Tag Archives: décollement des membranes

#322 – Un accouchement volé – novembre 2009

7 Jan

Je vous remercie de nous permettre un moyen d’expression quant à ce sujet mal maîtrisé qu’est l’écoute des mamans.
J’ai 34 ans, à nouveau enceinte depuis un petit mois. Mon premier enfant a 4 ans aujourd’hui. Il s’appelle Enzo et l’accouchement a été une réelle épreuve, pour moi, mais aussi pour mon compagnon qui se sentait impuissant et interdit face à notre gynécologue.

2009 : Début de grossesse en février
J’ai des soucis de santé qui posent de vrais risques pour moi et mon enfant de l’ordre génétique. Pour être plus claire, j’ai un déficit en Protéine S sur le facteur V de mes gènes. Ce qui entraîne des complications au niveau de ma circulation sanguine.
Mon gynécologue a fait un bon suivi, prise de sang toutes les semaines dès le troisième mois et piqûres d’anti-coagulants 2 fois par jour, depuis mon 6ème mois de grossesse jusqu’à la fin de mon retour de couches, bas de contention, etc.
Ma grossesse s’est très bien passé, j’étais sereine en plus car j’étais suivie aussi par une jeune sage-femme hypnothérapeute et sophrologue, avec laquelle j’avais fais un réel travail de projection.
Cette sage-femme travaille dans la même structure que mon gynécologue de l’époque.
Mes problèmes de santé me classant dans les « hauts risques » voir limite « à très hauts risques », mon gynécologue a changé d’attitude avec moi dès le 7ème mois de grossesse, voulant me préparer à un accouchement déclenché. Car dans sa tête, ce ne serait pas autrement.
J’ai essayé de discuter avec lui lors de cette consultation, de lui expliquer que si aucun soucis médicaux ne venaient contrarier le bon déroulement de la fin de grossesse et le jour J de l’accouchement … de laisser les choses se faire d’elles-mêmes. Je refusais d’être en situation de “sur-médicalisation” et je sentais déjà que cela en prenait le chemin.
Il m’a fait comprendre que je ne pourrais pas maîtriser mon accouchement.
Cela m’a toujours heurté, car même si cela se passe mal, on doit pouvoir rester les premières actrices de nos accouchements.
Ma grossesse s’est très bien passée, jusqu’à une semaine du terme, où là, je sentais vraiment mon gynécologue en panique quant à mon déficit sanguin. Et moi qui était sereine, prête dans ma tête au travail, mon gynécologue m’a épuisée physiquement sur cette dernière semaine, et stressée.
Les discussions étaient de plus en plus tendues avec lui, car moi je ne voulais pas déclencher le travail et je ne voulais pas non plus de péridurale.
Il a commencé par me culpabiliser en me disant que j’étais une irresponsable de ne pas vouloir écouter et obéir à ses prédications. J’ai plus ou moins cédé …
Je m’explique :
La dernière semaine, il m’a fait descendre à B. 2 fois par jour pour faire monitoring et décollement des membranes une fois par jour. A cette époque, j’habitais sur les hauteurs à 30 minutes de B. Les deux allers-retours me prenaient donc deux heures par jour et m’ont littéralement épuisée.
Moi, qui était sereine jusque là, c’est le stress qui a pris le dessus, car plus les jours avançaient et plus les décollements de membranes me faisaient souffrir et devenaient dangereux.
Le terme était prévu pour le 5 novembre, le 2, mon gynécologue n’a pas voulu me laisser repartir chez moi car je commençais à faire des hypertonies au lieu de faire des contractions. Il a demandé aux sages-femmes de me coller une languette pour déclencher le travail.
J’avais déjà la vulve en feu à cause des décollements répétés tout au long de la semaine et ce “truc” n’a rien arrangé.
Et puis, franchement, rien que les décollements de membranes sont une épreuve en soi car c’est extrêmement douloureux, la sage-femme qui le pratiquait me disait que cela donnait de “l’amour au col”. Je sais que c’était pour me rassurer qu’elle me disait ça mais j’avais juste l’impression de me faire fouiller comme une vache, “alors tu parles d’un amour, toi” !! Rien de plus, ni rien de moins !!! D’ailleurs, je subis encore, 4 ans après, des problèmes réguliers d’irritations et de démangeaisons importantes depuis ces mésaventures.
Les sages-femmes, le jour de mon accouchement ont vraiment pris un rôle primordial pour nous, car elles n’étaient pas en accord avec le gynécologue quant au bon déroulement de mon accouchement.
Elles m’ont expliqué que cela n’aurait pas dû se passer comme ça, étant donné que nous allions bien, mon fils et moi.
Et les hypertonies que je faisais étaient dues aux décollements de membranes trop répétés et qui n’avaient pas lieu d’être. Ce n’est d’ailleurs pas elles qui me les faisaient.
Deux heures avant d’entrer en salle de travail, mon compagnon et moi avons vu notre gynécologue et cela s’est très mal passé. Je lui ai dis que je n’étais pas contente de me voir aussi stressée et que je me sentais extrêmement fatiguée pour ce qui m’attendait. Nous nous sommes engueulés, il m’a dit que, de toute façon, je n’étais pas médecin et que ce n’était pas à moi de décider de la bonne marche de mon accouchement ! J’en ai pleuré et lui ai répondu que dans la mesure où tout se déroulait normalement je devais rester maitresse de mon corps et de mon évènement.
Lors de cette altercation, les sages-femmes m’ont soutenues dans mon épreuve. Elles se sont opposées au gynécologue, en expliquant tant bien que mal que rien ne justifiait une telle prise en charge.
Elles m’ont d’ailleurs soutenues jusqu’à la fin car elles m’ont évité la césarienne.
Je suppose que le stress a beaucoup bloqué le travail car malgré le déclenchement, mon col ne s’ouvrait pas, ce qui stressait mon gynécologue.
A cinq heures de travail à 3 cm d’ouverture, j’ai cédé pour la péridurale car j’étais épuisée. Mais la dose a été mal dosée, j’avais la jambe gauche comme celle d’une poupée de chiffon et ressentait tout de l’autre côté. Au bout de huit heures passées à 3 cm, le gynécologue commençait à faire pression sur les sages-femmes pour qu’elles me transfèrent en bloc pour une césarienne.
Elles ne me l’ont pas dit à ce moment-là pour ne pas me bouleverser car j’étais très en colère après lui et il ne valait d’ailleurs mieux pas qu’il se pointe dans la salle d’accouchement !
Elles lui ont tenu tête et au bout de 10 heures de travail, toujours à 3, la plus ancienne d’entre-elles m’a fait prendre une position hyper inconfortable pour accélérer le travail. J’ai tenu cette position pendant 2 heures de temps, mais cela a été efficace car Enzo est né à la fin de ces 2 heures … sans césarienne !! La péridurale m’a perturbée tout autant que le reste car les sensations étaient très étranges, du fait que je ne ressentais absolument rien du côté gauche et absolument tout du côté droit. J’ai juste déchirée un peu mais sinon cela s’est très bien fini pour nous !
Je ne remercierai jamais assez les sages-femmes présentes pour ce qu’elles ont fait pour nous. Elles ont rassuré mon homme, qui était un peu perdu face à la culpabilisation permanente dans laquelle nous plaçaient le gynécologue.
Car elles ont fait barrage face au gynécologue et elles ont fait preuve d’un grand savoir-faire et d’un grand professionnalisme.
Les gynécologues obstétriciens ont monopolisé l’accouchement !! Mais les sages-femmes ont des millénaires d’expérience en ce domaine et le fait que ce soit en général des femmes, elles savent ce que cela représente en terme de douleurs, en terme d’amour-propre pour une femme et en savoir-faire technique bien évidement !!
Car je tiens quand même à dire que les gynécologue hommes sont maladroits avec les femmes enceintes et parce qu’ils sont médecins, ils pensent avoir tous les droits. Mais, c’est notre corps qui ressent toutes les sensations et la nature est bien faite. Il faut faire beaucoup plus confiance en notre capacité à accoucher !! Certes, la médecine obstétrique a considérablement réduit les décès de mères et enfants lors des naissances Mais ils n’ont pas les connaissances requises comme peuvent les avoir les sages-femmes et ne justifie en rien cette prise de pouvoir de la part des médecins obstétriciens.
Alors, étant donné que les restrictions budgétaires réduisent le nombre de maternités en France comme ailleurs. Et que l’on se retrouve à plus de trois quarts d’heure d’une maternité et que du coup cela représente un risque non négligeable pour les grossesses. Qu’une femme et son bébé meurent parce qu’ils n’ont pas eu le temps d’arriver à la maternité est aberrant !! Tout aussi aberrant que la sur-médicalisation, je demande à voir des maisons de naissance éclore un peu partout et que ces maisons soient gérées avant tout par des sages-femmes. Et qu’elles n’appellent les obstétriciens qu’en cas de besoin médical !!!
J’avais fais un petit projet de naissance pour Enzo : Pas de péridurale, pas de position couchée sur le dos avec les pieds dans les étriers, de la musique douce, éclairage doux, … mais je n’ai rien pu faire de tout cela, rien n’a été respecté. Je demandais à marcher pendant le travail car je sentais que j’en avais besoin mais même ça on me l’a refusé.

Alors comme je suis à nouveau enceinte et que cela aura prit son temps, je ne souhaite pas revivre la même chose.

Même si je comprend mieux aujourd’hui la réaction de ce gynécologue et que je ne lui en tiens plus rigueur, je ne le reprends pas pour ma seconde grossesse et mon projet de naissance sera beaucoup plus pointu et sera anticipé avec les sages-femmes. Car je souhaite vraiment être mieux écoutée et pouvoir “accoucher” et non “me faire accoucher” !! La différence est énorme et j’ai toujours le sentiment de m’être fait voler ce moment !! Pendant un accouchement, on est fragilisée, c’est vrai !! Mais on est pas que fragiles … on est fortes aussi, comme jamais on ne peut l’être dans notre quotidien … merci aux hormones pour cela !!!

Voilà, j’espère que mon expérience pourra servir à faire évoluer les choses en ce domaine.
Je vous remercie de tout coeur de la parole donnée.

J’espère vraiment que cette action que je trouve très bien, apportera une vraie avancée permettant la reconnaissance des sages-femmes en milieu hospitalier avec un vrai statut propre, permettant de voir d’autres vocations naitre en ce domaine et augmenter le nombre des 22000 sages-femmes actuelles.

Je souhaite vraiment voir se développer les maisons de naissance au même titre que les maisons de santé. Nous avons réellement besoin de cette proximité pour l’accès aux soins, prodigués par les sages-femmes (qui ont les mêmes responsabilités pénales que les gynécologues obstétriques), aux suivis des grossesses, aux conseils et à l’écoute.

Nos sages-femmes (et sages-hommes d’ailleurs) sont formidables et il est temps de leur témoigner la reconnaissance qu’elles méritent. Enfin, je sais que la reconnaissance des familles leur est pleinement acquise malheureusement insuffisante …

