce même bloc, et tout ce qui est associé. Une auxiliaire me demande ce que je fais là, je lui raconte, elle me dit vous savez moi j’ai fait 3 fc, et ensuite j’ai eu 4 enfants… Il faut y croire…

Puis l’anesthésie, je sanglote, tout le personnel du bloc semble si désolé, ils sont doux, réconfortants, une caresse appuyée sur mon épaule, un regard, un sourire… ca me fait du bien, mais je m’endors en pensant à mon bébé… Et me réveille une demi-heure plus tard, dans mon délire post-anesthésique, je m’entends crier : je veux mon bébé.. J’en ai encore des frissons… Je pleure, je n’arrive pas à me calmer… On finit par me remonter dans ma chambre. J’ai mal au ventre, je vais aux toilettes, perds quelque chose. Pendant quelques secondes, je panique, je ne comprends pas, on vient de me faire une aspiration, je ne devrais pas perdre quelque chose de si gros! Et puis je me rappelle l’infirmière en bas, parlant à sa collègue : « bon elle a marqué 4 compresses mais j’en ai enlevé que 3, elle a du se tromper en rédigeant son compte-rendu » Et bien non, il y avait bien 4 compresses! Quelques heures plus tard je suis à la maison, encore une fois vide.

Depuis, on ne cesse de me répéter que c’est certainement 3 fois pas de chance. Nous arrivons à la fin de notre bilan de fertilité, et rien. Nous allons bien. Nous n’avons plus qu’à recommencer, encore…

# 143 Anonyme – Bruxelles – 2011 & un accouchement respecté en MdN en 2012

23 Fév

Bruxelles-Belgique

En novembre 2011, suite à une fausse couche, je me réveille un matin perdant énormément de sang. Après avoir eu ma gynécologue au téléphone, elle me conseille d’aller à l’hôpital pour voir une de ses collègues car elle a peur que je fasse une hémorragie. Mon mari est en France, je dois alors prendre un taxi pour me rendre à l’hôpital. Je me sens seule…je me présente aux urgences et là, une dame pas très agréable me demande si c’est vraiment urgent. Je suis en train de me vider de mon sang mais hésite à lui répondre tant son ton est peu engageant.

Bref, on me fait attendre puis on vient m’installer une perfusion en me demandant si ça m’ennuie que ce soit la stagiaire qui le fasse. Pas convaincue qu’en pleine hémorragie, ce soit la meilleure idée de servir de cobaye mais soit. On me met dans une chaise roulante et on me fait traverser le service pédiatrie (gloups vu le contexte) puis on m’installe dans une chambre sans rien me dire de plus.
Des infirmières rentrent et me demandent « qu’est-ce que vous faites là, vous ? » puis m’expliquent que l’aile est fermée dès le soir parce que c’est férié et que je n’ai rien à faire là.

Welcome.

Plusieurs heures passent, j’attends toujours de voir la collègue de ma gynéco et là, surprise un brancardier arrive et m’embarque sur mon lit pour me descendre au bloc.

Suis en panique, je me sens terriblement seule, pas du tout informée, pourquoi m’emmener au bloc alors que je viens voir un médecin ?

On m’explique qu’on va me mettre un anésthesiant dans la perfusion pour procéder à un curetage. Je n’ai pas la moindre idée de ce qu’il y avait dans ma perfusion jusqu’à ce moment-là. J’ai l’impression qu’on peut me mettre tout et n’importe quoi sans même m’en informer.

Suite à cette expérience traumatisante où je me suis sentie tellement seule, très mal informée, pas du tout considérée, je me suis jurée que jamais aucun de mes enfants n’arriverait sur terre dans un environnement pareil.

D’autant plus que j’avais vécu cette première « grossesse » de manière complètement dépossédée. Gavée à la progestérone parce qu ‘on appréhendait une fausse couche, j’ai fait ce que ma gynécologue me disait de faire. Avec du recul, je me demande pourquoi je n’ai pas écouté mon instinct qui me disait que ce petit œuf n’était pas en forme et qu’il ne fallait pas s’acharner.