Cordialement.
Laëtitia M

Publicités

#310 De la grossesse aux suites de couches – Hauts-de-Seine

28 Nov
Je considère que la naissance c’est aussi le suivi de grossesse et les suites de l’accouchement.
Et là franchement, le respect des personnes est loin d’être garanti!
Le suivi de grossesse
Franchement très décevant.
La maternité de niveau 2 où j’étais inscrite prend des allures d’usine pour les consultations de suivi. On te demande de venir 30 minutes en avance et le gynécologue ou la sage-femme qui assure les consultations, avait presque toujours une heure de retard.
Examen rapide, aucune question sur le moral des troupes, les craintes, etc. Juste une phrase répétée au moins 2 millions de fois : si vous voulez la chambre individuelle, c’est 100€ et il faut réserver maintenant. Ok merci!
Le pire moment a été la 2ème écho. sortant d’une première écho géniale à 3 mois faite en clinique par une gynécologue attentionnée et qui a duré 45 minutes, on est arrivés la bouche en coeur, préparés à découvrir le sexe de notre bébé. Ma propre maman, elle-même sage-femme, m’avait expliqué que cette écho était généralement assez longue car on prend bien toutes les mesures et on voit bien le bébé.
Et ben raté! L’écho a duré 12 minutes au total dont 10 minutes durant lesquelles le médecin a engueulé son interne qui effectuait l’écho. On ne nous a rien montré, rien expliqué, bref on était invisibles! Ah si, juste à un moment, le médecin nous a demandé si on voulait connaître le sexe, on répond oui et là il dit c’est un garçon, point barre. Ce c**** ne nous a même pas montré le petit trilili.
Mais bon cela avait un côté pratique car tous les examens (urine, sang, prélèvement) étaient faits sur place et du coup, je n’avais pas besoin de retourner en labo après.
Heureusement, j’ai fait la prépa accouchement chez une sage-femme libérale très sympa : un peu trop pro-allaitement et anti-péri mais elle ne jugeait pas.
En dehors de tout ça, grossesse idyllique.
Fin de grossesse et accouchement
Bien vécu sur le moment mais peu d’informations.
Le jour J, rdv de contrôle : col ouvert à 1, épais et ramolli. On me décolle les membranes sans m’expliquer (oh b*rdel quel mal de chien!) et on me renvoie chez moi.
J+2 : j’avais rdv mais dans la nuit précédente, on s’est pointés à la maternité parce que j’avais eu des contractions (même pas douloureuses) + perte bouchon muqueux et qu’on était pressés surtout!
J+4 : rdv pour déclenchement. On avale un gros brunch avant d’y aller et on part de chez nous, sachant qu’on ne reviendra pas seuls.
8h30 : on me branche au monito + pose perf : j’ai des contractions régulières donc on me débranche vers 11h pour aller marcher et laisser faire la nature.
14h00 : retour au monito : les contractions se sont arrêtées donc on va lancer le déclenchement à 16h avec tampon. On m’informe juste qu’avec le tampon ça ira plus vite.
18h00 : on m’amène à la chambre car n’ayant que peu de contractions, ça sera sans doute long. On me prévoit un monito à 22h.
18h30 : les contractions démarrent c’est atroce tout de suite. Je me dis que je ne vais pas y arriver car un premier accouchement peut durer très longtemps.
21h30 : je suis un animal!
21h35 : j’appelle la sage-femme pour avoir un ballon. ça ne change rien et devant ma douleur, elle tente un toucher vaginal pour vérifier l’avancement du travail. Jamais ressenti une pareille douleur de toute ma vie, mon corps entier s’est cambré pour échapper au toucher.
En fait, mon col était postérieur et la tête de bébé devant, donc elle devait crocheter par derrière pour vérifier le col. EPOUVANTABLE!
Elle me propose donc de descendre en salle de naissance car les lits sont plus pratiques pour le toucher. Vu mon état, je n’ai pas cherché à comprendre.
22h00 : Arrivés en salle de naissance, elles s’y mettent à trois pour le toucher, dont 2 qui me maintiennent. Mon mari était dehors et il m’a avoué après avoir eu le sang glacé en entendant mes hurlements.
22h05 : Col épais mais mou et ouvert à 3, c’est ok pour la péri.
22h35 : l’anesthésiste arrive. On m’a prévenue que c’était pas des rigolos les anesthésistes. Ah oui effectivement! Mais bon, au moins ça crée de la complicité avec les sages-femmes.
22h50 : A plus mal du tout, youpi!
00h00 : perçage de la poche des eaux.
00h45 : je suis dilatée à 5 cm, le coeur de bébé ralentit donc je suis en code rouge, les sages-femmes débarquent toutes les 5 minutes pour me tourner ou m’expliquer des choses.
1h : il y a 6 personnes autour de moi qui passent leur temps à s’excuser de me faire mal alors que je sens rien (vive la péri!); elles me préparent pour une césa au cas où car le coeur de bb ralentit trop souvent. On me rase, on me lave, on met un nouveau produit à la perf.
1h10 : suis dilatée à 8cm (3 cm en 25 minutes, ouah!), col effacé mais comme le coeur ralentit toujours, les sages-femmes appellent le médecin.
1h30, dilatée à 9cm, le médecin me demande de pousser pour essayer de gagner le dernier cm. Elle est gentille, mais sous péri : tu sais pas ce que tu pousses, mais bon je pousse quand même…
Avec 9 personnes dans la salle, bonjour l’intimité mais bon.
Finalement, le médecin sort les spatules pour aller plus vite.
1h54 : mon fils est né, on le pose sur mon ventre avec les mêmes mots que dans les émissions : « le sang, c’est le vôtre ». Ils lui font une petite toilette pendant qu’on me recoud l’épisio + déchirure. Puis mise au sein et on nous laisse 2 heures tranquilles.
5h30 : retour dans ma chambre, épuisée, vidée!
Un accouchement très bien vécu car les sages-femmes étaient très pros et rassurantes mais j’aurais bien aimé qu’on m’explique qu’un déclenchement, certes c’est plus rapide mais aussi que les contractions ne s’intensifient pas, elles sont directes hyper-méga-violentes, ce qui ne laisse pas vraiment de temps au corps pour s’habituer à la douleur. Un avantage quand même : tu es moins crevée à la poussée car le travail est plus rapide.
Suites de couches
Une catastrophe!
Chambre sombre, déprimante et un vrai sauna!
On ne m’a rien expliqué sur les gestes d’hygiène pour mes points. Me suis débrouillée toute seule avec un peu de bon sens.
Les auxiliaires de puériculture n’étaient pas gentilles, sauf une de jour. Mais la nuit quand j’étais seule, elles étaient odieuses.
La deuxième nuit, après 2 heures de pleurs de mon bébé non-stop, j’ai voulu lui donner un bain pour qu’il se détende et là l’auxiliaire de puériculture que j’avais appelé m’a dit : « Vous ne pourrez pas le mettre sous la flotte chaque fois qu’il va pleurer, juste pour le calmer votre gosse ».
Conseils en allaitement inexistants.
Retour à la maison, baby-blues avec des idées bien noires et en rejet partiel de mon fils.
Quelques jours plus tard, mon mari me retrouve tremblante, claquant des dents : 40.5° de fièvre!
On appelle SOS médecins : on nous envoie dans la 1/2 heure (un exploit) un médecin qui ne s’est pas lavé les mains, qui puait l’alcool et le tabac. Il a palpé mes nichons, écouté mon coeur et c’est tout. Dieu merci, il n’a pas farfouillé là où je pense.
5 minutes de visite = 70€ svp avec une ordo d’antibio.
Comme il était pas net, on a fini par appeler les urgences gynécos. Sur leurs conseils, on s’y est rendus. On a poireauté 2 heures en salle d’attente et je me suis faite engueuler par une sage-femme qui voulait que je nourrisse mon fils dans la salle d’attente.
Pas en état de résister, je l’ai mis au sein, tout en me balançant d’avant en arrière tellement je délirais.
Finalement, on m’ausculte et là on me dit que j’ai une endométrite (infection de l’utérus). Pourtant il me propose de rentrer chez moi. Moi qui étais pressée de rentrer quelques jours plus tôt, là j’ai insisté pour rester car j’ai bien senti que ça n’allait pas.
Ils m’ont donc gardé. Chose curieuse : la chef de service a dit à mon mari que si la mutuelle ne prenait pas en charge la chambre, tous les frais seraient à la charge de l’hôpital. Ah tiens! Depuis quand un établissement semi-privé fait la charité? Une erreur médicale..?
Au final, j’ai été réhospitalisé 6 jours et j’ai contracté 3 infections : utérus, sein et urinaire, chouette!
J’ai abandonné l’allaitement car j’étais épuisée. Mais là aussi, problèmes avec les auxiliaires de puériculture :
1) elles ne se passaient pas le mot donc chacune avait l’air de découvrir que j’arrêtais l’allaitement;
2) les commentaires du style : « Vous n’allez pas faire ça??? » ou même « Vous savez qu’en l’allaitant, il sera plus intelligent et moins risque d’obésité ». C’est ça, traitez-moi de mauvaise mère, pendant que vous y êtes.
J’ai mis du temps à ne plus culpabiliser pour cet arrêt de l’allaitement.
Heureusement, mon mari lui était ravi de donner à manger à son fils alors ça m’a aidée.
En plus, j’ai passé l’hiver et mon congé maternel, à avoir la trouille des infections donc suis très peu sortie avec mon bébé et j’ai cru pété un câble!
Enfin, mes suites de couches m’ayant vidée, j’ai mis beaucoup de temps à être bien dans mon rôle de maman. Le lien a été rompu, mon mari a dû le prendre en charge les 2 premières semaines.
Il me faut du temps pour m’attacher, je n’ai pas eu l’amour maternel immédiat. Puis j’ai perdu mon papa brutalement.
Finalement, c’est venu, mon fils a maintenant un an et je n’imagine même pas ma vie sans lui, je l’aime plus que tout mon fils!
Véronique

#280 Griselda – naissance bébé 2 en structure – 2002

6 Juin

Ma deuxième expérience a été en tout point différente. J’ai accouché avec 10 jours d’avance mais le branle bas de combat a débuté une semaine
avant. On dit qu’un deuxième accouchement est plus rapide qu’un premier…, je ne sais à partir de quand il faut compter? Dix sept jours
avant le terme donc je me dis qu’il faut sans doute être prudente car c’est un deuxième accouchement qui pourrait être rapide et bien que les
contractions que j’ai ne sont pas à hurler de douleurs elles sont bel et bien présentes, sans s’arrêter depuis plusieurs heures, jour et nuit
(m’empêchant de dormir), toutes les 2 à 5 minutes. Il faut faire venir mes parents pour s’occuper de notre fille âgée de deux ans et demi avant
de pouvoir partir à la maternité. On me branche un monitoring qui révèle que j’ai bien des contractions et même qu’elles dépassent en intensité
le graphique prévu alors on me dit qu’il n’y a aucun doute que je dois être en train d’accoucher et on s’étonne de mon calme face a de telles
contractions: on me garde donc! Mais après tout un après-midi la dilatation ne bouge pas, toujours 2 cm. Perplexe on fini par me laisser
rentrer chez moi en me faisant promettre de revenir dès que besoin.
Perplexe aussi que tous leur suppositoires de Spasfon ne change rien ni à la fréquence, ni à l’intensité de l’affaire. Un jour, deux jours, rien
ne change, toujours ces contractions qui ne passent pas sans autres signes. Puis elles semblent s’intensifier et sont toutes les deux
minutes alors nous retournons à la maternité rapidement pour ne pas se faire surprendre. Même scénario: grosses contractions au monitoring,
très régulières, pas d’amélioration avec Spasfon mais toujours dilatée à 2 cm. Après 5 heures dans le service on me laisse rentrer chez moi.
Puis rebelote, des contractions un peu plus intense encore. Même chose que les fois précédentes: tout le monde est persuadé que je suis un
accouchement imminent mais force est de constater que tout le monde se trompe. A ne pas hurler de douleurs, on se demande si je n’allais pas
faire parti de ce petit pourcentage d’accouchement où la femme n’en ressent pas les douleurs? Les services des sages-femmes s’enchainent, je
pense les avoir à peu près toute vue, sans que ne se profil mon bébé. Elles s’inquiètent de savoir si après tant de temps dans cet état je ne
serais pas épuisée au moment de la poussée mais les médecins accoucheurs ne veulent pas entendre d’un déclenchement car outre que je ne suis pas
à terme en plus nous sommes au mois de mai en pleins milieu de moultes jours fériés avec moins de personnel: me provoquer c’est prendre le
risque qu’une fois le processus enclenché d’autres accouchements arrivent spontanément et d’être alors débordé. Une sage femme prend sur
elle de me proposer un décollement: seul manœuvre qu’elle est autorisée à pratiquer, douloureux mais, me promet elle, dans moins d’une heure
j’accoucherais. Ainsi fut fait… c’est en effet un acte détestable… et qui n’a absolument pas été efficace! En suivant je suis allée me
promener, monter, descendre les escaliers, les cents pas dans les couloirs, rien à faire, contracter n’est pas accoucher!!! Je croise même
une médecin accoucheur qui m’interpelle en me disant « C’est vous l’accouchement imminent?! », à quoi je répond « En effet… depuis 5
jours!!! ». La nuit suivante en allant aux toilettes je croise une sage-femme qui, moqueuse, me dit « alors on prend racine??? ». Je lui
rétorque que pourtant ce n’est pas pour la qualité des repas puisque je n’y ais pas le droit (d’un coup que…), est ce qu’elle s’imaginait
vraiment que je le faisais exprès? Après avoir passé 48 heures d’affilées dans ce service, c’est le matin du 8 mai, l’auscultation ne
révèle aucune avancée, je leur demande donc ou de me laisser rentrer chez moi ou de me provoquer. On me laisse rentrer chez moi. Je demande
qu’on appelle mon mari car c’est le petit matin et je l’avais obligé la veille à aller dormir dans un vrai lit chez nous plutôt que dans le
fauteuil à mes côtés où de toute façon il ne pouvait pas m’aider. De peur qu’on change d’avis et qu’on m’oblige à encore rester là alors que
je n’accouchais pas tout de même, je prend ma valise et vais attendre mon mari à la porte d’entrée. Comme une sage-femme s’insurge de me voir
porter ma valise je lui demande « Qu’est ce que je risque, à votre avis? D’accoucher??? ». Ce jour là j’irais à la Foire Expo, j’épilerais les
jambes de ma Mère, je me ferais un brushing…, je ne m’économiserais pas. Mon mari, inquiet à l’idée de devoir lui même m’accoucher à la
maison, me demande régulièrement comment je me sens, ce à quoi je répond, « Bien, toujours des contractions toutes les 2 minutes mais je
fais abstractions puisque ça ne me fait pas accoucher pour autant! Je suis fatiguée mais on y peut rien… ». Le soir vers 20 heures, ma fille
me demande une histoire et en sautant sur mes genoux me cogne le ventre, en suivant les contractions s’intensifient. Mon mari le remarque et veut
m’emmener à la maternité mais je refuse: « Pour qu’ils me gardent encore 48 heures pour rien?! Ça fait une semaine qu’on joue à ça, j’en suis
lassée! ». Silencieux il continue de m’observer et voyant que je masque de moins en moins bien ma gène me supplie d’accepter qu’il appelle mes
parents, la maternité. J’accepte en lui disant qu’il leur précise bien que oui j’ai pris leur Spasfon (encore), que non ça ne change rien, mais
que ça fait une semaine qu’on m’en donne sans effet et que j’accouche pas quand même! Blasée, j’accepte tout de même d’aller prendre un bain
pour voir si ça me détend, me soulage. Au bout de quelques minutes dans mon bain, je sens comme un « plok » puis des douleurs telles un séisme qui
me coupent le souffle. Mon mari me trouve dans mon bain, tétanisée et incapable d’en sortir seule. Le temps qu’il m’aide à enfiler un vêtement
mes parents arrivent et on peut partir pour la maternité. Je pense que je vais accoucher ou bien mourir de douleur! Heureusement la maternité
est toute proche car même sortir de la voiture et mettre un pied devant l’autre est une épreuve: je ne suis plus qu’un ventre secoué d’une seule
et même contraction qui ne fait que fluctuer entre « je peux faire deux pas » et « je ne peux que m’agripper au tee-shirt de mon mari pour ne pas
tomber dans les pommes » mais je n’ai jamais pu crier, ça aurait été trop de souffle gaspillé au détriment de ma survie. On m’ausculte et bien que
le monitoring n’annonce pas plus de 40 sur 100 je serais à 6 cm de dilatation: cette fois on va y être. On me propose une péridurale que
j’accepte d’un regard suppliant. La sage-femme me propose avec l’aide de mon mari de m’emmener dans la salle en face qui est une
salle-d’accouchement pour effectuer la péridurale. On me prie de m’assoir sur la table de soin en faisant le dos rond pour que
l’anesthésiste puisse effectuer son tour de magie. Je me raccroche à cette idée que grâce à elle, dans quelques minutes je ne souffrirais
plus, sinon peut être que je pourrais mourir? Et dans un souffle je susurre à la sage femme ‘Il est là, je le sens… », j’avais le sentiment
d’être assise sur mon bébé. L’anesthésiste se dépêche de faire son travail, enchaine les doses d’antalgiques car elle comprend que c’est
nécessaire puis la sage-femme me demande de m’allonger mais je ne peux pas, la douleur est telle que je suis tétanisée sans répits. Elle
m’explique que si je reste assise mon bébé ne peut pas sortir. Je lui répond dans un souffle que je comprends ça mais que je ne peux pas
bouger, c’est donc elle et mon mari qui m’allonge telle une loque que je suis, je ne suis plus moi, juste un ventre qui accouche et à qui on ne
demande pas son avis. L’anesthésiste demande à la sage-femme pour combien de temps y’en a? Elle lui répond « y’en a pour tout de suite! »
puis elle s’adresse à moi: « je sais que c’est difficile mais je vous garantie que le meilleure moyen que la douleur s’arrête c’est que votre
bébé naisse alors ne retenez rien! ». J’ai répondu presqu’en pleurant ou en riant, je ne sais plus « Je vous assure que je ne suis pas capable de
retenir quoi que ce soit!!! » A la fin de ma phrase, mon fils naissait sans que j’ai eu le temps de pousser ou de l’aider d’aucune manière. Il
est arrivé si vite qu’il s’est fêler l’épaule. Le médecin accoucheur était à côté de la sage-femme mais il n’aurait pas eu le temps de
prendre sa place. La douleur incommensurable à disparue comme si elle n’avait jamais existé. Puis, bien que je n’avais pas froid je me suis
mise à trembler de la tête au pieds, le médecin m’a expliqué que je venais d’avoir une poussé d’adrénaline phénoménale pour surmonter cet
accouchement et que c’était due à toute la tension des muscles qui devaient à présent se relâcher. Alors qu’on finissait de s’occuper de
mon fils j’ai commencé à sentir les picotements dans les jambes due à la péridurale alors je me suis mise à rire, l’anesthésiste était
sincèrement navrée et ne cessait de s’excuser de n’avoir pas pu me soulager à temps mais ce n’était pas de sa faute car elle a été présente
dès que j’étais dans la salle d’accouchement. Au moins, cette fois, je n’ai pas sentie la délivrance! On m’a félicité car j’aurais montré
beaucoup de courage mais je ne sais pas vraiment en quoi car je n’ai que résisté à la tentation de perdre connaissance, agrippée à l’idée absurde
d’une péridurale salvatrice, certes je n’ai pas crié mais c’est seulement parce que je ne pouvais pas, je n’ai pas le sentiment d’avoir
maitrisé quoi que ce soit…Puis on m’a proposé de mettre mon fils en peau à peau car il avait froid, avait le teint un peu bleu car il avait
eu le cordon entouré autour du cou. Et là au bout de quelques minutes, miracle, je vois mon tout petit chercher à téter alors simplement je lui
présente mon sein… et il le prend… et il tête… le plus naturellement du monde… quelle émotion de voir ce petit être qui n’est
pas né depuis une demi heure qui sait déjà, d’instinct prendre mon sein… chaque tétée pendant le premier mois au moins j’en avais les
larmes aux yeux: avec sa sœur ça avait été si compliqué, je m’étais convaincue que mon sein n’était pas fait pour, que je n’étais pas faite
pour nourrir mon enfant au sein. Tout le temps où j’étais à la maternité, à chaque fois qu’une personne venait me demander si
l’allaitement ça allait, si j’avais besoin d’aide, je les expédiais d’un « ça va très bien, je m’en occupe! », en aucun cas je ne voulais qu’aucune
ne vienne perturber notre équilibre puisque l’ensemble d’entre elles 2 ans et demi plus tôt n’avait pas su m’aider de toute façon. J’ai refusé
de prendre une balance chez moi qui est plus anxiogène qu’autre chose car bébé un jour prends du poids et le lendemain en perds. Je lui ai
fais confiance: il a faim, il mange et le reste du temps il est tonique, je n’ai pas besoin d’en savoir plus. J’ai refusé aussi le tire lait déjà
expérimenté avec la première qui n’a rien résolue: du producteur au consommateur sinon c’est bib’ dans le bec et basta. A deux mois j’ai
commencer à remplacer une tétée par un bib de lait maternisé pour voir s’il s’y habituait au cas où j’avais besoin de le confier: pas de
soucis, il le prenait très bien. A quatre mois on a commencé la diversification, remplaçant petit à petit mon lait par la purée, la
compote… sans aucun problème. Je l’ai allaité jusqu’à ses cinq mois et demi et puis j’ai constaté qu’il était plus intéressé par ce qui était
autour de lui que mon sein. Mon fils a toujours montré beaucoup d’intérêt pour la nourriture, non en quantité mais c’est un épicurien
alors que sa sœur se nourrit parce que c’est nécessaire pour vivre et qu’elle est raisonnable.
Pour la petite histoire: mon fils est né le 8 mai à 23h, veille de jeudi de l’ascension…