Quand j’apprends que je suis de nouveau enceinte un an plus tard, c’est donc tout naturellement que je cherche des alternatives à tout : au suivi par ma gynécologue ultra anxiogène qui voit des complications partout, forcément, c’est son boulot de traiter les maladies donc elle a un prisme qui l’aide à les chercher pour les soigner, à un lieu pour accoucher où je me sens respectée et où je n’ai pas l’impression qu’on me colle tout un tas de produits dans ma perfusion sans même me demander mon avis. Un endroit cosy où mon bébé pourra se sentir en sécurité pour ses premiers moments sur la planète.

A force de fouiner sur internet, j’ai finalement trouvé les coordonnées d’une toute petite maison de naissance à Bruxelles.

En visitant cet endroit pour la première fois, j’ai su que c’est là que j’allais accoucher. J’ai été suivie par un binôme sage-femme formidable.  Tout s’est merveilleusement bien passé.

Le travail a été un peu long mais je me sentais comme à la maison dans cette maison de naissance. J’ai pu alléger la douleur des contractions dans la baignoire et sur les genoux de mon mari.
Nous avions branché notre mp3 dans la chambre pour avoir une musique douce et la lumière était ultra tamisée.

La poussée a été un peu longue (22h30-0h45), j’avais sans doute des choses à accepter avant de devenir mère…Je sais que si j’avais été à l’hôpital, j’aurais eu le droit à une épisiotomie, à la ventouse pour mon bébé voire même à une césarienne.

Mon petit bout est arrivé tout en douceur, il est resté collé à nous dès les premiers instants de son arrivée et ne nous a pas quittés. Il n’y avait que mon mari et les 2 sages-femmes dans cette petite chambre. J’étais en confiance et en sécurité. Nous avions beaucoup discuté de mes appréhensions à devenir mère et donc elles savaient que le travail allait peut-être durer un peu.

J’aimerais avoir un 2ème enfant. Nous avons prévu de retourner nous installer en France et je me demande où je vais pouvoir accoucher…j’espère que la loi pour autoriser les maisons de naissance va passer le 28 février prochain.

La version du père de cet accouchement en maison de naissance est ici

# 47 Anonyme (accouchement et fausse-couche) – Belgique

4 Fév

Grossesse rêvée, juste un peu de fatigue à certaines périodes mais rien de terrible. Aucune nausée, j’écoutais mes envies de nourritures et les suivais assez bien. J’ai été très bien suivie par une équipe de 2-3 sage-femmes qui étaient très humaines, chaleureuses et encourageantes. Je me suis aussi pas mal documentée avec notamment un livre que je recommande ‘Attendre bébé … autrement’. J’ai refusé le triple test par choix personnel, on s’était documenté et on a pu y réfléchir ensemble avec mon compagnon. Il faut bien être sûrs de ses choix face au personnel médical, car eux, ont tout appris sur ce qui pourrait mal se passer et comment éviter ces cas extrêmes à tout prix. Ils focalisent tellement sur ces cas rares ou mêmes très rares au point qu’ils font passer tout le monde par un ‘scan’ bien complet de ce qui pourrait éventuellement arriver dans un cas sur x-milliers.