On crois souvent que les parents font les enfants mais finalement n’est ce pas les enfants qui font les parents???

#275 Assia – Algérie 2010‏

7 Mai

Tu es venue au monde un vendredi 16 juillet à 6 : 10 du matin.
Laisse moi te conter la venue au monde d’un ange.
Tout a commencé lorsque j’ai eu trois jours de retard, j’ai décidé de faire un test à 22 : 00 mon coeur battait la chamade mais au fond de moi je le savais, je le sentais et j’en rêvais. Le test était positif et ma joie fut immense. J’ai appelait mon mari en cuisine et je lui est montré le test avec un grand sourire, il m’a prise dans ses bras et il m’a serré très fort en me disant qu’il m’aimait.
L’aventure a commencé, la magie a commencé et notre rêve est devenu réalité.
Neuf mois de bonheur, neuf mois de joie, de stress, de peur mais c’était avant tout neuf mois d’amour. Depuis le premier jour je me suis surprise à mettre la main sur le ventre comme pour le rassurer, je lui parlais quand je me retrouvais seule avec lui car pour moi il était déjà la au fond de moi près de mon coeur.
Ces neufs moi étaient facile et dur par moment, semaient d’embuches qui se sont dissipés au final.
Apres 40 semaines c’était le désert pas la moindre contraction en vue, même pas une minuscule qui me fasse penser que voilà mon tit garçon arrive. Ma gyneco m’a donné rendez vous à l’hôpital ou elle travaille pour me faire un décollement. Le premier n’a pas fait grand chose à part déclencher un faut travail qui n’a duré que quelques heures. Apres deux jours retour à l’hôpital pour un deuxième décollement et je suis repartie chez moi et j’ai passé toute l’apres midi à marcher. Le soir même j’ai ressenti des contractions fortes à minuit. J’ai réveillé mon mari et il a essayé de me faire dormir. Les contractions s’enchainees et j’etais tellement excité que je n’arretais pas de faire des allers retours entre ma chambre et la cuisine. J’ai fini par réveillé ma belle mère qui m’a préparé une tisane qui aussi tôt avalée aussitôt vomie. A 6 du matin je devais aller à l’hôpital car ma gyneco m’avait programmé un troisième décollement. A 8 heure j’etais admise et mon mari s’activait avec les papiers d’admission ma belle mere m’a donné ma valise et m’a dit aurevoir, mon mari aussi. Le voyage vers l’inconnu avait commencé.
Je suis entrée en salle de consultation ou une sage femme assez sympathique m’a faite une dernière écho puis un dernier décollement super mega douloureux que les deux autres et j’etais déjà à deux doigts. On m’a demandé de me déshabiller ( je suis restée en chemise de nuit ) et on m’a mise une perf.
Je suis rentrée dans une salle avec 5 lits et sur chaque lit il y’avait 2 à 3 femmes, y’en avait avec leurs bébés dans les bras et d’autres était la à pleurer à crier de douleur. Je n’étais pas choquée ni apeurée, ni même dégoutée par la saleté des lieux ( je pourrai vous décrire des cafards, du sang partout, des serviettes hygiéniques jettes un peu partout sans parler du liquide amniotique qui recouvrer la salle et le couloir bref et j’en passe ). J’étais heureuse je me sentais forte et chaque contraction douloureuse me faisais me rapprocher encore plus du moment tant attendu. J’ai passé toute la journée du jeudi et toute la nuit à me tordre de douleur tantôt allongée tantôt debout tantôt assise. J’avais tout le temps mon mari avec moi au téléphone sinon c’etait la mere ou ma soeur ou mes Freres qui étaient tous assez inquiets pour moi me sachant seule face à l’inconnu. Mais je n’étais pas seule mon bebe était la et il me faisait comprendre qu’il arrivait.
La nuit du jeudi au vendredi était particulièrement difficile et éprouvante, j’étais fatiguée j’avais faim car je n’avais pas manger depuis plus de 24 heures on avait juste le droit de boire de l’eau tiède avec une chaleur de 40 degré. J’avais peur de ne plus avoir de force à la fin.
Il était 6 heures du matin et je me suis surprise à avoir une envie de pousser. Une femme de ménage a appelé une sage femme et elle m’a emmené en salle de naissance ou une autre femme était entein d’accoucher, elle a branché ma perf et la j’étais terrassée par des contractions insupportables sans repis, la sage femme m’a demandé de pousser et m’encourager, j’ai poussé de toutes mes forces et j’ai hurlé de toutes mes tripes puis un stop un silence, puis le plus merveilleux des cries celui de mon ange. Elle me l’avais mise sur le ventre et je l’ai prise dans mes bras je le contempler et je disais à haute voix alhamdoulilah ya rabi. La sage femme la prise et a mis plusieurs minutes à revenir puis c’était la délivrance je n’ai pas eu mal la sage femme était revenu en me félicitant et m’annoça le poids avec un grand sourire 3 kilo 900 un beau bebe.
Quelques temps c’est écoulé entre la délivrance et le moment ou la sage femme a commencé à me coudre ( excuser le terme ) j’avais pu avoir mon mari au téléphone il était très ému il avait pleurer. La sage femme ne pouvait plus attendre un chirurgien pour venir me recoudre ( terrible déchirure + episio ) et avait commencé toute seule, sa m’a fait tellement mal que je n’ai hurlé que de plus belle. Le cauchemar s’est terminé 30 minutes apres. Une femme de ménage m’a nettoyé m’a habillé et m’a aidé à regagner mon lit tout de suite Apres on me l’a amené mon ange, mon bebe, mon fils ma fierté.
Une femme était venue pour m’emmener dans un lit vide dans le couloir et j’etais en tête à tête avec lui, je l’ai prise dans mes bras et je lui ai récité l’appel à prière ( al adhan ) au creux de l’oreille. Je l’ai couché près de moi j’ai mis Sourat Al Bakara sur mon téléphone et j’ai fermé les yeux. L’apremidi même j’etais chez moi, mon bebe dans son lit et le coeur soulagé.

Je voudrai laisser derrière moi une trace d’un jour, le plus beau jour de ma vie.

A toi mon ange l’amour de ma vie

Assia

Virginie, à Lyon, en décembre 2012

16 Mar

Mon accouchement ne s’est pas passé comme je l’aurais rêvé (mais finalement, ça ne se passe jamais comme on le voudrait), mais même s’il a été très médicalisé, je l’ai vraiment bien vécu et le personnel hospitalier a essayé de répondre à mes attentes au maximum.

Tout commence le mercredi 26 décembre, je suis à 37 SA. Je suis allée faire mes analyses hebdomadaires avec une petite inquiétude car les dernières n’avaient pas été formidables. Mes craintes furent justifiées : encore plus de protéines dans les urines que la dernière fois. J’ai appelé de suite la maternité où une sage-femme m’a dit qu’il fallait venir en consultation d’urgence. Et j’ai un peu paniqué… « Bébé est censé arriver dans plus de 3 semaines mais si je fais de la pré-éclampsie, ils vont me garder, ma valise de maternité n’est pas prête, la chambre de bébé n’est pas prête non plus, c’est trop tôt, haaaaaa ! » En 10 minutes j’ai jeté sur le lit tout ce dont j’avais besoin et bébé aussi au cas où il devrait naître plus tôt. Mon homme a essayé de me rassurer : « t’inquiètes pas, au pire ils te gardent en observation la nuit ». J’ai donc pris un petit sac avec ma brosse à dent et de quoi me changer le lendemain et on a filé à la maternité. Mais vu qu’on est arrivés vers 18h, la consultation d’urgence était fermée, on m’a donc orientée vers la salle de naissances directement !

Là on a attendu un certain moment dans une salle d’attente surchauffée, je n’étais pas vraiment une urgence donc on nous a fait patienter. Une sage-femme nous a finalement reçus, elle m’a fait refaire une analyse d’urine et  installée sur un lit avec monito et m’a auscultée…  et là ho surprise, col ouvert à 2 et des contractions tous les quarts d’heure ! Et puis le cœur de bébé a sérieusement ralenti pendant une de ces contractions. Là une gynéco est entrée avec la SF a m’a dit qu’elle souhaitait me déclencher le lendemain matin car il y avait trop de paramètres défavorables à la poursuite de la grossesse. Pfiouuu, grosse montée d’émotions, donc bébé va arriver demain ! Le déclenchement ne m’enchante pas trop mais il y va de ma santé et de celle de bébé, donc j’ai accepté. La gynéco m’a décollé les membranes (fort peu agréable) histoire de provoquer plus de contractions et peut-être induire le travail. J’ai marché, fait des étirements  et suis restée debout un moment, je me disais que peut-être je pourrais déclencher le travail plus naturellement. Mais après une douche bien chaude, les contractions ont sérieusement diminué, et finalement j’ai dormi 2 ou 3 heures.