Ils ne se rendent pas compte que le stress qu’ils engendrent chez les futurs parents ont des répercussions parfois plus importantes que ce qu’ils essaient d’éviter. (Selon certaines études, le foetus est sensible à l’état émotionnel de la mère, c’est chimique. En simplifié, en cas de stress, il reçoit des taux de cortisol élevés et d’autres hormones de stress. Ce qui peut induire une inhibition de sa croissance ou un développement différent, donc restez zen). C’est aussi une question de responsabilité, je pense, ils veulent éviter qu’on leur reproche par la suite quelque chose qui aurait pu être détecté, ce que je peux comprendre. Il faut donc bien les convaincre qu’on y a mûrement réfléchi et que notre décision est prise. Je préfère pour ma part me concentrer sur comment se passent les grossesses naturelles, dans la grande majorité des cas, pour ne pas voir le mal partout et avancer sereinement. Je savais aussi que si quelque chose ne se passait pas comme prévu, il y avait assez de monde autour de moi pour me conseiller au moment opportun. J’espérais un accouchement naturel avec ma sage-femme en plateau technique. Il n’y avait pas de maison de naissance dans ma ville à ce moment-là.
Tout s’est passé très bien jusqu’au 8 ème mois. A la fin de la grossesse, le bébé se présentait par le siège et ne se retournait pas. Le doute s’est installé. J’ai eu des informations qui me disaient qu’il existait de très beaux accouchements en siège, d’autres qu’il valait mieux quand-même que le bébé se retourne.

Difficile de s’y retrouver et de savoir quoi faire. En cherchant des méthodes naturelles qui aideraient le bébé à se retourner, je suis allée voir un ostéopathe puis j’ai finalement accepté une version: manipulation d’un gynécologue qui pousse sur le ventre pour faire tourner le bébé. Cela n’a pas marché non plus, il était déjà descendu trop bas dans le bassin. Moi, je me disais qu’il pouvait venir comme il en avait envie mon bébé et qu’on n’allait pas continuer à s’acharner dessus. Heureusement mes sage-femmes connaissaient une gynécologue spécialisée dans les accouchement en siège par voie basse. Ma pelvimétrie était bonne, c’était possible.

J’ai donc accouché de mon bébé en siège. La gynéco a vraiment été super! Elle était très détendue, très rassurante. Je n’ai pas eu de césarienne (j’ai dû choisir un autre hôpital pour cela), ni d’épisiotomie et aucune complication physique par la suite. Il faut savoir que dans la plupart des hôpitaux, bébé en siège signifie césarienne programmée d’office. Ca, c’était le côté très chouette.
J’ai été très bien entourée. Je suis contente d’être tombée sur une médecin qui pratique encore suivant son bon sens et non pas suivant aveuglément les procédures que je trouve hyper mécanisées et averses au risque, au détriment de la relation humaine et d’une gestion du risque raisonnée. Elle m’a encouragée, même quand j’avais des doutes, quand je n’en pouvais plus. L’accouchement en détail, plutôt rock & roll et suspense tendu: poche des eaux rompue chez moi à 1h du matin. J’appelle ma sage-femme qui me rassure et me dit de dormir un peu et de la rappeler quand les contractions seront toutes les 10 minutes. Je la rappelle vers 4h30. On se donne rdv à l’hopital, elle m’y attend, c’est chouette d’y être accueillie par quelqu’un de connu. On est accueillis par la sage-femme de l’hôpital qui est sympa et qui nous laisse entre nous dans une pièce avec une baignoire, le bain soulage un peu, mais j’ai très mal, je suis déjà dans ma bulle, les yeux fermés, j’ai froid, je tremble de partout quand je sors du bain, je suis incapable de m’essuyer, heureusement que mon compagnon et ma sage-femme sont là, je me sens en confiance avec eux. A chaque contraction, une douleur vive s’élance dans tout mon dos, sans doute un nerf écrasé dû à un accident 10 ans auparavant. Je demande la péridurale, qui attendra l’arrivée de l’anesthésiste à 8h. Anesthésiste sympa, qui arrive à faire de l’humour. Les douleurs s’estompent, mais les contractions aussi. Je m’endors au matin, du repos enfin. Pas de chance, je m’endors sur le côté gauche qui fait que la péri agit plus d’un coté mais pas du bon (mon dos me fait toujours mal du côté droit). La sage-femme en service communique avec mon bébé à travers mon pouls, c’est intéressant et cela me réconforte. Il y a un vrai contact humain. La gynéco arrive vers 14h, c’est déjà une autre sage-femme de service,  mais la mienne est toujours là, elle m’accompagnera jusqu’à la fin, même si elle n’a pas de pouvoir dans cet accouchement. Le travail n’a toujours pas commencé. On me demande de commencer à pousser, mais je ne pousse pas bien, c’est pas très efficace. Ensuite le travail vient, mais dure…