Vers 6h les contractions ont repris et vers 7h30 on m’a installée en salle d’accouchement, branché un cathéter et c’était parti, injection d’ocytocine. Là les contractions se sont accélérées et ont augmenté en intensité très vite. Autant dire que ça a bien marché sur moi. J’arrivais bien à gérer la douleur et mon homme était là pour me coacher et m’apaiser. Mais bébé a commencé à faire de la tachycardie. La SF est venue me voir, j’étais dilatée à 4, et là elle me dit qu’il va falloir me poser une péridurale. Quoi??? Mais moi je voulais essayer de tenir le plus longtemps possible sans ! Le problème c’est qu’avec les variations du rythme cardiaque de bébé, le risque de césarienne d’urgence était trop grand et ils ne m’ont pas vraiment laissé le choix. Il faut dire qu’entre une péridurale et une anesthésie générale, le choix est vite fait. OK pour la péri mais je la veux mini-dosée. Requête acceptée. Super! La pose de la péridurale a sans doute été le moment le plus douloureux de cet accouchement. Avec mon œdème et mon dos bien musclé (apparemment) l’espace entre mes vertèbres était très étroit, et j’ai eu affaire à 2 anesthésistes qui  ont dû s’y reprendre à 5 fois avant d’y arriver, L’HO-RREUR ! Mais ça a fini par marcher, et au bout de 20 minutes la douleur des contractions avait disparu… et ça m’a super déçue. La raison est qu’ils m’avaient injecté une dose test (donc importante) pour voir si ça marchait… et bien on peut dire que ça marchait bien! La SF voulait me percer la poche des eaux mais elle s’est ouverte d’elle-même, une bonne chose. Environ une heure après, on m’a mise en position assise (évidemment j’avais besoin d’aide avec tous ces fils partout) car bébé était encore haut et que j’étais dilatée qu’à 7. Il fallait qu’il sorte vite. Et là j’ai commencé à sentir bébé descendre. L’effet de la péri se dissipait. Avec chéri on l’a coaché et encouragé à descendre parce qu’on ne voulait surtout pas d’une césarienne (ma plus grande crainte). Et ça a marché. J’ai de nouveau senti les contractions, de plus en plus, je les gérais et j’ai pu accompagner bébé dans sa descente. La SF m’a auscultée de nouveau une heure plus tard et elle n’en revenait pas, j’étais à dilatation complète et bébé était engagé dans le bassin. J’ai commencé à avoir envie de pousser mais elle m’a encouragée à laisser bébé descendre encore pour avoir moins d’efforts à faire à l’expulsion. Chéri était super, il m’encourageait énormément. Finalement j’ai pu pousser, 6, 7 fois je ne sais plus trop. L’expulsion a été douloureuse c’est sûr car je n’ai pas ré-appuyé sur la pompe à péri, mais c’est ce que je voulais. Pas d’épisio (juste des micro déchirures), pas de ventouse ou de forceps, tout s’est passé le plus naturellement possible malgré les circonstances.

Elliott est donc arrivé le jeudi 27 décembre 2012 à 12h37, 3.665kg. On me l’a posé sur le ventre, et là j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps et je riais en même temps. Il était beau. Il a crié un peu. La puéricultrice et la SF ont dû lui dégager les voies respiratoires parce que c’était un peu dur pour lui de trouver sa respiration. Mais au bout de quelques minutes, tout allait bien. On a ensuite passé les deux heures les plus belles de nos vies, les premières heures de notre petite famille.

Le séjour à la maternité s’est plutôt bien passé même s’il y a eu quelques couacs. Je souhaitais allaiter, bien qu’on ait respecté mon choix, le soutien n’a pas toujours été là. Une puéricultrice m’a montré une fois la position adéquate du bébé et après, débrouille toi. Heureusement qu’on en avait parlé en cours de préparation à l’accouchement et que j’avais lu pas mal de choses sur l’allaitement. Au bout de deux jours, mon bébé avait perdu beaucoup de poids et il ne reprenait pas. On m’a fait comprendre que mon fils ne tétait pas assez (en même temps il était sorti un peu plus tôt que prévu et était fatigué de l’accouchement, donc il dormait beaucoup et il fallait énormément le stimuler pour qu’il tète), et qu’il fallait qu’il prenne des compléments. Doutant de moi et fatiguée, je n’ai pas su quoi dire. J’ai donc essayé de lui donner ces compléments (en larmes la première fois), il en a à peine voulu et au contraire, a commencé à prendre le sein de mieux en mieux. Bien joué mon fils!

Aujourd’hui Elliott a 2 mois et demi, il est toujours allaité à 100% et se porte comme un charme.

Globalement je suis très heureuse du déroulement de cet accouchement. Je sais juste que pour le prochain je ne prendrait pas la péridurale vu comment la pose s’est passée et que je sais que je peux gérer la douleur des contractions.

Janie, la naissance de Callum

15 Mar
Naissance De Callum.
Dans la nuit du 2 au 3 mars 2013. Matane, Québec, Canada.
(Je précise qu’il n’y a ni maternité, ni maison de naissance dans ma petite ville.)
Nous sommes le 2 mars, je me réveille. J’ai des contractions, faibles, mais déjà plus fortes que toutes celles que j’ai ressenti jusqu’à maintenant. Je sens que c’est aujourd’hui. J’ai hâte de te rencontrer. Il y a deux jours, durant mon rendez-vous a la clinique, M-E m’a fait un décollement des membranes. Elle a dit que ça pouvait provoquer le travail, ou non. La DPA est proche alors je lui ai dis que c’était correct, que ça ne me dérangeait pas. Je fais confiance a mon médecin. Elle m’a dit qu’elle propose cette pratique a toutes les femmes qui passent le 38SA.
Vers l’heure du dîner  je commence a calculer la durée de mes contractions, et le temps entre chacune. Ce n’est pas assez régulier. Toutes les 10 minutes, et elles durent environ 30-40 secondes. Je décide de prendre un bain pour soit atténuer/augmenter la douleur.
Je me fais un thé vert, je prends un bon livre, et j’entre dans l’eau. J’y reste environ une heure, peut-être un peu moins. En sortant, tout reste pareil. Ça ne fait ni plus, ni moins mal. Papa et moi on se fait a manger et je vais me coucher un peu.
Je me réveille moins d’une heure plus tard, la douleur s’est accentuée. Je retourne dans le bain mais je n’y reste pas longtemps, ça ne me soulage plus. Je retourne m’allonger, j’y resterai tout l’après-midi. Vers 14h30 j’appelle l’infirmière de garde, a l’hôpital  Elle me dit que mes contractions ne sont pas assez régulières, de retourner prendre un bain et de me coucher du coté gauche. J’entre donc dans le bain pour une troisième fois.
En sortant, j’ai mal. Mes contractions durent 45 secondes et s’espacent de 4 a 6 minutes. On met la valise dans la voiture, et on part pour l’hôpital. Il est 16h30. Je monte au cinquième étage. Une infirmière me met sous monitoring. Papa et moi on attend…
Je suis dilatée a 3 cm. Selon l’infirmière, je suis en travail mais puisque j’habite a 5 minutes de l’hôpital  elle préfère me renvoyer chez moi pour que je sois plus confortable. Elle me fait un TV et ça saigne. Elle me dit que le col travaille, que c’est pour bientôt. Je suis impatiente.
On retourne a la maison, un peu déçus…
J’ai de plus en plus mal. Je retourne encore dans le bain. Ça va coûter cher d’eau chaude ce mois-ci. Pendant ce temps, Papa me prépare a souper. Je m’aperçois que je ne suis pas capable de manger parce que mes contractions sont trop douloureuses et rapprochées. Je pleure, j’ai mal. Papa appelle sa mère et lui dit de venir nous rejoindre, que le grand moment approche. Je me couche, on l’attend. J’ai mal comme je n’ai jamais eu mal. Je gémis, je me plains. Papa se sent impuissant, il trouve que je fais pitié.
Sa mère arrive. Je décide de faire du ballon puisque ça accélère le travail. Je n’en fait pas longtemps, je souffre trop. Je sens que ça pousse. On attend jusqu’à 21h30, ensuite on retourne a l’hôpital. Je n’en peut plus, je m’épuise. Je somnole entre les contractions. Le trajet de voiture me parait tellement long! Pourtant il ne dure que 4 ou 5 minutes.
On arrive et je me précipite vers l’ascenseur. Je n’ai qu’une idée en tête:  avoir une péridurale, et vite. Je me rends péniblement et on monte au cinquième  C’est J l’infirmière de soir. Elle me met sous monitoring et je lui demande quand est-ce qu’ils me piquent. On en rira bien par la suite puisque ce sont les premiers mots qui sont sortis de ma bouche. Elle me fait un TV et me dit que je suis a 5, que le travail avance bien et qu’on s’en va en salle d’accouchement. Elle me dit que la poche des eaux est très basse et qu’elle va bientôt crever. On arrive dans la salle, je me couche, je pleure, je crie, j’ai mal. Elle appelle M-E, mon médecin, qui arrive quelques minutes plus tard. Elle me fait un TV elle aussi: Je suis rendue a 7! Elle appelle l’anesthésiste. Il arrive environ 15 minutes plus tard. Tout le monde est gentil, de bonne humeur. Il m’installe la péridurale  Je ne sens rien, les contractions font trop mal. Les minutes passent, j’ai moins mal. Je sens les contractions mais c’est une blague comparativement a la douleur ressentie plus tôt. Le temps passe, j’en ai perdu le fil. On rigole avec J et M-E. Papa fait bien ça  il est calme et paisible. Nouveau TV, je suis a 8 et demi environ. La péridurale a retardé le travail. Minuit approche, J finira bientôt son quart de travail. Je veux qu’elle te rencontre, elle aussi. M-E perce la poche des eaux. Ça coule comme un robinet ouvert. Minuit passe et J reste quand même. Elle veut te voir. Le 10 cm arrive enfin. M-E me dit que je peux pousser toute suite ou attendre que tu descendes de toi-même. Je décide d’attendre un peu, histoire de pousser moins longtemps et d’attendre l’arrivée de mes parents qui ont 3 heures de route a faire pour nous rejoindre. Je ne sais plus quelle heure il est. J’ai sommeil. Ma famille arrive, ils viennent me voir. Mon papa me dit qu’il va attendre dans ma chambre avec mes frères et soeurs. Je ne veux pas qu’ils restent puisque le plus vieux n’a que 16 ans. Malheureusement, pendant ce temps, J a du partir. Elle reviendra demain. Elle est restée jusqu’à 1h15.
Je suis fatiguée, je veux pousser. Je ne sais pas quelle heure il est, j’ai perdu la notion du temps. Je commence a pousser et étonnement, ça soulage plus que ça fait mal. Il ne faut pas oublier que je suis gelée aussi… C’est peut être pour cela que je ne souffre pas. Je pousse, je pousse. M-E dit que ton pouls descend, que si tu ne sors pas, il va falloir prendre la ventouse. Elle me dit de me fâcher  de pousser le plus possible. Je pousse de toutes mes forces, j’ai peur pour toi. M-E dit qu’on a pas le choix, que tu dois sortir et vite. Elle prend la ventouse. Elle me dit que maintenant, on travaille en équipe  Je pousse, elle tire. On me dit que je suis bonne, que je suis forte, que je fais bien ça  Tout le monde m’encourage. Je regarde le moniteur, je vois ton pouls qui descends et qui remonte. Tu joues au yo-yo dans mon ventre. Je m’inquiète. Je vois que M-E et les infirmières s’inquiètent aussi et je n’aime pas ça  Je pousse le plus fort possible, tu ne veux pas sortir! Tu es coincé, je vais déchirer  M-E dit qu’elle doit couper, pour mieux recoudre par la suite, pour ne pas que ce soit croche. Je vois papa qui s’assied, il a tout regardé et je pense qu’il n’a pas trop aimé de voir l’épistomie… Je pousse encore une fois, deux fois, trois fois. Je te sens passer. Ta tête, tes épaules  Et la, je t’entends… M-E te dépose sur moi, tu est tout chaud, tout gommant. A partir de la plus rien n’existe, plus rien n’a d’importance, tu es là et tu vas bien. Tu pleures, tu cries. Je t’aime déjà. Il est 2h46. Je te regarde pendant que M-E me répare. Je te trouve beau, je te parle. C’est le début d’une belle aventure.
Voila 5 jours que tu es né. Je me rappelle comment c’était magique et j’ai les larmes aux yeux. Tu es le plus beau cadeau que la vie m’ai jamais fait. Je t’aime mon poupou, je t’aime plus que tout.
Callum
J’ai accouché en milieu hospitalier, avec anesthésie.  Personne ne m’a traitée comme un numéro et on m’a toujours demandée mon avis avant de faire quelque chose. Les infirmières ont pris soin de moi dans les jours suivants. Elles s’assuraient que je te nourrissait bien, qu’on se remettait sur pied.
Pour un premier accouchement, j’ai trouvée ça extraordinaire, malgré la ventouse.
Je recommencerais demain, après-demain, la semaine prochaine, n’importe quand.
Tu en valais largement la peine. Maman t’aime et t’aimera toujours.
Janie, 19ans, Québec, Canada.