Il y 6 personnes autour de moi, c’est trop, mais je n’arrive pas à le dire, je suis partie dans ma bulle, j’ai les yeux fermés, je ne vois rien mais j’entends les encouragements à chaque poussée. Au début ça va, mais après la 3eme voix qui répète la même chose, ça suffit. Ca m’énerve mais je n’arrive pas à le dire, je n’en ai plus la force.

Cette table d’accouchement, quelle aberration! cette position est anti-naturelle et fatigante: devoir se relever tout entière ainsi que ses jambes pour se contracter. Quelle perte d’énergie inutile! Mais avec la péridurale pas moyen de faire autrement, je n’avais plus de force dans les jambes. Le travail a été très long, Le bébé a mis beaucoup de temps à sortir, 3h, j’étais épuisée et il devait l’être tout autant. Son état devenait critique, il était enfin à moitié sorti, mais restait coincé et son coeur battait de moins en moins vite. La gynéco a dû intervenir pour l’aider à sortir manuellement tout en douceur. A partir de là tout a été très vite. Je n’ai pu l’avoir sur moi à sa sortie qu’à peine quelques secondes. Il a été KO 5 minutes (ce qui a généré pas mal d’angoisse, car on ne m’a pas dit s’il vivait ou pas) puis il s’est bien remis. Seulement, entre temps, il a dû subir des frictions pour le réchauffer, la lampe très chaude, mais très lumineuse, … et il a été ensuite placé en service de néonatalité 12h où il a eu une perfusion de glucose pour lui redonner des forces et mis en observation. Je pense que tout le monde a fait au mieux selon les circonstances. J’ai pu le rejoindre plus tard en néonat. J’ai du attendre qu’on m’amène un lit, et j’ai dû me déplacer toute seule dans cet autre lit roulant pour qu’on m’emmène en néonat. J’avais besoin de faire pipi, mais on m’a dit que je devais attendre de retourner dans ma chambre pour qu’on me mette une panne, c’était dur. Je ne comprends toujours pas pourquoi ils ne pouvaient pas le faire en salle d’accouchement. J’ai donc eu mon fils sur moi quelques dizaines de minutes en néonat. Ils ont bien voulu mettre mon lit à côté du sien pendant un moment. Puis, quand je n’y tenais vraiment plus, j’ai demandé qu’on m’amène dans ma chambre. Là, aberration, l’infirmière me dit que je dois pouvoir aller aux toilettes seule pour me retirer ma perf. qui me faisait mal pour s’assurer que je n’en avais plus besoin. J’avais attendu environ 2 heures après ma première demande pour m’entendre dire cela!

Bref, je regrette de ne pas avoir pu être contre mon bébé ou au moins tout près de lui pendant les premières minutes, heures de sa vie.
Cela a, je pense, généré une certaine angoisse chez moi pendant plus de 2 ans et probablement chez lui aussi (son accueil sur Terre a été assez rude et stressant). La pédiatre nous a dit qu’il a été très irrité de sa perfusion. Pendant ses premières semaines, il a beaucoup pleuré, crié de colère. Je ne pouvais pas le déposer sans qu’il pleure pendant les 3 premiers mois. Je me suis donc promenée avec lui en écharpe pendant 3-4 mois, c’était chouette finalement. Je crois qu’il a fait le plein de proximité maternelle pendant ces moments-là, peut-être pour compenser le manque à la naissance. On l’a toujours entouré d’affection. Maintenant qu’il grandit, cela va beaucoup mieux. L’EMDR m’a aussi été utile pour dépasser ce trauma (c’est en cours). Il existe aussi des cercles de femmes qui parlent de post-partum.
Même si c’était difficile, je suis contente d’avoir évité la césarienne.