# 195 Anonyme – Rhone Alpes 2012

28 Fév

Samedi 7 octobre 2012, nous sommes de sortie. Nous nous couchons tard… 2h30 du matin ! C’est à 3h30 que la première « pause pipi » se fait sentir, heureusement que je me rendors aussitôt. Vingt minutes plus tard, je me réveille brutalement, sentant quelque chose de chaud couler entre mes jambes. J’ai à peine le temps de réagir et de me lever d’un bond. Je perds les eaux. Je réveille ton père, un peu brutalement, car on a beau dire qu’on s’y attend à un moment donné, le moment où ça arrive fait paniquer. Il se lève, moi je ne peux bouger, car ça ne s’arrête pas de couler ! Il m’aide à aller dans la salle de bain pour que je me douche. Ce moment est d’autant plus inquiétant parce que nous avons dormi à peine plus d’une heure, mais voilà, il va falloir garder la forme car c’est aujourd’hui que tu as décidé d’arriver.

Les contractions sont d’abord presque indolores, et très espacées. Ton père finit de préparer ma valise, et cela prend plus de temps qu’on avait prévu. J’essaie de manger un peu mais je crois que le stress me coupe un peu l’appétit. J’appréhende ce qui arrive, les contractions, l’arrivée à la maternité, où en serai-je ? Nous avons beaucoup réfléchis à ton arrivée, et j’espérai ne pas démarrer le travail par la perte des eaux. Cela implique que nous devions être à la maternité dans les deux heures, et j’aurai aimé rester à la maison pour avancer un maximum le travail. Mais on ne choisit pas ! Je m’active comme je peux, je fais un peu de ballon, je m’assois, je me lève, je marche, j’aide ton père comme je peux à finir cette valise.

Vers 5h, ton père va se reposer un peu, espérant emmagasiner un peu de sommeil. Mais il n’y parviendra pas. Moi, je m’installe sur le canapé, et j’essaie de gérer les contractions qui s’installent. Ce n’est qu’à 7h30 que nous partirons finalement, pour arriver à 8h à la maternité.

A notre arrivée, nous sommes pris en charge par une sage-femme. Prise de tension, test pour voir si c’est bien du liquide amniotique que j’ai perdu, examen du col. Elle me fait mal, et ne me prévient pas quand elle essaie de décoller les membranes. Je la repousse en criant. Je n’ai pas apprécié ce geste, elle ne m’a pas demandé la permission. Je me suis sentie comme « envahie » à ce moment-là, je l’ai vécu comme une intrusion. Elle m’annonce que mon col est court, ouvert à deux doigts. Je me dis que ça aurait pu être mieux mais bon, ce n’est pas trop mal. Elle pose ensuite les capteurs du monitoring et pendant près d’une demi-heure, nous sommes à l’écoute de ton cœur. Les contractions commencent à faire mal et rester allonger sur cette table est insupportable. Ton père m’aide à respirer correctement. Nous sommes épuisés et inquiets.
La sage-femme revient, étudie le monitoring et nous dit qu’elle m’hospitalise. Elle nous conduit dans une chambre de « pré-travail », nous prête un énorme ballon. On peut investir la chambre comme on souhaite. On ferme donc les rideaux, et on s’installe aussi confortablement que possible.
C’est une autre sage-femme qui nous prend alors en charge. Elle me pose une voie veineuse, et me fait une prise de sang. Cette voie va plus me gêner qu’autre chose car elle me fait mal, et je ne peux pas utiliser ma main comme je veux. Je gère les contractions comme je peux. A 12h, elle vient m’examiner à nouveau. Le col n’a pas bouger, il est toujours ouvert à 2 doigts. Je suis déçue, mais je sais que les premiers centimètres sont les plus difficiles. Je tiens donc bon. La sage-femme m’encourage. Elle me pose un monitoring à nouveau. Je suis immobilisée sur le lit et c’est difficile. Les contractions ne sont pas si régulières et efficaces que ça. Il faut donc encore patienter.
Vers 15h ou 16h, je ne sais plus car je perds totalement la notion du temps, je l’appelle pour qu’elle me réexamine. Mon col a légèrement bougé, ouvert à 2 doigts larges. Elle m’encourage mais commence à me parler de péridurale (qu’on pourrait me poser quand j’en serai à 3 cm) quand je demande une aide médicamenteuse. Car me donner du nubin si finalement je demande la péridurale n’est pas très indiqué car le nubin contrecarre les effets de la péridurale. Je décide de réfléchir. Finalement, elle viendra avec une perfusion de spasfon et d’atarax pour voir si le col lâche un peu, et que je puisse me détendre. L’atarax me donne l’impression d’être ivre et je n’arrive pas très bien à garder les yeux ouverts. Malheureusement, ça ne me soulage en rien, les contractions sont toujours douloureuses. Je suis épuisée, je ne tiens plus, mon projet de naissance est en train de foutre le camp à mon plus grand désespoir. Le travail n’avance pas et je me décourage.
Vers 17h30, la sage-femme me donne du nubin car rien a bougé. Le nubin peut aussi avoir un effet sur le col, et aider à la dilatation. Je me détends, et arrive même à m’endormir quelques minutes. Certaines contractions me réveillent, mais je me rendors dès qu’elles sont passées. Vers 20h, c’est une nouvelle sage-femme qui prend la relève, franchement moins sympathique et empathique. Elle me reproche d’avoir mangé un peu avec ton père, me dit que ce n’est pas conseillé. Dans la mesure où j’en suis presque au même point, il faut quand même bien que je prenne des forces !! Elle ne peut pas me redonner du nubin, il faut attendre 4h et puis ça t’endort aussi donc il faut faire attention. J’ai droit à un nouveau monitoring. Tu vas bien, mais les contractions ne sont pas assez régulières encore.
Vers 23h30, elle vient me réexaminer à ma demande car je n’en peux plus, je craque et je veux la péridurale. Mon col est ouvert à 4 cm, elle peut enfin me transférer en salle d’accouchement où l’anesthésiste me soulagera enfin. On range nos affaires, et on nous emmène en salle d’accouchement. Ton père doit patienter dans la salle d’attente. Ce moment lui a paru très long. C’est un sage-femme qui prend la relève, avec un externe sous son aile. Je n’apprécie pas trop la présence de l’externe mais bon, j’encaisse et ne dit rien. On m’installe pour la péridurale, l’équipe anesthésiste arrive rapidement. Je n’ai pas peur de la pose de la péridurale, je sais comment ça se passe. J’ai hâte d’être soulagée mais j’ai quand même un pincement au cœur de ne pas avoir été capable de tenir sans analgésie. J’apprécie l’anesthésiste qui m’explique chaque geste, et son infirmière qui plaisante pour détendre l’atmosphère.
Au premier abord je trouve aussi le sage-femme très sympa. A 00h15, je sens de moins en moins la douleur. On m’a aussi posé un monitoring que je garderai jusqu’à ta naissance. Tu vas toujours bien et tu supportes avec autant d’aise le travail qui dure déjà depuis plus de 19h.

Commence alors la très longue attente. Le col évolue très très très lentement. La présence de l’externe me dérange de plus en plus car à chaque examen, l’externe s’entraine sur moi… J’ai l’impression d’être une bête de foire qu’on observe et étudie. Mais il est sympa, à l’air plus gêné que moi, ce qui fait que je le tolère. Concernant le sage-femme je le trouve moins sympathique qu’au départ. Nous lui avons parlé de notre projet de naissance et il refuse tout en bloc. Pas moyen de négocier. Nous sommes très déçus. C’est un soignant très protocolaire voire scolaire. Il fait ce qu’on lui a appris sans se poser de questions, sans chercher à comprendre qu’il y a des alternatives.

Pour ton père la nuit est longue aussi, il est très inconfortablement installé sur un fauteuil, a mal au dos, est épuisé. On arrive à dormir un peu tout de même. Dans la salle d’accouchement, nous avons aussi la possibilité de régler les lumières, et nous choisissons un éclairage dans les tons rose/violet. C’est agréable !

Pour la péridurale, j’ai une pompe. C’est moi qui décide quand je m’injecte du produit. Je ne ressens plus les contractions, j’ai les jambes un peu engourdies mais je peux les bouger. Ton père me masse un peu, comme on l’a vu en haptonomie.

A 7h30, c’est le changement d’équipe. Je ne regrette pas de voir partir le sage-femme et son externe. Nous sommes pris en charge par une très jeune sage-femme et son élève. Les élèves, aussi gentils soient-ils, je commence à en avoir un peu marre ! Je veux juste qu’on me laisse tranquille. Nous reparlons de notre projet, et cette sage-femme est plus tolérante. Elle accepte d’attendre 2 minutes avant de clamper le cordon (ce n’est pas totalement ce qu’on voulait mais 2 minutes c’est déjà bien), elle accepte aussi que ton papa finisse de te faire sortir une fois la tête et les épaules dégagées, et que ce soit bien ton père qui t’amène aux soignants pour la pesée, et les premiers soins. Nous sommes très contents ! Mon col n’est toujours pas complètement dilaté, il doit en être à 8 ou 9. Un peu plus tard, la grande question est de savoir comment tu es positionnée. Elles ont fait une écho, m’ont auscultées, ont finalement appelé l’interne de gynécologie pour une autre écho. Finalement tu seras parfaitement positionnée pour la sortie. A 9h30, mon col est complètement dilaté mais tu es encore haute dans mon bassin. Donc la sage-femme te laisse 2 heures pour que tu descendes toute seule. Elle essaie de me faire un peu pousser, mais c’est trop tôt et tu ne descends pas encore. La péridurale commence à ne plus être efficace. L’infirmière anesthésiste me réinjecte une dose. Mais je sens moins mes jambes, je n’arrive plus à les lever seule. Je la rappelle, et on décide ensemble d’arrêter le produit en continu. Dès que j’ai mal, je n’ai qu’à rappuyer sur la pompe pour réinjecter une dose et ça fera effet dans les 10 minutes. Avec ton père, on se repose encore un peu. Dans 2h maximum, tu entameras ton dernier voyage. Elle essaie de nouveau de me faire pousser à 10h30, mais tu ne descends toujours pas. Tu supportes toujours les contractions donc c’est parfait. On te laisse encore une heure.

A 11h30, je n’ai toujours pas le réflexe de poussée. Donc on s’installe tranquillement. Je demande à nouveau à pousser sur le côté. Ça n’a pas l’air de lui plaire, elles ont déjà essayé de me faire changer d’avis quand on a abordé le sujet un peu plus tôt mais j’y tiens. Elle me dit qu’elle veut bien essayer 10 minutes et si rien ne bouge, ce sera la position gynécologique. Je sens bien qu’elle accepte pour me faire plaisir. Elle n’y croit pas… Une autre sage-femme entre dans la salle pour nous parler du don de sang de cordon. Elle voit notre sage-femme se préparer pour un accouchement sur le côté. Elle lui demande ce qu’elle fait et quand notre sage-femme lui répond, elle lui lance un regard étonné. Ca m’a énervée ! C’est moi qui accouche, j’ai encore le droit de choisir comment ! Notre sage-femme me rappelle aussi que si au bout d’une demi-heure tu n’es pas sortie, elle appellera le médecin pour qu’il m’aide. Ca m’énerve encore plus mais je ne veux pas risquer les forceps donc j’accepte la position gynécologique à contre-cœur, j’en ai marre de devoir me battre pour accoucher comme je souhaite, je suis épuisée, je veux en finir.

Je ne sens pas bien les contractions, pas toutes du moins. Donc je regarde souvent l’écran du monitoring pour savoir à quel moment pousser. J’arrive bien à pousser 2 fois mais la 3è je fatigue et je ne pousse pas efficacement. Et tu commences à fatiguer. Ton petit cœur ne supporte plus très bien le travail, et les contractions. J’entends les sage-femme chuchoter, je ne perçois que quelques mots, mais je sens que quelque chose se passe. Je sens le stress monter, j’ai très peur. On me parle déjà du médecin qu’on va appeler, juste au cas où. La demi-heure s’écoule et tu n’es toujours pas là.
Le verdict tombe, le médecin arrive et la décision est prise : on va utiliser des forceps pour te sortir. Je m’effondre… Je ne veux pas des forceps, je ne veux pas que tu aies mal, je ne veux pas être abîmée non plus. On essaie de me rassurer, de me dire que ce n’est pas grave, que ce ne sont que des petites cuillères… Mais je sais bien ce que sont des forceps, et ce n’est pas aussi anodins qu’on veut bien me le faire croire. Je n’arrête pas de pleurer. Et la salle d’accouchement est envahie ! Une dizaine de personnes présentes, sages-femmes, internes, gynéco, infirmières, auxiliaires et leurs étudiantes respectives. Pour l’intimité on repassera. J’ai l’impression de vivre un cauchemar. Je veux que ça s’arrête. Et pourquoi tant de monde pour assister à cela ? Mais je n’ai pas la force de me faire entendre, de dire ce que je veux. On reprend la poussée. C’est difficile, et très long. Pourquoi tu ne sors pas ? Ce ne devrait pas être si long ! J’entends le bruit des ciseaux qui me coupent, une fois, puis deux. Je ne voulais pas d’épisiotomie non plus… Les effets de la péridurale commencent à s’estomper, et je commence à avoir vraiment mal. Je sens qu’on force, qu’on tire, j’ai du mal à entendre ce qui se dit autour, mais je sens la pesanteur, la tension dans la pièce. J’ai cru que ça n’allait jamais finir. Une sage-femme de chaque côté qui me remontent les cuisses sur le ventre et qui appuie sur le ventre. J’ai mal, je crie, je pousse de toutes mes forces car je commence vraiment à avoir peur de te perdre. Je ne sais pas combien de minutes se sont écoulées avant que la gynécologue parviennent à te sortir. Une soignante tend les bras avec un champs, on te pose a l’intérieur et on me dit qu’elle t’emmène à côté pour te montrer au pédiatre. Je n’ai pas vu ton visage avant qu’elle t’emmène, je ne t’ai pas entendue non plus, je n’ai pas pu sentir l’odeur si particulière des nouveau-nés, ton odeur. Je pleure toujours. J’ai peur. Je demande à ce que ton père soit présent pour les soins, je ne veux pas que tu sois seule mais on refuse. Commence l’attente. Je regarde l’heure : 12h57. Je demande à qu’elle heure tu es née. On commence à me dire « Je ne sais pas ». Je me dis que personne n’a pris la peine de regardé à quelle heure tu es née et je commence à paniquer puis quelqu’un répond 12h54. Je suis toujours en larmes, je n’arrive pas à m’arrêter. J’ai les yeux fixés sur l’horloge. 5 minutes… 10 minutes… on vient nous donner des nouvelles : tu vas bien mais la pédiatre veut te garder en observation encore un peu… pendant ce temps, on s’occupe de moi, du placenta. On m’appuie encore sur le ventre. C’est douloureux mais j’ai l’impression de ne plus habiter mon corps. J’ai l’impression que ce corps n’est plus mien. Je suis épuisée et meurtrie. J’ai l’impression d’avoir été battue… 15 minutes… Je dis à ton père que c’est long. Il me rassure, me dit que tu vas bien. Ce n’est qu’au bout d’une vingtaine de minutes qu’on te ramène, emmitouflée dans un lange, déjà séchée. On me dit que tu es belle, on te met dans les bras de ton père. J’ai eu une demi-seconde d’hésitation. Je me suis demandé : « Alors, c’est elle ? » Je pleure toujours. La gynéco ou l’interne termine de me recoudre et puis la gynéco commence à m’expliquer ce qui s’est passé : dystocie des épaules. Elle me dit que c’est plus qu’une difficulté aux épaules mais je n’entends qu’à moitié ce qu’elle tente de m’expliquer. J’ai l’impression de ne plus être là, que je vais me réveiller bientôt… Elle me décrit la complication, j’ai du mal à assimiler et j’arrive à entendre qu’elle me prépare pour mon deuxième accouchement : un suivi plus précis de la grossesse surtout en fin de grossesse, et elle me parle de césarienne… Le coup de massue ! Comme si tout ce qui venait de se passer n’était pas suffisant. La salle se vide peu à peu, on nous laisse un peu seuls, et ton père me mets dans mes bras. Je fonds en larme. Mi-bonheur, mi-détresse.