J’aurais souhaité que la table sur laquelle ils manipulent le bébé soit plus proche du lit d’accouchement pour que je puisse le voir au moins et lui parler, qu’il entende ma voix (quoique, j’étais tellement épuisée que je n’aurais pas pu parler, mais pour d’autres…). Je conseille d’insister pour aller le plus vite possible auprès de son bébé en néonat ou de demander de l’avoir dans les bras au moins quelques minutes avant qu’ils ne l’emmènent. Je pense que ce contact initial est très important et le manque peut avoir des conséquences importantes et durables qu’on n’imagine pas.

A l’hôpital, certaines infirmières/s-f sont très chouettes, on est content de les avoir eues, d’autres moins. Il faut le savoir. Essayez d’aller dans un hôpital ‘ami des bébés’, ils conseillent l’allaitement maternel. Mais même là, certaines habitudes sont bien ancrées: faire dormir bébé dans un lit à part. Ne pas le coucher trop près de moi, car il faisait trop chaud et qu’il avait un peu de température, lui faire boire de l’eau, des compléments de lait…. A ce moment là, j’étais très faible et j’ai écouté le personnel hospitalier… à certains moments je n’aurais peut-être pas dû. Je crois qu’il faut faire ce qu’on ressent qui est juste pour nous, l’instinct maternel est fort. Si on fait quelque chose à contre coeur, c’est que ce n’est probablement pas juste. Mais là encore, c’est une question de jugement personnel, au cas par cas.

Tous les matins, ils arrivent avec des tests à faire. On peut demander si c’est vraiment nécessaire ou pas et refuser le test. Mais à nouveau, il faut insister et eux sont toujours sûrs d’eux. Je conseille donc de se préparer à l’avance. On est libre de rentrer quand on veut, mais ils nous conseillent fortement de rester jusqu’à ce que l’allaitement soit mis en route et que le bébé reprenne du poids. J’ai eu de la chance que le papa soit resté auprès de moi toute la durée de mon accouchement et de mon séjour à la maternité, il m’a été d’un grand soutien et bébé a pu dormir sur lui aussi. On a finalement fait un mix entre allaitement maternel et lait HA.

Ensuite, quelques années après, début de seconde grossesse, arrivée par hasard. Je suis allée à 8 sem. faire une écho, juste pour voir s’il était bien implanté et là, on m’annonce que le coeur ne bat pas et que c’est un diagnostic de fausse couche, on demande un second avis à l’assistante en gynéco qui confirme et me dit qu’il y a 2 solutions: prendre des médicaments qui provoquent des contractions pour expulser l’embryon ou faire un curetage (one day clinic). Je préfère la solution la plus naturelle, je suis donc repartie un peu dépitée et sous le choc avec des médicaments. J’appelle en urgence les sage-femmes indépendantes que je connais, heureusement qu’elles sont là!!! Elles me rassurent, prennent en compte le côté émotionnel (pas vraiment pris en compte à l’hôpital) et me disent qu’il existe aussi et surtout la méthode naturelle qui est d’attendre que cela descende spontanément. A nouveau, stress comme pour le siège: Il me faut trouver des méthodes naturelles pour que cela se passe au mieux pour éviter le curetage. Après 3 semaines d’attente, cela se déclenche enfin spontanément. Je remercie les sage-femmes qui ont pris de mes nouvelles régulièrement, cela m’a fait chaud au coeur, et qui m’ont donné de bons conseils. Je me remercie aussi d’avoir écouté ma petite voix qui m’a dit d’attendre que cela vienne tout seul et de ne pas me précipiter sur les médicaments. Heureusement, on n’avait pas d’attente, ce n’était donc pas trop dur émotionnellement. Au contraire et contre toute attente, c’était finalement soulageant, car on n’était pas prêt. Dans tous les cas, il ne faut pas se sentir coupable. La nature fait bien les choses.