J’ai mis des jours à me remettre de cet accouchement. Parce qu’il n’était pas celui dont je rêvais, celui auquel je m’étais préparée. Il m’a fallu faire le deuil de cet accouchement, de ce projet de naissance.

Ce qui a été le plus difficile, c’est le fait de ne pas t’avoir vue sortir de moi, de ne pas avoir pu te voir, voir ton visage, ni te toucher dans tes premières minutes de vie. De ne pas avoir pu te sentir. J’ai eu la sensation dans les jours qui ont suivis que quelqu’un était mort. Je n’ai pas arrêté de pleurer en y repensant et c’est encore aujourd’hui douloureux d’y repenser.

Ce n’est que le lendemain que j’ai compris que la dystocie des épaules étaient une complication grave et rare de l’accouchement. On aurait pu y rester toutes les deux.

– Anonyme

# 190 Annick – plusieurs accouchements – deuil d’un bébé

27 Fév
Bonsoir,
alors voilà je me lance dans l’expédition….

Je vais vous racontés l’histoire de mon, mes accouchements!!
Je suis marié avec mon chéri depuis bientôt 13 ans (pfiou le temps passe) et très vite l’envie de bb est venu.après 7 mois d’essai , une petite vie s’était installé en moi YOUPIE

Vers le 7ième de grossesse voilà les contractions AÏE Hospitalisé 1 moi sous Baxter (le fameux prépar et toutsses inconvénients), mais on tient le coup le dernier mois de grossesse enfin voilà les monitos et leur tracés que j’ai appris a connaitre durant mon hospitalisation. Les monito se font dans le centre de gynéco. Je ne me sens pas très bien mais le monito ne montre rien .Je réclame le gygy qui me dit d’aller passer le WE en observation a l’hosto pour soi disant être tranquille de ma belle mère.Arrivée  en maternité, on me remets le monito et là on observe des contractions et pas des petites lol on m’examine et ohhh le travail est en route. Je vous dis pas comment les infirmières étaient furax sur le fait que rien n’avait été vu environ 10 minutes avant au centre.Bon enfin me voilà en salle d’accouchement a 20h et la nuit va être longue… A 4 h du mat bb a du mal à s’engager, il se cogne au dessus du bassin, décision prise direction la césarienne pour 8h du mat
Mon garçon est né à 8h23 et ça s’est bien passé
Pour le suivant j’ai toujours le même gygy, tout se passe bien malgré quelques épisodes de contractions gérés par médoc peros jusque la fin. Le dernier mois dur dur je ne dors plus,je me réveille je suis malade, j’ai mal après quelques jours d’insomnies direction l’hosto, et là on me dit que j’ai des bonnes et des mauvaises contractions (ah bon?) mais vu mon état général, une infirmière me conseille de demander le déclenchement a mon gyné pour que je puisse l’accueillir en forme. Mon gygy se met en colère et me dit qu’à 38 semaines ce n’est pas un terme normal et que j’avais beaucoup de chance de ravoir une césarienne mais je tiens bon on me provoque et mon petit gars est né par voie basse avec ventouse ce qui m’a valu la bise du gygy (manque pas de toupet celui là )

Pour ma troisième grossesse….je voulais changer de gygy et une fausse couche précoce (à 3 semaines) me fera rencontrer un gygy qui me rassurera en disant si ce petit bout est parti c’est qu’il y avait un problèmes et que mon corps l’a détecté et éliminer comme quoi la nature est bien faite

Je retombe enceinte 2 mois après et je prends rdv chez ce gygy, ma grossesse se passe bien ouf du moins jusque la fin… vers 8 mois fissure de la poche des eaux et infections donc hospitalisation jusqu’à l’accouchement. J’accouche par voie basse tout est nickel enfin j’ai une accoucheuse géniale qui m’aidera a renouer avec l’allaitement et qui m’encouragera.

Et puis il y a 2 ans chouchou et moi décidons d’agrandir encore notre famille en route vers un petit dernier…
Après trois mois d’essai, je tombe enceinte waouh ça a été vite lol je me fais suivre toujours par le gygy n°2

A 3 mois alors que je suis en vacances dans ma famille je perds du sang, je pense que je perds le bb direction les urgences de la région et là on voit que bb va bien mais que je fais un décollement placentaire donc repos coucher!! et médoc!!!
de retour chez moi, je revois mon gygy qui me dit que c’est pas un décollement placentaire mais un décollement de membranes (euh c’est quoi la différence?) mais que ça se résorbe tout va bien ouf après 1 mois de repos, je peux de nouveau bouger un peu. et puis a 21 semaines en préparant les examens de mes enfants je sens ça mouille je perds les eaux A l’aide!!!! direction les urgences et devinez sur qui je tombe mon premier gyné pfff qui d’abord ne pense pas a une rupture de la poche car à l’echo ça va mais on me fait un test et on montre l’essuie a l’infirmière  qui confirmera la rupture et ce gygy grr me dira ça passe ou ça casse repos strict
Le we passe et mon gygy 2 est là les fuites ont l’air de se calmer on croise les doigts  mais au bout de 5 jours c’est reparti ça refuite…. et ça ne s’arrêtera plus. la deuxième semaines d’hospitalisation mon gygy est en congé, donc je demande au premier gygy de garde de me suivre la semaine pour ne pas avoir plusieurs médecins qui défilent elle me dit Ok ouf Le mercredi elle reviendra de son jour de congé pour me refaire une écho qu’elle m’avait promise le lundi et là on comprends enfin je comprends que c’est fini il ne reste presque plus d’eau mon bb n’a aucune chance de vie. J’ai quelques contractions mais rien de se déclenche on attends
Retour de mon gygy le we et là il explose, me parle d’amniocentèse, de transfert vers une cliniques universitaire pour les grands préma…. ou là là moi j’avais préparer le deuil de mon BB et lui remets tout en question
A 24 semaines nous devons signer le fameux documents pour la réanimations du bb, mon mari et moi décidons de ne pas réanimer notre enfant que si il doit s’en aller il faut le laisser et ne pas s’acharner
Mon gygy Ne veut pas nous écouter il ne tient pas compte de nos autres enfants. Il va même jusqu’a nous dire que ce qu’on veut faire c’est pas normale c’est contre nature qu’on veut tuer notre bb. Ces mots me resterons a jamais gravés dans ma tête. Et puis un jour il rentre dans la chambre t nous dis comment ça va? je luis réponds toujours des contractions et des fuites il me réponds a bien c’est bien hein j’ai pas suivi que se passe t il? Il me dit que si dans 2 jours  ça ne se déclenche pas il m’aidera a accoucher mais qu’il ne m’induira pas. Je lui réponds que la seule chose qui m’importe c’est qu’on arrête de s’acharner sur mon bb
Et voilà le 5 juillet 2012 j’accouche de mon 4ième enfant un  petit gars nommé Noé il pèse 750 gr, il est né vivant et s’éteindra 1h30 après sa naissance.Il est enfin en paix. Il faut savoir aussi que la médecin anesthésiste grrr pour la péri est arrivé 1/4 d’heure après qu’on l’ai appelé que il lui a fallu 1/4 de plus pour savoir ce qu’elle allait me mettre comme produits (et oui j’ai des allergies) et que au moment de piqué je sentais que je devais pousser au bout de 10 minutes on m’a couché je n’ai pas eu de péri et mon bb est sorti dés que je me suis couché.
Mon gygy est arrivé après la naissance, ma enlevé le placenta qui apparemment était en morceaux ( je l’ai appris des infirmières) et m’a aspiré avec l’appareil a ventouse pour évités un curetage en salle d’op.
Je suis resté avec mon bb plusieurs heures j’ai pu lui dire au revoir, j’ai des photos et ses empreintes.
Durant cette période, ce sont les infirmières qui m’ont soutenues épaulés jusqu’au bout je les en remercierai jamais assez.
Le rdv gygy d’après accouchement toujours chez gygy 2 m’a grrr il m’a dit On n’a bien fait grrr et non on n’a pas bien fait c’est nous les parents qu’avons pris la décision c’est pas lui!!!!
Après 3 semaines j’ai pris rdv chez la gygy que j’avais rencontré a l’hôpital et la elle m’a rassuré elle m’a dit que ce n’était pas de ma faute et que si je le voulais je pouvait retenter un bb. Elle est à mon écoute.
Voilà maintenant on n’attends que la nature nous offre a nouveau un petit bonheur.
Merci de m’avoir lue Ce récit est une étape de mon apaisement ,de mon deuil de mon petit ange Noé
Gistelynck Annick

# 176 – Lydie, Nord (59) -2003 et 2005

26 Fév

Avant de vous raconter la naissance de ma 2ème fille en 2006, je reviens rapidement sur l’arrivée de ma 1ère en 2003, à la maison.
J’ai toujours voulu accoucher chez moi. La maternité représente pour moi la pathologie, l’angoisse alors que je voulais de la douceur, de l’intimité et de la sérénité.

En 2003, enceinte de bébé1, je cherche une sage-femme pour réaliser notre projet d’AAD…et n’en trouve aucune!! Je passe même pour une illuminée irresponsable auprès de celles que je contacte. Je finis quand même, grâce à internet, par trouver l’adresse d’un médecin qui pratique et accepte de me suivre.
Suivant ses recommandations, je m’inscris à la maternité d’A******, la plus proche de mon domicile. Je suis à la lettre leur protocole d’examens et viens en consultation pour les 7ème, 8ème et 9ème mois.
C’est lors de la dernière de ces consultations que je me suis sentie agressée par la sage-femme. La naissance est prévue pour le 12 octobre. Dernière consult le 9 septembre. J’explique à cette SF que j’ai depuis quelques jours des démangeaisons assez désagréables sur les bras et le ventre par intermittence, que j’en ai parlé à mon médecin, qu’il m’a donné un traitement et que ça semble déjà aller un peu mieux. Malgré tout, elle m’indique que c’est très grave, mon foie est en train de lâcher, il faut que je sois déclenchée le lendemain matin!! Je ne dois pas lui sembler très alarmée alors elle me propose une prise de sang pour me démontrer que mon foie est en surcharge et que je mets mon bébé en danger à persister dans la dénégation. Finalement on passe au TV habituel sauf que cette fois elle me fait un mal de chien et que j’aperçois son gant ensanglanté quand elle se retire. Devant mon interrogation elle me dit que tout va bien, je suis juste douillette, et demain matin rdv aux urgences pour le déclenchement. Je sors de là en ayant la sensation d’avoir été littéralement violée et me rend à la consultation d’anesthésie avec des contractions très désagréables et les larmes qui roulent sur mes joues. Après un petit coup de fil à mon doc, je comprends que je viens de subir un décollement de membranes sur col non favorable et que, décidément, les protocoles hospitaliers ne sont pas faits pour moi…
J’accoucherai finalement dans la plus grande sérénité et le calme de ma maison le 21 septembre 2003 d’une superbe petite fille de 3kg150…

Avril 2005 je suis de nouveau enceinte. Grossesse parfaite. Projet d’AAD sur les rails. Accouchement prévu pour le 21 janvier 2006.
J’ai eu le plus grand mal à aller m’inscrire à la maternité et n’y ai pas mis les pieds pour aucune consultation, pas même l’anesthésiste…
À partir de Noël les journées sont rythmées par les contractions… On commence à préparer les affaires nécessaires pour l’arrivée du petit bout. On organise le mode de garde de la future grande sœur. On est très excité…
Dimanche 1er janvier. Je perds un peu de liquide. Rien de comparable avec la perte des eaux que j’avais connu avec la naissance de ma grande. Pas de contraction à l’horizon. J’appelle mon doc qui me dit que c’est probablement une fissure de la poche et qu’on attend la suite.
Lundi 2 janvier. J’ai passé une nuit parfaite. Mon homme est reparti au boulot. Pas de contraction. J’appelle mon doc en fin d’après-midi pour les instructions. Il me conseille de faire un tour à la maternité le lendemain pour contrôler que tout va bien si rien ne bouge d’ici là. Gloups!!… La nuit est moins sereine. Je ne veux vraiment pas aller là-bas!!
Mardi 3 janvier. Je me présente à la maternité et suis accueillie par une SF top qui prend le temps d’écouter mon histoire. Je vois qu’elle comprend ce que j’ai pu ressentir en 2003. Elle m’examine et confirme que c’est bien du liquide amniotique que je perds encore par intermittence. Le monito ne montre aucune contraction. Elle me dit avoir confiance en ma capacité à prendre la bonne décision si je ne me sens pas bien et me propose de rentrer chez moi après signature d’une décharge. Le protocole lui imposait de me garder en vue d’un déclenchement dans les 24 heures. Retour à la maison.
Jeudi 5 janvier. Toujours rien. Peu de contractions. Bébé bouge bien. Milieu de matinée, la SF top de la maternité m’appelle et me demande de repasser pour faire un peu le point. En arrivant elle m’apprend que je suis positive au strepto B… Le monito est toujours trop calme… Elle prend le temps de discuter avec moi. On cherche ENSEMBLE le meilleur compromis entre mes souhaits et ses obligations médicales. Finalement on décide de faire une tentative de décollement de membranes (même si mon col n’est pas très favorable). Ce n’est pas le meilleur moment de la journée mais elle s’excuse plusieurs fois et je suis pleinement consciente et consentante pour que ce soit fait. Je signe une décharge à nouveau et rentre chez moi. Nous avons convenu que si bébé ne s’est pas pointé le lendemain je reviens en fin d’après-midi pour un déclenchement le samedi matin…
Vendredi 6 janvier. Mon homme a pris sa journée. Quelques contractions qui pincent un peu plus mais trop peu nombreuses et beaucoup trop irrégulières pour que je puisse y croire. Je tiens mon doc au courant. Vers 15h00 je l’appelle pour lui dire que je laisse tomber l’AAD, je suis fatiguée, je prépare mes affaires pour la maternité. Il me dit comprendre et m’encourage à ne pas les laisser faire tout ce qu’ils veulent. Je n’oublierai pas ses paroles…
Le temps de tout préparer (de pleurer aussi) et de déposer ma grande chez mes beaux-parents, on arrive à la maternité vers 18h30. C’est le changement d’équipe, je dois patienter en salle d’attente avec mon homme. C’est là que je me rends compte que, pour le coup, les contractions sont franchement fortes et m’empêchent de parler!…
Il est 19h00 passé quand la SF de garde me reçoit. Désagréable au possible. Elle lit mon dossier… « Ah! C’est vous qui faites prendre des risques à votre bébé! Tout ça pour être déclenchée!!… » Et puis aussi « En plus vous n’avez pas vu l’anesthésiste!! Je vous préviens tout de suite que vous n’aurez pas droit à la péridurale! » Je lui réponds que je n’en veux pas. Moue méprisante de sa part. Si j’avais pu je serai partie… TV avec aussi peu de douceur que possible. Je ne suis qu’à 2. Elle m’installe dans une chambre pour le monito. On négocie la pose d’une perf d’antibiotique pour le strepto B. Je l’accepte à la condition qu’elle vienne la débrancher quand la poche sera vide (1/2 heure). Ronchonnement. Les contractions s’intensifient. Je suis de moins en moins à l’aise saucissonnée sur ce lit. La poche est vide. Mon homme sonne pour que la perf soit débranchée et le cathé bouché. Re-ronchonnement mais elle s’exécute. Je refuse le TV.
Maintenant je sais que je suis en travail. J’ai la sensation très précise de l’ouverture de mon col…un truc indescriptible que je n’ai ressenti que pour cet accouchement-là! Je suis dans ma bulle, traversée par des contractions intenses que je maîtrise du mieux possible compte tenu de cette position allongée inconfortable… Je perds complètement la notion du temps. J’ai des fantasmes de péridurale et même de césarienne quand je perds les pédales!! Heureusement mon homme est là! Il me recentre, me rassure.
Vers 21h15(dixit mon mari) je lui dis qu’il faut absolument que j’aille aux toilettes. Il sonne pour que quelqu’un vienne débrancher le monito. J’attends un peu mais je ne tiens plus. Ma vessie va exploser! Je débranche tout et file à mon affaire! La SF finit par arriver (en ronchonnant), range les sangles de monito et propose un TV que j’accepte cette fois. 4…pas mal mais bon. Elle me ramène la blouse d’hôpital et s’éclipse.
Vers 21h30 il faut que je pousse!!! Mon mari sonne. Cette fois, réponse quasi immédiate à travers l’interphone de la salle (!) « C’est pour quoi? » (Un tennis, connasse!!) Mon mari signale mon envie de pousser. « C’est pas possible! Elle est pas assez dilatée! » Mais elle arrive avec la SF de bloc qui m’examine (en douceur). 6. Un fauteuil roulant apparaît comme par magie à côté du lit. Contraction-poussée puis transfert sur le fauteuil.
On me transfère vers les blocs d’accouchement. J’ai un mal de chien avec ces contractions-poussées que je dois retenir pour ne pas accoucher au milieu du couloir des grossesses patho.
Finalement on entre dans la salle de travail et on me demande de grimper sur une table d’accouchement particulièrement haute. La SF expliquera par la suite que c’est une table électrique dont le moteur a des ratés parfois et que ce soir-là elle était bloquée en position haute!
Bref entre 2 contractions-poussées je parviens à appuyer ma fesse gauche sur la table avant d’être projetée sur le dos par une contraction particulièrement forte. L’auxiliaire puer m’engueule parce que je suis à l’envers sur la table. Je la calme en lui annonçant que la tête du bébé est là. La SF panique parce qu’elle n’a pas ses gants et que mon mari n’est pas là! J’entends qu’on l’appelle et le vois arriver nu (en fait, je suis allongée face à l’entrée de la salle, je ne vois que son torse. Il était en train de se changer donc il est torse nu)!! J’ai à peine le temps de me demander pourquoi il est tout nu, nouvelle contraction mon bébé est là sur mon ventre!
21h44 Azaria 2kg730 50cm est née. Elle crie vigoureusement puis se blottit contre moi et se tait.
Je suis toujours de travers sur la table avec la pointe de mon pied droit au sol, ma fesse gauche à moitié hors de la table et mon omoplate gauche en appui là où auraient dû être mes fesses!! Mon mari m’aide à me redresser. La SF et l’auxiliaire sont déboussolés par la rapidité de la naissance… Puis la SF se précipite pour couper le cordon. Mon mari l’arrête dans son élan et lui dit qu’on va attendre qu’il arrête de battre. C’est lui qui le tient et qui contrôle! J’adore! Du coup elle me propose une injection de je ne sais plus quoi pour accélérer la délivrance. Je refuse. Alors on attend. Elle me dit avec le sourire qu’elle n’est pas habituée à avoir des couples actifs mais que ce n’est pas si désagréable tout compte fait(!). Ma louloute tête vigoureusement. Les contractions reprennent. Mon mari coupe le cordon quelques minutes avant la sortie du placenta.
On demande à le conserver en expliquant que celui de notre aînée est enterré dans notre jardin et qu’on voudrait faire pareil cette fois encore. Le protocole ne prévoit pas ça…elle va se renseigner…

L’auxiliaire vient chercher la petite pour les soins. Je demande à ce que ça soit fait devant moi. Elle ronchonne (ça doit être une tradition chez les anciennes de cette maternité!) mais finit par accepter. Mon mari supervise. Pas de bain. Pas de collyre. Pas d’aspiration. Pas de vêtement. Retour au sein…
On nous laisse 2 bonnes heures seuls avec bébé.
Vers 23h30 la table devient vraiment dure et inconfortable. J’ai faim. On appelle pour savoir la suite. Je veux manger. Me lever. Marcher. On me regarde comme une extra-terrestre…
Après check-up complet on obtient l’autorisation de monter en chambre. Je me suis levée, bébé dans les bras. Ça les stresse, je pourrais avoir un malaise. Mais on insiste et j’obtiens de pouvoir marcher jusqu’à ma chambre, mon bébé dans les bras. L’auxiliaire nous précède, poussant un lit vide…et ronchonnant!
Mon mari nous quitte vers minuit. Je m’installe dans mon lit avec bébé calée par le coussin d’allaitement lui-même coincé par la barrière du lit. Vers 2h du matin, l’auxiliaire du service vient me rapporter le placenta dans un seau fermé et constate avec horreur que la petite dort avec moi, contre moi!! Il s’en faut de peu qu’elle ne réussisse à prendre ma fille pour la mettre dans l’aquarium! Devant mon obstination elle me prédit des caprices éternels pour des siècles et des siècles et quitte la chambre en ronchonnant…

Vers 6h00 réveil par la femme de ménage.
7h00 prise des constantes de la mère.
7h30 prise de constantes de bébé. Je me lève et prends ma douche.
8h00 visite du gynéco qui tente bien de me culpabiliser pour mon attitude irresponsable et demande quand je veux sortir. Je lui souris tout le temps de son monologue et lui réponds « demain »! Il capitule et m’accorde la sortie sous réserve de l’accord de la pédiatre.
9h00 passage de la puer pour le 1er bain. Je refuse lui expliquant que je préfère attendre mon mari pour qu’il y assiste aussi et que la petite peut attendre jusque 14h00. Ronchonnement. Elle veut aussi contrôler l’allaitement. La petite dort. J’ai allaité ma 1ère fille 22 mois, le lui explique et lui assure que je n’hésiterai pas à appeler si j’ai un souci mais là, ça va. Ronchonnement et elle quitte la chambre.
Je passe le reste de la matinée à essayer de me reposer, allaiter avec bonheur et admirer ma jolie poupette…
14h00 mon mari arrive avec ma grande. Présentation en douceur et premier bain de mini… La pédiatre arrive sur un « alors, c’est vous! » peu engageant. Examen de ma princesse dans le silence puis séance culpabilisation. Ce n’est pas parce qu’elle va bien aujourd’hui qu’elle ne pourrait pas mourir de la jaunisse dans quelques jours sans qu’on s’en rende compte! Et est ce qu’on va savoir surveiller son poids? Et si on a un problème, évidemment, on va revenir ici pour qu’elle le règle plutôt que de lui laisser son rôle de prévention hein, hein, hein!!! Finalement comme je ne cède pas, elle se tourne vers mon mari et lui balance « et vous, vous vous sentez prêt à endosser la responsabilité de la santé de votre enfant? » Réponse: « nous assumons cette responsabilité depuis le jour de sa conception »! Elle signe la sortie. En ronchonnant.

Dimanche 8 janvier. Midi. Je sors de la maternité. Retour avec bonheur à la maison. La vie reprend son cours à 4…
J’aurai droit quand même à la visite d’une assistante sociale quelques semaines plus tard… Histoire d’être sûre que ma fille est bien traitée, nourrie, soignée. À la fin de l’entretien, elle m’avouera ne pas bien comprendre pourquoi on lui a demandé de venir nous voir…
J’ai dû retourner dans cette maternité après l’accouchement de ma 3ème en février 2008. Elle est née en 3/4 d’heure. Nous étions seuls, sans médecin ni sage-femme à la maison. Mon mari a préféré appeler le samu. J’ai été transféré. Les SF se rappelaient de moi comme de ‘la dame de la 622’. La pédiatre aussi… Je suis rentrée le jeudi soir vers 21h00 et ressortie le vendredi à 14h00 après signature de décharges et séance culpabilisation…

Lydie Lefebvre

Ludivine, Paris, Janvier 2009

26 Fév

Le terme de cette grossesse a toujours été un peu foireux… Le 24 décembre indiquait le premier échographe qui se basait sur la date des dernières règles (la bourde à la noix !)… Le 4 janvier pour la sécu, qui se basait sur la date estimée de conception… Le 7 janvier pour ma sage femme après réétude des échographies.

Moi qui pensait accoucher en avance pour pas être dans la période de Noël, je me suis bien trompée !

Dimanche 12 Janvier : rendez-vous à la maternité pour monito et écho de contrôle. On est en dépassement de terme, mais tout va bien. Quantités de liquide ok. Placenta ok bien qu’un soupçon de début de calcification (normal, le placenta arrive au bout de son boulot, va pas falloir que ça traine encore trop mais « ça va »). Le cœur de bébé bat toujours aussi bien ! Elle a pas l’air pressée de sortir. Ma sage femme décide de donner un ‘tit coup de pouce en me faisant un décollement de membrane.

Parce que mine de rien, on arrive aux limites du dépassement accepté et ça risque de se terminer en déclenchement…

Elle me dit « ça va faire un peu mal et tu risques d’avoir de petits saignements cet après-midi. » Moi j’ai trouvé qu’elle avait été hyper douce (comme un TV normal) et je n’ai pas eu de saignements. Je me dis que ça se trouve, ça n’a rien fait… Et puis dans l’après-midi, je commence à ressentir quelques contractions. Légères, pas douloureuses, juste un peu gênantes. Avec mon mari, on part faire quelques courses pour bébé en voiture. On rentre manger, là ça se calme un peu… Ma sf m’a passé des feuilles de framboisier, de 18h à 22h30, j’en ai pris 5 gros bols ! Et pauses pipi toutes les 1/2h !!

Je n’ai jamais eu de contractions pendant ma grossesse, alors, je n’ai aucun moyen de comparaison. Mais je sens que ça travaille. Ça « crispe ».

 Vers 21h30 José se couche et me dit de venir dormir pour être en forme. Moi je suis sur mon ordi, j’ai pas sommeil. Je finis par me coucher vers 22h30. Satanée tisane ! Je me réveille brusquement vers 00H30 avec la vessie pleine ! Et un mal de bide vraiment bizarre ! Ça faisait tellement longtemps que je n’avais pas eu mes règles que j’en avais presque oublié les douleurs que ça me faisait. Là c’est la même chose mais en plus fort. J’ai espoir ! Peut-être que c’est ça une contraction !