Un cas n’est pas l’autre, une technique peut ne pas avoir marché dans mon cas, mais peut marcher dans d’autres circonstances. J’essaie de toute façon de commencer par des méthodes naturelles (ostéo, énergétique, acupuncture, homéopathie, phyto, …) qui n’ont pas d’effets secondaires, puis si cela ne va toujours pas de recourir aux méthodes plus ‘corsées’ de la médecine officielle. Aussi, dans n’importe quelle pratique, il vaut mieux trouver quelqu’un de bien par bouche à oreille. L’idéal étant de trouver une personne avec qui on est en accord et avec qui on se sent en confiance. Et quand on est bien informé (croiser plusieurs sources), on est bien mieux préparé pour faire face aux situations inattendues.

J’ai compris que le milieu hospitalier n’offrait pas une vision complète de la situation, mais souvent assez déshumanisée et procédurière selon des critères qui les arrangent eux. Parfois en toute bonne foi, … ils suivent juste les procédures. Puis, parfois on tombe sur des perles, on les remercie. C’est bien de s’entourer de personnes indépendantes qui ont une vision plus globale et plus humaine.

#25 Thaïs – Bruxelles – 7 accouchements – 6 enfants

29 Jan

Je suis belge, maman de 6 enfants de 18 ans à 3 ans. J’ai vécu mon premier accouchement comme un miracle – à 20 ans – suivi de grossesse parfaitement classique mais avec l’innocence et la confiance de mes plein moyens : arrivée à la maternité à 9 cm d’ouverture accouchée en 1h, je ne me suis pas sentie agressée car je réalisais mon propre exploit sans péridurale sans conseils de trop.

Deuxième grossesse les choses se corsent : bébé dépasse le terme et la pression médicale me fait craquer après 2 semaines de retenue « pour mon bien et celui de l’enfant ». Accouchement plus long, ma sage-femme n’arrive pas car la maternité ne trouve pas ses coordonnées que je n’ai pas ! J’ai dû rester après un « contrôle de routine »: panique ! pas de valise, pas de mari … la communication est mauvaise avec l’équipe médicale, on me fait attendre dans un coin avec un simple rideau entre moi et le couloir.

Troisième grossesse : l’effondrement ! « un simple accident de parcours madame ! ça arrive et puis à 3 mois de grossesse ce n’est pas si grave ! » Sentiment de tristesse, d’injustice  face à ce qui m’arrive sans être accompagnée, je perds du sang « on va vous l’enlever Madame ce bébé dont l’activité cardiaque est bien présente mais qui ne grandit plus depuis 1 mois …et puis vous n’allez pas risquer une hémorragie un week-end ». La descente aux enfers : on m’endort et je me réveille vide, aspirée de mon enfant tant désiré. Le papa fait son deuil : moi pas, incommunicabilité, suite de couche avec des complications médicales dues à l’acte médicale « c’est si rare – me dit-on – prenez des hormones à hautes doses ça va rentrer dans l’ordre.

Les mois passent le bébé suivant pointe son nez en pleine dépression post-natale « vous devriez être heureuse c’est un garçon et en pleine santé » Néanmoins je suis anéantie, personne n’entend ma détresse. Naissance difficile : poche rompue sans contraction, on me stimule sans m’en parler, péridurale non désirée au moment de l’expulsion : perte complète de mes moyens, je perds le mode d’emploi de mon accouchement pourtant je l’avais déjà utilisé 2 fois et personne ne trouve ça anormal. Vision de  l’aide accoucheuse qui monte sur un tabouret pour pousser sur mon ventre et faire sortir ce bébé alors que je ne sens même plus mes orteils.