Je me recouche mais n’arrive pas à m’endormir. Paf, ça recommence : 00H50. Idem à 1h10 puis 1H30. Et comme ça jusqu’à 3H30, avec pause pipi toutes les heures. J’arrive pas trop à me rendormir entre deux contractions. Cette fois, je sais que c’est « ça » une contraction ! Je somnole. La suivante est cette fois à 3h40 ! Ah, ça évolue… J’ai quand même peur que ce soit un faux travail. C’est pas super douloureux et assez éloigné…

Vers 7h30, le réveil sonne. J’explique à José la « superbe » nuit que je viens de passer et il me dit qu’il faudrait peut-être prévenir la sf. Même si ce n’est qu’un faux travail, au moins pour qu’elle soit au courant. Mais avec le jour qui se lève, j’ai l’impression que les contractions sont redevenues irrégulières. Je lui dis que je vais prendre une douche, paraît-il que l’eau chaude fait passer les contractions si c’est pas les vraies, et puis j’aime bien l’eau chaude, alors… Lui pendant ce temps, prépare les affaires pour partir. La valise de bébé était déjà prête, mais la mienne… Comme je n’avais pas l’intention d’y aller à la base ni d’y rester longtemps si je devais y aller, j’ai rien préparé.

Sous l’eau chaude, au lieu de diminuer, les contractions se régularisent. A chaque fois qu’une se finit, j’appelle et il regarde l’heure sur mon téléphone. Toutes les 6 minutes. Je lui dis ok, appelle. Il est doit être 8h30. Il appelle et me dit qu’il doit aller chercher du spasfon et que si ça passe pas, on se donne rendez-vous à la mater vers midi. Je lui dis que je viens avec lui. Ça me fera du bien de marcher et de prendre l’air. Je m’habille et en fait, je suis bien assise dans la cuisine, alors je lui dis, en fait non, vas-y je t’attends. J’ai bien fait, la pharmacie en bas de la rue était fermée, il a dû aller beaucoup plus loin. J’aurais pas pu. Il revient 15 minutes après. Il a couru. Je prends le spasfon. Rien ne change. Il est 10h45, je vais m’allonger, je supporte mieux les contractions. En fait ça me fait mal dans les reins, et ça commence à faire un peu mal. Je me met sur le coté, c’est pas mal.. Mais à genoux la tête dans l’oreiller, c’est mieux ! On finit par partir vers 11h40, juste après une contraction car debout, j’aime pas du tout ! A 11h46 j’ai une contraction, on est dans la voiture, et c’est pas agréable du tout. A 11h52, je me dis tiens c’est bizarre, j’ai pas eu la suivante.. Sur ce elle arrive… Grrr… 11h58, 12h04, 12h11. On trouve une place juste devant la maternité !

 On rentre et je ressens le besoin d’aller aux toilettes (j’ai rebu deux bols de tisane ce matin…) J’ai une contraction qui arrive quand je suis debout, ouille ! appuyée les coudes contre le mur, ça aide à la faire passer. Quand je sors, ma sf est là. Elle me demande comment ça va. Oh bien ! Sauf toutes les 6 minutes ! En effet, entre les contractions tout va bien ! Comme si de rien n’était !

 On monte. Il y a 2 salles de pré travail. Une avec la baignoire et une sans. Celle avec est occupée. On va dans l’autre. Monito et examen. Col effacé et à 3 (alors qu’il était encore mi-long à 2 la veille). Donc je suis rassurée, ce n’est pas un faux travail !! Ça a servi à quelque chose. Mon chéri a l’idée de mettre ses mains chaudes dans le bas de mon dos ! Aaah Qu’est ce que ça fait du bien !!! En appuyant avec ses pouces, aussi, la sf lui montre comment faire. Puis elle nous laisse pendant le monito. Comme je souhaitais un accouchement le plus naturel possible, tant qu’on gère bien à deux, elle nous laisse faire et n’intervient que si besoin. Monito fini. En allant aux toilettes, je remarque que l’autre salle avec la baignoire est vide. Je me dis qu’on va peut-être appeler la sage femme pour voir si on peut y aller. J’avoue que du chaud me ferait du bien. La je suis à califourchon sur un fauteuil, la tête appuyée contre le dossier avec des mains chaudes. Je gère… Limite, ça m’ennuie parce que je peux pas faire autre chose.. Et je me dis que en fait, un accouchement, ça fait pas mal tout le temps, en fait on passe tout son temps à attendre d’avoir mal ! C’est ennuyeux quoi… Je gérais super bien, mais les contractions n’étaient pas super fortes. Mais elles étaient dans les reins. Entre temps, José est allé faire quelques courses, infusions et sandwichs car on a toujours pas mangé ! Il doit être dans les 15-16h..

Bon, avant d’aller dans la baignoire avec des huiles essentielles et tout et tout, on vérifie où ça en est. Entre 4 et 5. Bon, ça va pas vite, mais suis plus pressée après 9 mois…

 Je vous passe les détails de la fin d’après-midi et soirée. Je suis restée quelques heures dans la baignoire. L’eau chaude me faisait vraiment du bien dans les reins, alors, la température a fini par monter à 41° ! En dessous, ça faisait pas effet…

J’ai aussi alterné avec le ballon pour aider, puis retournée dans la baignoire…

Ensuite, j’ai commencé à vraiment en avoir marre ! C’était trop long… C’est vers ce moment qu’on a vraiment capté qu’elle avait son dos contre le mien et que donc elle essayait de prendre appui sur mon ventre pour descendre, ce qui ne servait pas à grand chose (car un ventre, c’est tout mou !) C’est pour ça que c’était si long, elle n’appuyait pas suffisamment sur le col et les contractions n’étant pas super fortes non plus…

 

Ma sf me conseille donc des positions genre à quatre pattes les fesses en l’air pour l’aider à se tourner comme il faut. Mais la puce ne voulait pas tellement ! Après une petite séance 4 pattes dans la baignoire, on revérifie. Col à 9, donc c’est presque bon !

 Je sors et me met encore à 4 pattes les fesses en l’air sur le lit. Ma sf me dit que si j’ai envie de pousser pendant les contractions, je peux. Je tente un peu, mais pas vraiment envie. Ça me fait pas du bien du tout. Donc j’arrête. On tente sur le côté. Au bout d’un moment, je suis pas bien. Je sens que je suis dans une position inconfortable, mais j’ai plus la force de bouger. Je continue de prendre de l’homéopathie toutes les 15 minutes. Finalement, je me mets assise (enfin, allongée sur le lit, mais avec la tête du lit remontée presque à la verticale), ça va mieux. Et puis je commence à ressentir le besoin de pousser. Je savais pas que c’était vraiment « automatique ». A part que la puce ne m’aide vraiment pas ! Elle descend un peu… Et hop ! Elle remonte… Il est presque 2h du mat quand même.. Entre temps, une sage femme qui ne devait pas être là ce soir et qui fait de l’ostéopathie vient me manipuler un peu.. J’ai vraiment quelque chose de bloqué dans le bassin qui n’aide pas ma puce… Ça aide un peu à avoir moins mal, mais je douille quand même énormément !

 On fait des essais poussée dans plusieurs positions, mais ça n’agit pas tellement sur la puce. Il y a eu quelques séances de monito pour vérifier le cœur du bébé, toujours à 139, comme à chaque fois qu’on en a fait pendant la grossesse.. Tout va bien de son côté. Finalement, je retourne dans la baignoire, y a que l’eau chaude qui m’aide. Je m’assieds dedans les jambes écartées, presque en tailleur et je pousse en poussant aussi le bord de la baignoire avec mes bras. Comme ça mon dos est à plat contre l’autre bord et ça appuie, donc ça soulage… Mon homme vient me tenir le mains. Je lui ai broyé les doigts pendant plus de 4h comme ça !! Les sages femmes vont se reposer un peu et se relaient. Mais restent fidèles à l’attitude depuis le début. Tant qu’on gère, elles nous laissent à deux. Si on a besoin elles sont là. Et puis le coeur du bébé est bon, tant que ça va, aucune raison de se presser.

Finalement, vers 6h du mat, ma sf me voyant complètement épuisée (2ème nuit blanche) et avec la « pression » de l’équipe de jour qui va pas tarder à revenir, décide de relancer un peu les choses. En effet, j’ai parfois des pauses de 15 minutes entre les contractions et pendant ce temps, je dors presque ! Je suis tellement fatiguée, que j’ai presque plus de forces. Avec en plus la puce qui remonte encore ! J’arrive pas à pousser assez longtemps !

 Pourtant, quand je met un doigt dans mon vagin, je sens quelque chose de presque mou, légèrement granuleux et tout doux. C’est sa tête ! Ça me fais tout bizarre… Elle est là et elle est loin à la fois…

 Donc, je sors de la baignoire, je me pose à 4 pattes sur le lit. C’est peut-être à ce moment là, ou avant, je sais plus qu’on m’a proposé de percer la poche des eaux possible que ça aide la puce à s’engager bien…

Une sf me pose un cathéter, je retente de pousser avec une belle contraction qui arrive et puis zou, on passe en salle de naissance. Je me mets en position classique (moi qui voulait plus genre à 4 pattes ou autre, en fait celle là m’a bien aidé pour pousser !) mais avec la table relevée du coup je suis presque assise en fait. Elle met les étriers (qui m’ont aidé aussi parce que elle me disait de tirer mes jambes vers moi pour aider et en fait, j’avais les bras tendus qui tenaient je ne sais quoi dans l’articulation du lit, mais ça me faisait une super prise et je pouvais pas lâcher, alors je tirais sur les étriers avec les jambes !).

J’ai eu droit à une micro injection, les contractions sont reparties aussitôt et j’ai poussé. J’en pouvais plus ! J’étais super concentrée et même quand la sf m’a dit tu veux  toucher sa tête ? Je lui ai répondu « non j’ai pas le temps ! ». En fait, elle me déconcentrait ! Je pouvais pas penser à bouger mes bras. Si je lâchais l’articulation du lit, j’avais l’impression que ça arrêterait tous les efforts jusque là.

Et finalement, sa tête est sortie avec une impression de brûlure dingue ! J’ai arrêté de pousser le temps que ma sf tourne ma puce pour que les épaules passent sans dégâts. Ensuite j’ai repoussé une dernière fois super longue et elle est enfin sortie ! Là j’entends ma sf dire « qui veut l’attraper ? » Mon mari n’était pas trop tenté, mais moi, je me penche un peu, j’ouvre les yeux et là je la vois et sans réfléchir je la prends sous les bras et la pose sur moi. Et là, les contractions se sont arrêtées et il n’y avait plus aucune douleur… C’est impressionnant. Elle était trop belle ! Les yeux grands ouverts à regarder partout genre « Bon bah je suis où là ? C’est plus le ventre de maman ça ! » On nous couvre de draps et serviettes pour que la petite n’ait pas froid. Mon mari a les larmes aux yeux. On se regarde, on la regarde et on s’embrasse. On se rend compte à quel point on s’aime. On est mardi, il est 7h07 et Lorléana est née après 30h de travail. Quelques minutes après, le cordon ne bat plus, alors la sf propose à José de le couper.

 Ma sf regarde si le placenta veut sortir, mais en fait pas tout de suite. Elles nous laissent et nous disent de l’appeler si je sens quelque chose qui coule. Elle est à peine sortie que ça coule, alors on la rappelle. Elle me dit de pousser encore pour faire sortir le placenta.. J’essaye ! Je lui dis « ça marche là ? Parce que j’ai pas l’impression d’être super efficace ». Elle me dit : « non en effet, ya rien ! » Finalement, j’arrive à l’expulser. Il est gros aussi !!

Elle en profite pour m’examiner, j’ai une petite déchirure, elle pourrait faire un point ou deux, mais elle veut plus trop m’embêter là.. Ça pourra cicatriser tout seul.

 On se retrouve seuls tous les trois… Vers 8h, José la prend en photo avec son téléphone. Sans flash, dans la semi pénombre, la photo n’est pas terrible, mais on la voit bien quand même. Il l’envoie en MMS à tout le monde. Vers 9h, la sf revient avec les vêtement tous chauds. Comme elle avait du méconium partout (moi aussi !! Merci ma puce !) elle lui nettoie un peu là ou il y en a, mais pas de bain pour qu’elle garde l’odeur du liquide amniotique. On la pèse. 4,040 kg ! Et à peu près 52 cm. Un beau bébé ! On finit par monter dans la chambre vers midi et demi… Pour en sortir à 21h30 ! J’avais dormi 4 heures et mangé un bon repas vers 18h30, ça allait mieux ! Retour à la maison dns les 22h…

 J’ai du oublier quelques petits détails, genre les litres de tisanes au miel que j’ai bu (vu que le sandwich que j’ai mangé est ressorti peu après) pour m’hydrater et me donner de l’énergie surtout ! L’homéopathie tout du long, un peu d’acupuncture aussi, je sais plus trop quand… Enfin, « la totale du naturel » comme je dis…

 En tous cas, je crois que je remercierais jamais assez ma sage femme pour tout ce qu’elle a fait pour moi. Elle m’a permis de faire un maximum moi même avec mon mari, avec le minimum d’intrusion, les choses se sont faites le plus naturellement possible, avec juste un petit coup de pouce sur la fin…. Et elle m’a aussi avoué après coup, que si j’avais été dans un hôpital « classique » ou même avec une autre sage femme si ça se trouve, jamais on ne m’aurait laissé essayer de pousser aussi longtemps ! Et j’aurais surement eu droit à une césarienne pour travail trop long.

Comme quoi, si aucune urgence vitale (coeur du bébé qui suivait super bien), et bien, on PEUT attendre et laisser se faire les choses…