Plusieurs années se passent pour digérer ces événements, l’envie de maternité reste grande mais j’ai la peur au ventre. Et puis surtout je veux des filles après 3 garçons ! Tout est envisageable pour moi et je visite même l’arrière-cours d’un médecin réputé pour ses bons résultats sur le choix du sexe, un jour férié en toute illégalité pour une forte somme d’argent. Heureusement la nature fait son oeuvre et me préserve, ces pratiques ne sont pas les bonnes et finalement après avoir tout laisser tomber, des jumelles pointent leur nez : que rêver de mieux ! Néanmoins l’échographie fait paniquer : un bébé a le poumon qui ne se développe pas : « grossesse à risque Madame » alors que je me sens au mieux de ma forme. Tous les médecins pronostiquent le pire, nous font passer de service en service et les écho se succèdent au rythme infernal. Le bon sens me dit que tout va s’arranger, je travaille, je suis en forme et je prends une sage-femme à domicile en plus du suivi médical en hôpital. Par précaution, le papa et moi choisissons un centre néonatal de pointe sur le plan humain et nous rédigeons un contrat de naissance pour refuser tout ce que nous ne voulons pas vivre. On en arrive à devoir négocier avec une équipe de maternité qui nous trouve bien difficile alors qu’on voudrait juste avoir la paix et nous imposons notre propre gynécologue. Le terme des 40 semaines arrive, les bébés ont 3 kilos chacun mais aucun signe d’accouchement c’est le déclenchement tant redouté : induction manuelle et médicale, 21 heures de contractions… Bref un marathon pour donner naissance  à deux filles en pleine santé  et on me laisse avec un de mes bébé pendant 3 heures en salle d’accouchement avec mes perfusions et poches de dons de sang négligées, car l’équipe est surmenée et le papa est avec l’autre bébé en observation (le problème au poumon peut être oublié OUF).

Pas de panique, j’ai des ressources mais pour le coup c’est de la négligence. Trois années passent et le petit sixième arrive sans crier gare : un cadeau du ciel et bien faisons-en une réconciliation avec mes capacités et la décision est prise d’accoucher à la maison. Le papa a peur mais il est bien conseillé, rassurer sans excès ni démesure par une sage-femme bien terre à terre qui vient tous les 15 jours. Renseignements pris sur internet : bien d’autres couples s’enchantent d’avoir pris cette décision. Tout se déroule pour le mieux car la confiance est là et malgré la fatigue d’avoir 5 enfants à la maison et un travail à temps plein, le grand jour arrive à point : on a le temps de confier les aînés sans précipitation et d’être dans notre bulle papa-maman-bébé. Je peins la chambre pendant les contractions – histoire de me sentir utile chez moi et la sage-femme arrive de justesse alors que bébé est sur le point de sortir. Notre lit nous accueille, papa est enchanté, annonce la nouvelle à tout le monde, les visites à la maison sont paisibles et bien mieux programmées qu’en maternité sans compter les petits plats équilibrés et 3 jours après je suis déjà en route pour présenter le petit frère à la sortie de l’école des grands. Quelle belle récompense pour mes finances : cet accouchement n’a rien coûté : pas à moi et presque rien à la collectivité.

Ma conclusion : je suis capable de donner naissance, j’ai en moi toutes les ressources nécessaires depuis le début. Le corps médicale sous le couvert de la précaution n’a fait que me stresser de plus en plus et de m’imposer des choix que je n’arrivais plus à refuser. Je suis responsable de prendre en charge l’accueil des enfants que j’ai désirés.   Je veux pouvoir être encadrée comme je le souhaite, là où je vis sans pression ni jugement. Je veux être suivie par des personnes expérimentée pas par des diplômes mais par de l’humanisme et du bon sens. Merci de respecter ma liberté.
Thaïs – Bruxelles, janvier 2013